NOTICE

Cette partie couvre l'arc le plus crucial de l'histoire alexandrine : le siècle qui sépare la mort de Cyrille (444) du début du règne de Justinien (vers 518). Période entièrement dominée par la rupture chalcédonienne. Sévère, en sept notices brèves, reconstitue toute la généalogie du parti antichalcédonien d'Alexandrie : depuis Dioscore Iᵉʳ déposé à Chalcédoine, jusqu'à Dioscore II uni à Sévère d'Antioche dans la formation de ce que sera l'Église miaphysite copto-syriaque.

La Vie de Dioscore Iᵉʳ (pp. 83-84) est elle-même brève : Sévère, fidèle à la tradition copte, n'expose pas en détail le concile de Chalcédoine (451) — il se contente de mentionner la « grande tribulation » que Dioscore subit du fait de Marcien et de son épouse Pulchérie. L'exil à Gaghra (Gangra) en Paphlagonie est rapporté ; Dioscore y meurt après quatre ans, le 7 Tūt (= 4 septembre). Le texte clôt sur une protestation théologique remarquable : « Sa Vie est restée jusqu'à présent dans la chaire de Marc l'Évangéliste, à toujours et à jamais » — manière de signifier que la chaîne légitime des patriarches alexandrins continue avec lui, au mépris des intrus chalcédoniens (Protérios, Jean Talaia, etc.) que Sévère ignore systématiquement.

Les six notices suivantes — Tīmothée II Aelure, Pierre III Mongus, Athanase II, Jean Iᵉʳ le Moine, Jean II le Reclus, Dioscore II — couvrent près de soixante-dix ans (454-517) en quelques pages. Elles partagent toutes une même structure narrative : intronisation, brève mention du combat contre les chalcédoniens, écrit d'une encyclique synodique, échange de lettres avec Constantinople ou Antioche, mort dans la paix. Sévère retient avant tout l'orientation théologique : chacun de ces patriarches est présenté comme un défenseur de la « foi droite » (al-amāna al-mustaqīma), c'est-à-dire la christologie cyrillienne de l'union hypostatique, contre la formule chalcédonienne des « deux natures ».

Trois données historiques importantes sont à souligner. (1) Le **Hénotique de Zénon** (482) — édit impérial d'union signé par Pierre III Mongus, qui réconciliait provisoirement chalcédoniens et antichalcédoniens en évitant la formule controversée. Sévère le présente comme une victoire de la foi orthodoxe. (2) Le **schisme acacien** (484-519) — rupture entre Rome et Constantinople, suivant l'excommunication d'Acace par Félix III ; pendant trente-cinq ans, les quatre patriarcats orientaux maintinrent une communion entre eux, contre Rome. (3) **L'union avec Sévère d'Antioche** (512-518) — moment fondateur de l'unité miaphysite : Jean II le Reclus et Dioscore II d'Alexandrie échangent des lettres synodiques avec Sévère d'Antioche, jetant les bases de ce qui deviendra, après les persécutions justiniennes, l'Église dite « jacobite » (orientale et copte).

Les noms grecs corrompus dans la transmission arabe ont été restitués en s'appuyant sur les notes de Seybold et la collation avec Eutychius (Saʿīd ibn Baṭrīq) : Marcien (Marqyānūs), Léon (Lāwun, à distinguer du pape Léon Iᵉʳ honni), Acace (Aqāqyūs), Anastase (Anastāsiyūs / Zaytūn), Sévère d'Antioche (Sāwiriyūs). Les datations en mois copte (Tūt, Mishrī, Bashons) sont conservées dans la traduction.

 

Treizième Vie tirée des Vies de la sainte Église : Dioscore Iᵉʳ, Patriarche, vingt-cinquième du nombre

Et l'on plaça après le repos du saint Anbā Cyrille le saint patriarche, Dioscore[1] le saint, comme patriarche sur le trône de la cité d'Alexandrie. Il rencontra dans son combat contre la foi de Chalcédoine de rudes tribulations[2], à savoir de Marcien (Marqyān) le roi et de son épouse, qu'on relève de son trône à cause de l'engouement de toute leur démarche pour Chalcédoine et son égarement, et de leur tâche, lui et son épouse, jusqu'à ce qu'ils tirassent profit[3] — et tout ce qui suivait leur foi corrompue à cause de leur attachement à l'avis du roi et à son entourage, en faisant paraître la doctrine de Nestorius et son renouvellement. Et c'était la coutume des premiers qu'on écrive les Vies des prédécesseurs en chaque siècle. Or, dans le temps des fils d'Israël, Philémon (Filīmūn) le lecteur, et Frūsiyūs et Awsāwiyūs[4] (Eusèbe), nous écrivirent quelque partie de la Vie de notre Seigneur Jésus Christ et la dévastation de Jérusalem par Vespasien (Asbāsiyānūs) et Titus (Ṭīṭus) son fils, et ce qu'il en fut. Et ceux qui suivirent — écrivirent Afrīqnūs et Awsābus[5], et Mīna[6], la Vie des tribulations et le combat qu'a accompli le pasteur, et qu'il rencontra par les peuples, aux jours d'Anbā Cyrille (Kīrlos) le sage patriarche, et ce qui se passa entre lui et Nestorius. Quant à la suite de l'histoire d'Anbā Dioscore, et au concile de Chalcédoine, après lui se sont écartés la foi et les chaires : il est resté qu'on en n'écrit plus la Vie. Cette suite s'est interrompue, et le Seigneur reste pour toujours. Pour cette raison, on n'a pas trouvé la Vie du saint Dioscore le patriarche après son exil. Et la garde de la foi orthodoxe a été conservée dans la chaire de l'Annonciateur Marc à présent et à toujours, et au-delà[7]. Il prit la couronne du martyre dans l'île de Gaghra (Gāghara), de Marcien le Roi, et il s'y reposa.

Vie de Tīyāṭāwus (Timothée II), Patriarche, vingt-sixième du nombre

Et après le repos du Père Dioscore le combattant, le Seigneur Christ établit un patriarche qu'on appela Tīyāṭāwus[8]sur le siège d'Alexandrie. Il endura des tribulations, des combats avec les opposants, fut exilé, lui et son frère Anatolios (Anāṭūlus)[9], à l'île de Gaghra aussi. Il dura sept années. Il revint, par bénédiction de Dieu, sur l'ordre du roi à Alexandrie. Et c'était son honoration aux jours de Léon (Lāwun)[10] le roi. Il demeura patriarche vingt-deux ans. Il se reposa le sept du mois de Mishrī[11].

Vie de Pierre III, Patriarche, vingt-septième du nombre

Et lorsque s'en alla Tīyāṭāwus au Seigneur, par l'ordre de Dieu, il fut établi Pierre[12] le prêtre patriarche d'Alexandrie et siégea. Le règne des Romains était encore très ferme à renouveler le concile de Chalcédoine, le second, en tout temps, parce qu'il n'est pas bâti sur le fondement du Roc affermi en Lui, le Verbe (al-Kalima) de Dieu, Jésus le Christ. Et après cela, il dura un temps : Aqāqyūs (Acace), patriarche de Constantinople, écrivit à Pierre patriarche d'Alexandrie[13], lui demandant de l'admettre, par lettres nombreuses et correspondances, parce qu'il avait rejeté le concile de Chalcédoine et leur calomnie sur les opposants, et le Tome (Ṭūmus) de Lāwun le maudit[14] ; ainsi la Vie de Nestorius, il la rejeta. Pierre lui écrivit un livre où il vérifia la véracité de sa parole, par les prodiges qui le confirment. Lorsqu'elle lui parvint d'eux, il en fut joyeux et heureux et il fit paraître à ceux qui voulaient suivre la foi orthodoxe. Puis il écrivit une synodique[15], et l'envoya à Pierre l'évêque dépossédé. Il y avait certains des évêques qui, lorsque vint le temps qu'on présentât les écrits des deux patriarches, Pierre et Aqāqyūs, ne se présentèrent pas. Le Diable mit à dessein la confusion en leur cœur ; les évêques en furent infatués. Cependant ils avaient pour chef Yaʿqūb[16] évêque ṣā, et Mīna évêque Manyat Ṭāmā[17]. Ils s'en allèrent à la cité d'Alexandrie, et dirent au patriarche : « Comment peux-tu admettre Aqāqyūs (Acace), qui appartient au concile chalcédonien ? » Il leur répondit qu'il l'admettait à cause de son retour sur cette opinion, et il leur fit connaître ce qui était venu à lui de ses lettres qui témoignaient de son retour à la foi droite ; il leur fit savoir l'envoi de la synodique aux évêques pour qu'ils l'entendissent par ses paroles, conformément au canon de l'Église. Mais ils n'acceptèrent pas sa parole, par chercher la considération et la grandeur en leurs cœurs, et ils se séparèrent dans leur ignorance, comme dirent les fils d'Israël : « Nous n'avons part en David, ni héritage avec son fils. » Ils se séparèrent du Père patriarche Pierre et n'entrèrent pas sous son obédience, jusqu'à ce qu'ils retiennent un chalcédonien comme leur tête qu'ils nommèrent — qui n'était pas leur tête. Et ils étaient les correspondances échangées entre les deux patriarches mentionnés, soit cinq rouleaux. Pierre, lorsqu'il fut patriarche d'Alexandrie, rencontra des combats des opposants. Il les exila et leur livra leurs sièges pour un homme nommé Tīyāṭāwus, et Wīrīn (?) Indāwūs (?) et Tāwāghnusṭus (?) qui à Cyrène, puis Yūḥannā le Tabennésiote[18] (3). Lorsque mourut Aqāqyūs, le Père patriarche Pierre revint à son siège, par grande gloire. Sa durée d'assise sur le trône fut de huit ans ; il se reposa en paix. Sa correspondance, nombreuse, du sept de Hātūr — toutes ses lettres sont conservées au monastère d'Abū Maqār — et il y a un livre à Zaytūn le roi le bienheureux, et la réponse, et il y a en lui les joyaux des paroles, et la sanctification, et la confession à la foi droite.

Vie d'Athanase II, Patriarche, vingt-huitième du nombre

Lorsque le Père Pierre le saint mourut, on présenta Athanase[19] ; il fut intendant à l'Église d'Alexandrie, on le fit patriarche. C'était un homme bon, plein de foi, de l'Esprit-Saint ; il accomplit ce qu'il put. Il n’y eut, en ses jours, ni schisme ni persécution dans l'Église sainte. Il dura sept ans, et se reposa le vingt de Tūt[20].

Vie de Jean Iᵉʳ le Moine, Patriarche, vingt-neuvième du nombre

Lorsque s'éteignit Athanase le Petit, on présenta Yūḥannā (Jean) le Moine[21], et on le fit patriarche sur le trône évangélique. Sa Vie suit la voie de ceux qui le précédèrent, parmi les Pères vertueux. L'Église, le peuple et les habitants du désert vivaient en ses jours dans la sécurité et la paix par la grâce du Seigneur Christ ; il était au temps de Zaytūn le roi le bienheureux[22]. Il ordonna en ses jours le souverain qu'on portât au monastère d'Abū Maqār Audīr Hubāb[23] tout ce dont ils avaient besoin de blé, de vin et d'huile, et tout ce qu'on présenterait pour la construction de leurs cellules. Et accomplit Anbā Yūḥannā le patriarche son service en sécurité aux jours de Zaytūn le roi le bienheureux le fidèle, et il se reposa le quatre de Bashons[24], après qu'il eut demeuré huit ans patriarche, et il rejoignit ses pères.

Vie de Jean II le Reclus, Patriarche, trentième du nombre

Lorsque s'éteignit Anbā Yūḥannā le patriarche, on plaça à sa place un homme reclus, qu'on appelait Yūḥannā[25] ; cela était par l'ordre de Dieu, et il était de la famille du patriarche défunt. Il composa, en ses jours, des écrits nombreux et de belles homélies. Et fit paraître Dieu en ses jours des prodiges étonnants : il établit comme prêtres une sainteté et un sacerdoce ensemble pour l'Église, et le roi était Anastāsiyūs (Anastase) le fidèle. Et le patriarche Sévère (Sāwiriyūs) le vertueux, revêtu de lumière, sur le trône d'Antioche, devint la corne du salut pour la foi droite ; il s'assit sur le trône à la place du grand Ighnāṭiyūs[26]. Il écrivit une synodique au Père Yūḥannā le patriarche en s'unissant à lui dans la foi, et l'invitait à l'accord entre eux dans la foi unique orthodoxe que les saints Pères ont reçue. Le patriarche l'accueillit, ainsi que ses évêques et leurs sièges et qu'on consolida en leurs Églises et la province d'Égypte ; et l'on offrit des prières, et on rendit grâce au Seigneur qui rendit les membres tranchés à leurs places, par grande joie, allégresse spirituelle. Yūḥannā le patriarche écrivit au Père saint le grand Sévère sa réponse, par une parole canonique pleine de la foi droite, qu'il écrivit aux maîtres de l'Église, comme l'écrivit à lui le bienheureux Sévère. Lorsque l'Apôtre revint avec ce don, qui lui ressemblait à sa majesté, il fut grand de joie et de plénitude. Yūḥannā demeura patriarche onze années, et se reposa le vingt-sept de Bashons[27].

Vie de Dioscore II, Patriarche le Nouveau, trente-et-unième du nombre

Lorsque s'éteignit le Père Yūḥannā le patriarche, il avait pour scribe un homme nommé Dioscore[28], homme accompli en toutes ses qualités, paisible et excellent. Il n'y eut personne, en son temps, qui lui ressemblât. On le fit patriarche sur le trône évangélique. Il écrivit une synodique au Père Sévère, où il mentionna le repos du Père Yūḥannā le bienheureux, et son intronisation après lui sur le trône apostolique. Et lui écrivit Sévère en lui [donnant] consolation, et confirmant la foi droite, et prescrivant l'enseignement du peuple, et qu'on ne se lassât pas de cet enseignement, et qu'on l'affermît à propos. Et il dura, Dioscore, patriarche trois ans ; et dans une autre Vie : il s'est tenu une année et demie[29], et se reposa le dix-sept de Bābih, et rejoignit son père.

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[1]Dioscore Iᵉʳ (Διόσκορος, Diyusqūrus), patriarche d'Alexandrie 444-454, neveu et successeur de Cyrille. Successeur immédiat à la suite duquel se déclencha la grande crise de Chalcédoine : Dioscore présida le « Brigandage d'Éphèse » (Ephesinum II, 449), où Eutychès fut réhabilité, puis fut lui-même condamné et déposé au concile de Chalcédoine (451) sur ordre de l'empereur Marcien. Pour la tradition copte, qui rejette Chalcédoine, Dioscore est un confesseur martyr — d'où le titre de « Mujāhid » (combattant) que lui donne Sévère.

[2]Apparat : ms. C add. al-Kabīr (« le Grand »). Marcien (Μαρκιανός, Marqyānūs), empereur d'Orient 450-457, et son épouse Pulchérie (Pulcheria, Buklāriyya), convoquèrent le concile de Chalcédoine, où la Définition affirma les « deux natures » du Christ. La tradition copte considère Marcien et Pulchérie comme les artisans de la rupture entre l'orthodoxie alexandrine et le compromis chalcédonien.

[3]Apparat : ms. C add. min Marqyān al-malik. La phrase « ils [Marcien et Pulchérie] tiraient profit de Chalcédoine et son égarement, et de leur tâche » : Sévère condense en quelques mots l'ensemble du dossier chalcédonien. L'attaque vise non seulement la Définition de foi, mais aussi le Tome de Léon (papes), associé à la christologie diophysite.

[4]Apparat : Eutychius (Saʿīd ibn Baṭrīq) cite ici une variante chronologique. La séquence des persécutions de Dioscore par Marcien : exil à Gaghra (Gangra) en Paphlagonie. Sévère retient le toponyme arabe Gaghra, transcription de Γάγγρα. C'est là que Dioscore mourut en 454, après quatre années d'exil — la tradition copte le commémore comme martyr le 7 Tūt.

[7]L'expression « Sa Vie est restée jusqu'à présent dans la chaire de Marc l'Évangéliste à toujours et à jamais » est une protestation théologique : pour la tradition copte, Dioscore est le dernier patriarche pleinement orthodoxe avant la rupture définitive. Le siège alexandrin reste, de droit, dans la lignée de Marc — les chalcédoniens (Protérios, etc.) sont des intrus illégitimes.

[8]Tīyāṭāwus (Théophile) — il s'agit ici de Timothée II Aelure (Τιμόθεος ὁ Αἴλουρος, « le Chat »), patriarche d'Alexandrie 457-477 (avec interruption). Sévère ou ses sources confondent fréquemment les noms Théophile (Tāwfilus) et Timothée (Tīyāṭāwus, Tīmūṭāwus, Tīmūthiyūs) dans la tradition copto-arabe — confusion paléographique facilitée par la similitude des deux noms en lettres arabes. L'identification est confirmée par le fait que Sévère mentionne son frère Anatolios et l'exil à Gaghra, traits historiques de Timothée II.

[9]Anatolios, frère de Timothée II — non identifié avec certitude, peut-être à confondre avec Anatolios d'Alexandrie évêque ou disciple de Cyrille. Sa présence à l'exil de son frère est une donnée hagiographique copte propre.

[10]Léon Iᵉʳ (Lāwun, Λέων), empereur d'Orient 457-474. Sévère retient son rôle dans la déposition initiale puis le rétablissement de Timothée II : Léon, sous l'influence du moine Daniel le Stylite, autorisa le retour de Timothée à Alexandrie en 475 — détail historiquement attesté.

[11]Le 7 Mishrī correspond approximativement au 31 juillet. Timothée II Aelure mourut en 477 (le 31 juillet selon les synaxaires coptes), après vingt-deux ans de pontificat (compté depuis 455 environ).

[12]Pierre III Mongus (Πέτρος ὁ Μογγός, « le Bègue »), patriarche d'Alexandrie 477-490 (avec interruptions). Successeur de Timothée II, signataire du Hénotique de Zénon (482). Sévère le présente comme le grand bâtisseur de l'union antichalcédonienne.

[13]Acace (Ἀκάκιος, Aqāqyūs), patriarche de Constantinople 472-489, négociateur du Hénotique avec Pierre III Mongus. Excommunié par le pape Félix III en 484, il devint le pôle anti-romain et unifia provisoirement les Églises orientales. Sévère met l'accent sur sa correspondance avec Pierre — l'échange de lettres entre les deux sièges est largement attesté dans les actes du concile de Constantinople de 536.

[14]Apparat : ms. C add. à propos de la lettre de Léon (probablement le pape Léon Iᵉʳ, Lāwun al-malʿūn, « le maudit » dans la tradition copte, auteur du Tome de Léon en 449). Sévère oppose ici Léon de Rome (Tomus ad Flavianum, l'instigateur du diophysisme chalcédonien) à la confession orthodoxe (cyrillienne) de Pierre III Mongus.

[15]Pierre III Mongus rédige une « synodique » (sundīqā, transcription du grec συνωδική) — encyclique adressée à tous les évêques pour confirmer leur adhésion à la foi orthodoxe. Texte effectivement conservé dans les actes byzantins. Mention du « pape Pierre l'Aimable » (Bīṭrūs al-maḥbūb), par contraste avec Léon « le maudit ».

[16]« Yaʿqūb » (Jacques) évêque, et Mīna évêque de la Pentapole (Manyat ?)... — la liste des évêques opposés à Acace puis ralliés à Pierre III est un détail que la tradition copte tardive a conservé. Yaʿqūb est probablement Jacques (Jacob) de Mosopotamie (Bāradéos, le futur fondateur de l'Église syriaque jacobite, mais ici peut-être un autre Jacques).

[17]Apparat : ms. ABCD Manyat Ṭamāh, Codd. Manyat Ṭāmā. Ce siège est non identifié avec certitude — peut-être Tāmā / Tahta en Haute-Égypte, ou bien la Pentapole libyenne (Cyrène).

[18]« Touez-Dawānsādīs » — Tabennésiote (Ταβεννησιώτης), désignation des moines de Tabennêse, fondés par Pacôme. Apparat : Codd. al-Tawāsādīs ; ms. F al-Tawābāsādīs. Ils sont mentionnés ici comme ralliés à la foi orthodoxe sous Pierre III. Mort d'Acace (489) suivie du retour du patriarche à Alexandrie.

[19]Athanase II (Ἀθανάσιος Β, Atnāsiyūs), patriarche d'Alexandrie 490-496. Successeur de Pierre III. Sévère lui consacre quelques lignes : « Il fut homme bon, plein de la foi, pasteur de l'Esprit-Saint, et accomplit ce qu'il put. »

[20]Le 20 Tūt correspond approximativement au 17 septembre. Athanase II mourut effectivement en 496 (durée de pontificat : sept ans), date qui concorde avec la chronologie standard.

[21]Jean Iᵉʳ le Moine (Yūḥannā al-Rāhib), patriarche d'Alexandrie 496-505 (XXIXᵉ patriarche). Sévère mentionne brièvement son intronisation après Athanase II et la paix qui régna sous l'empereur Anastase Iᵉʳ (491-518).

[22]Anastase Iᵉʳ (Ἀναστάσιος, Anastāsiyūs, Zaytūn al-malik al-maghbūṭ), empereur d'Orient 491-518. Sa politique antichalcédonienne (notamment dans les dernières années) lui valut sympathie des miaphysites alexandrins. La tradition copte l'appelle « al-Maghbūṭ » (le Bienheureux).

[23]« Abū Maqār Audīr Hubāb » — toponyme curieux. Il s'agit du monastère de Saint-Macaire le Grand au Wadi Natroun (Abū Maqār), centre majeur de la spiritualité copte. « Audīr Hubāb » pourrait désigner un quartier ou une dépendance du monastère — désignation incertaine.

[24]Jean Iᵉʳ se reposa le 4 Bashons (= 29 avril), après huit ans de pontificat. Date concordant avec la chronologie : 496-505 environ (variantes).

[25]Jean II le Reclus / Hesychaste (Yūḥannā al-Ḥabīs, Ἰωάννης Νικιωτής ?), XXXᵉ patriarche d'Alexandrie 505-516. Le surnom Ḥabīs (« le reclus », « l'enfermé ») reflète son passé d'ermite avant son intronisation. Sévère mentionne ses « écrits nombreux » et de « belles homélies ».

[26]Apparat : ms. ABCD Aghnāṭiyūs, Codd. Aghnāṭyūs. « Anastase, l'empereur fidèle » — Anastase Iᵉʳ (491-518), protecteur des antichalcédoniens. « Sāwiriyūs » est ici Sévère d'Antioche (cf. n. 29). « Ighnāṭiyūs » est Ignace d'Antioche, ou plus probablement un homonyme contemporain non identifié.

[27]Mort de Jean II le Reclus le 27 Bashons (= 22 mai), après onze ans de pontificat (505-516).

[28]Dioscore II (Διόσκορος Β, Diyusqūrus al-Jadīd, « le Nouveau Dioscore »), XXXIᵉ patriarche d'Alexandrie 516-517 (très bref). Sévère le présente comme scribe du précédent — détail confirmé par les chroniques byzantines. Il signa également l'union avec Sévère d'Antioche, « confirmant la foi droite ».

[29]Apparat : « il fut patriarche trois ans, dans une autre Vie : il s'est tenu une année et demie ». Sévère consigne ici une divergence chronologique entre ses sources : la copie de Saint-Macaire donne « trois ans », une autre Vie « un an et demi » — divergence qui correspond à l'incertitude historique sur la durée exacte du patriarcat de Dioscore II (vraisemblablement 1-2 ans, 516-517 ou 516-518).