|
Chapitre 4 L'Histoire du Moulin Nous retournons à l'histoire du louage du moulin, où le moine Mina réussit à vivre par un permis officiel, sans le dire à personne, et où l'intérêt divin parut très claire. Le père vénérable, Hygoumène Mikhaïl Daoud, dit, dans ses mémoires de cette histoire, que le père solitaire Mina avait fait, par hasard, la connaissance du Dr. Hussein Fouad Rachéd, le directeur par délégation du Département des Antiquités Arabes, en ce temps-là, pendant que ce dernier visitait le monastère d'El Baramous en 1933, avec un visiteur Américain qui était le directeur de la Faculté de Théologie à New York. Ce visiteur collectionnait ce qu'il trouvait comme information pour écrire un livre sur le monasticisme Copte. Quand les deux sortirent du monastère d'El Baramous, un bédouin leur proposa de visiter le moine solitaire Mina dans sa cave, qui est à une heure de marche du monastère. Quand ils arrivèrent à la cave, le moine Mina les accueillit chaleureusement et les fit entrer. Ils s'asseyèrent sur une couverture qui fut couverte d'un nouveau drap blanc. Le visiteur dit: Je suis venu en Egypte spécialement parce que je veux écrire un livre sur l'origine du monasticisme et sur son établissement en Egypte. Pour cela, j'essaie de me renseigner sur les enseignements du père de tous les moines, St. Antoine, des pères du désert de Chéhite et des pères de l'Eglise Copte Orthodoxe, à l'histoire très ancienne. J'ai fait de grands efforts en faisant des études dans la bibliothèque du patriarcat et de la Musée Copte. J'ai aussi visité les monastères de la Vallée de Natroun et j'ai pris des informations d'ici et de là. Mais je trouve qu'elles sont insuffisantes. Et voici que par hasard nous nous sommes approchés de votre cave et que nous sommes venus vous visiter quand le bédouin nous l'a proposé. Là, nous citons la conversation que Dr. Hussein Rachéd raconta lui-même à Hygoumène Mikhaïl Daoud, avec qui il avait une grande amitié depuis que Père Mikhaïl avait été ordonné comme prêtre de l'autel de l'Eglise de la St. Vierge Marie à Roude El Farag. Dr. Hussein dit, en parlant de ses mémoires de cette rencontre très intéressante dans la cave du solitaire: Dès que le visiteur Américain eut fini l'introduction de son discours et le but de sa visite de l'Egypte et de faire le tour des monastères coptes et des bibliothèques, le moine Mina, notre hôte, commença à raconter la vie des pères du monasticisme, comme St. Antoine, St. Anba Paul le premier ermite, St. Anba Makar le Grand, le père du désert de Chéhite, et St. Pachomious, le père de la vie en communion. Ensuite, il lut certaines parties des livres du très grand en connaissance, St. Isaac El Souryani, en expliquant la philosophie du monasticisme et ses méthodes et comment un moine peut se préparer pour recevoir les dons de Dieu. Le résultat de cette conversation agréable fut que le visiteur Américain dit que tout ce qu'il avait collectionné comme informations dans deux mois était très minuscule à côté de ce qu'il venait d'apprendre par le moine solitaire Mina. Quand la visite fut terminée, le visiteur Américain fit sortir de sa poche de la monnaie en argent, disant au moine Mina que c'était un très petit cadeau, comme souvenir de cette visite. Mais il refusa d'accepter le cadeau, en disant: Je n'ai point besoin de cet argent, car son amour est à l'origine de tout mal et il est un obstacle sur le chemin de la solitude. Dr. Hussein Rachéd dit: En ce moment, je ne pus qu'exprimer ma grande gratitude à ce moine pieux. Alors, je lui dis: "Je vous remercie, mon père. Vous nous avez levé la tête haut et vous avez honoré l'homme Egyptien." Je fis sortir ma carte personnelle et je lui dis: J'espère pouvoir vous offrir une preuve pratique de la profondeur de mon appréciation et de mon respect pour vous. Les jours passèrent… Quand le père solitaire Mina voulut habiter à un des moulins de vent à la Montagne de Moqquattam, il alla d'abord se promener entre les moulins qui étaient à la montagne Est, près du monastère de l'Ange Mikhaïl El Kébli, car c'était son habitude dès qu'il avait mis le pied au Caire Ancien dans le monastère de l'Ange El Kébli. Il montait la montagne après avoir prié la Messe Divine et après avoir servi les sept moines, pour passer un peu de temps à méditer et à prier. Une fois, il rencontra par hasard un garde des antiquités qui l'avait vu contempler les moulins et aller de l'un à l'autre. Il lui demanda ce qu'il faisait, alors il lui répondit: Je voudrais habiter cette montagne, dans un des moulins. Le garde dit que ce lieu était un lieu d'antiquités, qu'il était défendu à qui que ce soit d'y habiter, à moins qu'il n'obtienne un permis du directeur des Antiquités Arabes, et que personne n'avait jamais obtenu un tel permis. A ces mots, le moine Mina se réjouit en se rappelant du Dr. Hussein Rachéd, qui lui avait donné sa carte personnelle après la visite de l'homme Américain à la cave de la Vallée de Natroun, et qui lui avait promis de lui offrir une preuve pratique de la profondeur de son appréciation et de son respect pour lui.
|