Vie de Pénitance et de Pureté Tome I L'Histoire de ce Livre Mes frères, la pénitence n'est pas l'œuvre des débutants dans la vie avec Dieu; elle est plutôt pour tout le monde, même les saints; elle fait partie de nos prières quotidiennes. Toute personne a besoin de la pénitence, quelque soit sa position, quelque soit l'éminence de sa valeur,et quelque soit la supériorité de sa vie spirituelle. Nous avons tous besoin de la pénitence, nous en avons plutôt besoin chaque jour. Il n'y a pas d'être humain sans péché, même si sa vie sur terre se limite à un seul jour. Par la pénitence, nous préparons nos âmes à la demeure du Seigneur. Par la pureté, nous apercevons Dieu, nous le voyons. (Matt. 5:8) La pénitence est le commencement du chemin vers Dieu, elle est aussi le compagnon du chemin jusqu'au bout. Pour cela, la pénitence était parmi les premiers sujets sur lesquels j'ai donné de nombreuses conférences au début de mon travail comme Evêque de l'Instruction, il y a environ vingt ans. J'ai donné des dizaines de conférences sur la pénitence dans la salle Saint Marc au couvent Amba Roueis, et aux réunions de la jeunesse et des familles universitaires. J'ai donné aussi d'autres conférences concentrées dans l'Eglise de l'Ange à Damanhour, dans l'Eglise Saint Georges à Mehallah-el-Kobra, et dans d'autres villes, surtout durant les années de 1965 à 1969. Je désirais depuis longtemps qu'un livre sur la pénitence fût édité. De fait, j'en ai rassemblé les conférences, et il fut présenté à l'imprimerie en Août 1971; trois fascicules furent imprimés. Puis vinrent les responsabilités du patriarcat qui me préoccupèrent de ceci et de l'édition de tout autre livre pour une longue période durant laquelle l'oppression du travail était très ramifiée, et ne me donnait pas l'occasion d'écrire durant des années, jusqu'à ce que Dieu a voulu enfin que je le présente à l'imprimerie après douze années. A cause de ce retard de l'édition du livre: "La vie de pénitence", plusieurs de mes amis me hâtaient,disant avec délicatesse: voici que notre pénitence s'est retardée par le retard de l'édition du livre." Supposez que vous supportiez la responsabilité de ce retard devant Dieu! Je leur répondais par la locution que je répète constamment: "Priez pour que Dieu me donne du temps." Puis, Dieu m'a donné du temps,et j'ai présenté le livre à l'imprimerie, et voici enfin qu'il est parvenu entre vos mains. Son retard aurait été une occasion pour moi d'ajouter d'autres conférences que j'avais données conséquemment dans la Cathédrale pendant les années 70. Ainsi, pensez-vous que j'ai pu rassembler tout ce que nous avons dit sur la pénitence? Non, sans aucun doute. Car le sujet de la pénitence est vaste et ramifié, et il entre dans plusieurs autres sujets concernant la vie spirituelle; il entre dans nos contemplations sur les psaumes, les couplets du livre des prières des heures (Agbia), l'Apocalypse, le Cantique des Cantiques, le chapître 12 de l'Epître aux Romains, les personalités de la Bible, et dans nos conférences sur le Salut. Nous avons édité d'autres livrets, à part ce livre, sous la rubrique : "Chaîne de la vie de pénitence et pureté. Il en a été édité les livrets: "La veille spirituelle", "Le retour à Dieu", et "La crainte de Dieu" qui est en route pour la presse aussi. Mais pour compléter pour vous cet assemblage, je me propose d'émettre pour vous dans le proche avenir le livre: "Les guerres spirituelles" qui probablement sera édité d'abord dans une série de livrets, puis assemblé dans un seul grand livre. Il comportera les guerres spirituelles d'une façon générale, puis la guerre de chaque péché qui retarde la pénitence, à part. Le sujet de la pénitence et de la pureté demeurera ouvert...il est vie... Chenouda III SECTION I QU'EST-CE QUE LA PENITENCE ? Chapitre 1: Définition de la pénitence 2 Développement et perfection de la pénitence 3 Invitation à la pénitence 4 Ne désespérez pas 5 La pénitence entre l'effort et la grâce 6 L'importance de la pénitence 7 Les obstacles de la pénitence 8 La pénitence et l'Eglise CHAPITRE 1 DEFINITION DE LA PENITENCE Le péché étant la séparation d'avec Dieu, la pénitence est ainsi le retour à Dieu. (voir le livre: "Le retour à Dieu", et le livre: "La vigilance spirituelle"; tous leurs sujets se concentrent sur ce point.) Le Seigneur dit en ceci: "Revenez à moi,et je reviendrai à vous" (Malachie 3:7). L'enfant prodigue s'est retourné à son père quand il s'est repenti. (Luc 15:18,20). La pénitence est vraiment l'aspiration de l'homme vers son origine d'où il a été issu. Elle est la nostalgie d'un cœur qui s'était éloigné de Dieu, puis a ressenti qu'il ne pouvait plus s'éloigner davantage de lui. Le péché étant une dispute avec Dieu, la pénitence est la réconciliation avec Dieu. Ceci est ce qu'a mentionné Saint Paul concernant son œuvre apostolique disant: "Nous faisons donc les fonctions d'ambassadeurs pour Christ,comme si Dieu exhortait pour nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu." (2Cor. 5:20) La pénitence ne se limite pas à la réconciliation, car par elle Dieu retourne à demeurer dans le cœur de l'homme, et ce cœur se transforme en ciel. Quant aux pénitents, comment Dieu demeurerait-il dans leurs cœurs là où demeure le péché?! et l'Ecriture Sainte dit: "qu'y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres? (2Cor. 6:14) La pénitence est aussi un réveil spirituel. Car le pécheur est une personne inadvertante, il ne ressent pas ce qui l'englobe. Pour cela, l'Ecriture Sainte l'interpelle disant: "c'est l'heure de vous réveiller enfin du sommeil." (Rom. 13:11) C'est dans ce sens que la pénitence est considérée comme un retour de l'homme à lui-même. Ou bien, elle est le retour de l'âme à sa sensibilité primitive, le retour du cœur à son ardeur,et le retour de la conscience à son œuvre. Il a été dit à juste titre du repentir de l'enfant prodigue: "Etant rentré en lui-même..."(Luc: 15:17). C'est-à-dire qu'il a repris conscience, qu'il est retourné à sa juste pensée et à sa perception spirituelle. Le péché étant considéré comme une mort spirituelle, comme dit l'Ecriture Sainte concernant les pécheurs qu'ils sont morts par les péchés: "nous qui étions morts par nos offenses..." (Eph.2:5), la pénitence est ainsi un transfert de la mort à la vie, d'après l'expression de l'évangéliste saint Jean (1Jean 3:14). Saint Paul dit à ce sujet: "Réveille-toi, toi qui dort; réveille-toi d'entre les morts, et Christ t'écairera." (Eph. 5:14) L'apôtre saint Jacques appuie la même signification disant: "celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés." (Jacques 5:20) La pénitence est une résurrection de l'âme, car la mort de l'âme est la séparation de l'âme d'avec Dieu,comme dit saint Augustin. La pénitence est un cœur pur nouveau que Dieu donne aux pécheurs, avec lequel ils l'aimeront. Elle est une œuvre divine que le Seigneur exécute à l'intérieur de l'être humain, selon sa divine promesse disant: "Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois." (Ezéchiel 36: 25-27) La pénitence est l'affranchissement de l'esclavage du péché et du démon, et des chaînes des fausses habitudes, et de la poursuite des passions. Il nous est impossible d'obtenir cette libération sans l'œuvre du Seigneur en nous. Pour cela l'évangéliste dit: "si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres" (Jean 8:36). C'est vraiment un affranchissement, car "quiconque se livre au péché est esclave du péché" (Jean 8: 34). La pénitence est donc le renoncement au péché, mais pour l'amour de Dieu et pour l'amour du bien. Car tout renoncement au péché n'est pas considéré comme pénitence; l'homme pourrait s'éloigner du péché à cause de la crainte, ou la honte, ou l'impuissance, ou la préoccupation; tandis que l'amour du péché demeure dans le cœur; ou bien parce que les circonstances ne sont pas favorables. Ceci n'est pas comsidéré comme pénitence... Quant à la véritable pénitence, elle est le renoncement effectif au péché par la pensée et le cœur, pour l'amour de Dieu, de ses commandements et de son royaume, par prudence de la part du pénitent pour son éternité. La véritable pénitence est le renoncement au péché sans retour. Ainsi nous racontent les histoires des saints qui firent pénitence, comme saint Augustin, saint Moïse le Noir, les saintes Marie la Coptesse, Pélagre, Thaïs et Sara, etc... et que la pénitence était dans leurs vies comme dans la vie d'autres, un point de divergence vers Dieu, qui dura jusqu'à la fin de la vie, sans retour au péché. Ceci nous rappelle la parole de saint Sisoï: "Je ne me rappelle pas que les démons m'aient induit à un péché deux fois"... Peut-être que le premier péché fut par voie d'ignorance, ou de négligence, ou de faiblesse, ou de manque d'expérience des stratagèmes du démon, ou de manque de prudence. Mais après la pénitence et le réveil, il y a toute ponctualité dans la vie, et toute méfiance du péché. Tandis que celui renonce au péché, puis y retourne, puis y renonce, puis y retourne.... celui-ci n'est pas encore pénitent. Ceci est seulement un essai de pénitence; chaque fois que le pécheur se lève, le péché le tire en-bas. Le document de son affranchissement n'a pas encore été écrit. La pénitence est un cri de la conscience, et une révolution contre le passé. Elle n'est pas une émotion momentannée envers Dieu,mais elle est un changement sérieux et radical dans la vie de l'être humain, dans lequel il sent,...de mème que tous ceux qu'il fréquente le sentent,...que sa vie a été transformée, que ses pensées ont été transformées, de même que ses principes, ses valeurs, sa vision de la vie, son tempérament, le style de sa conversation,son commerce avec les gens et sa relation avec Dieu. Son âme aussi s'est transformée intérieurement. Il est devenu un cœur refusant les péchés passés qu'il aimait. L'amour de Dieu est entré dans son cœur,et il s'est obtenu un programme spirituel dans lequel il ressent un plaisir spirituel. Pour tout ceci, il a été dit en vérité de la pénitence: "La pénitence est l'échange d'un désir contre un autre." Elle est le désir de vivre avec Dieu, au lieu du désir du péché et de la chair. Ici, la pénitence ne se limite pas au côté négatif qui est le renoncement au péché et à son amour, mais elle entre du côté positif dans l'amour de Dieu, de son royaume et de ses voies... Elle est une chaleur qui se répand dans l'homme, et l'enflamme du désir de la vie pure. Pour ceci, il a été dit de la pénitence: qu'elle est une rénovation de l'esprit. La rénovation de la nature se réalise par le baptême (Rom. 6:4). Mais la rénovation de l'esprit se réalise par la pénitence, selon la parole de l'apôtre: "soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait." (Rom. 12:2) La pénitence est la clé d'or qui ouvre la porte du royaume. Elle est la véritable porte qui conduit au ciel et au royaume. Car sans la pénitence,Dieu ne règne pas dans nos cœurs... La pénitence est l'huile dans les lampes des vierges,qui les rend dignes d'entrer aux noces. (Matt.25) La pénitence est le canal qui conduit aux mérites du sang de la croix. Elle est le moyen unique par lequel nos péchés après le baptême sont effacés. Pou cela, d'aucuns ont dit qu'elle est "un nouveau baptême." Elle est le désaveu du démon une nouvelle fois; elle est la liquidation de l'association entre le pécheur et le démon afin qu'il entre dans une association avec le Saint-Esprit. (2 Cor. 13:14) La pénitence est un charbon ardent qu'un séraphim retire de dessus l'autel, avec lequel il efface l'iniquité du pécheur en lui disant: "ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié" (Esaïe 6:7). Elle est le moyen unique par lequel nos péchés sont effacés du livre de notre jugement... et combien est belle la parole du Seigneur en cela: "je ne me souviendrai plus de leur péché." Jérémie 31:34) La pénitence est tellement importante pour l'obtention du pardon que le Seigneur dit: "si vous ne vous repentez, vous périrez tous également" (Luc 13:3). La pénitence est le moyen d'échapper au courroux à venir; à condition qu'elle soit une pénitence véritable, et qu'elle soit proportionnelle à la gravité du péché. La pénitence des habitants de Ninive a pu arrêter la sentence de Dieu de les faire périr. Quand ils se repentirent, Dieu reprit sa sentence, détourna le "mal qu'il avait résolu de leur faire, et il ne le fit pas" (Jonas 3:10). De même dans d'autres sentences de Dieu: (Jérémie 26:13), (Ezéchiel 18: 21:22). Vraiment combien est belle la parole d'un saint: "Dieu ne te demandera pas: " pourquoi as-tu péché?" mais il te demandera: "pourquoi ne t'es -tu pas repenti?" La pénitence donc, c'est que Dieu te préserve et qu'il ne te surprenne pas dans ton péché. Dieu, dans la profondeur de son amour, a donné à tout le monde des occasions de salut, quelques soient leurs péchés. Dieu ne surprend personne dans un état de perdition, avant qu'il ne lui donne l'occasion de se repentir. La pénitence est un don divin que Dieu gratifie aux pécheurs pour les purifier et pour reposer leurs consciences appesanties par leurs péchés, afin de leur redonner la paix intérieure, et les rendre à leur degré primitif qu'ils avaient avant le péché. Elle est la main tendue de Dieu qui demande à se réconcilier avec toi. Elle est l'occasion pour une nouvelle page que Dieu ouvre dans sa relation avec toi; il te pardonne tout le passé, il te lave et tu deviens plus blanc que la neige. (Psaume 51). C'est une occasion qui renforce en toi l'espérance, et qui éloigne de toi le désespoir, quelque soit la dégénération de ta condition. Pour cela, il a été dit de la pénitence qu'elle est la porte de la miséricorde, qu'elle est la porte du pardon, qu'elle est la porte de la vie, et qu'elle est un pont qui relie la terre au ciel. Ceci est du point de vue de l'œuvre de Dieu dans la pénitence, et du pardon qu'il offre. Quant au point de vue de l'être humain, nous en disons: La pénitence est l'acceptation par l'homme de l'invitation de Dieu. Elle est la réponse intérieure de la conscience à la voix de Dieu. Elle est l'acceptation par la volonté, de l'œuvre de la grâce avec elle. Elle est la non-opposition à l'Esprit-Saint qui œuvre en nous pour notre salut. (Actes 7:51), la non-attristation du Saint-Esprit (Eph. 4:30), et la non-extinction de l'Esprit-Saint (1Thess. 5:19). Saint Isaac fut interrogé sur la pénitence; il répondit: "Elle est un cœur contrit. Elle est l'âme chagrinée qui revient à Dieu. Elle est les genoux pliés, les yeux larmoyants, le cœur mortifié. Elle est la mère des larmes, de la contrition et de l'humilité; car la pénitence donne naissance à toutes celles-ci.... elle brise l'orgueil du pécheur, elle morcelle son cœur rocheux, et l'introduit à la vie de l'humilité. Saint Isaac a aussi dit: "Le sacrifice de la pénitence que nous présentons à Dieu, est le cœur qui s'est humilié et s'est contristé, qui s'est brisé par les larmes de la prière devant Dieu, invoquant le pardon pour sa faiblesse et le penchant de sa nature. N'est-ce pas ceci qui a aussi été dit au psaume 51, le psaume de la pénitence: "Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un cœur brisé. O Dieu! tu ne dédaigne pas un cœur brisé et contrit." (Ps. 51:19) Le "vieillard spirituel" dit: "La pénitence est un grand supplice pour le démon qui s'y oppose." Car elle sauve et libère les captifs qu'il a captivés par sa malice. Sa fatigue durant plusieurs années, la pénitence la lui gaspille en une seule heure. La semence d'épines qu'il a semée dans nos terres, et qu'il a prudemment soignée durant plusieurs années, la pénitence la brûle en un seul jour et purifie nos terres. Elle rend les fornicateurs vierges. Qui ne t'aime pas, ô pénitence qui portes toutes les béatitudes, car tu as butiné la richesse du démon, et gaspillé toutes ses acquisitions. O mère du pardon, le Père plein de miséricorde ne te contrarirait pas si tu lui demandait, car il t'a donné d'être l'invocatrice des pécheurs, et t'a remis les clés du royaume. Après avoir visité le monastère des pénitents, et vu l'affliction de leurs âmes par la pénitence, la violence de leur lutte,et l'ardeur de leurs prières, saint Jean Climaque dit: "J'ai béatifié ceux qui avaient péché, puis se sont repentis en se lamentant, plus que ceux qui n'étaient pas tombés et n'ont pas pleuré leurs âmes. La pénitence est une réjouissance au ciel et sur la terre. Car il est écrit: "il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent." (Luc 15: 7,10) Si donc tu veux que le ciel se réjouisse, repens-toi. Elle est aussi une joie sur la terre: joie du pénitent, du pasteur et de toute l'Eglise. La pénitence est une joie pour les captifs parce qu'elle est une invitation à la liberté. (Esaïe 61:1) Elle est la joie de l'affranchissement de l'esclavage du démon et du péché, la joie du plaisir de la vie nouvelle pure, et la joie du pardon. Elle est une joie, parce que la pénitence est la vie victorieuse, l'hymne des vainqueurs que le pénitent chante avec David: "Béni soit l'Eternel, qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents!Notre âme s'est échappée comme l'oiseau du filet de l'oiseleur;le filet s'est rompu, et nous nous sommes échappés." (Ps. 124: 6-7) Cependant la pénitence n'est pas le but de la vie spirituelle, mais la pénitence est le début d'un long voyage vers la vie de pureté. La pénitence est le commencement de la relation avec Dieu. Elle est le début d'un long chemin qui conduit à la sainteté et à la perfection. Celui qui n'a pas commencé sa pénitence jusqu'à présent, c'est-à-dire qu'il n'a pas débuté son chemin, comment donc, pensez-vous qu'il atteindrait sa fin. Celui qui diffère le premier pas jusqu'à la vieillesse ou l'heure de la mort, comment voyez-vous qu'il atteindrait la parole du Seigneur "Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait" (Matt. 5: 48). CHAPITRE 2 DEVELOPPEMENT ET PERFECTION DE LA PENITENCE Dans la pénitence, comme dans toute vertue, l'être humain grandit par degrés. Il demeure grandissant jusqu'à ce qu'il atteigne sa perfection. Quel est donc le point de départ de la pénitence? Est-ce le renoncement au péché par crainte de Dieu? Il y a un point qui précède le renoncement au péché, c'est le désir de se repentir. Car plusieurs ne veulent pas se repentir. Ils trouvent plutôt du plaisir dans le péché qui les invite à y demeurer. Ou bien, leur caractère est beau à leurs yeux et ils ne veulent pas le changer.... Pour cela, le simple désir de se repentir est un bon point que la grâce accueille en interrogeant: "Veux-tu guérir?" et puis elle opère son œuvre dans l'être humain. Le premier pas après cela, c'est le renoncement effectif au péché. Mais le renoncement par le cœur et par la pensée au péché est plus important que le renoncement par l'acte. Il y a quelqu'un qui renonce à commettre le péché , mais son amour pour lui demeure dans son cœur; il a la nostalgie du péché, et il regrette des occasions déterminées où il lui était possible de commettre le péché qu'il n'a pas commis! Un tel être humain aurait peut-être renoncé au péché à cause du commandement de Dieu, mais non pas parce qu'il déteste le péché. Il devrait s'élever par degrés dans la pénitence jusqu'à ce que le péché soit arraché de son cœur. La perfection de la pénitence est l'aversion du péché. C'est-à-dire que l'être humain atteint l'état où il exècre le péché de tout son cœur, où il en a de la répugnance, et n'a plus besoin de faire aucun effort pour lui résister, car le péché n'est plus compatible à sa nature. Ici, l'être humain atteint le bord de la pureté. La pureté du cœur est un sujet vaste, nous lui consacrerons un chapître spécial dans la quatrième section: "Les signes de la pénitence", ou bien peut-être nous lui consacrerons la cinquième section. Cependant un autre grade suit après le renoncement au péché qui harcèle la personne, et l'abhorration de ce péché prévalent dans sa vie. Ce grade est: Le renoncement aux péchés que découvre le développement spirituel. Car Dieu dans sa compassion, ne nous révèle pas simultanément tous nos péchés et toutes nos faiblesses, afin que nous ne succombions pas à la petitesse d'esprit. Mais chaque fois que nous écoutons des exhortations spirituelles, chaque fois que nous lisons l'Ecriture Sainte ou des livres spirituels, nous découvrons en nous-mêmes des faiblesses ou des manquements qui nécessitent un traitement, une lutte et une pénitence. Ainsi nous entrons dans une opération de désinfection et de purification qui pourrait se prolonger toute la vie. Car le démon quitterait un champ d'action, pour guerroyer dans un autre. Nous sommes supposés être prêts à le combattre dans tous les domaines. Même le péché dont nous nous sommes reposés pour un certain temps, pourrait être le sujet d'un combat nouveau. Ainsi la pénitence demeure avec nous durant toute la vie. De même, il ne convient pas que la pénitence soit limitée à la lutte contre ce qui est négatif, ou de commettre le peché, mais: Il y a le repentir des défauts qui concernent le développement spirituel. Le pénitent est supposé produire des fruits dignes de la repentance (Matt. 3:8), par ceci il entre dans les fruits de l'esprit (Gal. 5:22). S'il ne produit pas de fruit, c'est qu'il a besoin de pénitence, celle de la non-fructualité; car l'Ecriture Sainte dit: "Celui donc qui sait faire ce qui est bon, et qui ne le fait pas, commet un péché." (Jacques 4:17) La pénitence n'est donc pas une étape qui se termine, mais elle est continuelle avec nous. Car personne n'est sans péché, même si sa vie se limitait à un seul jour sur la terre. Nous péchons tous, et nous tous avons besoin de pénitence. Ainsi, la pénitence devient pour nous un acte quotidien, car nous péchons chaque jour. "Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous mêmes, et la vérité n'est point en nous."(1 Jean 1:8) Il y a une différence entre la pénitence des pécheurs et celle des saints. Les pécheurs se repentent des péchés considérés comme manquements formels aux commandements, ce qui dénote leur manque d'amour pour Dieu, tandis que les saints se repentent des manquements légers causés par la faiblesse humaine. Ceux-ci se repentent aussi des manquements qu'ils ressentent à cause de leur aspiration à la vie de perfection dont ils aperçoivent le long chemin devant eux et les étapes qu'ils doivent traverser pour y parvenir, tout en gardant leur cœur dans l'amour de Dieu. L'Eglise nous a composé des prières quotidiennes dans lesquelles nous demandons la pénitence Dans les couplets et les psaumes du livre des prières (Agbia), chaque jour, nous remarquons les prières suivantes: 1. La confession du péché et le mérite du châtiment, comme dans (psaume 6:50), et les couplets de la "prière du coucher du soleil" (la onzième heure). 2. La demande du pardon, comme dans les couplets de la sixième heure, et dans le reste des prières. 3. La demande à Dieu de délivrer le prieur du péché même, comme dans la finale de la prière de la troisième heure. 4. La demande des indications pour reconnaître le chemin, comme dans (Ps.119), et dans la prière: "Seigneur, gardez-nous cette nuit..." 5. La désapprobation et le blâme de l'âme pour sa chute et sa négligence, comme dans les couplets de la "prière du sommeil" (la douzième heure). 6. Le réveil de l'âme pour se repentir, et le rappel au souvenir de la mort et du jugement et du second avènement du Christ, comme dans les couplets de la "prière du sommeil", et dans les évangiles et les couplets de minuit. Ceci indique que nous demandons la pénitence chaque jour et à chaque heure. Comme exemple de ceci, le prieur dit dans "la prière du sommeil": "Voici que je suis sur le point de comparaître devant le Juge juste, craintif et saisi de frayeur à cause de la multiplicité de mes offenses....repens-toi ô mon âme tant que tu habites la terre....quelle réponse donneras-tu tant que tu es étendue sur le lit des péchés, en négligeant l'asservissement du corps..." Aussi dans la "prière du coucher du soleil" : "Si le juste est sauvé avec peine, où paraîtrai-je moi pécheur?" Aussi dans la prière de minuit: "Donnez-moi, Seigneur, plusieurs sources de larmes, comme vous aviez donné dans l'ancien temps à la femme pécheresse," Aussi dans la prière de la sixième heure: "Déchirez le document de nos péchés, ô Christ notre Dieu, et délivrez-nous". Aussi dans la prière de la troisième heure: "Purifiez-nous de la souillure du corps et de l'âme, et transférez-nous vers une conduite spirituelle afin que nous marchions selon l'Esprit et que nous n'accomplissions pas le désir du corps." Le temps nous manquerait si nous entrions dans les détails de la pénitence dans les prières de "l'Agbia", ceci nécessiterait un livre spécial. Après tout cela, y aurait-il quelqu'un qui ose dire que la pénitence est une étape que nous avons dépassée et qui s'est terminée, et que nous sommes entrés dans les choses célestes et dans la demande des dons et des miracles!! Celui qui pense avoir dépassé l'étape de la pénitence, ne s'est pas bien examiné. Il ne s'est pas examiné à la lueur des commandements, avec l'esprit d'humilité... Qui donc parmi vous, a par exemple atteint l'amour des ennemis? (Matt.5:44), ou qui est arrivé à méditer la loi du Seigneur jour et nuit? (PS. 1), qui parmi nous est arrivé à prier constamment sans se relâcher (Luc 18:1)...Les commandements sont nombreux, et aussi nous n'en avons rien exécuté...je ne parlerai pas des détails, de crainte que d'aucun ne succombe dans la petitesse d'esprit. Le silence est préférable. La pénitence est donc nécessaire à chacun de nous, chaque jour de notre vie. Puisse chacun de nous lire et méditer sur les degrés spirituels que les saints ont atteints, afin qu'il sache qu'il est un pécheur! Ce qui est plus merveilleux, c'est que les saints qui avaient atteint ces degrés disaient qu'ils étaient des pécheurs qui avaient besoin de pénitence, et qu'ils pleuraient leurs péchés...Que ferons-nous donc ?! CHAPITRE 3 INVITATION A LA PENITENCE Dieu aimant l'homme l'invite à la pénitence par le mobile de son amour pour ses enfants. Car il "veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité." (1Tim. 2:4), "ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance." (2Pierre 3:9). Pour leur salut, il est disposé à ne pas tenir compte des temps d'ignorance (Actes 17:30). Dans son amour prodigieux, il dit même: "Ce que je désire, est-ce que le méchant meure? dit le Seigneur, l'Eternel. N'est-ce pas qu'il change de conduite et qu'il vive?" (Ezéchiel 18:23). Il nous aime et veut que nous nous réjouissions de son amour par la pénitence. Il veut nous associer à son royaume et nous réjouir de son amour par la pénitence. Ce ne sont pas simplement des commandements que Dieu transmet par la bouche de ses saints prophètes, mais c'est une charitable invitation au salut: Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés: (Actes 3:19). "celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés." (Jacques 5:20) Ce commandement est donc pour nous et pour notre salut pour lequel il s'est incarné et a souffert, et que nous ne pouvons obtenir que par la pénitence. Voilà pourquoi nous voyons ses sentiments d'amour quand il nous invite à nous repentir. Il dit: "Revenez à moi, et je reviendrai à vous." (Malachie 3:7); "Revenez et détournez-vous..." (Ezéchiel 14:6); "Revenez à moi de tout votre cœur.....revenez à l'Eternel, votre Dieu" (Joël 2: 12-13). Dans son amour il dit par la langue du prophëte Jérémie: "Je mettrai ma loi au-dedans d'eux, je l'écrirai dans leur cœur; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.....je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. (Jérémie 31: 33-34) Dans son invitation à la pénitence, il a promis de nous purifier et de nous laver. Il dit: "Lavez-vous, purifiez- vous, ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions.....Venez et plaidons! dit l'Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige." (Isaïe 1: 16-18) Il dit aussi: "Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau." (Ezéchiel 36: 25-26) Il nous invite à la pénitence parce que nous en avons besoin. Car il dit: "je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde." (Jean 12:47); "Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs." (Marc 2:17) Oui, "le Fils de l'homme est venu sauver ce qui était perdu." (Matt. 18:11) Cette pénitence est donc pour notre bien, elle n'est pas un commandement qui nous est imposé. Nous avons la pleine liberté du choix. Dieu nous invite à la pénitence, puis il dit: "Si vous avez de la bonne volonté et si vous êtes dociles, vous mangerez les meilleures productions du pays. Mais si vous résistez et vous êtes rebelles, vous serez dévorés par le glaive." (Isaïe 1: 19-20) Il est de notre intérêt d'écouter et d'obéir, pour notre purification, pour notre éternité, et pour que nous nous réjouissions de Dieu. Voici que l'apôtre appelle notre invitation au repentir: "le ministère de la réconciliation", et il dit: "soyez réconciliés avec Dieu." (2Cor. 18-20). Refuserions-nous donc de nous réconcilier avec Dieu?! Est-il de notre intérêt de refuser la réconciliation?! La pénitence est utile, quelque soit son moyen, par la douceur ou par la violence. Pour cela, l'apôtre saint Jude dit: "Reprenez les uns, ceux qui contestent; sauvez-en d'autres en les arrachant au feu; et pour d'autres encore ayez une pitié mêlée de crainte, haïssant jusqu'à la tunique souillée par la chair." (Jude 22-23) Saint Jean-Baptiste était violent en appelant à la pénitence. (Matt. 3: 8-10). L'apôtre saint Paul dit aux corinthiens: "je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance." (2Cor. 7:9). C'est à cause de cela que certains saints faisaient pleurer les gens par leurs sermons, et ceci leur était utile. Les pénalités de l'Eglise étaient de même utiles pour la pénitence et pour le salut. C'est pour cette raison que l'invitation à la pénitence est le sujet le plus important de l'Ecriture Sainte. Pour que les gens soient purifiés et sauvés....La pénitence étant nécessaire pour le salut, le Christ Notre-Seigneur envoya saint Jean-Baptiste au devant de lui, afin de préparer la voie par la pénitence. Alors, il appela à la pénitence disant: "repentez- vous, car le royaume des cieux est proche." (Matt. 3:2); ce royaume que vous ne pouvez obtenir sauf par la pénitence, et il présenta aux gens le baptême de la pénitence. Ainsi, l'œuvre de la pénitence a précédé l'œuvre de la Rédemption, et Jean-Baptiste a précédé le Christ. Le Christ Notre-Seigneur lui-même a appelé les gens à la pénitence: "Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche." (Matt. 4:17)."Il disait: Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle" (Marc 1:15). Quand il envoya les douze: Ils partirent et ils préchèrent la repentance" (Marc 6:12). Avant son ascension il ordonna "que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem." (Luc 24:47) Noé fut le premier à prêcher la pénitence,et beaucoup de prophètes le suivirent, comme Isaïe (Isaïe 15), Ezéchiel (Ez.18), Jonas (Jonas 3), Joël (Joël 2), Jérémie (Jér. 31).....L'invitation à la pénitence est aussi très claire dans les livres du Nouveau Testament. Elle constitue le travail de tous les pasteurs, instructeurs, et prêcheurs, du clergé et de tous les grades spirituels....elle est claire dans les paroles des prophètes. Les pères s'étaient très préoccupés par l'invitation à la pénitence: Saint Antoine dit: "Demande la pénitence à tout instant." Le grand saint Basile dit: "Il est bon de ne pas pécher; et si tu as péché, de ne pas retarder la pénitence; et si tu t'es repenti, de ne pas retourner au péché; et si tu n'es pas retourné, de savoir que cela a été par l'aide de Dieu; et si tu l'as su, il est bon de le remercier pour l'état où tu es." Saint Isaac dit: "A chaque moment des vingt-quatre heures du jour, nous avons besoin de la pénitence." Il dit aussi: "Chaque jour pendant lequel tu ne t'es pas assis seul avec toi-même pendant une heure pour penser par quelles choses tu as péché, et dans quel cas tu es tombé afin de te redresser......ne le comptes pas parmi les jours de ta vie." L'invitation à la pénitence est nécessaire à tout le monde. Ce qui attire l'attention c'est que: l'invitation à la pénitence a été adressée même aux anges des sept églises. Le Seigneur dit à l'ange de l'église d'Ephèse: "Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi." (Apoc. 2:5) Le mot "repens-toi", il le dit aussi à l'ange de l'église de Pergame (Apoc. 2:16), et à l'ange de l'église de Sardes (Apoc. 3:3), et à l'ange de l'église de Laodicée (Apoc. 3:19) Dieu envoya le prophète Nathan pour appeler à la pénitence le prophète David, l'oint du Seigneur. L'invitation à la pénitence par Dieu comporte le sentiment de compassion pour ses enfants. Il veut que ceux qui se sont égarés retournent à lui, pour qu'ils aient une part dans le royaume, dans l'héritage des saints, et dans la communauté de l'Eglise. Car la mauvaise conduite nous empêche de communier avec Dieu (1 Jean 1:6), et de participer les uns avec les autres. "Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement dans la lumière, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché." (1 Jean 1:7) Dieu accepte les pénitents; les exemples de ceci sont nombreux dans l'Ecriture Sainte. Il a accepté l'enfant prodigue en mauvais état (Luc 15). Il a accepté la samaritaine qui avait eu plus que cinq époux (Jean 4). Il a accepté le larron de droite sur la croix (Luc 23:43). Il a prié pour ceux qui l'ont crucifié afin que leur péché soit pardonné (Luc 23:34). Il a accepté Zacchée, le chef des publicains (Luc 19:9), et lui a accordé le salut avec ceux qui habitaient dans sa maison. Il a accepté Matthieu le publicain et le fit l'un des douze apôtres (Matt. 10:3). Suffit sa parole: "je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi" (Jean 6:37). Encore plus, c'est le Seigneur lui-même qui se tient à la porte et frappe en attendant celui qui lui ouvre (Apoc. 3:20). S'il fait ceci, à plus forte raison ouvrira-t-il à celui qui frappe aux portes de sa miséricorde divine. En ce qui concerne la miséricorde du Seigneur pour les pécheurs, il a été dit en vérité que: la miséricorde de Dieu est plus forte que toute souillure du péché. Les péchés les plus horribles et les plus nombreux sont, par rapport à la miséricorde de Dieu, comme un morceau de boue que je jette dans l'océan.....l'océan ne se trouble pas, mais le prend, le répand dans ses profondeurs, et te présente de l'eau claire. A cause de cela, ne comptons pas le péché plus grand que l'efficacité de Son sang.... et ne le considérons pas plus grand que l'immensité de Son amour et l'immensité de Sa miséricorde. Un saint vieillard avait dit: "Il n'y a pas de péché qui excède l'amour de Dieu pour le genre humain; Dieu est "celui qui justifie l'impie" (Rom. 4:5). Je dis ceci afin que les pécheurs ne désespèrent pas quand ils considèrent leurs péchés. CHAPITRE 4 NE DESESPEREZ PAS A ce point je me rappelle d'une lettre d'un jeune homme. Elle m'était parvenue il y a vingt-deux années. Je la lus, puis je fus très impressionné, à tel point que je pleurais.... Puis je lui envoyai une réponse. Je me souviens lui avoir écrit au début de la lettre: "J'ai reçu ta lettre, frère bien-aimé, et il me semble l'avoir lue plusieurs fois avant de l'avoir vue....c'est l'image d'une vie que je connais, c'est l'histoire de nombreux cœurs...." Oui, c'est une guerre qui harcèle plusieurs gens. Ces pensées bien connues se réitèrent dans leurs confessions et dans leurs interrogations spirituelles. Nous essaierons de considérer chacune de ces idées pour y répondre. La première plainte: "Je désespère. Je ne suis plus utile à rien." Saches, mon frère, que toutes les pensées de désespoir sont un combat du démon. Il veut que tu désespères de la pénitence, tant de sa possibilité que de son acceptation; afin de te faire sentir que la lutte est inutile, et qu'ainsi tu te rendes au péché, que tu y demeures et que tu perdes ton âme. N'écoute le démon en rien de ce qu'il te dit. Chaque fois que tu es combattu par quelqu'une des idées de désespoir, reponds-lui par la parole du prophète Michée: "Ne te réjouis pas à mon sujet, mon ennemi! Car si je suis tombé, je me relèverai.´(Michée 7:8) Saches que le désespoir de la pénitence est plus dangereux que la chute dans le péché. Judas est mort dans le désespoir et a péri. Le désespoir conduit le pécheur à être davantage absorbé dans le péché; et ainsi il déchoit de mal en pis. Dans le désespoir, peut-être que le démon le combattrait en l'éloignant de son confesseur, et de tout grade spirituel et de l'Eglise toute entière .....afin qu'il devienne seul avec lui, sans aide!! Les prophètes et les saints ont combattu la guerre du désespoir. Le prophète David dit: "Combien qui disent à mon sujet: Plus de salut pour lui auprès de Dieu! (Ps. 3:3) Mais il répond à cela en disant: "Mais toi, ô Eternel, tu es mon bouclier. tu es ma gloire, et tu relèves ma tête" (Ps. 3:4). David n'avait pas désespéré à cause de sa faute, mais il la pleura et se repentit et Dieu le rendit à son grade primitif. Dieu opérait même beaucoup de bienfaits à plusieurs personnes en disant: "à cause de mon serviteur David" (1 Rois 11: 32, 34, 36). Ne te désespère donc pas, et souviens-toi de ceux qui se sont repentis auparavant.... Si tu as désespéré de toi-mê me, Dieu n'a pas désespéré de ton salut. Il a sauvé plusieurs, et tu n'es pas plus difficile qu'eux. Là où la grâce agit, il n'y a pas de place pour le désespoir. Avance donc vers la pénitence avec un cœur courageux, et ne sois pas petit d'esprit. 2 Il dit: Comment me repentirai-je en étant totalement incapable de me relever de ma chute? Ne crains pas. C'est Dieu qui combat pour toi. "Car la victoire appartient à l'Eternel." (1 Sam. 17:47) Ta résistance n'importe pas, qu'elle soit faible ou forte. Car Dieu a le pouvoir de sauver par peu ou par beaucoup. Dieu est plus fort que le démon qui te combat, et il le chassera loin de toi. Ne regardes donc pas ta force, mais regardes la force de Dieu. Crie et dis: "Fais-moi revenir et je reviendrai" (Jér. 31:18). Si tu es incapable de te relever, Dieu peut te relever. C'est lui qui "soutient tous ceux qui tombent. Et il redresse tous ceux qui sont courbés" (Psaume 145:14). "Il est l'espoir de celui qui n'a pas d'espoir et le secours de celui qui n'a pas de secours." Sois comme le blessé qui était étendu demi-mort sur la route, incapable de se relever. Mais le bon samaritain vint à lui et le releva. (Luc 10:30)....Ou bien, comme les morts qui n'avaient ni puissance ni vie, et que le Seigneur ressuscita. 3 Tu dis: "Mon cas est très mauvais, il est désespéré".... Est-ce que tu vois qu'il est plus désespéré que la femme stérile à qui le Seigneur dit: "Réjouis-toi stérile, toi qui n'enfantes plus" (Isaïe 54:1), et lui donna plus qu'à celle qui avait enfanté?! Ton cas est peut-être désespéré de ton point de vue à toi. Mais Dieu a espoir en toi. Ne mets donc pas ton espérance dans la qualité de ton état, mais dans la richesse de Dieu qui donne généreusement, dans son amour et dans sa puissance, 4. Tu dis: "Mais je ne veux pas me repentir, et je ne fais pas de démarches vers la pénitence." Naturellement, ceci est ce qu'il y a de pire dans ton cas. Mais malgré cela, ne désespère pas. Il suffit que Dieu cherche ton salut; et il veut que tu sois sauvé. Il y a des prières de plusieurs saints qui sont élevées pour toi, avec les invocations des anges. Dieu a le pouvoir de te rendre désireux de cette pénitence. Souviens-toi de la parole de l'apôtre: "car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir " (Philippins 2:13). Prie et dis: "Donnez-moi, Seigneur le désir de me repentir." La brebis égarée n'a pas cherché comment retourner, mais son propriétaire l'a cherchée et l'a rendue à lui. De même était le cas de la drachme perdue. (Luc 15) 5. Tu dis: Est-il logique que je vive toute ma vie loin du péché, tandis que mon cœur l'aime? Si je m'en repens, j'y retournerai! L'erreur par laquelle le démon te jette dans le désespoir, c'est que tu vivras dans la pénitence avec ce même cœur qui aime le péché! Non, car Dieu te donnera un cœur nouveau (Ezéchiel 36:26); et il arrachera de toi l'amour du péché. Alors, tu ne penseras plus à y retourner, mais au contraire, Dieu te fera abhorrer et détester le péché dans ton repentir. Ton sentiment présent sera changé. 6. Tu dis: "Même si je me repens, mes pensées demeureront souillées par les anciennes images. Ne crains pas. Dieu purifiera ta pensée. Tu arriveras au "renouvellement de l'intelligence" dont a parlé l'apôtre: (Rom. 12:2)....Combien de mauvaises images étaient dans la mémoire de saint Augustin, et dans la mémoire de sainte Marie la Coptesse! Mais Dieu les a effacées, afin que la pensée soit sanctifiée par son amour. Sois confiant que ceux qui étaient revenus à la pénitence, étaient dans un état plus fort. Le Seigneur a même donné à plusieurs d'entre eux des dons et des miracles, comme saint Jacques le Combattant, sainte Marie, la mère de saint Abraham l'hermite, et sainte Marie la Coptesse. L'amour du repenti est plus grand, comme la pécheresse: "ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé" (Luc 7:47). David, dans son repentir, était plus profond en amour et en humilité. 7. Tu dis: Est-ce que le Seigneur me pardonnerait? Est-ce qu'il m'accepterait? Sois rassuré; car il dit: "je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi" (Jean 6:37). Le prophète David dit: "Il ne nous traite pas selon nos péchés. Il ne nous punit pas selon nos iniquités. Autant l'orient est éloigné de l'occident, autant il éloigne de nous nos transgressions...Car il sait de quoi nous sommes formés. Il se souvient que nous sommes poussière" (Psaume 103: 10, 12, 14). Non seulement il nous accepterait, mais il nous laverait et nous deviendrions plus blanc que la neige (Ps. 51); et il ne se souviendrait plus de nos péchés. (Jérémie 31:34), (Ezéchiel 33:16), (Hébreux 8:12). Souviens-toi que ton âme est chère au Seigneur; pour elle, il s'est incarné et il a été crucifié. 8. Tu dis: "Mais mes péchés sont très horribles". Je te répondrai par la parole de l'Ecriture: "Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes" (Matthieu 12:31). Il a pardonné même à ceux qui avaient quitté la foi, puis y sont retournés. De même, ceux qui avaient succombé dans des hérésies et des fausses doctrines, puis se repentirent, leur péché fut pardonné. Saint Pierre qui avait renié le Christ, qui avait juré et fait des imprécations en disant: "je ne connais pas cet homme", Dieu lui pardonna. Non seulement cela, mais il le rendit au grade d'apôtre et de pasteur. Même ceux qui étaient dans une situation de modèle comme Aaron le souverain sacrificateur, qui participa avec les enfants d'Israël à la fabrication du veau d'or afin qu'ils l'adorassent (Exode 32:25), quand il se repentit, Dieu lui pardonna. Dieu réprima Satan pour Josüé le souverain sacrificateur qu'il revêtit d'habits de fête" (Zacharie 3: 1-4). 9. Tu dis: Mais je me suis lontemps attardé, y a-t-il encore une chance? Ainsi disait saint Augustin dans ses "Confessions": "Je me suis longtemps attardé à vous aimer"; et le Seigneur l'accepta. Il accepta les ouvriers de la onzième heure, et leur paya le même salaire (Matthieu 20:9). Il accepta le larron de droite sur la croix, dans la dernière heure de sa vie. Tant que nous sommes dans le corps, nous avons l'occasion de nous repentir. Pour cela nous disons dans "la prière du sommeil", la prière de la douzième heure: "repens-toi, ô mon âme, tant que tu habites la terre...." Car l'espérance de la pénitence n'est dispersée que dans l'abîme dont notre Père Abraham dit au riche: "il y a entre nous et vous un grand abîme" (Luc 16:26). Tant que tu es dans le corps, tu as devant toi une occasion, saisis la. 10. Tu dis: Je crains que mon péché soit un blasphème contre l'Esprit-Saint. Je te dis que le blasphème contre l'Esprit-Saint est le refus complet et persistant, durant toute la vie, de toute œuvre de l'Esprit-Saint dans le cœur, de sorte qu'il n'y ait point de repentir,et conséquemment point de pardon. Mais si tu te repentis, tu réponds à l'œuvre de l'Esprit-Saint en toi, et ainsi le péché n'est pas un blasphème contre le Saint-Esprit. (Voir notre livre: "Des années avec les interrogations des gens", pages 21 à 23). CHAPITRE 5 LA PENITENCE ENTRE L'EFFORT ET LA GRACE Nos paroles sur l'œuvre de Dieu dans la pénitence, et sur l'aide de la grâce, ne signifient pas que l'être humain s'adonne à la paresse et à la négligence en attendant que Dieu le relève, car voici l'apôtre qui réprimande de telles personnes disant: "Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang, en luttant contre le péché (Hébreux 12:4). L'être humain est donc supposé résister jusqu'au sang à toutes les pensées du péché, à toutes ses convoitises et à toutes ses voies; s'éloigner des scandales, et utiliser tous les moyens spirituels qui raffermissent l'amour de Dieu dans son cœur. Et encore: Entrer dans des guerres spirituelles contre les "esprits méchants" (Ephèse 6:12). L'être humain est supposé combattre dans ces guerres, résister, ne pas se rendre à l'ennemi, et se revêtir "de toutes les armes de Dieu afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable" (Ephèse 6:11). Car l'apôtre dit: " Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme"(1 Pierre 5: 8-9). Dieu veut que tu résistes...et la grâce te supporteras très fortement dans ta résistance. Mais montre ton amour pour Dieu par ta résistance au péché, et prie pour que Dieu te donne la force de résister. C'est ainsi que tu participeras à l'œuvre de Dieu. L'enfant prodigue n'attendit pas jusqu'à ce que son père allât à lui dans le pays lointain afin de le reprendre de là-bas, mais il rentra en lui-même, ressentant la gravité de son état; et il reconnut la solution, la réalisa et revint à son père qui, alors, l'accepta. (Luc 15) Les habitants de Ninive jeûnèrent, s'humilièrent, s'assirent sur la cendre, crièrent fortement à Dieu, et se repentirent de leurs actes. C'est alors que Dieu les accepta à lui. (Jonas 3) Pour attirer notre attention à notre devoir dans la pénitence, Dieu dit: "Revenez à moi, et je reviendrai à vous". (Malachie 3:7) Il dit par la bouche du prophète Isaïe: "Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions;...venez et plaidons! dit l'Eternel! (Isaïe 1: 16, 18) Il dit aussi dans le livre du prophète Joël: "Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations. Déchirez vos cœurs et non vos vêtements." (Joël 2: 12-13) Il y a donc un devoir que l'être humain doit accomplir dans la pénitence. Il ne lui suffit pas de se jeter aux pieds du Seigneur, sans lutte intérieure et extérieure! comme d'aucuns le disent: "ton seul travail, c'est simplement d'accepter l'œuvre de la grâce en toi!" Est-ce que cette opinion correspond à la réprimande de l'apôtre: "Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang, en luttant contre le péché" (Hébreux 12:4)? Luttons donc, mais ne comptons pas sur nous-mêmes; demandons plutôt la main de Dieu qui œuvre avec nous. Par notre lutte, nous prouvons notre désir de la pénitence et le sérieux de notre repentir. CHAPITRE 6 L'IMPORTANCE DE LA PENITENCE Le plus important dans la pénitence, c'est que sans elle, le salut est irréalisable. Le Seigneur dit: "si vous ne vous repentez, vous périrez tous également" (Luc 13:3). "Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens afin qu'ils aient la vie" (Actes 11:18). D'aucuns diraient que le Christ Notre-Seigneur nous a offert son sang pour le salut et le pardon. Où donc est la nécessité de la pénitence? Est-ce que le sang du Christ n'est pas suffisant? Nous leur répondons: C'est la pénitence qui transfère les mérites du sang du Christ au pardon. Le salut est offert à tout le monde. Le sang du Christ est suffisant à tout le monde. Mais ce sont les pénitents seuls qui en obtiennent. En vérité le sang du Christ nous purifie de tout péché... mais il ne nous purifie que de tout péché dont nous nous repentons. L'apôtre a posé deux conditions pour cette purification: "si nous marchons dans la lumière" (1 Jean 1:7), et aussi: "si nous confessons nos péchés"(1Jean 1:9). Ces deux conditions se rapportent à la vie de pénitence. C'est pour cela que la pénitence précède le baptême, car il y a en elle le pardon des péchés. A ce sujet, l'apôtre saint Pierre dit aux juifs le jour de la Pentecôte: "Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés" (Actes 2: 38). L'Eglise soumet le baptême des adultes aux conditions de la pénitence et de la confession. Les canons de l'Eglise défendent de baptiser ceux qui ne se sont pas repentis. Quant aux petits, il suffit de suppléer à la pénitence par la cérémonie de la "renonciation à Satan". A cause de son importance, la pénitence accompagne ou suit la foi. Saint Marc l'évangéliste dit que le Christ Notre-Seigneur préchait disant: "Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle" (Marc 1: 15). La foi sans pénitence ne sauve personne, car l'absence de la pénitence cause la perte de l'être humain. (Luc 13:3). La pénitence précède la communion du sacrement de l'Eucharistie. Dans l'Ancien Testament, le prophète Samuel dit: "Sanctifiez-vous, et venez avec moi au sacrifice" (1 Samuel 16: 5). Dans le Nouveau Testament l'apôtre saint Paul dit: "....Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même ..... Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés" (1 Corinthiens 11: 27-31). La pénitence précède tous les sacrements de la sainte Eglise, afin que l'être humain soit digne de l'œuvre du Saint-Esprit en lui, et afin qu'il obtienne par la pénitence, le pardon qui le rendra digne de la grâce du Saint-Esprit agissant dans les sacrements. La pénitence de l'enfant prodigue a précédé son entrée dans la maison de son père. (Luc 15) La pénitence est une condition nécessaire à la rémission des péchés. Saint Pierre l'apôtre dit à ce sujet: "Repentez-vous et convertissez-vous pour que vos péchés soient effacés" (Actes 3:19). Combien belle est la parole de saint Isaac: "Il n'y a de péché sans pardon que le péché sans pénitence". La pénitence est donc nécessaire avant et après le baptême. Avant le baptême, pour rendre digne de l'obtenir; et après le baptême, pour la rémission des péchés commis après le baptême. CHAPITRE 7 LES OBSTACLES A LA PENITENCE Il n'existe rien que le démon combat plus que la pénitence, car elle lui fait perdre toute sa peine précédente. Lorsque l'être humain veut se repentir, le démon élève tous les scandales et met devant lui tous les obstacles qui pourraient empêcher ou retarder sa pénitence; c'est pourquoi elle paraît quelquefois difficile à certaines gens. De ceci: 1. Les scandales, qu'ils soient des tentations ou des occasions qui n'étaient pas accessibles auparavant, afin que la volonté fléchisse devant elles. Il est possible que l'environnement soit un obstacle qui retarde la pénitence par les scandales et les fausses notions qu'il présente. 2. La comparaison du pécheur de lui-même à des niveaux faibles. Par rapport à ces niveaux, il s'imagine être dans un bon état qui ne nécessite pas de pénitence; ou bien, des excuses se dressent devant lui, il dirait par exemple: "Tous sont ainsi.... serais-je différent de tout le monde?!" Evidemment ce n'est pas une excuse que la plupart des gens soient fautifs. Noé gardait sa justice dans un monde entièrement mauvais. De même étaient Joseph et le prophète Moïse en Egypte, et Lot à Sodome. 3. La faiblesse de la personalité, tellement qu'il soit possible à son entourage de l'entraîner. L'être humain est supposé avoir une personalité ferme qui ne se laisse pas entraîner avec la tendance générale. Un petit poisson peut résister et aller contre le courant, parce qu'il possède la vie. Tandis qu'un gros bloc de bois, des centaines de fois la grandeur du poisson, pourrait être entraîné, car il n'a pas de volonté. Sois donc une personalité forte afin que tu puisses te repentir. l'apôtre dit: "Ne vous conformez pas au siècle présent" (Romains 12:2). 4. Le retardement. Le démon ne te combat pas d'une façon ouverte pour que tu te refuses à la pénitence, mais il te convie à différer, en te présentant des séductions déterminées. Le retardement a ses dangers: les occasions de faire pénitence pourraient disparaître. Aussi, plus le péché demeure longtemps, plus il acquiert un ascendant et raffermit sa position. Le simple désir de se repentir pourrait passer; et les impressions spirituelles qui invitent à la pénitence pourraient perdre leur influence. 5. Le désespoir, et le sentiment que la pénitence est difficile et impossible. Comme dit saint Jean Climaque: "Les démons, avant la chute te disent que Dieu est compatissant et miséricordieux. Tandis qu'après la chute, ils disent qu'Il est le Juge Juste, et ils t'effraient pour que tu désespère du pardon de Dieu afin que tu ne te repentisses pas." Nous avons parlé de l'obstacle du désespoir, et de son traitement dans les pages précédentes. 6 La justification de soi-même, dans laquelle l'être humain ne sent pas qu'il est fautif. La pénitence est l'échange d'une vie contre une autre. Celui dont la vie semble belle à ses propres yeux, comment l'échangerait-il ?! S'il ne ressent pas la gravité de son état, il lui est impossible de se repentir et de changer de vie. De même, celui qui ne se blâme pas lui-même, et celui qui refuse le blâme d'autrui, ne se repentissent pas, et celui qui pense qu'il a toujours raison; et que les expressions: "repentez-vous et convertissez-vous" sont adressées à d'autres que lui; de même celui qui abandonne ses oreilles pour écouter les louanges et y ajoute foi; et celui qui explique les commandements de Dieu à son gré, et qui refuse les reproches de sa conscience à cause de ces commandements. La pénitence est facile pour les humbles, et difficile pour ceux qui sont justes à leurs propres yeux. Elle est facile pour le publicain au cœur brisé qui ressent ses péchés; elle est difficile pour le pharisien qui se vante dans sa prière disant: "O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères..." (Luc 18:11). La pénitence était facile pour la femme pécheresse qui mouilla les pieds du Christ avec ses larmes. Elle était difficile pour Simon le pharisien qui pensait qu'il n'était pas un pécheur comme elle. Pour cela, il est bon que le Seigneur lui montra qu'elle et lui étaient redevables, mais qu'il n'avait pas la même charité qu'elle, parce qu'il considérait sa dette beaucoup moindre que la sienne. (Luc 7) La pénitence est facile pour ceux qui savent qu'ils sont des pécheurs, et qui confessent qu'ils sont des pécheurs. Tandis que ceux qui sont justes à leurs propres yeux, de quoi se repentiraient-ils tant qu'ils ne reconnaissent pas qu'ils aient péché en quoique ce soit ?! En vérité, ceux qui sont en bonne santé n'ont pas besoin de médecin, c'est-à-dire ceux qui croient en eux-mêmes qu'ils sont en bonne santé...! Ceux-ci, même si quelqu'un les confrontait avec une faute, ou bien ils la nieraient, ou bien ils lui donneraient une explication exigüe, ou bien ils jetteraient la responsabilité sur d'autres qu'eux-mêmes, ou bien ils discuteraient et se justifieraient....mais ils ne reconnaîtraient pas leur faute, et conséquemment ils ne se repentiraient pas. Peut-être ceux qui se posent devant les gens comme exemple à suivre, il leur est difficile de dire qu'ils aient besoin de pénitence. Puissent ceux- là être, des exemples de la reconnaissance de l'erreur et du besoin de la pénitence pour les gens. Pour cela, nous disons que la pénitence est facile pour le sermonné, et difficile pour le sermonneur, pour le servant, pour les gradés, et pour ceux de leur niveau. 7 Un autre obstacle de la pénitence est l'absence de l'amour de Dieu dans le cœur. Comme dit saint Isaac: "Là où il n'y a pas la crainte, il n'y a pas non plus la pénitence." D'aucuns repoussent la crainte au nom de l'amour, et parce qu'ils sont loin de la crainte, ils tombent dans l'indifférence, et succombent dans des péchés; et par ces péchés, ils prouvent qu'ils ne possèdent pas l'amour qui rejette la crainte dehors. (1 Jean 4:18) La crainte de Dieu fait ressentir à l'être humain ses péchés, et l'incite à la pénitence.... Nous vous présenterons un livre consacré à ce sujet, si Dieu veut. CHAPITRE 8 LA PENITENCE ET L'EGLISE L'Eglise a un grand rôle dans la pénitence de toute personne. Dans le cadre de ce rôle, entrent l'instruction, l'orientation, le travail des pasteurs et des visiteurs, le transfert des œuvres et des dons du Saint-Esprit pour le salut de toute personne, et le transfert des mérites du Sang précieux. C'est l'Eglise qui convie le pécheur à la pénitence. C'est elle qui se charge de ce que l'apôtre saint Paul a nommé "le ministère de la réconciliation", et "la parole de la réconciliation". Elle lance son appel aux pécheurs: "Soyez réconciliés avec Dieu" (2 Corinthiens 5: 18-20) ; et ceci par la voie de la prédication et de l'instruction; elle présente la parole de Dieu aux gens... Peut -être que sans ce travail de l'Eglise, personne n'aurait fait pénitence. L'Eglise invite à la pénitence dans toutes les œuvres pastorales dont elle se charge, dans la visite des gens et la solution de leurs problèmes de tout genre, spirituels et sociaux....comme un père affectueux qui s'occupe de ses enfants, et les approche de la paternité de Dieu. L'Eglise est le milieu spirituel qui soutient la pénitence, loin des milieux du monde qui sont pleins de scandales; de telle sorte que chacun qui fait pénitence trouve dans l'Eglise la bonne ambiance dans laquelle il vit d'une vie spirituelle. Peut-être sans l'Eglise, les ronces du monde auraient étranglé tout sentiment spirituel naissant dans l'être humain, et il aurait été flétri et desséché. L'Eglise offre au pénitent le sacrement de la confession et lui donne l'absolution et le pardon. Dans le sacrement de la pénitence (de la confession), le pénitent explique tout ce qu'il a dans le cœur; son âme se repose de ses secrets réprimés; il présente à Dieu toutes ses faiblesses et ses chutes, aux oreilles du prêtre, afin d'en obtenir la rémission par Dieu, par la bouche du prêtre. Ceci est en vertu du pouvoir dont le Seigneur a dit: "Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leurs seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leurs seront retenus." (Jean 20:23); et aussi en vertu de sa parole: "tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel." (Matthieu 18:18) Ainsi le pénitent sort de sa confession, avec la conscience tranquille, car il a entendu la parole d'absolution et de pardon, de l'économe de Dieu, qui est autorisé de la prononcer selon le pouvoir qu'il a reçu de Dieu. Ainsi la paix règne sur son cœur, et il débute un commencement nouveau. Dans le sacrement de la pénitence, l'Eglise donne les directives spirituelles; comme dit l'Ecriture: "Propose aux sacrificateurs cette question sur la loi" (Aggée 2:11). "Car les lèvres du sacrificateur doivent garder la science. Et c'est de sa bouche qu'on demande la loi" (Malachie 2:7). Ainsi dans la confession le père explique à son fils la voie spirituelle correcte dans laquelle il marche, car il n'y a personne qui se dispense de conseil, et l'Ecriture dit: "Telle voie paraît droite à un homme, mais son issue, c'est la voie de la mort" (Proverbes 14:12); et aussi: "ne t'appuie pas sur ta sagesse" (Proverbes 3:5). Dans l'Eglise, le pénitent trouve le cœur à qui il peut confier ses secrets. Il ne peut pas confier à toute personne les secrets personnels concernant sa vie spirituelle, et qui comprennent ses chutes et ses faiblesses. Peut-être ne peut-il pas les garder complètement, car cette répression le harcèlerait. Mais chez le père prêtre, il trouve l'assurance du secret, il trouve les solutions spirituelles, et la main fidèle qui le guide affectueusement et avec dévouement. L'Eglise offre au pénitent toutes les bénédictions du sacrement de l'Eucharistie, ce sacrement majestueux dont le Seigneur a dit: "Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui" et ".....vivra par moi" (Jean 6: 56-57). Hors de l'Eglise, il ne trouve pas la bénédiction de ce sacrement majestueux qui l'aide dans sa pénitence, qui le nourrit spirituellement, et qui est donné pour notre salut, pour le pardon des péchés et pour la vie éternelle, à tous ceux qui communient. (Jean 6:54) D'aucun dirait: "Puisque la pénitence mène au pardon, quel besoin ai-je de l'Eglise, de la confession, de la communion, et de la prière de l'absolution?" Nous lui répondons: Par la pénitence tu mérites le pardon et, par la confession et la communion, tu l'obtiens. Il y a une différence entre le mérite du pardon et l'obtention de la grâce. De même, la pénitence comporte aussi en elle la confession. La prière pour l'absolution fait partie du sacrement de la pénitence. La communion est l'extension de l'efficacité du sacrifice du Christ. Il dirait: "Si je me repens et meurs avant la récitation de la prière de l'absolution, quel serait ma destination? Si tu meurs ainsi, que Dieu ait miséricorde de toi, et la prière de l'absolution sera récitée dans les oraisons funèbres. SECTION II LES MOBILES DE LA PENITENCE Chapitre 1 Si tu savais qui tu es, tu t'élèverais au-dessus du péché. 2 Si tu savais ce qu'est le péché, tu t'enfuirais du péché. 3 Si tu connaisais les conséquences du péché, tu repousserais le péché. 4 Si tu connaissais la punition du péché, tu t'épouvanterais du péché. 5 Autres mobiles de la pénitence. CHAPITRE 1 Nous voulons que notre pénitence soit construite sur un fondement sain, et sur une intelligence correcte de la vie spirituelle et de la vie avec Dieu. Le mobile le plus important qui nous porte à la pénitence, c'est que nous connaissions notre propre valeur, c'est que chacun de nous sache ce qu'il vaut, et qui il est. Connais-toi donc, mon frère, toi-même, qui es-tu? SI TU SAVAIS QUI TU ES: TU T'ELEVERAIS AU-DESSUS DU PECHE Si tu savais ta valeur immense, et la grande position que tu occupes, tu refuserais à ton âme élevée de descendre au niveau du péché, et ainsi , il te serait impossible de succomber... Qui es-tu donc? Tu es un souffle sacré sorti de la bouche de Dieu. Mon frère, tu n'es pas une poignée de poussière comme certains le pensent....Tu es un souffle sacré sorti de la bouche de Dieu et qui vint dans la poussière, c'est ainsi que tu es devenu un être vivant. (Genèse 2:7) Tu n'es pas simple poussière ou boue....il convient donc que tu chantes avec joie disant: "Je ne suis pas poussière, mais j'ai habité la poussière. Je ne suis pas poussière, je suis une âme sortie de la bouche de Dieu et je m'en irai retournant à Dieu pour vivre là où j'étais." Ton existence dans cette poussière, frère béni, comme étranger, n'est seulement que pour une courte durée, après laquelle tu retourneras à Dieu et tu demeureras en Lui pour l'éternité. Saches donc que tu es étranger, et vis la vie de l'âme, en t'élevant au-dessus de la matière, du monde, et des œuvres de la chair.... Tu es un enfant de Dieu, tu es son image et sa ressemblance. Tu es, mon frère, l'image de Dieu. Ainsi dit l'Ecriiture dans l'histoire de la création: "Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. ...Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu." (Genèse 1: 26-27) Si tu es l'image et la ressemblance de Dieu, comment donc pèches-tu? Est-ce que si tu te souilles par le péché, tu demeures en possession de ton image divine! Non, naturellement, car il est impossible que quelqu'un te voit dans l'impureté et la décadence, et dise: "celui-là est l'image de Dieu.".... C'est pour cela que saint Athanase a décrété dans son livre intitulé: "L'Incarnation du Verbe" que l'homme se défigura et perdit son image divine quand il tomba. Puis vint le Christ Notre-Seigneur pour nous rendre notre image originale. Si tu savais, frère, que tu es l'image de Dieu, il serait impossible que tu pèches; et si tu savais que tu es un enfant de Dieu, tu ne pècherais pas non plus, car un fils doit ressembler à son père.... Combien facile est-il pour nous de nous enorgueillir disant vainement que nous sommes des enfants de Dieu, tandis que nos actions ne le démontrent pas....Comme les juifs qui s'enorgueillissaient vainement d'être les enfants d'Abraham, et le Seigneur confondit leur orgueil par sa parole: "Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham" (Jean 8:39). Si les enfants d'Abraham doivent faire les œuvres d'Abraham, comment doivent être les enfants de Dieu, qui sont à son image et à sa ressemblance? Est-ce que nous vivons comme enfants de Dieu pour que nous soyons appelés ses enfants? Combien facile pour nous de nous adresser à Dieu dans nos prières en disant: "Notre Père qui êtes aux cieux", tandis que nous ne nous conduisons pas comme enfants de ce Père céleste!! Souviens-toi toujours, mon frère, que tu es un enfant de Dieu, et marche dans la voie de la justice afin que tu mérites d'être appelé enfant de ce Juste, en gardant devant tes yeux la parole de l'Ecriture Sainte: "Si vous savez qu'il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui." (1 Jean 2:29) Donc si tu ne pratiques pas la justice, tu ne mérites pas d'être appelé un enfant de Dieu.... Je crains que l'expression "enfant de Dieu"ne soit une cause de blâme pour nous, ici-bas et au dernier jour.... Pour cela, l'apôtre saint Jean nous explique cette question en disant : " Petits enfants, que personne ne vous séduise. Celui qui pratique la justice est juste, comme lui-même est juste. Celui qui pèche est du diable, car le diable pèche dès le commencement" ( Jean 3: 7-8). C'est-à-dire que celui qui commet le péché est un enfant du diable, il est du diable et non pas de Dieu. Quelle horreur !! Puis l'apôtre enregistre pour nous une règle essentielle. Il dit: "Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher parce qu'il est né de Dieu." (1 Jean 3:9) Tu peux, frère, te mesurer toi-même à cette mesure, quand tu dis que tu es un enfant de Dieu. Ainsi l'apôtre termine ses paroles en disant: "C'est par là que se font connaître les enfants de Dieu et les enfants du diable ..." (1 Jean 3:10) Ton sentiment d'être un enfant de Dieu te rappelle la nature sublîme que Dieu a mise en toi, et que l'apôtre signifie en disant de quiconque qui est né de Dieu: "sa semence demeure en lui". C'est pourquoi il dit aussi: "celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas" (1 Jean 5:18). Chaque fois donc que tu pèches, tu dois t'humilier profondément, en sentant que tu es indigne du nom d'enfant de Dieu. C'est pourquoi la sainte Eglise fait dire au prieur chaque jour dans la "prière du coucher du soleil" au Seigneur: "J'ai péché contre vous et contre les cieux, et je ne suis pas digne d'être appelé votre enfant." Pourquoi donc je ne suis pas digne d'être appelé votre enfant?....parce que j'ai péché, tandis que quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché. Il est indispensable que nous comprenions bien la signification pratique de notre filialité à Dieu....que nous entrions dans les profondeurs de ce surnom. et que nous posions la question à chaque œuvre que nous faisons, à chaque parole que nous disons, et à chaque pensée que nous agréons.....est-ce que nous faisons, nous parlons, et nous pensons comme il convient aux enfants de Dieu? Notre fidélité à Dieu n'est pas simplement un surnom. Mais nous devons nous comporter en conformité avec ce que cette fidélité exige de ressemblance entre un fils et son père. "Dieu est esprit" (Jean 4:24). "et ce qui est né de l'esprit est esprit" (Jean 3:6). Si donc, mon frère, tu es un homme charnel, marchant selon le corps et non pas selon l'esprit, comment seras-tu un enfant de Dieu qui est Esprit?! et comment seras-tu né de l'Esprit? Quiconque vit dans le péché ne peut absolument pas dire qu'il est un enfant de Dieu. Il ne peut même pas prétendre qu'il connaît Dieu d'une simple connaissance.....et ceci l'apôtre nous le rend clair par son expression terrifiante dans laquelle il dit: "Quiconque pèche ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu" (Jean 3:6)....car "Celui qui dit : je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui" (1 Jean 2:4). Dans la vie du péché, est-ce que tu peux dire: "je connais Dieu ?" Non, car il répondra disant: "Va-t-en loin de moi, je ne te connais pas, et toi non plus, tu ne me connais pas..." Pour cela, mon frère, si tu te souviens que tu es un enfant de Dieu, tu dois donc marcher d'une manière digne de la vocation qui t'a été adressée (Ephèse 4:1). Marche comme lui, dans sa voie. "Celui qui dit qu'il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même" (Jean 2:6). Tu vis de la même manière dont le Christ a vécu sur la terre.....dans la plénitude de la sainteté, dans la plénitude de la pureté, dans la plénitude de la bénédiction....car il t'a aussi laissé un exemple afin que tu le suives" (Jean 13:15). Mais si tu vis dans le péché, sois certain au fond de ton cœur que tu ne mérites nullement ta filialité à Dieu, parce que ce n'est pas ainsi qu'est l'image des enfants de Dieu. Chaque fois que tu lui dis: "Notre père qui êtes aux cieux", ta conscience devrait te blâmer, tu devrais t'humilier intérieurement, et lui dire: "Si par votre condescendance et par votre amour, Seigneur, vous m'avez appelé votre enfant.....cependant , par mes actions, j'ai prouvé que je suis indigne d'être appelé votre enfant.....traitez-moi comme l'un de vos mercenaires....votre paternité de moi, autant qu'elle m'honore beaucoup, cependant elle m'écrase d'écrasement, et me fait ressentir la grande différence entre l'état où je suis, et l'état où je devrais étre....." Tu es la demeure de Dieu et le temple du Saint-Esprit . Mon frère, tu n'es pas seulement un enfant de Dieu, et un souffle sacré sorti de la bouche de Dieu, mais aussi tu es le temple de Dieu, et Dieu habite en toi. Ainsi nous dit l'apôtre: "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous? Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et c'est ce que vous êtes" (1 Corinthiens 3: 16-17). "Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l'a dit: "J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux (2 Corinthiens 6:16). Dès le commencement Dieu désire habiter en toi, il regarde ton cœur et dit: "C'est mon lieu de repos à toujours; j'y habiterai car je l'ai désiré" (Psaume 132:14). Tu lui dis: "Seigneur, vous avez les églises,vous avez les temples et les sanctuaires. Votre habitation est le ciel, et le ciel des cieux est votre trône"; et il te dit: Aucun de ceux-ci ne me plaît comme habiter dans ton cœur. "Mon fils, donne-moi ton cœur" (Proverbes 23:26) Tu es, frère béni, plus important chez Dieu qu'une église bâtie... Si l'une des églises est détruite, il sera très facile aux hommes de la reconstruire. On la rebâtit par une quête d'argent.....Mais si un être humain comme toi, est détruit, il est impossible de le rebátir sauf par le sang du Christ. Ni ange, ni archange, ni chef de pères, ni prophète, peut te rendre à ton grade primitif, rien à part le sang du Christ sans lequel il n'y a point de salut pour toi....Toi, mon frère, tu es plus important chez Dieu qu'une église bâtie. Tu es une église vivante, plus importante que les briques et les pierres; tu es le temple du Saint-Esprit. Dieu a permis que le temple de Solomon soit détruit, et qu'il n'en reste plus pierre qu'elle ne soit renversée..... Quant à toi, Dieu a envoyé les apôtres, les prophètes et les anges pour toi; il a désigné les pasteurs, les prêtres et les maîtres, et il a préparé tous les moyens de la grâce, et il a offert les mérites de la grande Rédemption "afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle." (Jean 3:16) Si donc tu es une maison de Dieu, et Dieu habite en toi, souviens-toi de la parole de la Bible: "La sainteté convient à ta maison" (Psaume 93:5). Saches que par le péché, tu souilles la maison de Dieu, qui est toi..... Souviens-toi donc de la parole de l'apôtre: "et vous-mêmes comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d'offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ." (1 Pierre 2:5) Le Seigneur Jésus-Christ cherche un endroit pour habiter, et cet endroit c'est toi. Quand le Seigneur disait de lui-même qu'il "n'a pas où reposer sa tête" (Luc 9:58), il ne voulait pas parler seulement des maisons matérielles, mais, encore plus, des cœurs des gens. Ton cœur est l'endroit où le Seigneur veut reposer sa tête... Vraiment son bonheur est "parmi les fils de l'homme" (Proverbes: 8:31). Il ne cesse pas de frapper à ta porte pour que tu lui ouvres....et dans son aspiration à ton cœur, il dit: "Si quelqu'un m'aime,il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui" (Jean 14:23). Ainsi le Père et le Fils viendront et habiteront dans ton cœur, toi qui es le temple du Saint-Esprit. De cette façon, ton cœur deviendra la demeure de la Sainte Trinité. Ici, le silence retient ma langue, par révérence pour ce cœur sacré et en son honneur......"Que ce lieu est redoutable! C'est ici la maison de Dieu , c'est ici la porte des cieux !" (Genèse 28:17).....Voici la merveilleuse demeure divine à laquelle Dieu vient de loin "sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines," (Cant. 2:8), appelant ton âme chère avec amour disant: "Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite." Car ma tête est couverte de rosée. Mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit" (Cant. 5:2). Jusqu'à quand, mon frère, attendras-tu sans ouvrir...?! Imagine-toi, mon frère: Dieu que ni tous les cieux, ni l'univers entier, ne peuvent contenir, Dieu dont David dit: "A l'Eternel la terre et ce qu'elle renferme, le monde et ceux qui l'habitent" (Psaume: 24:1), Dieu lui-même frappe à ta porte, et désire que tu sois sa demeure... Il veut vivre dans ton cœur, demeurer en toi, que tu vives dans son cœur, et que tu demeures en lui, et que tu deviennes une église consacrée à lui.... Je me rappelle avoir un jour envoyé une lettre à l'un des frères bénis dans laquelle je lui disais: "Salue l'Eglise sainte qui est dans ton cœur." Car je savais qu'il y avait dans son cœur une église de laquelle montait une odeur d'encens, de laquelle sortaient des chants et des hymnes, et dans laquelle s'élevaient des sacrifices spirituels....Le chantre n'a-t-il pas dit: "Que ma prière soit devant ta face comme l'encens, et l'élevation de mes mains comme l'offrande du soir " (Psaume 141:2) ? Si tu sais ceci, mon frère, que tu es un temple du Saint-Esprit, ne pèche donc pas, de crainte d'attrister l'Esprit de Dieu qui est en toi, et d'éteindre sa chaleur.... Plutôt , si le démon vient un jour te présenter un péché, dis-lui: "Eloigne-toi de moi, car je ne suis pas à toi... Je suis la maison de Dieu, la demeure de Dieu....je suis un endroit consacré au Seigneur..... Je suis celui à la porte duquel Dieu frappe pour que je lui ouvre... Je suis un temple du Saint-Esprit, je suis une église consacrée.... Je suis vers qui viennent le Père et le Fils et ils feront leur demeure chez moi... Je suis la demeure du Saint-Esprit. Suis-je une chose banale que le démon peut souiller ?! Non... Je suis un deuxième ciel...un trône sur lequel Dieu siège.... Toi, mon frère, tu n'es pas seulement tout ceci, mais encore: Tu es un frère du Christ, un partenaire du Christ, et un héritier avec lui. C'est une humilité merveilleuse de la part du Seigneur de nous appeler ses frères...Nous n'osons pas l'appeler de ce surnom, parce que nous ne sommes pas arrivés au niveau des serviteurs " inutiles, nous avons fait ce que nous devrions faire" (Luc 17:10). Mais vu qu'il nous a honorés, nous devons marcher d'une manière digne de la vocation qui nous a été adressée... C'est admirable de dire du Seigneur qu'il est "le premier-né entre plusieurs frères" (Romains 8-29).... Plusieurs frères, ô quelle merveille?!....Ce qui est encore extraordi-naire, c'est qu'il "n'a pas honte de les appeler frères" (Hébreux 2:11); et ce qui plus merveilleux que tout, c'est que l'on dise de lui: "il a dû étre rendu semblable en toutes choses à ses frères" (Hébreux 2:17).... et ainsi nous voyons le Christ Notre-Seigneur disant aux deux Marie: "allez dire à mes frères de se rendre en Galilée: c'est là qu'ils me verront" (Matthieu 28:10); et il répète la même expression à Marie-Madeleine: "va trouver mes frères, et dis-leur..." (Jean 20:17). Il n'a pas dit cette expression par rapport seulement aux apôtres,mais il l'a dite par rapport à tout le monde..... "Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère" (Matthieu 12:50). Il a aussi dit du bien que l'on fait aux pauvres et aux malheureux: "Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites. (Matthieu 25:40) Donc, mon frère, tu es un frère du Christ, et tu es un héritier avec lui....des promesses, et de la gloire future. S'il a été dit dans la parabole des mauvais vignerons, qu'il est l'héritier, (Matthieu 21:38), il a aussi été dit que "nous sommes aussi héritiers; héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ" (Romains 8:17). Connais donc, mon frère, ta valeur, qui tu es: tu es un frère du Christ, et tu es un héritier avec lui, et non seulement cela, mais aussi tu es son partenaire... "nous sommes en communion avec lui" (1 Jean 1:6). Il a participé avec nous "au sang et à la chair" (Hébreux 2:14). Nous sommes châtiés "afin que nous participions à sa saintetè" (Hébreux 12:10). Nous partici- pons avec lui à ses souffrances, afin que nous participions "dans la joie et dans l'allégresse lorsque sa gloire apparaîtra" (1Pierre 4:13). "Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts.... nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection" (Romains 6: 4-5). Nous vivrons notre vie, "ouvriers avec Dieu" (1Corinthiens 3:9). "nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui" (Romains 8:17). "nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur" (Thessaloniciens 4::17), et là où il est, nous serons aussi (Jean 17:24). Ta participation avec le Christ, tu la commences maintenent, mon frère, et elle continue avec toi pour l'éternité. Garde donc prudemment cette association sainte, car tu la perds par le péché. Tu ne peux pas demeurer en communion avec le Christ si tu marches dans le péché. Car en ce cas, l'Ecriture te réprimanderait disant: "quel rapport y a-t-il entre la justice et l'iniquité? ou qu'y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial?" (2Corinthiens 6: 14-15). Quand tu commets le péché, tu es comme celui qui dirait au Seigneur: "j'ai défait mon association avec vous. Je me suis cherché un autre partenaire. Je suis maintenant l'associé du diable, je ne suis plus votre partenaire...!" Considérez quelle gloire est la nôtre quand nous marchons dans la voie de Dieu, et quelle décadence, quelle chute, quelle descente quand nous nous éloignons de Lui. Comment donc est--il possible que tu commettes le péché, ô toi, associé au Christ, et son partenaire dans le travail, dans les souffrances et dams la gloire?! "Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ" (Galates 3:7); et si tu "vis, ce n'est plus toi qui vis, c'est Christ qui vit en toi (Galates 2:20). Tu n'es pas seulement partenaire du Christ, mais aussi: Tu es le partenaire du Saint-Esprit, associé à la nature divine. Dans la bénédiction que nous donne l'apôtre saint Paul, il dit: "la communication du Saint-Esprit" soit avec vous tous. (2 Corinthiens: 13:13). Nous recevons cette bénédiction de l'Eglise à la fin de chaque réunion, et au commencement de chaque messe aussi. Tu es le partenaire du Saint-Esprit, non dans l'essence, mais dans l'œuvre. Il œuvre en toi, avec toi, et par toi, pour le salut de ton âme, et le salut des gens, dans l'expansion du royaume de Dieu, et dans l'édification du corps du Christ. Tu ne travailles pas seul, sinon tu serais appuyé sur ton bras humain. "Si l'Eternel ne bâtit pas la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain" (Psaume 127:1). Le Saint-Esprit prend part avec toi dans l'œuvre.....Il n'œuvre pas seul, mais il t'associe avec Lui afin que tu reçoive une bénédiction....Tu es donc le partenaire du Saint-Esprit, le partenaire de la nature divine dans le travail. Le Saint-Esprit œuvre avec toi toujours pour le bien; et quand tu fais le mal ou le péché, tu œuvres seul, et tu rejettes l'association du Saint-Esprit. Cest pourquoi l'Ecriture Sainte dit de l'état du péché: "N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés." (Ephèse 4:30). Il dit aussi: "N'éteignez pas l'Esprit" (1 Thessaloniciens 5:19). Si l'être humain demeure dans l'état du péché, il pourrait être exposé à ce que le prophète David craignait quand il disait: "Ne me retire pas ton Esprit-Saint." (Psaume 51:13). Mon frère, combien est-il merveilleux qu'il soit dit de toi que tu es participant à la nature divine (2Pierre 1:4)....ou plutôt combien est-il merveilleux que le Seigneur nous reprenne en disant: "J'avais dit, vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut" (Psaume 82:6)... Cela ne signifie pas que nous sommes des dieux, de la nature de Dieu, mais en tant que nous sommes l'image et la ressemblance de Dieu. Ici le mot "dieux" a le sens de "seigneurs", comme dit le Seigneur à Moîse: "Je te fais Dieu pour Pharaon" (Exode 7:1). Non comme créateur , à Dieu ne plaise, mais comme le seigneur de Pharaon....Quelle grande situation! quel grand témoignage!.... Est-ce qu'après tout ceci tu pèches? Est-il correct qu'un dieu pèche?! et qu'il se débatte dans la saleté, dans la poussière, et dans l'impureté...! Lorsque tu pèches, est-ce que tu es le partenaire de la nature divine?! Non, mais plutôt tu es le partenaire du diable, car l'Ecriture dit: "Celui qui pèche est du diable, car le diable pèche dès le commencement...C'est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable" ( 1 Jean 3: 8,10). Quand nous péchons, nous oublions notre grande gloire, et nous perdons nos positions. C'est pourquoi, Dieu, après nous avoir dit, "vous êtes des dieux", il a complété en disant: "Cependant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme un prince quelconque" (Psaume 82:7). Qui est donc ce prince qui est tombé? C'est le diable qui était auparavant archange...! L'homme qui pèche ne connaît pas sa propre valeur. Pour cela il a été dit du pécheur qu'il est ignorant. Il est étonnant qu'il soit devenu ignorant après avoir mangé de l'arbre de la science. C'est parce qu'il a cherché la science loin de Dieu, ou bien il a cherché la connaissance qui le sépare de Dieu. Il ne sait plus, ni ce qu'il est, ni qui est Dieu, ni quelle est la relation entre Dieu et lui... Mon frère, connais-toi toi-même, qui tu es, alors tu ne pècheras plus... Tu es un membre dans le corps du Christ, de sa chair et de son sang. L'Eglise est le corps du Christ, et le Christ est la tête de l'Eglise. Nous, l'ensemble des fidèles, nous sommes l'Eglise. Nous sommes donc le corps du Christ. (Ephèse 4:11) . Nous sommes plutôt les membres de son corps, de sa chair et de son sang, comme dit l'apôtre (Ephèse 5:30). Chacun de tes membres est un membre du Christ. Pour cela, dans la parole de l'apôtre au sujet de la fornication, il dit: "Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ? Prendrai-je donc les membres du Christ pour en faire les membres d'une prosti-tuée? Loin de là...." (1 Corinthiens 6: 15-16). Comment donc péchons-nous, étant le corps du Christ ?! Comment péchons-nous contre le Seigneur qui nous considère totalement comme sa propre personne, tout ce qui nous touche le touche?! Quand il a repris Saul de Tarse, il ne lui a pas dit: pourquoi persécutes-tu les croyants? mais il lui a dit: pourquoi me persécutes-tu? (Actes 9:4) parce qu'il nous considère comme sa propre personne. Quand il exprimera le bonheur des miséricordieux au dernier jour, il ne leur dira pas: "vous avez donné à manger à ceux qui avaient faim, et vous avez donné à boire à ceux qui avaient soif," mais il leur dira: "j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire" (Matthieu 25:35). Notre Dieu affectueux, qui nous considère totalement comme sa personne, comment est-il possible que nous péchions contre lui, et que nous blessions son bon cœur sensible ?! La personne qui pèche se retranche du corps du Christ, car le corps du Christ est entièrement saint. Notre qualité de membres dans le corps du Christ est claire dans sa parole: "Je suis le cep, vous êtes les sarments." (Jean 15:5) La sève de la vigne qui monte et se répand dans les sarments leur done la vie. Chaque sarment dans la vigne possède l'image de la vigne et porte les fruits de la vigne; il a la nature de la vigne car il est l'image à petite échelle de la vigne même, lui et la vigne sont une même chose. Es-tu donc un sarment véritable dans cette vigne divine? Est-ce que tu produis du fruit digne d'un sarment vivant? Les sarments de la vigne sont supposés produire des fruits semblables; ils produisent du raisin qui réjouirait le Seigneur, et dont il boirait de nouveau dans le royaume du Père (Matthieu 26:29). Qu'est-ce que tu penses qu'il signifiait quand il disait à la femme samaritaine: "Donne-moi à boire" (Jean 4:7) ? Penses tu qu'il voulait d'elle de l'eau? ou bien qu'il voulait la boire elle? Il avait soif de son âme pour la joindre à son royaume. Il voulait boire du fruit de la vigne, du jus qu'il avait versé dans le cœur de cette femme. Est-ce que cette sève se répand en toi, frère béni? Est-ce que sa sève coule dans tes veines, et te rends productif de feuilles et de fruits? Est-ce que tu produis des raisins ou des ronces? Si tu produis des ronces, tu n'es donc pas membre dans la vigne, et sûrement la sève qui se répand en toi n'est pas la sève de la vigne...Saches donc que le sarment qui ne produit pas de fruit est inutile, ne sert à rien, et il est retranché et jeté au feu. (Jean 15:6). S'il est retranché, il n'est plus membre dans la vigne...Il est fini..! L'être humain qui marche dans le péché est un sarment obstiné, il a refusé la sève de la vigne, il a refusé que son jus coule dams ses veines, et ainsi, il s'est desséché et il est tombé, ou bien il a été retranché et jeté au feu. Tandis que le juste au contraire, ouvre bien ses veines pour que le jus de la vigne y entre, et qu'ainsi il produit du fruit, et le Seigneur "l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit"...(Jean 15:2) Quel est, Seigneur, le fruit de la vigne que vous voulez boire de nous? C'est votre fruit, je veux me nourrir de vos fruits, du "fruit de l'Esprit" en vous (Galates 5:22). Ce fruit est l'œuvre de Dieu en vous. C'est le résultat de l'expansion de mon jus dans vos veines. C'est pourquoi, si vous vous souvenez constamment que vous êtes des sarments dans ma vigne, des membres dans mon corps, non seulement vous ne pécherez pas, mais encore plus, vous produirez du fruit; et je me réjouirai de votre fruit. As-tu appris ta grande valeur, mon frère? Tu n'es pas seulement un membre du corps du Christ, mais aussi: Tu es celui qui reçoit la communion du corps et du sang du Seigneur Tu manges le corps du Christ, et tu bois son sang, et ainsi tu demeures en lui, et le sang pur du Christ Saint coule dans tes veines. Que tu es sublime...que tu es pur !... Une certaine personne écrivit dans son memorandum après avoir communié: Cette bouche sanctifiée qui a reçu le corps et le sang du Seigneur: aucune parole superflue n'en sortira, aucun morceau de pain superflu n'y entrera... Souviens-toi constamment, mon frère, que ta bouche reçoit la communion du corps et du sang du Seigneur, alors il serait impossible qu'il en sorte une insulte, ou une chanson mondaine, ou une fausse rigolade, ou un mensonge, ou un serment, ou de la colère, ou le reste des péchés de la langue. Souviens-toi aussi que le corps du Christ vient dans ce corps que tu as, alors tu craindras de souiller ce corps, ou d'en faire un outil pour le péché. Frère béni, ne t'oublie pas toi-même, souviens-toi de ce que tu es, et de ce qui te convient, et ainsi tu ne pècheras pas. Un saint disait: "Tout péché est précédé ou bien par la négligence, ou bien par le désir, ou bien par l'oubli...." De fait,le péché est précédé par l'oubli.... Nous oublions que nous sommes l'image de Dieu, que nous sommes sa ressemblance, que nous sommes ses enfants, que nous sommes la demeure de Dieu et des temples du Saint-Esprit. Nous oublions que nous sommes les frères du Christ, les partenaires du Saint-Esprit et les partenaires de la nature divine. Nous oublions que nous sommes des membres dans le corps du Christ, et que nous recevons la communion de son corps et de son sang. C'est pourquoi nous pèchons....et si nous nous souvenons de notre réalité, nous ne pècherons plus. Dans l'état du péché, tu aurais oublié toutes ces gloires que tu possèdes, ou bien tu aurais cessé de posséder ces gloires....et tu aurais été perdu... CHAPITRE 2 Afin que l'être humain se repente, il ne lui suffit pas de savoir qui il est, mais il faut qu'il sache aussi ce qu'est le péché..... quelle est sa nature fautive, sa punition, ses conséquences, ses dégâts.... C'est pourquoi nous te disons: SI TU SAVAIS CE QU'EST LE PECHE, TU T'ENFUIRAIS DU PECHE. Le péché est une mort. C'est vrai que "le salaire du péché, c'est la mort" (Romains 6:23), "et le péché, étant consommé, produit la mort" (Jacques 1:15). Mais en plus de ce que la punition du péché est la mort, nous disons que le péché lui-même est un état de mort, une mort morale et spirituelle. Les témoignages de ceci sont nombreux: Dans la parabole de l'enfant prodigue, le père dit: car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé" (Luc 15:24). Il le décrit dans l'état du péché ainsi: "il était mort". Il n'est devenu vivant qu'après son retour... L'apôtre saint Paul dit de la veuve qui vit dans les plaisirs qu'elle est morte quoique vivante" (1 Timothée 5:6). Comme il dit de nous tous: "Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés" (Ephèse 2:1). Quand l'ange (le pasteur) de l'église de Sardes avait péché, le Seigneur lui envoya une missive par la bouche de saint Jean, l'auteur de l'Apocalypse lui disant: "Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort" (Apoc. 3:1). L'être humain qui pèche est une personne morte, parce qu'elle s'est retranchée de la véritable vie en se séparant de Dieu, car Dieu est la vie. Le Christ Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit: "Je suis la résurrection et la vie? (Jean 11:25), "Je suis le chemin, la vérité et la vie" (Jean 14:6). Vraiment "En elle (la Parole) était la vie, et la vie était la lumière des hommes" (Jean 1"":4). Celui qui se sépare du Christ par le péché se sépare de la vie, et il est considéré comme mort quoiqu'il respire. Cest pourquoi saint Augustin était véridique quand il disait: "La mort du corps, c'est la séparation de l'âme du corps, et la mort de l'âme, c'est la séparation de Dieu de l'âme." Le pécheur est donc un homme mort, même s'il pense qu'il est vivant et qu'il jouit de la vie! Les pécheurs ne comprennent pas sainement la vie. Ils pensent qu'elle est simplement la jouissance du monde et de ses plaisirs. Ainsi, si tu t'entretiens de la pénitence avec l'un de ces pécheurs; il te répond en disant: "Laisse-moi jouir de la vie." Il pense que cette jouissance corporelle est une vie, tandis qu'elle est une mort! Comme il a été dit de la veuve qui vivait dans les plaisirs, qu'elle était morte quoique vivante. Si le péché est une mort, ne devrions-nous pas nous demander: Est-ce que nous sommes vraiment vivants?! Quel est donc le nombre des années de notre vie sur terre? Probablement nous répondrons par la même réponse que celle de notre père Jacob, quand il dit à Pharaon: "Les jours des années de mon pélerinage... ont eté peu nombreux et mauvais, et ils n'ont point atteint les jours des annéés de la vie de mes pères" (Genèse 47:9). Notre vie se mesure seulement par les jours que nous avons passés avec le Seigneur, en demeurant dans son amour. Quant aux périodes de péché dans notre vie, elles sont des périodes de mort. Ne dis donc pas: "J'ai quarante ans." Peut-être que toute ta vie ne dépasse pas dix années avec Dieu. Mon frère, demande-toi: "Suis-je vivant ou mort?" Je crains fort que l'expression du Seigneur qu'il a adressée à l'ange de Sardes ne s'pplique à l'un de nous: Tu passes pour être vivant, et tu es mort!" (Apocalypse 3:1) Supposez qu'un ange descende maintenant pour compter les vivants qui existent dans l'Eglise, qui de nous trouvera-t-il vivant, et qui de nous trouvera-t-il mort? Quelle honte, quand nous connaîtrons notre réalité, est-ce que vraiment nous sommes vivants, ou bien nous sommes morts par le péché?! Chacun de nous se jugera lui-même par ceci: Chaque jour fructueux et raffermi dans le Seigneur, est un jour vivant; et chaque jour qui s'est passé dans le péché, est un jour mort. Ainsi tu peux connaître ton âge et le nombre de tes années... Ne permets donc pas, mon frère, qu'un jour de ta vie soit perdu, qu'il meure et qu'il soit enseveli pour l'éternité. Car il est impossible aux jours qui passent de retourner. Quant aux jours vivants, ils sont éternels... il y a des moments dans la vie de l'homme qui ont beaucoup d'effets, une minute vaut des années, ou bien peut-être qu'elle vaudrait des générations....Pour cela, vis ta vie complètement, une vie grasse, riche, fructueuse.... Imagine-toi une heure dans la vie de l'apôtre saint Paul. Elle a sans doute sa valeur et sa force. Cette heure pourrait être plus longue que la vie entière d'une autre personne. Mon frère, ne te vante pas vainement. et ne dis pas faussement: "Je suis un enfant de Dieu, je suis son image et sa ressemblance, je suis un temple du Saint-Esprit, je suis le partenaire de la nature divine, je suis un membre du corps du Christ..." Non, si tu es un pécheur, tu es mort, et tu n'es rien de tout ceci... Tu dis à Dieu: "Je suis votre enfant." Il te dit: "Va-t-en loin de moi, je ne te connais pas..." Le péché est une mort...il est aussi un égarement, une perdition et un détournement. Le péché est un égarement et une perdition Dans le chapitre 15 de l'évangile de saint Luc l'évangéliste, il y a trois paraboles qui nous expliquent comment le péché est un égarement, une perdition et un détournement: la parabole de l'enfant prodigue, la parabole de la brebis égarée, et la parabole de la drachme perdue. L'enfant prodigue s'est égaré intentionnellement, avec connaissance et dessein, par suite des désirs de son cœur. La brebis égarée s'est égarée par stupidité, ignorance et manque d'expérience. La drachme perdue a été égarée par autrui; ou bien elle est tombée puis elle est restée tombée sans mouvement. Il serait regrettable que Dieu regarde dans son sac et ne te trouve pas... Il serait regrettable que Dieu compte ses drachmes et que tu ne sois pas parmi elles....que Dieu continue à chercher dans son sac, et partout où tu es tombé, et ne te trouve pas...et qu'enfin il déclarerait la pénible réalité: "J'avais une drachme, mais elle a été perdue, elle a disparu et elle n'existe plus..." Je crains, lorsque Dieu comptera son peuple, que des noms ne soient pas inscrits dans le livre de la vie parce que le péché les aurait égarés. Sais-tu, mon frère, que lorsque tu marches dans la voie du péché, tu te perds, et que tu n'es plus dans la main de Dieu...!? Oui, le péché est une perdition, un égarement et un détournement. Le pécheur est un homme égaré, qu'il le soit par sa volonté, ou par son ignorance, ou bien qu'un autre l'ait détourné. Quand l'enfant prodigue sortit de la maison de son père, il pensait qu'il s'était trouvé lui-même, qu'il avait trouvé sa liberté, et qu'il avait |