La Colère Série des guerres spirituelles 
L'Histoire de ce Livre Au commencement de ma vie comme évêque, quand j'avais commencé à enseigner les paroles des pères sur l'ascétisme aux étudiants de la Faculté Ecclésiastique en 1962, j'avais traité deux sujets importants: l'un "vie de quiétude", et le second "la colère et le tolérantisme". Je présentais aux étudiants des mémoires imprimés sur ces deux sujets au début de l'année 1963, soit depuis 24 années environ. J'avais recherché les paroles des pères sur "la colère" et je les avais traduites: J'avais traduit les écrits de Jean Cassien dans ses deux livres: "Les Instituts", et "Les Conférences", avec ce qu'il avait mentionné dans ses rencontres avec des saints pères, comme l'Amba Piamon (dans sa conférence numéro 18), et l'Amba Youssef (dans sa conférence numéro 16); de même que les paroles de saint Dorothéus telles qu'elles furent citées dans la collection "Philokalia", et les paroles de saint Isaac telles qu'elles furent mentionnées dans ses mémoires, et les paroles de saint Evagrius telles qu'elles furent mentionnées dans ses mémoires sur "les combats des pensées". Ajoutons à cela des contes et des paroles des saints du désert sur la colère qui sont cités dans "le jardin des moines", le livre de saint Palladius "Historia Lausiaca" traduit en Anglais sous le nom de "the Paradise of the Fathers". Tout ceci avait été distribué aux étudiants, et ils avaient été examinés sur cela dans la matière "Patrologie"…. Ensuite il a été ajouté à cela ce que j'avais traduit des œuvres de plusieurs pères comme saint Augustin et saint Jean Chrysostome. Puis j'avais donné quelques conférences dans l'église de l'archange Mikhail à Damanhour, que notre enfant (el kommos) "père Mikhail Salib" imprima et édita, puis les réimprima plus d'une fois. J'avais encore donné quelques conférences sur la colère dans "la Grande Cathédrale Saint Marc" au Caire en Décembre 1971 qui furent publiées au journal "Watani" le 19/12/1971, et le 26/12/1971. J'avais donné d'autres conférences sur la colère dans "La Grande Cathédrale" en Août et Septembre 1986 qui étaient comprises dans une série de conférences sur la "Vie de douceur". Finalement, j'ai décidé de grouper dans un seul livre sur "la colère et le tolérantisme" tout ce qu'il y avait dans ces conférences qui avaient été données au courant de 25 années. Voilà ce livre qui est entre vos mains. Un autre livre sur "la tranquillité" avait précédé ce livre. Ces deux livres se complètent l'un l'autre, et entrent tous les deux sous la rubrique de "Vie de douceur"…. Ces deux livres ne traitent pas de la colère seulement comme une guerre, mais aussi de son traitement, au moyen du tolérantisme et de plusieurs autres moyens. Si le livre "La colère" entre dans la série "Vie de douceur et d'humilité", cela c'est parce que celui qui est doux et humble n'irrite personne, et ne s'irrite de personne….Cependant la colère est aussi une guerre spirituelle et entre dans la série: "Les guerres spirituelles", dont nous avons publié deux livres: le premier "Les guerres sataniques", et le second "Les guerres spirituelles" qui comprennent quatorze guerres spirituelles. Que la colère soit la douzième guerre, et qu'elle soit le troisième volume de cette série. Au revoir avec la suite. Le Pape Shenouda III Chapitre 1 LA COLERE SAINTE Deux espèces de colère La colère sainte La colère de Dieu La colère des saints La fermeté et non la nervosité "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point;" "que le soleil ne se couche pas sur votre colère." (Eph. 4:26) Deux espèces de colère Il existe deux espèces de colère: l'une d'elles c'est la colère coupable que nous considérons comme un péché apparent, ou un groupe de péchés. Elle s'exprime généralement par la nervosité ou la violence. Cette espèce de colère sera notre sujet principal. Mais il existe une autre espèce de colère qui est juste et sans défaut. Plutôt elle pourrait être une colère sainte ou une colère qui est un devoir. Nous en parlerons maintenant avant de parler du péché de colère. La colère sainte La colère sainte est la colère pour des raisons saintes en vue de la vérité. Le "soi" n'y entre pas. Sa manière est saine, et non accompagnée de nervosité. Elle n'est pas par ignorance. Elle n'est pas rapide…. La Sainte Bible nous donne des exemples de la colère de Dieu, de la colère des apôtres et des prophètes. De même l'histoire nous donne des exemples de la colère des saints. La colère de Dieu Que de fois Dieu s'irrita contre les hommes et contre les pécheurs…. La colère signifie ici le manque de satisfaction. Certaines fois, Dieu avertissait dans sa colère; et certaines autres fois, Il châtiait ou réprimandait et reprenait. Dieu fut en colère contre les habitants de Ninive, quand leur méchanceté était monté jusqu'à Lui (Jonas 1:2). Il leur envoya le prophète Jonas pour leur proclamer leur perte. Mais lorsqu'ils firent pénitence, Dieu ne leur infligea pas le mal qu'il avait résolu de leur faire. (Jonas 3:10) Dieu fut en colère contre les enfants d'Israël quand ils avaient adoré le veau d'or, et il voulut les exterminer. Mais Il n'exécuta pas ce châtiment à cause de l'intercession du prophète Moïse en leur faveur (Ex. 32: 7-14). Ici la colère signifie la dissatisfaction du Seigneur à cause du mal. Son expression prenait la forme du châtiment ou de la menace de châtier. Dieu fut en colère contre Dathan et Abiram, et "la terre ouvrit sa bouche, et les engloutit, eux et leurs maisons, …… et tous leurs biens" (Nombres 16:32). Il fut en colère contre le peuple qui murmura à cause d'eux, et Il les frappa de la plaie. "Il y eut quatorze mille sept cent personnes qui moururent de cette plaie"…. "car la colère de l'Eternel a éclaté, la plaie a commencé" (Nombres 16: 46,49). Les exemples sont nombreux dans L'Ecriture. Voilà pourquoi nous demandons dans nos prières à Dieu de ne pas se courroucer contre nous. Et nous disons au Seigneur: "Levez votre courroux de pardessus nous." (chant: "Efnouti naï nane"). Voici ce que dit Moïse au Seigneur, quand il voulut les exterminer: "Pourquoi, ô Eternel! ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple….?" (Ex. 33:11); er voici ce que dit le prophète David dans le psaume: "Eternel! ne me punis pas dans ta colère, et ne me châtie pas dans ta fureur." (Ps. 6:2); et le prophète Jérémie dit au Seigneur dans ses Lamentations: "Fais-nous revenir vers toi, ô Eternel, et nous reviendrons! Donne-nous encore des jours comme ceux d'autrefois! Nous aurais-tu entièrement rejetés, et t'irriterais-tu contre nous jusqu'à l'excès? (Lamentations 5: 21-22). Parmi les exemples de la colère de Dieu contre le mal et les malfaiteurs, il y a la parole de l'apôtre: La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes" (Rom. 1:18) Il a aussi été dit: "Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure en lui" (Jean 3:36). C'est pourquoi, parmi les exemples de la colère de Dieu, il y a : le jour du jugement: Saint Jean le visionnaire a vu les pécheurs terrifiés en ce jour, même les rois, les grands, les riches, les princes, et les forts….: "Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes; et ils disaient aux montagnes et aux rochers: Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l'agneau; car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut résister?" (Apoc.: 6: 15-17). Les tourments éternels ont été appelés par l'expression: "la coupe de la colère de Dieu". (Apoc.: 14:10). La sainteté de Dieu rejette le mal et lui est hostile, ou s'en dégoûte et le condamne. Ce rejet et cette condamnatin ont été appelés "colère de Dieu." Un exemple de ceci se trouve dans le récit du miracle de la guérison de celui qui avait la main sèche, lorsque les juifs le guettaient pour voir s'Il guérirait le jour du sabbat: "…..Alors, promenant son regard sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme: Etends ta main….." (Marc 3: 1-5). Ici l'expression "indignation" signifie la répugnance qu'a le Seigneur pour le mal. Dans cet exemple, sa colère était sans punition. En parlant de la colère de Dieu, …. nous remarquons qu'Il est patient, lent à la colère. Le prophète Nahum avait proclamé cela en disant: "L'Eternel est lent à la colère…." (Nahun 1:3). Le prophète Jonas l'avait déclaré quand il reprenait Dieu disant: "Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal." (Jonas 4:2). Il a aussi été dit: "L'Eternel, l'Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité" (Ex. 34:6) Dieu est lent à la colère; et aussi sa colère ne demeure pas. Ayant éprouvé cette vérité, le prophète David dit: "L'Eternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté; Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours" (Psaume 103: 8-9). Et il dit succinctement: "Car sa colère dure un instant" (Ps. 30:5). Le but de la colère de Dieu c'est que nous nous réveillions spirituellement, et que nous n'exploitions pas sa miséricorde et que nous ne méprisions pas "les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité" (Rom. 2:4), ce qui nous mènerait à l'insouciance et à l'impertinence….. La colère des saints Les saints étaient doux, mais leur douceur ne signifie pas un négativisme absolu par rapport au mal, ou un manque absolu d'émotion, car ils s'irritaient parfois d'une colère sainte, par laquelle ils déclaraient leur indignation contre le péché. Nous donnerons quelques exemples de ceci: 1.- La colère du prophète Moïse: Oui, le prophète Moïse dont l'Ecriture dit: "Or, Moïse était un homme fort patient, plus qu'aucun homme sur la face de la terre" (Nom. 12:3); ce Moïse, quand il vit les enfants d'Israël danser et adorer le veau d'or, l'Ecriture dit: "La colère de Moïse s'enflamma; il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. Il prit le veau qu'ils avaient fait, et le brûla au feu; il le réduisit en poudre, répandit cette poudre à la surface de l'eau…..", et il réprimanda Aaron……(Ex. 32: 19-21). La douceur ne signifie pas la froideur du tempérament, quand l'homme ne s'emeut absolument pas, et n'est pas transporté par la colère!! La personne douce se met parfois en colère, exprimant son indignation contre le mal, mais il se met en colère dans un style compatible avec sa douceur, il ne pèche point. (Eph. 4:26). Ici nous voyons le prophète Moïse réprimander son frère Aaron avec fermeté, à tel point qu'Aaron fut déconcerté en face de lui….; et malgré tout cela Moïse intercéda pour le peuple afin que Dieu ne l'extermine pas. La colère d'Elihu Il était le quatrième parmi les amis de Job. Il avait demeuré silencieux pendant toute leur discussion avec Job dont le récit prit vingt-huit chapitres. L'Ecriture dit finalement: "Alors s'enflamma de colère Elihu, fils de Barakeel de Buz, de la famille de Ram. Sa colère s'enflamma contre Job, parce qu'il se disait juste devant Dieu. Et sa colère s'enflamma contre ses trois amis, parce qu'ils ne trouvaient rien à répondre et que néanmoins ils condamnaient Job." (Job 32: 2-3) Elihu parla, et blâma Job; et Job ne put pas répondre par un seul mot comme il avait répondu à ses trois amis. Elihu fut le seul parmi les amis de Job, que Dieu ne blâma pas. Dans sa fureur, il parlait avec sagesse par les paroles de Dieu, malgré qu'il était le plus jeune parmi ceux qui étaient présents….et il ne pécha absolument pas dans sa colère. Mais il expliquait la parole de vérité avec droiture. Ici l'expression Elihu "s'enflamma de colère" ne signifie pas la nervosité, mais elle signifie que sa conscience n'approuvait pas ce qui s'était passé devant lui . C'est pourquoi il se tint défendant, pour faire paraître la vérité. Car il était "plein de paroles" et l'esprit le pressait au dedans de lui (Job 32:18). Il était un homme qui n'aimait ni avoir égard à l'apparence ni flatter personne….. Nous citerons un autre exemple de la colère sainte: La colère de Néhémie Le grand Néhémie qui fut enthousiasmé pour Dieu, et qui reconstruisit les murailles de Jérusalem, et qui rebâtit aussi la construction spirituelle du peuple de son temps, avec son compagnon le scribe Ezra. Il fut très irrité parce que les grands prêtaient au peuple avec intérêt. Les pauvres avaient crié en se plaignant de ce joug qu'ils supportaient, et de ce que dans leur faim, ils avaient mis en gage leurs maisons, leurs vignes et leurs champs. Là, Néhémie dit: "……Je fus très irrité lorsque j'entendis leurs plaintes et ces paroles là. Je résolus de faire des réprimandes aux grands et aux magistrats, et je leur dis: Quoi! Vous prêtez avec intérêt à vos frères! Et je rassemblai autour d'eux une grande foule…….." (Néh. 5: 1-7). Il était en colère, et il traita le problème avec fermeté, et non pas avec nervosité. Il ordonna les grands de rendre l'intérêt qu'ils avaient pris des pauvres. Il réalisa la justice entre les hommes, et dans tout cela il n'avait point péché. Le châtiment du prêtre Eli Les fils du prêtre Eli avaient commis un péché affreux dans l'intérieur de la tente d'assignation. Le droit de Dieu devait être indispensablement repris d'eux. Mais il avait négligé cela, et les avait réprimandés d'une manière qui n'était pas ferme. (1 Sam. 22:25). Le résultat fut que Dieu infligea à Eli un châtiment très terrible, parce qu'il ne s'était pas irrité d'une colère sainte contre ses fils pour les réprimer de leur péché. C'est ainsi que Dieu parla au prophète Samuel, quand il était encore un enfant, et lui fit porter un message au prêtre Eli, et "Alors l'Eternel dit à Samuel: Voici, je fais faire en Israël une chose qui étourdira les oreilles de quiconque l'entendra. En ce jour j'accomplirai sur Eli tout ce que j'ai prononcé contre sa maison; je commencerai et j'achèverai. Je lui ai déclaré que je veux punir sa maison à perpétuité, à cause du crime dont il a connaissance, et par lequel ses fils se sont rendus méprisables, sans qu'il les ait réprimés. C'est pourquoi je jure à la maison d'Eli que jamais le crime de la maison d'Eli ne sera expié, ni par des sacrifices ni par des offrandes" (1 Sam. 3: 11-14). "Eli tomba de son siège à la renverse…..il se rompit la nuque et mourut" (1 Sam. 4:18). Ses deux fils moururent aussi; et sa belle-fille qui "était enceinte et sur le point d'accoucher" mourut. (1 Sam. 4: 17-20). Cela fut la punition divine d'Eli parce qu'il ne s'était pas irrité pour Dieu. Il y a des situations qui nécessitent la fermeté. La fermeté dans ces cas, entre dans le domaine de la colère sainte, et elle n'est ni une colère coupable, ni une colère vaine. Si la personne responsable ne se mettait jamais en colère, et n'agissait point avec fermeté quelles que soient les fautes, et n'établissait le droit qui est dû, elle serait indubitablement coupable, et elle serait négligente quant à sa responsabilité. Mais il y a une différence entre la fermeté et la nervosité. La fermeté et la nervosité Prenons des exemples dans la vie pratique: 1. Une jeune fille se présente pour communier du saint mystère de l'Eucharistie, en étant excessivement parée d'une manière inconvenable. Alors le prêtre s'irrite nerveusement contre elle; il la reprend avec violence, en utilisant des expressions dures devant le reste des femmes. Alors elle quitte l'église en étant peinée et révoltée, et ne reviendra peut-être plus à l'église une autre fois. Tandis qu'un autre prêtre dans la même situation, dirait calmement à la jeune fille une parole ferme en secret, et d'une manière persuasive et non pas blessante; alors la jeune fille s'éveillerait, elle serait convaincue de son erreur, et ne la répèterait plus. 2. Un autre exemple: Un maître dans une école: Ses élèves troublent l'ordre, il s'énerve, et reste à crier, à réprimander, et peut-être à insulter et frapper. Les élèves remarquent qu'il est facilement disposé à être excité, ils le prennent comme leur jouet, et ils trouvent du plaisir à le provoquer. Tandis que l'autre maître qui fermement et sans nervosité, contrôle l'ordre en classe, deviendra le sujet du respect et de l'obéissance des élèves. 3. Nous parlerons de la même manière à propos d'un père corporel, ou de quelque personne dans une situation de primauté ou dans une fonction éducatrice, qui agirait fermement d'une manière tranchante: Cela étant son droit et plutôt son devoir d'agir de la sorte; il ne commet pas de faute dans sa colère. 4. Un autre exemple: La sainte Eglise s'irrite contre les innovations et les hérésies, et les traite avec une fermeté absolue. L'attitude de l'Eglise fut très claire dans les conseils œcuméniques et locaux, et dans les jugements des pères patriarches et des évêques défenseurs de la foi. Plutôt un grand apôtre très renommé pour sa charité, à tel point qu'il fut surnommé "Jean le bien-aimé", nous le voyons dire fermement à la fin de sa deuxième épître: "Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas: Salut! car celui qui lui dit: Salut! participe à ses mauvaises œuvres." (2 Jean: 10-11). Voilà la fermeté et la colère pour la vérité, sans nervosité. 5. Saint Diarachus dit: "La colère modeste est celle que si Eve l'avait utilisée avec le serpent, elle n'aurait pas été influencée par le plaisir affligeant. C'est-à-dire que si notre mère Eve s'était mise en colère parce que le serpent lui disait ce qui était contraire au commandement de Dieu, et que, dans cette colère, elle avait refusé le conseil du serpent, elle n'aurait pas péché. Ici, nous signifions par la colère, la fermeté dans le refus de toute intention fautive. Nous invitons à cette fermeté toute personne qui rencontre une séduction inique. Ne dites pas: "la douceur", puis vous vous rendez et péchez!! 6. Un autre exemple c'est l'attitude de l'apôtre Paul envers le pécheur de Corinthe. Ici dans la même épître, le grand apôtre qui avait parlé de la charité comme étant la plus grande des vertus (1 Cor. 13:13), nous le voyons très irrité à cause de ce pécheur adultère, et proclamer contre lui un jugement sévère ordonnant au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ: "qu'un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus" (1 Cor. 5:5). En même temps, il blâme les habitants de Corinthe très sévèrement, à tel point qu'il leur mentionne dans sa deuxième épître qu'ils les avait chagrinés, en disant: "Car si je vous attriste, qui peut me réjouir, sinon celui qui est attristé par moi? " (2 Cor. 2:2). Puis quand ce pécheur fut contrit et fit pénitence, il lui pardonna. (2 Cor. 2: 6-7). A cause de tout cela, il est possible de s'irriter sans pécher, si c'est une colère sainte. Néanmoins, il y a une autre signification à la parole de l'Ecriture: "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point". (Eph. 4:26). "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point" Saint Jean Cassien a répondu à une question importante, qui est: "Quand est-ce que la colère est utile et bonne?" Il dit: "Que l'unique exception où la colère est bonne, c'est notre colère contre nos péchés, nos convoitises et nos défauts." (Jean Cassien; dans son livre intitulé "Les Instituts"; chapitre sur la guerre de la colère). Il voit que ceci est en nous l'utilisation naturelle de la colère. Il dit: "Nous possédons une utilisation de la colère qui est excellemment implantée en nous. C'est à cause de cela seulement qu'il est utile et profitable que nous permettions la colère. Je veux dire que nous soyons troublés, en colère contre les sentiments de convoitise du cœur, et que nous les détestions, parce que les choses que nous avons honte de faire ou de dire devant les gens, se sont tenues dans le secret de nos cœurs….et que nous soyons excédemment terrifiés de l'œil de Dieu duquel les secrets des cœurs ne peuvent jamais être cachés." Cassien donna l'exemple du roi David quand il désira boire de l'eau du puits de Bethléem. Alors trois de ses hommes passèrent au travers du camp de l'ennemi et lui apportèrent l'eau. Mais David sentit son cœur battre. Il fut irrité contre lui-même parce qu'il avait exposé ses hommes au danger pour qu'il puisse boire. Immédiatement il répandit l'eau à terre sans satisfaire son désir de boire, exprimant ainsi son action: "Loin de moi, ô Eternel, la pensée de faire cela! Boirais-je le sang de ces hommes qui sont allés au péril de leur vie?" (2 Sam.23: 15-17). Puis Cassien exposa la parole de l'Ecriture: "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point" (Eph. 4:26). L'apôtre saint Paul avait quotté cette expression des psaumes de David (Ps.4:4). Puis Cassien expliqua qu'elle s'applique à son sens que nous devons restreindre notre colère à une colère contre nous-mêmes. Il dit: "Certains ont ordonné d'être en colère d'une manière saine, mais contre nous-mêmes et contre les mauvaises pensées qui se lèvent en nous. Il montra que lorsque nous nous mettons en colère contre nous-mêmes, nous ne sommes pas fautifs; c'est à dire que notre colère n'est pas un péché; et que le résultat de notre colère contre ces pensées, serait que nous ne pécherions point. Il dit que la suite du verset (Ps. 4:4) explique que ceci est la plus claire signification. Car tout de suite après, il dit: "Parlez en vos cœurs sur votre couche, puis taisez-vous" (Ps. 4:5). C'est-à-dire: reprenez et corrigez par un repentir sain, tout ce que vous penserez dans vos cœurs, lorsque vous êtes attaqués par des choses excitantes...... Cassien a voulu prouver son explication, d'après ce qui a été dit dans le verset de l'épître de saint Paul. Il dit: [Le bienheureux apôtre saint Paul, après avoir cité ce verset disant: "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point", ajouta: "que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable" (Eph. 4:26-27).] Que le soleil ne se couche pas sur votre colère Ici, Cassien explique le mot "soleil" d'une manière symbolique, que c'est "le soleil de la justice" (Malachie 4:2). Cassien ne permit pas que le verset soit expliqué d'une façon littérale, sinon il aurait permis que notre colère demeure jusqu'au coucher du soleil.......! En cela, il dit: "S'il était légal que nous nous mettions en colère jusqu'au coucher du soleil, alors le superflu de notre indignation, ou la vengeance de notre colère, pourrait jouer un rôle complet pour l'affliction et pour l'incitation dangereuse, avant que le soleil ne se couche." Cassien voyait que l'explication littérale de ce verset, est incompatible avec les enseignements qu'il avait reçus des anciens qui "n'avaient pas permis la colère, pas même pour un seul instant, dans lequel elle trouverait une place dans nos cœurs." C'est ainsi qu'il se tourna vers l'explication symbolique. Il dit: [Quant à ce soleil, Dieu mentionne cela clairement par la langue du prophète, lorsqu'il dit: "Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de la justice, et la guérison sera sous ses ailes" (Mal. 4:2).] Puis il continue en disant: "[S'il est dangereux que le soleil de la justice se couche pendant que nous sommes indignés, et si lorsque nous nous mettons en colère, nous donnons tout de suite au diable une place dans nos cœurs, comment donc l'apôtre nous recommande-t-il d'abord de nous mettre en colère, en disant: "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point"?! Est-ce qu'il n'entend pas clairement ce qui suit: Mettez-vous en colère contre vos fautes et contre votre tempérament; de crainte que si vous les acceptiez, le Christ, le soleil de la justice, commencerait à disparaître de vos esprits ténébreux, à cause de votre colère. Et s'Il vous quitte, vous préparerez une place pour le diable dans vos cœurs.] Commentaire: Nous n'avons absolument aucune objection à ce qu'une explication de ce verset "si vous vous mettez en colère, ne péchez point", soit que la colère s'entend par la colère contre nos péchés et nos défauts. Car toute colère n'est pas une colère contre les autres seulement, tandis qu'il se trouve dans l'âme personnelle des défauts qui nécessitent la colère contre eux aussi...... C'est pourquoi, mettez-vous en colère contre la poutre qui est dans votre œil, avant de vous mettre en colère contre la paille qui est dans l'œil de votre frère (Matt. 7:5). Ne passez pas la nuit sans vous mettre en colère contre vos péchés. Si vous vous mettez en colère contre votre âme pécheresse, vous n'êtes pas fautif, parce que c'est une colère qui contient le remède de vos défauts. Votre colère contre vos péchés vous conduira à la repentance. Nous ne voulons pas exagérer l'explication symbolique, car il y a des cas de colère sainte qui sont autres que notre colère contre nous-mêmes. Nous en avons donné quelques exemples. Et aussi, ne jugeons pas les saints qui se mettent en colère pour la justice. Mais en ce qui concerne la colère sainte, nous distinguons entre la colère et la nervosité. Car la nervosité est une faute........et les saints furent en colère pour la justice, sans nervosité. Car la nervosité est un manque de contrôle des nerfs........ Chapitre 2 LA COLERE COUPABLE VAINE Qu'est-ce que la colère coupable? Paroles de l'Ecriture sur la colère coupable Blâme des pères de la colère coupable Un péché repoussant et composé Exemples de la colère coupable Mauvaises conséquences de la colère QU'EST-CE QUE LA COLERE COUPABLE? Il existe une colère vaine, dont le Seigneur, à Lui soit la gloire, dit: "Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d'être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges" (Matt. 5:21:22). Ici, la gravité consiste dans ce que le Seigneur a renfermé la colère vaine, en sa parole sur le meurtre ..... La colère vaine est la colère pour des raisons personnelles, ou pour des questions matérielles ou mondaines, et non pas pour une raison sainte. Un frère posa une question à saint Abba Poemen sur la signification de la colère vaine qui a été mentionnée dans le sermon sur la montagne dans le verset (Matt. 5:22). Il répondit: "Si votre frère vous maltraitait injustement, vous injuriait, et vous trompait, et si à cause de cela vous vous mettiez en colère, votre colère serait une colère vaine, parce que vous vous seriez mis en colère pour des raisons vaines....." Le saint complète sa parole en disant: "Mais si quelqu'un voulait vous éloigner de Dieu, alors si vous vous mettiez en colère, cela serait une bonne chose." La colère vaine a deux aspects: Le premier c'est qu'elle est pour des questions vaines, éphémères, mondaines, ou pour des raisons personnelles. Le second aspect de la colère vaine c'est qu'elle est réalisée d'une manière vaine, dans laquelle la personne perd le contrôle de ses nerfs et pèche........ Ainsi on pourrait dire que la colère vaine est aussi une colère coupable qui comprend la nervosité, et la tension des nerfs, avec tout ce qui accompagne cela de fautes que nous citerons, si Dieu veut...... PAROLES DE L'ECRITURE SUR LA COLERE COUPABLE En ce qui concerne la réprobation de la colère, il suffit ce qui a été mentionné dans l'épître de l'apôtre saint Jacques qui dit: "Car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu" (Jacques 1:20). La colère qu'il entend est la colère humaine, qui est pour des raisons humaines.......elle ne s'accorde pas avec la justice que Dieu veut.......et c'est pourquoi la Sainte Ecriture met une condition pour les pasteurs, c'est qu'ils ne soient pas colèrique. Il a été mentionné dans l'épître à Tite à propos des conditions de l'évêque: "Car il faut que l'évêque soit irréprochable.........qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ......ni violent......mais qu'il soit........juste, saint, tempérant" (Tite 1:7-8). Plusieurs versets du livre des Proverbes parlent contre la colère. Nous en citerons: "Un homme colérique excite des querelles, et un furieux commet beaucoup de péchés" (Prov. 29:22). Nous citerons, si Dieu veut, ces péchés nombreux qui sont causés par la colère, lorsque nous parlerons de la colère comme un péché composé. Il a aussi été dit dans le livre des Proverbes : "La pierre est pesante et le sable est lourd, mais l'humeur de l'insensé pèse plus que l'un et l'autre" (Prov. 27:3). Il a été mentionné dans le livre de l'Ecclésiaste à propos de cette insensibilité: "Ne te hâte pas en ton esprit de t'irriter, car l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl. 7:9). De là, il paraît que la colère est loin de la sagesse. Le sage s'éloigne de la colère insensée. Nous voyons que le patriarche Jacob dans sa bénédiction de ses enfants avant sa mort, parla sévèrement de la colère de ses deux fils Siméon et Lévi. Il dit: "Maudite soit leur colère, car elle est violente, et leur fureur, car elle est cruelle" (Gen 49:7). Pour cette même raison, il dit: "Que mon âme n'entre point dans leur conciliabule, que mon esprit ne s'unisse point à leur assemblée" (Genèse 49:6). Par ce décret, il nous rappelle de la parole de l'Ecriture Sainte: "Ne fréquente pas l'homme colérique, ne vas pas avec l'homme violent" (Prov. 22:24). N'oublions pas le conseil de sainte Rébecca à son fils Jacob, lorsque la colère de son frère Esaü devint violente. Elle lui dit: "Lève-toi, fuis chez Laban, mon frère, à Charan; et reste auprès de lui quelque temps, jusqu'à ce que la fureur de ton frère s'apaise, jusqu'à ce que la colère de ton frère se détourne de toi" (Gen. 27:43-45). Car Esaü dans sa haine contre Jacob "à cause de la bénédiction dont son père l'avait béni, .....disait en son cœur.......je tuerai Jacob, mon frère" (Gen. 27:41). L'Ecriture Sainte nous défend la colère sous toutes ses formes. L'apôtre dit: "Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ." (Eph. 4: 31-32). PAROLES DES PERES CONTRE LA COLERE La colère est naturellement dirigée à l'excitation de la guerre avec les démons, et à la lutte contre tous les genres de plaisirs coupables. Mais les démons nous font utiliser la colère pour combattre les gens, ce qui est contre la nature. (Saint Evagrius) Comme l'eau est troublée par la force du vent, ainsi la personne colère est troublée par les pensées impures. L'homme doux est comme une source claire qui abreuve toute personne avec sa bonté. Tandis que la personne colère est toujours troublée, et ne donne pas de l'eau à celui qui a soif. L'âme qui n'est pas colère devient une demeure du Saint-Esprit, et le Christ se repose dans le cœur de la personne douce remplie de paix. Les yeux de la personne colère qui demande avec un cœur inquiet, sont méchantes et pleines de sang. Tandis que la face de la personne douce est resplendissante, et ses yeux regardent avec modestie. La prière de la personne colère est un encens impur rejeté. L'offrande de la personne colère est un sacrifice désagréable. (Saint Evagrius) Un ancien dit: Celui dont le cœur n'est pas attristé lorsque son frère se dispute avec lui, ressemble aux anges. S'il conteste lui aussi, ensuite retourne tout de suite pour se réconcilier avec lui, cela sera l'œuvre des combattants. Tandis que celui qui attriste ses frères, et qui est attristé par eux, et qui retient la haine dans son cœur, celui-là obéit au démon et désobéit à Dieu. Dieu ne lui pardonnera pas ses iniquités, si lui-même ne pardonne pas à ses frères. (Histoire Lausiaque). Si l'homme devient parfait dans toutes les bonnes œuvres, tandis que dans son cœur, il demeure passionné contre son frère, cet homme est étranger à Dieu. (Saint Abba Pacôme) Même si la personne colère ressuscitait des morts, il ne serait pas agréable à Dieu, et aucune personne n'irait vers lui. (Saint Abba Agathon) Celui qui fait jeûner sa bouche de la nourriture, et ne fait pas jeûner son cœur de la colère et de la haine, et ne fait pas jeûner sa langue des choses vaines, celui-là jeûne en vain. La prière de la personne haineuse est comme la semence qui tombe sur le roc..........La personne haineuse recueille de sa prière, ce que recueille au jour de la moisson, celui qui sème dans la mer. L'âme stérile est celle qui s'est vêtue de la haine, de la fureur, de l'intempérance, de la tristesse, de l'impatience, et du trouble, et qui juge son prochain tant bien que mal. (Saint Isaac) Le cœur enflammé par la colère est un cœur vide de la consolation cachée, et qui manque de même de consolateurs de l'extérieur. Car la consolation intérieure est celle qui reçoit la consolation extérieure et qui s'en occupe....... Là où se trouve le mouvement de la colère et de l'envie, il est impossible que les vertus s'y établissent ou y demeurent. Et si elles s'y trouvaient, elles seraient cachées par l'obscurité de la colère, de l'envie, et du trouble. Si vous voyez que les blâmes vous sont douloureux, sachez que la vaine gloire vous vole. (Saint Isaac) La douceur de l'amour et de la miséricorde déborde de l'homme voluptueux, quoiqu'il ne soit ni sobre ni calme. Mais le trouble du sang noir des ténèbres agit dans l'homme colère, quoiqu'il soit bien établi et compréhensif. Son âme est amère et remplie de tristesse et de fureur. Sa couleur est changée, et son aspect est mauvais. L'arme de la colère nuit à celui qui la possède. L'arme de l'humilité fait honneur à ceux qui la portent. La patience est le médecin de celui qui la possède........et la colère dans le cœur est comme la teigne dans le bois. La colère est un chien qui aboie contre tout le monde; car la personne colère n'est pas capable de parler pour la paix. La colère mène à la déssatisfaction. Lorsqu'une personne devient folle, et la déssatisfaction s'empare d'elle, sa conscience se remplit de haine. La haine fait mouvoir la colère et l'impureté; et sa déssatisfaction apparaît lorsque l'occasion se présente selon sa volonté. (Saint Jean d'Assiout) La colère est une douleur qui ne contient ni modestie ni honte. La douceur de l'homme consiste à subjuguer la colère. (Saint Ephrem) Le démon de la mauvaise humeur est ténébreux, et son œuvre est amère. Il rappelle au souvenir de l'âme des actions passées, ou bien des actions qui vont se passer. Il réveille la colère.......et peut-être que les démons enlèvent la raison, et la font débaucher, et la transportent de village en village, et d'une maison à l'autre, et lui rappellent des paroles et des actions qui se rapportent à la conscience. Le cœur de la personne colère est éloignée des mystères de Dieu.....Gardez-vous de la mauvaise humeur, car elle est un démon incarné....... Malheur à la personne colère. Son cœur est la demeure des vipères.......Avec qui l'homme colère se réconciliera-t-il ?! Car il attriste toujours son cœur, et il éloigne de lui l'Esprit de Dieu. ("Le vieillard spirituel", saint Jean Saba) Le père Irayus dit: Celui qui ne peut pas contrôler sa langue pendant la colère, ne pourra jamais vaincre aucune des petites choses douloureuses. Un ancien dit: Gardez-vous de la colère, car elle obscurcit l'intelligence, et retire de l'âme la crainte de Dieu. La colère engendre la folie. Celui qui l'accepte n'est pas doux devant Dieu. (Histoire Lausiaque) La colère est un mouvement de la folie. Elle rend perplexe celui qui en fait sa possession. Elle rend l'âme comme les bêtes sauvages..... Le cœur de l'homme colère est petit. Il pense à rendre le mal par le mal. Il a de la dureté dans ses paroles et dans ses actes. Il ne veut pas être miséricordieux. Il est furieux même contre les animaux. La colère le fait mouvoir. Il hait son frère dans son cœur. Il parle mal de lui. Il résiste, conteste, injurie, et juge. Le démon jette en moi de la colère contre mon frère. Il m'empêche de répondre avec humilité. Il arrache mon amour pour les frères. Il me rappelle du mal contre mon frère; comme s'il m'avait délaissé, ou comme s'il m'avait causé une perte, ou comme s'il m'avait traité d'une façon inconvenable. Il rend mon cœur rempli de mal pendant la prière. (Saint Evagrius) La colère est la plus rapide de toutes les afflictions. Elle est excitée et enflammée contre une personne qui a fait, ou qui semble avoir fait, une action nuisible à la personne colère. Elle endurcit l'âme de plus en plus. Elle captive la raison pendant la prière, et représente la face de celui qui avait causé du mal. Si elle persiste dans l'âme, elle devient une inimitié. (Saint Evagrius) Qui peut expliquer d'une manière complète, les mauvaises conséquences de la colère? Quel sermon peut décrire comment cette maladie est honteuse?! Vous voyez que les douleurs de la personne possédée d'un démon, apparaissent en ceux qui sont maîtrisés par la colère........! Considérez côte à côte les signes du démon et les signes de la colère, et quelle est la différence entre les deux! L'œil de celui qui est possédé par un démon est rouge comme le sang, et il est évasif. Sa langue ne s'arrête pas. Ses paroles sont rudes. Sa voix est stridente comme un aboiement........il respire violemment...... Ces signes sont communs.........sa tête s'avance impulsivement d'une manière sauvage. Ses mains font des mouvements qu'il ne ressent pas. Tout son corps s'ébranle. Ses pieds chancellent. Cette description est commune aux deux cas de maladie. Les deux cas diffèrent en une seule chose. C'est que l'un est facultatif, tandis que l'autre arrive à ses victimes contre leur volonté. (Saint Grégoire, évêque de Nice) La personne colère se tue elle-même......Elle est éloignée de la paix, elle n'est pas saine. Son corps se désintègre tout le temps. Son âme est triste, sa peau est flétrie, sa couleur n'a pas de fraîcheur. Sa raison est changeante. Ses pensées sont comme un fleuve qui déborde. Il est détesté par tout le monde, et rejeté par Dieu et par les hommes. Il n'a ni patience, ni charité. Il soulève des contestations à cause d'une chose méprisable. Il attire à lui l'exécration. (Saint Ephrem) UN PECHE REPOUSSANT ET COMPOSE La colère n'est pas seulement un péché simple, mais c'est un groupe de péchés composés ensemble dans leurs causes, leurs embranchements et leurs résultats. 1. Un péché qui comprend la violence et la nervosité: Soit du point de vue de la violence ou de la hauteur ou de l'émotion de la voix, celle-ci participe avec les nerfs et aussi avec les traits du visage. L'homme entier est dans un état de colère, ou de révolte........ 2. L'homme en état de colère ne pardonne pas: Car s'il pardonnait à celui qui l'avait offensé, il ne serait pas en colère contre lui, ne serait pas agité, et ne serait pas révolté........et quand une personne ne pardonne pas à autrui en état de colère, il s'expose à la perte du pardon de Dieu, car il a été dit: "mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses" (Matt. 6:15). 3. La colère comprend en elle la cruauté du cœur: La force de cette cruauté augmente avec l'accroissement de la violence de la colère. Elle pourrait arriver dans certains cas à l'agression et aux coups. Parfois elle pourrait arriver au meurtre, comme lorsque Esaü pensa à se lever et tuer son frère Jacob (Gen. 27:45). Il a été dit dans la Sainte Ecriture: "La fureur est cruelle et la colère impétueuse" (Prov.27:4). 4. Par suite, la violence comporte un genre de répulsion: Car "la charité.........supporte tout" (1Cor. 13:7). Mais quand on est en colère, spécialement dans une colère violente, les sentiments de charité disparaissent. Si la force et la durée de la colère augmentent, elle se transformera en haine........ 5. Le péché de colère est incompatible avec la douceur et la bonté: Celui qui est en colère perd sa douceur, sa patience et son calme. Il perd sa bonté, sa bonne humeur et sa tendresse, et il se transforme en un être humain révolté dont le tempérament ressemble à celui des monstres......... 6. Celui qui est en colère perd aussi la vertu de l'humilité: Parce que comme dit saint Dorothéus: "La personne humble n'irrite personne et ne s'irrite de personne." La personne humble porte le blâme toujours sur elle-même, et ainsi elle ne se met pas en colère. De même elle sollicite la bénédiction, les prières et la satisfaction de tout le monde, et par suite elle ne se permet point d'irriter personne. Tandis que la personne colère est le contraire de cela. C'est pourquoi.......... 7. Le péché de colère est toujours lié au péché de condamnation des autres: Car si la personne colère ne condamnait pas les autres, elle ne se révolterait pas contre eux. Cette condamnation pourrait arriver à des niveaux difficiles. Il se pourrait que la personne colère soit fautive, et là...... 8. la personne colérique tomberait parfois dans le péché d'injustice: Elle porterait sur les autres des jugements dont ils sont innocents, ou au moins, au niveau desquels ils ne sont pas arrivés. Elle pourrait être portée à la condamnation par des pensées fondées sur la méfiance. Dans sa méfiance, elle s'imaginerait des choses qui ne sont pas arrivées. Mais dans son injustice, elle assure que ce qu'elle pense est effectivement une réalité. 9. Dans sa colère, elle tombe dans les insultes et les offenses: Elle prononce des expressions blessantes, et perd son respect pour les autres. Elle agit d'une manière inconvenable dont les gens la blâment, et qu'elle regrette lorsque ses nerfs excités se calment. Elle serait coupable dans tout cela. Car le Seigneur dit dans le sermon sur la montagne: "celui qui dira à son frère: Raca! (c'est-à-dire la moindre expression du manque de respect), mérite d'être puni par le sanhédrin" (Matt. 5:22). 10. Elle pourrait tomber dans plusieurs des péchés de la langue: Nous ne pouvons pas compter ces péchés, parce qu'ils dépendent de la violence de la colère, et de l'étendue de l'impuissance de la personne colère à contrôler ses nerfs, à contrôler ses sentiments, et à contrôler sa langue. 11. Si la colère réside dans le cœur, elle engendre la haine: Les sentiments pourraient passer par des stages, de la fureur à la déssatisfaction,..... jusqu'à ce qu'ils arrivent à la haine. Ensuite ils s'échangeraient les positions: la haine aussi engendrerait la colère, la fureur et la déssatisfaction........et ainsi le cœur deviendrait un dépôt de nombreux sentiments coupables, qui s'encouragent mutuellement. 12. La colère est une révolte dont le but est la vengeance: La personne colère veut se venger pour lui-même, ou pour sa dignité, ou pour ses droits. Elle veut reprendre sa considération, et rétribuer le mal par le mal. Ainsi elle entre dans la vengeance. C'est pourquoi l'apôtre saint Paul dit: "Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère: (Rom. 12:19). C'est-à-dire laissez-lui un échappatoire, ou le moyen d'en sortir. Ouvrez-lui une ouverture dans le cœur par laquelle elle pourrait sortir, et ne la déposez pas en votre intérieur. 13. La colère comporte en elle-même un autre péché qui est le manque de tolérance: Car si la personne colère pouvait supporter l'offense de l'offenseur, il ne s'irriterait point. Mais elle indique par sa colère, son impatience, l'étroitesse de son cœur, et son impuissance à tolérer. 14. La colère pourrait se transformer en contestations et en querelles: Car peut-être qu'un être humain ne pourrait pas corriger les conséquences des fautes qu'il commettrait pendant sa colère. Tout ce qu'il aurait prononcé d'insultes, d'offenses, d'expressions qui blessent les sentiments, ou d'accusations injustes......tout cela pourrait laisser dans l'âme de l'autre parti, des influences qui le pousseraient lui aussi à l'inimitié ou à la vengeance. Ainsi, même si la personne colère se repent de sa colère, peut-être que les conséquences de sa colère demeureraient. 15. Le péché de colère comporte aussi le péché de scandale des autres: La personne colère scandalise l'autre parti contre lequel elle se met en colère, et elle scandalise aussi tous ceux qui voient la révolte de la colère, et qui entendent ce qu'il y a d'expressions inconvenables, et d'excitation et de cris.......... 16. Le péché de l'emportement impulsif pourrait être caché dans le péché de la colère: Souvent la colère est accompagnée de la hâte, ou du résultat de la hâte et de l'emportement impulsif, quand l'homme dans un état émotif, prend des décisions graves contre lui-même ou contre les autres. Par exemple lorsque David s'irrita contre Nabal le Carmélite, il dit: "Que Dieu traite son serviteur David dans toute sa rigueur, si je laisse subsister jusqu'à la lueur du matin qui que ce soit de tout ce qui appartient à Nabal" (1 Sam. 25:22, 34). Dans sa fureur, il était sur le point de tuer Nabal et tous ceux qui lui appartenaient.........si Abigail ne l'avait pas calmé. 17. On perd l'image de Dieu, dans la colère: L'homme a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Gen. 1). Mais quand il est en état de colère, il n'est pas ainsi; plutôt il paraît dans un aspect repoussant et scandaleux qui n'est pas compatible avec le niveau spirituel qui lui convient. 18. L'homme colère pourrait perdre plusieurs de ses relations: Il perd sa relation avec celui contre lequel il s'était mis en colère. Beaucoup de procès de divorce, et de problèmes matrimoniaux, ont pour cause la colère. L'homme colère pourrait perdre sa relation avec Dieu et avec l'Eglise au temps de sa colère, quand il prononce des paroles blasphématoires, et qu'il menace de quitter Dieu et l'Eglise. 19. Le péché de la colère est aussi contraire à la vertu de la paix. Car l'homme perd sa paix intérieure, la paix du cœur et de la pensée, de même qu'il perd sa paix avec les gens, en même temps. 20. Le péché de la colère est contraire à la vertu de la joie qui est l'un des fruits du Saint-Esprit.. Car le temps de la colère est un temps misérable et triste pour lui et probablement pour les autres aussi...... 21. La colère est aussi accompagnée par l'ignorance: L'ignorance de l'homme de ce qui lui est utile et ce qui lui est nuisible; son ignorance des mauvaises conséquences de sa colère; car il perd sa relation avec les gens, et peut-être il briserait la paix de sa maison et de sa famille, et perdrait sa réputation et l'idée que les gens ont de lui, et pendant tout cela, il perd ses spiritualités et son éternité. Il pourrait perdre son emploi ou sa promotion, si sa colère est violente contre ses chefs au travail.......et peut-être en un seul instant il perd ce qu'il avait bâti pendant des années......! C'est vraiment un péché destructif.........c'est pourquoi l'Ecriture Sainte dit: "Ne te hâte pas en ton esprit de t'irriter, car l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl. 7:9). Un homme qui détruit tout ce qu'il possède, qui détruit les fruits de l'Esprit en son cœur, qui perd l'image divine, et qui démolit toutes ses de relations avec les gens.........et qui essaye de justifier tout cela en disant: "c'est un moment de colère".........! Est-ce que dans un moment de colère tout cela arrive?! Vraiment, combien est-elle véridique la parole du sage: "La pierre est pesante et le sable est lourd, mais l'humeur de l'insensé pèse plus que l'un et l'autre" (Prov. 27:3). Notre père Jacob dit vrai de ses deux fils: "Maudite soit leur colère, car elle est violente, et leur fureur, car elle est cruelle! (Gen. 49:7). C'est donc un péché composé...........Ce qui est étrange, c'est que celui qui pèche dans tout cela, le rassemble dans une seule expression dans sa confession devant le père prêtre. Il dit un simple mot: "je me suis irrité" ou bien "je suis tombé dans le péché de colère". Il le dit sans les détails horribles..........le père prêtre lui répond: "cela ne fait rien, mon fils. Ne te mets pas en colère une autre fois".......Puis le confessant s'en va calmement, comme s'il n'avait rien fait!! "avec l'innocence des enfants dans les yeux" !!...... EXEMPLES DE LA COLERE COUPABLE 1. Le premier exemple au monde, c'est l'exemple de Caïn: Il fut irrité parce que Dieu avait accepté l'offrand de son frère Abel, tandis qu'Il n'avait pas accepté son offrande. L'Ecriture dit en cela: "Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu" (Gen. 4:5). Ici nous voyons une colère accompagnée de jalousie ou d'envie. Les sentiments de colère restèrent à tuer tout bien dans le cœur de Caïn. Plutôt la colère demeura enflammée à tel point que l'Ecriture dit: "comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua" (Gen. 4:8). Nous remarquons que la colère ici, était accompagnée de l'injustice et de la cruauté. Quelle était la faute d'Abel d'être juste, et que Dieu avait acceptée son offrande?! Et qu'est-ce qu'il pouvait faire pour détourner la colère de son frère?! La colère de Caïn était indubitablement injuste. Il était cruel en commettant le premier péché de meurtre dans l'histoire de l'humanité. Notre Seigneur Jésus-Christ a bien fait de parler de la punition de la colère en parlant du crime de meurtre. (Matt. 5: 21-22). 2. L'exemple de Siméon et Lévi: Notre père Jacob dit d'eux; "Leurs glaives sont des instruments de violence......." (Gen. 49:5). C'est la même colère accompagnée de la cruauté et de l'injustice. Cela nous rappelle de la parole de l'Ecriture: "quiconque se met en colère contre son frère......." (Matt. 5:22). 3 , 4 L'exemple d'Esaü, et l'exemple de David: Esaü fut irrité contre Jacob et voulut le tuer. Peut-être dirait-il que cela était pour des raisons spirituelles!! parce qu'il tenait au droit d'aînesse et à la bénédiction. Mais la demande des choses spirituelles ne doit pas être par des moyens coupables. Ce n'était pas la bénédiction qui était la cause, mais le soi-même...... David fut irrité contre Nabal et voulut le tuer, pour des raisons matérielles, parce qu'il n'avait pas présenté de la nourriture à lui et à ses hommes. Ainsi "le soi" était derrière la colère de David, comme "le soi" était derrière la colère d'Esaü. Soit que la demande est une chose spirituelle ou une chose matérielle, sans aucun doute, toute colère au monde a derrière elle "le soi". Et "le soi" nous présente un autre exemple de la colère, qui est: La colère du roi Saül contre David: Elle aussi était causée par "le soi". Saül se voyait inférieur à David en toutes choses, et il voyait que David réussissait en toutes choses, et qu'il était aimé par tout le monde. La jalousie dans son cœur se changea en crainte de David et de sa popularité, "Saül craignit de plus en plus David, et il fut toute sa vie son ennemi" (1 Sam. 18:29). Il était irrité par toute parole de louange qui était dite de David. (1Sam. 18:8). "Saül, voyant qu'il réussissait toujours, avait peur de lui" (1Sam. 18:15). C'est ainsi qu'il essaya de le tuer plus d'une fois, et qu'il le poursuivit de désert en désert; et même il se mit en colère contre son fils Jonathan et l'insulta lorsqu'il défendait David. (1 Sam. 20:30). MAUVAISES CONSEQUENCES DE LA COLERE 1. Cassien a exposé les mauvaises conséquences de la colère. Il dit: "Il faut extirper complètement des profondeurs de l'âme, le poison mortel de la colère." Et il dit que tant qu'il demeure dans nos cœurs, il aveugle par ses ténèbres, l'œil de l'âme, et comme résultat: (a) Nous ne pouvons acquérir ni la distinction ni la sagesse ni la vision intérieure, "car l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl.7:9). (b) Nous ne pouvons pas acquérir la force qui saisit la justice, "car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu" (Jacq. 1:20). (c) L'homme perd la considération et le respect des gens, même en ce qui se rapporte aux choses mondaines.......car l'homme colère est méprisé. 2. Parmi les conséquences de la colère, c'est qu'elle nous expose à de nombreux péchés: C'est pourquoi l'Ecriture dit: "un furieux commet beaucoup de péchés" (Prov. 29:22). (Voir le chapitre qui traite de la colère comme péché composé). 3. La colère est du point de vue médical, nuisible à la santé. Selon l'opinion d'un savant: "Le corps de l'homme excrète des poisons pendant la colère." Une expression ordinaire que nous disons à propos de l'homme colère, c'est que son sang s'est troublé. La colère pourrait apporter beaucoup de maladies, dont l'hypertension artérielle, les maladies des nerfs, le diabète, et certaines maladies du cœur et de l'estomac. Vous trouvez l'être humain pendant sa colère, trembler, ou s'ébranler, et de même sa voix et ses expressions. C'est pourquoi Notre Seigneur Jésus-Christ a bien dit: "Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre" (Matt. 5:5). En plus de ce qu'ils hériteront "la terre des vivants" (Ps. 27:13), aussi ils ne seront pas exposés à avoir la vie courte à cause de la colère, car les débonnaires ne s'irritent pas. 4. Parmi les mauvaises conséquences de la colère, il y a le scandale, et la perte de la réputation. Puisque la colère est un péché découvert et disgracieux, elle est toujours un sujet de scandale pour les autres, et ne rend pas une belle image de celui qui s'irrite, se révolte, et s'énerve. Celui-ci paraît devant les gens comme ayant perdu le contrôle de ses nerfs, ne se dominant pas, et incapable de se contrôler......... C'est ainsi qu'il tombe dans le péché de condamnation des autres pendant sa colère, et aussi il rend les autres le condamner. Celui qui se met en colère apparaît comme ayant un caractère pareil au caractère de celui contre lequel il se met en colère. L'autre personne avait péché et causé cette colère; et la personne colère a répondu à la faute par une faute qui est la colère et la perte du contrôle des nerfs. Les deux apparaissent dans un niveau de faiblesse semblable. Tous les deux n'agissent pas d'une manière spirituelle. La personne colérique paraît faible, parce qu'elle est incapable de tolérer. Celui qui supporte, qui contrôle ses nerfs, et qui n'est pas provoqué par les fautes des autres, est indubitablement une personne forte. C'est pourquoi l'apôtre dit: "Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous-mêmes" (Rom. 15:1). Donc, ceux qui supportent sont forts. Mais les faibles sont: ceux-là qui commettent des fautes, et nous aussi au cas où nous ne les supportons pas...... 5. Parmi les conséquences de la colère, il y a la détérioration des relations avec les autres: Il existe des péchés qui sont limités à la personne même, comme ses pensées et ses désirs intérieurs. Tandis que le péché de la colère (la nervosité), s'étend à sa relation avec les autres. Peut-être que dans un moment de colère, l'être humain perd des relations qui étaient bonnes avec les autres, et qui étaient restées bonnes pendant des années. Cet être humain pourrait se calmer après sa colère. Mais ceux qu'il avait maltraités dans sa colère contre eux, pourraient ne pas se calmer. L'émotion et la détresse demeureraient avec eux. Peut-être qu'il essayerait de se réconcilier avec eux, sans le pouvoir. Voilà une des mauvaises conséquences de la colère. Nous perdons les amis, et nous augmentons et raffermissons l'inimitié des ennemis, par la colère: Ainsi nous ne gardons pas les amis, et nous ne nous réconcilions pas avec les ennemis. Nous serions perdants sur toute la ligne. Si l'homme pensait à ces conséquences avant de se mettre en colère, il ne se mettrait pas en colère. Ou au moins il ne serait pas rapide à se mettre en colère, selon le commandement de la Sainte Bible. (Jacques. 1:19). 6. Parmi les conséquences de la colère, c'est qu'elle constitue un embrouillement de la prière et de la communion: Il a été dit dans l'Histoire Lausiaque: Un frère avait été irrité par son frère. Lorsqu'il entra dans sa cellule, il eut honte de prier Dieu à cause de la douleur qui était enflammée dans son cœur. Mais quand il se prosterna devant Dieu et dit: "Seigneur, j'ai pardonné mon frère de tout mon cœur", il entendit immédiatement une voix qui lui disait: "Tu as pris ma ressemblance, prie donc avec familiarité". En cela, saint Evagrius dit: Chaque fois que vous voulez vous venger de ceux qui ont été injustes envers vous, cela vous sera un sujet de scandale au temps de la prière, si vous voulez prier comme il le faut.......Et chaque fois que vous vous souvenez du mal de votre frère, vous prierez en ayant l'esprit ténébreux. C'est pourquoi éloignez de vous les pensées de colère, et ne laissez pas l'irritation demeurer en vous. Alors vous ne serez pas troublé au temps de la prière. Les pères avaient dit tout ceci en ce qui concerne simplement la colère intérieure. Quant à la colère où vous vous soulevez contre votre frère et par laquelle vous lui causez de la peine, le Seigneur vous dit dans le sermon sur la montagne: " "Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis, viens présenter ton offrande" (Matt. 5 :23-24). Naturellement, blesser les sentiments des autres, les blâmer violemment avec nervosité et des expressions dures, et leur causer du tort.....tout ceci empêche la communion des saints sacrements. C'est pourquoi nous commençons la messe par la prière de la réconciliation. Le père prêtre dit: "Rendez-nous tous méritant, Seigneur, de nous donner mutuellement un saint baiser, afin que nous obtenions sans être jeté dans la condamnation, de votre don céleste et immortel." Donc, celui qui communie sans se réconcilier avec ceux auxquels il a causé du tort, tombe dans la condamnation........ Plusieurs des pères voient que le mot "offrande" dans la parole du Seigneur (Matt. 5:23), ne signifie pas seulement la communion, mais la prière en général. L'OPINION DE JEAN CASSIEN Dans son commentaire sur la parole de l'Ecriture Sainte: "que le soleil ne se couche pas sur votre colère" (Eph. 4:26), il prouve que ce qui est entendu est : "le soleil de la justice" (Mal. 4:2). Il dit: Comment pouvons-nous croire que le Seigneur permet que notre colère demeure même un seul instant?! tandis qu'il ne nous permet pas de présenter l'offrande de nos prières spirituelles, en sachant qu'une autre personne a de l'amertume contre nous, disant: "va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande" (Matt. 5:24). Comment donc pouvons-nous garder la déssatisfaction contre notre frère, je ne dis pas pour de nombreux jours, mais pas même jusqu'au coucher du soleil, s'il n'est pas permis de présenter des prières à Dieu tant que ce frère a quelque chose contre nous?! Cependant l'apôtre nous a ordonné de : "prier sans cesse" (1Thess. 5:17). "que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni mauvaises pensées" (1 Tim. 2:8). Il reste donc: ou bien que nous ne priions pas du tout, en gardant ce poison dans nos cœurs, et que nous devenions coupables envers ce commandement apostolique ou évangélique qui nous ordonne de prier continuellement en tout lieu.......ou bien, que nous nous décevions nous-mêmes, en ayant l'audace de prier contre le commandement divin. Alors, nous devrions savoir qu'en ce cas, nous ne présenterions au Seigneur aucune prière, mais plutôt un tempérament opiniâtre et une âme révoltée!........Car nos prières perdraient leur efficacité si quelqu'un des frères avait quelque chose contre nous.......... Dieu n'accepte pas la prière de quelqu'un qui garde de la haine contre autrui. La personne colère pourrait essayer de prier. Mais sa pensée est distraite durant la prière, et elle rôde autour des causes pour lesquelles il s'était mis en colère, ou bien autour des moyens par lesquels il voudrait exprimer sa colère, ou se venger de celui qui l'avait irrité. Il s'imagine beaucoup de choses. Il serait comme quelqu'un qui se parle à lui-même ou qui parle à un autre. Il sait que sa prière n'a pas été une prière; mais le volcan qui se trouve dans son intérieur ne cesse de projeter des tourbillons de feu..........! Chapitre 3 DES ESPECES ET DES DEGRES DE COLERE 1. Colère sainte et colère vaine 2. La colère cachée (dans le cœur et la pensée) 3. Le mécontentement et la haine 4. La colère par la langue 5. La vengeance 6. La colère indirecte 7. La colère indignée et agressive 8. Degrés de colère 9. L'évolution de la colère 10. Degrés de rétribution du mal pour le mal COLERE SAINTE ET COLERE VAINE 1. Nous avions mentionné auparavant qu'il existe deux espèces de colère: la colère sainte et la colère vaine; que la colère sainte est celle qui est pour des raisons saintes, et d'une manière sainte, loin de la nervosité, des cris, et du bruit; de même qu'elle n'est ni pour des raisons personnelles ni pour des raisons matérielles; et qu'elle n'est pas à cause de la dignité mondaine. La colère sainte est celle qui est pour Dieu, et pour la sainteté et la justice, et dans laquelle la personne ne perd pas le contrôle de ses nerfs; mais elle se distingue par la fermeté; et il y a une différence entre la fermeté et la nervosité........ Mais notre entretien dans ce chapitre sera sur la colère coupable. LA COLERE CACHEE (DANS LE CŒUR ET LA PENSEE) 2. Il existe aussi deux espèces de colère vaine: la colère intérieure cachée, et la colère évidente extérieure. La colère intérieure est la colère dans la pensée et dans le cœur. Peut-être que vous ne faites pas de tort à votre frère par la langue, et peut-être que vous ne le blessez par aucun mot. Probablement vous semblez silencieux, et vous ne rendez pas l'injure par une autre injure. Mais avec tout cela, peut-être que la colère est dans votre pensée et dans les sentiments de votre cœur. Peut-être qu'il y a une révolte dans votre intérieur, mais elle est étouffée. Ici, vous ne pouvez pas dire que vous vous n'êtes pas irrité, car en fait vous vous êtes irrité, mais vous avez caché votre colère. Il se peut que vous cachiez votre colère pour des raisons spirituelles ou pour des raisons qui ne sont pas spirituelles. La raison spirituelle est de vous contrôler, de vous empêcher de commettre une faute, et de vous calmer jusqu'à ce que vous trouviez une solution spirituelle pour faire passer la colère de votre intérieur. Dans ce cas, nous disons que vous n'avez pas pu supporter, et en même temps vous ne vous êtes pas emporté. Vous avez été affecté de l'intérieur, mais vous vous êtes arrêté à cette limite, afin de ne pas pécher par votre langue, de ne pas pécher par votre agissement, et de ne pas vous venger pour vous-même. Ceci est naturellement meilleur que la nervosité et la violence. Il se peut que la répression de la colère soit par suite de la peur....... La peur de la personne qui vous cause du tort, parce qu'elle est plus forte que vous, ou dans une situation supérieure, et vous craignez les conséquences de la colère, qui pourraient conduire à un état pire. Il se peut que la peur soit à cause de la crainte que les gens ne forment une mauvaise idée de vous; et ainsi vous auriez traité la peur par la vaine gloire! Il se peut que votre silence soit parce que vous préparez une vengeance future: Vous gardez le silence, non pas parce que vous avez pardonné, et non pas parce que vous avez supporté. Mais parce que l'occasion actuelle n'est pas favorable pour répondre. La colère évidente pourrait découvrir vos intentions, et il est sage que ces intentions restent cachées, jusqu'à ce que le temps vienne quand vous vous vengerez pour vous-même, avec force, et sans tomber sous des responsabilités........! Tous ces péchés sont cachés dans la colère réprimée. Dans tout cela, la pensée, de même que le cœur sont préoccupés par le péché: La colère de l'homme domine tous les sentiments du cœur, et domine la pensée. L'esprit de l'homme continue à satisfaire ses intentions par les pensées de réponse et de vengeance, par les essais d'acquérir son droit par divers moyens, par la rétribution de celui qui l'avait irrité, de diverses manières, par des images qu'il désirerait voir arriver, et qu'il s'imaginerait qu'elles soient arrivées, comme si cela était un fait accompli. Dans tout cela, il pèche par son cœur. Les pères parlèrent de cette espèce de colère. Saint Evagre dit: "N'abandonnez pas votre âme aux pensées de la colère, et ne vous entretenez pas dans votre cœur au sujet de celui qui vous avait causé de la peine. Si les démons voient que nous n'avons pas pu supporter les injures, ils viendront en secret et combattront notre intelligence, afin que ceux avec lesquels nous avions fait la paix (ceux que nous avions pardonné), soient comme s'ils étaient présents, et que nous soyons en état de colère contre eux, tandis qu'ils ne sont pas avec nous." Saint Isaïe dit: "Si quelqu'un vous cause du tort, et si quelqu'un d'autre vient et vous parle mal de lui, gardez votre cœur, de crainte que la mémoire du mal que cette personne vous avait fait, ne se renouvelle. Si vous êtes dans votre cellule, et vous vous rappelez que quelqu'un vous avait causé du tort et de la peine, levez-vous tout de suite, et priez Dieu pour lui de tout votre cœur de lui pardonner et de vous pardonner. Par cela, l'amour de la rétribution du mal par le mal, sera éteint en vous. Si vous allez pour communier du corps et du sang saints du Seigneur, gardez-vous de ce qu'aucune haine ou aucune irritation ne soit dans votre cœur contre quiconque. Si vous apprenez qu'il y a dans le cœur d'une personne quelque chose contre vous, allez et demandez son pardon, afin que vous ne soyez pas condamné et perdu. Toutes les œuvres de l'être humain dans le cœur duquel il existe du mal contre son frère, sont vaines." L'IRRITATION ET LA HAINE Jean Cassien dit: "Que dirai-je à propos de ceux-là qui ne mettent pas un terme à leur rancune jusqu'au coucher du soleil, mais qui la prolongent pour plusieurs jours; et qui nourrissent le sentiment de méchanceté envers ceux contre lesquels ils s'étaient irrités, et qui disent en paroles qu'ils ne sont pas en colère! mais qui sont en effet et en actes, excessivement troublés. Ils ne sont pas heureux en parlant, et ils ne s'adressent pas à eux, avec la douceur habituelle. Ils croient qu'ils ne pèchent pas en cela, parce qu'ils ne demandent pas vengeance pour eux-mêmes de ce qui leur était arrivé! Mais parce qu'ils en ont pas le courage, ou parce qu'ils sont incapables en tous cas de montrer ouvertement leur colère, ils répriment dans leur intérieur le poison de la colère, et ils le ménagent en secret dans leurs cœurs, pour leur perte. Mais il semble que cela ne constitue pas la fin chez tout le monde. Car certains ne peuvent pas satisfaire complètement leur mécontentement et leur haine, à moins qu'ils n'exécutent le mobile de leur colère jusqu'à l'extrême limite. Nous savons que ceci est le cas de ceux qui contrôlent leurs sentiments, non pas en vue de les calmer, mais parce qu'il leur manque l'occasion de se venger, car ils ne peuvent rien contre ceux qui les avaient irrités, sinon que de leur parler sans la douceur habituelle. La déssatisfaction que l'on fait croître dans le cœur, ne cause pas de mal à ceux de l'entourage, mais malgré cela, elle renvoie la splendeur de la lumière de l'Esprit Saint, du cœur de celui qui est irrité. Ainsi elle égale l'irritation qui paraît ouvertement." Saint Ephrem dit: "Celui qui cache de la haine dans son cœur, ressemble à celui qui nourrit une vipère dans son sein. La fumée chasse les abeilles, et la haine chasse la connaissance, du cœur." Un ancien (de l'Histoire Lausiaque) dit: "Celui qui garde de la rancune contre son frère, garde ses péchés en lui-même, et met un sceau sur eux." LA COLERE PAR LA LANGUE 4. La colère pourrait ne pas se borner aux sentiments du cœur, ou aux pensées de la raison, mais l'être humain colère pourrait essayer d'exprimer sa colère par la langue, et il insulterait, ou maudirait, ou jugerait, ou menacerait, et promettrait de se venger...........et il tomberait dans beaucoup de péchés de la langue et dans ce qui leur ressemble. Saint Augustin dit; [Il menace comme s'il vivrait perpétuellement. Il ne pense pas à lui-même qu'il pourrait subitement mourir pendant qu'il parle. Il ne se souvient pas de ce qui est écrit: "Leur souffle s'en va, ils rentrent dans la terre, et ce même jour leurs desseins périssent" (Ps. 146:4). Mais celui qui ne pense pas au dernier jour, parle avec orgueil:......."Je ferai ceci, je te montrerai. Tu sauras avec qui tu auras à agir. Je ne te ferai pas vivre.......!"] Et vous, peut-être que vous n'avez pas prononcé de pareilles paroles, mais vous y aviez pensé dans les profondeurs des lieux intérieurs de la pensée, ou au moins, vous aviez été pressé par la méchante convoitise de la vengeance. Vous devez au moins la réprimer à l'intérieur de votre pensée. LA VENGEANCE La colère est par sa nature un mouvement vindicatif, par lequel l'homme veut se venger pour lui-même et rendre le mal par le mal. Mais parfois il exécute ce désir de vengeance, et parfois il s'arrête à une limite. La vengeance a des degrés......... Saint Augustin dit: "Qu'est-ce que la colère? C'est le désir de vengeance. L'être humain désire se venger pour lui-même, tandis que Dieu ne s'est pas encore vengé; et Il ne cesse de patienter en attendant que les pécheurs reviennent.......... Qui sommes-nous pour que nous demandions la vengeance; si Dieu demandait de se venger de nous, où serions-nous? Nous péchons chaque jour contre Dieu qui ne nous a fait aucun tort en quoique ce soit. Mais Dieu ne veut pas se venger contre nous pour Lui-même. Est-ce que nous demanderions de nous venger pour nous-mêmes? Pardonnez donc, pardonnez de tous vos cœurs........." Saint Jean Chrysostome parle des dommages de la vengeance, disant: "La vengeance est un grand mal, à tel point qu'elle retire vraiment la miséricorde de Dieu, et qu'elle abolit le pardon qui nous avait été accordé pour d'innombrables péchés. Car celui qui avait été pardonné d'une dette de dix milles talents, après avoir obtenu une si grande grâce, parce que simplement il avait demandé.......... lorsqu'il devint cruel contre son camarade en exigeant de lui cent dinars, il arriva qu'il fut remis aux mains des bourreaux; et on exigea de lui de rendre dix mille talents, et on ne lui permit pas de présenter quelque excuse ou quelque défense, mais il subit le châtiment extrême. On exigea de lui de rendre toute la dette que le Dieu compatissant et aimant lui avait pardonnée auparavant (Matt. 18: 23-35)." LA COLERE INDIRECTE 6. Parmi les exemples évidents, il y a ce que nous pourrions appeler le silence provoquant: Il se peut qu'une personne ayant les nerfs très forts, se tienne extrêmement froide, sans s'irriter, tandis que l'atmosphère est bouillante. Elle peut par son sang-froid et son silence provoquer l'autre parti, et le mettre en colère et le faire pécher. Cette personne penserait qu'elle est innocente et qu'elle n'a pas commis de faute, tandis que c'est elle qui est la cause de la faute de son frère; et qu'elle aurait pu calmer son interlocuteur par un mot gentil ou par une expression calme. Elle est responsable de la faute de son camarade, parce qu'elle l'a scandalisé, provoqué, et fait tomber: Vous êtes supposé, non pas seulement ne pas vous mettre en colère, mais aussi de ne pas être la cause de la colère des autres. Le saint Amba Youssef dans son entretien avec Jean Cassien, a expliqué cette question. Amba Youssef dit: "C'est ainsi que nous nous moquons de nos frères en colère, quand par nos regards silencieux nous les incitons à la colère plus que si nous les provoquions en les blâmant dans un êtat de colère. Et en même temps, nous pensons que nous ne sommes coupables de rien devant Dieu, parce que nous n'avons pas permis qu'il sorte de nos lèvres quoique ce soit qui nous disqualifie ou qui nous condamne aux yeux des gens! Comme si au regard de Dieu, c'étaient seulement les paroles qui étaient nommées des fautes. Notre Juge nous demandera en regardant profondément, non seulement comment la dispute avait-elle été levée, mais par suite de la faute de qui, la dispute avait-elle été levée?........La responsabilité n'est pas seulement qu'un homme pousse de sa main un homme aveugle vers le bas, quand il est au bord d'un précipice. Mais peut-être qu'il égalerait dans sa culpabilité, celui-là qui se retient de relever cet aveugle, tandis qu'il lui aurait été possible de le faire au temps de sa chute. C'est pourquoi ce n'est pas une vertu qu'un homme retienne sa langue, tandis qu'il fait semblant d'avoir certains traits qui augmentent la colère d'une personne qu'il aurait dû corriger. Car ainsi il serait devenu responsable de sa perte et de sa corruption. L'être humain n'est-il pas considéré pour cette raison, comme étant plus coupable?! Parce qu'il a essayé d'acquérir un honneur pour lui-même, (en se taisant), par la voie de la chute de son frère!" Il y a une espèce de colère qui est juste le contraire de celle-ci. LA COLERE INDIGNEE ET AGRESSIVE 7. C'est la colère dans laquelle la voix est haute et aigue. Elle pourrait évoluer à l'agression et à frapper, ou au moins à offenser, injurier, et blesser les sentiments. Cette colère pourrait être une manière de porter préjudice, par laquelle on nuirait à quelqu'un dans sa vie, ou dans sa réputation, ou on l'accuserait de fautes qui pourraient lui causer des dommages considérables, ou par laquelle on soulèverait contre lui celui qui l'offenserait ou l'attaquerait...... Le sommet de cette colère pourrait arriver jusqu'au meurtre. DEGRES DE COLERE Saint Sérapion dit: "Il y a trois genres de colère: (a) Un genre de colère s'agite à l'intérieur. (b) Un autre genre explose dans les paroles, les actions et les agissements......C'est celui dont l'apôtre dit: "renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l'animosité......." (Col. 3:8). (c) Le troisième genre n'est pas comme ces deux qui sont bouillantes et travaillent pendant une heure, mais il persiste pendant des jours et de longues périodes. Ces trois genres doivent être condamnés par nous avec dégoût." Saint Augustin dit dans son explication des deux expressions: "Raca", et "insensé" dans (Matt. 5:22): "Il existe une gradation dans les péchés signalés: (a) Le premier est en colère, et garde son sentiment caché dans son cœur. (b) Mais s'il résulte de ce sentiment une expression de colère qui n'a pas un sens défini, et qui cependant montre la sensation de l'intelligence par le moyen de l'excitation.......ceci serait assurément plus que le cas d'une colère réprimée par le moyen du silence. (c) Mais si la question ne se borne pas à une simple expression de colère, et qu'une parole généralement employée pour critiquer, soit entendue contre la personne à laquelle elle est adressée, qui douterait que cela serait encore davantage........?! S'il n'est pas permis de se mettre vainement en colère contre un frère, ni de dire: "raca", ni de dire: "insensé", à plus forte raison il n'est absolument pas permis de garder quelque mépris dans l'esprit. Car ce mépris pourrait se changer en haine. Il a été dit de cela dans un autre endroit: "que le soleil ne se couche pas sur votre colère" (Eph. 4:26)." Saint Augustin dit qu'il ne sera délivré de tout cela, que celui qui ne se gonfle pas par l'esprit de la vaine gloire. Ensuite le saint parla longuement de la colère et de la haine: Il dit: "Car qu'est-ce que la colère? C'est le désir de vengeance. Et qu'est-ce que la haine? C'est une colère chronique. Car si la colère devient enracinée, elle est appelée haine.........Elle aurait changé parce qu'elle avait demeuré longtemps. La colère est comme une paille, et la haine est comme une poutre. Nous pourrions parfois trouver une faute chez une personne en colère, cependant nous gardons la haine dans nos cœurs envers elle. Notre Seigneur Jésus-Christ dit: "Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil?!" (Matt. 7:3). Comment la paille a-t-elle grandi et s'est-elle transformée en poutre? Parce qu'elle n'avait pas été déracinée tout de suite. Parce que vous ne vous êtes pas préoccupé de ce que le soleil s'était levé et s'était couché plusieurs fois sur votre colère, et vous l'avez laissée s'enraciner. Tremblez au moins donc, de celui qui a dit: "Quiconque hait son frère est un meurtrier" (1 Jean 3:15). Vous n'avez pas dégainé une épée, vous n'avez blessé ni tué personne avec elle. Mais c'est une simple idée de haine dans votre cœur, par laquelle vous avez été considéré un meurtrier coupable devant Dieu. L'autre homme est vivant, mais vous l'avez tué dans votre cœur. Corrigez et redressez vos âmes donc. S'il y avait dans vos maisons des vipères et des scorpions, est-ce que vous ne vous fatigueriez pas pour nettoyer vos maisons d'eux, afin de pouvoir y vivre tranquilles?! Vous gardez la colère longtemps dans vos cœurs. Là grandissent beaucoup de sortes de haine, de poutres, de scorpions et de vipères. Ne nettoyez-vous donc pas la maison de Dieu qui est dans vos cœurs? Puissiez-vous réaliser ce que vous dites dans vos prières: "comme nous pardonnons ......." et ainsi vous diriez avec certitude: "pardonnez-nous...." L'EVOLUTION DE LA COLERE 9. Saint Dorothéus dit: Celui qui a vaincu l'emportement, a vaincu les démons.......Mais que dirons-nous de nous-mêmes, quand, non seulement nous nous rendons à l'emportement et à la colère, mais encore nous demeurons haineux?! Souvent il arrive des vicissitudes et des tribulations parmi les frères. Mais, comme règle générale, ils se hâtent d'arranger ces différents, et ils se calment. Mais il arrive parfois qu'un frère, après s'être incliné devant son frère pour faire la paix, continue de nourrir dans son cœur, un sentiment contre son frère, et il entretient des pensées contre lui. Ceci est la fureur ou la haine. Il faut faire très attention, afin que la personne n'y devienne pas cruelle et qu'elle ne tombe pas en décadence. Celui qui a immédiatement fait la paix avec un autre, après avoir été irrité contre lui, celui-là a traité la colère. Mais s'il continuait à nourrir dans son cœur un sentiment contre lui, il garderait la fureur, parce qu'il continuerait à être déssatisfait de son frère. Car la fureur est une chose, et la colère est une autre chose, et l'excitation ou l'émotion est une troisième, et le trouble est une autre chose. Nous vous présenterons un exemple, afin de comprendre la chose plus clairement. L'EXEMPLE DU CHARBON ARDENT (a) Pour allumer du feu, on prend un petit morceau de charbon et on l'allume. Ceci est la parole du frère qui vous a offensé. Si vous pouvez la supporter, vous étendrez le charbon ardent. (b) Mais si vous pensez: [Pourquoi a-t-il dit cela? S'il en est ainsi, moi aussi je lui dirai ceci et cela. Et s'il n'avait pas l'intention de m'offenser, il n'aurait pas dit cette parole. Je dois certainement l'offenser de même]. Voici que vous auriez mis quelque combustible, ou ce qui lui ressemble, afin que le feu commence. Et vous auriez produit de la fumée, qui est le trouble. (c) Le trouble est un mouvement et un remuement des pensées qui se lèvent et agitent le cœur. L'agitation est un soulèvement vindicatif contre celui qui vous a offensé. L'agitation incite à l'intrépidité. Saint Marc dit: "Quand la mauvaise intention est nourrie par les pensées, elle excite le cœur. Mais la prière la tue." Si vous aviez toléré ce petit mot que votre frère avait dit, vous auriez éteint ce petit charbon avant qu'il ne produise du trouble. Vous pouvez toujours, si vous le voulez, éteindre ce trouble, à son commencement, par le silence et la prière, et même par une simple prosternation du cœur. (d) Mais si vous continuez à faire de la fumée. C’est-à-dire d'agiter et d'exciter le cœur par les pensées: [Pourquoi a-t-il fait .......? moi aussi je ferai de même........], ceci enveloppera le cœur, et engendrera l'inflammation et l'excitation. Si vous le voulez, vous pouvez éteindre même l'agitation, avant qu'elle ne conduise à la colère (la nervosité). (e) Mais si vous continuiez à provoquer et à exciter votre âme, vous seriez comme celui qui ajoute du combustible au feu. Ainsi vous auriez produit des flammes, qui sont la colère. Si la colère persiste, elle se transforme en haine, dont la personne ne peut se débarrasser qu'après avoir versé son sang, c'est-à-dire sa sueur, son effort, et la peine de son âme!! Ainsi vous avez entendu la signification du trouble, de l'agitation, de la colère, et de la haine. Avez-vous donc vu, comment un seul mot amène ce mal?! Car si vous vous étiez blâmé vous-même dès le commencement, et que vous aviez toléré avec patience le mot de votre frère, au lieu de vous venger pour vous-même par deux mots ou par cinq mots, et ainsi de rendre le mal pour le mal, oui si vous aviez supporté, vous vous seriez débarrassé de tous ces maux. C'est pourquoi, je vous dis: Débarrassez-vous toujours des douleurs, tant qu'elles sont petites, avant qu'elles ne soient enracinées et raffermies en vous, et qu'elles ne commencent à vous faire faiblir, et à vous faire beaucoup souffrir à cause d'elles. Une chose est que vous coupiez une petite feuille de vigne, et une autre chose est que vous l'arrachiez avec ses racines, après qu'elle soit devenue un arbre. DEGRES DE RETRIBUTION DU MAL POUR LE MAL 10. Saint Dorothée traita aussi ce sujet. Il dit: 1. Quelqu'un pourrait rendre le mal pour le mal, seulement par les mots et par l'expression. Il pourrait penser qu'il ne récompense effectivement pas le mal pour le mal. Mais en vérité il pourrait le faire par un mot ou une expression ou un signe ou un regard, car tout ceci peut nuire à son frère, et ceci est aussi la rétribution du mal pour le mal. 2. Un autre n'essaye pas de se venger, ni par l'action, ni par un mot ou une expression ou un signe. Mais la rancune et l'amertume contre son frère demeurent dans son cœur. 3. Un autre n'a pas d'amertume contre son frère, mais lorsqu'il entend quelqu'un qui l'insulte ou le critique ou le dénigre, il se réjouit. Et ainsi il rétribue le mal pour le mal dans son cœur. 4. Un autre ne nourrit pas de rancune dans son cœur, et ne se réjouit pas du dénigrement de celui qui l'avait offensé, et peut-être qu'il serait attristé de son insulte, mais il ne se réjouit pas de son succès. Par exemple il pourrait être ennuyé s'il entendait quelqu'un le louer ou l'honorer. Ceci aussi est une espèce de rancune. 5. Il arrive parfois lorsque quelqu'un offense un autre, les deux s'inclinent l'un devant l'autre, et ils se réconcilient. Et ainsi ils vivent en paix avec ceux qui les offensent; et les pensées contre les autres n'existent pas dans leur cœur. Mais il pourrait arriver qu'après un certain temps, celui qui avait offensé pourrait dire quelque chose contre l'autre, et alors il commen |