Vie de Pénitance et de Pureté Tome II SECTION IV LES SIGNES DE LA PENITENCE DES FRUITS CONVENABLES A LA PENITENCE: 1. La confession de l'erreur 2. La honte et la confusion 3. Le regret, la douleur, et les larmes 4. La contrition et l'humilité 5. La réparation des résultats de l'erreur 6. La compassion pour les pécheurs 7. D'autres sentiments 8. La chaleur spirituelle 9. La marche dans la voie de la vertu 10. La pureté DES FRUITS CONVENABLES A LA PENITENCE Saint Jean-Baptiste qui proclamait disant: "Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche", disait aussi: "Produisez donc du fruit digne de la repentance" (Matt. 3:8). "Produisez donc des fruits dignes de la repentance" (Luc 3:8). C'est ce que fit aussi l'apôtre saint Paul qui prêchait à tous ceux qui étaient dans la région de la Judée, et puis aux païens "la repentance et la conversion à Dieu, avec la pratique d'œuvres dignes de la repentance" (Actes 26:20). La pénitence donc, n'est pas simplement une action cordiale, mais il y a des actes et des fruits qui sont dignes d'elle, et qui la signalent. Comme dit l'Ecriture: "Vous les reconnaîtrez à leurs fruits" (Matt. 7: 16, 20). Quels sont donc ces fruits qui montrent que l'homme est repentant? Nous aimerions les traiter un à un dans ces pages, afin que tout homme s'éprouve par eux: est-ce qu'il est pénitent ou non? Et afin qu'il sache, par eux, combien sa pénitence est véridique...... 1 . La confession de l'erreur. D'après une conférence en date du 24 Février 1968 et d'autres conférences. La confession de l'erreur comprend quatre point importants; ce sont: (a) La confession de l'erreur, à Dieu dans la prière. Car le péché est foncièrement dirigé vers Dieu, comme le prophète David confessa dans le psaume 51, disant au Seigneur: "J'ai péché contre toi seul" (Ps. 51:6); et comme la confession du prophète Daniel: "Nous avons péché, nous avons commis l'iniquité, nous avons été méchants et rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances" (Dan. 9:5); et comme la confession de Néhémie disant: "......moi et la maison de mon père, nous avons péché. Nous t'avons offensé, et nous n'avons pas observé les commandements, les lois, et les ordonnances que tu prescrivis à Moïse, ton serviteur" (Néh. 1: 6-7). De même aussi, le scribe Esdras confessa. Tu as péché contre Dieu, contre son cœur compatissant, et contre sa grandeur. Tu as péché contre le cœur aimant et compatissant qui t'a soigné, guidé, aimé, et abrité. Tu t'es éloigné de son amour, et tu as souillé son temple sacré que tu es. Tu as aimé le monde plus que lui.....Tu as méprisé sa grandeur et tu as désobéi à ses commandements. C'est pourquoi Nathan dit à David: "Pourquoi donc as-tu méprisé la parole de l'Eternel, en faisant ce qui est mal à ses yeux?" (2 Sam. 12:9). C'est étonnant: Ils ont honte du père confesseur, et ils n'ont pas honte de Dieu! De la même façon, l'homme a honte de commettre le péché devant les gens, et n'a pas honte de le commettre devant Dieu! David eut honte parce qu'il n'avait pas eu honte de commettre le péché devant Dieu, et c'est pourquoi il dit: "J'ai péché contre toi seul, et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux" (Ps. 51:6). De même Daniel dit: "nous avons commis l'iniquité"..... Et pourtant Dieu nous a renvoyés vers celui-là duquel nous aurons honte. (b) La confession au père prêtre, en sa qualité d'intendant de Dieu, ou son serviteur; et non pas en sa qualité personnelle. Celui-là qui se confesse au prêtre, se confesse à Dieu pendant que le prêtre entend. Ceci nous rappelle la parole de Josué, fils de Nun, à Acan, fils de Carmi: "Dis-moi donc ce que tu as fait, ne me le cache point" (Josué 7:19). La confession au prêtre est connue dans les deux testaments: l'ancien et le nouveau. Tous ceux qui se présentèrent au baptême du prêtre Jean-Baptiste "confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain" (Matt. 3:6). Dans l'ancien testament: selon la loi, le pécheur "fera l'aveu de son péché. Puis il offrira un sacrifice de culpabilité à l'Eternel.." (Lév. 5: 5-6). Dans le nouveau testament: "Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce qu'ils avaient fait" (Actes19:18). Le pécheur se confesse au prêtre, afin d'obtenir l'absolution, et la permission de communier. La honte dans la confession, devant le père prêtre, est utile; elle aide à ne pas retourner au péché; car la crainte de la honte de la confession fait qu'il ne commettrait pas le péché une autre fois.....jusqu'à ce qu'il s'élèverait spirituellement, et alors il s'habituerait à avoir honte de Dieu qui le voit et l'entend pendant son péché. De même, la communion accompagnée de la honte de la confession, nous rappelle le manger de l'agneau pascal avec des herbes amères (Ex. 12:8). La confession doit être mêlée de repentance; et elle a été appelée le mystère de la pénitence. Ce n'est pas une liquidation d'un ancien compte, afin de commencer à ouvrir un nouveau compte! Mais c'est une pénitence, et la confession est l'un des signes de la pénitence. La confession consiste à se découvrir et se condamner. C'est pourquoi elle nécessite l'humilité et la contrition, et aussi la crainte; et pour cela il n'est pas permis qu'elle soit simplement des histoires que raconte au prêtre celui qui se confesse. De même, il ne lui est pas permis de se justifier, ou de se défendre, ou d'imputer à d'autres la responsabilité de ses fautes, ou de transformer la confession en une plainte..! Dans tout cela, la confession serait sortie de sa signification comme indice de la pénitence, et comme faisant partie des éléments de la pénitence... Nous avons parlé de la confession à Dieu, et au père prêtre. Nous passerons au troisième genre. (c) La confession à celui-là envers lequel tu as été fautif. Cela afin de satisfaire son cœur envers toi, et de te réconcilier à lui; ainsi pratiquant la parole du Seigneur: "laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère" (Matt. 5;24). Et ainsi tu lui dis: "J'ai péché contre toi en ceci et en cela...pardonne-moi." Et il te pardonne ainsi pratiquant la parole de l'Ecriture: "Et s'il a péché contre toi sept fois dans un jour, et que sept fois il revienne à toi disant: "Je me repens", tu lui pardonneras" (Luc. 17:4). Il reste le quatrième genre de confession, c'est: (d) ta confession en toi-même que tu as été fautif. Voilà la source de toutes les trois confessions que nous avons mentionnées, et elle les précède dans le temps. Car si tu ne reconnais pas en toi-même que tu avais péché, de quoi donc te confesserais-tu à Dieu, ou au père prêtre? Et comment te confesserais-tu à celui-là envers lequel tu avais été fautif, si tu ne ressentais pas que tu avais été fautif en quoique ce soit?....... Il est nécessaire donc, que tu te demandes compte à toi-même, et que tu ressentes dans tes profondeurs, avec une conviction complète que tu avais péché. Car sans cela, il n'y aurait pas de pénitence, et il n'y aurait pas de confession. Saint Macaire le Grand a dit: "Condamne-toi toi-même avant que l'on ne te condamne." Le père des moines de Nitrie dit au saint pape Théophile: "Croyez-moi, mon père, il n'y a rien de plus magnifique pour l'homme que de se blâmer soi-même en toute chose." Il est nécessaire, donc, d'abord que tu te condamnes toi-même à l'intérieur de ton cœur. Et cela te poussera à te condamner devant Dieu, et à te condamner devant le père prêtre. Celui qui ne se condamne pas, ne peut pas faire pénitence. Le publicain s'est condamné lui-même. Il s'est jugé pécheur. C'est pourquoi il a pu se tenir respectueusement debout dans le temple, présenter une pénitence, demander le pardon, et sortir justifié (Luc18:13). Tandis que le pharisien qui ne se condamnait en rien, ne trouvait dans sa vie aucune faute pour laquelle il présenterait une pénitence, ou demanderait pardon!! Celui qui se sent être complètement sain, est-il logique qu'il aille chez le docteur, ou qu'il demande la guérison? De même, du côté spirituel: personne ne demande la pénitence, sauf celui qui confesse ses fautes. Quand David ne ressentait pas son péché, il ne présentait pas de pénitence. David avait péché. Il ne pensait absolument pas à ce qu'il avait fait quand il était au centre du tourbillon du péché. C'est pourquoi il ne présentait ni regret, ni pénitence. Il fallut que Dieu lui envoyât le prophète Nathan qui lui découvrit le poids et l'horreur de son péché. C'est alors que David confessa qu'il avait péché (2 Sam. 12:13). C'est seulement à partir de ce moment que l'histoire de sa pénitence commença. Job aussi, savait qu'il était combattu par la justice personnelle. C'est pourquoi il entra dans une longue discussion avec ses trois amis. Encore plus, ses plaintes de Dieu lui-même, devinrent nombreuses, et il dit: "......Sachant bien que je ne suis pas coupable, Et que nul ne peut me délivrer de ta main?" (Job 10::7). "Il sait néanmoins quelle voie j'ai suivie; Et s'il m'éprouvait, je sortirais comme de l'or" (Job 23:10). C'est ainsi que Job était juste à ses propres yeux, et il fallut que Dieu lui envoyât Elihu, fils de Barakeel de Buz, pour lui découvrir son âme; et encore plus, que Dieu lui parlât et lui expliquât......jusqu'à ce que Job arriva finalement à la contrition de l'âme, et dit au Seigneur: "Voici, je suis trop peu de chose; que te répliquerai-je? Je mets la main sur la bouche" (Job 39:37). Deux choses empêchent le plus la confession et la pénitence . Ce sont: les excuses et la justice personnelle. Comme lorsque l'homme s'excuse par sa faiblesse, ou par la faiblesse de la nature humaine en général, ou par la force des guerres extérieures, ou parce qu'il a commis le péché par ignorance ou par oubli; ou qu'il a été la victime d'un autre, ou qu'il rejette la responsabilité sur autrui. Alors il accuse l'Eglise de ce qu'elle ne le guide pas, ou il accuse son père confesseur de ce qu'il ne s'occupe pas de lui, ou il reprend Dieu même parce qu'il n'a pas envoyé du secours.... Tandis que le véritable pénitant n'accuse que lui-même, en portant lui-même la honte de son péché. Il se tient debout devant Dieu, comme un coupable qui ne se justifie pas; comme ce qui arriva au larron de droite qui se confessa en disant: Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes" (Luc 23:41). Les excuses cherchent à couvrir le péché, ou à alléger son poids. Mais la justice personnelle est plus dangereuse, car elle nie l'existence du péché. Elle est plus dangereuse que les excuses qui reconnaissent l'existence du péché, mais qui essayent de s'échapper de leur responsabilité, ou de la diminuer. Tandis que la justice personnelle ne voit rien qui soit erronné qui soit arrivé de sa part. C'est pourquoi le Seigneur blâma les pharisiens, "certaines personnes se persuadant qu'elles étaient justes" (Luc 18:9), et il dit: "Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs" (Matt. 9:13). En vérité, ceux-là qui se voient justes, et dont les âmes sont belles à leurs yeux....peut-être que s'applique à eux la parole de l'Ecriture: "Il y a tel juste qui périt dans sa justice" (Eccl. 7:15). Ceux-là sont complètement loin de la pénitence. Si vous les confrontiez avec leurs fautes, ils discuteraient beaucoup, et ne se confesseraient pas. Le ciel n'aura pas de joie pour quatre-vingt dix-neuf de pareils justes, qui voient qu'ils "n'ont pas besoin de repentance" (Luc. 15:7). Mais le ciel se réjouira du pécheur contrit dans sa pénitence, confessant ses péchés. Les péchés dont il se confesse sont ceux dont il se repent et demande le pardon. Nous regrettons seulement les péchés que nous connaissons et dont nous nous confessons. Nous aurons aussi besoin de regretter les péchés que nous connaîtrons sur notre passé, quand Dieu nous les découvrira plus tard, ou ceux qui nous seront découverts à travers les lectures spirituelles et les sermons que nous entendrons, et les paroles des conducteurs et des pères. Alors nous commencerons à nous en repentir; et ainsi nous nous développerons dans notre pénitence, et nous grandirons dans notre confession de nos fautes. Nos mesures spirituelles deviendront plus sensibles, et nos balances deviendront plus exactes. Nous ne connaîtrons seulement pas nos fautes, mais nous sentirons encore plus, le poids et l'horreur de ces péchés. Quand le prophète David connut la profondeur de son péché, il devint profond dans sa pénitence, profond dans la contrition du cœur et dans son humilité devant Dieu....C'est pourquoi nous devons nous approfondir dans la compréhension spirituelle afin de connaître complètement notre situation. Peut-être que plus tard nous pleurerions à cause de nos vertus dont nous nous glorifions à présent. Nous pleurerions à cause de leur petitesse et de leur insignifiance et de la faiblesse de leur niveau, à mesure que les horizons spirituels et la vision spirituelle s'élargissent devant nous....et nous pleurerions aussi , à cause de notre glorification de nous-mêmes de nos vertus.. L'important c'est d'avoir la véritable connaissance, soit de nos fautes ou de nos défauts. Par la confession, l'être humain mérite le pardon. C'est selon la parole de l'apôtre saint Jean: "Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité" (1 Jean 1: 8-9). La confession n'est pas simplement de dire: "j'ai péché." Acan, fils de Carmi, dit cette parole après que l'occasion avait passé (Josué 7:20); car il était resté loin de la confession tout le temps, jusqu'à ce que Dieu le désigna par son nom. Alors il fut obligé de se confesser. Et il n'obtint pas de pardon, mais toute l'assemblée le lapida. Judas l'Iscariote dit: "J'ai péché" (Matt. 27:4), et il mourut perdu. Pharaon, par politique et non pas par repentir, dit : "J'ai péché" (Ex.9:27). Il le répéta une autre fois et dit à Moïse et Aaron: "J'ai péché contre l'Eternel, votre Dieu et contre vous. Mais pardonne mon péché pour cette fois seulement" (Ex. 10:16). Pourtant, Pharaon périt, parce que son cœur n'était pas pénitent... La confession que nous entendons, c'est celle qui a sa source dans la repentance. C'est l'un des signes et l'un des éléments de la pénitence. Tandis que la confession sans repentance ne sert à rien. Donc, tant que nous sommes dans le corps, et tant qu'il reste devant nous une occaion de faire pénitence, avant que la porte ne soit fermée, examinons-nous donc nous-mêmes, rendons-nous compte de nos péchés, confessons-les, en présentant une pénitence....et ainsi le péché sera couvert par le sang du Christ, et nous obtiendrons l'absolution de nos péchés. De même, par la voie de la direction spirituelle, nous obtiendrons une solution en vue de la marche dans le droit chemin. La confession mêlée à la pénitence comprend l'abandon et le regret du péché. Parmi les signes de la pénitence, il y aussi: 2 . La honte et la confusion. Voir notre livre "le Réveil Spirituel", où il y a un chapître sur "la honte et la confusion", comme étant parmi les sentiments qui accompagnent le réveil spirituel. (pages 65à 74) La honte et la confusion accompagnent la pénitence lorsque le pécheur ressent l'horreur du péché. C'est comme s'il se disait: "Comment ai-je pu tomber jusqu'à ce niveau? Où était ma raison? Où était ma conscience? Quand j'ai fait cela......comment ai-je faibli? Comment me suis-je rendu? Comment ai-je oublié mon image divine et ma situation spirituelle? Il a honte de son péché qui se tient constamment devant lui (Ps. 51). L'image du péché le poursuit comme si elle était un fouet de feu qui enflamme sa conscience, et alors il se sent honteux de lui-même. Il pourrait cacher son visage, et mettre les mains sur les yeux, comme s'il ne voulait pas voir. Devant lui-même, il est comme un homme qui a été saisi durant l'acte. Il ne peut pas lever sa face vers Dieu à cause de la violence de la honte. Comme le publicain dont il a été dit: "Le publicain, se tenant à distance, n'osait pas même lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine" en demandant la miséricorde (Luc 18:13). Et comme l'enfant prodigue, qui, à cause de sa honte extrême, dit à son père: "je ne suis pas digne d'être appelé ton fils" (Luc 15:19). Chaque fois qu'il se rappelle de son péché, il dit avec le chantre dans le psaume: "Ma honte est toujours devant moi......Et la confusion couvre mon visage" (Ps. 44:16). C'est comme s'il disait avec le prophète Daniel: "A toi, Seigneur, est la justice, et à nous la confusion de face" (Dan. 9:7). Il est confus à cause de la honte et du scandale du péché. Il est confus de la souillure et de l'impureté du péché. Il a honte de sa défaite en face du péché, comme s'il était un soldat qui aurait cédé son arme à l'ennemi et qui aurait été pris en captivité...... Il est confus à cause de l'amour de Dieu pour lui, et à cause de la sainteté de Dieu. Il est honteux chaque fois qu'il compare son traitement de Dieu avec le traitement par lequel Dieu le traite; et comment il rencontre l'amour de Dieu par l'abnégation, le reniement, et aussi la trahison; comment Dieu le voyait dans ses chutes; Dieu qui est complètement saint et parfait....Il est confus de la patience de Dieu envers lui; et comment Dieu avait patienté jusqu'à ce qu'il se soit repenti. Il est honteux des âmes des saints et des anges, qui le voyaient dans sa chute, qui s'étonnaient, et qui priaient pour lui afin qu'il se relève.....Il est plutôt honteux aussi des âmes de ses parents et de ses amis défunts; comment ils avaient dû s'étonner quand ils avaient vu que son état était ainsi.....! comment les envisagerait-il plus tard? Plutôt il est honteux de ses ennemis qui se réjouiraient de lui s'ils connaissaient ses chutes. Il est honteux de tous ceux-là. Plutôt il est honteux aussi de l'Eglise et de sa sainteté, il est honteux du sanctuaire et de l'autel, il est honteux de se présenter à la communion. Il est honteux de ses prières qui comportent des expressions sur l'amour de Dieu , et sur l'attachement à Lui. C'est lui-même qui s'est détaché de cet amour. Il est honteux de ses promesses qu'il avait auparavant faites à Dieu. Comment a-t-il manqué à toutes ses promesses, même celles dans lesquelles il avait parlé très sérieusement à Dieu; et peut-être que cela avait été devant l'autel, ou bien en mettant la main sur l'Evangile, ou bien dans des occasions spirituelles. Il est honteux aussi dans ses confessions, chaque fois qu'il se souvient de l'horreur de ses péchés. Son âme devient petite à ses yeux. Il ressent du mépris pour cette âme dans son état de chute et de faiblesse. C'est comme s'il voulait oublier tout son passé, et qu'il avait honte de sa relation avec ce passé.... Pourtant la honte du péché est un signe de santé. Elle montre que l'homme refuse le péché, et en est dégoûté. Ceci est un signe de la pureté du cœur, et diffère de l'état de chute dans lequel il était quand il acceptait le péché, ou bien quand il en était satisfait, ou il en jouissait. Si cette honte du péché demeurait avec lui, elle l'aiderait à ne pas tomber à l'avenir. Il y a certaines catégories de personnes qui essayent de fuir de la honte et de la confusion, par des actions erronnées qui les poussent à persévérer dans le péché; car le démon pourrait exploiter leur honte de leurs péchés précédents, pour les pousser à changer le milieu religieux dans lequel ils vivent, et qui les confond par sa pureté qu'ils comparent avec leurs chutes. Ou bien le démon pourrait les inviter à changer le père confesseur parce qu'ils ont honte de mentionner leurs péchés devant lui; ou les inviter à abandonner complètement la confession; ou à abandonner l'Eglise et la vie de religion. Ou bien, ils fuient de leur honte en se plongeant dans une vie de distractions, d'amusements, et de rire. Tous ces comportements désespérés sont contraires à la vie de pénitence. C'est pourquoi nous béatifions les pénitents qui ressentent de la honte de leurs péchés. Cette honte est accompagnée aussi de regrets, de larmes, et de remords de la conscience. 3 . Le regret, la douleur, et les larmes. La conférence sur "les larmes" est ancienne, elle remonte à 1964. Une autre conférence a été ajoutée. Elle est intitulée: "Il porte son opprobre". Elle avait été donnée à la "Grande Cathédrale", le 7 Avril 1974. La douleur à cause du péché, est un des signes de la véritable pénitence. Le prophète David en avait dit dans le sixième psaume: "car mes os sont tremblants. Mon âme est toute troublée" (Ps. 6). Il est vrai que Notre-Seigneur Jésus-Christ a souffert à cause de nos péchés, mais nous devons entrer avec lui en "communion de ses souffrances" (Phil. 3:10). La douleur du pénitent à cause du péché, est en équilibre avec sa jouissance précédente du péché. Ce plaisir qu'il avait précédemment obtenu, il le rend au quadruple dans la pénitence, en supportant les souffrances des remords et du blâme de la conscience. Il souffre littéralement l'expression "les pleurs et les grincements de dents", dans un enfer qu'il traverse sur terre, comme l'offrande qui passe par le feu pour satisfaire le cœur de Dieu (Lév. 1). Il pourrait se blâmer très sévèrement, se châtier, et se punir avec violence. Encore plus, il pourrait demander à son père confesseur des punitions spirituelles, afin que sa conscience soit reposée tant soit peu. Il proclame son objection à ses péchés, par des châtiments. Celui qui se repent "en portant son opprobre", accepte deux genres de châtiments. Le premier genre est celui des châtiments qu'il s'inflige à lui-même, soit par un blâme amer, soit par la privation de choses qu'il aime, afin de rejeter ce monde qu'il avait auparavant aimé. Le second genre comporte tous les châiments qui lui parviennent de l'extérieur, soit de Dieu ou des gens. Il accepte tous ces châtiments avec satisfaction, sans murmure ni plainte, étant convaincu d'eux, et sentant qu'ils sont moindres que ce qu'il mérite. Même les châtiments qui lui parviennent injustement, il les accepte aussi avec satisfaction. Comme ce qui arriva à saint Ephrem le Syrien qui avait été, une fois, injustement emprisonné; alors il accepta cela, et il dit qu'il le méritait pour un ancien péché qui n'avait aucune relation avec ce sujet. Comme le prophète David qui accepta les malédictions de Schimei, fils de Guéra (2 Sam. 16: 5-11). Comme saint Moïse le Noir qui accepta son renvoi, le jour de son ordination comme prêtre, et il se dit à lui-même: "Ils ont bien agi envers toi, ô noir de couleur, ô peau cendrée...." Ceux qui ne supportent ni la correction, ni le châtiment, sont loin de la pénitence. Car le véritable pénitent sent qu'il mérite tout ce qui lui arrive. Il ne refuse absolument pas ce que le péché entraîne d'amèreté, mais il l'accepte en remerciant, en "portant son opprobre". La douleur est un résultat évident du péché; comme ce qui arriva à Adam et Eve (Gen. 3: 16-17). Il n'est pas permis de s'en échapper. Plus le châtiment demeure longtemps, plus le cœur se purifie. Comme la lessive qui reste à bouillir pour longtemps, et devient plus propre. Comme l'or qui reste dans le feu pour une durée convenable, et devient pur de tout défaut. Par contre, celui qui obtient le pardon facilement, en s'échappant de ce que le péché apporte de douleur......combien facile est-il pour celui-là de retourner au péché une autre fois, car il ne ressent pas l'horreur des résultats du péché....! Ne dis pas: "le Seigneur a porté pour moi toutes les souffrances, et moi je me repose! Ne regarde pas les souffrances du Christ avec ce détachement, en pensant seulement à toi-même. Rappelle-toi que ceux-là qui avaient mangé la Pâque, l'avaient mangé avec des herbes amères (Ex. 12:8). Quelle est donc la position des herbes amères dans ta vie? Quelle est la portée de ton entrée en communion avec les souffrances du Christ? Quand tu vois le Christ porter la croix en expiation de tes péchés, cours derrière lui et dis-lui: "Donnez-moi que je la porte avec vous comme le Cyrénéen." Ou bien dis-lui douloureusement: "Seigneur, je suis votre croix, vous m'avez porté pendant tout ce long temps. Seigneur, je suis les épines qu'ils avaient posées autour de votre tête. Je suis les clous avec lesquels ils avaient percé vos mains et vos pieds. Puissé-je être crucifié avec vous comme le larron de droite. Ou bien, puissé-je dire avec l'apôtre Paul: "J'ai été crucifié avec Christ....." (Gal.2:20). Ne laisse pas les souffrances du Christ pour toi, te porter à l'effronterie, en regardant tes péchés sans douleur. S'il est de notre devoir de sortir avec le Seigneur "hors du camp, en portant son opprobre" (Hébr.13:13), au moins: portons notre opprobre, en humilité et en pleurs. Les larmes. Les larmes sont de plusieurs sortes. Mais ici nous parlerons d'une seule espèce de larmes. Ce sont les larmes de la pénitence par lesquelles l'être humain pleure ses péchés. Ne pensez pas que pleurer pour les péchés, c'est un degré propre aux débutants. Plusieurs grands saints pleuraient leurs péchés. Plutôt, c'était là une règle de conduite spirituelle connue chez les pères des déserts.... Peut-être que l'exemple le plus frappant des pleurs à cause du péché, c'est le prophète David. Celui-là qui dit: "Chaque nuit, ma couche est baignée de mes larmes, mon lit esr arrosé de mes pleurs" (Ps. 6:6). Quelle était la quantité des pleurs de ce prophète pénitent qui baignait son lit par ses larmes? Pleurait-il ses péché, seulement quand il rentrait chez lui le soir, à la fin de chaque journée? Non. Car il dit: "Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit" (Ps. 42:4); même pendant qu'il mangeait et qu'il buvait. Il dit: "Je mange la poussière au lieu du pain. Et je mêle des larmes à ma boisson" (Ps. 102:10). Cest-à-dire que pendant qu'il buvait, ses larmes tombaient dans la coupe de laquelle il buvait, et sa boisson se mélangeait aux larmes. Ses larmes étaient abondantes, malgré la grandeur qui l'entourait. Car il était roi, et commandant de l'armée, et juge du peuple, et père d'une grande famille. Pourtant, il ne se préoccupait pas de toute cette grandeur et de toute cette luxure, à tel point qu'il disait au Seigneur: "Ne sois pas insensible à mes larmes" (Ps. 39:13). Et il lui disait; "Recueille mes larmes dans ton outre" (Ps. 56:9). Peut-être quelqu'un dirait: "pourquoi pleurerai-je, tandis que mon péché a été pardonné?" Nous lui disons: David pleura son péché après qu'il eut été pardonné, et non pas avant cela. Car avant le pardon, il ne ressentait pas la gravité et l'horreur du péché, jusqu'à ce que le prophète Nathan le lui fit remarquer; alors il confessa son péché, et Dieu lui pardonna par la bouche du prophète Nathan qui lui dit: "l'Eternel pardonne ton péché, tu ne mourras point" (2 Sam. 12:13). C'est après cela que David pleura tous ces pleurs.......Pourquoi donc pleura-t-il? Etait-ce par crainte du châtiment, ou pour demander le pardon? Non. L'esclave pleure par crainte du châtiment. Tandis que le fils pleure par suite de la sensibilité de son cœur envers son père. Qui de nous a pleuré comme les pleurs de David? Qui de nous a baigné son lit de ses larmes une seule nuit, et non pas chaque nuit comme lui? David demeura à pleurer son péché toute sa vie; et il ne se reposa de ses pleurs qu'à sa mort. Lorsqu'il s'approchait de la mort, il disait: "Mon âme, retourne à ton repos, car l'Eternel t'a fait du bien. Oui, tu as délivré mon âme de la mort, mes yeux des larmes" (Ps. 116: 7-8). Il l'a délivré de la mort éternelle en acceptant sa pénitence. Il a délivré ses yeux des larmes, car il l'a transféré à l'endroit d'où s'est échappé la tristesse, la mélancholie, et les soupirs. Le Seigneur l'a délivré des larmes là-bas, parce qu'il avait ici-bas assez pleuré. Ceci nous rappelle l'histoire de saint Arsène qui pleurait beaucoup. Il pleurait lors qu'il était dans un état de sainteté, lors qu'il était l'un des piliers du désert. Il pleura jusqu'à ce que ses cils tombèrent de ses yeux à force de pleurer. Pendant l'été, il mouillait ses rameaux de larmes. Il mettait une serviette sur ses genoux quand il s'asseyait, afin d'y recevoir ses larmes. Il pleura beaucoup à l'heure de sa mort. Alors ses disciples lui dirent: "même vous, ô notre père, vous craignez cette heure?!" Il leur dit: "La crainte de cette heure m'a toujours accompagné depuis que je suis entré au monachisme"... Si ce saint pleurait, malgré ses nombreuses vertus, malgré son humilité, sa sagesse, son silence, et sa veille toute la nuit en prière, et malgré que le pape demandait de le visiter en sollicitant de lui des mots utiles.......nous, que dirions-nous de nous-mêmes?! C'est pourquoi lorsque saint Poémon apprit la mort de saint Arsène, il dit: "Bienheureux sois-tu, ô notre père Arsène, parce que tu as pleuré sur toi-même dans ce monde." Il poursuivit son expression disant: "Car celui-là qui ne pleure pas sur lui-même dans ce monde, pleurera nécessairement pour l'éternité dans l'autre monde. Ici-bas, c'est lui qui choisit de pleurer. Tandis que là-bas, les pleurs seraient causées par les souffrances qu'il endurerait. Il est impossible à un être humain de s'échapper aux pleurs ici-bas et là..." Ces pleurs furent le conseil de saint Macaire, avant sa mort. Saint Pallade dit: "J'ai entendu que les vieillards de Nitrie avaient envoyé au père Macaire le Grand qui habitait Scété, et l'avaient supplié disant: "Nous vous prions, ô notre père, de venir à nous pour que nous vous voyions avant que vous ne partiez vers le Seigneur, afin que tous les gens ne soient pas transportés vers vous." Quand il alla chez eux, ils se rassemblèrent tous à lui; et les vieillards lui demandèrent avec des supplications, de dire aux frères une parole utile. Alors le saint homme pleura et leur dit: "Pleurons, mes frères, et que nos yeux soient inondés de larmes, avant que nous allions à l'endroit où nos larmes brûleraient nos corps." Ils pleurèrent tous, et se prosternèrent face contre terre, disant: "Priez pour nous, ô père." Quels sont les péchés que les saints avaient commis, pour avoir pleuré ainsi?! ...... et pour que le conseil habituel que disait tout vieillard à ceux qui allaient à lui pour lui demander de les guider, c'était: "Assis-toi dans ta cellule, et pleure pour tes péchés"....Si telle était la règle de conduite des saints, à plus forte raison ferions-nous, nous qui avons des péchés innombrables..... Considérez aussi les pleurs d'un vieil homme comme l'apôtre Pierre, qui lorsqu'il eut ressenti son reniement du Seigneur, "étant sorti, il pleura amèrement" (Matt. 26:75). Les pleurs des vieillards ont plus d'effet sur l'âme que les pleurs des enfants et des petits. Parmi ceux qui sont renommés pour leurs pleurs, il y a aussi saint Isidore. Il était le curé grandiose des cellules (Célia), sous la direction spirituelle duquel, il y avait près de trois mille moines. Il était le père confesseur de saint Moïse le Noir. Il était un visionnaire, et il opérait des miracles. Les démons le craignaient, le vénéraient beaucoup et le fuyaient......Pourtant ce saint pleurait avec des larmes abondantes, et fondait en larmes à haute voix; à tel point que son disciple qui logeait à côté de lui, l'entendit une fois pleurer et il entra chez lui et lui demanda: "Pourquoi pleurez-vous, mon père?" Il lui répondit: "Mon fils, je pleure pour mes péchés." Le disciple dit: "Même vous, ô notre père, vous avez des péchés pour lesquels vous pleurez ?! " Le saint lui répondit: "Croyez-moi, mon fils, si Dieu me découvrait tous mes péchés, trois ou quatre personnes ne suffiraient pas à pleurer avec moi pour mes péchés...!" C'est la sensibilité qui existe dans le cœur ardent et dans la conscience minutieuse. Il pleure parce qu'il a irrité Dieu qui l'aime; et parce qu'il est descendu du niveau spirituel qui lui convient comme l'image de Dieu; et parce qu'il est tombé, tandis qu'il n'aurait pas dû tomber. Il pleure de honte de son état. Quoique le péché soit pardonné, cela n'empêche pas qu'il avait été commis.... Dieu a pardonné le reniement de Pierre, mais l'histoire continue à citer ce reniement. Dieu a pardonné à Rahab, et pourtant la sainte Bible parle d'elle avec le surnom "Rahab la prostituée" (Hébr. 11:31). L'Eglise nous apprend à pleurer chaque jour..... Chacun de nous qui se lève pour prier la seconde partie de la prière de minuit, dit chaque jour, : "Donnez-moi Seigneur, plusieurs sources de larmes, comme vous avez donné à la femme pécheresse, dans l'ancien temps...." L'Eglise nous donne le passage de l'Evangile qui se rapporte à cette femme qui avait mouillé les pieds du Christ de ses larmes, et les avait essuyés avec ses cheveux (Luc 7: 36-50), afin que noue le lisions, et que nous prenions cette femme comme exemple dans les pleurs pour les péchés "afin que nous acquérions pour nous, une vie pure, par la pénitence." Si tu pries cette prière à minuit, dis: "Donnez-moi, Seigneur, plusieurs sources de larmes, pour que je pleure ceci et cela...", et mentionne devant Dieu tes péchés, tes faiblesses, tes défauts, et tes chutes......Puisses-tu t'en rappeler avec des larmes devant lui. Tu dis: "Et pourquoi m'en rappelerais-je, tandis que le Christ les a pardonnés? "....Là, il est très convenable pour nous de nous rappeler de la parole du grand saint père Antoine: "Si nous nous rappelons de nos péchés, Dieu nous les oubliera, et si nous oublions nos péchés, Dieu nous les rappellera." Oui, rappelle-toi de tes péchés, afin de connaître ta faiblesse, et alors tu prendras garde, et tu seras pointilleux dans ta vie. Mentionne-les afin de savoir combien Dieu t'a pardonné, et combien il a porté sur la croix pour toi, alors tu l'aimeras; et tes larmes seront un signe d'amour, comme étaient les larmes de la femme pécheresse. C'est le cœur sensible qui pleure. Tandis que le cœur dur ne pleure pas. Que ton cœur soit sensible dans ta pénitence. Que tes pleurs soient un genre d'excuses que tu présentes au Seigneur envers lequel tu as péché; et que tes pleurs soient un signe qui démontre ta confusion de ce que tu as fait. Sois confiant que celui qui pleure pour ses péchés, n'y retournera pas facilement une autre fois. Car il a goûté combien le péché entraîne de douleurs au cœur et à la conscience... Dieu nous invite à ces pleurs de la pénitence...... Il dit dans le livre du prophète Joël: "Revenez à moi de tout votre cœur, Avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations! Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, Et revenez à l'Eternel, votre Dieu...." (Joël 2: 12-13). Et il dit dans le livre du prophète Malachie: "Vous couvrez de larmes l'autel de l'Eternel, De pleurs et de gémissements" (Malachie 2:13). Comme il dit encore: "Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie!" (Luc 6:21). "Heureux les affligés, car ils seront consolés!" (Matt. 5:4). Pleure donc ton péché, et alors, la parole du psaume te consolera: "L'Eternel entend la voix de mes larmes; ......L'Eternel accueille ma prière" (Ps. 6: 9-10). David dit cela après avoir dit: "Mon lit est arrosé de mes pleurs" (Ps.6:7). Les larmes sont un signe de pénitence, et le Seigneur les exauce. Elles ont une voix que le Seigneur entend, et son cœur compatit. Combien belle est la parole du psalmiste: "Ceux qui sèment avec larmes, moissonnent avec chants d'allégresse" (Ps. 126:5). Cette allégresse est la consolation que l'homme moissonne de ses larmes. Mais prends garde que tes larmes ne soient simulées, ou qu'elles soient une raison pour la justice personnelle; au lieu d'être une cause ou un effet de la contrition du cœur, ou un signe de pénitence. Selon l'avis d'un saint: "Si les larmes t'arrivent, rappelle-toi la raison pour laquelle elles sont venues." C'est-à-dire rappelle-toi ton péché qui t'a causé les larmes, et alors tu ne t'élèveras pas par tes larmes, mais tu seras contrit...... Mais peut-être quelqu'un dirait: "D'où aurais-je des larmes? Et si je ne pleurais pas, ne serais-je pas pénitent, ou, Dieu n'accepterait-il pas ma pénitence? " Non, Dieu l'acceptera. Mais cherche pourquoi les larmes t'ont fui. Il y a des causes qui apportent les larmes, et des causes qui les empêchent. Probablement, la première cause, c'est l'espèce du cœur. Le cœur qui est sensible par sa nature, est facilement impressionnable, et il pleure facilement; comme le cœur du prophète Jérémie, et comme le cœur du prophète David......Il y a d'autres cœurs qui ne pleurent pas facilement. S'ils pleuraient, il y aurait nécessairement là-bas une raison qui serait plus forte que la résistance de leur caractère, et qui les pousserait à pleurer. Leur émotion est plus forte. La tendresse du cœur apporte donc les larmes. La dureté et la violence les empêchent. Cherche donc cette tendresse dans ta vie, et éloigne-toi de la violence. Sache que la dureté ne convient pas du tout avec la vie de pénitence. Car le pénitent est un homme qui demande la miséricorde de Dieu. L'Ecriture dit: "Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde" (Matt.5:7). Il doit donc être miséricordieux, afin que Dieu le traite avec la même miséricorde. Car il dit: "l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez" (Matt. 7:2). Aussi la condamnation des autres empêche les larmes. Car celui qui condamne autrui, n'est pas préoccupé par ses péchés, mais par les péchés des autres. Il oublie ses faiblesses et ses chutes, et se concentre sur les faiblesses des autres; comment pareil homme pleurerait-il? Et, que pleurerait-il? Pareil homme s'éloignerait encore plus des larmes, si sa condamnation d'autrui comportait de la dureté, ou de la violence, ou des accusations injustes, ou s'il était sévère dans son blâme des autres pour leurs fautes. Parmi les causes qui empêchent les larmes, il y a: la colère. L'homme pénitent est supposé se mettre en colère contre lui-même, et non contre les autres. S'il se met en colère contre les autres, toutes ses émotions et ses pensées se concentrent sur les fautes d'autrui. Alors, les larmes le quittent, même s'il les avait auparavant. Dans la colère, il y a aussi de la dureté et de la violence. Parmi les choses qui empêchent les larmes, il y a aussi: la jouissance et le plaisir. Il est difficile que les larmes arrivent à celui qui vit dans la luxure et les plaisirs, dans les délices divers du monde. En général, pareilles choses ne s'accordent pas avec la vie de pénitence, dans laquelle l'homme soulève des difficultés pour lui-même, se punit, et se prive de beaucoup de réjouissances, et s'impose des jeûnes. C'est pourquoi la pénitence est accompagnée , chez plusieurs gens, de jeûnes, de vêtements de sacs, d'humilité et de pareilles choses; comme dans le jeûne du temps de Joël, et comme dans le jeûne de Ninive. Voilà ce qui convient à la pénitence et aux larmes. Naturellement, parmi ce qui éloigne des larmes: il y a le rire et la joie. En vérité, il y a "un temps pour toute chose sous les cieux" (Eccl. 3:1). Il y a "un temps pour pleurer, et un temps pour rire" (Eccl. 3:4). Mais le rire et le badinage ne sont pas le temps de la pénitence. La vie de distraction, de moquerie, de joie, et des réjouissances diverses du monde.....tout cela ne s'accorde pas avec les larmes, mais les empêche, car celui qui pleure ses péchés, est un homme tourmenté par la tristesse pour ses chutes..... Parmi les choses qui apportent les larmes, il y a le sentiment d'être un étranger dans le monde. Le sentiment de l'homme qu'il est un étranger sur la terre; qu'il n'est pas juste de mettre ses espoirs en elle. Mais au contraire, il doit renoncer le monde et tout ce qu'il contient, et se préparer pour son éternité.....tout cela aide aux larmes. De même le souvenir de la mort, du jugement, et de l'autre monde. Tout cela apporte les larmes. C'est pourquoi l'Eglise nous a établi de nous rappeler la mort dans la "prière du sommeil"; et de nous rappeler le second avènement du Christ dans la prière de minuit; et de nous rappeler dans ces deux prières et dans la "prière du rideau" aussi, le jugement dernier......et ainsi chaque jour......Car tous ces souvenirs sont utiles pour nous; ils nous aident à faire pénitence et à être prêts, comme ils apportent des larmes. De même la visite des cimetières apporte les larmes aussi; car, pendant cette visite le pénitent dit avec le prophète David: "Eternel! Dis-moi quel est le terme de ma vie, Quelle est la mesure de mes jours, Que je sache combien je suis fragile" (Ps. 39:5). De même la vie d'humilité et de contrition aide aux larmes. Tandis que l'orgueil, la magnificence, et l'amour de la flatterie.....tout cela ne s'accorde ni avec les sentiments de pénitence, ni avec les larmes. C'est pourquoi, il est bon que nous passions à ce point, parmi les signes de la pénitence. 4 . La contrition et l'humilité. Le véritable pénitent vit avec un esprit contrit. Il est tourmenté par la honte et le regret; il ressent l'humiliation du péché. Il se conduit avec humilité en lui-même, et devant Dieu; et cela apparaît dans ses rapports avec les gens. Dans sa contrition, il se réprimande constamment pour ce qu'il avait commis. Il se blâme pour les jours de sa vie qui furent perdus sans fruit. Il se blâme pour sa faiblesse, sa chute et sa trahison du Seigneur. Il se dit: "Beaucoup d'autres que moi m'ont devancé, et ils sont arrivés à des signes profonds de l'amour de Dieu....Tandis que moi, je lutte encore pour me repentir..! Jusqu'à quand cette négligence et cette paresse ?! " Ce pénitent se lamente sur lui-même qui est tombé, en se rappelant les paroles de saint Isaac: "Le pénitent qui ne se lamente pas chaque jour à cause de ses péchés, qu'il sache qu'il a perdu ce jour, même s'il y fait tout bien"....... Son blâme de lui-même le fait s'humilier, quelque soit le changement de sa vie dans sa pénitence. Quoiqu'il fasse de bien dans sa pénitence, il ne s'élève pas, car son péché est toujours devant lui. L'homme se rappelle de ses chutes afin de ne pas s'élever, et afin que les fruits de la pénitence ne le poussent pas à des idées de vaine gloire. Comme dit saint Isaac aussi: "Si tu es combattu par des idées de vaine gloire, ne les accepte pas; mais rappelle Marie de son adultère, et Israël de sa défaite.".... En te blâmant toi-même, et en reconnaissant ta faiblesse, tu acquiers l'humilité de la pensée. Le pénitent humble voit qu'il mérite toute la tristesse qui l'atteindrait. C'est pourquoi il accepte tout ce qui lui arrive avec calme et satisfaction, sans murmure, ni fatigue, ni plainte, en sentant profondément qu'il mérite beaucoup plus que cela. Plutôt il chante avec David disant: "Il m'est bon d'être humilié, afin que j'apprenne tes statuts" (Ps. 119:71). La pénitence devient d'autant plus profonde, que la durée de la contrition du pénitent est plus longue, Parce qu'il conçoit la dégradation et l'horreur du péché, et ses effets à l'intérieur de son âme. Comme il conçoit aussi sa faiblesse, et alors il s'habitue à la prudence et à la circonspection dans sa vie. Pauvre est l'homme qui voit que sa vie a changé dans sa pénitence, et qui croit qu'il n'a plus besoin de lutter et d'être prudent, en oubliant sa faiblesse passée...! Il est dangereux pour le pénitent de quitter rapidement la contrition vers la joie. Combien facile est-il à l'homme de retourner au péché qui ne reçoit pas sa part de contrition et d'humiliation dans la pénitence, parce que la gravité et l'horreur du péché n'auraient pas été longtemps plantés dans les profondeurs de son âme. Dans sa pénitence, David ne se hâta pas vers la joie; mais il demeura humilié, et ses psaumes témoignent de sa contrition. Marie la Coptesse demeura pendant de longues années dana la contrition de l'âme. Jacob le Combattant demeura environ dix-huit ans à pleurer ses péchés..... Dans la vie de pénitence, quoi de plus dangereux que ceux qui passent rapidement du péché au service, ou au désir des dons ?! Un homme nouvellement repenti pourrait se tenir sur la tribune de l'Eglise, pour raconter ses expériences spirituelles, et dire simplement: "Quand j'étais un pécheur," ou "Quand je vivais dans le péché".....Comme si actuellement, il n'a plus de relation avec le péché qui fait partie des nouvelles du seul passé!......Vous demandez à pareil homme: "Et maintenant, ne péchez-vous pas? "Il vous dit: "Maintenant, je rends grâces au Christ." Il veut dire qu'il lui rend grâces de la justice dans laquelle il vit......Il parlerait même en toute témérité, de la lumière qui illumine actuellement son cœur, et de l'amour envers Dieu qui remplit son cœur.... Quelle dangereuse expression: "Quand j'étais un pécheur !" Elle est dépourvue d'humilité. Elle montre même, une véritable ignorance de soi-même. Elle ne s'accorde ni avec la pénitence du publicain, ni avec sa prière au Temple, ni avec la parole de l'apôtre Paul: "Les pécheurs dont je suis le premier". Elle ne s'accorde pas non plus avec les histoires de pénitence dans la vie des saints. Toi mon frère, tu étais un pécheur, et tu es encore un pécheur. La différence entre ton état actuel et ton état passé: c'est que tu étais un pécheur et tu demeurais dans le péché sans peut-être ressentir ce qui se passait en toi. Tandis que maintenant, tu es un pécheur, et tu sens que tu es un pécheur, et tu luttes avec la grâce de Dieu pour faire pénitence. Ta repentance pourrait demeurer avec toi toute la vie, jusqu'à ce que tu atteignes la pureté du cœur. (voir la cinquième section dans ce livre, concernant: " la Vie de Pureté" ) Celui qui ne ressent pas qu'il est un pécheur, commet par cela même un grand péché, parce qu'il n'y a personne sans péché, même si sa vie sur terre ne dépassait pas un seul jour. Nous péchons tous, chaque jour. Nous nous tenons comme pécheurs debout devant Dieu, à chaque heure. Dans la prière dominicale que nous récitons constamment, nous disons: "Pardonnez-nous nos offenses...." (Matt: 6:12). Et nous répétons ceci dans le reste de nos prières. Même si tu es juste voici l'Ecriture qui dit: "sept fois le juste tombe, et il se relève" (Prov. 24:16). Peut-être, tu es maintenant repentant, mais tu n'es pas infaillible. Tu n'arriveras à la pureté du cœur que par la contrition de l'âme. Celui-là qui n'acquiert pas la contrition, n'est pas véritablement repentant. Imdubitablement, il ne se connaît pas. Il construit sur un fondement faux qui le conduit à l'arrogance. Combien beau est cet hymne qui dit: "Le péché est ma nature; et votre nature est le pardon." Lis à propos des saints qui s'étaient repentis, et qui avaient conservé la pauvreté de leurs cœurs. Ils avaient conservé même leur humilité de cœur. S'il leur venait l'idée qu'ils s'étaient repentis, ils considéraient qu'ils en étaient redevables à Dieu qui "De la poussière il relève le pauvre. Du fumier il relève l'indigent." (Ps. 113:7). Ils insistaient pour se considérer des pécheurs tous les jours de leur vie. Comme le grand saint Abba Sisoès que l'on vit demander l'occasion de faire pénitence à l'heure de sa mort. C'est pourquoi, quelque soit ton développement dans la grâce, il vaut mieux pour toi de dire: "Je veux demeurer dans les sentiments de la pénitence toute ma vie. Vis dans la contrition du cœur, car " l'Eternel est près de ceux qui ont le cœur brisé" (Ps. 34:19).. Si le démon te combats pour monter aux degrés élevés, et pour t'asseoir dans les lieux célestes, et pour acquérir les dons........dis: "Je ne suis encore pas arrivé à quoique ce soit de cela. Tout ce que je sais sur moi-même, c'est que je suis un pécheur qui veut faire pénitence." Si tu entres en service, ne le laisse pas te faire oublier ton péché. Que ta réussite dans n'importe quelle œuvre spirituelle, ne te fasse pas oublier tes larmes et ta contrition. Mais au contraire, blâme-toi et dis: "Qui suis-je pour servir? Je ne suis pas encore arrivé aux spiritualités du servant, quelles que soient les connaissances que je possède.....Et ce ne sont pas les informations qui sauvent l'âme. Saint Paul demeura contrit, même après son apostolat. Son péché demeura devant lui, même après les visions, les révélations et les miracles, et même après avoir été "ravi jusqu'au troisième ciel" (2Cor. 12:2), et après qu'il eut travaillé plus que tous les apôtres (1Cor.15:10). En parlant de l'apparition du Seigneur à ses apôtres après la résurrection, il dit: "Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton, car je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu" (1 Cor. 15: 8-9). Puis il dit dans sa première épître à son disciple Timothée: "moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j'ai obtenu miséricorde, parce que j'agissais par ignorance, dans l'incrédulité" (1Tim.1:13). Puissions-nous lui dire: "Ce n'est pas vous, ô grand saint apôtre Paul, c'est Saul de Tarse. Quant à vous, vous êtes une nouvelle personne dans Jésus-Christ: prédicateur, évangéliste, apôtre et constructeur du royaume." Mais ce saint demeure dans son humilité et dit: "Je ne suis pas digne d'être appelé apôtre...." Son ancien péché est fini du point de vue du châtiment, mais non pas du point de vue de la mémoire. Il demeure dans sa mémoire, il lui donne la contrition, et le sentiment d'être indigne. Malgré les longues années dans le service, il y vivait comme un débutant, comme le plus petit des apôtres, comme le premier des pécheurs..... Vois toi aussi, comme débutant, tous les jours de ta vie. Comme si tu étais un enfant dans la vie spirituelle. Il te suffit que "l'Eternel bénira les petits" (Ps. 115). Ne crois absolument pas que tu es arrivé à ton but spirituel. Car le grand apôtre Paul dit: "Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection; mais je cours, pour tâcher de le saisir" (Phil. 3:12). Le grand saint Arsène priait disant même : "Seigneur, donnez-moi de commencer".......comme s'il n'avait pas encore commencé....! La contrition est un signe de pénitence. Aussi parmi les signes de la pénitence: 5 . La réparation des résultats de l'erreur. Il ne suffit absolument pas que tu abandonnes le péché, et que tu t'en repentes, et que tu le confesses, et que tu en obtiennes l'absolution...... mais il faut autant qu'il te soit possible, que tu répares les résultats de ton péché. Nous donnerons quelques exemples de cela: Supposons qu'un homme aie volé, est-ce qu'il lui suffit de se confesser du vol? Est-ce que sa confession suffit pour le pardon, tandis qu'un bien défendu qu'il avait acquis en volant, demeure en sa possession? Non. Mais, dans les limites de sa force, il rend la chose volée à ses propriétaires, si cela lui est possible de faire, même d'une manière couverte. S'il a été injuste envers quelqu'un, il essaye de remédier à cette injustice. Voici devant nous un exemple clair, pour notre enseignement, c'est Zacchée, le chef des publicains. Celui-ci quand il se repentit, il dit ouvertement au Seigneur: "Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j'ai fait tort de quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple" (Luc: 19:8). Alors, si tu ne peux pas faire comme Zacchée et rendre le quadruple, au moins rends la chose volée, même sans les multiples, ou bien remédie à l'injustice...... Si tu rendais les droits à leurs auteurs, tu ressentirais la beauté de la pénitence. Peut-être ressentirais-tu de la honte en cela, car tu aurais pratiquement confessé que tu avais été injuste, ou que tu avais volé. Ceci serait bon pour toi, car pareille honte serait pour toi comme un refuge qui t'empêcherait de commettre le péché une autre fois. De même que dans ton intérieur, tu sentirais que ta pénitence est basée sur des valeurs respectables, et alors ton cœur se réjouirait et se consolerait...... De même si tu avais mal parlé de quelqu'un, et que tu aurais fait tort à sa réputation. Dans ta pénitence, ne serait-il pas de son droit, que tu lui rendes son respect, puisque tu avais été injuste envers lui, et que tu lui avais fait tort?........spécialement si celui-là aurait fait courir contre quelqu'un des paroles mensongères qui auraient eu des mauvaises conséquences dans sa vie....... Quoi donc, si la réparation des résultats du péché n'est pas possible? Si vraiment cela n'est pas possible, au moins que son âme soit contrite pour cette raison, d'avoir commis des péchés difficiles à remédier......! Un autre signe parmi les signes de la pénitence, c'est: 6 . La compassion pour les pécheurs. Saint Isaac dit: "Celui qui pleure pour lui-même ne connaît pas les chutes d'autrui, et ne blâme personne pour une offense." Quand un homme fait pénitence, il ne pense absolument pas aux péchés des autres, sentant humblement qu'il est indigne. Il ne condamne personne, car lui-même est sujet à être condamné à cause de ses péchés. Comme dit le Seigneur à ceux-là qui voulaient lapider la femme pécheresse: "Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle" (Jean 8:7). En vérité, celui qui est occupé à ôter la poutre qui est dans son œil, ne peut pas condamner la paille qui est dans l'œil de son frère (Matt. 7:5). Chaque fois que lui arrive l'idée de condamner quelqu'un, il se dit à lui-même: "Je suis tombé dans ceci et cela. Cet homme est plus juste que moi, parce que mes péchés sont beaucoup plus nombreux que les siens:... La contrition arrache toute dureté du cœur du pénitent, et elle lui donne une miséricorde pour toute personne, quelle que soit sa faute...... Le souvenir de ses péchés le rend compatissant envers les pécheurs, et il ne les condamne pas. Plutôt, il pleure pour eux, comme faisait saint Jean le Nain dans l'humilité de son cœur. Quand il voyait quelqu'un dans le péché, il pleurait et disait: "Si le démon a fait tomber mon frère aujourd'hui, peut-être qu'il me fera tomber demain. Le Seigneur pourrait donner une occasion à mon frère pour faire pénitence; et peut-être, moi, je tomberai et ne me repentirai pas..."(et il pleurait). Qu'elles sont merveilleuses les paroles de l'apôtre saint Paul, à ce sujet: "Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonnier; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps" (Hébr. 13:3). Celui qui n'a pas péché, pourrait condamner les pécheurs, en étant porté par l'orgueil. Mais celui qui a péché, et qui a eu l'expérience de la faiblesse de la nature humaine, aura pitié d'eux. Nous avons un exemple clair dans la vie de saint Moïse le Noir. Celui-là qui lorsqu'il fut invité à une réunion monacale pour condamner un frère qui avait péché; il s'y rendit, en portant derrière lui un sac troué rempli de sable. Lorsqu'ils le questionnèrent à ce sujet, il dit: "Voilà mes péchés derrière mon dos, qui courent et je ne les vois pas; et je suis venu ici pour condamner mon frère......" Le pénitent ne mentionne pas les péchés des autres, même s'ils sont contre lui. Le saint abbé Amoun mentionna que parmi les signes de la pénitence, il y a: "le pardon des péchés d'autrui, l'abandon de la condamnation des autres, et la pauvreté du cœur." Le grand saint Antoine dit: "Si quelqu'un de l'extérieur te blâme, tu dois te blâmer toi-même de l'intérieur. Alors il y aura un équilibre entre ton intérieur et ton extérieur." Le pénitent pardonne aux autres comme le Seigneur lui a pardonné. Ou bien afin que le Seigneur lui pardonne selon la parole divine: "absolvez, et vous serez absous" (Luc 6:37). Quand le Seigneur nous a appris l'oraison dominicale, il ne commenta que sur une seule de ses demandes; c'est celle qui concerne la demande du pardon. Il dit: ''Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père céleste ne vous pardonnera pas non plus vos offenses." (Matt. 6: 14-15). Que ce pardon soit en charité, conformément au commandement: "Aimez vos ennemis" (Luc 6:27); et en conformité avec la vie d'humilité qui convient à la pénitence. 7 . D'autres sentiments. L'homme pénitent qui pleure ses péchés, est toujours humble et calme, "Il ne criera point, et n'élèvera point la voix, et ne la fera point entendre dans les rues" (Isaïe 42:2). Le pénitent ressent un désir de se taire, car il voit qu'il n'est pas digne de parler, et qu'il vaut mieux pour lui d'entendre, car entendre vaut mieux que parler. Ainsi le pénitent s'éloigne de l'enseignement, en se rappelant de la parole de l'apôtre Jacques: "Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement. Nous bronchons tous de plusieurs manières" (Jacques 3: 1-2). Il se dit en lui-même: "Qui suis-je pour enseigner aux autres? L'enseignement est un degré qui me dépasse...Quelles sont mes expériences spirituelles, pour que j'enseigne aux autres aussi ?! Le pénitent sent que Dieu a ouvert devant lui des horizons spirituels; et qu'il a commencé à entrer dans la dégustation du royaume; c'est pourquoi nous voyons que les pénitents sont qualifiés par la chaleur spirituelle. 8 . La chaleur spirituelle. La pénitence est une chaleur qui se répand dans l'homme, et l'enflamme du désir de changer pour le mieux, sa vie. "Le vieillard spirituel", (saint Jean Saba), a dit vrai en parlant de la pénitence: "Des ailes de feu germent à chacun qui naît d'elle, et il vole avec les spirituels vers le haut"... La pénitence donne naissance à un amour gigantesque pour Dieu dans le cœur. Car plus nous méditons sur le fardeau lourd qu'il a levé d'au-dessus de nous, et l'a porté pour nous, et plus nous méditons sur l'horreur des nombreux péchés amers qu'il nous a pardonnés..., plus notre amour pour lui augmentera. Comme cette femme pécheresse qui mouilla ses pieds de ses larmes, et de laquelle Il dit qu'elle a beaucoup aimé, parce qu'Il lui a beaucoup pardonné (Luc 7). Les pécheurs qui ressentent la lourdeur de leurs péchés, et le pardon du Seigneur, sont ceux-là qui aiment Dieu le plus, et ce sont eux qui comprennent la profondeur de la croix, et la profondeur de la Rédemption. Dans cet amour, il est prêt à se sacrifier pour Dieu. Une chaleur étonnante le maîtrise, le pousse violemment en avant......Cette poussée transforma beaucoup de pécheurs en saints, comme Pélagie, Marie la Coptesse, et Augustin. Ceux-là sont ceux qui firent pénitence, et qui ressentirent le plaisir de cette vie, et ils y grandirent. Le problème pour plusieurs gens, c'est qu'ils perdent la chaleur avec laquelle ils avaient commencé leur pénitence. La chaleur qui embrasait leur cœur par l'amour, et qui les poussait à substituer tout ce qu'ils avaient perdu dans leur vie....Si le pénitent ne conserve pas cette chaleur, et s'il ne l'enflamme pas constamment, il la perdra très facilement, et il évoluera vers la tiédeur; et probablement ses sentiments se refroidiront après qu'il aurait oublié ses péchés et qu'il s'en serait éloigné pour quelque temps..! Le pénitent sent que son œil s'est ouvert sur une nouvelle vie. Comme si la porte du paradis s'était ouverte devant lui, et qu'il aurait vu là-bas ce qu'il ne voyait pas auparavant.....Cette nouvelle vie l'attire violemment à elle; à tel point que certains pères confesseurs craignent que leurs enfants confessants ne soient emportés vers le fanatisme pendant cette période. Combien nombreux sont ceux-là qui se vouèrent à Dieu dans la chaleur de leur pénitence ! Comme sainte Pélagie, et sainte Marie la Coptesse, et d'autres. Parce que ceux-là, dans leur pénitence et leur regret de leur péché, s'étaient sentis libres des désirs du monde entier où il ne se trouvait plus rien qui les séduisait, après avoir goûté l'amour de Dieu. Dans la chaleur spirituelle qui accompagne la pénitence, le pénitent sent en lui une force qu'il n'avait pas auparavant. Dans son péché, il était faible devant Satan et ses guerres; tandis que dans sa pénitence, l'Esprit de Dieu lui donne une grâce spéciale, et une force pour la vie de pénitence. Ceci nous rappelle le malade auquel on fait une transfusion de sang à cause de sa faiblesse, et qui est fortifié par ce sang nouveau. Dieu donne à ces pénitents des cœurs nouveaux, desquels coule un sang fort, nouveau, saturé de l'amour de Dîeu. La parole d'Isaïe s'applique à eux: "Ils renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles: ils courent, et ne se lassent point. Ils marchent, et ne se fatiguent point" (Isaïe 40:31). Et aussi sa parole: "Il donne de la force à celui qui est fatigué, et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance" (Isaïe: 40:29). Est-ce que, mon frère, tu as touché cette force dans ta pénirtence, et tu as ressenti comment la droite du Seigneur t'a arraché vers la vie de la lumière; est-ce que Dieu "te fait rajeunir comme l'aigle"? (Ps. 103:5). Alors tu chanteras avec David disant: "La droite de l'Eternel manifeste sa puissance ! La droite de l'Eternel est élevée ! La droite de l'Eternel manifeste sa puissance ! Je ne mourrai pas, je vivrai" (Ps. 118: 15-17). Et par cette force du vivras dans la voie de la vertu. 9 . La marche dans la voie de la vertu. Il n'y a pas de pénitence sans changement de vie. La pénitence n'est pas simplement la confession et la communion, mais elle est l'abandon du péché, et la marche d'une manière positive dans la vie de justice. Par cela, le pénitent obtient le pardon, selon la parole de l'apôtre saint Jean: "Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché." (1 Jean 1:7). Donc, notre marche dans la lumière est une condition essentielle pour notre purifiication du péché. Elle est donc l'un des signes de la pénitence. L'apôtre saint Paul exprime cette marche qui purifie du péché, et qui enlève la condamnation, en disant: "Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ qui marchent, non selon la chair, mais selon l'Esprit" (Rom. 8:1). Donc, il est parmi les conditions de cette nouvelle vie, que nous marchions dans la lumière, et que nous marchions selon l'Esprit. Ou comme dit saint Paul: ".......à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée" (Eph. 4:1). Et il dit: "pour marcher d'une manière digne du Seigneur......portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres" (Col. 1:10)....... "marchez dans la charité" (Eph. 5:2)........ "Marchez comme des enfants de lumière" (Eph. 5:8). Donc, la pénitence n'est pas simplement de se jeter aux pieds du Christ, comme disent certains.....mais elle se distingue par une marche spirituelle spéciale, et par l'observation des commandements du Seigneur. L'apôtre saint Jean dit: "Celui qui dit qu'il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même" (1 Jean 2:6). Il dit aussi: "Celui qui dit: "Je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui" (1 Jean 2:4), Nous nous jetons aux pieds du Christ, pour prendre de lui le secours de la grâce. La grâce, ne veut pas dire que nous soyions paresseux, ou que nous demeurions dans la vie du péché, mais que nous gardions ses commandements, et que nous marchions comme il a marché lui-même, que nous marchions dans la lumière, comme il est dans la lumière. Ceci nous conduit au dernier signe de la pénitence: 10 . La pureté. Elle est l'élement positif dans la vie de pénitence, le fruit du changement de vie. En elle disparaît la convoitise du monde, de la chair, et du péché. Le désir du cœur devient sanctifié dans la vie de justice et d'amour de Dieu. Le pénitent n'est plus touché une autre fois par l'amour du péché. C'est un des signes de pureté que l'homme pratique la vertu sans combat, sans fatigue, sans conflit, car ce qui combattait la vertu ne se trouve plus à l'intérieur de l'homme. Si tu trouvais en toi un conflit entre le bien et le mal, tu ne serais pas encore arrivé à la pureté, mais tu lutterais pour arriver. Si tu te fatiguais pour arriver à la vie de justice, tu serais encore dans la vertu de la lutte; tu ne serais pas encore arrivé à la pureté. Par la pureté, la paix règne sur ton cœur, et le conflit cesse par le triomphe du bien. Par la pureté, ton corps deviendra en Dieu, ton désir sera en Dieu, ton bonheur sera en lui. La pureté comprendra toute ta vie: tes expressions, tes sens, ton corps, ton cœur, tes pensées.....tu deviendras l'habitation du Saint-Esprit....... Le sujet de la pureté est un sujet long: nous serions injustes envers lui si nous le faisions simplement un chapître de cette section, comme l'un des signes de la pénitence. Pour cela, je te demande la permission de lui consacrer une section à part, dans laquelle nous te parlerons de la pureté. Comment elle est, et comment l'expérimenter? Quels sont ses éléments? Jusqu'à quelle limite la pureté est-elle atteinte sur terre? Et quelle est la pureté que nous obtiendrons dans l'éternité? SECTION V LA PURETE DU CŒUR Pureté du péché Epreuve de la pureté Pureté des pensées et des songes Pureté des choses vaines Positivité de la pureté Pureté de la connaissance du péché Pureté du cœur. Puisque la perfection de la pénitence, c'est la haine du péché, c'est-à-dire que le cœur soit complètement purifié de tout amour du péché, ou de toute réponse au péché,.......donc la pureté du cœur est l'un des signes de la pénitence parfaite. Mais quelle est la mesure par laquelle nous pouvons mesurer la pureté du cœur, du péché? Et comment l'homme peut-il savoir qu'il a atteint la perfection de la pénitence, ou la haine du péché? Examinons ensemble ces points. Pureté du péché. Les sources de ce chapitre sont: 1. Une conférence donnée à l'église de l'archange Mikhaïl à Damanhur en 1966, parmi une série sur "la vie de pénitence et de pureté". 2. Une conférence donnée dans la Salle Saint Marc, au terrain de l'Amba Roueis, le Vendredi 28 Mai 1966. 3, 4. Deux conférences données à la "Grande Cathédrale" au Caire, la première, le Vendredi soir 16 Février 1073, et la seconde, le Vendredi soir 6 Juillet 1973, sur " la vie de pureté." 5. Une conférence sur "la connaissance du péché", donnée à la Grande Cathédrale" le Vendredi 11 Mars 1977. Pureté du péché. 1 . Peut-être qu'un homme penserait qu'il est pénitent parce qu'il a abandonné le péché principal fatiguant qui était le souci de sa conscience, et parce qu'il n'y tombe plus maintenant. C'est-à-dire qu'il ne commet plus d'adultère par exemple, ou bien il ne vole plus, ou bien il ne triche plus, ou bien il ne s'enivre plus, et il ne commet plus des péchés de ce niveau. C'est pourquoi sa conscience s'est reposée, et il croit qu'il est pénitent.......! car la vision des grands péchés sur lesquels il concentrait son attention, avait caché les autres péchés auxquels il ne faisait pa attention. En même temps, il se peut qu'il soit tombé dans de nombreux péchés qu'il considère comme légers et qui n'entrent pas dans ses mesures spéciales concernant la pénitence: comme parler de soi-même, se réjouir de la flatterie, se justifier d'une façon continue, discuter beaucoup, marcher selon son propre bon plaisir, soutenir son opinion au point d'être conduit à l'obstination, négliger certaines prières, manquer aux lectures spirituelles, et peut-être ne pas tolérer les injures, et ne pas sanctifier le jour du Seigneur.. Avec tout cela, sa conscience ne le blâme pas, parce qu'il n'est pas arrivé au niveau où il se blâmerait pour pareilles choses. Est-ce que vous considérez pareil homme comme pénitent ?! Il a sans doute besoin que ses mesures soient élevées afin qu'il se repente de pareils péchés qu'il considère comme légers, ou auxquels il ne fait pas soigneusement attention. Quand est-ce que donc le considèrerons-nous comme pénitent? N'est-ce pas lorsqu'il abandonne tous ses péchés, même ceux qui paraissent légers à ses yeux. Il les abandonne effectivement, et aussi il les chasse de son cœur et de sa pensée. Là, l'homme monte un degré dans la pénitence, à mesure qu'il mûrit spirituellement. Sa conscience devient très sensible, et n'omet rien; et ainsi il entre dans la véritable pénitence. Est-ce que s'il arrivait à cela, nous jugerions qu'il aurait atteint la pureté du cœur? Là, nous faisons une remarque importante, afin que notre jugement soit exact, c'est: 2. Il se peut qu'il ne pèche pas, parce que le démon l'avait momentanément quitté. Le démon est sage à faire le mal. Il sait quand lutter, comment lutter, et dans quel péché concentrer son combat......S'il trouve un homme très enthousiaste et prêt, il le quitte jusqu'à ce que cet homme prenne confiance en lui-même, de sorte que peut-être cette confiance le pousserait à l'insouciance, à la négligence, et à la légèreté. Puis, dans un temps quand cet homme serait le moins prêt et le moins circonspect, le démon retourne à lui, et alors il serait facile de le faire tomber. Cette période n'aurait pas été une période de victoire sur le péché, mais une période dépourvue de combats. Elle est une période d'accalmie des guerres spirituelles; elle n'est ni un triomphe ni une purité. Il y a une grande différence entre la victoire et l'absence du combat. Si tu trouves que tu ne tombes pas dans un péché déterminé, cela pourrait ne pas signifier que tu t'en es complètement purifié, mais ta non-chute pourrait signifier que le démon ne te combat pas actuellement en ce péché. Ou peut-être que tu n'y succombes pas maintenant, parce que les occasions ne se présentent pas. Il n'y a ni combats, ni scandales, et il n'y a rien qui te stimule vers le péché. Le démon ne te combat pas maintenant, non pas par amour pour ton repos, mais parce qu'il te prépare un guet-apens d'une espèce différente....... En plus de cet autre guet-apens, peut-être que le démon de la vaine gloire viendrait te dire: "Malheur à moi à cause de toi, tu m'as échappé. Tu t'es renouvelé et tu t'es sanctifié,et tu es devenu une nouvelle créature, et les chose anciennes sont passées." Ne l'écoute pas, et ne répète pas en ton esprit ce qu'il te dit, car tu es sujet à la faiblesse tant que tu es dans le corps. Le démon ne cesse pas de combattre. Il te conviendrait mieux de répondre à ces pensées en disant: "Je connais ma faiblesse; toute l'affaire c'est que le Seigneur, dans sa miséricorde, a caché cette faiblesse...." Ne dis donc pas que tu es arrivé à la pureté et que tu ne succombes plus. Mais dis: "Sans l'Eternel qui nous protégea,......ils nous auraient engloutis tout vivants" (Ps. 124: 2-3). ........Je suis en effet, plus faible que de pouvoir combattre le plus petit d'entre eux, comme dit saint Antoine. Mais, rendons grâces au Seigneur qui nous a couverts...... On remarque que certains péchés ont leurs saisons, et ne sont pas perpétuels. Ils sont comme des périodes de douleur ou de souffrances, qui font leur tournée d'une façon forte et violente, puis se calment; ensuite elles font une nouvelle tournée, et ainsi de suite......Ou bien comme la plante qui a parfois une saison calme, et dans un autre temps, une saison de floraison et de fructification...... 3. Ou bien, il est possible que Dieu ait voulu te reposer de l'oppression du péché pour une période afin que ton âme ne soit pas engloutie par le désespoir. Car les chutes qui sont constamment réitérées pourraient entraîner le pécheur au désespoir. C'est pourquoi la miséricorde de Dieu l'atteint pour le reposer et le relèver de la guerre, au moins pour peu de temps. La grâce le préserve et le soutient, même si c'est momentanément. Ainsi il passe par une période de calme dans laquelle le péché ne l'afflige pas; non pas parce qu'il est devenu pur, mais parce qu'il n'est plus combattu. Ou bien, il est possible que tu sois actuellement reposé parce qu'il y a des prières qui avaient été élevées pour toi, soit de la part des saints dans le ciel, ou de la part de tes amis sur terre. Dieu les a exaucés et a ordonné ta relève du combat. Pour cette raison tu t'es reposé du combat, et non pas parce que tu es arrivé à la pureté. Tu es donc dans une période de calme et de paix, et il n'y a pas de combat entre toi et le démon. Ceci n'est pas un degré de pureté. Au sujet de la différence entre la pureté et l'absence de combat, nous faisons une remarque importante; c'est que: Il y a une différence entre la pureté des enfants et la pureté des adultes en âge et en esprit. Il est vrai que les enfants ont un cœur simple et pur qui n'a pas encore connu le péché. Mais il y a une grande différence entre leur pureté et la pureté des personnes adultes, d'âge mûr. Cette différence, c'est que les enfants ne sont pas entrés dans une guerre spirituelle, et leur volonté n'a pas encore été éprouvée. C'est-à-dire qu'ils ne sont pas encore arrivés à l'âge oû leur volonté est éprouvée. Ils sont autres que les grandes personne mûres qui étaient entrées dans les guerres de l'ennemi et qui avaient triomphé; et dont la volonté avait refusé toutes les séductions du péché. Ceux-ci ont la récompense des "triomphants" qui n'est pas celle des enfants. Combien grandioses sont ceux-là qui sont arrivés à la pureté des enfants, après des guerres que les enfants ne connaissent pas. Leur pureté est le résultat des conflits et des guerres desquels ils sont sortis victorieux..... La pureté du cœur est un degré très élevé. Même si l'homme se purifiait d'un péché déterminé dont il était combattu, ceci ne serait pas la pureté complète. La pureté complète est la pureté de tous les péchés, sous toutes leurs formes et leurs espèces, soit en action, soit par la pensée, ou par les sens, ou par les sensations du cœur, ou par les chutes de la langue; soit dans la relation avec Dieu, ou avec les gens, ou avec soi-même. C'est une pureté totale, et non pas simplement une délivrance d'un péché déterminé qui te combattait. Le pharisien qui priait dans le temple, au temps de la prière du publicain, croyait qu'il était devenu pur, parce qu'il n'était "pas comme le reste des hommes, qui sont revisseurs, injustes, adultères," et qu'il n'était pas parmi ceux qui négligent de jeûner et de payer la dîme (Luc 18: 11-12). Tandis qu'il ne s'était pas purifié de l'orgueil, ni de la condamnation d'autrui, ni de la glorification et de la justification de soi-même.....C'est pourquoi il ne sortit pas justifié. Ne crois donc pas que tu es arrivé au degré de la pureté, si tu t'es débarrassé de quelques péchés qui te maîtrisaient. Mais la véritable mesure de ton arrivée à la pureté, c'est: Qu'aucun péché n'ait de pouvoir sur toi. Considère la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ: " Qui de vous me convaincra de péché ?" (Jean 8:46). Absolument quelconque péché. Cest pourquoi il a pu dire de Satan: "le prince du monde vient. Il n'a rien en moi" (Jean 14:30). Es-tu donc arrivé à ce degré de pureté de tout péché, de sorte que Satan n'ait rien en toi, soit grand ou petit ?! même pas parmi les petits renards qui détruisent les vignes, ou les péchés qui se déguisent dans les vêtements des agneaux.....? La véritable pureté commence par la détestation complète du péché sur la base d'une connaissance et d'une illumination réelle, et sur l'intelligence juste par l'Esprit-Saint de ce qui est bien et de ce qui est mal, "pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé" (Hébr,5:14), de sorte que la conscience soit complètement saine dans ses jugements, sans que Satan puisse la séduire en rien, et que toutes les actions de l'homme soient pures. Pourtant il y a ce qui est plus important que les œuvres visibles de l'homme, c'est: Que la pureté ait sa source dans le cœur, et qu'elle ne soit pas dans les apparences. Nous disons cela, car il y a plusieurs gens qui prennent soin d'une apparence de pureté et non pas de son essence. Par exemple, quand plusieurs orateurs parlent de la modestie de la femme, ils se concentrent sur ses habits et sa parure, sans s'inquiéter du mobile du cœur à cause duquel la femme a abandonné sa modestie. Tandis que s'ils s'occupaient du traitement du cœur à l'intérieur afin qu'il atteigne la pureté,....la modestie des vêtements et de la parure seraient spontanément parmi les résultats de cela....... Les mêmes paroles s'appliquent aux jeunes gens qui laissent leurs cheveux longs........ Par la pureté, nous ne voulons pas nettoyer le dehors de la coupe seulement. (Matt. 23). Le traitement des péchés de la langue, ne se borne pas aux exercices de silence. Car la cause des paroles erronnées est à l'intérieur du cœur. L'Ecriture dit: "Car c'est de l'abandonce du cœur que la bouche parle" (Matt. 12:34). Occupons-nous donc de la pureté du cœur, et les expressions seront spontanément pures. Prenez par exemple le mensonge. Il ne suffit pas que nous l'abandonnions de l'extérieur seulement, mais il faut que nous traitions ses causes à l'intérieur du cœur, qu'elles soient la crainte, ou l'orgueil, ou le désir d'arriver à un but déterminé. Car le mensonge est le résultat de ces fautes intérieures qui ont besoin de purification. Occupez-vous donc de l'intérieur. Là, certains demandent: Est-ce que je remettrai la pureté extérieure, jusqu'à ce que j'arrive à la pureté intérieure ?" Evidemment non. Mais le but, c'est que tu ne te contentes pas de la pureté extérieure, car Dieu veut le cœur avant toute chose. Garde-toi de la faute extérieure avec toute ta force; car souvent ses résultats comprennent d'autres personnes aussi........et en même temps traite l'intérieur, avec toute force, toute patience, et tout secours de la grâce. Ainsi, tes actions pures seraient issues d'un cœur pur; à condition qu'ils aient aussi un but pur et des moyens purs. Chaque action que tu fais serait pure en elle-même, pure dans les mobiles qui la motivent, et pure dans le moyen par lequel elle est accomplie. Est-ce que ceci serait la pureté parfaite? La pureté parfaite est un sujet long. Mais cela, c'est la pureté du péché. L'épreuve de la pureté. La pureté du cœur ne consiste pas à ne pas tomber dans le péché. Il pourrait y avoir, pour ne pas tomber, d'autres raisons que l'état intérieur du cœur. Nous en avons expliqué quelques-uns. Comme lorsque l'homme n'est pas combattu par le péché dans un certain temps; ou lorsque la grâce s'ingère, même sans que nous l'ayions appelée, et que ce soit elle qui aurait triomphé en nous. C'est pourquoi nous disons en ce qui concerne l'épreuve de la pureté: L'homme est considéré complètement pur, s'il entre dans toute guerre contre le péché, dans sa profondeur et sa violence, sans s'ébranler. Non seulement, il ne tomberait pas, mais il ne s'ébranlerait pas... Il y a beaucoup de gens qui sont combattus par le péché à cause de leurs convoitises et de leurs pensées, et non pas à cause de Satan. Car les guerres du démon sont très difficiles. Par exemple, l'histoire du jeune homme qui se plaignait à saint Bichoï en lui disant: Les guerres des démons sont devenues violentes contre moi;" tandis que le démon disait: "Je n'ai pas encore senti que cet homme s'est fait moine".... Le démon est très dur dans sa guerre. S'il pouvait avoir pleine liberté, il combattrait pour séduire même les élus. (Matt. 24:24). Si tu triomphes dans une guerre spirituelle, dis: "c'est probablement un petit combat".... Car Dieu dans sa miséricorde, ne permet pas que nous soyions combattus au-dessus de notre force de résistance. Peut-être que nous entrons dans des guerres légères et que nous y triomphons, non pas à cause de notre force ou de la pureté de nos cœurs, mais à cause de la faiblesse du combat. Si la guerre devenait lourde ou violente contre nous, nous succomberions......C'est pourquoi nous remercions Dieu pour sa grande miséricorde, au lieu de nous glorifier vainement en prétendant être purs....... Donc, ta pureté est éprouvée dans les guerres violentes et dures. Est-ce que tu y résistes, ou bien tu succombes? Il vaut mieux pour toi de t'écrier humblement disant: "Je ne suis pas plus fort que Solomon, le plus sage des habitants de la terre. Je ne suis pas plus fort que David, l'oint du Seigneur, l'homme de la flûte et de la harpe. Je ne suis pas plus fort que l'apôtre Pierre dans son zèle. Puisque le péché "a fait tomber beaucoup de victimes, et ils sont nombreux, tous ceux qu'elle a tués" (Prov. 7:26)......,la meilleure attitude c'est que je connaisse ma faiblesse, et que je dise que je ne suis pas encore arrivé à la pureté du cœur. Je prie chaque jour disant: "ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin." Es-tu entré dans des guerres violentes, et as-tu été victorieux?.....Donc, sache cette vérité: La guerre violente éprouve l'homme par sa continuité et son insistance.. Un homme pourrait triompher une fois dans une guerre violente. Mais, si elle demeurait contre lui pour longtemps, il pourrait faiblir devant elle, et il ne serait pas assez fort pour résister. Comme Samson qui, "comme elle était chaque jour à le tourmenter et à l'importuner par ses instances," faiblit finalement et se rendit (Juges 16: 16-17). La guerre violente éprouve l'homme aussi par sa variété et ses surprises..... Un homme pourrait triompher dans un combat déterminé. Mais dans un autre genre de guerres, sa résistance diminue et il ne tient pas. Le démon éprouve chaque personne. Il étudie ses côtés faibles, et il insiste violemment sur le point faible. Ses guerres deviennent plus dures, quand il attaque brusquement, sans préparation de la part de l'homme pour l'affronter. C'est là que la pureté est éprouvée. Quelle est donc la définition correcte de la personne qui a acquis la pureté du cœur? C'est la personne qui est devenue pure de tous les genres de péchés, par la pensée, par le cœur, par les sens, par la langue, par le corps, par l'action.........et qui est entrée dans des guerres contre l'ennemi, dans toutes leurs variétés, dans toute leur violence, dans toute leur insistance et leur continuité,...... et qui a lutté, et que la grâce a appuyée,......... qui a triomphé, et qui est demeurée triomphante..... C'est donc un très haut degré. Il n'est pas le commencement de la vie spirituelle, mais il pourrait être à la fin de la course, pour que nous méritions la béatification dont le Seigneur a dit: "Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu" (Matt. 5:8). Parmi les mesures de cette pureté: La pureté des pensées et des songes. En plus de la pureté du péché, il y a la pureté des pensées et des opinions. Un saint a dit: "ce ne sont pas seulement les actions extérieures qui font apparaître ta réalité, mais encore plus, tes pensées et tes opinions..." Il a donné un exemple de cela en disant: "Il se peut que trois personnes voient un homme se tenant debout dans l'obscurité. L'une des personnes penserait que c'est un voleur qui se cache jusqu'à ce qu'il trouve l'occasion de voler. La deuxième penserait que c'est un homme de mauvaise conduite qui attend une femme. Tandis que la troisième personne penserait que cet homme se tient debout dans l'obscurité afin de prier dans un endroit où personne ne le verrait. Ainsi les pensées et les opinions sont d'après l'état du cœur. En cela, l'Ecriture dit: "L'homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor" (Luc 6:45). Et comme dit le proverbe: "Tout vase déborde de ce qu'il contient......" C'est pourquoi, si tes opinions étaient mauvaises, ton cœur ne serait pas encore pur. L'homme qui a le cœur pur, a toujours des pensées pures, il ne soupçonne pas de mal. Autant qu'il lui est possible, il prend les faits avec innocence et pureté. Ainsi rien ne le scandalise, il ne condamne aucune action, sauf le péché évident qui comporte en lui-même sa condamnation. Dans le cas des faits qui possèdent deux faces, il prend la face lumineuse. C'est pourquoi, pareilles personnes sont en bons termes avec les gens, car elles n'attribuent de faute à personne, et elles excusent toute personne dans son comportement. Peut-être tu demanderais: "Est-ce que cela signifie que le cœur pur n'est pas combattu par les soupçons et les pensées mauvaises?" Nous disons:" oui, ils pourraient le combattre de l'extérieur, sans qu'ils soient issus de son intérieur. Mais au contraire, l'intérieur les refuserait, ne les accepterait pas, et les chasserait rapidement. La tromperie à laquelle certaines gens sont exposés ici, c'est de garder la mauvaise idée, ne serait-ce que sous le prétexte de l'examiner ou de la combattre, ou par un genre de curiosité afin de savoir comment cela finirait! Le résultat serait qu'il soit souillé par l'idée, et qu'il perde sa pureté. L'attitude correcte, c'est de chasser l'idée rapidement, car le cœur pur déteste les pensées erronnées et n'accepte même pas simplement de les examiner. Parmi les mesures de la pureté, donc, il y a la pureté des opinions et des pensées. La seconde mesure de la pureté, c'est la pureté des songes. Il pourrait se trouver un homme dont l'intelligence consciente se trouve sur ses gardes, en prenant soin de la pureté des pensées; tandis que les songes comporteraient beaucoup de fautes, parce que son subconscient contient un solde ancien de péchés dont il ne s'est pas encore purifié, ni de leurs images, ni de leurs histoires, ni de leurs souvenirs. Ou bien, sa mémoire est encore souillée par leur mauvais stock, ou bien il y a quelques sentiments dans le cœur, qui sont cachés dans ses profondeurs et qui ne se sont pas encore purifiés; et ceux-ci seraient la source de ses songes erronnées qui troublent la pureté de son esprit. Pareil homme a besoin de se purifier de son passé, de la même manière que de sa pureté de son présent. En tout cas, la pureté des songes nécessiterait une période de temps, jusqu'à ce que l'homme devienne dans un état complètement éloigné des mauvais songes. Avec le temps, et par le manque de répétition, les sources de ces songes disparaîtront de la mémoire. Le subconscient emmagasinera, à leur place, des choses pures et convenables à la vie de pénitence et de pureté qu'il vivra, et qui seraient une source de songes complètement purs. Parmi les mesures de la pureté, il y a donc, la pureté des pensées, des opinions et des songes......Il reste un autre degré pour les hommes parfaits ou mûrs, c'est: La pureté des choses vaines. C'est-à-dire la pureté des choses passagères ou vaines. Nous entendons par ces choses passagères ou vaines, par exemple, celui qui passe un long temps à parler de choses futiles, qui ne sont ni péchés, ni justice.......ou bien, celui qui passe son temps à penser à pareilles choses ou à s'en occuper......et qui montre par cela que sa pensée ou son cœur peuvent être préoccupés par des futilités, et qu'il pourrait à cause d'elles, perdre un temps qu'il aurait pu passer avec Dieu, dans des prières, des contemplations, ou des lectures spirituelles ou des cantiques, ou quoique ce soit d'utile qui convient à l'état du cœur pur. ....... Ces choses passagères ne sont ni bonnes, ni mauvaises en elles-mêmes. Mais elles sont des futilités qui entravent l'œuvre spirituelle positive. Ces futilités sont celles que l'apôtre nous a défendues en disant: "parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles" (2 Cor. 4:18). L'homme qui ne regarde pas les choses visibles, c'est celui dont le prophète David dit: "Pour moi, m'approcher de Dieu, c'est mon bien" (Ps. 73:28). Le rapprochement complet du Seigneur ne vient qu'avec la pureté du cœur. La pureté du péché est un état de sanctification que les pères n'appellent pas pureté de cœur. Mais ils l'appellent chasteté. La chasteté est un degré inférieur à la pureté. Dans beaucoup de ses significations, la chasteté est négative dans sa sainteté; elle signifie l'éloignement de la souillure et du péché. Tandis que la pureté est positive dans sa sainteté; elle est le rapprochement constant de Dieu, par la pensée, par le cœur, et par l'action. Elle vient comme une étape qui suit la chasteté. Elle se distingue par la purité des futilités....... Quelles sont donc ces futilités? Nous vivons dans un monde rempli de ces choses visibles passagères. Est-ce que nous fermerons nos yeux pour ne pas voir, en pratiquant la parole de l'apôtre: "ne regardant pas les choses visibles?" Non, nous ne fermerons pas les yeux, mais nous ne nous préoccuperons pas de ce que voyons et de ce que nous entendons. Quand nos yeux percevront quelque chose , nous passerons outre; et de même en ce qui concerne le reste de nos sens. On sait que "les sens sont les portes de la pensée". Nos intelligences réfléchissent à ce que nos sens ramassent; ou du moins il en pénètre une idée dans nos esprits; et alors nous sommes devant l'un de deux comportements: Ou bien la pensée de ces choses passe rapidement et disparaît comme la fumée; et ceci est l'un des états de la pureté du cœur. Ou bien l'idée s'établit en nous pour peu de temps, ou pour longtemps. Elle travaille à l'intérieur de nous par des degrés qui diffèrent quant à leur violence, et quant à leur durée, selon la pureté de chacun de nous. Les choses visibles pourraient éveiller des idées de péché à l'homme qui ne s'est pas encore purifié. Ces idées se transforment en lui en désirs et en convoitises.....Je ne parle pas de ceux-ci, car ils se rapportent au premier point qui est "la pureté du péché". Mais je dis que pareilles choses visibles pourraient éveiller dans l'homme de Dieu, non pas des idées de péché, mais des préoccupations et des soucis qui varient selon la pureté du cœur, selon sa mort par rapport aux choses terrestres, ou la mort des choses terrestres dans le cœur. Ces idées passagères, pour le moins, font perdre le temps. Le temps est une partie de ta vie. Dieu ne te l'a pas donné pour que tu le perdes, mais pour que tu en profites, pour le salut de ton âme, et pour la purification de ton cœur et de tes pensées, et pour l'attachement de tes sentiments à Dieu....Ne le perds donc pas dans des choses futiles. L'intelligence qui est préoccupée par des choses futiles, montre son peu d'amour pour Dieu. Car son cœur n'est pas uni à Dieu d'une union complète et constante; et il y a des choses futiles qui le préoccupent loin de Dieu, ne serait-ce qu'un bavardage inutile. Quand est-ce que tu te purifieras de tout cela, et il n'y aura dans ton cœur que Dieu seul? Le cœur pur d'une pureté parfaite, est le cœur qui est complètement mort par rapport à toutes les vanités du monde, afin de vivre exclusivement pour le Seigneur. Son intelligence est devenue non appliquée à ces choses visibles, par suite de sa préoccupation excessive de ce qui est invisible. L'intelligence travaille tout le temps et réfléchit tout le temps, mais ses pensées varient selon la matière dont elle s'occupe, Celle-ci est l'une de deux: ou bien des choses visibles, ou bien des choses invisibles. L'application aux choses divines invisibles est l'état de pureté exemplaire. La réflexion dans les choses passagères pourrait être un état moyen entre les idées de péché et les idées divines. Elle n'est pas un péché par rapport à l'homme ordinaire, mais c'est un état de défaillance en lui, qui pourrait évoluer et se transformer en péché. Les saints fuient cette défaillance qui montre que le cœur ne s'est pas parfaitement purifié des choses mondaines. L'apôtre saint Paul, en parlant de l'homme marié, dit qu'il "s'inquiète des choses du monde" (1 Cor. 7: 32-33). Il y a d'autres choses, à part le mariage, qui causent l'inquiétude des choses mondaines. C'est peut-être l'emploi, ou la famille, ou les études mondaines, ou quelqu'activité sociale, ou les biens, ou les convoitises de la chair en général.......Que chacun de nous s'examine lui-même afin de connaître les portes par lesquelles le monde entre en lui, avec ses vanités, et se trouve une place dans la pensée et dans le cœur. Là, j'aimerai distinguer entre deux mots: le travail et la préoccupation. Un homme pourrait travailler aux choses visibles, sans que les choses visibles travaillent en lui. Son esprit serait avec Dieu; comme les saints pères qui travaillaient la paille des rameaux dans le désert, tandis que leur cœur faisait le travail divin de la psalmodie, de la prière, et de la louange de Dieu. Ils travaillaient à ces choses visibles, sans les regarder, c'est-à-dire sans s'en préoccuper. Le Seigneur ne blâma pas Marthe parce qu'elle travaillait, mais parce qu'elle travaillait dans un état d'inquiétude et d'agitation. (Luc 10:41). Le travail n'était pas seulement dans ses mains, mais il avait atteint la pensée et le cœur qui s'en préoccupaient; et dans leur préoccupation, ils devinrent incapables de se vouer au Seigneur. Alors ils s'attachèrent à l'un, et méprisèrent l'autre, car "nul ne peut servir deux maîtres" en même temps (Matt. 6:24). Nous est-il donc possible de faire un travail sans nous en préoccuper, sans nous agiter, et sans nous inquiéter? Voilà ce qui est requis du cœur pur. "Je voudrais que vous fussiez sans inquiétude" (1 Cor. 7:32). Comment cela peut-il être? En rendant notre relation avec les choses visibles, une relation spirituelle, qui n'entre pas dans les profondeurs. Cela dépend de la portée de notre évaluation des choses. Plus la valeur d'une chose augmente à nos yeux, plus sa profondeur en nous et notre préoccupation par elle augmentent. C'est pourquoi, toutes les choses du monde n'avaient pas de valeur aux yeux de nos pères qui regardaient le monde comme mort, et qui le comptaient "comme de la boue, afin de gagner Christ" (Phil. 3:8), quelle que soit leur valeur aux yeux des autres qui regardent les choses visibles......Par conséquent, ces choses ne les inquiétaient plus. Ils ne s'agitaient pas pour elles, mais ils vivaient en paix. La parole de l'apôtre saint Paul s'applique à eux: "et ceux qui usent du monde comme n'en usant pas" (1 Cor. 7:31). Mais souvent nous oublions nos âmes et nos spiritualités. Par exemple, nous entendons une certaine nouvelle, ou bien nous lisons à propos d'un certain accident, ou bien nous entrons dans une discussion....et là, nous oublions que notre cœur et notre intelligence sont tous deux pour le Christ. Nous demeurons à parler, à commenter, et à discuter. Nous exprimons des opinions, nous nous enthousiasmons en répondant à ceux qui objectent. L'affaire pourrait ne rien mériter de tout cela. Mais pourtant elle domine, non seulement nos langues ou nos pensées, mais aussi nos nerfs et nos émotions...Là, "les eaux seraient entrées dans nos âmes", et nous serions devenus inquiets et agités pour beaucoup de choses; tandis que nous ne serions pas appliqués à la seule chose nécessaire; mais nous penserions que "nous la rappellerions quand nous en trouverons l'occasion." (Actes 24:25). Nous rentrerions dans nos maisons, avec le sujet demeurant en nos esprits et peut-être aussi, nous le verserions dans les esprits des autres, et nous les en préoccuperions. Les idées ne sont pas stériles, mais elles donnent naissance á d'autres idées. L'idée pourrait s'approfondir dans notre subconscient, et donner naissance á des rêves et des soupçons. Nous pourrions nous tenir debout pour prier, avec notre intelligence distraite dans beaucoup de pensées. Cela serait parce que nous aurions donné à ces pensées, de la profondeur en nous; et alors elles nous auraient dominés......Prends garde, ne donne pas aux choses de ce monde, de la profondeur dans ta pensée, tes sentiments et ton temps. Si l'habitude ancienne te dérobe, réveille-toi rapidement, et dis au Seigneur avec le psalmiste: "Détourne mes yeux de la vue des choses vaines" (Ps.119:37). Le réveil de l'intelligence, et la lutte avec les pensées, précèdent la pureté de l'intelligence et du cœur. Saint Amba Hor disait à son disciple: "Regarde, mon fils, ne fais pas entrer dans cette cellule un mot étranger." Il voulait dire: un mot étranger à Dieu et à son royaume. Saint Jean le Nain se secouait les oreilles avant d'entrer dans sa cellule, afin que les discussions qu'il avait entendues des autres, n'y entrent pas...... Cela est une lutte négative........quant au côté positif: Nous avons besoin d'être étrangers au monde, et d'occuper continuellement notre pensée par des choses divines. Le sentiment de l'homme d'être étranger au monde, fait qu'il ne s'ingère pas aux choses du monde, à ses accidents, ses nouvelles, ses conversations, et ses troubles. Si quoique ce soit parmi cela, lui arrive, il ne réagit pas et ne répond pas, en se disant à lui-même: "Je suis étranger, quelle affaire ai-je avec cela?" Ainsi, la préoccupation de sa pensée aux choses divines, le rend non appliqué aux choses du monde, mais plutôt il les repousse, parce qu'elles entravent sa préoccupation continuelle par les choses divines. Là, il dit: "Combien j'aime ta loi! Elle est tout le jour l'objet de ma méditation" (Ps. 119:97). Quand est-ce que donc, le cœur et la pensée arrivent-ils à la pureté? Quand l'homme se débarrasse du péché, et quand il se purifie des rêves, des opinions et des soupçons, et quand il se purifie des vanités..... Tout ceci est du côté négatif, quoi donc du côté positif? Le côté positif de la pureté. Dans la pureté du cœur, l'amour de Dieu le maîtrise au lieu de l'amour du monde. Il fait toute chose en vue de son amour pour Dieu, et non pas seulement en exécution de ses commandements. Même quand il quitte le péché, il le quitte parce qu'un amour beaucoup plus profond a pris sa place, et lui a fait sentir, d'une façon pratique, la futilité de l'amour et aussi de la souillure du péché. Avec l'amour de Dieu, la pureté entre dans un nouveau rôle positif. Alors apparaissent dans la vie de ce pénitent les fruits du Saint-Esprit, dont l'apôtre a dit: "Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; .....La loi n'est pas contre ces choses" (Gal. 5:22). C'est-à-dire qu'il est transféré de l'étape de la loi et des commandements, à l'étape de l'amour...... Ta relation avec D |