TEXTE NON RÉVISÉ, NON VALIDÉ ET NON COMMANDÉ PAR L'ÉGLISE COPTE ORTHODOXE. TRADUCTION PRIVÉE PROPOSÉE AU LECTEUR.

- + -

LA LAMPE DANS LES TÉNÈBRES

pour éclairer le Service liturgique

Encyclopédie liturgique de l’Église copte

par le prêtre

Abū l-Barakāt

connu sous le nom d’Ibn Kabar

(mort en 1324)

 

--- Acheter le livre sur Amazon ---

 

 

La Lampe dans les Ténèbres

pour éclairer le Service liturgique

Encyclopédie liturgique de l’Église copte

Volume II — Chapitres 13 à 24

Auteur : Abū l-Barakāt Ibn Kabar (mort en 1324)

Surnommé Shams al-Riʾāsa

 

Édition et traduction française par

Coptipedia.com

Copyright © 2026

Tous droits réservés.

 

Aucune partie de cet ouvrage ne peut être reproduite, distribuée ou transmise sous quelque forme que ce soit, ni par quelque moyen que ce soit, sans l’autorisation écrite préalable de l’éditeur, sauf dans le cas de brèves citations dans des articles critiques et certains autres usages non commerciaux autorisés par la loi sur le droit d’auteur.

 

Première édition — 2026

 

Sommaire

 

Volume II — Chapitres 13 à 24

 

Préface de l’éditeur (1992)

 

Chapitre 13 — Sur les diacres

Chapitre 14 — Sur le monachisme, les moines et la gestion des monastères

Chapitre 15 — Sur le saint Baptême (al-Taʿmīd)

Chapitre 16 — Sur les prières (al-Ṣalawāt), leurs heures et leurs significations

Chapitre 17 — L’ordre des liturgies eucharistiques (al-Quddāsāt) et le sens des saints Mystères

Chapitre 18 — L’ordre du jeûne de la sainte Quarantaine (le Carême) et de la Semaine de la Pâque

Chapitre 19 — L’ordre des jours de la Cinquantaine et les Fêtes du Seigneur

Chapitre 20 — Les mariages légitimes, les couronnes canoniques et les contrats

Chapitre 21 — Les funérailles des défunts

Chapitre 22 — La prière des malades et le Qandīl

Chapitre 23 — La table de ce qu’il faut lire

Chapitre 24 — Le comput : le calcul de l’épacte et de la date de Pâque

 

Préface de l’éditeur (1992)

Le livre « La Lampe dans les ténèbres pour la clarification du Service » d’Abou al-Barakāt ibn Bakr (Ibn Kabar) compte parmi les ouvrages les plus importants écrits dans les cercles des sciences ecclésiastiques au XIVᵉ siècle. L’ouvrage comprend plusieurs chapitres sur la construction des églises, le mariage, les funérailles, les prières, les jeûnes et les fêtes — puis sur le calendrier copte et le calcul de l’Abqaṭī (le comput pascal).

La Bibliothèque al-Karouz de Shubrâ avait publié la première partie de ce précieux manuscrit, jusqu’au chapitre sur l’ordination des archiprêtres (al-Qammâmiṣa) et des prêtres.

Nous réalisons le souhait de beaucoup parmi les intéressés des études coptes : publier le second volume, afin que se complète le bénéfice de ces précieuses informations. — Par les prières de Sa Sainteté le Pape Chenouda III, qui a béni, soutenu et encouragé les intéressés des études coptes, jusqu’à ce qu’elles atteignent toutes les régions du monde — nous avons en Égypte et à l’étranger des centaines de personnes intéressées et spécialisées en toutes les branches des études coptes.

 

17 mars 1992. — Le Moine-Prêtre Samuel le Syrien.[1]

 

Chapitre 13

Sur les diacres

Testament général pour tous les diacres

La règle générale, pour tous les diacres : qu’ils soient

•                    guides et ordonnés ;

•                    qu’ils ne soient pas de ceux qui parlent avec deux langues ;

•                    qu’ils n’inclinent pas à s’abreuver beaucoup de vin ;

•                    qu’ils n’aiment pas le gain impur ;

•                    qu’ils soient éprouvés d’abord — et après cela, ils servent — lorsqu’ils sont sans reproche ;

•                    que le diacre soit celui qui a une seule épouse — qu’il soit excellent dans la conduite de sa maison et de ses enfants ;

•                    qu’ils soient éprouvés en tout service — que l’assemblée témoigne de leurs bonnes œuvres ;

•                    qu’ils ne boivent pas beaucoup de vin ;

•                    que ceux d’entre eux qui ont quelque chose, consolent leurs frères qui n’ont rien, et participent au don.

Le nombre originel et l’âge

Leur disposition originelle était qu’ils soient sept — gardant le sanctuaire — et le reste se tenant à sa place. Le diacre n’était pas ordonné avant qu’il atteigne vingt-cinq ans.

L’état du diacre dans le Nouveau [Testament] correspond au rang du Lévite dans l’Ancien. Il était interdit qu’il exerce une charge dans la « coupole du temps » (l’église) avant d’avoir atteint cet âge, car leurs charges n’étaient point telles qu’un homme pût s’y bien acquitter sinon à cet âge.

Mais les charges du service diaconal dans le Nouveau ne sont pas ainsi. C’est pourquoi les Pères ont écarté cette coutume et ont permis l’ordination des diacres jeunes. La règle en vigueur dans l’Église copte en Égypte a suivi cela. Le meilleur est de les avancer progressivement, par paliers.

Les fonctions du diacre

Le diacre sert l’évêque en pureté, sans faute, parce qu’il sert le Seigneur Christ. Le diacre est présent au conseil de jugement avec les Pères évêques. Le diacre est comme un serviteur de Dieu. Il alerte l’évêque sur ceux qui sont dans le besoin. Il lit l’Évangile et organise l’assemblée. Il porte la coupe et apporte au peuple le pain consacré — si la permission lui est donnée. Le pain bénit est prise de sa main aux festins — s’il n’y a ni évêque ni prêtre présent.

Il n’a pas autorité de :

•                    enseigner ;

•                    baptiser ;

•                    sanctifier ;

•                    bénir le peuple ;

•                    porter l’oblation ;

•                    imposer la main ;

•                    approcher ce qui est au-dessus de lui.

Il ordonne celui qui est au-dessous de lui pour le service dans l’église. Quiconque persiste dans la dispute parmi eux, qu’il soit déposé ; et de même pour tous les fidèles.

Les diacres ne doivent pas s’asseoir devant les prêtres ni à leur côté — sinon par leur permission.

Le diacre doit être pour l’évêque une oreille et un œil — qu’il soit avec lui dans un seul cœur. Si un diacre s’oppose au prêtre, sa punition vient du côté de l’évêque jusqu’à sept semaines. Et si un prêtre le sait [et ne le rapporte pas], il est soumis à la punition.

Le diacre est excommunié pour les mêmes causes qui valent au prêtre l’excommunication — comme il a été mentionné dans le chapitre des prêtres — si quelque chose est prouvé contre lui.

• • •

Ce qui est spécifique à l’archidiacre (al-Arshī Dīyâqun)

L’archidiacre se tient après l’évêque dans la prière, à ses côtés, comme son successeur. Il est l’avertisseur sur toutes les prières et les affaires de l’église.

Ce qu’il y a parmi les diacres sous sa main, de conflits ou de procès, il l’arbitre entre eux et n’élève rien de cela jusqu’à l’évêque — car ils sont sous son jugement.

Il est le chef de toute la prière. Sur ses mains doivent passer toutes les affaires de l’église, afin que la révérence ne s’en aille pas. Au-dessus de lui ne s’élève que l’évêque seul. Car lui et le chorévêque (al-Khûriyâ siqîs) sont à la place des deux mains et des deux ailes pour l’évêque.

Quand l’évêque marche dans l’église ou ailleurs, il convient que l’archidiacre soit à sa droite, et l’autre [diacre] à sa gauche — il est entre eux comme un père au sein de ses enfants. Il n’est pas permis à l’évêque d’élire quiconque du sacerdoce sans l’archidiacre — car il est l’ornement de la ville, et le connaisseur du peuple, et le chef de la prière et de toutes les choses.

Ainsi est l’usage dans les contrées d’Égypte : confier l’honneur aux diacres selon leurs rangs. Le mieux est qu’à chacun parvienne son droit. Que soit honoré celui qui mérite l’honneur parmi les diacres saints.

La liturgie spécifique à l’archidiacre

De la liturgie sont spécialement à sa charge :

•                    la liturgie du jour du Nayrouz — car c’est le premier jour de l’année ;

•                    la liturgie de la fête de l’Apparition de la Croix ;

•                    la liturgie du jour de la Glorieuse Nativité ;

•                    la liturgie de l’Eau aux différentes fêtes qui le nécessite.

• • •

L’examen des candidats et leur ordination

Quant à ceux qui sont choisis par l’assemblée pour devenir prêtres, ou qui sont présentés à la bénédiction de l’évêque : c’est l’archidiacre et le chorévêque qui les prennent, les examinent tous d’abord, et regardent s’ils sont habiles dans la lecture des livres, et expérimentés dans la conduite du sacerdoce, et s’ils connaissent les droits de l’Église.

Lorsqu’il leur paraît qu’ils savent cela — et qu’ils sont sûrs qu’ils méritent le sacerdoce — ils prient sur eux. Puis ils s’approchent de l’évêque pour qu’il pose sa main sur eux, les bénisse, et leur prêche.

Lorsqu’ils ont reçu l’imposition diaconale, l’archidiacre les élève au chorévêque (al-Khûriyâ siqîs). Ils s’avancent ensuite, qu’on leur prenne les saints sacrements — sauf la prière seulement — jusqu’à ce qu’ils apprennent les coutumes du sacerdoce. Ils viennent ensuite, on les éclaire et on les exhorte sérieusement.

Car l’archidiacre est le connaisseur du peuple de la ville, et le chef de la prière et des cérémonies. Il a, dans les consécrations, des Oraisons et des pétitions qui lui sont spécifiques, dont la lecture figure dans les livres de consécration. Mais en ce temps en ces contrées, les prêtres et les évêques en sont venus à les imiter [en les disant eux-mêmes].

Celui qui est promu au rang de l’archidiaconat, sur lui sont lues trois Oraisons, qui sont :

« ⲦⲈⲚⲚⲎⲂ ⲚⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲪϮ ⲚⲒⲘ ⲚⲐⲞⲞⲨ ⲈⲦⲚⲈⲘⲀⲚ » « ⲬⲞⲚ ⲚⲞⲨ ⲚⲈⲚ ⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲓ︦ ⲘⲈⲚⲢⲒⲦ ⲚⲞⲨ » « ⲠⲒ ⲚⲎⲂ ⲦⲈⲚ ϮϨⲞ ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ »

• • •

Les obstacles canoniques à l’ordination

Voici les causes pour lesquelles le rang clérical doit être refusé :

(1) Quiconque s’empare du sacerdoce sans l’ordre de Dieu — son sort sera celui des fils de Coré et du roi Ozias : ils ont usurpé le sacerdoce contre l’ordre de Dieu — alors le feu les a brûlés, et le roi a été marqué de lèpre.

En marge du texte. Référence à Nombres 16 (Coré, Datan et Abiram engloutis par la terre) et 2 Chroniques 26 (le roi Ozias frappé de lèpre pour avoir voulu offrir l’encens dans le Temple).[2][3]

(2) Si quelqu’un — médecin ou bijoutier ou orfèvre — porte un travail comme métier, qu’on ne le rappelle pas. Et qu’aucun du clergé ne soit avant celui-ci, ni un agent (wakîl), ni un marchand commun — mais qu’ils apprennent un métier d’où ils vivent du travail de leurs mains.

(3) Tous les jugements qui concernent le clergé ne se règlent pas selon la manière du laïcat, mais selon la manière de l’évêque ou des premiers prêtres qui sont en charge en cela.

(4) Causes de leur excommunication. Le Lecteur (al-Aghnislīs), si on découvre une faute en lui, est déposé, et il reste durant six ans sans qu’on lise sur le degré [supérieur]. Pour celui qui — après lecture — n’est pas élevé au second degré, mais reste fixé à son degré jusqu’au jour de sa mort. Car celui qui a fait faute au premier degré ne mérite pas la confiance au second.

(5) Le Maître (Mu’allim) de psalmodie : si on l’apprend [à jouer sur la cithare ou autre]. S’il joue de la cithare et ne se repent pas, qu’il soit déposé et qu’il sorte de l’Église.

(6) Si l’épouse du lecteur ou du chantre meurt, ils peuvent se remarier.

(7) Et que les esclaves ne soient pas pris pour quoi que ce soit dans le service du sacerdoce — sauf si leurs maîtres consentent à ce qu’ils prient comme on l’a dit après leur consécration, à condition qu’ils soient absolument libres.

(8) On ne tient pas non plus un homme à l’écart à cause d’un défaut dans son corps — borgne par exemple, boiteux, etc. — sauf s’il l’a fait à lui-même.

(9) Quiconque a contracté un second mariage après le baptême — ou un mariage secret après son épouse publique, ou un autre [mariage] caché —, ou bien a épousé une veuve, ou une débauchée, ou une chanteuse, ou une esclave, ou bien une femme qui pratique les jeux, ou bien une divorcée ou une dévoyée — ne peut devenir évêque, prêtre, ni diacre. Et il sera exclu de tout le clergé.

(10) Et qui est possédé d’un démon ne devient pas du clergé, et ne prie pas avec les fidèles : si on le voit guéri, qu’il y entre. S’il mérite le sacerdoce, qu’il y soit reçu. Quant à celui qui est récent dans la foi, qu’il ne devienne pas prêtre — sinon après qu’il aura été instruit, et que sa conduite et la justesse de sa foi auront été éprouvées.

• • •

Ordre de l’ordination du lecteur

Lorsque celui qui doit devenir lecteur s’avance, il se tient sans habit liturgique (sans tunique) devant l’autel. Sa tête est découverte, son cou est baissé vers le bas. L’évêque se tient sur la marche de l’autel.[4]

Ceux qui l’ont présenté l’assistent au milieu, et font pour lui la prosternation (al-Maṭâniyya). L’évêque dit :

« À qui rendez-vous témoignage qu’il est digne de ce degré, en vérité ? »

Ils disent : « Oui, ô notre Père, il est digne. »

Après cela, l’évêque prend des ciseaux et fait cinq croix — une au milieu de sa tête, et quatre sur les côtés de sa tête. Il dit le nom de la Sainte Trinité. Il élève l’encens et dit la prière de l’action de grâce, puis cette prière, sa face tournée à l’Orient :

« ⲦⲈⲚⲪⲀ ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚϮϨ ⲞⲨⲞⲚ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ » — Nous demandons et nous désirons : « ⲪⲚⲎⲂ Ϯ ⲠⲒⲖⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ »— Ô Seigneur Dieu, le Pantokrator, accepte vers Toi : « ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲨⲬⲢⲀⲦⲞⲢ ϢⲰⲠ ⲈⲠⲈⲢⲞⲔ »

 

Les prières finales sur le candidat

Après la signation aux ciseaux et l’encens, l’évêque se tourne vers l’Occident, saisit ses tempes et dit :

« ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ Ⲫ︦Ϯ︦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲨⲬⲢⲀⲦⲞⲢ » — « Ô Seigneur Dieu, le Tout-Puissant. »

« Dieu grand, riche par les dons qu’il a accordés à son Église, dans les degrés et il l’a couronnée également de degrés sublimes. Que ton service soit ainsi : tes dons coulent sur tes serviteurs ; par ta pureté, tu les purifies. Et ton serviteur N. — celui que tu as appelé à la fonction de Lecteur — accorde-lui la faveur de l’accomplir, remplis-le de toute sagesse spirituelle, comme étant bon, afin qu’il récite tes paroles divines, et que le don de Lecteur soit gardé en tes décisions sans aucune inclinaison — tout cela dans tes dons. »

Puis il se tourne encore vers l’Ouest, tient ses tempes et dit :

« ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲡ︦Ⲁ︦Ⲛ︦Ⲧ︦Ⲟ︦Ⲩ︦Ⲭ︦Ⲣ︦Ⲁ︦Ⲧ︦Ⲱ︦Ⲣ︦ » — « Ô Seigneur Dieu, le Tout-Puissant. »

« Toi qui étends les feuilles de notre Seigneur Jésus-Christ, qui élèves le degré des élus en tout le monde — manifeste ton visage sur ton serviteur N., celui qui se tient devant toi, que nous te présentons afin qu’il proclame tes paroles saintes : tes alliances ancienne et nouvelle, et qu’il annonce ton peuple selon tes commandements. »

« Oui, Seigneur, donne à son cœur la lumière de tes commandements. Donne-lui un cœur humble pour les lire, et qu’il les récite comme édification pour ses auditeurs — gloire et honneur à ton Royaume — ô Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

L’exhortation finale du lecteur — par l’archidiacre

Après cela, l’évêque lui donne un livre qu’il porte sur sa poitrine. Il s’incline devant l’autel, fait le tour de l’évêque et des présents, reçoit des saints mystères — mais l’évêque ne pose pas la main sur lui. Au lieu de cela, l’archidiacre lit sur lui cette exhortation :

« Ô mon fils, ceci est le premier degré des rangs inférieurs dans lequel tu es entré. Il te faut apprendre, un par un, les chapitres des Saintes Écritures — les souffles de Dieu — qui te sont confiés pour que tu les proclames au peuple. »[5]

« C’est un grand devoir, qui demande de celui qui en est revêtu d’être comme l’étoile brillante au matin, sur le phare — afin qu’il remplisse les oreilles de ses auditeurs de ce qu’il leur transmet.[6]

« Mais tu n’es pas encore digne. Je te rappelle à chaque instant la parole du Seigneur — qu’elle pénètre le cœur du Lecteur : afin que, par le moyen de la perfection de ton sens et de tes progrès dans ce degré, ceux qui voient tes mérites te recommandent et te présentent au degré supérieur, plus excellent que celui-ci. »

« Que ceux qui t’ont présenté te recommandent justement, en tout temps, comme la coutume le veut — par le Christ Jésus, notre Seigneur. C’est par lui qu’il te convient d’avoir, avec lui, gloire et honneur, et l’Esprit-Saint vivifiant qui lui est égal — maintenant et toujours et dans l’éternité des éternités. Amen. »

Ainsi s’achève la consécration du Lecteur, dans la paix.

Sur la consécration du sous-diacre (al-Abûdîyâqun)

En marge du texte. « Sous-diacre » (en grec ὑποδιάκονος, en copte ⲨⲠⲞⲆⲒⲀⲔⲞⲚⲞⲤ — Apodiacon) : il vient, dans la hiérarchie copte, immédiatement au-dessous du diacre, qu’il seconde dans le service de l’autel.[7]

 

Le rite préliminaire

Si l’on appelle à devenir sous-diacre, il se tient devant l’autel sans tunique, la tête baissée vers le bas. Ceux qui le présentent se rassemblent au milieu, devant l’évêque, sur la marche de l’autel.

Alors l’évêque élève l’encens, dit la prière de l’action de grâce et la prière de l’encens. Il fait suivre celles-ci de cette prière, sa face tournée vers l’Orient :

 

La première prière de consécration

« Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲪϮ ⲚⲦⲈⲚⲒϪⲞⲘ — Le Seigneur des forces, Dieu, qui es à nous le don de cette portion de notre service, qui établit le sens de l’homme, le Scrutateur des cœurs et des reins : écoute-nous par l’abondance de tes miséricordes. Purifie-nous de toute impureté du corps et de l’esprit, de toute nuée de nos péchés et ombre de brume. Remplis-nous de ta force et de la grâce de ton Fils Unique. »

« Donne-nous aussi la grâce de ton Esprit-Saint, afin que nous soyons dignes du service de cette Nouvelle Alliance — pour que par l’aptitude nous élevions ton saint Nom et louions, servant le sacerdoce de tes très divins mystères. »

« Ne nous laisse pas participer aux péchés d’autrui, mais efface ce qui est nôtre. Et écoute-nous, ô notre Maître Dieu, Père des Trois. — Mais donne-nous la connaissance de la vérité, afin que nous disions ce qu’il faut, et que nous approchions de ton saint autel. »

« Accepte vers toi la sous-diaconat de ton serviteur N., qui se tient ici, en attente de ton don céleste — car tu es bon, abondant en miséricorde pour quiconque appelle ton saint Nom — et ta puissance est forte. »

« — avec ton Fils Unique Jésus-Christ notre Seigneur, et l’Esprit-Saint, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

Les pétitions de l’archidiacre

L’archidiacre dit :

« Oui, notre Seigneur Jésus-Christ notre Sauveur — viens sur le frère qui nous a précédé, pour transférer son nom au degré et au rang du sous-diaconat en la sainte Église de Dieu. Que cette transition l’élève de toute audace et de toute épreuve — afin que descende sur lui la grâce de l’Esprit-Saint — par notre prière à tous : ‘Seigneur, prends pitié.’ »

 

La deuxième prière de l’évêque

L’évêque prie, sa face tournée vers l’Orient — vers l’autel :

« Oui Seigneur, rends-le digne de l’appel à la sous-diaconat — afin que, par l’aptitude qui vient de ton amour pour les hommes, il soit digne de ton saint Nom. Qu’il adore et serve ton saint autel. Qu’il trouve grâce devant toi, car la miséricorde et la tendresse sont de ta part. La gloire te convient, avec ton Fils Unique et l’Esprit-Saint, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

Les pétitions et les invocations sur le sous-diacre

Suivent les pétitions du diacre auxiliaire qui dit :

« Oui, Seigneur, donne-nous la grâce, et l’action de ton Esprit-Saint, et la richesse de tes dons. Garde son ordination dans la paix — et accorde-lui de te servir saintement, dans la chasteté et toute la pureté, en présence de ton très saint autel. »

 

L’évêque pose sa main sur le sous-diacre élu. Il signe trois fois sa tête, en disant :

« ⲈⲚϮ ⲈⲚⲞⲨϨⲈⲘ ⲚⲒⲘ — Nous appelons N. : sous-diacre sur l’Église sainte, qui est à la ville aimante du Christ, N. — dans la paix du Seigneur. »

 

La revêture et la transmission des insignes

Après cela, l’évêque revêt le nouveau sous-diacre de l’étole monastique blanche (orarion sub-diaconale), et lui remet le bassin d’ablutions ; il lui confie le devoir de servir au sanctuaire. Puis l’évêque dit cette prière :

« Sois fidèle à ta charge — comme à un dépôt confié par notre Seigneur Jésus-Christ. Garde sans tache ce don, jusqu’au jour où sera révélée la justice — afin que tu reçoives la couronne préparée à ceux qui aiment notre Seigneur. »

 

L’exhortation finale au sous-diacre

L’archidiacre lit sur lui :

« Ô mon fils, ce degré que tu as reçu est plus élevé que le premier. Il te faut doubler ton zèle dans l’étude des Écritures et la connaissance des rites. Tu serviras désormais le diacre dans l’approche de l’autel, dans le port des ornements sacrés, et dans la garde de la pureté du lieu saint. Que ta conduite soit telle qu’elle te rende digne, le moment venu, du degré du diaconat — par la grâce et la miséricorde du Maître-Dieu, à qui revient toute gloire avec le Fils et l’Esprit-Saint, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

Le nouveau sous-diacre embrasse l’autel, la main de l’évêque et tous les présents, pour la communion des saints mystères. La main n’est pas posée sur lui ; à la place, l’archidiacre lui lit cette exhortation :

« Ô mon fils, tu as été établi dans un beau degré qui est le sous-diaconat. Accomplis donc ce qui est ta part : c’est que tu sois le suivant du diacre, et que tu l’assistes dans le travail du service — de même qu’il est lui-même le suivant du prêtre. »

« Tu dois garder les portes de la maison de Dieu, qui est la sainte Église. Que nulle créature inappropriée n’y entre — ni bête, ni chien, ni un dormeur — pendant le service pur. Quand le diacre s’écrie : ‘Que nul catéchumène ne reste en ce lieu, ni quiconque ne participe pas aux saints mystères !’ — sois vigilant à garder, avec grande attention, les portes de l’Église. Car tu as été établi pour revêtir le premier vêtement saint, qui est pour le service pur. Pour cela, connais la mesure de l’honneur et du don qui t’a été accordé. Sois comme le serviteur fidèle et sage qui fait la volonté de son Maître avec diligence — afin que tu obtiennes le fruit de l’appel supérieur, par le Christ Jésus notre Seigneur, à qui revient la gloire toujours. Amen. »

En marge du texte. Avertissement (tanbīh) : Sache que sur le sous-diacre, on ne pose pas la main ; on lui donne plutôt le nom de « suivant du diacre ». Il possède les vertus du diacre, et il doit être sans épouse.

• • •

Ordre de l’ordination du diacre (al-Shamās)

En marge du texte. Le mot grec διάκονος (diakonos) signifie « serviteur ». Le diacre assiste le prêtre à l’autel et au service de la liturgie. Le terme arabe al-Shamāsa en désigne le titulaire.[8]

 

Le rite préliminaire

Si l’on choisit, dans le clergé, celui que l’on présente comme diacre — et s’il est attesté qu’il est digne de ce service — il s’avance auprès de l’évêque qui certifie pour lui. Il est placé devant l’autel sans tunique, le genou droit posé sur la marche de l’autel. L’évêque élève l’encens, dit la prière de l’action de grâce et la prière de l’encens, et fait suivre cette prière, sa face tournée vers l’Orient :

 

La première prière de consécration

« Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲪϮ ⲚⲦⲈⲚⲒϪⲞⲘ — Ô Seigneur, Dieu des forces, qui nous as fait entrer dans la portion de ce service ; Toi qui établis dans l’âme, l’homme, et qui sondes les cœurs et les reins. Écoute-nous par l’abondance de ta tendresse. Purifie-nous de toute impureté du corps et de l’esprit, de toute nuée de nos péchés et ombre comme une brume. Remplis-nous de ta puissance divine. »

« Et la grâce de Ton Fils Unique, et l’action de Ton Saint-Esprit, afin que nous soyons dignes de ce service de la Nouvelle Alliance — afin que nous soyons fortifiés par le mérite à élever Ton saint Nom, à nous tenir et à servir le sacerdoce de Tes mystères divins. »

« Ne nous laisse pas participer aux péchés des autres ; efface ceux qui sont nôtres. Écoute-nous, ô notre Maître Dieu. Donne-nous la connaissance véritable, afin que nous disions ce qu’il convient, et que nous approchions de ton saint autel. »

« Accepte ton serviteur N. — celui qui se tient ici, attendant ton don céleste — afin qu’il devienne diacre. Car tu es bon et abondant en miséricorde pour quiconque appelle ton saint Nom, et ta puissance est forte. »

« — avec ton Fils Unique notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ, ce de qui te conviennent gloire et honneur et puissance et adoration, avec lui et avec l’Esprit-Saint vivifiant qui t’est égal, maintenant, en tout temps et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

La proclamation du chef des diacres

Puis le chef des diacres dit cette annonce :

« Oui, notre Seigneur Jésus-Christ notre Sauveur — qui es notre Salut par la volonté de Dieu le Père et le Saint-Esprit — descends sur ce N. qui entre vers l’autel saint avec crainte et tremblement, le front baissé, élevant les yeux de son cœur vers les hauteurs. »

« Nous t’invoquons, ô Toi qui demeures dans les cieux, attendant ton don céleste, afin qu’il passe du rang du sous-diaconat à l’ordre du diaconat dans la sainte Église de la ville N. »

« Demandez tous, afin que le don du Saint-Esprit descende sur lui, par notre dire en commun : “Seigneur, prends pitié.” »

 

La deuxième prière de l’évêque

L’évêque dit ensuite cette prière, sa face tournée vers l’autel :

« Oui, Seigneur, rends-le digne de l’appel au diaconat, afin que par l’aptitude qui vient de ton amour pour les hommes, il soit digne de ton saint Nom, qu’il t’adore et serve ton saint autel, et qu’il trouve grâce devant toi. Car la miséricorde et la tendresse sont de toi, et la gloire te convient, avec Ton Fils Unique et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

Le regard vers l’Orient et l’invocation du don

L’évêque se tourne vers l’Orient et dit cette prière :

« Regarde, Seigneur, sur nous et sur notre service ; purifie-nous de toute impureté ; envoie du ciel ta grâce sur ton serviteur N., afin qu’il soit digne, de ta part, de compléter sa diaconie, sans inclinaison, afin qu’il obtienne tes miséricordes avec ceux qui t’ont plu depuis le commencement. »

« Car la miséricorde réside en ta volonté, et l’honneur te convient de chacun, et la prostration, ô Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et en tout temps, etc. »

 

Le signe sur le front et la proclamation du nom

L’évêque se tourne ensuite vers l’Occident, signe le front avec son pouce, et dit :

« Nous t’appelons dans la sainte Église de Dieu. Amen. »

Le chef des diacres s’écrie :

« N. — diacre sur l’autel de la sainte Église catholique apostolique — la communauté de la ville N. aimée par le Christ. » « N. — diacre du saint autel qui est à la sainte Église catholique apostolique — l’Église de Dieu. Amen. »

 

La remise de l’orarion sur l’épaule gauche

Après cela, l’évêque se tourne et place l’orarion sur l’épaule gauche du nouveau diacre, en disant :[9]

« Gloire et honneur à la sainte Trinité, le Père et le Fils et le Saint-Esprit, équivalente : paix et édification à l’unique sainte catholique apostolique Église de Dieu. Amen. »

 

L’exhortation finale au nouveau diacre

Le nouveau diacre, joyeux, embrasse l’autel, la main de l’évêque et les présents. L’évêque lit alors sur lui cette exhortation :

« Quelle grandeur ce service auquel tu as été chargé, ô mon fils ! Il te faut accomplir ce qui t’est prescrit, et le mettre en œuvre — afin que tu sois compté fils du saint Étienne, le premier des diacres et le premier des martyrs.[10]

« Sois donc berger pour le peuple du Seigneur, console les veuves et les orphelins, et secours les affligés — sans te souiller — et parle avec compassion. Sois pour eux un beau modèle — afin que, voyant tes bonnes œuvres et ta conduite, ils les suivent. »

« Sois suivant de l’évêque et du prêtre. Enseigne les affligés selon les limites canoniques. Honore ceux qui sont au-dessus de toi dans le rang des prêtres — qu’ils soient pour toi des pères ; et tu seras également digne de miséricorde — par la parole de Celui qui a dit : ‘Celui qui me sert, mon Père l’honore’. »

« — et par la parole du saint Apôtre Paul : ‘Ceux qui servent bien acquièrent un beau rang et une grande hardiesse dans la foi de notre Seigneur Jésus-Christ.’[11] »

« Prends garde au degré d’honneur qui t’a été confié, comme tu portes la coupe du Sang véritable qui a été versé pour le salut du monde — remis à ta main. Gloire à notre Dieu Jésus-Christ notre Seigneur, à jamais. Amen. »

Puis l’évêque le bénit, lui donne la communion des saints mystères, et pose la main sur lui trois fois. Le peuple s’écrie trois fois :

« ⲀⲜⲒⲞⲤ ! ⲀⲜⲒⲞⲤ ! ⲀⲜⲒⲞⲤ ! » — « Digne ! Digne ! Digne ! »

— Et à notre Seigneur la gloire à jamais. Amen.

• • •

Sur l’ordination de l’archidiacre (Ra’īs al-Shamāsa)

En marge du texte. « Archi-diacre » (ⲀⲢⲬⲒ-ⲆⲒⲀⲔⲰⲚ — al-Arshī Dīyâqun) : le chef des diacres. Comme indiqué dans le testament général au fascicule 40, il est, avec le chorévêque, « les deux mains et les deux ailes » de l’évêque.[12]

 

La grande prière de consécration de l’archidiacre

« Ô Maître, Seigneur, Dieu, grand par la miséricorde et exalté par les tendresses et la bonté — Toi qui, par ton Fils Unique notre Seigneur Jésus-Christ, as établi la Jérusalem céleste. Et toi, tu es au-dessus de tout, chef de toutes choses ; et celles sur la terre aussi, étant créées avant Toi : tu les as toutes ordonnées, et nommé les rangs de l’Église. »

« Et tous leurs ornements présents en elle — tout le service des rangs inférieurs — sans transgression : la virginité du diacre, la virginité de l’évêque. »

« Toi, maintenant aussi, ô notre Maître Ami des hommes, accepte notre supplication — nous les pécheurs — et envoie la grâce de Ton Saint-Esprit sur ton serviteur N., celui-ci appelé Chef des diacres — par le témoignage et le jugement de ceux qui l’ont présenté au milieu, et la demande de ceux qui l’ont jugé apte. »

« Rends-le digne de veiller, de gérer sa diaconie sur ta sainte Église ; purifie-le, et comme les sept diacres que les saints Apôtres ont établis — Étienne le premier des diacres et le premier des martyrs — remplis-le de force et de grâces. »

 

Les fonctions spécifiques de l’archidiacre selon la prière

« Comme Étienne, le premier des diacres, qu’il devienne chef des diacres sur ta sainte Église — servant sans effusion de sang et sans péchés au sanctuaire — proférant la coupe du précieux Sang qui a été donné pour le salut du monde, sans tache — qui est Ton Fils Unique. »

« Qu’il serve les orphelins, qu’il assiste les veuves, et qu’il s’occupe du culte de Dieu. Qu’il considère les clergés — les ordres inférieurs et supérieurs. Que sa parole soit pleine de douceur et de bienveillance, sans condamnation arbitraire ; que sa conduite manifeste une révérence digne du Seigneur. »

 

Les trois Oraisons spécifiques

Comme déjà annoncé dans le testament général (F40), sont lues sur le promu à l’archidiaconat ces trois Oraisons (prières) en copte :

« ⲦⲈⲚⲚⲎⲂ ⲚⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲪϮ ⲚⲒⲘ ⲚⲐⲞⲞⲨ ⲈⲦⲚⲈⲘⲀⲚ » — Nous, ton peuple, te supplions, Seigneur Dieu — tous ceux qui sont avec nous, « ⲬⲞⲚ ⲚⲞⲨ ⲚⲈⲚ ⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲓ︦ ⲘⲈⲚⲢⲒⲦ ⲚⲞⲨ » — Toi notre Maître bien-aimé, considère-nous ; « ⲠⲒ ⲚⲎⲂ ⲦⲈⲚ ϮϨⲞ ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ » — Ô notre Maître, nous demandons et supplions.

Suivent la signation, le revêtement spécial de l’archidiacre, l’imposition triple des mains, et le cri du peuple : « Axios ! Axios ! Axios ! » — N. archidiacre, chef des diacres, sur l’autel saint de l’Église universelle apostolique, la communauté de N. aimée par le Christ, dans la paix du Seigneur.

Fin du treizième chapitre

Chapitre 14

Sur le monachisme, les moines et la gestion des monastères

Définition philosophique du monachisme

« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Un seul Dieu. »

« Le monachisme (al-Rahbana) est la philosophie de la Loi chrétienne. Les moines (al-Ruhbān) sont les anges terrestres et les humains célestes — ressemblant au Maître Christ et à ses Apôtres dans le détachement des choses du monde. »

En marge du texte. Saint Basile (Basilios al-Qiddīs, 330-379) — Père cappadocien, archevêque de Césarée. Ses Règles ascétiques (Asketika, nuskiyāt en arabe) sont une référence majeure du monachisme oriental.[13]

 

Selon saint Basile dans ses ascétiques

Saint Basile a dit : il convient à celui qui s’avance vers cette vertu d’avoir une pensée ferme, afin que ce qui lui est confié ne le fasse pas retourner en arrière. Il accomplit l’obéissance à ceux qui sont au-dessus de lui, et résume ce qu’il faut pour son service.

 

Les conditions d’entrée

•                    L’absence d’esprit démoniaque — qu’on ne reçoive pas dans le monachisme celui en qui demeure un esprit démoniaque ;

•                    La permission de l’évêque — nul ne devient moine sans la permission de l’évêque sous l’autorité duquel il se trouve. Autrement, il n’est pas reçu dans la vie monastique ;

•                    La non-négligence des proches — celui qui abandonne ses enfants sans les nourrir ni les éduquer, ou ses parents — surtout s’ils sont croyants — sans les honorer par l’amour de l’ascèse — qu’il soit privé [du don] ;

•                    Le testament préalable — celui qui désire le monachisme, s’il est libre d’enfants, doit faire un testament d’abord pour ses affaires comme il l’entend ; car après cela, tous ses biens deviennent ceux du monastère, et il gère ses biens selon…

• • •

Section sur le chef du monastère, son disciple, l’économe (al-iqnoum), le trésorier et le portier

 

Le chef du monastère (Ra’īs al-Dayr)

« Les moines ne choisissent pas leur chef sans l’ordre du chorévêque (al-Khūrī asqūbus). La recommandation à la présidence revient à celui qui en est digne. »

Conditions :

•                    Il ne doit pas devenir hégoumène du monastère qu’il n’a pas connu — mais il doit avoir grandi dans le monastère, en avoir appris les règles ;

•                    Il ne doit pas être ignorant, ni faible de jugement ;

•                    On ne doit lui connaître aucune faute dans son monastère, ni aucune transgression à l’extérieur.

Le chef du monastère doit être avec les frères comme les pères naturels avec leurs enfants, et comme les maîtres charnels avec ceux qui sont sous leurs mains. Il doit gouverner chacun selon ce qui lui convient — par catégorie de besoin et sa mesure — relativement aux différentes conditions, selon l’avancement et le retard dans leurs âges, l’augmentation et la diminution de leurs charges, la fatigue et le repos dans leur travail, la corpulence et la maigreur dans leurs constitutions, l’éloignement des habitudes établies, et la santé et la maladie dans leur humeur. Les mangeurs tournent — chacun en son temps — selon ce qui lui convient.

 

Le disciple du chef de monastère

« Le disciple du chef du monastère — celui qui exécute les ordres devant lui — doit être un modèle en lui-même, comme l’a été Élisée le Prophète : quand il était fils d’un homme parmi les grands d’Israël, il n’a pas dédaigné servir saint Élie le Prophète — qui était un homme d’entre les habitants du village de Galaad. »[14]

 

L’iqnoum (intendant du monastère)

« Le chef du monastère observe celui qui se distingue par ses bonnes actions, et le fait alors iqnoum sur le monastère et sa trésorerie — pour qu’il soit gardien d’engagement pour tous les frères, et qu’il s’efforce dans leurs besoins. Il ne doit pas magnifier le grand contre le petit, ni s’approprier ce que Dieu a confié, et ne doit changer aucune chose du monastère pour aucun de ses proches ou amis. »

 

Le trésorier (al-Khāzin)

« Que le trésorier du monastère soit religieux, prudent, sociable et de cœur sain. Qu’il accomplisse ce qui lui est confié avec affabilité, surveillant ce qui est dans la trésorerie du monastère — les vivres dont on craint la corruption — et n’en laisse pas se perdre par négligence, en sorte qu’ils ne se gâtent ou ne soient jetés. »

 

Le portier (al-Bawwāb)

« Que le portier (et le qarrāb, celui qui présente les visiteurs) soit chargé de la porte du monastère, paisible envers l’étranger et le visiteur, prompt à répondre à toute frappe à la porte. S’il entend les gens qui entrent ou sortent, qu’il en informe le chef du monastère pour qu’il en soit averti.

Il ne doit pas permettre au portier de laisser entrer un des frères ou laisser sortir un moine, ni laisser entrer un des frères chez le chef avant la prière en commun et sa fixation, ni faire entrer quelqu’un parmi eux. Si l’on s’assoit à la porte, on prie en cette assemblée. Ne pas laisser entrer indûment chez les frères. — Si l’on confie quelque chose à l’étranger, on le présente d’abord à la communauté. »

 

Le service liturgique des moines

« Il convient que les moines servent dans une organisation : ils se réunissent dans l’église pour servir les ordres sacerdotaux et corporels. Quand un moine étranger se présente devant eux, ils l’honorent, le servent, et l’invitent à la table avec eux. »

« Les laïcs sont honorés et servis, et ils sont placés selon le rang du chef du monastère qui se trouve avec eux. Toutefois leur entretien est ce qui concerne l’administration du monastère, la gestion de la nourriture, de la boisson et du vêtement. »

 

Les rites monastiques quotidiens

Si la plupart de ces moines ont fini les deux premières heures du jour — la sixième et l’autre — la fin de la journée, qu’ils ne soient pas restés sans frères, à la neuvième heure ; et quant à la fin du jour — qu’ils prient à la même mesure.

Quant au chef du monastère et au malade des frères : qu’ils ne soient pas oubliés ; ils consolent ceux qui souffrent. Et qu’on ne fasse pas leur manṭuhum (récitation propre). Qu’il ne reste pas deux d’entre eux sur une seule chaise, mais un seul. Que se constituent en compagnie : la psalmodie, la prière, le service.

« Quand l’hiver arrive, ils placent leur Iskim sur leurs épaules et leurs habits chinois — qu’ils les rangent dans la trésorerie du monastère pour les retirer à leur sortie. Et quand l’hiver s’est éloigné, qu’ils le fassent. Pendant le jour, ils font trois portions de prières avec le bain. »

 

Sur les jeûnes monastiques

« Le travail et la fabrique : qu’ils soient dans ce qui se trouve entre cela. Quant à la boisson, qu’ils la fixent à la mesure de ce qu’il faut pour le corps. S’ils sont contraints à un parmi eux, qu’il porte de l’ail en flacon, deux fois, ou autant que nécessaire. »

« S’il y a peur d’un grand besoin, qu’il ne se mêle de ce qui devient nécessaire à la communauté. Que ceux qui se chargent du repas s’abstiennent, particulièrement les pénitents et les apprentis du monachisme. »

• • •

L’ordre du rite de la profession monastique[15]

En marge du texte. Le « livre d’al-Zadūs » mentionné ici — attribué à « Abba al-Salīb » (Père de la Croix) — est un manuel de catéchèse monastique. Ouvrage non identifié avec certitude dans la tradition copte connue.[16]

« Quant à l’ordre de la division des moines, voici ce que nous mentionnons : »

Il convient à celui qui veut devenir moine de résider trois ans — apprenant les limites du monachisme, et étant exhorté du livre d’al-Zadūs qui appartient à notre Père Abba al-Salīb. Il est guidé à la philosophie qui appartient au monachisme.

Une fois cela achevé, sa tête est rasée. Puis il est appelé, et il s’incline à terre — sa tête tournée vers l’Orient, son visage humilié vers la terre, ses habits…

Le rite de la profession du moine

La prosternation initiale

Une fois les trois années de probation accomplies et la philosophie monastique apprise, la tête du candidat est rasée. Il est appelé devant l’assemblée. Il s’incline à terre — sa tête tournée vers l’Orient, son visage humilié vers le sol — ses habits étendus sur lui.

L’évêque, ou l’hégoumène chef du monastère, commence et dit la prière de l’autel : ⲐⲨⲤⲒⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ. Puis il dit la prière de l’action de grâce, élève l’encens, et dit « Seigneur, prends pitié » trois fois.

 

Le chant d’ouverture

« ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲩ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲭ︦Ⲣ︦Ⲥ︦ ⲠⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠⲚⲈⲨⲘⲀⲦⲒⲔⲞⲨⲚ » — Nous adorons le Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et l’Esprit.

Puis il dit :

« ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈⲘⲀⲢⲒⲀ » — Je te salue, Marie. Suivent le reste des quatre [Théotokia] conclus par les saints et les anges.

 

La prière de l’encens

Après ces chants, l’évêque dit la prière de l’encens, qui est présente dans la Liturgie de saint Basile :

« ⲪϮ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲠⲒϢⲀ ⲈⲚⲈϨ » — Ô Dieu Grand et Éternel.

En marge du texte. Saint Basile le Grand (330-379) — Père cappadocien. Sa Liturgie eucharistique est l’une des trois liturgies utilisées dans l’Église copte orthodoxe.[17]

Les versets liturgiques d’ouverture

•                    « Gloire au Père » ;

•                    « Seigneur, prends pitié » ;

•                    « Notre Père qui es aux cieux » ;

•                    « Gloire à Toi, ô notre Dieu ».

 

Les psaumes 50 et 78

Puis on dit le Psaume 50 (Miserere) et le Psaume 78 en son entier. À la fin, on dit l’Oraison des malades[18]. Et après, l’on dit : « Louons avec les anges », puis : « Souviens-Toi de nous ».

 

La doxologie de saint Antoine

En marge du texte. Saint Antoine le Grand (251-356) — le « Père du monachisme », pionnier de la vie érémitique en Égypte. Sa Doxologie est traditionnellement chantée lors des rites monastiques coptes.[19]

« ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ ⲚⲀⲈⲦⲞⲞⲨⲤ ⲠⲞⲐⲚⲞⲤⲎⲤ ⲪϮ Ⲣ︦Ⲩ︦ ⲈⲞⲈⲢⲞⲨ » — présente dans la Psalmodie (al-Absalūdiyya). Et à la fin il dit : « ⲂⲰⲖⲈⲂⲞⲖ… »

 

La récitation des Psaumes 33, 55 et 119

Puis un des prêtres chante les hymnes ou ces sections suivantes — qui sont du Psaume 33 (Pi-Omnos) :[20]

« Venez, fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Quel est l’homme qui désire la vie, qui aime à voir des jours bons ? Garde ta langue du mal, et tes lèvres des paroles trompeuses. Éloigne-toi du mal et fais le bien ; cherche la paix et poursuis-la. — Alléluia. »

 

Du Psaume 55 :[21]

« Tu as établi un jugement juste : ne me livre pas à ceux qui me persécutent. — Que mon serviteur s’élève vers Toi pour le bien. Que les orgueilleux ne profèrent pas de mensonges contre moi. Mon cœur s’est troublé en moi, et la mort qui m’inquiète est entrée en moi. Frayeur et tremblement m’ont atteint, et les ténèbres m’ont couvert. Et j’ai dit : “Qui me donnera des ailes comme à la colombe, que je m’envole et que je trouve repos ?” Voici, je me suis éloigné en fuyant, et j’ai demeuré dans le désert ; j’attendais Celui qui me sauve de la petitesse d’âme. — Alléluia. »

 

Du Psaume 119 (118 LXX) :

« Au moment où il est libéré pour le Seigneur, ta loi a été enfreinte. Pour cela j’ai aimé tes commandements, plus précieux que l’or et les pierres précieuses. Devant tous tes commandements j’ai marché droit, et toute voie d’injustice je l’ai détestée. — Alléluia. »

 

La conclusion de la Trinité

« Au nom de tous les saints, par l’intercession de Dieu le Père. »

Puis on dit ensuite le Trisagion[22] (les Trois Sanctifications) sur le ton de tristesse. Puis l’Oraison de l’Évangile.

 

Le Psaume du Trône — Psaume 31 (32)

« Bienheureux ceux dont les iniquités ont été remises, et dont les péchés ont été couverts. — Alléluia. Bienheureux l’homme à qui le Seigneur n’a pas imputé de péché, et dans la bouche duquel n’est point de fraude. — Alléluia. Les péchés de ma jeunesse et mes ignorances, ne les rappelle pas ; selon ta miséricorde souviens-toi de moi, à cause de ta bonté. — Alléluia. »

• • •

La lecture de l’Apôtre Paul — Éphésiens 6,10-17

En marge du texte. La péricope sur « l’armure de Dieu » (Éph 6,10-17), lecture-modèle pour le moine engagé dans le combat spirituel. Le diacre la chante sur le ton du Grand Vendredi ; si la fête est joyeuse, il la chante sur le ton de la joie.[23]

« Enfin, mes frères : fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’armure complète de Dieu, afin que vous puissiez tenir contre les ruses du diable. Car notre combat n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les souverains des ténèbres de cet âge, contre les hordes spirituelles du mal dans les régions célestes.

« Pour cela, prenez sur vous l’armure complète de Dieu, afin que vous puissiez résister au jour mauvais, et qu’après tout achever, vous teniez ferme. Tenez ferme — ayant ceint vos reins de la vérité, et revêtus de la cuirasse de la justice. Chaussez vos pieds des bonnes nouvelles de la paix de l’Évangile. »

« Et avant tout, prenez le bouclier de la foi — par lequel vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du Malin. Prenez le casque du salut, et l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu. Priez en tout temps par toute prière et supplication dans l’Esprit. À cela soyez vigilants par toute persévérance et supplication. »

• • •

L’Évangile selon Jean — Jean 3,1-16

En marge du texte. La péricope-clef de la profession monastique : le dialogue avec Nicodème — « il vous faut naître de nouveau, d’eau et d’Esprit ».[24]

« Or, il y avait un homme parmi les pharisiens dont le nom était Nicodème, un chef des Juifs. Il vint à Jésus, de nuit, et lui dit : “Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu, car personne ne peut faire ces signes que tu fais si Dieu n’est avec lui.”

« Jésus répondit et lui dit : “En vérité, en vérité je te le dis : à moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le Royaume de Dieu.” »

« Nicodème lui dit : “Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ?” »

« Jésus répondit et lui dit : “En vérité, en vérité je te le dis : à moins de naître d’eau et d’Esprit, personne ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné de ce que je t’ai dit : il vous faut naître de nouveau. Le vent souffle où il veut ; tu en entends le bruit, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi est tout homme né de l’Esprit.” »

« Nicodème répondit et lui dit : “Comment cela peut-il être ?” Jésus répondit et lui dit : “Tu es maître en Israël et tu ne connais pas ces choses ? En vérité, en vérité je te le dis : nous disons ce que nous savons, et nous témoignons de ce que nous avons vu, mais vous n’acceptez pas notre témoignage. Si je vous ai parlé des choses terrestres et que vous ne croyez pas, comment croirez-vous si je vous parle des choses célestes ? Personne n’est monté au ciel, sinon Celui qui est descendu du ciel — le Fils de l’homme qui [est] dans le ciel. »

« Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit en Lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils Unique, afin que tout homme qui croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. »

« Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui. Celui qui croit en Lui n’est pas jugé ; celui qui ne croit pas en Lui est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils Unique de Dieu. »

« Et ceci est le jugement : la Lumière est venue dans le monde, et les hommes ont aimé les ténèbres plus que la Lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait des choses mauvaises hait la Lumière, et ne vient pas à la Lumière, de peur que ses œuvres ne soient mises en évidence. Mais celui qui fait la vérité vient à la Lumière, afin que ses œuvres soient rendues manifestes — comme étant faites en Dieu. »

• • •

Le Ṭarḥ (sermon après l’Évangile)

Après la lecture de l’Évangile, on dit ce Ṭarḥ (sermon) :

« Ô Dieu, miséricordieux et clément, abondant en miséricorde. Père des lumières, et son Fils Unique notre Seigneur Jésus-Christ, et l’Esprit-Saint — la Trinité parfaite, Une Trinité Sainte — qui s’est incarné de la sainte Vierge Marie. Nous l’adorons et nous le glorifions avec son bon Père et le Saint-Esprit.

« Nous T’implorons, ô Sainte Trinité, regarde du haut du ciel sur ton serviteur ici présent — qui vient à toi en se prosternant, qui baisse la tête devant toi. Ô Seigneur, accepte son jeûne, sa prière et son ascèse. Pardonne-lui. »

« Donne-lui, ô Seigneur, la force et le salut, l’ardeur, la sagesse, et l’intelligence éveillée. Octroie-lui, ô Seigneur, un cœur pur, une mémoire ferme, une foi droite, l’ascèse, la patience, le courage et le secours. Garde-le, ô Seigneur, de toutes les tentations sataniques et des esprits mauvais. Purifie son âme et son corps ensemble, ô Esprit-Saint Consolateur. »

« Bénis-le, ô Seigneur Jésus-Christ, par la puissance de ta Croix vivifiante. Remplis-le de la grâce de ton Esprit-Saint. Rends-le digne d’entrer avec l’Époux dans sa chambre nuptiale. Qu’il mérite d’entendre ta voix douce qui dit : ‘Oui, bon et fidèle serviteur. Tu as été trouvé fidèle en peu, je te placerai sur beaucoup. Entre dans la joie de ton Maître.’ »

« Donne-lui, ô Seigneur, un beau lot et un héritage avec tous tes saints qui t’ont plu depuis le commencement. Nous te demandons, ô Seigneur Dieu, Ami des hommes : pardonne-nous nos péchés et nos iniquités, accepte notre confession envers toi, et affermis-nous dans la foi droite jusqu’au dernier souffle. »

« Par les intercessions de notre Dame, la Mère de Dieu, la pure Vierge Marie, en tout temps Sainte, et de tous les anges, des pères et des prophètes… »

 

La réponse de l’Évangile et la levée du moine

Le diacre dit la réponse de l’Évangile :

« Compassion est notre Maître, et Il a pitié de son peuple — comme le Bon et l’Ami des hommes — Il nous fait miséricorde selon Sa grande miséricorde. » « Tous les justes qui ont supporté la fatigue de leurs vertus, ceux qui se sont serrés, ceux qui ont souffert, qui n’ont pas joui du monde — voici les bienheureux : nos Maîtres, les Pères éternels, la Croix — ceux qui ont accompli leur vie dans les déserts pour être vus. »

Le prêtre dit ensuite : « La paix », « les Pères », « la communauté », « la foi » et l’Oraison des défunts. Après cela, le futur moine se lève, debout également, marchant devant l’autel, tourné vers l’Orient. Le prêtre dit alors cette prière sur lui :

 

Prière sur le frère qui se fait moine

« Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator, qui demeures dans les hauteurs et regardes les humbles, Connaisseur de tout ce qui existe depuis le commencement et de ce qui sera, qui connais le secret, Connaisseur des choses cachées et de l’esprit humain qui connaît les pensées avant qu’elles n’existent.

« Regarde d’en haut, de ta sainte demeure préparée, sur ton serviteur N. — celui qui vient à toi, le débutant et le commençant dans la vie spirituelle qui est du monachisme. Affermis son effort. Accorde-lui l’obéissance complète. Qu’il soit dans sa joie avec exultation, dans son arrivée — en tout temps — à son monastère ainsi qu’aux frères, en sorte que dans le temps de sa patience il porte chasteté, peine, et exil avec mansuétude. »

« Une conduite pure, douce, vertueuse dans tes commandements et tes ordres — pour qu’il soit digne de la vocation à laquelle il a été appelé. Qu’il soit honoré au sein du travail des parfaits, avec accroissement. Qu’il devienne un chef heureux dans les mystères, par la réflexion. Et qu’il soit héritier de la joie indescriptible, et qu’il atteigne la gloire qui est dans ton Royaume. »

« Par ton Fils Unique, notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ — celui de qui te conviennent gloire, honneur, puissance et adoration, avec lui et avec l’Esprit-Saint vivifiant qui t’est égal, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

• • •

La coupe des cheveux en forme de croix

Avant de raser sa tête, toutes les œuvres du monde changeant sont rejetées de lui. Il reçoit le secours de la grâce et du Saint-Esprit.

« Ô Seigneur notre Dieu, fais miséricorde à ton serviteur — afin que, quand il aspire à toi, il avance résolument du côté de son détachement, qu’il soit parfait et atteigne le bien dans sa récompense en sûreté. « Sous ton joug doux — qu’il fuie les passions corporelles et plaisirs sensuels, et le monde trompeur, et tous les chemins égarés du monde. Et de tous les esprits mauvais, qu’il soit sauvé. »

Puis le prêtre prend les ciseaux et coupe les cheveux de la tête en forme de croix. Le peuple chante à la manière de l’Absalmosainsi :

« Chantez et exultez, ô races des hommes ! Dieu a aimé le monde, qu’il a donné son Fils bien-aimé, afin que les croyants en Lui aient la vie éternelle. »

• • •

Prière sur la qalansuwa (le capuchon monastique)

En marge du texte. La « qalansuwa » (قلنسوة) est le capuchon caractéristique du moine copte. Elle représente l’humilité, la garde et la sainte vigilance.[25]

Puis le prêtre humecte la tête du frère avec [du bilin / une huile d’onction], et dit cette prière sur la qalansuwa :

« Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator, Père de notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ, nous demandons et supplions ta bonté, ô Ami des hommes. »

« Signe ton serviteur de ta droite. Compte-le avec ton armée céleste. Gouverne-le. Bénis-le. Affermis-le. Garde-le de tout acte satanique. »

« Accorde-lui ta protection — que tu le préserves à tout instant pour qu’il soit sans péché, et non un participant, mais un athlète du beau combat qui est du monachisme. Qu’il complète sa course excellemment, et garde la foi sans renversement ni torsion, sans qu’aucun blâme l’atteigne. »

« Par Jésus-Christ notre Seigneur — ce de qui [te conviennent] la gloire, l’honneur, la majesté et l’adoration, avec toi et avec l’Esprit-Saint vivifiant qui t’est égal, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

Le revêtement de la qalansuwa

Comme le Précurseur (al-Sabīq), l’évêque la pose sur le moine en disant :[26]

« Mets sur toi la qalansuwa de l’humilité, et le casque du salut de la foi, et la garde [ʿiṣma]. Et produis du bon fruit, par Christ Jésus notre Seigneur — ce de qui… »

• • •

Hommage au Roi-prophète David

Ici également il est dit :

« Le Saint-Esprit éveille David, lui disant : ‘Lève-toi, chante, car la lumière a brillé.’

« Et David se leva pour la psalmodie sainte, prit sa lyre spirituelle, et composa des cantiques saints, prenant son timbre, l’instrument spirituel. »

• • •

La ceinture de cuir — l’armure de Dieu

Le prêtre lui ceint les reins avec la ceinture de cuir (al-minṭaqa), en disant :

« Ceins tes reins de toute l’armure de Dieu, et de la force du repentir, par Jésus-Christ notre Seigneur — ce de qui te conviennent la gloire, l’honneur, la majesté et l’adoration, avec lui et avec l’Esprit-Saint vivifiant qui t’est égal, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

• • •

La conclusion à l’église

Ici aussi il est dit :

« Et il alla à l’Église, la maison des anges. Il chanta et psalmodia à la Sainte Trinité. Il dit : ‘Dans ta lumière, ô Seigneur, nous voyons ; que ta miséricorde vienne sur ceux qui te connaissent.’[27]

Le peuple dit : « Notre Père qui es aux cieux. »

Le prêtre dit les Trois Absolutions (al-Talāta al-Taḥlīl), et la double prière du testament. Après la bénédiction, on dit Kyrie eleison de nombreuses fois. Puis l’on commence les portions [du repas], et le prêtre commence le service de la liturgie eucharistique.

« Fin, par l’aide du Créateur : l’ordre de la division des moines. » « Et il lui succède l’ordre du revêtement du Schéma : Angélique, l’Habit, le Nom. »

• • •

Section sur le Grand Schéma (al-Iskim al-Kabīr)

En marge du texte. Le « Schéma » (ⲒⲤⲬⲎⲘⲀ, en arabe al-Iskim) est l’habit monastique distinctif. Le « grand schéma » est la pleine forme — donnée après une période supplémentaire d’épreuve — par opposition au « petit schéma » reçu à la première profession.[28]

 

L’ouverture solennelle

« Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu Unique. » « Ordre du revêtement du Grand Schéma destiné aux hommes. »

On commence d’abord par l’invocation : « ⲠⲒⲠⲚⲒⲨⲘⲀ ⲠⲒⲚⲒⲀⲚⲆⲞⲪⲞⲢⲞⲤ » (l’Esprit qui est porteur de la Trinité). Le moine destiné au grand schéma se présente dans une nouvelle prosternation à terre devant l’autel.

L’évêque ou l’hégoumène — selon les dispositions du monastère — commence par la prière de l’action de grâce, et élève l’encens. Le peuple répond : « Seigneur, prends pitié » trois fois.

 

Le chant initial

« Nous adorons le Seigneur Jésus-Christ, avec le Père qui est éternel, et l’Esprit-Saint qui procède du Père. »

On lit ensuite le Psaume 132 (133) : « Voyez comme il est bon, comme il est agréable, que des frères demeurent ensemble. »

 

Les lectures du Grand Schéma

Suivent les lectures spécifiques au grand schéma, dont :

•                    L’Apôtre Paul : tirée de l’Épître aux Galates (chapitre 6) — sur le détachement du monde ;

•                    Le Praxis : passage des Actes des Apôtres sur la primitive Église, où tout était en commun (Actes 2,42-47) ;

•                    La Lettre catholique : passage de Jacques ou de Pierre sur la patience et l’endurance ;

•                    Le Trisagion sur le ton solennel ;

•                    L’Évangile : tiré de Matthieu 11,28-30 — « Venez à moi, vous tous qui peinez et qui ployez sous le fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est aisé et mon fardeau léger. » — péricope-clef qui annonce le « doux joug » du monachisme.

 

La revêture solennelle des pièces du Grand Schéma

L’évêque ou l’hégoumène revêt le moine de chaque pièce avec une prière propre :

(1) L’aube blanche (al-tunia) — le vêtement d’immortalité de Christ.

(2) L’étole du schéma (al-iskim) — qu’il revêt en disant : « Reçois sur tes épaules le doux joug du Maître Christ, l’étole de l’ange. »

(3) La ceinture de cuir — « le rappel de la mortification de la chair. »

(4) Le manteau noir (al-burnus) — « le vêtement de l’humilité et du désert. »

(5) La qalansuwa noire — « le casque du combat spirituel. »

(6) Les sandales — « la disposition à porter la Bonne Nouvelle. »

 

L’exhortation finale au moine du grand schéma

« Voici, mon fils, tu as revêtu l’habit angélique. À toi désormais la croix, le silence et la prière. Garde le silence intérieur — n’ouvre la bouche que pour la prière, pour l’enseignement utile, ou pour la consolation des frères. Veille jour et nuit. Sois en attente continuelle de l’Époux qui vient. Que ton corps soit la temple du Saint-Esprit. »

 

Ouverture liturgique

L’évêque commence comme dans le premier rite. Il dit la prière de l’action de grâce, élève l’encens avec son Oraison. Le peuple reprend comme au début :

« ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲩ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲭ︦Ⲣ︦Ⲥ︦ » — Nous adorons le Seigneur Jésus-Christ.

On dit ensuite la doxologie de saint Antoine (« Et toi, notre Père »), puis le Psaume 78. On chante Alléluia sur le ton des funérailles. Après cela on lit la lecture paulinienne, tirée de l’Épître aux Hébreux (13,7-25).

 

Lecture paulinienne — Hébreux 13,7-25

En marge du texte. L’exhortation finale de l’épître aux Hébreux culmine au verset 13 : « Sortons à lui hors du camp ». Lecture-clef pour le rite du grand schéma — la profession monastique étant comprise comme la sortie hors du monde.[29]

« Souvenez-vous de vos guides — ceux qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Considérez la fin de leur conduite, et imitez leur foi. Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement. »

« Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines variées et étrangères, car il est bon que le cœur soit affermi par la grâce — non par des aliments dont n’ont retiré aucun profit ceux qui s’y sont attachés. »

« Nous avons un autel dont n’ont pas l’autorité de manger ceux qui servent le tabernacle. Car les corps des animaux dont le sang est introduit dans le saint des saints pour le péché — par le grand prêtre — sont brûlés hors du camp. C’est pourquoi Jésus aussi, pour sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. »

« Sortons donc à lui hors du camp, en portant son opprobre. Car nous n’avons pas ici de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir. »

« Par lui, offrons donc à Dieu en tout temps un sacrifice de louange — fruit des lèvres qui confessent son Nom. Mais n’oubliez pas la bienfaisance et le partage, car de tels sacrifices plaisent à Dieu. »

« Obéissez à vos guides et soyez-leur soumis, car ils veillent sur vos âmes — comme devant en rendre compte. Qu’ils le fassent avec joie et non en gémissant, car cela ne vous serait point profitable. »

« Priez pour nous, car nous sommes assurés d’avoir une bonne conscience, désirant nous conduire bien en toutes choses. Mais je vous prie, plus encore, de faire cela — pour que je vous sois rendu plus promptement. »

« Or, le Dieu de paix — qui a ramené d’entre les morts le grand Pasteur des brebis, notre Seigneur Jésus-Christ, par le sang de l’alliance éternelle — vous équipe en toute œuvre bonne pour faire sa volonté. Qu’il opère en vous ce qui est agréable devant lui, par Jésus-Christ, à qui soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen. »

« Je vous prie, frères, de supporter ma parole d’exhortation, car en peu de mots je vous ai écrit. Sachez que notre frère Timothée a été libéré — avec qui, s’il vient bientôt, je vous verrai. Saluez tous vos guides et tous les saints. Ceux d’Italie vous saluent. La grâce soit avec vous tous. Amen. »

 

Les Trois Sanctifications et l’Oraison de l’Évangile

On dit ensuite les Trois Hagios et l’Oraison de l’Évangile. On chante le psaume sur le ton de tristesse :

« Le juste fleurira comme le palmier ; comme le cèdre du Liban il croîtra ; plantés dans la maison du Seigneur, dans nos parvis ils fleuriront, exhalant les eaux. Tes prêtres, ô Seigneur notre Dieu, seront revêtus de lumière. — Alléluia. »[30]

 

Évangile de Luc — la parabole du serviteur fidèle

En marge du texte. Luc 12,42-46 (parallèle Mt 24,45-51) — la parabole du serviteur fidèle et avisé. Lecture évangélique du rite du grand schéma.[31]

« Ne crains point, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume… »

Le Seigneur dit : « Quel est donc l’économe fidèle et avisé que le Maître a placé sur ses serviteurs, pour leur donner leur nourriture en son temps ? »

« Heureux ce serviteur que son Maître, à son arrivée, trouvera agissant ainsi. En vérité, je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. »

« Mais si ce serviteur mauvais dit en son cœur : ‘Mon Maître tarde à venir’, et qu’il se mette à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer — le Maître de ce serviteur viendra le jour qu’il n’attend pas, à l’heure qu’il ne connaît pas, et il le retranchera, et lui donnera sa part avec les infidèles. »

 

La réponse de l’Évangile

« Les biens de ce monde passent — ne les recherche pas. » « Mais le salut de vos âmes est dans la récitation de son saint Nom. » « Si Tu nous l’as commandé, ô Seigneur — nous demandons à recevoir et à pétitioner. Que nous ne tombions point ; que la porte nous soit ouverte. Car il est béni. »

• • •

La grande prière sur le Schéma

On dit ensuite les Trois Grands Oraisons, la Foi (Credo), et cette prière sur le Schéma :

« Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator, Père de notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ. Nous demandons et supplions ta bonté, ô Ami des hommes : regarde sur ton serviteur N. — ce prosterné devant ta sainte gloire

« Bénis-le par la puissance de la Croix vénérée, la Lumière victorieuse qui le saisit, afin qu’il ne soit pas oublié avec le Christ — dans ton armée céleste. »

« Avant qu’il ne revête le schéma, qu’il apparaisse qu’il a vaincu le monde, fortifié son âme libérée de l’amour de la souffrance de cette vie. »

« Affermis-le par le signe de la ceinture qui lui a été donnée — pour qu’il te serve, pur, debout, oublieux des choses du monde. »

« Avec un cœur pur ardent, une mémoire ferme, chaste, des chemins humbles, et le rassemblement, l’humilité, la patience, l’obéissance parfaite et le courage. »

« Et des diverses inclinations qui appartiennent aux esprits mauvais : que les passions méprisent ses pieds. Donne-lui autorité — de marcher sur les serpents et les scorpions et toute la puissance de l’Ennemi. Que ta crainte vivifiante demeure en lui — pour faire la résurrection qui est tout en tout. »[32]

« Accorde-lui la pureté de l’âme et du corps, sans tache ni impureté. Garde aussi la lampe de ses œuvres sans qu’elle ne s’éteigne. Que son effort soit sans obstacle dans le temps fixé. Qu’il devienne digne du vêtement complet saint — par Ton Fils Unique Jésus-Christ notre Seigneur. »

 

 

 

L’imposition de la main et le revêtement

Le prêtre pose la main sur lui et dit :

« Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator… fais miséricorde à ton serviteur. Fais de lui un de ceux qui te plaisent. Garde sa voie sans faute jusqu’à la perfection. Donne-lui un effort sans obstacle. Fais de lui un participant à l’entrée par la porte étroite, vers tes royaumes bénis. Car le chemin convient avec ton Père bon et l’Esprit-Saint. »[33]

 

La revêture des pièces du Schéma

Le prêtre revêt le moine de chaque pièce du grand schéma avec une formule propre.

 

Le burnus (le manteau monastique noir)

Le prêtre revêt le moine du burnus en disant :

« Revêts la force du saint monastère, le vêtement divin de la disposition à porter la Bonne Nouvelle, pour marcher sur les serpents et les scorpions… »

 

La proclamation trinitaire

Puis le prêtre fait trois signes de croix sur le schéma en disant :

« Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu Unique. » « Béni est Dieu le Père Pantokrator. Amen. » « Béni est son Fils Unique Jésus-Christ notre Seigneur. Amen. » « Béni est l’Esprit-Saint Paraclet. Amen. »

« La Trinité parfaite, le Dieu Unique, équivalent en puissance et béni, Trois Hypostases, équivalent à la divinité naturelle pour toujours. Amen. »

Ici, le chœur chante l’Hymne du Saint-Esprit, et le moine revêt le saint Schéma — le prêtre disant : « Mets sur toi le sceau du don de la pureté céleste, qui est le saint Schéma, le vêtement divin à l’Apôtre et au prophète… et marche sur les serpents et les scorpions et toute… l’ennemi… agréable à notre Seigneur Jésus-Christ à qui soit la gloire à jamais. »

 

L’onction et la prière finale d’action de grâces

Après le revêtement du Schéma, le prêtre signe le front avec l’huile pure bénie, en disant la prière du Roi de sa paix.

Puis le prêtre dit cette prière d’action de grâces après le saint Schéma :

« Seigneur Jésus-Christ, l’Israël captif, décrit comme le chemin de la vie, le Pasteur de l’humanité — avec les anges et les paroles. Garde ton serviteur N. — qui a revêtu ce Schéma. Que les esprits mauvais ne le touchent pas. »

« Selon l’ordre apostolique, par tes prières et par ta protection — qu’il te serve à sa place avec les dieux de tes soldats. »

• • •

Sur la conclusion du grand schéma masculin

Le grand schéma est ainsi achevé : « Fin, par l’aide du Créateur, le rite du revêtement du grand Schéma pour les hommes. »

Suit la liturgie eucharistique — où le nouveau moine de grand schéma reçoit la communion comme premier acte de sa nouvelle vie consacrée.

Note préliminaire

• • •

Le Testament au nouveau moine

Après le revêtement complet du Schéma, l’évêque lit sur le nouveau moine ce testament solennel — une exhortation théologique et pastorale :

« Sache, ô frère, la mesure de cette dignité qui t’a atteint. Car tu as revêtu le Schéma angélique, et tu es toi-même un soldat pour le Christ. Tu as été compté parmi le plus grand combat de bonté.

« Demande tout, parce que tu t’es dépouillé et que tu t’es retiré des œuvres mauvaises du monde. »

 

La vision de saint Antoine

En marge du texte. La doctrine du monachisme comme « second baptême » (ré-application de la grâce baptismale) est attribuée traditionnellement à saint Antoine, dont la vie est rapportée par saint Athanase. La vision de l’âme jugée par les puissances de l’air est un récit typique de la tradition monastique copte.[34]

« Comme l’a dit le grand saint Antoine, Père des moines : ‘L’Esprit qui descend sur le saint Baptême — c’est Lui qui descend aussi sur le Schéma monastique. Il se manifeste en celui qui devient moine.’

« Il témoigne également avoir vu de lui-même son âme sortir comme s’elle s’extrayait de son corps, l’ayant rencontrée dans l’air, en cercle. Elle allait être jugée depuis sa jeunesse. Et voici qu’une voix du ciel cria, disant : « Depuis le temps qu’il est devenu moine, tout ce qui pesait sur lui est remis ; tous ses autres péchés sont pardonnés par la vie monastique. Mais depuis qu’il est devenu moine, jugez-le.’ Et c’est ainsi qu’ils le jugèrent et le trouvèrent sans reproche. »

 

L’exhortation au combat spirituel

« Et maintenant, ô frère, tu es sorti de la souillure du monde. Garde-toi dès maintenant — pour être un bon soldat pour le Maître Christ, Roi des rois. Combats la guerre cachée du Diable et de ses cohortes méchantes

« Garde le testament que tu as établi : que tu serves Dieu avec crainte et tremblement, que tu récites les Psaumes et les louanges avec la vigile nocturne et l’al-Absalmodia et les prières prescrites de l’Église — accomplissant tout cela avec tout effort. »

« Et le jeûne selon la mesure, et l’ascèse, et la pureté du corps — pour que tu sois ami des saints anges. Et l’obéissance complète, et la soumission à tous — surtout à celui qui te guide à la voie de Dieu et à ses saints commandements — jusqu’à la limite de la mort. »

« Pour que tu obtiennes la couronne des enfants de Dieu et que tu hérites du Royaume des cieux. Et que le Seigneur Dieu t’aide en toute œuvre bonne. Qu’il nous rende tous dignes d’entendre cette voix joyeuse disant : »

« ‘Venez à moi, ô bénis de mon Père, héritez du Royaume préparé pour vous depuis avant la fondation du monde. Ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme — Dieu l’a préparé pour ceux qui l’aiment.’ »

« Par l’intercession de notre Dame la Vierge et de tous les saints. Amen. » — Puis le prêtre dit la Bénédiction.

• • •

Section sur les moniales (Qism al-Rāhibāt)

L’ouverture liturgique

Le prêtre dit la prière de l’action de grâce et élève l’encens. Puis on dit la Psalmodie (la doxologie copte), puis le Psaume 78 en son entier. Ensuite il proclame la Pauline tirée de la Première Épître aux Corinthiens (7,25-34).

 

Lecture paulinienne — 1 Corinthiens 7,25-34

En marge du texte. L’enseignement de saint Paul sur la virginité et le mariage. Lecture-clef pour la consécration des moniales : le « temps est court » appuie l’urgence de la vocation au détachement.[35]

« Quant aux vierges, je n’ai pas de commandement du Seigneur à leur sujet. Mais j’exprime un avis, comme ayant reçu miséricorde du Seigneur, pour être fidèle. Je pense donc que cela est bon pour la présente détresse — qu’il est bon pour l’homme d’être ainsi.

« Es-tu lié à une femme ? Ne cherche pas à te séparer. Es-tu séparé d’une femme ? Ne cherche pas de femme. Mais si tu te maries, tu n’as pas péché. Et si la vierge se marie, elle n’a pas péché. Cependant, de tels auront des tribulations dans la chair — et moi je vous épargne. »

« Je dis donc ceci, frères : dès à présent le temps est court — afin que ceux qui ont des femmes soient comme s’ils n’en avaient pas ; et ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas ; et ceux qui se réjouissent, comme s’ils ne se réjouissaient pas ; et ceux qui achètent, comme s’ils ne possédaient pas ; et ceux qui usent de ce monde, comme s’ils n’en usaient pas — car la forme de ce monde passe. »

« Je vous veux donc sans souci. Le non-marié se soucie des choses du Seigneur — comment plaire au Seigneur. Mais le marié se soucie des choses du monde — comment plaire à sa femme. Il y a une différence entre la femme et la vierge : la non-mariée se soucie des choses du Seigneur — pour être sainte de corps et d’esprit. Mais la mariée se soucie des choses du monde — comment plaire à son mari. — La grâce de Dieu le Père [soit avec vous]. »

 

Le Psaume 44 (45 LXX) — les vierges entrent au palais

En marge du texte. Psaume 44 (45), v. 14-16 — épithalame messianique. Lecture parfaite pour la consécration des vierges qui deviennent épouses de l’Agneau.[36]

« Les vierges entrent au Roi ; toutes ses compagnes la suivent ; elles sont amenées à lui avec joie et exultation ; elles entrent au palais du Roi. — Alléluia. »

 

L’Évangile selon saint Matthieu — Matthieu 25,1-13

En marge du texte. La parabole des dix vierges. Lecture évangélique paradigmatique pour la consécration des moniales : elles deviennent les vierges sages qui veillent avec leur lampe allumée pour la venue de l’Époux Christ.[37]

« Alors le Royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, sortirent à la rencontre de l’Époux. »

« Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq étaient sages. Les folles prirent leurs lampes, mais ne prirent pas d’huile avec elles. Les sages, en revanche, prirent de l’huile dans leurs vases avec leurs lampes. »

« Comme l’Époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent. Et au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’Époux ! Sortez à sa rencontre !’ Alors toutes ces vierges se levèrent et préparèrent leurs lampes. »

« Les folles dirent aux sages : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes vont s’éteindre.’ Mais les sages répondirent : ‘De peur qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous, allez plutôt chez ceux qui vendent et achetez-en.’ »

« Pendant qu’elles allaient en acheter, l’Époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces, et la porte fut fermée. Plus tard arrivèrent aussi les autres vierges, disant : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Mais il répondit : ‘En vérité, je vous le dis, ô vierges, je ne vous connais pas.’ Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

 

La grande prière sur la moniale

Après la Paix, les Pères, l’Assemblée, la Foi, on dit cette prière :

« Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator, Père de notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ. Nous demandons et supplions ta bonté, ô Ami des hommes. Toi qui nous as enseigné la vertu et la gloire de la virginité par la Mère de Dieu pure. »

« Ta servante que voici, qui est venue à toi, envoie sur elle l’Esprit de ta sainteté, afin que sur elle s’accomplisse la promesse de la virginité — avec un service sans souillure, une conduite pure, une mémoire sage. Purifie-la par l’acte et la parole, par Christ Jésus notre Seigneur, ce de qui Te conviennent la gloire, l’honneur, la puissance et la prostration, avec l’Esprit-Saint vivifiant qui T’est égal, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

Le port de la ceinture de cuir

L’évêque ceint ses reins avec la ceinture de cuir, en disant :

« Ceins tes reins de toute l’armure de Dieu et de la force du repentir, par Christ Jésus notre Seigneur — ce de qui [te conviennent gloire et honneur], maintenant et en tout temps et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

Conclusion conditionnelle

« Si elle est candidate qui ne revêt pas [encore] le Schéma : le peuple dit ‘Notre Père qui es aux cieux’ ; puis l’absolution et la bénédiction comme à l’ordinaire. »

« Mais si elle revêt le Schéma : ces conclusions sont remises, et l’on commence par la prière comme la première fois. »

• • •

Le rite du Schéma des moniales (Iskim al-Rāhibāt)

L’ouverture

Le prêtre dit la prière de l’action de grâce, élève l’encens. Puis on dit :

« Gloire au Père », « Notre Père qui es aux cieux » — et la Psalmodie. — Et l’Alléluia sur le ton funèbre.

Puis il dit la lecture paulinienne :

Lecture paulinienne — 2 Corinthiens 10,1-5

En marge du texte. La « guerre spirituelle » selon saint Paul. Lecture pour le rite du grand schéma féminin, soulignant le combat spirituel propre à l’ascèse de l’Iskim.[38]

« Je vous demande, par la mansuétude et la patience du Christ — moi-même, Paul — qui parmi vous, en présence, suis humble, mais hardi quand je suis loin. Je vous demande, lorsque je serai présent, de ne pas devoir user de cette hardiesse — par cette confiance avec laquelle je pourrai être audacieux contre certains, qui nous considèrent comme marchant selon la chair. »

« Car bien que nous marchions dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair. Car les armes de notre combat ne sont pas charnelles — mais puissantes en Dieu pour le renversement des forteresses. Nous renversons les raisonnements, et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu — et nous menons captive toute pensée à l’obéissance du Christ. »

 

L’économe spirituelle

Le rite se poursuit ensuite par les chants, les Trisagia, l’Évangile spécifique (généralement Luc 10,38-42 — Marie qui choisit la meilleure part — ou Matthieu 19,16-30 — sur la perfection), et enfin la grande prière de revêtement.

La moniale qui reçoit le grand schéma est revêtue de :

(1) L’aube blanche — vêtement d’immortalité ;

(2) La tunique noire monastique — vêtement d’humilité ;

(3) La ceinture de cuir — mortification de la chair ;

(4) Le voile noir intégral — qui couvre la tête et les épaules — vêtement de la chasteté ;

(5) Le manteau noir (al-burnus) — vêtement de l’humilité et du désert ;

(6) Les sandales — disposition à porter l’Évangile.

Le triple signe de croix sur le schéma. — Le cri du peuple : « Axios ! Axios ! Axios ! » — Puis l’onction du front avec l’huile pure bénie. Et la communion eucharistique.

Fin de la lecture évangélique — Luc 14,28-35

En marge du texte. La péricope sur le « coût du discipulat » culmine ici avec l’image du roi qui calcule ses forces et avec le sel qui s’éventer. Conclusion lue intégralement sur la candidate au schéma.[39]

« Lequel d’entre vous, voulant bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense — s’il a de quoi l’achever ? De peur qu’ayant posé les fondations sans pouvoir l’achever, tous ceux qui le verront ne se moquent de lui en disant : ‘Cet homme a commencé à bâtir, et n’a pas pu achever.’ »

« Ou quel roi, partant en guerre contre un autre roi, ne s’assied d’abord pour considérer s’il peut, avec dix mille [hommes], affronter celui qui vient contre lui avec vingt mille ? Sinon, alors que celui-là est encore loin, il envoie une délégation et demande les conditions de paix. »

« Ainsi donc, chacun de vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. Le sel est bon, mais si le sel s’éventer, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? Il n’est plus bon ni pour la terre, ni pour le fumier ; on le jette. — Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. »

• • •

La grande prière sur le Schéma des moniales

Après l’Évangile et la profession de foi, l’évêque ou l’hégoumène dit cette prière sur la candidate au schéma :

« Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator, Père de notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ. Nous demandons et supplions ta bonté, ô Ami des hommes : sur ta servante qui se tient devant toi, N. »

« Envoie sur elle la vie de ton Esprit-Saint, et sa puissance — qui surmonte toutes les œuvres du Diable opposé. Fortifie-la dans toute œuvre bonne. Cuirasse-la de la force. Élève-la — purifiée — de toutes les passions hautes et de l’erreur et de l’hypocrisie. »

« Voici la dignité où elle servira en deux manières — avec assistance — tous les jours de son exil. De toute envie et de toute épreuve. De toute laideur. Éloigne d’elle les gens méchants. Donne-lui autorité — de marcher sur les serpents et les scorpions et toute force d’ennemi. »

« Énumère-la et orne-la, ô Seigneur, en parole, en action, et en toute vertu. Garde la lampe de sa virginité sans qu’elle ne s’éteigne — jusqu’à la perfection. »

« Afin qu’elle soit prête pour la rencontre avec le véritable Époux céleste Christ, et qu’elle entre avec Lui à sa chambre nuptiale céleste. Que le vêtement du Seigneur soit sur elle. Qu’elle hérite, avec tous tes saints, le Royaume préparé pour eux avant la fondation du monde — par ton Fils Unique notre Seigneur Jésus-Christ — ce de qui te conviennent gloire, honneur, puissance et adoration, avec l’Esprit-Saint vivifiant qui t’est égal, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

• • •

Les cinq signes de croix et la vêture de la moniale

Ici l’évêque signe les vêtements monastiques de cinq signes de croix. Puis il revêt la moniale de la couronne (al-Tāj — la coiffe nuptiale), en disant :

 

La couronne de la moniale

En marge du texte. Isaïe 61,10 — « Je me réjouirai dans le Seigneur, mon âme exultera en mon Dieu, car il m’a revêtu des vêtements du salut, et m’a couvert du manteau de la justice, comme l’époux orne sa tête d’une couronne. » Référence centrale pour le revêtement de l’habit monastique féminin.[40]

« Revêts le vêtement de la justice, la cuirasse du salut. Fais bon fruit — qui convienne avec la repentance — par Christ Jésus notre Seigneur, ce de qui [te conviennent] etc. »

 

La qalansuwa de la moniale

Puis il la revêt de la qalansuwa (le bonnet de tête) et dit :

« Revêts la qalansuwa de l’humilité et le casque du salut. Fais bon fruit. Par Christ Jésus notre Seigneur, ce de qui etc. »

 

Le Schéma de la moniale

En marge du texte. Apocalypse 19,7-9 — « Voici les noces de l’Agneau ; son épouse s’est préparée. » La moniale revêtant le schéma : épouse de l’Agneau préparée pour les noces eschatologiques.[41]

Enfin il la revêt du Schéma (Iskim) lui-même et dit :

« Revêts le sceau des enfants du Royaume des cieux, qui est le Schéma pour le saint. Garde sur tes avant-bras le signe de la Croix… »

• • •

La prière de l’imposition des mains (al-Yad) sur la moniale du schéma

L’invitation du diacre

Le diacre s’écrie : « ⲀⲤⲠⲈ ⲔⲈⲪⲀⲒ » (Donnons l’assemblée). Puis le prêtre dit cette prière, posant sa main sur la tête de la nouvelle moniale :

 

La prière de l’imposition

« Ô Dieu Saint, qui habites dans les saints, élevé au-dessus de tout, le Demeurant dans les hauteurs à jamais, qui regardes vers les humbles : Toi es notre Dieu, Scrutateur des cœurs et examinateur des conseils des âmes

« Ami de la pureté et Sceau de la virginité, qui es la gloire éternelle, la puissance et la sûreté pour tous ceux qui crient vers Toi dans la vérité. Nous demandons et désirons de Toi, ô Ami des hommes : Regarde du ciel sur ta servante que voici. »

« Avec faveur, sur cette ta servante qui s’est offerte à toi. Sois clément à son égard, classe-la, bénis-la, purifie-la, et affermis ta paix et ton amour dans son cœur. Donne-lui crainte et ardeur spirituelle. Que son cœur t’entende — pour qu’elle récite tes paroles. Elle est celle qui combat avec un fort dessein, et qui surmonte les puissances opposées, et habite dans le vêtement de son âme. »

• • •

La prière sur le malade (Ṣalāt ʿalā al-Marīḍ)

En marge du texte. Cette prière s’appuie sur Jacques 5,14-15 — fondement biblique de l’onction des malades : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les prêtres de l’Église… »[42]

L’ouverture du rite

Lorsque le prêtre se rend auprès d’un malade — ou que le malade est apporté devant l’autel — le prêtre dit la prière de l’action de grâce et lit le

Psaume 6 — « Seigneur, ne me reprends pas dans ta fureur ; ne me châtie pas dans ta colère ; aie pitié de moi, Seigneur, car je languis ; guéris-moi, Seigneur, car mes os sont troublés… »

Puis le Psaume 50 (Miserere) :[43]

« Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande miséricorde, et selon la multitude de tes pitiés efface mon iniquité. Lave-moi à fond de ma faute, et de mon péché purifie-moi. »

 

La grande prière sur le malade

« Ô Seigneur, Dieu de toute consolation, qui a porté nos maladies et qui s’est chargé de nos douleurs (Isaïe 53,4 ; Matthieu 8,17) : Regarde, avec ton œil compatissant, ton serviteur (ou ta servante) N. — ce malade prostré dans sa souffrance.

« Apaise sa douleur. Pardonne ses péchés. Affermis sa foi. Restitue-lui la santé du corps si telle est ta volonté. Ou — si l’heure est venue de son rappel — accorde-lui une fin paisible, dans l’espérance de la résurrection. »

« Que tes saints anges l’entourent. Préserve son âme de toute embûche démoniaque. Donne-lui d’endurer avec patience le poids de l’épreuve. — Par les prières de notre Dame, la Mère de Dieu, la pure Vierge Marie, et de tous les saints. Par Christ Jésus notre Seigneur, ce de qui te conviennent gloire, honneur et adoration, avec l’Esprit-Saint, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

 

 

L’onction du malade

Le prêtre oint le malade d’huile bénie sur le front, en disant :

« Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, le Dieu Unique : ce serviteur (cette servante) N. soit oint(e) d’huile sainte, pour le pardon de ses péchés et la guérison de son corps et de son âme. »

• • •

La prière sur celui qui devient chantre (Ṣalāt ʿalā man yaṣīr Murtilan)

Une seule Oraison

Pour le chef des chantres (le grand chantre, Murtil al-Kabīr), une seule Oraison est lue sur lui — son interprétation est :

« Ô Seigneur Dieu Pantokrator, qui [élèves] les âmes pures dans chaque génération : fais un signe avec ton serviteur N. Fais-le un avec ton acquisition. Chef des chantres, comme David. »

« Garde-le sans souillure jusqu’à la résurrection. Pour toutes ses offrandes — donne-lui un effort sans tache et sans aucune inclination [aux choses étrangères] dans les louanges. »

« Garde-le dans toutes les œuvres. Donne-lui pureté dans toutes les bonnes œuvres honorées, mais sans qu’il soit vaincu par l’ennemi. Que la nourriture de son âme soit les enseignements purs et les louanges pures célestes. Que son Seigneur, en tout temps, accomplisse Sa volonté en lui. »

« Cleanse-le ; qu’il trouve grâce et faveur devant ton Fils Unique Jésus-Christ notre Seigneur — celui de qui te conviennent la gloire, l’honneur, la puissance et la prostration, avec l’Esprit-Saint vivifiant qui t’est égal, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

• • •

Note sur les autres prières de tatfīs (transfert) et les sections complémentaires

Vers la fin du chapitre 14, Ibn Kabar mentionne brièvement aussi le rite du « Tatfīs » — la prière dite sur le clerc qui est transféré d’une église à une autre, avec un nouveau type de service. Ce rite reprend largement les structures déjà décrites : prière de l’évêque, prosternation, l’imposition de la main sur le clerc, et la proclamation publique du nouveau statut. Ibn Kabar note que ce rite « n’a pas de fondement [scripturaire ou apostolique] indépendant » mais est admis dans l’usage de l’Église copte.

Prière sur la Mère des moniales, leur supérieure

L’invocation initiale

« Ô Maître, notre Sauveur, Auteur des biens et Ami des hommes, qui a parcouru le chemin avec tous ses apôtres, devenant homme pour notre salut, depuis le genre humain. »

« Toi qui as préparé pour Lui un temple en la Mère de Dieu, la Vierge Sainte Marie. Lui qui s’est incarné de la Vierge sous une forme similaire à notre humilité, et qui partagea avec nous la forme et le corps. »

« Toi qui [possèdes] ta sainte gloire, et qui as donné au monde la douce virginité comme vertu. »

 

L’invitation du diacre

Le diacre dit : « ⲠⲢⲞⲤⲈⲨⲜⲀⲤⲐⲈ » (Prions). »

 

La grande pétition

« Nous demandons et supplions de toi, ô Ami des hommes : par cette femme aînée [qui se tient debout] sur ta vierge servante et grande servante, bénis-la par ton Nom et par la bénédiction. Bénis sa virginité. Et accepte vers Toi son effort. »

« Compte-la parmi le nombre des cinq vierges sages, afin qu’elle entende toute lutte et ses paroles. Que la prophétie soit ton dépôt en elle, qu’elle médite tes paroles, et qu’elle enseigne sa langue, et qu’elle l’assiste à enseigner des vierges-disciples [comme elle].[44]

« Tous les ennemis visibles et cachés — éloigne-les d’elle. Donne-lui de marcher sur les serpents et les scorpions et toute la puissance de l’ennemi violent. »

« Par la gloire de ton saint Père qui T’a engendré, et la communion de ton Esprit-Saint qui T’est égal — maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

 

Le Psaume 84 (85) et la prière d’action de grâces

Puis le prêtre dit en entier le Psaume 84 (85 dans la numérotation hébraïque) : « Mon cœur déborde ». Ensuite il dit cette prière d’action de grâces :

« Nous Te remercions, ô Maître Pantokrator, en toute condition et en toute situation. Nous glorifions ton saint Nom, parce que tu as fait avec nous de grandes choses. Tu as répandu ton don abondant sur ta servante que voici. Nous demandons et supplions de Toi, ô Maître : entends-nous par l’abondance de ta tendresse. Sois agréé avec la communion de cette Mère qui a été ornée pour cette ta servante. »

« Par la descente de Ton Saint-Esprit sur elle, et dans l’arrivée de l’appel de son élection — par la pureté et la grâce de Ta bonté, et notre parfum avec elle pour le bien. »

« Que nous soyons libérés et que nous ôtions le poids, afin que nous obtenions, avec tous les artisans de Ta volonté depuis le commencement, le salaire des intendants sages et fidèles à l’apparition de notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ. Ce de qui te conviennent etc. »

• • •

Prière sur le Reclus (al-Ḥabīs)

En marge du texte. Le « reclus » (al-Ḥabīs) est le moine qui, après avoir vécu en communauté, se retire pour la vie solitaire — soit dans une cellule fermée du monastère, soit dans une grotte du désert. La tradition copte connaît de nombreux reclus illustres, comme saint Pacôme l’Ancien, saint Paul de Thèbes, ou Anbâ Bachoï. La prière qui suit consacre liturgiquement ce choix.[45]

 

L’invocation initiale

« Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator, Père de notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ. Toi qui connais toutes les choses avant qu’elles n’existent, ô notre Maître. »

« De Ta bonté, Tu as fait venir en chassant le souci de Ton Fils Unique disant : ‘Venez à moi, vous tous qui peinez et qui ployez sous le fardeau, et je vous donnerai du repos.’ »

« Regarde, ô notre Maître, avec faveur sur ton serviteur N. Toi qui as donné un cœur — pour la repentance et pour porter la Croix. Et fais qu’il s’élève en son cœur tout entier, et qu’il aime la dignité, à l’imitation des prophètes et de tous tes saints. »

« Ô Dieu, ô notre Maître Ami des hommes, riche en miséricorde, le grand en miséricorde, le Roi vivant éternel — sur ton serviteur ici présent : enracine-le et affermis-le. Pour qu’il devienne le contraire de tes anges combattants par Toi, qui vainc le diable et ses idéaux, la vanité du monde, ses tentations, sa douleur, ses œuvres, le serpent et ses pièges. »

« Renforce-le pour qu’il devienne libre de toutes les tentations de Satan. Éloigne de lui les douleurs, l’épreuve et l’adversité, afin qu’il prie pour la fin du salut. Qu’il obtienne la gloire préparée pour les athlètes, et reçoive la couronne incorruptible qui est pour les justes — par la force de notre Seigneur Jésus-Christ. À Lui soit la gloire à jamais. Amen. »

 

Le Tarḥ après l’Évangile sur le reclus

L’Évangile lu sur le reclus est habituellement la parabole de la perle de grand prix (Matthieu 13,44-46) ou celle du grain de sénevé (Matthieu 13,31-32), ou la péricope de « Cherche d’abord le Royaume de Dieu » (Matthieu 6,33). Le Ṭarḥ rappelle :

(1) Ne te retourne pas, comme la femme de Lot (qui regarda en arrière hors de Sodome et devint une statue de sel) ;

(2) Garde le silence du désert et la conversation continue avec Dieu ;

(3) Ne reçois personne dans ta cellule sans la permission du chef du monastère ;

(4) Lis les Psaumes, jeûne selon ta force, prie sans interruption ;

(5) Souviens-toi de la dernière heure et du Jugement à venir.

En marge du texte. Genèse 19,17-26 — la femme de Lot, qui en regardant en arrière hors de Sodome, fut transformée en statue de sel. Image classique dans la tradition monastique copte de la chute par regret du monde quitté.[46]

 

La conclusion solennelle

« Conduisons-nous ainsi, par un chemin guidé sans agitation et sans fatigue, jusqu’à ce qu’elle prie à la fin du salut, et qu’elle obtienne la gloire préparée pour les combattants. Et prends la couronne incorruptible qui est pour les justes, par la force de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soit la gloire toujours et à jamais. Amen. »

• • •

Fin du quatorzième chapitre

Chapitre 15

Sur le saint Baptême (al-Taʿmīd)

Le titre et l’ouverture

« Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, le Dieu Unique. » « Chapitre quinzième — sur le Baptême, ses dispositions, et nous prêchons à son sujet. »

En marge du texte. Le verbe « نكرز » (nakraz) signifie « nous prêchons / nous proclamons », indiquant que ce chapitre va exposer la doctrine baptismale et son rite.[47]

 

Qui peut baptiser et conditions premières

« Personne ne baptise sinon l’évêque, le prêtre ou le diacre qui le sert. »

« Nul ne baptise pour une rétribution (rashwa), et ne vend pas le don du Saint-Esprit pour un prix. »[48]

« Les femmes ne reçoivent pas le baptême des hommes, ni les hommes des femmes ; mais le mâle baptise le mâle, et la femelle baptise la femelle. »

« Il n’est pas permis de baptiser dans [une eau courante], et il faut un témoin lorsqu’il s’est trouvé en présence du déclassé. »

 

Les trois immersions

« Trois immersions sont effectuées sur sa tête, au nom de la Sainte Trinité. »[49]

L’absence de délai

« Il n’est pas permis de retarder le baptême. On n’attend pas la présence des parents, ni celle des amis. »

« On ne le retarde pas à cause des vêtements [à préparer]. On ne le suspend pas à l’absence du métropolite, de l’évêque ou du prêtre [responsable de la zone]. Car la puissance du Baptême est une et égale, [quel que soit le ministre]. »

 

Quelques précisions

« Toutefois, il est préférable que le prêtre ne soit pas étranger à l’Église locale ni d’un rang obscur. Qu’il ne soit ni ignoré, ni que ses cheveux soient en désordre. Que celui qui dépasse [sa fonction propre] donne les saints mystères au peuple. »

 

Le canon du patriarche Abou Saint Akhōrê

Selon un canon du Patriarche Anbâ Akhōrê : « Il appartient à tous les évêques et prêtres de se soucier du baptême des faibles et des étrangers, et de les informer à ce sujet pour préserver ceux qui en ont besoin. »

« Quiconque s’expose à recevoir une rétribution ou à imposer des conditions à un baptême — il viole l’interdit absolu. »

 

Sur les ministres qualifiés

« Il ne convient pas que s’approche du baptême un prêtre ou un diacre — sinon le digne et le savant : qu’il soit bon, et possède la connaissance des règles du baptême et de l’onction, et de l’ordre de la prière. »

« Et celui qui ose s’avancer avec une connaissance déficiente — ceci est une grave [transgression]. »

 

Le cas du nourrisson

« Si l’enfant est petit, il ne tète pas — parce que sa mère, ou nul autre que sa mère, communie. Car si l’enfant boit le lait maternel [avant le baptême], il est ainsi privé de la communion. »

« Il n’est pas convenable que le baptême se fasse sans communion : qu’on prenne garde à cela. »

« Et si le baptisé est un nourrisson, la liturgie eucharistique est offerte pour les mystères au moment où se déroule le service du baptême, afin que les deux fins soient atteintes ensemble. Il est baptisé, puis oint, avant son allaitement au lait maternel. »

 

Sur la circoncision

« Vous devez veiller à la circoncision de vos enfants. Mais que celui qui a été baptisé ne revienne pas à elle : car il n’y a pas de circoncision après le baptême [comme rite religieux]. »

 

Le livre du baptême et le baptistère

« Nul ne célèbre la liturgie du baptême avec un autre livre que celui ordonné dans l’Église — même s’il le connaît par cœur. »

« Il ne verse pas le Myrôn dans son vase ; mais il en prend avec le bout de son doigt, et signe les baptisés — même s’ils sont nombreux. »

« Le baptistère est gardé avec une porte et un verrou ; il est honoré dans la disposition mentionnée. Le prêtre récite ce qu’il faut, dans la propreté. Cierges et lampes sont allumés autour, afin qu’il soit illuminé. »

« On amène le baptisé. Le prêtre l’assiste — et voici sa position. »

 

Ibn Kabar — sa méthode pour ce chapitre

« Le baptême possède son livre propre, honoré, connu des prêtres et des diacres de l’Église. Il n’est pas besoin d’en décrire l’arrangement ici. Mais nous mentionnerons les Oraisons, pour compléter le livre selon sa forme et son apparence, et pour que ne se perdent pas les paroles du livre ni ses pièces. »

« Que la voie soit complétée selon ce que le premier auteur a composé. — Lui, l’excellent et vertueux : Shams al-Riyāsa [Ibn Kabar lui-même]. »

• • •

Les premières Oraisons du Baptême

L’ouverture

« On commence d’abord par la prière d’action de grâce ; on élève l’encens ; le peuple récite le Psaume 50. Le prêtre dit alors une Oraison sur l’affaire de l’enfant, dont la première est : »

 

La première Oraison — sur l’enfant à baptiser

« ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲪϮ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲨⲬⲢⲀⲦⲰⲢ » — « Ô Maître, Seigneur Dieu, le Tout-Puissant. »

 

La prière pour les catéchumènes

« ⲪⲚⲎⲂ ⲒⲎⲤⲞⲨⲤ  » — « Ô Maître, Seigneur Jésus-Christ. »

 

La prière sur l’huile des catéchumènes

En marge du texte. L’« huile des catéchumènes » est l’huile dont on oint le candidat sur le front avant l’immersion, distincte du saint Chrême (Myrôn) appliqué après l’immersion.[50]

« ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲪϮ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲨⲬⲢⲀⲦⲰⲢ » — « Ô Maître, Seigneur Pantokrator. »

Le prêtre alors oint le front [du candidat], et dit :

« ⲈⲖⲈⲞⲚ Ⲭ︦Ⲣ︦Ⲓ︦Ⲥ︦Ⲭ︦ⲈⲤⲈⲞⲤ — Huile de catéchèse pour N. »

L’onction préparatoire avec l’huile des catéchumènes

Suite à l’ouverture du rite (action de grâce, encens, Psaume 50, prière sur l’huile des catéchumènes), le prêtre oint le cœur, les mains et le dos [du candidat], en disant :

« Cette huile annule toute [puissance maligne]. »

« Tu as béni, ô Maître, tes serviteurs que tu as appelés. Et de nouveau, demandons à Dieu : ‘Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator !’ Et de nouveau, prions : ‘Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator !’ »

• • •

La renonciation à Satan et la profession de foi

En marge du texte. Renonciation à Satan tournée vers l’Occident (qui symbolise les ténèbres, le monde et le diable) ; profession de foi tournée vers l’Orient (qui symbolise la lumière, le Paradis et le Christ — « Soleil de justice »). Une caractéristique des liturgies baptismales antiques.[51]

 

La renonciation tournée vers l’Occident

Les candidats (et leurs parrains/marraines) tournent leurs visages vers l’Occident, et récitent la confession de la renonciation. Le prêtre dicte la renonciation, et chacun proclame :

« Je renonce à Satan. »

 

La profession de foi tournée vers l’Orient

Puis ils se tournent vers l’Orient, et le prêtre lève les deux mains vers le ciel, en dictant la profession de foi. Chacun proclame :

« Je te confesse, ô Christ notre Dieu. »

Le prêtre dit alors les invocations :

•                    « Ô Maître, Seigneur Dieu Pantokrator. »

•                    « Ô Maître, notre Sauveur, Ami des hommes. »

•                    « Je t’ai oint, ô N. »

•                    « Maître Pantokrator. »

•                    « L’Être, Maître, Seigneur, sur le Baptême : appelle tes serviteurs ! »

• • •

L’ouverture de la liturgie baptismale

Le prêtre commence par la prière de l’action de grâce, lève l’encens, et le peuple est attentif. On dit en copte les Antiphonaria : ⲚⲞⲨⲠⲈϤⲨⲞⲨⲢⲎ — ⲨⲈⲨϢⲞⲨⲢⲎ.

On dit : « Et un ange du Seigneur parla joyeusement. »

On chante le Psaume — Psaume 8 : « Qui est l’homme, pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, pour que tu le visites ? ».

 

L’Évangile de saint Jean — Jean 3

Le prêtre lit l’Évangile selon saint Jean 3 — la péricope de Nicodème : « Il y avait un homme parmi les Pharisiens, nommé Nicodème… ». (Déjà cité au chapitre 14 dans la profession des moines.)

 

La réponse de l’Évangile

On chante la réponse de l’Évangile. Puis le prêtre lit les Sept Grandes Oraisons et dit cette prière :

« Ô Dieu des Prophètes. Tes serviteurs, ô Seigneur, qui sont les Compatissants et Tendres. »

Puis il dit les Trois Grandes Oraisons et la Foi (le Credo), et verse l’huile dans la baptistère en disant la formule prévue.

• • •

Les lectures bibliques du Baptême

La lecture paulinienne — Tite 3,4-7

En marge du texte. Tite 3,4-7 — la lecture-clef du baptême : le bain de régénération.[52]

« Quand a paru la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes — non en raison d’œuvres de justice que nous aurions accomplies, mais en raison de sa miséricorde — il nous a sauvés par le bain de régénération et de renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a répandu sur nous abondamment, par Jésus-Christ notre Sauveur. »

« Afin qu’étant justifiés par sa grâce, nous devenions, selon l’espérance, héritiers de la vie éternelle. »

 

La Lettre catholique — 1 Jean 5,1-5

En marge du texte. 1 Jean 5,1-5 — « Qui est celui qui vainc le monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? »[53]

« Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu… Qui est celui qui vainc le monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? »

 

L’absolution et l’encens

Après le commentaire de la Lettre catholique, le prêtre dit l’Absolution qui commence par l’état du diacre, et lève l’encens.

 

Le Praxis — Actes 8,26-40

En marge du texte. Actes 8,26-40 — Philippe et l’eunuque éthiopien. Lecture-modèle du baptême sur la foi.[54]

« Un ange du Seigneur parla à Philippe… [Il rencontra] l’eunuque éthiopien qui lisait le prophète Isaïe… Et l’eunuque dit : ‘Voici de l’eau ! Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ?’ Philippe dit : ‘Si tu crois de tout ton cœur, c’est possible.’ Il répondit : ‘Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu.’ Et il commanda d’arrêter le char ; et tous deux descendirent dans l’eau — Philippe et l’eunuque — et il le baptisa. »

• • •

La bénédiction de l’eau

La prière de la bénédiction

On lave [l’endroit où sera placée la baptistère] ; certains prêtres préparent une eau libre de tout mal — pour les autres usages — et voici cette prière :

« ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ Ⲫ︦Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲨⲬⲢⲀⲦⲰⲢ » — Ô Maître, Seigneur Dieu, Créateur. « Ô Seigneur, sur ceux qui sont reconnaissants. »

Puis le prêtre prononce l’Absolution du Fils, et lève le vase du chrême dans ses mains, signe l’eau trois fois en forme de croix avec le chrême, et stirre l’eau avec sa main, en chantant l’Alléluia sur sa mélodie connue. Les diacres répondent après lui, et il prononce ces phrases :

« La voix du Seigneur sur les eaux. » — « ⲦϨ︦Ⲣ︦Ⲱ︦ⲞⲨ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ϨⲒϪⲈⲚ ⲚⲒⲘⲰⲞⲨ »

• • •

Les trois immersions

L’entrée dans l’eau

Le prêtre prend le baptisé du côté Occident, et l’immerge dans l’eau trois fois. À chaque immersion, il souffle sur son visage et prononce :

 

La première immersion

« Je te baptise, ô N., au nom du Père. — Amen. » « Ϯ ⲈⲘⲞⲬ ⲠⲀⲚϮⲖ︦ ϨⲈⲚ Ⲫ︦Ⲣ︦Ⲁ︦Ⲛ︦ Ⲙ︦Ⲫ︦Ⲓ︦Ⲱ︦Ⲧ︦ ⲀⲘⲎⲚ »

 

La deuxième immersion

« Je te baptise, ô N., au nom du Fils. — Amen. » « Ϯ ⲈⲘⲤ︦ ⲚⲚⲞⲬ ⲠⲀ︦ⲚⲦⲒⲖ ϨⲈⲚⲪ Ⲙ︦ⲠⲒϢⲨⲎⲢⲒ ⲀⲘⲎⲚ »

 

La troisième immersion

« Je te baptise, ô N., au nom du Saint-Esprit. — Amen. » « Ϯ ⲈⲘⲤ ⲚⲚⲞⲬ ⲠⲀⲚϮⲖ ϨⲈⲚⲪ Ⲙ︦Ⲡ︦Ⲓ︦ⲠⲚⲈⲨⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ⲀⲘⲎⲚ »

Puis il fait monter le baptisé hors de l’eau, et le remet au parrain (ou à la marraine, al-Ishbīn). On lave autour des oreilles, et de nouveau on le lave [pour le rincer].

• • •

L’onction du Myrôn (saint Chrême)

En marge du texte. Le « Myrôn » est l’huile sainte parfumée — composée d’huile d’olive et d’aromates — consacrée par le patriarche en grande pompe. Son application complète le baptême et confère le sceau du Saint-Esprit (cf. 2 Co 1,21-22).[55]

Le prêtre dit la prière du Myrôn : ⲞⲨⲞⲐⲈⲤ ⲚⲦⲈⲠⲒⲈⲨⲒⲞⲨⲦ. Puis il oint avec le chrême selon l’usage. À la fin de l’onction, il ditl’Oraison sur les couronnes :

« ⲠⲞⲤ Ⲫ︦Ϯ︦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲨⲬⲢⲀⲦⲰⲢ — ⲈⲜⲈⲬⲰ ⲠⲈⲚⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ Ⲫ︦Ϯ︦ » — Ô Maître Pantokrator… reçois nos demandes.

• • •

La vêture du baptisé

Le prêtre revêt le baptisé du vêtement approprié à la circonstance — c’est-à-dire la robe blanche d’immortalité. Il lui met également la ceinture chrétienne (zunnâr) et la Croix, selon l’usage.[56]

• • •

La communion avec le lait — symbole de la nouvelle naissance

En marge du texte. Le don de lait et de miel au baptisé est un usage très ancien attesté chez Hippolyte de Rome (IIIᵉ s.), Tertullien, etc. Il symbolise l’entrée dans la Terre promise « où coulent le lait et le miel » (Ex 3,8) — image du Royaume.[57]

Quand le prêtre dit « ⲤⲰⲘⲀ ⲬⲈⲈⲘⲈⲨ » (Le corps de…), le diacre répond :

« ⲞⲨⲈⲢⲠⲚϮ ⲚⲀⲦ ⲬⲞⲢϤ ⲚϮⲈⲚⲒⲞⲨ » — Le lait sans adultération. « ⲈϨⲦⲀⲚ ϮⲀⲒⲒ ⲀⲘⲎⲚ » — Pour la nouvelle naissance, Amen. « Le lait sans adultération pour les enfants, par le Christ, Amen. »

• • •

La communion eucharistique

Puis le prêtre donne au baptisé des saints Mystères (le Corps et le Sang du Christ). Il lit sur lui trois prières.

 

La procession et le miel

Enfin, selon la coutume, on fait procession avec les nouveaux baptisés autour de l’église, avec cierges et chant. Dans certaines églises, on fait le tour de l’autel trois fois — séparément, puisque les baptisés sont soit hommes, soit femmes.

On leur fait goûter du miel, symbole de l’entrée dans la Terre promise du Royaume.

 

Le port de la ceinture

La ceinture reste lié sur eux jusqu’au troisième ou au huitième jour. Lors de son dénouement (al-Ḥall), un prêtre et un diacre sont présents.

• • •

Le rite du dénouement de la ceinture (al-Ḥall)

L’ouverture

Le prêtre commence ainsi : il place de l’eau dans une cuvette (ṭasht) ou un autre vase. Il dit la prière d’action de grâce, lève l’encens, récite une Psalmodie.

 

La lecture paulinienne — 1 Corinthiens 12

Il dit la lecture paulinienne tirée de 1 Corinthiens 12 : « Il y a diversité de dons, mais c’est le même Esprit ; diversité de services, mais c’est le même Seigneur… »

Note historique sur les signes de croix sur le corps du baptisé

Le manuscrit reproduit ici une copie d’une feuille de la Cellule apostolique mursée, contenant la liste des signes de croix (al-rushūm) à effectuer avec le saint Chrême sur le corps du baptisé. Cette liste s’inscrit dans la doctrine antique de la formation de l’embryon :

En marge du texte. L’embryologie traditionnelle copte (et arabe médiévale) considérait que l’embryon se constituait progressivement, partant du cerveau et descendant chaque jour vers un organe, atteignant sa forme complète aux 40 jours.[58]

 

La structure tripartite du corps

Le corps humain est divisé en trois parties pour les signations :

 

Première partie — la tête

Sept signes de croix sur :

(1) Le sommet de la tête (al-yāfūkh) — 1 croix au point culminant ;

(2) Le front (al-jabha) — 1 croix ;

(3) Le nez ou le bord du nez — 1 croix ;

(4) L’oreille droite — 1 croix ;

(5) L’œil droit — 1 croix ;

(6) L’œil gauche — 1 croix ;

(7) L’oreille gauche — 1 croix.

Plus la poitrine, le cœur, et la partie dorsale opposée au cœur.

Deuxième partie — les bras

Sept signes de croix sur les articulations :

(1) L’articulation de l’épaule droite — devant et derrière ;

(2) L’articulation du bras droit — devant et derrière ;

(3) L’articulation de la main droite — devant et derrière ;

(4) L’articulation de l’épaule gauche — devant et derrière ;

(5) L’articulation du bras gauche — devant et derrière ;

(6) L’articulation de la main gauche — devant et derrière ;

(7) Pour chaque articulation, on commence devant, puis on signe derrière.

 

Troisième partie — les jambes

De la cuisse jusqu’aux pieds, en commençant par le pied droit :

(1) Articulation sous le pied droit — devant et derrière ;

(2) Articulation du genou droit — devant et derrière ;

(3) Articulation du talon droit — devant et derrière ;

(4) De même pour le pied gauche.

 

Les trois onctions

L’onction par le saint Chrême se fait à trois occasions distinctes :

(1) La première — avec les catéchumènes (al-Mawʿūẓīn) — devant le sanctuaire, devant l’image de Notre Dame la Vierge, après les prières connues. Elle s’appelle l’huile de catéchèse (duhn al-waʿẓ). Elle comporte deux croix au sommet de la tête, à la poitrine, à l’abdomen (al-naḥr), aux oreilles, au cœur, et à l’opposé du cœur derrière le dos.

(2) La seconde — au nombre de deux — sur toutes ses articulations. On prononce les paroles inscrites dans le livre du Baptême.

(3) La troisième — le Sceau (al-Khatm) après le Baptême — également en forme de croix descendant : la tête, le visage, le cœur, la poitrine, les bras, les mains derrière, les pieds — chaque pied séparément. — Ainsi se complète, par l’aide de Dieu, l’onction sur les trois parties.

• • •

Le rite de la consécration de la baptistère (Tarīb Taqrīz al-Maʿmūdiyya)

En marge du texte. Saint Anbâ Pierre, évêque d’al-Bahnasāwī — auteur d’un ordo (taqrīz) pour la consécration des baptistères, mentionné par Ibn Kabar. L’Hégoumène Jérémie qui a transmis cet ordo est également cité.[59]

 

Conditions matérielles

Lorsqu’une nouvelle baptistère (al-Maʿmūdiyya) est construite, on s’assure que :

•                    Elle soit construite à l’Est, sur la droite de l’église ;

•                    Au-dessus, soit peinte l’image de saint Jean le Baptiste qui étend la main au Maître pour la gloire — comme l’a noté l’Hégoumène Jérémie ;

•                    La consécration se fait la nuit du Dimanche particulièrement ;

•                    La nouvelle baptistère (al-jurn al-jadīd) est lavée à partir du soir du samedi, et découverte après la prière de minuit du dimanche.

 

La préparation

Sont placés autour de la baptistère :

(1) Trois jarres en terre cuite ;

(2) Trois lampes éclairées à l’huile de Palestine, brûlant vers l’Orient ;

(3) À côté, trois nouveaux récipients en poterie remplis d’eau douce — l’eau a été apportée du soir précédent ;

(4) Un bouquet de basilic (rayḥān) lié avec des poils de fenugrec ;

(5) Un bouquet de chard (silq) ;

(6) Une éponge neuve, jamais utilisée ;

(7) Deux cierges sur deux candélabres ;

(8) Du raisin sec ( ?) et des feuilles de sarah (sarrāha).

Le Patriarche ou évêque découvre sa tête ; les prêtres revêtent la tunique liturgique ; le diacre sert.

 

La liturgie d’ouverture

La prière d’action de grâces. — On remplit trois pots neufs d’eau et de basilic. — On allume sept lampes sur sept candélabres.

 

Les dix Psaumes

On lit ces psaumes après la prière d’action de grâces et l’encens : Psaumes 9, 28, 41, 47, 124, 127, 141, 101, 11, et 50.

 

Les Prophéties (Nubuwwāt)

Deux chapitres de l’Ancien Testament :

 

Première — Genèse 28 (Jacob à Béthel)

En marge du texte. Genèse 28,10-22 — Jacob en route de Beersheba quitta Beersheba, rêva de l’échelle reliant la terre au ciel. Lecture vétérotestamentaire pour la consécration de la baptistère, qui devient échelle céleste.[60]

« Et Jacob sortit de Bersabée et alla à Charrân… Il rêva : voici une échelle dressée sur la terre dont le sommet atteignait le ciel ; les anges de Dieu y montaient et y descendaient… Jacob dit : ‘Tout ce que tu me donneras, je t’en donnerai la dîme.’ »

 

Deuxième — Isaïe 1 (Lavez-vous, purifiez-vous)

En marge du texte. Isaïe 1,16-17 — appel prophétique parfaitement adapté à la purification baptismale.[61]

« Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos actions devant mes yeux ; cessez de mal agir, apprenez à bien faire ; cherchez ce qui est juste, secourez l’opprimé, faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. »

 

Troisième — Ézéchiel 40 (le nouveau Temple)

En marge du texte. Ézéchiel 40,1ff — vision du nouveau Temple, l’homme à l’apparence d’airain mesurant l’édifice.[62]

« Dans la vingt-cinquième année de notre exil… Celui qui regardait vers l’Orient — cent coudées de longueur, la mesurant. »

 

L’Apôtre — Éphésiens 4

En marge du texte. Éphésiens 4,1-13 — « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. » Lecture-clef pour la consécration.[63]

« Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à mener une conduite digne de l’appel auquel vous avez été appelés… un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre appel ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul Baptême, un seul Dieu et Père de tous. »

 

La Lettre catholique — 1 Pierre 4

« S’il y a la volonté de Dieu, il vaut mieux souffrir en faisant le bien… aux ténèbres et aux puissances qui sont contre Lui. »

 

Le Praxis

« Et Apollos était à Corinthe et les croyants… »

 

Le Psaume

« Le rideau vit et s’enfuit (Psaume 76 ou 113) : ‘Que vous est-il, mer, que tu te retires ? Jourdain, que tu te retournes en arrière ?’ »

 

L’Évangile — Jean 5,1-18

« Et après cela, il y avait une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. Et il y a là, près de la porte des Brebis, une piscine appelée en hébreu Bethesda. Et Jésus dit au paralytique : ‘Lève-toi, prends ton lit et marche.’ Et le faisait égal à Dieu. »

• • •

Les formules de consécration de la baptistère

Puis on dit la Trois Oraisons, la Foi (Credo), Kyrie eleison une fois, et les Oraisons scellantes. Le peuple dit « Notre Père ». On dit l’Absolution. L’évêque prend un pichet d’eau consacrée et la verse dans la baptistère et autour. Il asperge le basilic autour et au-dessous, en forme de croix.

On chante Alléluia sur la mélodie de la baptistère. On chante ses sections connues — Psaumes prescrits. Puis le prêtre se revêt de l’habit liturgique, prend une éponge, la passe sur la baptistère, asperge le saint Chrême sur les quatre côtés, et signe chaque côté avec sa main :

À l’Orient : « Je consacre cette Cuve [baptismale] au nom de la Sainte Trinité, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit. Amen. »

Au Nord : « Je consacre cette Cuve comme la Cuve de nos Pères, les saints Apôtres. Amen. »

Au Sud : « Je signe cette Cuve comme la Cuve de saint Jean le Baptiste. »

Il signe au milieu, en disant :

« Béni est le Seigneur, le Dieu d’Israël, dès maintenant et pour l’éternité. Amen. »

 

La conclusion

Puis il dit la Bénédiction sur le peuple. Et il a parlé. À notre Seigneur soit la gloire, Amen.

• • •

Note historique d’Ibn Kabar

En marge du texte. L’an 1230 des Martyrs = 1514 AD. Mais Ibn Kabar étant mort en 1324, cette date est postérieure à sa rédaction — elle provient sans doute d’un copiste ou éditeur, peut-être Samuel le Syrien qui a établi l’édition de 1992 d’après le manuscrit de 1514.[64]

« Dit le Père excellent, président, rassembleur de ce livre, que Dieu le préserve : J’ai assisté avec le maître Patriarche Anbâ Jean, que Dieu le préserve : ‘L’aspersion de la baptistère’ avait été mentionnée mais non renouvelée. Et ce sur quoi il s’est appuyé : le début est la prière d’action de grâces, la levée de l’encens, une psalmodie, et ces chapitres de la Torah ‘Et le Seigneur parla à Moïse’ (Exode 30,17ss). »

« J’ai aussi assisté ensuite à la consécration d’une baptistère rénovée à l’Église des Saints Faribiyūs, le dimanche de Tūba, l’an 1230 des Martyrs. Il plaça sept lampes sur sept candélabres en poterie, et trois pots de fine poterie remplis d’eau et de safran. Il dit le Shahbūt, leva l’encens, et lut des Psaumes : Ps 11, 14, 27, 19, 91, et les prophéties et Évangiles comme à l’ordinaire. Il conclut par l’Absolution et la Bénédiction. »

• • •

Le rite du dénouement de la ceinture (al-Ḥall — Jour 3 ou 8)

La structure

Le jour 3 (ou 8) après le baptême, on dénoue la ceinture du baptisé. Le rite suit cet ordre :

 

L’ouverture

On verse de l’eau dans un nouveau récipient en poterie. On asperge sur le baptisé trois fois en forme de croix, au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. On commence par le Shahbūt et l’on lève l’encens, comme à l’ordinaire des prières.

 

La Pauline — 1 Timothée 3,14-16

« Je t’avais demandé de rester à Éphèse… la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, colonne et soutien de la vérité. Et grand est, sans contredit, le mystère de la piété — celui qui a été manifesté en chair, justifié dans l’Esprit, contemplé par les anges, prêché aux nations, cru dans le monde, enlevé dans la gloire.

 

Le Psaume

« Les péchés de ma jeunesse, ne te souviens pas ; selon ta miséricorde, souviens-toi de moi, à cause de ta bonté, Seigneur. » — Psaume 25 (24 LXX), v. 7.

 

L’Évangile — la parabole de Luc

« Et il leur dit cette parabole… »

[L’Évangile lu varie selon la coutume locale — souvent Luc 18 ou Matthieu 13.]

 

La conclusion du dénouement

On dit les Sept Oraisons, une Oraison particulière, et « Notre Père », et l’Absolution. On chante Alléluia sur la mélodie baptismale.

Puis le prêtre asperge le baptisé avec l’eau bénite mélangée au Myrôn, dans ses côtés et au-dessous. À la fin, il lit la Bénédiction, et le canon final scellant la prière.

• • •

« Ainsi se conclut, par l’aide du Créateur, le quinzième chapitre — sur le saint Baptême, ses arrangements, le rite de la consécration de la baptistère, et le dénouement de la ceinture. » « À Dieu soit la gloire, à jamais. Amen. »

Fin du quinzième chapitre

Chapitre 16

Sur les prières (al-Ṣalawāt), leurs heures et leurs significations

Introduction

Le chapitre 16 traite des prières quotidiennes de l’Église, de leur arrangement, de leurs significations théologiques, et des différentes catégories de prières — celles que les prêtres doivent célébrer, et celles que les fidèles peuvent prier eux-mêmes.

• • •

Les Sept Heures canoniales

L’Église copte arrange ses prières quotidiennes en sept heures canoniales — comme l’ont décrété les saints Pères inspirés par le Saint-Esprit. Voici la signification de chacune :

 

La première prière — Bākir (le matin)

En marge du texte. La prière du matin — première heure du matin (6 h environ), correspondant à Prime dans le rituel latin.[65]

Au lever du soleil. Elle est arrangée pour deux raisons : le commencement du jour — comme l’avènement de la lumière sur le monde ; et la résurrection du Christ qui eut lieu à l’aurore. C’est l’heure où l’on rend grâces à Dieu d’avoir gardé le serviteur durant la nuit.

 

La deuxième prière — la troisième heure

En marge du texte. La troisième heure = 9 h du matin — heure de la Pentecôte selon Actes 2,15. Heure principale de l’envoi du Saint-Esprit.[66]

Vers la troisième heure du jour (9 h). Pour deux raisons :

(1) L’heure de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres au Cénacle (Actes 2) ;

(2) L’heure du jugement de Pilate sur le Christ — où Il fut emmené pour être crucifié.

 

La troisième prière — la sixième heure

En marge du texte. La sixième heure = midi — heure de la crucifixion du Christ selon les évangélistes.[67]

À midi. Arrangée pour deux raisons :

(1) L’heure de la crucifixion du Christ — où il fut élevé sur la croix ;

(2) L’heure où Adam fut tenté par le serpent au paradis.

 

La quatrième prière — la neuvième heure

En marge du texte. La neuvième heure = 15 h — heure de la mort du Christ et heure de la pénitence d’Adam au jardin d’Éden.[68]

À la neuvième heure (15 h), à la fin du jour. Arrangée pour deux raisons :

(1) L’heure du jugement sur les parents d’Adam — où ils se couvrirent de feuilles de figuier (Genèse 3,7) ;

(2) L’heure de la crucifixion de notre Maître, où les rochers se brisèrent (Mt 27,51), les ténèbres couvrirent toute la terre, les tombeaux s’ouvrirent, et beaucoup de morts ressuscités témoignèrent de la majesté du Maître et de la vérité de la Résurrection.

 

La cinquième prière — au coucher du soleil

En marge du texte. La prière de la fin du jour / Vêpres / al-Ghurūb — au coucher du soleil. Souvent associée à l’expulsion d’Adam du Paradis et à la mise au tombeau du Christ.[69]

Au moment où le soleil baisse vers le couchant. Arrangée pour deux raisons :

(1) L’heure où Adam fut chassé du Paradis et envoyé dans la terre maudite, pleine de ronces et d’épines ;

(2) L’heure où notre Maître mourut sur la croix, livra l’esprit de son humanité — ouvrant la porte du Paradis. À ce moment, le voile du Temple se déchira, signe de l’abandon de la gloire qui était chez les Juifs, du départ de l’Esprit-Saint d’eux, et de la cancelation de leur ancienne alliance.

 

La sixième prière — la prière du sommeil (Complies)

En marge du texte. La prière du sommeil (Ṣalāt al-Nawm / Complies) — début de la nuit.[70]

Au début de la nuit, à la tombée du jour. Pour deux raisons :

(1) L’heure où la mort fut achetée sur Adam et Ève, et leur expulsion du Paradis ;

(2) L’heure où le corps du Maître et Sauveur reposa dans le tombeau, libérant les âmes des saints du séjour des morts et les conduisant au salut.

Autres raisons :

(3) Action de grâce à Dieu qui a achevé le jour en paix, et amené la nuit pour le repos — comme dit le prophète :

« Et il a fait de la nuit le repos pour tous les humains. »

(4) Glorification de la grandeur de son pouvoir créateur — capable d’effacer cette lumière éclatante qui révèle tout, et d’envoyer ces ténèbres profondes qui cachent toute chose.

(5) Quand l’homme dort, il ne sait pas ce qui peut lui arriver — assauts d’insectes, tremblements des calamités. Aussi, il se barricade par la prière comme une forteresse. Et il ne sait pas non plus s’il sera ramené à son corps en son sommeil. Si la mort arrive à sa colombe [son âme], qu’il meure en priant son Seigneur, en se repentant de ses péchés — et que ses fautes lui soient pardonnées.

 

La septième prière — le milieu de la nuit (Matines / Vigiles)

En marge du texte. La prière de minuit — la septième heure. Liée à la résurrection du Christ, à la naissance, et au retour eschatologique.[71]

Au milieu de la nuit. À ce moment a lieu le passage des souillures du monde. À ce moment cesse l’agitation des mouvements supérieurs. Arrangée pour deux raisons :

(1) L’heure où Adam et Ève portèrent leur lourd fardeau dans la terre de tristesse et de pleurs ;

(2) Notre Maître Glorifié naquit au milieu de la nuit, fut baptisé, célébra la Pâque, pria, partagea son corps et son sang, fut enterré et ressuscita. Son second avènement aura lieu également au milieu de la nuit, à la fin des temps, pour juger les vivants et les morts — comme il dit en son Saint Évangile :

« Voici, l’Époux vient au milieu de la nuit. »

Et David le prophète dit aussi : « Je me suis levé au milieu de la nuit pour t’adorer dans les jugements de ta justice. »

Sur l’ablution des mains et du visage avant la prière

Il convient — après s’être lavé les mains et le visage avec de l’eau — [d’entrer en prière]. Si l’on ne trouve pas d’eau, on humecte les mains et l’on signe le visage avec un peu de salive [par défaut].

• • •

Les différents aspects de la Prière

Les directions auxquelles tend la Prière sont les suivantes :

(1) Le Tamjīd — la glorification ;

(2) Le Tasbīḥ — la louange et la doxologie ;

(3) Le Tahlīl — l’exaltation et l’acclamation ;

(4) Le Majd — la gloire ;

(5) Le Shukr — l’action de grâces ;

(6) L’Iqrār et l’Iʿtirāf — la confession et l’aveu ;

(7) Le Nadm al-Fārit — le regret des fautes commises et le détachement des péchés ;

(8) Le Ṭalab al-ṣafḥ wa-l-maghfira — la demande de pardon et de remise des péchés ;

(9) Le Ṭalab al-najāt — la demande de salut des calamités, et des épreuves de l’âme et du corps ;

(10) L’Istidʿāʾ al-rizq — l’appel à la provision matérielle ;

(11) Le Istirfāʿ al-nakabāt — la délivrance des malheurs.

Et tous ces arts sont rassemblés dans les Psaumes de David le prophète et les louanges des saints. C’est pourquoi les Pères inspirés par le Saint-Esprit ont arrangé que les prières contiennent ces aspects.

• • •

 

 

La pratique de la prière selon les saints Pères

La prière à voix haute

Quant à prier à voix haute, c’est selon la parole de Dieu à Isaïe le prophète :

« Élève ta voix avec puissance, ne crains point. »

Et selon la parole de Dieu par la bouche du prophète David : « avec une voix élevée », et : « J’ai crié au Seigneur, et il m’a exaucé », et : « J’ai déclaré avec ma voix au Seigneur ».

 

Sur l’apparente prohibition par le Christ

Si l’on objecte que le Seigneur a interdit la prière manifeste et a ordonné de la cacher (cf. Mt 6,5-6), nous répondons : ce reproche s’adressait à ceux qui priaient pour paraître devant les hommes, en allongeant leurs prières par hypocrisie. C’est l’ostentation qui est interdite — la prière secrète n’est pas méprisée pour autant.

Il est connu que la prière est demande d’aide au Seigneur — et il n’y a pas d’aide sinon par la clameur (al-ḍajīj), preuve de l’effort. C’est l’effort dans la requête, et non la lenteur dans la demande.

 

Les exemples bibliques de prière persévérante

Le Seigneur de gloire a dit à ses disciples qu’ils prient et ne se découragent pas. Il leur a dit : « Veillez et priez ».

Le saint Évangile rapporte qu’Il pria Lui-même et s’adonna à la prière — y trouvant consolation. Il nous a donné l’exemple par ses propres actes.

Les Actes des Apôtres relatent :

(1) Corneille fut adressé par l’ange et donné digne au pieux Romain, pour son assiduité à la prière (Actes 10) ;

(2) Paul vit, alors qu’il priait, qu’Ananias lui venait à l’aide (Actes 9) ;

(3) Paul et Silas, alors qu’ils priaient au milieu de la nuit, firent trembler la prison (Actes 16,25-26) ;

(4) Saint Pierre, alors qu’il priait à la sixième heure, eut la vision des animaux purs descendus du ciel (Actes 10,9-16).

Et saint Jacques l’Apôtre, premier évêque de Jérusalem, dit dans son épître : « Quelqu’un d’entre vous est-il dans la détresse ? Qu’il prie. Quelqu’un est-il joyeux ? Qu’il chante. »

 

La prière de la foi sauve le malade

Et il dit : « La prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés »(Jacques 5,15).

Il a dit également : « Priez les uns pour les autres pour que vous soyez guéris » (Jacques 5,16).

• • •

Les catégories de prières

Les prières quotidiennes obligatoires

Il est stipulé que la prière soit faite au matin et au soir dans l’Église, spécialement les dimanches et samedis. Qui s’abstient sans cause de maladie est séparé. Les prières domestiques sont permises au fidèle chez lui. Si l’heure d’une de ces prières arrive et qu’il ne peut pas prier ouvertement, qu’il prie en son cœur, secrètement.

 

Les prières sacramentelles — réservées au prêtre

Ces prières sont arrangées dans l’Église et ne peuvent être célébrées sans prêtre :

(1) La prière du Baptême ;

(2) La prière de consécration de l’Oblation (le Sacrifice eucharistique) ;

(3) La prière de consécration des prêtres et de l’Église ;

(4) La prière du Mariage et du divorce ;

(5) La prière de guérison pour les malades — c’est la « prière de l’huile » (Ṣalāt al-Zayt) ;

(6) La prière des Défunts à leur sortie et après leur mort ;

(7) Les bénédictions des eaux ;

(8) La prière de l’Épiphanie et le rite de la Compétrie — dérivés de la Liturgie eucharistique.

 

Les prières non-obligatoires

Quant aux prières non prescrites :

(1) La prière ascétique pour les moines et les ascètes — selon leur capacité, jour et nuit ;

(2) La prière du repas — avant et après. Les prêtres la prient avec le peuple en étant assis ;

(3) La prière du voyage — comme la prière de saint Paul l’Apôtre pour ses compagnons d’Éphèse (Actes 20,36 ; 21,5) ;

(4) La prière fermentée que les moines demandent en entrant dans un lieu ou en en sortant ;

(5) La prière pour repousser la calamité — qu’on prie pour soi-même si l’on peut, ou que l’on demande à d’autres de prier pour soi ;

(6) La prière de pardon pour les péchés du peuple ;

(7) La prière demandant l’accomplissement d’un besoin — comme la demande de descendance ou la demande de sagesse.

Il n’est pas permis de prier avec un prêtre interdit, ni avec un non-croyant, même… [suite manquante]

• • •

L’arrangement des prières dans l’Église copte d’Égypte

En marge du texte. Le patriarche Anbâ Benjamin Iᵉʳ (623-662) — 38ᵉ patriarche d’Alexandrie. Auteur de plusieurs prières liturgiques utilisées dans les églises coptes du Caire et d’Alexandrie.[72]

 

Bākir et la prière du soir

La prière du matin (Bākir) et la prière du soir : on étudie l’élévation de l’encens. La spécialité du Bākir est qu’elle doit être célébrée dans les églises de Dieu sans précipitation. Au moment de la prière, certains commencent par lever l’encens au début ; d’autres après la lecture des Psaumes et ce qui suit — comme les psalmodies.

 

Le déroulement du Bākir

Le prêtre principal présent commence par le premier Psaume de la prière matinale, et ce qui suit. Quand les Psaumes sont finis, on dit une pièce sur le ton de l’Adam — celle qu’a ordonnée le Patriarche Anbâ Benjamin dans les églises du Caire et de l’Égypte. Elle est marginale [pour rappel] à tous dans la prière matinale, et provient de la considération du Saint Concile au monastère du grand saint Antoine. Puis :

« ⲨⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ » (Tenushht — Nous adorons) « ⲚⲒⲦⲆ ⲪⲚⲎⲒ » (Notre Père qui es aux cieux)

 

Les six pièces d’intercession

On dit ensuite ces pièces, qui sont des intercessions de :

(1) La Vierge Marie — au début ;

(2) Les Anges ;

(3) Les Apôtres (« ⲚⲒⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲞⲤ ») ;

(4) Tes Saints (« ⲚⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ») ;

(5) Les Martyrs ;

(6) Tous les autres saints (« Mille milliers »).

 

La doxologie du jour (al-Taʿūdūkiyya / Taoudokia)

Suit la doxologie propre au jour de la semaine :

(1) Dimanche — Doxologie du Dimanche ;

(2) Lundi — Doxologie de Moïse I (le Cantique d’Exode 15) ;

(3) Mardi — Doxologie de Moïse II (le Cantique de Deutéronome 32) ;

(4) Mercredi — Doxologie de sainte Anne, mère de Samuel (le Cantique de 1 Sam 2) ;

(5) Jeudi — Doxologie d’Habacuc (le Cantique d’Habacuc 3) ;

(6) Vendredi — Doxologie d’Isaïe (le Cantique d’Isaïe 26) ;

(7) Samedi — Doxologie de Jonas (le Cantique de Jonas 2) ;

(8) Et toutes ces doxologies sont dites le Dimanche.

 

La prière du Voile (Ṣalāt al-Sitār)

En marge du texte. Saint Pacôme l’Ancien — fondateur de la vie cénobitique en Haute-Égypte. Saint Macaire l’Ancien (300-391) — Père du désert de Scété. La « Prière du Voile » est une prière monastique très ancienne.[73]

Parmi les prières non-obligatoires : la prière du Voile (Ṣalāt al-Sitār) — pratiquée par certains Pères moines dans les communautés du désert, comme saint Macaire — appelée ainsi.

 

Sur les variations régionales

Il faut noter : les arrangements (al-tartīb) qui sont lus dans les prières, et certaines coutumes qui s’y trouvent, ne sont pas uniformes dans toutes les églises coptes, mais varient. Les habitants de la Haute-Égypte (al-Ṣaʿīd) n’avaient pas comme premier ‘Doxa’, ni la Doxologie, ni Barntawn ( ?) à chaque jour ; et la prière du soir et de l’aube avec les Psaumes dans l’arrangement primitif ordonné dans les canons.

La Prière du soir (Ṣalāt ʿAshiyya / Vêpres)

L’ouverture

L’Iʿtiqād (la confession de foi) est dit après le Shahbūt :

« ⲈⲒⲨⲞⲚⲒⲚⲀⲨⲈⲠⲈⲚⲞⲨⲠ ⲚⲦⲈ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ » « Ϯ ⲚⲦⲈⲚⲈϮⲦⲈⲚ ⲚⲀⲨⲚⲒϨⲒ » — « Que notre prière monte comme l’encens. »

 

Le Psaume du Coucher du soleil et le quatrième Hawas

En marge du texte. Le Hawas — ensemble de psaumes scandés ensemble dans la Psalmodie copte. Il y en a quatre traditionnels.[74]

Puis on dit le Psaume du coucher du soleil, et le quatrième Hawas — qui contient les trois Psaumes : 7, 76, et 148-149-150 (les psaumes de louange universelle).

 

L’Abṣaliyya

En marge du texte. L’Abṣaliyya — poème liturgique composé selon un schéma alphabétique, intercalé dans la Psalmodie. Il en existe deux formes : « Adam » et « Watus ».[75]

Parfois on abrège l’Abṣaliyya — on en garde huit quarts, à partir des dernières [strophes] des Abṣaliyya Adam et Watus. C’est un quart, miséricorde […].

 

La Tadhakiyya — la commémoration des saints

En marge du texte. Le Difnāriyya — recueil liturgique copte contenant les chants propres aux saints et aux fêtes pour chaque jour.[76]

Pour les nuits des Dimanches et des fêtes du Seigneur, la Tadhakiyya (commémoration complète) est dite en entier, et est suivie — si c’est la nuit de la mémoire d’un martyr, d’un saint, ou des anges — de la Tadhakiyya tirée du Difnāriyya propre à cette fête. On la dit pendant les jours du Watus, du Hus et de l’Adam — sauf le Carême.

Ensuite on récite, sur le ton du Watus :

« ⲦⲚⲒⲬⲚⲀⲒⲰⲚⲠⲒⲀⲚⲞ⳨ ⲘⲈⲈⲒⲞⲖⲀⲆⲘ ⲚⲦⲈ ⲠⲈⲚⲞⲤ Ⲓ︦Ⲏ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲭ︦Ⲣ︦Ⲥ︦ » — « Et nous regardons vers Adam notre Père, [le premier] de notre Seigneur Jésus-Christ. »

 

L’Alléluia final

Pour la prière de la nuit du Dimanche et sa bénédiction, et pour les nuits des fêtes, les chanteurs concluent leur chant par la lecture de l’Alléluia dans son ton propre. Cela est pour celui qui l’aime — ce n’est pas une obligation absolue.

Le peuple dit : « ϪⲈ ⲨⲀⲈⲚⲤⲞⲘⲒⲨⲨ » — « Tout don… ».

 

La conclusion

On conclut la prière par :

« ⲠⲈⲚⲒⲰⲦⲈⲦϨⲈⲚⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ ⲨⲀⲢⲈϤⲦⲞⲨⲂⲞ » — « Notre Père qui es aux cieux. »

• • •

L’élévation de l’encens à la prière du soir

L’arrangement est le même que pour le Bākir, sauf que le prêtre dit après l’Oraison de l’Encens l’Oraison des Défunts. Le peuple répond :

« ⲠⲈⲘⲨⲘⲀⲦⲀ Ϣ︦Ϣ︦Ⲡ︦ⲒⲚⲈⲚⲦⲞⲤ » jusqu’à la fin.

Pour les nuits des fêtes, on lit dans la Doxologie (al-Dukṣūlūjiyya) la pièce propre au maître de cette nuit-là. La prière est conclue comme à l’ordinaire. Si la dépense [du célébrant] descend, le diacre lit en son ton : « ⲨⲨⲒⲒⲈⲚⲚⲎⲒⲚⲨ ».

Un Ṭarḥ Adam est offert, le diacre explique, et le peuple dit :

« ⲠⲞⲨⲢⲞⲚⲦⲈϮ » jusqu’à la fin.

 

Le baiser de la Croix à la fin

En marge du texte. Le patriarche Anbâ Jean (vraisemblablement Jean VI ou Jean III le Compatissant). Il a établi la coutume monastique du baiser de la Croix à la fin de la prière plutôt qu’à la lecture de l’Évangile.[77]

En marge du texte. L’église al-Muʿallaqa (« l’Église Suspendue ») — l’une des plus anciennes églises coptes du Caire, siège patriarcal copte au Moyen Âge.[78]

La Croix est élevée, et la prière est conclue selon la coutume du Bākir. Le diacre ne couvre pas sa tête sauf à la fin.

Compléter cet arrangement prescrit : la première chose à faire est de commencer la prière dès le début. Les Saʿīdī (les habitants de la Haute-Égypte) commencent parfois la prière par le plus jeune des diacres, qui prie la prière de l’Évangile. L’Évangile est lu par un senior. La prière est conclue après le « petit Évangile » qui commence la prière. Quant à celui qui jette le Psaume, le Shafiout et le Maṣyūt — ces coutumes ne sont pas leurs.

Le Psaume est récité par le plus jeune diacre. Si plusieurs sont présents, c’est le plus jeune qui le lit. En Haute-Égypte, c’est le diacre senior qui le récite aussi. La coutume à al-Muʿallaqa et ailleurs : à la fin de la lecture de l’Évangile, le peuple — les hommes d’abord, puis les femmes — saluait [le célébrant].

Le maître Patriarche Anbâ Jean — connu comme le saint — a ordonné, suivant la coutume des Pères moines, que le baiser soit délayé à la fin de la prière, et qu’on baise alors avec la Croix. Cela a été adopté dans toutes les églises.

 

La prière du dimanche soir

Dans la marginalité on dit, pour la prière des nuits de Dimanche, sur les Psaumes des yeux :

« ⲠⲞⲤ ⲀⲒϢⲰⲞⲨⲂ » — « Seigneur, j’ai crié » « ϨⲈⲚ ⲠⲒⲈⲆⲈⲤⲘⲞⲨⲒⲪⲈⲠⲞⲤ »

Sur la soirée du dimanche après l’Abṣaliyya, on dit :

« ⲠⲀⲚⲚⲒⲂⲈⲚⲈϮⲆⲞⲒⲤ » — Adam, Père de toutes les générations.

Et après, l’on offre pour la fête — s’il y a lieu : « ⲚⲈⲬⲚⲀⲒⲰⲠⲀⲚⲞϮ ».

• • •

Les Quinze Canons familiers de l’Église

En marge du texte. Le mot « Canon » (qānūn) vient du grec κανών (« règle ») via le syriaque. Désigne soit la règle ecclésiale, soit une pièce liturgique de transition.[79]

Les Canons familiers à l’Église, connus comme étant au nombre de quinze, sont les suivants — chacun lié à un jour ou à une occasion :

(1) « Notre Prière du soir » — ⲠⲨⲈⲚⲈⲨⲦⲬⲎⲚⲦⲈϨⲀⲚⲀⲢⲞⲨⲒⲞⲒ

(2) « Ô Engendré du Père » — ⲠⲒⲘⲈⲦⲈⲦϪⲪⲞⲨⲈⲂⲞⲖ ϨⲈⲚ Ⲡ︦Ⲱ︦Ⲧ︦ — pour le Lundi

(3) Pour le Mardi

(4) « Louange du matin (Bākir) » — ⲠⲒⲞⲨⲒⲚⲒⲚⲦⲈϨⲀⲚⲀⲦⲞⲞⲨⲒ — pour le Mercredi

(5) Pour le Jeudi

(6) « Nous Te présentons, ô Christ » — ⲦⲈⲚⲒⲚⲒⲚⲀⲬⲠ︦Ⲭ︦Ⲣ︦Ⲥ︦ — pour le Jeudi

(7) « Par Ta Croix vénérée, ô Christ » — ⲈϦⲠⲦⲈⲚⲦⲈⲬⲠⲢⲨⲈⲦⲦⲒⲨϨⲞⲨⲨ ⲨⲈⲚⲠⲒⲈⲬⲠⲒⲤⲦⲞⲤ Ⲡ︦Ⲭ︦Ⲣ︦Ⲥ︦

(8) « J’ai marché sur la Croix » — ⲨⲀⲆ︦ϮⲒϮⲚⲒⲈⲨⲘⲠⲒⲈⲨⲦⲞⲤ — Vendredi

(9) « Israël, petit en nombre » — ⲠⲒⲈⲨⲖⲠⲒⲘⲚⲦⲒ — Samedi

(10) « Ô Seigneur, ô Seigneur, je me suis tenu » — ⲠⲞⲤ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲠⲞⲤ ⲒⲈⲬⲀⲨⲖⲞⲨⲂⲒ — Dimanche

(11) Lundi (alternative)

(12) « Daniel T’invoque, ô Maître » — ⲆⲀⲚⲒⲎⲖ ⲈϤⲞⲨⲞⲦ ϤⲈⲢⲞⲨ

(13) « Paul l’Apôtre » — ⲠⲒⲈⲠⲖⲞⲤ ⲠⲒⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲞⲤ ⲠⲀⲨⲖⲞⲤ

(14) « La Naissance, le Précurseur » — ⲠⲒⲬⲒⲚⲒⲆⲒⲤⲒⲀⲈⲨⲈⲢϢⲞⲢⲠ ; et « Salut à la Fiancée Vierge » — ⲬⲈⲢⲈ Ϯ︦ ⲬⲈⲖⲆⲨⲚⲒϮ ⲦⲈⲢⲞⲨⲨ

(15) « Aie pitié de moi, ô Dieu Père » — ⲈⲖⲈⲞⲚ Ⲏ︦ⲤⲞⲚⲎⲒⲨ — pour le Carême ; et « Ô merveilleuse Plante — Vierge sa Mère » — ⲚⲠⲒⲢⲈⲈⲨⲀⲈⲚⲠⲒⲞⲨⲨⲞϤ ⲈⲨ

Certains scholars ont composé des canons additionnels pour les fêtes du Seigneur, pour les autres fêtes du Seigneur, et pour le Saint Jeûne — récités en leur temps. Ils sont nombreux : nous en mentionnons ceux que certains incluent — concernant ce qui doit être lu pendant le Saint Carême.

 

Sur l’étymologie du mot « Canon »

Marginalité sur les secrets du Canon : le mot « Canon » est emprunté au syriaque, transféré par les Hadhā’iyīn [les anciens scribes-traducteurs]. Le sens premier : « ce qui empêche d’entrer ce qui ne lui appartient pas ». En syriaque, la Loi de la Sharia est appelée Qawānīn. On dit aussi de ce qui sépare entre deux types de prière qu’il est un « Canon » — comme on dit en premier « limite par limite », « limite par limite » au Carême. Et l’on dit ensuite : « Le Canon, c’est sa moitié comme ceci, c’est-à-dire ce qui est dit ensuite de Psaume ou autre, et ce qui vient après. »

Le terme « Dustūr » (Constitution) peut aussi désigner son sens. On commence par le mot « Naissance » — c’est la limite du Canon Kanāshī. Pour les théologiens, le mot « Canon » a d’autres définitions — concernant cette matière générale qui s’applique à ses particuliers pour distinguer leurs jugements.

• • •

La Prière du milieu de la nuit (Ṣalāt Niṣf al-Layl / Vigiles)

Note préliminaire

Quant à l’arrangement de la prière du milieu de la nuit, elle est connue parmi tout le peuple — récitée dans les églises comme dans les maisons. Mais nous mentionnons ce qui lui est propre, pour que le livre soit complet et comprenne tout :

Quand on entend à se lever : on se lave le visage à l’eau — ce qui active les sens et écarte le voile du sommeil. On commence :

« ⲨⲈⲚ ⲪⲢⲀⲚ Ⲡ︦Ⲏ︦Ⲱ︦Ⲧ︦ » — « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

Et l’Agbeyos et ce qui suit : « ⲠⲒⲚⲒϢⲦⲒⲪⲞⲨⲦⲨⲞⲨⲒⲚⲨⲒⲚ » — et ce qui suit — et le Psaume 50.

• • •

Les trois Services de la Prière de minuit

Le premier Service

En marge du texte. Matthieu 25,6 — « Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’Époux ! Sortez à sa rencontre !’ »[80]

Le senior des prêtres présents commence par le premier des Psaumes — qui est le Psaume 3. Puis ceux qui suivent : Psaumes 6, 9, 12, et les pièces conclusives de ce premier service.

« Voici l’Époux ! » (ⲚⲒⲘⲀⲨⲒ : ⳨ⲠⲞⲨⲢⲞⲚ ⲨⲒⲀⲨⲈⲚⲦⲞⲒⲦⲈⲚ) — référence à Matthieu 25,6

Après cela, le peuple dit tous ensemble : « ⲨⲠⲒⲀⲨⲦⲢⲒⲚ ⲞⲨⲈⲞϪ » — la défense (al-dafʿa). Puis l’Agbeyos et ce qui suit.

 

Le deuxième Service

Puis on dit la deuxième Service — qui contient dix Psaumes — la prière de l’Étranger (al-Gharīb) — et ses pièces, comme la première Service.

Le troisième Service

La troisième Service : on dit les Psaumes du sommeil en entier — douze Psaumes, et ses pièces. La conclusion est faite comme la première Service. Mais à sa fin, Kyrie eleison, et l’on dit :

« ⲬⲞⲨⲨⲂ Ⲇ︦Ϯ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲤⲀⲆ︦ⲨⲰⲠⲈⲚⲒⲰⲦⲈⲚϨⲈⲚⲚⲒ » — « Saint, Saint, Saint, Seigneur Sabaoth, Toi qui es notre Père aux cieux. »

Puis on chante l’Alléluia sur le ton de « Asalsa Simut » (l’Esprit doux) — le diacre le chante seul, en se tenant debout devant l’autel.

 

La conclusion globale

À la fin, on dit :

« ⲬⲞⲨⲨⲂ Ⲩ︦Ⲡ︦ Ⲩ︦Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲤⲀⲆ︦ⲨⲰⲠⲈⲚⲒⲰⲦⲈⲚϨⲈⲚⲚⲒ »

• • •

« Ainsi se termine l’arrangement des Heures canoniales et leurs détails — selon la pratique de l’Église copte. Ce qui suit, c’est l’examen détaillé des prières spéciales, des Liturgies eucharistiques, et des Jeûnes prescrits dans le calendrier de l’Église. »

Le Bāb al-Ḥijāb et le Chœur (Khūrus)

La structure

En marge du texte. Bāb al-Ḥijāb (باب الحجاب) = la « Porte du Voile » — l’iconostase. Le Khūrus (الخورس, du grec χορός) = le chœur — l’espace entre l’iconostase et la nef, occupé par les chantres et les diacres.[81]

La section du Bāb al-Ḥijāb (la Porte du Voile) et du Khūrus (le Chœur) est célébrée debout. Le chant est repris [par les chanteurs] avec trois mélodies — longue, moyenne et abrégée.

 

Les Psaumes utilisés au Khūrus

Les pièces du Khūrus tirées des Psaumes — par tradition : Psaumes 19, 95, 17, 22, 95, 89, 67, 18, 47.

 

Les dix-huit pièces du Chœur (forme moyenne)

La forme moyenne se compose de dix-huit pièces de huit cantiques chacune, classées ainsi :

(1) Huit louanges au Seigneur ;

(2) Huit à Notre Dame la Vierge ;

(3) Huit aux Anges ;

(4) Huit aux Apôtres ;

(5) Huit aux Saints ;

(6) Huit aux Martyrs ;

(7) Huit aux Prêtres ;

(8) Huit au Peuple [ou aux chanteurs] ;

(9) Huit en accompagnement du chant.

Canon des Prophètes les nuits de dimanche

Dans les nuits des Dimanches, on dit avant les pièces du chœur le Canon des Prophètes (Qānūn al-Anbiyā’). Et tous les jeudis :

« ⲦⲈⲚⲚⲀⲨⲈ ⲦⲀⲚⲀⲤⲒⲀⲤⲒⲤ » — « Nous avons vu Ta Résurrection. »

• • •

Les quatre Hawas de la Psalmodie

Premier Hawas — la Doxologie de Moïse I (Exode 15)

En marge du texte. Exode 15 — le Cantique de Moïse après le passage de la Mer Rouge : « Chantons au Seigneur, car il s’est glorifié magnifiquement. » Premier cantique de la Psalmodie copte.[82]

« ⲦⲞϮⲈⲚⲨⲈϨⲰⲈⲚⲬⲈⲒⲤⲰⲨⲦⲤϨⲈ » — « Chantons au Seigneur, car il s’est glorifié magnifiquement ; il a précipité dans la mer cheval et cavalier. »

 

Deuxième Hawas — Psaume 135 (136)

« ⲞⲨⲰⲚϨ ⲈⲂⲞⲖ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲬⲈⲞⲨ ⲀⲚⲈ » — « Louez le Seigneur car il est bon, car sa miséricorde dure à jamais. » (Ps 135)

 

Troisième Hawas — Cantique des Trois Jeunes Gens

En marge du texte. Daniel 3,52-90 (LXX) — le Cantique des Trois Jeunes Gens dans la fournaise de Nabuchodonosor : Anania (Sidrach), Azaria (Misach), et Misaël (Abdénago). Cantique-clef de la liturgie copte.[83]

Le troisième Hawas est la louange des trois saints jeunes gens — Anania, Azaria et Misaël :

« ⲞⲨⲆⲈⲨⲀⲐⲞⲤ » (Texte copte du Cantique de Daniel 3)

 

Le Lubsh — la conclusion du Hawas

En marge du texte. Le Lubsh — la « clôture » — pièce liturgique brève qui ferme un Hawas dans la Psalmodie copte.[84]

« ⲬⲈⲨⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ Ⲫ︦Ϯ︦ Ⲛ︦ⲦⲈⲚⲈⲚⲒⲞϮ ⲦⲈⲚⲞⲨⲈϨ Ⲛ︦Ⲉ︦ⲘⲰⲬ ϨⲈⲚⲠⲈⲚϨⲎⲦ ⲦⲎⲢϤ » — « Béni sois-Tu, ô Seigneur Dieu de nos Pères. Nous Te suivons de tout notre cœur. »

 

Quatrième Hawas — Psaumes 148-149-150

En marge du texte. Psaumes 148-149-150 — Psaumes ‘Laudate’ — louange universelle de toute la création au Seigneur.[85]

« ⲈⲒⲤⲞⲨⲦⲠⲞⲤ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲈⲚⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ » — « Louez le Seigneur depuis les cieux ! » (Ps 148,1)

 

Note marginale sur l’ancienne pratique

Dans l’ancienne copie d’où celle-ci a été reprise, le prêtre lit les Sept Grandes Oraisons, et quatre supplémentaires — soit douze au total — comme me l’a rapporté la tradition.

• • •

Les Theotokia — hymnes à la Mère de Dieu

En marge du texte. Theotokia (en arabe التيوطوكية ou التاوضوكية) — du grec Θεοτόκος, « Mère de Dieu ». Hymnes spécifiques à la Vierge, propres à chaque jour de la semaine.[86]

 

L’étymologie du mot

« Le mot ‘Tāwūḍūkīya’ vient de ‘Theotokos’ — c’est-à-dire ‘Mère de Dieu’. »

 

L’usage pastoral des Abṣaliyya

Ensuite, est dite l’Abṣaliyya propre à ce jour, et on lit avec elle la Taoudokia.

« Le mieux est de dire l’ancienne Abṣaliyya, composée avec art et sagesse — celle que mémorise le peuple ou la plupart des diacres. De peur qu’un seul ne la lise, et que tout le peuple cesse de chanter, l’ennui et la torpeur les saisissant. »

« Pour éviter aussi le rallongement par les Abṣaliyya composées par les pieux notables de l’Église et leurs maîtres, sur les jours du Watus et de l’Adam — et qu’ils proposent en avance. Les Abṣaliyya sont plus nombreuses qu’on ne peut les compter ; nous n’en avons mentionné que les plus anciennes, les meilleures et les plus brèves. »

 

La Theotokia du jour

Après cela, est dite la Taoudokia (Theotokia) propre à ce jour — bien connue chez les Coptes.

« Ces Taoudokia sont des louanges à Notre Dame la Vierge Marie, contenant des mentions perpétuelles et des symboles de l’Ancien Testament. Elles citent les prophéties des Prophètes sur les états du Seigneur — anciens et nouveaux — et la preuve sur sa conception alors qu’elle était Vierge, et la naissance du Seigneur de la gloire incarné d’elle, parmi d’autres sens. »

 

L’attribution traditionnelle

En marge du texte. Saint Athanase le Grand (296-373), 20ᵉ patriarche d’Alexandrie. La tradition copte attribue de nombreux textes hymnographiques à son inspiration.[87]

« Elles sont attribuées au maître Patriarche Anbâ Athanase l’Apostolique — que Dieu nous accorde la bénédiction de ses prières — par une attribution non documentée. »

En marge du texte. Saint Macaire le Grand (300-391) — Père du désert de Scété, fondateur de l’un des trois grands monastères copts. De nombreux moines fayoumiens ont participé à la tradition hymnographique copte sous son influence.[88]

« Il est dit aussi qu’un saint personnage excellent, originaire du Fayyūm, devint moine avec l’intention de saint Macaire le Grand. Il composa leurs mélodies en imitation [des anciennes]. Elles sont utilisées par les Pères Moines pour passer la nuit quand elle se prolonge, et pour rechercher la consolation par le chant, l’exclamation, et la supplication. »

• • •

Pastorale de la Psalmodie

Les paroisses laïques

« Quant aux églises générales — celles des laïcs — le texte adouci [forme courte] est plus convenable, de peur que la lassitude ne les saisisse, que l’incapacité et l’épuisement ne les accablent, et qu’ils ne tirent profit d’aucun de ces états. »

 

Les considérations pastorales

« Il faut tenir compte, dans cela :

(1) « De la durée de la nuit — selon qu’elle est longue ou courte ;

(2) « De l’état du peuple et de ses nécessités ;

(3) « Des offices qui les attendent — tels que les Baptêmes, les Couronnes [Mariages], et les Liturgies secrètes ;

(4) « On adapte selon

le temps, le lieu, les frères et la situation des lieux — de sorte qu’il n’y ait ni ennui pesant ni abréviation défaillante. — Tel est l’art final du chant. »

• • •

Fin du seizième chapitre

 

Chapitre 17

L’ordre des liturgies eucharistiques (al-Quddāsāt)
et le sens des saints Mystères

Les rubriques préalables à la Liturgie eucharistique

Les diacres et les noms à commémorer

Ceux qui sont dans le Sanctuaire (al-Haykal) ne s’écartent pas de la coupe une fois [la Liturgie commencée]. Après l’action de grâces finale, on n’attend personne d’extérieur à l’Église durant le temps du Saint Sacrifice.

Que les diacres écrivent les noms des fidèles qui ont apporté des offrandes — vivants comme défunts — pour qu’on les mentionne durant la Liturgie. L’offrande doit être scellée d’un sceau dans toute sa face. On en sépare la partie destinée à l’Agneau (al-Ḥaml) — saine, sans rupture. On ne l’emporte pas hors de l’Église.

Si l’on ne trouve pas d’église à proximité et que l’on ne peut s’y rendre pour célébrer, le prêtre ou le préposé (al-Qayyim) célèbre dans sa propre maison. On ne le vend pas à une femme ni à un autre qui le saisirait pour le conserver.

• • •

Les trois Liturgies eucharistiques de l’Église copte

En marge du texte. Les trois Liturgies eucharistiques de l’Église copte : Saint Basile, Saint Cyrille/Marc, Saint Grégoire.[89]

 

Première — Liturgie de saint Basile

Ce que l’Église copte a retenu des Liturgies est de trois sortes :

Première : la Liturgie de saint Basile, évêque de Césarée de Cappadoce. C’est celle qu’on utilise durant la plupart des jours, en jeûne et hors jeûne.

 

Deuxième — Liturgie de saint Cyrille / saint Marc

En marge du texte. Le mois de Kiyahk est le quatrième mois du calendrier copte (10 décembre – 8 janvier), consacré à l’attente de la Nativité du Christ.[90]

Deuxième : la Liturgie de saint Marc, le Martyr, l’Apôtre et l’Évangéliste, héraut des contrées d’Égypte. La coutume égyptienne est de ne l’utiliser que durant le Grand Jeûne [Carême] et le mois de Kiyahk. Elle fut complétée par le Père saint Cyrille Iᵉʳ, le 24ᵉ Patriarche [Cyrille d’Alexandrie].

 

Troisième — Liturgie de saint Grégoire

Troisième : la Liturgie de saint Grégoire [le Théologien]. Utilisée durant les fêtes du Seigneur et à l’entrée [dans le Carême]. Avec le Pasdaras (la prière de paix) d’Aghīghūriyūs.

• • •

Quand la Liturgie est-elle célébrée ?

En marge du texte. La neuvième heure = 15 h. Dans le calendrier liturgique copte, durant les jours de jeûne, la Liturgie eucharistique commence à la neuvième heure — moment où le Christ est mort sur la croix.[91]

Ce que l’Église copte pratique : la Liturgie n’est célébrée qu’après la prière préparatoire qui l’introduit. Selon le degré [de la fête] :

•                    Si c’est un jour de Pâques [ou un jour solennel] — par l’encens.

•                    Si ce sont les jours du Quarantième [Carême], les mercredis, les vendredis et les autres jeûnes — la Liturgie est célébrée après la prière de la Neuvième heure — appelée Tāsiʿa — avec son Agbiyya et ses pièces.

Les Pères Moines, durant les jours du Saint Carême, prient avant elle la prière des Vêpres et celle du sommeil.

• • •

L’ordre de la Liturgie depuis son commencement

L’entrée du prêtre

Le prêtre s’avance d’abord et fait trois signes de croix [comme salutation] :

(1) Vers le Sanctuaire du Seigneur ;

(2) Vers ses compagnons [les autres clercs] ;

(3) Vers le peuple.

La vesture du prêtre

Il revêt les vêtements liturgiques, qui sont :

(1) La tunique (al-tūniya) ;

(2) Le revêtement blanc pleated (al-Raḍy al-abyaḍ) ;

(3) L’orarion (al-Anābulis) — fait de soie ou autre ;

(4) L’étole sacerdotale (al-Baṭrishīl) — sans chemise ;

(5) Le burnus (le manteau) — fait de soie ou de laine.

Variantes monastiques

En marge du texte. Le monastère de Saint Macaire — coutume locale : les prêtres-moines ne portent pas le burnus pendant la Liturgie mais seulement durant les heures de prière.[92]

Certains prêtres-moines des monastères égyptiens portent un burnus de laine blanche sans tête, parfois en soie. Les prêtres du monastère du grand saint Abou Macar ne portent pas de burnus pendant le temps de la Liturgie, mais ils le portent dans les autres prières. C’est la fin de leur canon [règle].

 

La vesture de l’autel

Puis le prêtre monte au Sanctuaire — suivi du diacre — et ensemble ils revêtent l’autel. Chaque hégoumène ou prêtre qui célèbre la Liturgie est celui qui vêtit le Sanctuaire pour lui-même — aucun autre prêtre ne le vêtit. Car cela est réservé aux chefs des prêtres en particulier.

• • •

La préparation de l’Agneau

En marge du texte. L’« Agneau » (al-Ḥaml) est le pain eucharistique copte, un disque rond marqué au centre d’une croix entourée des lettres ΙΣ ΧΣ ΝΙΚΑ (« Jésus-Christ vainc »), et de douze petites croix autour.[93]

 

 

L’examen et la sélection

Le prêtre examine les pains de l’offrande et choisit le meilleur — comme nous l’avons dit précédemment. Il le place sur le côté du Sanctuaire. Il fait sortir ce qui reste — l’excès des pains apportés.

 

L’ablution des mains

En marge du texte. Psaume 17 (LXX) / 18 (Hébreu) — Psaume royal de David, hymne d’action de grâces pour la délivrance. Récité silencieusement par le prêtre pendant l’ablution des mains.[94]

Il s’avance pour se laver les mains, et récite secrètement quelque chose des Psaumes — du Psaume 17 (18) :

« ⲘⲈⲦⲞⲨⲀⲂ ⲞⲒ ⲠⲞⲤ ⲈⲂⲞⲖ ⲈⲀⲚⲎⲈⲦⲈϨⲚⲦ » — « Innocent suis-je, ô Seigneur, devant tous mes ennemis. » « ⲚⲈⲘ ⲈⲂⲞⲖ ⲈⲀⲚⲎⲈⲦⲈⲚⲞⲨⲒⲀⲚⲚⲈⲨ ⲀⲀⲞⲞⲨ » — « Et de mes adversaires libère-moi. »

« ⲈⲠⲈⲬⲂⲰⲬⲈⲨⲰⲠⲀⲦⲨⲨⲈⲨⲈⲢⲞⲨⲤⲈⲢⲞⲨ » « ⲈⲬⲈⲚⲞⲨⲨϨⲈϪⲰⲨ » « ⲈⲨⲖⲞⲨⲒⲤⲞⲚ » — « Et lave tes mains dans la pureté. »

 

Le triple signe sur l’Agneau

Puis il se tourne vers les prêtres, et essuie chaque pain de son offrande — de sa face et de son dos. Il signe sur lui et sur le sang, en disant :

« ⲨⲈⲚ ⲪⲢⲀⲚ Ⲡ︦Ⲏ︦Ⲱ︦Ⲧ︦ ⲚⲈⲨ Ⲡ︦Ϣ︦Ⲏ︦Ⲣ︦Ⲓ︦ ⲠⲒⲚⲈⲨⲨ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ⲞⲨⲞⲦⲚⲞⲒ Ⲱ︦Ⲡ︦Ⲣ︦Ⲏ︦Ⲡ︦ » — « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu Unique. »

 

 

 

La procession autour de l’autel

Le prêtre enveloppe l’offrande dans un linge, et de même le diacre enveloppe le vin. Ils font tous deux le tour de l’autel, procession circulaire.

Le prêtre dit le mémoire des noms de ceux qui ont apporté les offrandes. Puis il dit :

« Que Dieu le Père soit béni — ⳨ⲈⲨⲈⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ ⳨ⲚϪⲈⲪϮ ⲪⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲨⲬⲢⲀⲦⲰⲢ — le Pantokrator. Amen. »

 

La sélection rigoureuse de l’Agneau

Le diacre dit en arabe, devant les offrandes :

« Bénis, ô Maître. »

Le prêtre choisit alors avec soin, en cherchant le meilleur, le plus complet sans aucune brèche ni faute. — Que celui qui s’élève sur le Sanctuaire vienne, et que le prêtre dise :

« Béni soit le Dieu Père Pantokrator. Amen. »

 

L’Offertoire — la mise en place de l’Agneau

La triple doxologie trinitaire

Le prêtre, achevant la triple bénédiction sur les offrandes, prononce les trois invocations :

« Béni soit Dieu le Père, le Pantokrator. — Amen. » « Béni soit son Fils Unique Jésus-Christ notre Seigneur. — Amen. » « Béni soit l’Esprit-Saint, le Paraclet. — Amen. »

 

 

La mise de l’Agneau sur la pathène

En marge du texte. La « pathène » (Ṣīniyya) est le plateau circulaire en métal sur lequel est placé l’Agneau durant la Liturgie eucharistique copte. Le geste évoque la mise au tombeau du Christ.[95]

Le prêtre place l’Agneaau sur la pathène avec un geste lent — comme l’enveloppement du corps de notre Maître Jésus-Christ — à qui soit gloire — dans les linceuls et les bandelettes.

 

Le mélange du vin et de l’eau

Le diacre verse le vin filtré dans le calice avec mesure — après avoir senti son arôme. Le choix [du vin] doit avoir été mélangé soigneusement — image de la Croix qui partage [sang et eau], et l’on adoucit avec un peu d’eau douce — environ dix gouttes en tournant délicatement.

 

L’invocation initiale

On commence par l’unité de la Trinité (Tawḥīd al-Thālūth) et le Psaume 19, 16, ou un autre.

• • •

La prière de l’Action de grâces

La récitation

Le peuple répond patiemment. Le prêtre dit la prière d’action de grâce et l’Oraison de la Table (al-Mā’ida).

Le triple signe sur les offrandes

Quand il atteint le moment de dire :

« Bénis, sanctifie, purifie, rassemble. »

— à la nuit de l’encensement, les prêtres l’élèvent. Le prêtre alors se penche et signe les offrandes trois fois, la Pīsānaīn et la Mizḥama.

 

La couverture de l’autel — image du tombeau

En marge du texte. L’Ibrisifārīn (du grec ἀὴρ — « l’air ») est le voile sacré qui couvre les Saints Dons après l’offertoire. Il symbolise la pierre roulée devant le tombeau du Christ.[96]

Puis il couvre l’autel du voile (al-Ibrisifārīn) — image de la couverture du tombeau où le Seigneur de gloire fut placé. Avec le linge de la Pīsānaīn fermée, le peuple dit :

« ⲤⲰⲒⲤ » — « Sauve [nous]. »

• • •

Le baiser de paix et l’Absolution

Le baiser de paix

En marge du texte. Le baiser de paix (al-Maṣīb / al-Mubāyaʿa) — ancien rite de l’Église primitive, où les fidèles s’embrassent en signe de réconciliation avant l’Eucharistie (cf. Mt 5,23-24).[97]

Puis le prêtre et le diacre se donnent mutuellement le baiser de paix — chacun donne au autre l’embrassement de la sérénité (al-Maṭmaʿīna). Ils descendent et s’asseyent devant le Sanctuaire, la tête inclinée, pour la lecture de l’Absolution.

 

 

 

La lecture de l’Absolution

S’il y a un autre prêtre qui sert avec eux, c’est lui qui lit l’Absolution sur eux. S’ils ne sont pas en duo, le prêtre saint la lit pour lui-même, debout, et sur le diacre incliné. Si le Patriarche est présent, c’est lui qui dit l’Absolution sur eux ; et de même un évêque, à sa place [à son trône].

 

Le retour à l’encensoir

Puis le prêtre prend la Tīsbiya (al-Shūriyya — l’encensoir), l’élève, et encense avec celui qui sert avec lui une seconde fois. Il encense l’autel et fait le tour autour, pendant qu’on récite l’Oraison de l’Encens — celle de la lecture paulinienne :

« ⳨ϮⲚⲒⲨⲨ ϮⲠⲒⲨⲨⲀⲀⲚⲈⲨ ⲠⲒⲀⲐⲀⲠϪⲞⲨⲞⲨⲞⲨⲠⲒⲨⲨ » — « Ô Maître, Toi le grand, le Dieu éternel… »

• • •

La première encensation

La triple procession

Quand le prêtre dit « Paix à l’Église », il fait trois fois le tour de l’autel, et au moment de l’Oraison à toutes les chose. À l’achèvement de la réponse du diacre — les Trois Ibrāsāt (Départs) :

Le peuple chante : « ⳨ⲚⲞⲞⲦⲠⲈϮⲨϢⲨⲞⲨⲢⲠⲨⲚⲚⲞⲨⲂⲆⲈⲚⲞⲨⲨⲒ » — « Tu es l’encensoir d’or pur. »

 

 

 

L’encensement de la porte du Sanctuaire

En marge du texte. L’Archidiacre est le premier des diacres, qui assiste l’évêque ou le patriarche. Dans la procession, il vient immédiatement après les évêques et les prêtres.[98]

Le prêtre descend et encense la porte du Sanctuaire. Si le Père Patriarche est présent — il a la priorité : ils élèvent l’encens devant lui, le Patriarche encense, et l’on incline vers lui en prière.

Suivent les évêques et les prêtres selon leur rang. Puis l’Archidiacre, et ceux qui suivent. Le prêtre encense alors :

(1) Le Chœur (al-Khūrus) ;

(2) Au-dehors [la nef] ;

(3) Le peuple [hommes] ;

(4) Les femmes.

 

La remontée au Sanctuaire

Puis il remonte au Sanctuaire comme indiqué dans la section sur la prière. Il lève la gratitude du peuple à Dieu sur son autel. Il fait un tour autour, et dit les mots déjà mentionnés. Puis il descend, encense :

(1) Le Sanctuaire ;

(2) Le Patriarche (s’il est présent) ;

(3) L’évêque dans son trône (s’il est présent) ;

(4) Les prêtres.

Il commence par l’embrassement (al-Maṣīb) au peuple, se joignant à eux et revenant à la porte du Sanctuaire. Il salue le Sanctuaire, ses compagnons [clercs], puis le peuple.

• • •

Les lectures de la Liturgie de la Parole

La Pauline (al-Būlus)

En marge du texte. La « Pauline » (al-Būlus) est la lecture tirée des épîtres de saint Paul. C’est la première des trois lectures pré-évangéliques.[99]

Après la lecture de la Pauline en copte, le prêtre serviteur (ou tout prêtre qui sert la Liturgie) dit :

« La Prière de la Pauline (Ṣalāt al-Būlus) » « ⳨Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲏ︦Ϯ ⲚϮⲚⲰⲤⲒⲤ ⲞⲨⲞⲒ ⲠⲒⲢⲈϤⲨⲀⲈⲘⲒ » — « Ô Maître, Seigneur de la connaissance, Source de la compassion. »

 

La Lettre catholique (al-Kāthūlīkūn)

En marge du texte. La « Catholique » (al-Kāthūlīkūn) est la lecture tirée des épîtres « universelles » : Jacques, 1-2 Pierre, 1-2-3 Jean, Jude.[100]

De même, après la lecture de la Lettre catholique en copte, il dit :

« ⳨Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲠⲈⲚⲞⲚⲞⲨϮ » — « Ô Maître, notre Dieu. »

 

Le second encensement

À l’achèvement de l’interprétation [arabe] de la Lettre catholique, le prêtre monte à l’autel et lève l’encens une seconde fois, et dit l’Oraison de l’Encens :

« ⳨Ϯ︦ⲪϮ︦ ⲨⲈⲒⲨⲀϤⲨⲘⲰⲨⲞⲨⲠⲈⲠⲒⲞⲚⲖⲞⲨ » — « Ô Dieu Saint, qui es intronisé… »

Il fait trois tours autour de l’autel, puis descend et procède comme à la Pauline : il salue le peuple, spécialement le Chœur. Le peuple chante quatre versets de la Dédicace du Dimanche :

« ⳨ⲦⲞϮⲈⲚⲀⲨⲀⲐⲞⲤ » — « Rendons grâce au Bon. »

 

Le Praxis (al-Ibraksīs)

En marge du texte. Le « Praxis » (Ⲡⲣⲁⲝⲓⲥ) est la lecture tirée des Actes des Apôtres. Troisième et dernière lecture pré-évangélique, avant l’Évangile lui-même.[101]

 

Le Praxis (les Actes des Apôtres) est lu et expliqué en arabe. Puis le prêtre revient, monte à l’autel, et dit la prière préparatoire au prochain mouvement liturgique.

• • •

De la fin du Praxis à l’Évangile

L’encensement final

En marge du texte. Le « Maṭānuw » (du grec μετάνοια) = la prostration, ou une inclination profonde. Acte de pénitence et de respect dans la liturgie copte.[102]

Le prêtre descend et encense l’autel, puis ses compagnons particuliers. Il suspend l’encensoir (al-jamra), fait la prostration (Maṭānuw), et dit l’Aghbiyya après l’explication du Praxis (Actes).

 

 

 

Les hymnes propres au jour

En marge du texte. Le mois de Kiyahk est consacré à l’attente de la Nativité du Christ. Les hymnes mariales y sont particulièrement présentes.[103]

Si c’est un grand jour de fête, ou un jour de banquet, les chanteurs lisent avant l’Évangile ce qui convient à cette fête. Pour les jours du mois de Kiyahk et du Saint Carême, on chante l’hymne de Notre Dame la Vierge, dont l’incipit est :

« ⳨ⲠⲀ︦Ⲡ︦ⲈⲚⲒⲈⲨⲀⲠⲞⲠⲒⲈⲨⲦⲞⲨ ⲀⲨⲞⲨ ⲚⲦⲈⲚⲈⲨⲈⲠⲒⲈⲨ ⲨⲈⲞⲨⲈⲚⲒϮⲀⲚⲚⲞⲪⲒⲞⲤⲒⲈⲨⲀⲦⲨⲒⲨⲨⲈⲚⲨ ⲘⲒⲈⲚⲞⲨ » — (Hymne d’ouverture en l’honneur de la Vierge)

 

La prière de l’Évangile et la lecture du Psaume

Le prêtre prie la prière de l’Évangile (Ṣalāt al-Injīl) et salue le Psaume.

 

Les usages régionaux pour la lecture du Psaume

En marge du texte. Saint Macaire le Grand (300-391), Père du désert de Scété. La tradition de son monastère — sans répons aux psaumes — reflète l’austérité hésychaste primitive.[104]

Les variations régionales :

(1) **Au Caire, Basse-Égypte et le Delta** : le Psaume est lancé par un petit diacre et le chœur, qui répondent en chœur ;

(2) **Haute-Égypte** : un diacre senior ou deux diacres lisent à deux voix, et la communauté répond avec le premier mot dans la même tonalité ;

(3) **Alexandrie** : un diacre araméen le récite ;

(4) **Monastère de saint Macaire** : un psalmodiste au milieu de l’église — sans répons d’aucun.

 

Les Qarrāʾāt (les quatre lecteurs)

Le système des quatre lecteurs :

(1) La première — lue par le prêtre saint ;

(2) La seconde — par celui qui le suit ;

(3) La troisième et la quatrième — par les diacres.

• • •

La procession de l’Évangile

Le prêtre s’avance

Le prêtre monte à l’autel, lève l’encens, et se met en mouvement. Il porte les lampes de l’Évangile et le cierge dans sa main. Les plus petits cierges, élevés et ouverts dans les mains des diacres.

 

L’échange du livre

Le prêtre descend, salue l’Évangile, le prend, se tourne vers les prêtres — qui le saluent aussi. Il lit alors l’Évangile.

 

L’endroit de la lecture

Variantes :

(1) Sur l’**anbar** (le lectern) — en sa propre tonalité ;

(2) Sur le **mukhilīya** (le pupitre d’angle) — alors le Patriarche le lit, face à l’Occident, debout à la porte de l’autel, le prêtre tenant l’encensoir à sa place. De même un évêque, depuis son trône ;

(3) Si c’est le diacre qui le lit — il se tient face à l’Orient. Le prêtre se tient avec l’encensoir à l’aile de l’autel.

Le tout est ensuite expliqué en arabe.

La prière à l’explication

Au début de l’explication, le prêtre serviteur prend l’encensoir du prêtre serviteur principal, et dit :

« Ô Ami des prophètes… » « ⲠⲒⲢⲈϤϢⲞⲨⲦ Ⲛ︦ⲚⲈⲚⲨ︦ⲦϨϮ︦ⲪⲀⲦⲘⲒⲨⲎϨⲚⲚⲀⲈⲒ ⲒⲈⲨⲘⲀⲞⲠⲀⲠⲒⲒⲦⲦ »

 

La vénération de l’Évangile

À la fin de l’explication, le prêtre prend le livre de l’Évangile. Les prêtres le baisent, puis lui-même le baise. L’un des diacres le prend, le sort pour les hommes — qui le baisent. Un autre diacre porte un Évangile en arabe pour les femmes, qu’elles baisent aussi. Le peuple chante ce qui convient à ce jour.

• • •

La Prière du Voile (Ṣalāt al-Ḥijāb)

L’inclination du prêtre

Le prêtre saint incline sa tête devant la porte de l’autel, et dit la Prière du Voile. Le peuple répond :

« ⲤⲰⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ ⲨⲨⲒ » — « Sauve [-nous], Amen. »

 

La position devant l’autel

En marge du texte. Jean 20,12 — « [Marie-Madeleine] vit deux anges en blanc, assis là où avait été le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. »[105]

Il monte à l’autel et se tient devant lui, face à l’Orient. Le diacre lui fait face, vers l’Occident — car le prêtre s’adresse à Dieu, dont le prophète a dit : « Entendez sa voix depuis les Orients ». Le diacre reçoit la réponse et la dicte au peuple.

« L’Évangile témoigne par Marie-Madeleine : quand elle se rendit auprès du Sauveur — près de la résurrection vivifiante et bénie — elle vit deux [anges] assis en blancs, l’un à la tête et l’autre aux pieds, là où avait été placé le corps de Jésus. »

 

Comparaison avec les autres traditions

« Quant aux autres écoles — les Syriens, les Francs [Latins] et autres — le diacre qui sert la Liturgie se tient à côté du prêtre, à sa droite. Mais pour le Copte, il se tient en face de lui. »

• • •

Le début de la consécration des Saints Mystères

Le rassemblement des servants

Le reste des servants — prêtres et diacres — se regroupent autour de l’autel. Ils se tiennent calmes, silencieux et en silence.

L’Oraison de Paix et des Pères

Puis le prêtre commence la consécration des Saints Mystères (Taqdīs al-Asrār). Il dit :

« L’Oraison de Paix et des Pères. »

Il lève le voile (al-Khūr), la communauté répond, et il se tourne vers les prêtres. Puis il bénit le peuple. Par la main du diacre, [il indique] la Foi, et dit :

« ⲠⲒⲤⲞ⳨ⲠⲚⲒⲀⲨⲦⲒⲚ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ » — « La Sainte Foi. »

 

 

 

La récitation du Credo

En marge du texte. Le Symbole de Nicée-Constantinople — la profession de foi commune à toutes les Églises chrétiennes anciennes. Récité à chaque Liturgie eucharistique.[106]

En marge du texte. Le Jeudi Saint (« Pacte de Notre Seigneur ») — institution de l’Eucharistie. Liturgiquement, le Credo est récité différemment ce jour-là.[107]

« Le peuple récite la Foi (le Credo) en entier — sauf le Jeudi Saint[108] (al-Khamīs al-ʿAhd), après le Pacte et le Soleil de la Joie — selon l’endroit où l’on se trouve dans la rappel. »

• • •

L’encensement finale avant la grande anaphore

L’encensement de l’autel et des servants

Le prêtre prend l’encensoir et encense le sommet de l’autel et le Corps, puis devant l’autel. Il se tourne vers le lieu des prêtres, et les encense. Puis il encense l’autel à nouveau, et ensuite son côté inférieur. Le prêtre serviteur reçoit l’encensoir.

 

L’ablution finale des mains

En marge du texte. « Ne touchera plus rien sinon les vases consacrés de l’autel » — règle de pureté rituelle qui marque le passage du prêtre dans la zone du sacré stricto sensu, où il agira désormais in persona Christi.[109]

Il se lave les mains. À partir de ce moment, il ne touche plus rien avec ses mains, sinon les vases consacrés de l’autel uniquement. Le prêtre qui sert avec lui lui présente alors l’encensoir et il encense ses mains.

Coutume du Patriarche Anbâ Benjamin

En marge du texte. Le patriarche Anbâ Benjamin Iᵉʳ (623-662), 38ᵉ patriarche d’Alexandrie. Il a vécu la conquête arabe et établi de nombreux usages liturgiques.[110]

(En marge :) Le Patriarche Anbâ Benjamin n’avait pas coutume d’encenser ses mains en ce moment-là, [par humilité].

• • •

Les rites de la Liturgie quand le Patriarche est présent

En marge du texte. Quand le Patriarche préside la Liturgie, des rites spécifiques accompagnent sa présence — ils sont décrits ici par Ibn Kabar.[111]

L’ouverture de la Tadhakiyya patriarcale

Quand la Tadhakiyya (la commémoration) est annoncée, avec ses additions :

(1) Les prêtres découvrent leur tête ;

(2) Le plus âgé s’avance ;

(3) Dans ses mains, un linge de soie ;

(4) Il porte couvertement [l’encensoir/le sceau] vers le Patriarche ;

(5) Le Patriarche lui-même monte au lieu très saint.

 

L’encensement et la procession

Le Patriarche dit la prière d’action de grâce, élève l’encens, et le donne de sa main aux prêtres selon leur rang. Ceux-ci l’élèvent et entourent l’autel. Les prêtres le suivent avec les lumières kindled — trois tours autour.

 

Le chant du peuple

Le peuple chante :

« ⳨ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢ Ⲇ︦ Ⲣ︦Ⲱ︦Ⲡ︦ ⲬⲈⲢⲈⲦⲈ » — « Nous chantons quatre [acclamations]. Salut ! » « ⲬⲈⲈⲨϨⲚⲈⲒⲚⲦ ⲬⲈⲢⲈⲦⲒ Ⲡ︦Ⲁ︦Ⲣ︦Ⲱ︦Ⲡ︦Ⲏ︦Ϯ » — « Salut à toi ! »

« ⲬⲈⲢⲈⲦⲈⲨⲈⲚⲀⲨⲦⲀⲤⲒⲤ » — « Salut à ta Résurrection. » « ⲬⲈⲢⲈⲦⲈⲨⲈⲚⲈϨⲨⲢⲒⲈⲨⲠⲒⲤ » — « Salut à ta descente [au tombeau]. » « ⲬⲈⲢⲈⲨⲒⲎⲬⲀϨⲖ ⲬⲈⲢⲈⲢⲀⲪⲀⲎⲖ ⲈⲒⲦⲈⲚⲚⲒⲈⲦⲨⲎ » — « Salut à Michel, Salut à Raphaël, qui prient pour nous. »

 

Les acclamations au Patriarche

En marge du texte. Les acclamations au Patriarche — formulaires byzantins-coptes très anciens, exprimant la sollicitude pour la santé et la longévité du pasteur suprême, et la prière pour que ses ennemis soient soumis (Ps 110/109).[112]

On couvre [avec le voile] pendant le chant, jusqu’à ce que les prêtres finissent leur procession. Le Patriarche descend du Sanctuaire et se tient à sa place hiérarchique. On chante alors, et le senior des prêtres présents lance trois fois :

« ⳨ⲀⲒⲀⲚϮ ⲚⲦⲈ ϤⲈ ⲈϤⲈϪⲢⲈⲈⲠⲈⲨⲚϨ » — « Dieu garde la vie et la position de notre Père, notre Pape, le prêtre, notre Père N. »

« ⲚⲈⲨⲠⲒϪⲠⲈⲐⲞⲨⲞⲈⲢⲀⲨⲨⲚⲠⲈⲚⲒⲰⲦⲈⲦⲒⲈ » — « Et notre Père l’Évêque, Chef des prêtres, notre Père N. »

« ⲨⲚⲞⲨⲨⲀⲢⲈϨ ⲀⲢⲈϨⲈⲢⲞⲨ ⲚⲀⲚ » — « Avec compassion, conserve-le pour nous. » « ⲨⲀⲚⲒⲨⲨⲨⲨⲨⲚⲢⲞⲨⲨ ⲠⲒ Ⲡ︦Ⲉ︦Ⲩ︦ ⲀⲨⲒⲀⲚϨⲞⲨⲨ »— « De nombreuses années et des temps paisibles. »

« ⲚⲦⲈϤⲈⲂⲒⲞⲚⲚⲈϤϪⲀϪⲒⲦⲎⲢⲞⲨ » — « Que tous ses ennemis soient soumis — sous ses pieds — promptement. »

 

Le baiser de la Croix

Puis le Patriarche baise la Croix, disant :

« ⲦⲞⲨⲂϨ ⲈⲠⲒⲬⲢⲒⲤⲦⲞⲤ Ⲉ︦Ⲣ︦Ⲡ︦Ⲏ︦Ⲉ︦Ϫ︦Ⲱ︦Ⲛ︦ » — « Supplie le Christ pour nous, pour qu’il nous pardonne nos péchés. »

 

Les trois bénédictions du Patriarche

À chaque fois que le prêtre célèbre un tiers [d’une procession], le Patriarche bénit et signe avec sa Croix dans le premier tour :

Première : « ⲠⲞⲤⲀⲢⲈϨⲈⲦⲈⲬⲨⲞⲨⲪⲘ » Deuxième : « ⲠⲞⲤⲀⲢⲈϨⲈⲦⲈⲬⲘⲞⲨⲦⲎ » Troisième : « ⲠⲞⲤⲀⲘⲞⲨⲈⲢⲞⲬ » — Triple invocation à Dieu de préserver son peuple.

 

La transmission au prêtre choisi

Le Patriarche donne ensuite l’encensoir au prêtre qu’il a choisi parmi les prêtres, pour compléter le service. Le prêtre le reçoit, lui baise les mains, et récite l’Oraison. Le Patriarche conclut, disant :

« ⲪⲀⲒⲈⲦⲈⲈⲂⲞⲖⲈⲒⲦⲞⲨ ⲦⲨⲈⲢⲈⲠⲒⲚⲞⲨ » — « Ce qui est par cela… »

L’ordre de l’encensement

Le pivot de l’encensoir est levé. Le prêtre encense dans cet ordre :

(1) Le Sanctuaire ;

(2) Le Patriarche en premier ;

(3) Les prêtres ;

(4) Le peuple.

 

La Croix au Credo

Durant la lecture du Credo, le prêtre place la Croix de l’Église sur ses mains enveloppée dans le coin de son vêtement supérieur, et la présente au Patriarche, qui la lève, disant :

« ⲀⲚⲀⲒⲚⲀⲚⲞⲐⲈⲨⲞⲨⲚⲀⲚⲈⲢⲞⲚ » — « Ô Sang [du Christ], aie miséricorde de nous et fais-nous approcher. »

Le peuple répond : « Kyrie eleison » dans sa tonalité, trois fois fort.

• • •

La grande Anaphore[113] et la consécration

La profession de la foi christologique

En marge du texte. Christologie copte orthodoxe — formulation classique de l’union : « La divinité ne se sépara de l’humanité, pas un seul instant, pas un clin d’œil. » Cette formule, attribuée à saint Cyrille d’Alexandrie, exprime l’indivisibilité du Christ même dans la mort sur la Croix.[114]

« …et notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ — Il prit [chair] de notre Lady la Mère de Dieu, la Sainte Marie, choisie. Il la fit une avec sa divinité — sans mélange, sans confusion, sans altération. Il fit la bonne confession devant Ponce Pilate. Il se livra pour notre salut sur le bois de la sainte Croix — par sa volonté seule — pour nous tous. »

« Je crois que sa divinité ne se sépara pas de son humanité — pas une heure, pas un clin d’œil. Il se livra pour nous, pour le salut et le pardon de nos péchés, et pour la vie éternelle pour ceux qui en communient véritablement. — Amen. »

 

Les invocations finales du Sanctus / Communion

Le diacre dit :

« ⳨ⲦⲰⲂϨ ⲈⲬⲈⲚⲚⲒⲬⲢⲒⲤⲦⲒⲀⲚⲞⲤ Ⲛ︦Ⲃ︦Ⲉ︦Ⲛ︦ » — « Priez pour tous les chrétiens. »

Puis le prêtre :

« ⲪⲀⲒⲈⲦⲈ ⲈⲂⲞⲖ ⲈⲒⲦⲞⲨⲨ » — « Celui qui est sorti par toi. »

 

La grande prostration du peuple

Le diacre descend, fait la prostration au Sanctuaire et au peuple. Le prêtre se tourne vers le peuple et s’incline doucement.

• • •

La Communion eucharistique

La communion du prêtre serviteur

Le prêtre reçoit l’Offrande. Le prêtre qui sert avec lui se prépare, le diacre prend le calice dans sa main, depuis le trône, et la présente au prêtre saint qui s’approche et la reçoit du diacre. Puis il [le prêtre] s’approche [du peuple] et place [l’Eucharistie] à sa place [pour la distribution].

 

 

 

La consécration d’autres calices (al-Apsabidiqun)

En marge du texte. L’Apsabidiqun — la partie centrale et la plus sainte de l’Agneau, consacrée par-dessus tout. Quand il y a plusieurs calices à consacrer, on en prélève une parcelle pour chaque autre calice.[115]

Si sur l’autel se trouvent d’autres calices — un, deux, ou plus — il consacre le second ainsi :

(1) Il prend le secret [Agneau] ;

(2) Il prélève du calice saint, et verse dans le calice à consacrer trois cuillerées ;

(3) Il dit :

« ⳨ⲈⲨⲖⲞⲨⲠⲒⲞⲨⲤ ⲬⲈ ⲒⲦ ⲬⲈ Ϯ︦Ⲥ︦ⲞⲨⲪⲦϨⲒⲞⲤ Ⲡ︦Ⲡ︦ⲚⲈ ⲠⲞⲤ ⲨⲨⲒⲨⲨ ⲘⲎⲚ » — « Béni soit le Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, le Saint, et l’Esprit-Saint. Amen. »

Le peuple répond : « ⳨ⲒⲤ Ⲡ︦ⲒⲀⲦⲎⲢ ⲀⲨⲒⲞⲤ ». On répète trois fois, d’un calice à l’autre. Il place les Apsabidiqun sur chacun des autres calices ainsi que dans le premier calice ; puis il les retire et distribue [les portions] sur l’ensemble des chalices.

 

La communion des autres clercs

Puis ceux des prêtres présents qui ne servaient pas communient. Puis le diacre qui a servi avec lui. Puis le reste des diacres.

Les hymnes selon les saisons

Des hymnes variées accompagnent la communion :

(1) Hymne des jours ordinaires ;

(2) Hymnes des bornes [périodes liturgiques] et des fêtes ;

(3) Hymne du mi-semaine [mercredi] ;

(4) Hymne des jours du Quarantième [Carême] ;

(5) Hymne « du flot » récité en Kiyahk ;

(6) Et tout ce qui suit la même règle.

Les chanteurs chantent ce qui s’accorde avec ce jour, ainsi que les Theotokia et les Lubsh.

La conclusion de la communion

À la fin de la communion :

(1) Le prêtre lève ce qui est resté du Corps — peu ou beaucoup ;

(2) Il se tourne vers ceux qui ont servi avec lui ;

(3) Le diacre lève le calice ;

(4) Le prêtre y dépose l’Apsabidiqun ;

(5) Il lève le reste du Sang.

En marge du texte. « Le diacre est le porteur du calice » — règle de tradition copte. Le calice après la communion est porté exclusivement par le diacre serviteur, pour le respect des Saints Mystères.[116]

« La plupart des prêtres lèvent le calice et le remettent au diacre vide, pour qu’il la lave. Cela n’est pas pour eux : c’est le diacre qui est le porteur du calice, seul. »

 

Le lavage et l’ablution

Le prêtre lave [ses mains] dans la patène, asperse un peu de son [eau] sur ceux qui sont premiers. Il dit l’Oraison du Renvoi (al-Tasrīḥ), bénit le peuple, asperge leurs fronts, prie [pour] les peuples ainsi. Il congédie le peuple, et distribue le pain bénit (Awlūjiya).

• • •

Le pain bénit (Awlūjiya)

En marge du texte. L’Awlūjiya (du grec εὐλογία — « bénédiction ») = le pain bénit non consacré (le restant de l’offrande), distribué aux fidèles à la fin de la Liturgie. Équivalent de l’antidoron byzantin.[117]

 

Le moment de la distribution

« Il n’est pas permis de la distribuer avant ce moment. »

Règles sur l’eau et le calice

« Quant à la patène, le calice y prend pour boire.

« Aucun de ceux qui servent les Mystères ne doit boire d’eau avant la levée [du calice], de peur que quelque chose du Corps ne reste. Que le prêtre s’en occupe seul, par son service. »

« Si quelqu’un est excusé et que le prêtre a bu de l’eau de la patène — ou en a bu une partie — qu’il s’abstienne, si quelque chose n’est pas encore dans sa bouche. Tout cela est dans nos offrandes coptes ; pour les autres, il n’y a pas d’excès. »

• • •

Les retardataires et le second Évangile

Pour ceux qui arrivent en retard

« Si quelqu’un arrive à l’église après le milieu de la Liturgie, celui qui est en chemin nécessaire — ou qui vient de loin — un second Évangile est lu pour lui à la fin de la Liturgie, et il communie — surtout pendant les grandes fêtes du Seigneur. »

Pour ceux qui arrivent après l’offrande

« Mais s’il arrive après que la distribution de l’Offrande a commencé, le prêtre ne lui donne pas la communion en le mêlant aux communiants, car il n’a pas assisté à la Liturgie, n’a pas entendu les lectures qui ont été faites avant, ni ne s’est préparé à recevoir les saints Mystères avec la préparation requise. »

• • •

Les dialogues liturgiques

Le Patriarche dit :

« ⳨ⲈⲨⲦⲰⲠⲒⲚ Ⲏ︦ⲂⲞⲨ » — « Qu’ils soient loués. »

Le peuple :

« ⳨ⲈⲒⲢⲎⲚⲎⲠⲀⲤⲒ » — « Paix à tous. »

Le Patriarche :

« ⳨ⲨⲀⲦⲀⲖⲈⲨϨⲐⲈⲞⲚⲈⲠⲒⲞⲈⲦⲀⲨⲨⲈⲢⲒⲞⲨ »

Le peuple :

« ⲦⲈⲚⲞⲤ ⲞⲨⲞⲘⲈⲚⲚⲞⲨϮ » — « Nous rendons grâces. »

Le diacre :

« ⲠⲢⲞⲤⲬⲞⲨⲘⲈⲚⲦⲒⲀⲨⲒⲞⲚⲨ Ⲡ︦Ⲩ︦Ⲱ︦Ⲡ︦ⲤⲒⲤ » — « Tenons-nous bien — proschōmen. »

À ce point, le diacre orant explique pour ce qui précède : « Tenez-vous avec crainte de Dieu et écoutez ce qui suit. »

 

La lecture patriarcale de l’Évangile

Le Patriarche lit l’Évangile en copte, traduit en arabe. À la fin, le peuple reçoit l’Évangile des mains des prêtres. Les chanteurs chantent.

 

L’Absolution patriarcale

Le prêtre conclut la prière. Quand le peuple dit « Notre Père », le prêtre s’avance, le Patriarche encense en disant la prière de l’Absolution. Le diacre répond. Le Patriarche conclut l’Absolution.

 

Le baiser de la Croix

La Croix est présentée au Patriarche comme avant. Il la lève. Le peuple dit « Kyrie eleison ». Le peuple s’approche et baise la Croix de la main du Patriarche. On lit les Canons appropriés à ce jour, suivis d’un Canon propre au Patriarche dont l’incipit est :

« ⲦⲈⲨⲠⲀⲢⲈⲠⲒⲤⲒⲈⲨ Ⲡ︦Ⲣ︦Ⲱ︦Ⲡ︦Ⲡ︦ⲚⲨ » — « Paix sur nous. »

Puis il dit la Bénédiction, et congédie le peuple.

• • •

L’arrangement spécifique de la Liturgie patriarcale

 

La préparation

Un des prêtres revêt le Sanctuaire. À l’arrivée de l’Offertoire :

(1) Le senior des prêtres s’avance ;

(2) Le Patriarche prend une chape générale et se vêt ;

(3) L’eau lui est présentée et versée ;

(4) L’Archidiacre lui présente le mandīl (la serviette) pour s’essuyer les mains ;

(5) Le prêtre serviteur lave [ensuite ses mains].

 

Le geste devant le Patriarche

Le prêtre se tourne vers le Patriarche en disant :

« ⲈⲦⲀⲠⲞⲨⲦⲤⲞⲚ » — « J’ai compris. »

La procession de l’Offrande

Il essuie l’Offrande et la place dans un linge consacré. Il la porte sur ses mains. De même, le diacre enveloppe la vase de soie [le calice] avec un linge. Ils font un tour. Ils descendent.

Deux diacres approchent, en se serrant — comme par souci — jusqu’au Patriarche. Celui-ci découvre le linge de l’Offrande et la signe. De même la vase de soie. Ils montent au Sanctuaire :

•                    Le prêtre avec l’Offrande, le diacre avec la vase de soie, font le tour de la droite vers la gauche de l’autel.

•                    Le Patriarche monte et reçoit [l’Offrande] d’eux ; il la place sur la patène.

Il commence par la Paix, l’Action de grâces, et la Prière de la Table. Il couvre l’autel. Le peuple chante.

• • •

Les pièces de la vesture patriarcale (al-Badla)

En marge du texte. Les pièces de la vesture patriarcale copte. Note : les noms coptes/grecs reflètent une terminologie technique d’origine grecque, intégrée dans la liturgie copte depuis l’époque byzantine.[118]

Le Patriarche ôte son burnus et revêt la vesture. Voici les noms des pièces de cette vesture :

(1) **Le Qamīṣ (la chemise)** — ⳨ⲦⲒⲬⲀⲠⲞⲚ (Tichapon) ;

(2) **Le Ṭaylasāna (l’ample-manteau)** — ⳨ⲚⲒⲨⲀⲠⲒⲤ (Niyapis) — l’étole portée sur le cou ;

(3) **La Manṭiqa (la ceinture)** — ⳨ⲈⲠⲒⲦⲞⲨⲦⲢⲀⲬⲎⲖⲒⲞⲚ (Epitoutrachilion) ;

(4) **La Ghafāra** — ⳨ⲈⲠⲒⲦⲞⲨⲦⲢⲀⲬⲎⲖⲒⲞⲚ (même mot) ;

(5) **Le Zunnār (le ceinturon)** — ⳨ⲞⲠⲒⲞⲚ (Opion) — pour le sous-diacre, sur les épaules ;

(6) **Le Burnus (le manteau ample)** — ⳨ⲞⲢⲨⲢⲒⲞⲚ (Oryryon) — pour ce qui s’appelle Orarion ;

(7) **Le Zunnār du sous-diacre** — sur l’épaule droite — porte le même nom : ⳨ⲘⲒⲤⲨⲀⲈⲠⲀⲠⲒⲤ (Misya Epapis).

 

Hymnes pendant la vesture

Les chanteurs disent :

« ⲈⲈⲢⲈⲈⲦϨⲞⲨⲎⲢⲞⲨ ⲚⲒⲨⲈⲨⲦⲈⲘ » — « Soyez comme les nôtres. »

Quand l’encens est levé, on chante en l’honneur de Notre Dame la Vierge :

« ⳨ⲨⲀⲒⲨⲞⲨⲢⲠⲎ Ⲛ︦Ⲛ︦Ⲟ︦Ⲩ︦Ⲩ︦ Ⲛ︦ⲬⲀⲐⲀⲢⲞⲤ » — « Salut à la pure Mère de Dieu. »

Pour le Praxis :

« ⳨ϮⲨⲞⲨⲠⲢⲎ ⲚⲚⲞⲨϮ ⲠⲒⲠ︦ⲠⲀⲢⲐⲈⲚⲞⲤ » — « Ô toi qui es Mère de Dieu, la Vierge. »

Et après :

« ⳨ⲒⲦⲈⲚⲚⲒⲈⲨⲬⲎ » — « Par nos prières » « ⳨ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ ⲘⲘⲞⲞ » — « Nous L’adorons. »

Il monte vers le sommet du Sarayis [trône sacré] après avoir tourné autour de l’autel trois fois. Le peuple, avec des cierges allumés, arrange le chant prescrit. Alors il s’assied sur le Sarayis, et encense.

 

• • •

Fin du dix-septième chapitre

 

Chapitre 18

L’ordre du jeûne de la sainte Quarantaine (le Carême)
et de la Semaine de la Pâque

Les jours de la Pâque et la Pentecôte

En marge du texte. Le Khamsīn (الخمسين) — les cinquante jours de la Pentecôte, période de joie spirituelle : pas de jeûne, ni le mercredi ni le vendredi.[119]

« La Résurrection est ouverte, la résurrection glorieuse — on la déclare avec absolution et glorification. Cela conduit dans la deuxième forme à la préparation [al-Tahyiya]. Elle est suivie des cinquante jours de la sainte Pentecôte (al-Khamsīn), qui sont des jours de joie spirituelle et de repos corporel. Avec une certaine indulgence dans les choses corporelles, en compensation des austérités précédentes du jeûne. Tel fut le dessein divin et la grâce spirituelle. »

 

Cinq Psaumes au début

« Le peuple se rassemble à l’église chaque jour. On lit d’abord cinq Psaumes en copte des Psaumes du prophète David — devant la porte de l’autel, la tête de celui qui les récite étant découverte. Puis on dit les prières de l’Aghbiyya, ce qui suit dans le Khūrus, et la Tadhakiyya. On ajoute à la fin le Watus, puis ces Abṣaliyya :

« ⲠⲨⲨⲨⲈⲒⲠⲞⲨⲨⲒⲚⲀⲦⲀⲐⲞⲤ ⲚⲈⲬⲚⲀⲒⲠⲞⲤ » « ϮⲚⲎⲤⲦⲒⲨⲀ ⲚⲈⲨ ⲠⲒⲞⲨⲖⲎⲖⲀⲠⲈⲚⲞⲤ Ⲓ︦Ⲏ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲭ︦Ⲥ︦ » — « Le jeûne et la louange de notre Seigneur Jésus-Christ »

 

 

 

Les Aprasāt (Départs (Renvois))

Le diacre répond avec les Aprasāt :

(Première) « ⲚⲈⲒⲚⲀⲚⲪϮ ⲪⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲨⲬⲢⲀⲦⲰⲢ » — « Aie pitié de nous, ô Dieu le Père Pantokrator »

(Deuxième) « ⲚⲈⲒⲚⲀⲚ Ⲫ︦Ϯ︦ Ⲡ︦ⲠⲈⲚⲤⲰⲢ ⲬⲈ » — « Aie pitié de nous, ô notre Sauveur Dieu »

(Troisième) « ⲚⲈⲒⲚⲀⲚ Ⲫ︦Ϯ︦ ⲞⲨⲞϨ ⲚⲈⲒⲚⲀⲚⲞ » — « Aie pitié de nous, ô Dieu… »

• • •

Le Dimanche des Rameaux (ʿĪd al-Shaʿānīn)

En marge du texte. Le Sabt al-ʿĀzar (Samedi de Lazare) — célèbre la résurrection de Lazare par le Christ (Jean 11). Le jour suivant — le Dimanche des Rameaux — l’entrée triomphale à Jérusalem.[120]

 

La veillée du Samedi de Lazare

« Ce qu’il faut respecter pour la Fête des Olives [Rameaux] : on offre la prière la nuit de la veille du Samedi de Lazare — comme à l’ordinaire. La Tadhakiyya avec ses tunes est lue si elle est préparée.

En marge du texte. Le « Bash » est un hymne liturgique copte, court et joyeux, qui ouvre certaines célébrations particulières comme le Dimanche des Rameaux (sur le ton de la Croix).[121]

Le Bash sur la tonalité de la Fête de la Croix est dit. Le Ṭarḥ est donné. Il est repris ainsi :

« ⲘⲀⲨⲘⲈⲚⲀⲬⲈⲒⲬⲈⲚⲞⲨⲨⲞⲨⲈⲦ »

 

Les chants propres à ce jour

La prière est conclue, et un Canon propre à ce jour est dit :

« ⲠⲨⲀⲨⲒⲞⲨⲦⲚⲞⲨⲚⲤⲨⲰⲚϮⲂⲀⲬⲒ » — « Le Saint, notre Dieu, a préparé la cité. »

La prière de minuit et la Psalmodie complète sont conclues. Un Hawas connu est dit, dont l’incipit :

« ⲚⲨⲀⲨⲨⲨⲈⲚⲀⲬⲈⲒⲬⲈⲚⲞⲨⲨⲚⲀⲨⲞⲨⲆ »

La prière du matin (Bākir) est offerte comme à l’habitude des jours des bornes.

• • •

Le déroulement de la Liturgie du Dimanche des Rameaux

Le total des prostrations est douze. Puis on prie la prière de l’Évangile, on offre le Psaume, on lit l’Évangile en copte et on l’explique. On lit aussi les homélies coutumières.

Le vendredi, on lit un mīmar (sermon-poème). De même la veille du Dimanche, un mīmar s’accorde avec l’Évangile du jour. La prière est conclue selon la coutume réputée.

 

Note pastorale du Patriarche Anbâ Jean

En marge du texte. Patriarche Anbâ Yu’annis (Jean) — probablement Anbâ Jean VI ou Anbâ Jean VII, contemporain ou prédécesseur d’Ibn Kabar.[122]

« Certains aimaient à se tenir debout pendant la lecture des prophéties, mais le maître Patriarche Anbâ Yu’annis (Jean) a ordonné le repos pour eux au milieu de la prière. Puis on prie la prière des Heures à l’ordinaire. »

 

L’horaire de la Liturgie en Carême

En marge du texte. La règle du jeûne pendant le Carême copte : la Liturgie eucharistique est célébrée à la neuvième heure (15 h), finissant à la onzième heure (17 h).[123]

« La Liturgie est offerte à la fin de la neuvième heure (15 h), afin que sa fin soit à la onzième heure (17 h). La rupture du jeûne est proche du coucher du soleil, comme indiqué précédemment. »

 

La Liturgie de saint Cyrille

En marge du texte. La Liturgie de saint Cyrille (= saint Marc) — utilisée durant les jours du Carême et du mois de Kiyahk.[124]

« Pendant les jours des bornes, la coutume égyptienne est d’utiliser la Liturgie du grand saint Cyrille le Patriarche. »

 

Le Sixième Dimanche — Aḥad al-Tanāṣīr

En marge du texte. Aḥad al-Tanāṣīr — le « Dimanche du Baptême » — le sixième dimanche du Carême copte. Tradition : c’est ce jour-là que serait consacré le saint Myrôn, et que les Apôtres eux-mêmes auraient été baptisés.[125]

« Le sixième dimanche est appelé « Aḥad al-Tanāṣīr » (Dimanche des Baptêmes), car c’est en ce jour que se faisait la consécration du Myrôn. Il est aussi dit qu’en ce jour eut lieu le Baptême des Apôtres. »

• • •

Quelques canons sur le Carême

En marge du texte. Les canons apostoliques. Le 57ᵉ canon mentionné par Ibn Kabar interdit aux prêtres de boire du vin pendant le Carême et les jeûnes hebdomadaires.[126]

 

Canon 57 sur le Carême

« Nul ne fait entrer son voisin durant les quarante jours, ni pendant les deux jeûnes [mercredi et vendredi]. Il n’est pas convenable, pendant les quarante jours, de célébrer les fêtes des martyrs — mais la mémoire des martyrs se fait au Dimanche et au Samedi. »

« Il n’est pas convenable, pendant les quarante jours, de faire un mariage, ni une fête de naissance, ni des banquets ou des fêtes de boisson. Aucun prêtre ne doit boire de vin pendant les saints quarante jours, ni durant les deux jeûnes — à savoir, le mercredi et le vendredi. Ni l’un ni l’autre n’y mange de viande. »

Canon des saints Apôtres — chapitre 10

« Et vous jeûnerez chaque année quarante jours[127] — comme Moïse a jeûné, et Élie le grand prophète, et les prophètes bien-aimés dans l’antique [Testament]. Et notre Seigneur Jésus-Christ a commencé avec ce corps pour nous enseigner à faire cela avant la Pâque bien-aimée. »

« Puis cela a été renouvelé : les souffrances du Maître Seigneur, sa Mère, sa crucifixion, sa mort, son repos au tombeau, le jour de sa Résurrection, et son avènement. Ses visions, ils les passent en fête aussi. »

 

 

 

Les jours stables

Les jours de jeûne — après [avoir laissé] les sabbats et les bornes — depuis ce moment jusqu’au Dimanche, qui est le premier jour des Cinquante : le jour de Pâque, quarante jours. Vendredi et Samedi : deux jours de la crucifixion et de la mise au tombeau. Dimanche : jour de la Résurrection et du Réveil. Ainsi ces jeûnes fixes, comptés dans les quarante jours, vont jusqu’à la fin des Cinquante.

 

Le Vendredi de la Pâque — exception

« On dit aussi : Tu dois jeûner les quarante jours saints, et le Vendredi de la Pâque, qui équivaut à huit Vendredis. Distance-toi de toutes les souillures pendant elle. »

Les Constitutions Apostoliques et les canons :

« Que vous soit considéré le grand jeûne des saints quarante jours. Ne brisez pas le jeûne le Vendredi de la sainte Pâque. Maintenez les jeûnes du mercredi et du vendredi tout au long de l’année — à l’exception des Cinquante jours.

• • •

La Semaine Sainte et la Pâque

L’arrangement de la Semaine de la Pâque (al-Buskha al-Muqaddasa)

 

La prière hors du Sanctuaire

En marge du texte. Hébreux 13,12-13 — « C’est pourquoi Jésus aussi, pour sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Sortons donc vers lui, hors du camp, en portant son opprobre. »[128]

Pendant la Semaine de la Pâque, les portes du Sanctuaire sont fermées selon la coutume. Les prêtres, les diacres, et tout le peuple se déplacent vers l’extérieur, au milieu de l’église. La prière s’y déroule.

Car le Seigneur de gloire fut conduit hors de la cité au moment de sa Passion. Et l’Apôtre dit : « Sortons, nous aussi, hors du camp, en portant son opprobre. »

 

Les devoirs de la Semaine Sainte

Cette sainte semaine — les purs Disciples et les justes saints Pères y ont imposé des devoirs qu’ils ont rendus obligatoires, des commandements qu’ils ont arrangés. Ils ont interdit la paresse à leur égard et la négligence en quoi que ce soit. Comme il est mentionné dans la Dustulia (les Constitutions apostoliques), au 31ᵉ chapitre :

• • •

Le 31ᵉ chapitre de la Dustulia

En marge du texte. La Dustulia = la Didascalie des Apôtres / les Constitutions Apostoliques — recueil de règles ecclésiales des premiers siècles, très influent dans la tradition copte.[129]

 

Le devoir de la fête pascale

En marge du texte. Baramhāt — le septième mois copte (10 mars – 8 avril). L’équinoxe de printemps tombe vers le 22 Baramhāt. La règle vise à fixer Pâques après l’équinoxe, distinct de la Pâque juive.[130]

« Vous devez, ô nos frères, vous qui avez été achetés par le Sang noble — qui est le Sang du Seigneur Christ — jeûner chaque jour avec toute rigueur et grand soin, après [la fixation de] la Fête des Azymes, qui est au temps de l’équinoxe, c’est-à-dire le vingt-deuxième jour de Baramhāt. »

 

Une seule fois l’an

En marge du texte. La règle copte : le dimanche de la Résurrection ne doit jamais coïncider avec la Pâque juive, et toujours tomber un dimanche. C’est le fondement du comput pascal copte.[131]

« Ne laissez pas cette fête — qui est la commémoration de la Pâque — [être célébrée] deux fois dans l’année, mais une seule fois, passant dans l’année, pour l’amour de Celui qui mourut une seule fois. »

« Il est requis que vous la gardiez sans qu’elle coïncide avec la fête des Juifs. Gardez-vous, avec rigueur, [à l’écart] de leur fête dans laquelle est la Fête des Azymes, qui est au temps du printemps. »

« Ceci est gardé jusqu’au vingt-et-unième jour de la nouvelle lune — afin qu’il ne soit pas [fixé] au quatorzième de la nouvelle lune. Commencez dans une autre semaine — autre que la semaine dans laquelle ils [les Juifs] font la Pâque. »

« Et ne perdez pas la fête de la Résurrection de notre Seigneur et notre Dieu Jésus-Christ en aucun jour absolument, sinon le Dimanche seul. »

 

Les six jours de la Semaine Sainte

« Et jeûnez durant les jours de la Pâque. Commencez du Lundi au Vendredi et au Samedi — qui sont six jours — où vous ne prenez que du pain, du sel et de l’eau seulement. »

« Quant à la viande et les délicatesses — abstenez-vous-en ces jours-là, en plus de ce qui a précédé, parce que ce sont des jours de deuil, non des fêtes. »

 

 

Le Vendredi et le Samedi

En marge du texte. Le « chant du coq » (ṣiyāḥ al-dīk) marque l’aube. C’est le moment traditionnel de la fin de la vigile pascale et de la rupture du jeûne du Samedi Saint à l’aube du dimanche de la Résurrection.[132]

« Quant au Vendredi et au Samedi, jeûnez-les tous deux — pour celui qui le peut, sans rien goûter du tout jusqu’au chant du coq de la nuit du Dimanche. Et c’est bien. Si une personne forte peut jeûner les deux jours ensemble, qu’elle garde le Samedi. »

• • •

La justification du jeûne de la Passion

En marge du texte. Matthieu 9,15 — « Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger tant que l’époux est avec eux ? Mais les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. »[133]

« Le Seigneur dit de Lui-même : ‘Quand l’Époux est enlevé d’eux, alors ils jeûneront en ces jours-là.’ »

« Et en des jours comme ceux-ci, les Juifs qui n’avaient aucun [droit] sur Lui Le prirent et Le pendirent à la Croix, et Le comptèrent parmi les criminels. C’est pour cela que nous vous enseignons, à vous aussi, de jeûner en ces jours jusqu’à la nuit — comme nous l’avons fait — lorsqu’ils Le prirent de nous. »

 

Les horaires du jeûne

« Le jour avant le Vendredi [le Jeudi], que chacun mange à la neuvième heure, ou la nuit, selon ce que sa capacité permet. »

« Que votre jeûne soit au second jour de la semaine [Lundi]. Et votre rupture du jeûne au chant du coq, à l’aube du premier Samedi qui est le Dimanche. »

 

La vigile pascale

« Soyez vigilants toute la nuit jusqu’au chant du coq, rassemblés dans l’église, priant, vous occupant par la veille, lisant des Psaumes, des Prophètes, et de la Loi jusqu’au chant du coq. »

« Quand vous avez achevé votre Liturgie, lisez l’Évangile avec crainte et tremblement, et nourrissez le peuple de ce qui est bon pour leur salut. Puis sortez de votre deuil, et demandez à Dieu de ramener Israël à la repentance, et d’obtenir miséricorde et pardon de la transgression qu’il a commise. »

 

La rupture joyeuse

« Quand le Seigneur ressuscite… faites ce qu’Il vous a commandé. ‘Faites ceci en mémoire de Moi.’ Puis rompez votre jeûne, dans la joie, [car] notre Seigneur Jésus-Christ est ressuscité des morts, et il est les prémices de notre résurrection. »

« Que ceci soit pour vous une loi éternelle, jusqu’à la [fin] de cet âge, et jusqu’à ce que vienne le Seigneur notre Dieu. »

• • •

Les canons de saint Hippolyte, Patriarche de Rome

En marge du texte. Saint Hippolyte de Rome (170-235) — théologien, auteur présumé de la Tradition apostolique. La tradition orientale le présente comme « Patriarche de Rome ».[134]

 

 

 

Le 22ᵉ chapitre

« La semaine propre à la Pâque des Juifs — qu’elle soit gardée par tout le peuple avec un grand soin. Qu’ils y jeûnent en s’abstenant de tout désir, jusqu’à la Parole — qu’ils ne la disent pas avec joie, mais avec deuil. »

« …Sachant que le Seigneur de gloire, l’impassible, a souffert pour nous en elle, dans la chair — afin que nous endurions les douleurs, et que nous sortions de [nos péchés]… »

• • •

Les canons et les prières de la Semaine Sainte

Le symbole du jeûne de la Semaine Sainte

En marge du texte. La triade « pain, sel et eau » — le régime du jeûne strict de la Semaine Sainte copte, encore observé aujourd’hui par les plus rigoureux.[135]

 

La participation aux souffrances du Christ

En marge du texte. Romains 8,17 — « Si nous souffrons avec lui, c’est afin d’être glorifiés avec lui. »[136]

[Nous jeûnons à cause des] douleurs que nous méritons pour nos péchés. Nous aussi, nous partageons la douleur qu’Il a acceptée pour nous, afin de partager aussi son Royaume.

« Le symbole [observé] dans cette semaine est le pain, le sel seul, et l’eau. »

 

Le cas du malade ou de l’isolé

« Si quelqu’un est malade, dans une région où il n’y a pas de [secours chrétiens], et que le temps de la Pâque passe sans qu’il le sache — ou à cause de la maladie — qu’il jeûne après les Cinquante jours [la Pentecôte], et qu’il observe la Pâque décemment, en secret, s’il ne tarde pas, sans crainte. »

« Ils ne jeûnent pas parce qu’ils célèbrent la Pâque — mais ils l’observent seuls, de peur qu’ils ne perdent un autre fondement que celui qui est établi. »

• • •

Le 38ᵉ chapitre des canons

La vigilance de la nuit de la Résurrection

En marge du texte. Le lavement du corps avant la fin de la vigile pascale — ancien usage de purification corporelle marquant la régénération baptismale, le baptême ayant traditionnellement lieu à Pâques.[137]

« Quant à la nuit de la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, qu’il y ait une grande vigilance, que personne ne dorme du tout jusqu’à l’aube. Puis qu’ils lavent leurs corps avec de l’eau avant de rompre la Pâque. Que tout le peuple soit avec Sa lumière en cette heure. »

 

Le motif christologique

En marge du texte. Jean 5,28-29 — « Tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et en sortiront : ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. »[138]

« Le Sauveur a rendu toute la création libre. Les cieux et la terre Le servent, ainsi que tout ce qui est en eux — parce qu’Il est ressuscité des morts, est monté aux cieux, et s’est assis à la droite du Père. »

« Et Il viendra aussi dans la gloire de son Père et de ses anges, et rétribuera chacun selon ses œuvres — ceux qui ont fait le bien, vers la résurrection de la vie éternelle ; et ceux qui ont fait le mal, vers la résurrection du jugement, comme il est écrit. »

 

L’appel à la vigilance

En marge du texte. Psaume 132 (131),4-5 — « Je n’accorderai point de sommeil à mes yeux, ni d’assoupissement à mes paupières, jusqu’à ce que j’aie trouvé un lieu pour le Seigneur. »[139]

« Pour cette raison, nous devons être vigilants en tout temps, et ne pas donner à nos yeux le sommeil, ni à nos paupières l’assoupissement, jusqu’à ce que nous trouvions un lieu pour le Seigneur. »

• • •

Le 40ᵉ chapitre — les canons des Apôtres pour les saints

L’interdiction de goûter avant l’heure

« Nul des croyants ne doit goûter quelque chose dans la Pâque avant le temps où il faut manger — sauf s’il est malade [et] ne peut jeûner les deux jours. Alors qu’il jeûne le Samedi, à cause de la nécessité. Et que ce soit avec du pain azyme et du sel. »

« Si une personne ne connaissait pas la Pâque, ou était dans la profondeur de la mer et ne le savait pas — qu’il jeûne après les Cinquante jours, et observe la Pâque, la gardant, par manière d’exemple. Il doit jeûner en compensation. »

• • •

La structure des prières de la Semaine Sainte

Le déroulement quotidien

Ce qui est observé dans la Pâque — du Lundi, Mardi, et Mercredi — leur état est le même. Et c’est, dans chaque prière, que les prophéties sont lues et expliquées, tandis que le peuple est assis, et l’on dit Kyrie eleison :

« ⲆⲞ⳨ⲈⲨ ⲀⲠⲀⲦⲢⲒ ⲀⲠⲒⲦⲈⲚ : ⲞⲨⲰϪⲦⲈ⳨ⲘⲞⲨ » — « Gloire au Père… »

 

Le Psaume et l’Évangile en tonalité de deuil

Le Psaume est offert dans la tonalité du deuil. L’Évangile est lu dans la tonalité du deuil, et expliqué en arabe. L’arrangement des explications est dit depuis le Psaume, et après lui :

« Ô notre Seigneur et notre Dieu, aie compassion de nous, aie pitié de nous, et rends-nous dignes d’entendre Ton glorieux Évangile — un chapitre de l’Évangile de N. l’Évangéliste. »

Quand il est achevé, le Ṭarḥ convenant à cette heure est offert. S’il y a quelque chose des homélies, on le lit après l’Évangile.

 

Les Ṭabaʿāt et les prostrations

En marge du texte. Les Ṭabaʿāt — pièces liturgiques de la Semaine Sainte copte, accompagnées de prostrations. Il en existe traditionnellement dix-huit, parfois réduites à douze.[140]

Les Ṭabaʿāt sont dites, et leur lecteur dit avant elles : « ⲚⲀⲒⲚⲀⲨⲞⲚϮⲚⲞⲨ » — quatre fois.

Le peuple prosterne douze prostrations — sauf dans la prière de la Première et de la Troisième [heure] de la nuit, car elles suivent le déjeuner. Un prêtre les lit, et un prêtre les dirige, ou le senior des diacres.

Leur nombre est dix-huit pièces. C’est écrit dans la copie, disponible aussi en copte. Nous en avons choisi [quelques-unes] dans cette copie. Certains prêtres abrègent, et disent douze pièces.

 

Le Kyrie eleison quarante-huit fois

En marge du texte. Le « Kyrie eleison quarante-huit fois » — pratique pénitentielle copte intense de la Semaine Sainte, symbolisant la pénitence prolongée.[141]

Puis est dit : « ⲚⲀⲒ ⲚⲀⲚ ⳨Ⲫ︦Ϯ︦ » — « Aie pitié de nous, ô Dieu », et Kyrie eleison quarante-huit fois, et à sa fin « Notre Père qui [es aux cieux] ».

 

Les paroles coptes du prêtre

Le prêtre dit ces paroles en copte :

« ⲠⲒⲀⲦ ⲀⲦϨ ⲬⲰ Ⲛ︦Ⲛ︦Ⲉ︦Ϯ︦ⲈⲚⲨ » — « Ô Toi sans [péché], pardonne-nous nos [péchés]. » « ⲪϨⲞⲦⲒⲚ ⲦⲈⲚ Ⲃ︦Ⲓ︦Ⲥ︦Ⲙ︦Ⲓ︦Ⲉ︦Ⲩ︦Ⲟ︦Ⲩ︦Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲈⲢⲈⲠⲞⲨ »

 

La bénédiction et le congé

L’explication : « Faites la charité, inclinez vos têtes, pour recevoir la bénédiction du Seigneur. Que le Seigneur vous bénisse. » Puis il dit la Bénédiction et congédie le peuple, disant :

« ⲈⲠⲒⲢⲎⲚⲎ ⲞⲨϨ Ⲉ︦Ⲑ︦Ⲱ︦Ⲟ︦Ⲩ︦Ⲧ︦Ⲉ︦Ϯ ⲀⲨⲒⲀⲚⲈⲬⲬ Ⲗ︦Ⲏ︦Ⲥ︦Ⲓ︦Ⲁ︦ ϨⲈⲚⲀϪⲠⲚ Ⲓ︦Ⲩ︦ » — « Dans la paix… la sainte Église… » « ⲠⲞⲤ ⲚⲈⲘⲰⲞⲨ ⲦⲈⲚ » — « Le Seigneur soit avec eux. »

• • •

Le Jeudi Saint et le Laqqān

L’arrangement des prophéties

Les prophéties, dans les églises égyptiennes, sont arrangées à la première heure et à la neuvième — des jours surtout, non des nuits, ni des autres Heures. Quant à la Pâque [du Samedi Saint], les prophéties y sont arrangées dans toutes les Heures de la nuit et du jour.

La lecture des homélies est appréciée, surtout à la première et à la neuvième heure du jour — à cause du rassemblement du peuple en ces heures.

 

Le rôle du Patriarche

Notre Père le Patriarche, s’il est présent et peut lire, lit la première prophétie à la première heure du Lundi, l’Évangile de cette heure, et l’Évangile de la neuvième [heure] du Mardi — qui est le chapitre d’al-Sandalība. Et la première prophétie de la première heure du Mercredi.

 

Les Évangiles des jours

Les Évangiles lus durant la Semaine :

(1) Mardi — l’Évangile de Matthieu (Minā) ;

(2) Veille du Mercredi — l’Évangile de Marc ;

(3) Veille du Jeudi — l’Évangile de Luc.

• • •

Le Grand Jeudi — le Jeudi du Pacte (Khamīs al-ʿAhd)

En marge du texte. Le Khamīs al-ʿAhd = le « Jeudi du Pacte » = le Jeudi Saint. Commémore la Cène, l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds. « Pacte » renvoie à la nouvelle alliance scellée dans le sang du Christ.[142]

La première heure

À la première heure, un chapitre de la Torah est lu. Après lui :

« ⳨ⲞⲨⲰⲬⲦⲈϮ ⲘⲞⲨ Ⲛ︦Ⲉ︦Ⲩ︦Ⲡ︦Ⲡ︦ⲒⲰ⳨ ⲞⲨⲬⲦⲈϮ »

 

Les vêtements noirs

En marge du texte. Les vêtements noirs du Jeudi Saint — marque du deuil de la Passion. L’autel et le sanctuaire sont voilés de noir, contrastant avec le blanc habituel.[143]

Le Sanctuaire est encensé, et revêtu d’un vêtement noir. Le prêtre dit la prière d’action de grâce, lève l’encens, et l’on dit :

« ⳨ⲀⲒⲘⲒⲚⲒⲨⲀⲨⲠⲈⲚⲞⲦⲨ ⲘⲞⲨ » et le Psaume 50. Le peuple se tait et ne lit pas.

Les chapitres du Praxis sont lus dans un ton connu, avec sa prière, et dans le ton d’Isaïe, et expliqués. Le peuple dit Agbeyos dans le grand ton connu, les Trois Sanctifications. Le Psaume est offert. L’Évangile est lu dans le ton du deuil. La prière est conclue comme à l’ordinaire, avec les homélies, la prostration, les Ṭabaʿāt, et Kyrie eleison.

 

Le pain du Pacte

En marge du texte. Le « Nouveau Mouth » (al-Fam al-jadīd) — expression copte désignant la nouvelle alliance instituée par le Christ à la Cène. Le pain du Jeudi Saint en est le mémorial.[144]

On pétrit dans chaque église une pâte de pain, distribuée aux prêtres et à la communauté avec une offrandemémorial du Nouveau Pacte (le « Nouveau Mouth ») que notre Seigneur Dieu de gloire institua à sa [Cène].

En marge du texte. Matthieu 13,33 — « Le royaume des cieux est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que la pâte soit toute levée. »[145]

Sur la veille, l’ouverture du pain azyme — le pain est pétri par le boulanger de la maison. Le diacre encense finement, dans une nouvelle prière, après qu’un chapitre de l’Évangile de Luc est lu sur lui, dont l’attribution est : « Le Royaume des cieux [est comme] du pain qu’une femme a mis et caché dans trois mesures de farine. »

• • •

Le rite du Laqqān (le lavement des pieds)

En marge du texte. Le Laqqān (du grec λεκάνη — « bassin ») = le rite de la bénédiction de l’eau et du lavement des pieds, célébré le Jeudi Saint, en mémoire de Jean 13 où le Christ lave les pieds de ses disciples.[146]

 

Les prières des Heures

Le prêtre prie la prière de la troisième, de la sixième, et de la neuvième heure. Puis le laqqān (le bassin) est élevé — ce qui est dans une coupole bâtie au milieu de l’église. Les prêtres se rassemblent autour. On commence par la prière :

« ⳨ⲨⲀⲢⲈⲚⲨⲈⲠⲈ⳨ Ⲇ︦Ⲉ︦Ⲩ︦ » — « Prions. »

L’encens est levé. Une psalmodie est dite.

 

Les lectures vétérotestamentaires

En marge du texte. Les lectures vétérotestamentaires du Laqqān : Genèse 18 (Dieu apparaît à Abraham aux chênes de Mambré), Josué, Isaïe, Ézéchiel (à deux reprises). Toutes contiennent des thèmes d’eau, de purification ou d’hospitalité.[147]

Après elle, sont lus :

(1) Un chapitre du premier livre de la Torah [Genèse] — « Et Dieu apparut à Abraham » ;

(2) Un chapitre du livre de Josué fils de Nun ;

(3) De la prophétie d’Isaïe ;

(4) D’Ézéchiel le prophète ;

(5) Et d’Ézéchiel le prophète, encore une fois.

Puis la Pauline est lue. Agbeyos est dit, et l’Oraison de l’Évangile. Le Psaume est offert, récité.

 

L’Évangile du lavement des pieds

En marge du texte. Jean 13,1-17 — « Avant la fête de la Pâque… il se leva de table, ôta ses vêtements, prit un linge dont il se ceignit… et se mit à laver les pieds des disciples. »[148]

De l’Évangile de saint Jean l’Évangéliste, dont le début est : « Et avant la fête de la Pâque » (Jean 13,1). Il est lu dans le ton annuel.

 

Le geste du lavement

Quand [la lecture est] finie, le lecteur de l’Évangile — avant elle — ceint sa taille [se gainde], verse de l’eau dans un bassin. Le prêtre lave en son milieu, prend [de l’eau], remplit, et la verse dans le laqqān en forme de signe de croix, trois fois.

Le prêtre dit, dans l’explication de l’Évangile :

En marge du texte. Note du texte : il n’y a ni Ṭabaʿāt ni prophéties pour le laqqān, parce qu’il n’y a pas de livre spécifique au laqqān.[149]

« ⲠⲒⲢⲈϤϢⲞⲨⲦ Ⲛ︦Ⲉ︦ϨⲦⲀ ⳨Ⲡ︦Ⲛ︦Ⲉ︦Ⲩ︦Ϫ︦ Ⲛ︦Ⲉ︦Ⲩ︦ »

 

Les Ṭabt du lavement

Après l’explication, le prêtre lève la Croix, et le peuple dit Kyrie eleison dans le grand ton. Puis sont dites les Sept Oraisons, et les Ṭabt spécifiques au [lavement] — au nombre de seize.

Quand le prêtre achève tous les Ṭabaʿāt, le peuple dit cent fois Kyrie eleison. Puis sont dites les Trois Oraisons — la Paix, les Pères, la Communauté, et la Foi.

 

Les dialogues de la bénédiction de l’eau

Le diacre dit : « ⳨Ⲡ︦Ⲣ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ Ⲇ︦Ⲉ︦ Ⲉ︦Ⲣ︦Ⲓ︦Ⲛ︦ »

Le prêtre dit : « ⳨ⲬⲈⲢⲒⲞⲤ Ⲇ︦Ⲉ︦Ⲩ︦ ⳨Ⲉ︦Ⲡ︦Ⲣ︦Ⲓ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ Ⲇ︦Ⲉ︦Ⲩ︦ » — et il [bénit] l’eau ici. Puis le prêtre dit :

« ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲠⲒ Ⲡ︦Ⲣ︦Ⲏ︦ Ⲡ︦Ⲡ︦ Ⲛ︦Ⲉ︦Ⲩ︦ » — « Ô Maître, Seigneur… »

Et la prière divine. Le diacre dit : « ⳨Ⲏ︦Ⲏ︦ⲨⲨⲒⲆ ⳨Ⲉ︦Ⲩ︦Ⲟ︦Ⲩ︦ », et une autre prière. Le diacre dit, et l’Orient…

• • •

Fin du dix-huitième chapitre

Chapitre 19

L’ordre des jours de la Cinquantaine et les Fêtes du Seigneur

En marge du texte. Le Sheikh al-Safī ibn al-ʿAssāl (XIIIᵉ siècle) — grand canoniste copte, auteur du Majmūʿ al-Qawānīn (« Nomocanon »). Ibn Kabar cite son 19ᵉ chapitre sur les fêtes.[150]

Les Fêtes du Seigneur sont au nombre de quatorze. Cela est rapporté dans les Canons abrégés attribués au Sheikh al-Safī ibn al-ʿAssāl — que Dieu le glorifie — selon ce que dit son texte au 19ᵉ chapitre.

 

La liste des quatorze Fêtes

Les sept grandes Fêtes :

(1) La Nativité (al-Mīlād — Noël) ;

(2) Le Baptême (al-ʿImād — la Théophanie/Épiphanie) ;

(3) La Transfiguration (al-Tajallī) ;

(4) Le Dimanche des Rameaux (al-Shaʿānīn) ;

(5) La sainte Résurrection (al-Qiyāma — Pâques) ;

(6) L’Ascension (al-Ṣuʿūd) ;

(7) La Pentecôte (al-Bandiqustī / al-ʿAnṣara).

Les sept Fêtes qui les suivent et leur sont semblables :

(8) L’Annonciation (al-Bishāra) ;

(9) La Circoncision (al-Khitān) ;

(10) L’Entrée du Christ au Temple ;

(11) Son entrée en terre d’Égypte avec sa Mère la Dame Vierge ;

(12) Le Grand Jeudi — le Pacte (le Nouveau Pacte) ;

(13) Le Grand Vendredi ;

(14) Le second Dimanche après la Résurrection — le premier Dimanche des Cinquante, appelé « ḥadd al-ḥudūd » [Dimanche de Thomas].

En marge du texte. La Fête de la Croix — célébrée le 10 Baramhāt en mémoire de l’apparition de la Croix à Jérusalem.[151]

S’y ajoute la Fête de la Croix, le 10 Baramhāt, pour son apparition à Jérusalem.

• • •

L’Annonciation et la Nativité

En marge du texte. Calendrier copte : Baramhāt = 7ᵉ mois (mars-avril) ; Kiyahk = 4ᵉ mois (déc-jan) ; Ṭūbah = 5ᵉ mois (jan-fév) ; Misrā = 12ᵉ mois (août-sept).[152]

 

La Fête de l’Annonciation

La première des Fêtes du Seigneur est la Fête de l’Annonciation — de Dieu, par la voix de l’ange Gabriel, à la Dame Marie la Vierge pure, Mère du Sauveur. Elle est célébrée le vingt-neuvième jour de Baramhāt.

 

La Fête de la Nativité

Après elle, la Fête de la Nativité du Seigneur, le vingt-cinquième jour du neuvième mois des Hébreux — qui est le vingt-neuvième jour du quatrième mois des Égyptiens [29 Kiyahk]. En année bissextile copte, cela correspond au vingt-cinquième de Kānūn [décembre], le neuvième mois des Hébreux nommé Kislev.

En marge du texte. Le Baramoni (du grec παραμονή — « veille ») = le jour de jeûne préparatoire qui précède immédiatement les grandes fêtes de la Nativité et de l’Épiphanie.[153]

Elle est précédée du jour du Baramoni — dont le sens est ‘la vigile’. On y jeûne jusqu’au soir, comme aux jours du Saint Carême. On n’y mange rien de la viande ni des graisses.

 

Si Noël tombe un dimanche

Si la Fête de la Nativité tombe un Dimanche, le Baramoni de Noël est déplacé au Samedi qui le précède — le jour [étant] le Vendredi qui le précède — pour qu’on y jeûne le jeûne du Baramoni. Et le jeûne du Samedi est symbolisé — sauf un seul Samedi, celui qui précède le Dimanche de la Résurrection. On évite, au Baramoni, les aliments mentionnés.

 

Les hymnes et la Liturgie de Noël

En marge du texte. La Liturgie de saint Grégoire le Théologien est utilisée pour les fêtes du Seigneur, car ses prières s’adressent directement au Christ.[154]

Quant aux hymnes dites le Vendredi à la Liturgie — elles se tiennent. Il est rapporté que ce soient les hymnes du mois de Kiyahk. Certains suivent les hymnes du Saint Carême, mais le premier usage est plus convenable et plus approprié. On prie la nuit du Samedi la prière à la place de la nuit de la Fête, avec les hymnes habituelles. On y lit l’Évangile et un chapitre approprié.

On chante l’Abṣaliyya dans la tonalité de Kiyahk (al-laḥn al-kayhakī). Quant à la Liturgie, le mieux est qu’elle soit celle de saint Grégoire. On commence le chapitre de la Pauline par le début de l’épître, en copte et en arabe — contrairement à l’usage ordinaire en pareil cas.

 

Sainte Hélène et la dédicace

En marge du texte. Sainte Hélène (250-330), mère de l’empereur Constantin. Elle fit construire les basiliques de la Nativité et du Saint-Sépulcre, et la tradition lui attribue la découverte de la Vraie Croix.[155]

[Il est fait mention de] Hélène la reine croyante, mère de Constantin, roi de Byzance, et de la dédicace de l’église bâtie à son nom, le dix-sept Tūt.

• • •

La Fête de l’Épiphanie (le Baptême)

En marge du texte. La fête de l’Épiphanie (al-Ghaṭas — « l’Immersion ») = le Baptême du Christ dans le Jourdain par saint Jean-Baptiste. En grec Theophania, en syriaque Denḥā. Célébrée le 11 Ṭūbah (6 janvier).[156]

 

Le nom et la date

La Fête de la Manifestation (al-Ẓuhūr) — c’est la Fête du Baptême du Seigneur, connue sous le nom d’al-Ghaṭas [l’Immersion]. C’est la Fête appelée, en langue syriaque, Denḥā, et en grec Theophania (al-Tāfāniyā).

Elle est célébrée le onzième jour de Ṭūbah des Coptes — qui est le sixième du dixième mois des Hébreux nommé Ṭībēt, correspondant au sixième de Kānūn al-Thānī [janvier].

Car c’est en ce jour que le Seigneur commença à manifester sa divinité, lors de son Baptême dans le Jourdain, par le grand saint Jean.

 

Le Baramoni de l’Épiphanie

Son jugement [liturgique] suit celui du Baramoni qui le précède dans son jeûne, et ce qu’on évite des aliments — comme la règle de la Nativité, sauf que sa veille n’a pas de prière [propre] après la prière de Vêpres — si c’est la nuit du Dimanche — ni après la Liturgie du Baramoni si elle est autre.

Si les églises se multiplient, on abrège la prière après la Liturgie du Baramoni. Le correct est de prier la prière de la Fête, et d’offrir le Ṭarḥ des Fêtes.

 

Les lectures de l’Épiphanie

Ce qu’on tient à la psalmodie : on chante l’Abṣaliyya, et l’on chante avec le Hawas propre à elle. Les lectures sont :

(1) De la prophétie de Habacuc ;

(2) De la prophétie d’Isaïe ;

(3) De la prophétie de Jérémie ;

(4) L’Apôtre [la Pauline] : 1 Corinthiens ;

(5) Le Psaume ;

(6) L’Évangile [tiré de l’] Annonce [d’un Évangéliste].

On y célèbre la Liturgie de saint Grégoire. On dit après le Praxis l’hymne propre. La tonalité de joie (laḥn al-faraḥ) est maintenue jusqu’aux Vêpres, jusqu’à la fin de son jour, puis on revient aux hymnes habituelles de l’année.

• • •

 

 

La Fête de la Transfiguration (al-Tajallī)

En marge du texte. La Transfiguration (al-Tajallī) — Matthieu 17,1-9 : le Christ transfiguré sur la montagne devant Pierre, Jacques et Jean. Célébrée le 13 Misrā (19 août).[157]

La Fête de la Transfiguration, le treizième de Misrā. Si elle tombe un Mercredi ou un Vendredi — à cause de son jeûne — s’il n’y a pas de texte [contraire] à ce sujet… Certains Coptes ont coutume de jeûner depuis le début [de Misrā jusqu’à la fête].

La fête de la Transfiguration a lieu le 13 Misrā[158]. Si elle tombe un mercredi ou un vendredi, on n’en observe pas le jeûne, à moins qu’un texte ne le prescrive. Certains Coptes ont coutume de jeûner à partir du premier jour de Misrā : c’est un jeûne qu’ils accomplissent volontairement, en l’honneur de la Dame, la Vierge.

Note en marge — Cela est proposé au peuple orthodoxe.

Ce jeûne se poursuit jusqu’au quinzième jour du mois. Puis l’on commence la fête le seizième jour : c’est le jour de l’Assomption de son corps très saint.

Le Dimanche des Rameaux et la Pâque de la Résurrection

Le Dimanche des Rameaux est le septième dimanche du saint Carême ; ces jours marquent l’achèvement de la sainte Quarantaine. (Cette indication est antérieure au vénérable Anba Demetrius[159].) Autrefois, la Pâque du jeûne coïncidait avec la Pâque de la Résurrection. En ce temps-là, la sainte Quarantaine commençait le 12 Ṭūbah et s’achevait le 21 Amshir. La semaine de la Pâque[160] (al-bischa) tombe une seule fois dans le mois de Nisan. On célèbre la fête de la Pâque de la Résurrection à la fin de cette semaine, le dimanche, et non un autre jour.

La règle du comput voulait qu’elle coïncidât avec la Pâque des Juifs ; et il en fut ainsi jusqu’aux jours de saint Anba Demetrius, le douzième patriarche des Coptes. Bien qu’il n’eût pas été destiné à devenir patriarche d’Alexandrie, il reçut par la grâce de l’Esprit Saint la connaissance des sciences de l’Église.

Il établit le calcul de l’épacte[161] (al-abuqṭī), que les plus savants des philosophes sont incapables d’égaler. Il rattacha la semaine de la Pâque aux quarante jours. Il accomplit cela en accord avec les Pères patriarches qui occupaient, de son temps, les trois autres sièges patriarcaux. L’ordre de cette fête a déjà été exposé au chapitre du saint Jeûne, car elle est la conclusion de la fête de la sainte Résurrection, dont il a été question ; ses dispositions suivent celles de la Pâque.

L’Ascension

La fête de la noble Ascension a lieu le jeudi qui achève les quarante jours après la Résurrection. Son ordonnance est semblable à celle des autres jeudis, déjà exposée, avec ce qui lui est propre parmi les usages liturgiques.

La Pentecôte

La fête de la Pentecôte (al-bandaqusṭī) est la dernière des cinquante jours qui suivent le saint jeûne. Ses mélodies sont celles de la Cinquantaine. L’hymne qui lui est propre est : ⲡⲓⲡⲛⲉⲩⲙⲁ ⲙ̄ⲡⲁⲣⲁⲕⲗⲏⲧⲟⲛ[162] (« l’Esprit, le Paraclet »).

L’Annonciation

La fête de l’Annonciation a lieu le 29 Baramhāt. Elle tombe pendant le jeûne des quarante jours. Il arrive parfois qu’elle coïncide avec la semaine de la Pâque, ou avec le jour de la glorieuse Pâque, ou avec un jour postérieur. Si elle coïncide avec le jour de Pâque, ou avec un jour qui le suit, c’est la règle de la Pâque qui l’emporte. Si elle tombe pendant les jours de la Passion, on s’en tient à ce qui a été dit pour ces jours.

Si elle tombe pendant les quarante jours du Carême, on dit la prière du soir le soir, à la suite de la liturgie de ce jour-là. On lit ce jour-là une partie de sa commémoraison selon la mélodie ordinaire, et non selon les mélodies de la tristesse. La même règle vaut pour les lectures du lendemain, à la prière, et pour celles du soir, à la liturgie de la fête mentionnée. Les diacres chantent selon les mélodies ordinaires, et non selon les mélodies tristes du jeûne. L’Église ne rompt pas le jeûne ce jour-là, et l’on ne change rien à ce qui se mange durant les quarante jours.

Autre point : quant aux byzantins[163], ils célèbrent la liturgie dès le matin et mangent du poisson ce jour-là. Les lectures de cette fête sont : l’évangile du soir, l’évangile du matin, l’épître de Paul, le Catholicon[164], la Praxis, et l’évangile de la liturgie.

La Circoncision

La fête de la Circoncision est le jour où fut donné le nom de notre Seigneur Jésus-Christ — qui est le Sauveur —, le 6 Ṭūbah. La Circoncision est le huitième jour à partir de la Nativité. Si le jour de la Nativité tombe un mercredi ou un vendredi, son jeûne n’est pas rompu, et la liturgie est célébrée en son temps. Ses mélodies sont les mélodies de la joie, car cette fête tombe entre les deux fêtes de la Nativité et du Baptême.

L’Entrée du Seigneur au Temple

La fête de l’Entrée du Seigneur au Temple a lieu à l’achèvement des jours de la purification, quarante jours après la Nativité, le 8 Amshir. Sa règle est comme celle qui précède.

L’Entrée en Égypte

La fête de son Entrée au pays d’Égypte eut lieu aux jours d’Hérode, roi des Juifs. Il était alors âgé de deux ans, et son séjour en Égypte se prolongea. Il entra dans le pays le 24 Bashans. Sa règle est comme celle qui précède.

Le Grand Jeudi — la fête du Nouveau Pacte

La fête du Nouveau Pacte, le Grand Jeudi, est un jour dont la date se détermine par rapport à la semaine de la Passion. Sa règle est qu’il est le quatrième jour de la semaine de la Passion ; il varie donc selon la variation de celle-ci. Son ordre a déjà été exposé dans la semaine de la Passion mentionnée.

Le Dimanche des dimanches

La fête du Dimanche des dimanches[165] (ḥad al-ḥudūd) tombe pendant les jours de la Cinquantaine, car c’est le premier de ses dimanches.

La fête de la glorieuse Croix

La fête de la glorieuse Croix se célèbre deux fois dans l’année. La première fois, le 17 Tūt : c’est le mémorial de sa seconde apparition — après qu’elle eut été cachée — et de la dédicace de l’église bâtie en son nom. La seconde fois, le 10 Baramhāt : c’est le mémorial de sa première apparition. En ces deux jours, on n’observe pas le jeûne s’ils tombent un jour de jeûne. Au contraire, l’Église poursuit avec les mélodies qui lui sont propres, et célèbre la jubilation spirituelle. On commence avec les croix, les encensoirs et les rameaux ; et, des cœurs des palmes, on tresse des croix que l’on dépose sur la Croix. On y récite les chants et les évangiles.

 

• • •

Fin du dix-neuvième chapitre

Chapitre 20

Les mariages légitimes, les couronnes canoniques et les contrats

Les trois mariages

Le premier mariage — celui de deux époux qui s’unissent pour la première fois — exige que les fiançailles[166] (al-imlāk) soient célébrées dans l’église, avec l’élévation de l’encens et ses rites de couronnement, puis la prière du couronnement (al-iklīl) tout entière. Rien de cela ne se fait dans une maison. Les fiançailles que l’on conclut dans les maisons ne sont qu’un accord d’intention ; elles peuvent donc être rompues, et elles ne valent pas comme mariage sacramentel.

Quant au deuxième mariage, il n’a pas la bénédiction de la couronne. Si l’un des deux époux est vierge — c’est-à-dire s’il se marie pour la première fois —, le contrat est tenu pour valide à son égard, en se limitant à une prière d’absolution pour elle, ou pour l’un des deux.

Quant au troisième mariage, il en va dans l’église comme du deuxième : pour les deux époux est permis ce qui est permis dans le deuxième. Il n’y a pas de mariage après lui dans la loi chrétienne ; et l’on ne réunit pas deux épouses à la fois.

 

Les fiançailles

Les fiançailles (al-khiṭba) peuvent se contracter de quatre manières. On les conclut parce qu’il est manifeste que le mariage n’est pas valide sans elles. Le fiancé, s’il n’est pas sous la tutelle d’un autre, peut se fiancer lui-même : soit en personne, soit par un écrit, soit par un intermédiaire qu’il agrée. Sinon, ce sont les fiançailles contractées en son nom par son tuteur qui valent, comme on l’a expliqué.

Le mariage interdit

Le mariage interdit est celui où ne sont permis ni les fiançailles ni le contrat d’engagement. Il se divise en quinze catégories.

La première est le mariage entre proches par le sang, même lorsque cette parenté n’est pas née d’un mariage légitime. Ces proches sont de trois sortes : les ascendants, c’est-à-dire les parents et les aïeux ; les descendants, c’est-à-dire les enfants et leurs enfants en descendant ; et les collatéraux, c’est-à-dire les tantes paternelles et maternelles, les frères et sœurs, et leurs enfants. Tous sont d’une même lignée, car ils sont nés des mêmes pères et des mêmes aïeux.

Sur le nombre des mariages permis, les chrétiens suivent deux opinions. La première limite à trois mariages, tout en autorisant le quatrième et au-delà : ce sont les Coptes, les Nestoriens et certains Syriens. Ils y ont vu un bien, car les canons des Apôtres ne l’interdisaient pas et ne l’avaient pas tranché, et la plupart des lois civiles ne l’interdisaient pas non plus. Il fut donc permis aux chefs du sacerdoce d’y lier et d’y délier.

Note en marge — Ils ne peuvent délier que ce que la loi canonique permet.

La seconde opinion interdit au-delà de six mariages, tout en autorisant le septième : ce sont les byzantins[167]. Ils se sont appuyés sur ce que contient un texte de leur droit canonique et sur ce qui figure dans leurs propres conciles.

Quant à la manière de compter les générations pour établir le degré de parenté — par exemple jusqu’au quatrième —, voici comment l’on procède : mon père m’a engendré ; mon grand-père a engendré mon père : voilà deux générations ; mon grand-père a engendré mon oncle ; mon oncle a engendré sa fille : celle-ci se trouve donc à la quatrième génération. C’est là le mariage entre proches, au regard de la loi.

Il y a aussi le parrainage[168] (al-ishbīn) au baptême. Les saints canons disposent que le baptisé (al-maqbūl) et le parrain (al-qābil) ne peuvent s’épouser l’un l’autre, non plus que l’enfant du parrain, ni sa mère, ni le père de son enfant, ni ses enfants.

Un saint Père[169] a dit : toute la parenté du parrain est interdite à la parenté du baptisé — ni ses frères, ni son épouse, ni les enfants de l’un avec les enfants de l’autre. Une femme ne peut épouser le fils de l’homme dont son mari a reçu l’enfant au baptême ; de même, un homme ne peut épouser la fille que son épouse a reçue au baptême. Tous ceux-là ont contracté entre eux une parenté spirituelle. Quiconque agit ainsi, qu’il soit mis au rang d’un païen — car c’est une transgression — jusqu’à ce que les deux se séparent.

Au sujet du parrain et du mariage, il existe encore une opinion qui ne fait pas l’unanimité : celle qui concerne le mariage entre proches par alliance, même lorsque l’empêchement né de la sainteté de leur parenté aurait cessé.

Sont également rangés parmi les proches ceux que rapprochent l’allaitement commun[170] (al-raḍāʿ) ou l’éducation sous un même toit : les enfants et leurs enfants, les parents, les oncles paternels et maternels, et l’épouse du père. Et le père n’épouse pas la femme de celui qui lui est rattaché.

 

Le calcul des degrés

Cette parenté[171] se comprend par l’exemple. Ainsi : si j’ai été allaité par une fille que mon père appelait sa sœur, elle devient ma tante par cette parenté ; ou si ma mère a allaité une fille et l’a élevée avec moi, elle devient ma sœur par cette parenté. Cela figure dans les lois des rois[172].

Quant à la Didascalie[173], elle exhorte chacun à marier son enfant à l’orphelin qu’il a élevé : cela est préférable.

 

Les empêchements

Viennent d’abord les proches par alliance, c’est-à-dire ceux qu’un mariage antérieur a rendus parents, car ils relèvent aussi de la lignée : les épouses des pères et des aïeux, ainsi que leurs sœurs, leurs mères et leurs grands-mères ; les épouses des frères, et leurs enfants, leurs sœurs, leurs mères et leurs grands-mères ; et les proches de l’épouse, à savoir sa grand-mère, sa mère, sa tante paternelle, sa tante maternelle, sa sœur, sa fille, la fille de son fils, et les épouses de ses proches qui sont de ce même degré. Et tout ce qui est interdit à l’homme, son équivalent est interdit à la femme.

Sont aussi interdits : le mariage du tuteur avec la femme dont il est chargé d’arranger le mariage ; le mariage de l’exécuteur testamentaire, de son fils, de son frère et de son père [avec elle] ; et le mariage avec la femme dont il gère les biens — à moins qu’elle n’ait atteint vingt-six ans et que l’exécuteur n’ait rendu les comptes qui lui incombent.

Sont encore interdits : le mariage de la femme du maître avec son affranchi ; et le mariage d’un croyant avec une non-croyante.

Empêchent aussi le mariage les incapacités physiques : l’impuissant, l’hermaphrodite, la femme atteinte d’une excroissance osseuse qui fait obstacle, l’eunuque, et le fou dont les périodes de lucidité sont plus courtes que les périodes de folie. Quant à la lèpre, au vitiligo et aux maladies, l’affaire est laissée au libre choix de l’autre partie.

Sont interdits encore : le mariage de celui contre qui l’adultère est établi ; la femme divorcée pour une cause qui impose le divorce ; la réunion de deux épouses ou davantage ; le quatrième mariage et au-delà ; le mariage avec une religieuse ; le mariage de celui qui a manqué à un vœu ; et le mariage avec une femme dont le temps de deuil n’est pas achevé — ce temps étant d’un an, ou de dix mois pour la mort de son mari. Quiconque l’épouse avant ce délai est privé d’hériter de son mari et de ce qui lui avait été légué.

Cette dernière catégorie interdit le mariage, mais non les fiançailles, ni l’engagement qui se fait sans la prière nuptiale. Et le deuil porté pour les pères et les aïeux n’interdit pas le mariage de ceux qui sont endeuillés.

Empêche enfin le mariage l’absence de consentement de l’un ou de l’autre — de l’homme ou de la femme — à l’union ; de même si le consentement a été arraché par contrainte, par l’une des formes de coercition.

Et si la fiancée a embrassé la vie monastique, ou si l’un des fiancés a posé puis rompu une condition : lorsque la dot a été versée et reçue, le fiancé peut reprendre ce qu’il a donné, et la fiancée doit rendre ce qu’elle a reçu, sans avoir à le doubler.

 

Les femmes qu’un homme ne peut épouser

Voici ces femmes : ta mère ; ta sœur, fille de ta mère ; la sœur du mari de ta mère ; la femme de ton grand-père ; ta grand-mère paternelle ; ta grand-mère maternelle ; la sœur de ton père ; la belle-mère de ton père ; la sœur née de la fille de ton père ; la femme de ton fils ; la fille de ton fils ; la belle-mère de ton fils ; la fille de la femme de ton fils ; la sœur de l’épouse de ton fils ; la fille de ta fille ; la fille de ton frère ; la belle-mère de ton frère ; la femme de ton frère ; la sœur de la femme de ton frère.

Sont aussi interdites : les filles parmi tes enfants et les filles de tes descendants ; les épouses des fils de tes frères et de tes sœurs ; ta tante paternelle ; ta tante maternelle ; la femme de ton oncle paternel ; la sœur de la femme de ton oncle paternel ; la femme de ton oncle maternel ; la sœur du mari de ta sœur ; la belle-mère de ton frère ; la fille de ton frère ; la sœur de ta femme.

Sont interdites également : les filles de tes frères et de tes sœurs ; la fille de la fille de ta femme ; la fille du fils de ta femme ; la femme du frère de ta femme ; la belle-mère de ta femme ; la fille du frère de ta femme ; les filles des parrains de baptême ; et la fille que l’on élève dans ta maison — selon ce qui a été dit.

Ce qui est permis en cela, chez les Coptes : l’oncle paternel et le fils de son frère peuvent épouser deux sœurs ; deux frères peuvent épouser deux sœurs ; l’oncle maternel et le fils de sa sœur peuvent épouser deux sœurs. Il est permis à chacun, séparément, d’épouser la sœur de l’épouse de l’autre.

 

Pourquoi les fiançailles précèdent le mariage

Les fiançailles et l’engagement précèdent le mariage afin que le consentement soit donné après un plein examen et une enquête, et afin que l’espérance d’un mariage pur aide à garder la chasteté — entre autres bienfaits.

 

Le contrat de fiançailles (al-imlāk)

L’engagement[174] (al-imlāk) est un pacte, une promesse de mariage et un terme fixé pour une union à venir. Il peut se faire par un acte écrit, ou sans écrit. Sa rédaction a lieu en présence de deux prêtres, avec l’imposition de la Croix et la fixation de la dot[175]. Quiconque s’engage sans fixer de terme : si le fiancé est présent sur place, le terme est de deux ans ; s’il est absent en voyage, le terme est de trois ans. Si ce terme est dépassé, la fiancée est libre de s’unir à un autre. Le délai peut aussi être reporté jusqu’à quatre ans. Tel est l’essentiel.

 

Les fiançailles : délais, arrhes et empêchements

Les motifs qui peuvent justifier un long délai, ou une absence, sont par exemple : une maladie, une dette, un crime entraînant la peine de mort, ou une absence lointaine et nécessaire.

Le père a le droit de fiancer les enfants qui sont sous son autorité, mais non ceux qui ont autorité sur eux-mêmes. Ce droit n’appartient pas à l’exécuteur testamentaire. Et l’on ne peut fiancer un enfant qui n’a pas atteint l’âge de sept ans.

Si les deux fiancés — ou l’un d’eux — sont orphelins, et qu’après s’être fiancés ils s’en repentent, qu’ils patientent jusqu’à l’âge de quinze ans, sans être tenus à aucune charge. Une fois cet âge atteint et leur raison accomplie, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent : rompre, ou bien se marier.

Si un ravisseur enlève une fiancée, elle est rendue à son fiancé, si celui-ci le préfère. Sinon, le ravisseur est tenu de l’épouser, si sa famille y consent — même si elle est pauvre et sans grâce. Et si le ravisseur n’est pas déjà marié, il l’épouse moyennant les arrhes[176] (al-arbūn).

Les arrhes sont une avance sur la dot. Lorsque celui qui les a reçues refuse de donner son accord au mariage, il rend le double de ce qu’il a reçu. Et si c’est celui qui les a versées qui se retire, il perd les arrhes qu’il avait données.

Si l’un des fiancés vient à mourir pendant l’engagement, il y a deux avis. Selon le premier, le survivant restitue ce qu’il a reçu, à moins que le défunt n’ait été la cause du report des noces. Selon le second : si c’est la femme qui est morte, le fiancé reprend de sa famille ce qui lui était venu de sa part, hormis la nourriture et la boisson ; si c’est l’homme qui est mort et qu’il n’a pas d’héritier, ce qui était venu à la femme lui est laissé ; mais s’il a des héritiers, la moitié leur revient et l’autre moitié reste à la femme.

Si l’engagement était valide et que la fiancée s’y refuse après le versement des arrhes, pour l’un des motifs jugés rédhibitoires — motif que ni elle ni ses parents ne connaissaient avant l’engagement —, on rend les arrhes reçues, sans les doubler. Mais s’ils connaissaient ce motif auparavant, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

De même pour les présents offerts avant les noces : tout ce que l’homme a donné en vue de l’accomplissement du mariage lui est rendu si les noces n’ont pas lieu. Mais si c’est lui qui s’est ravisé, il perd ses arrhes et ses présents.

 

L’autorité des parents, l’âge et le consentement

Un père ne peut contraindre son enfant à se marier, à moins que le futur conjoint ne soit de bonne conduite. De même, les enfants ne peuvent annuler le mariage arrangé par leurs parents pour leur nuire ou les chagriner. Et pour ceux qui sont sous l’autorité de leurs parents en vue du mariage, la convenance veut que les parents soient tenus de les marier et de les pourvoir.

La femme qui a dépassé vingt-cinq ans, et dont les parents tardent à la marier par négligence, peut s’adresser aux supérieurs[177] de l’Église afin qu’ils contraignent ses parents à la marier et à la pourvoir selon leurs moyens. La femme qui a autorité sur elle-même est, pour elle-même, comme un tuteur à part entière : elle peut choisir un époux légitime, même si son père s’y oppose. Il en va de même pour le fils.

L’âge de pleine majorité, à partir duquel l’autorité leur revient, est de vingt à vingt-cinq ans pour les hommes, et de dix-huit à vingt-cinq ans pour les femmes.

Si l’on ignore où se trouve le père pendant trois ans, sans savoir s’il est vivant, ses enfants peuvent se marier. De même les enfants d’un captif : s’il ne revient pas dans les trois ans, ils peuvent se marier. Mais s’ils se marient avant ce délai avec une personne que le père n’aurait pas agréée, le mariage n’est pas valide.

Si le père est atteint de troubles de l’esprit, son avis est retenu lorsqu’il est lucide ; sinon, la décision revient à la famille de la jeune fille, et le supérieur peut recueillir l’avis de celle-ci.

Désormais, le mariage exige que les deux fiancés y consentent, ainsi que ceux qui ont autorité sur eux, et qu’ils soient en âge : les hommes ayant dépassé quatorze ans, et les femmes ayant atteint douze ans.

 

Rappels : le quatrième mariage et la non-croyante

Quiconque ose contracter un quatrième mariage — qui n’en est pas un — celui-ci n’est pas compté comme une union, et les enfants qui en naissent ne sont pas tenus pour des enfants reconnus. Un tel homme est rangé dans le châtiment de ceux qui se sont souillés par l’impureté de l’adultère, et les deux époux sont séparés l’un de l’autre.

Un homme croyant ne peut épouser une femme non croyante, sauf à la condition que l’épouse entre dans la foi.

Note en marge — Si l’on a posé pour condition qu’elle entre dans la foi, de deux choses l’une : ou bien elle l’accomplit, ou bien elle ne l’accomplit pas. Si elle l’accomplit et reçoit le baptême, elle devient croyante avant son mariage. Mais si elle ne remplit pas sa condition et n’est pas baptisée, le contrat conclu sur elle n’est pas valide — non plus que la prière, ni le couronnement.

 

Le mariage avec une non-croyante, et le divorce

Telle est l’opinion de certains groupes ; ou bien il s’agit de cas antérieurs à la diffusion de l’appel à la foi. Quoi qu’il en soit : toute femme croyante qui épouse un non-croyant doit être mise hors de la communauté. Si elle se repent et se sépare de lui, elle est reçue comme celui qui revient de l’incroyance ; et après la pénitence requise, elle peut de nouveau se mêler aux fidèles et recevoir l’offrande.

De même, tout croyant qui marie sa fille ou sa sœur — contre son gré et à son insu — à un non-croyant doit être mis hors de la communauté et privé de la compagnie des fidèles ; mais elle, non. S’il se repent et la retire de cette union, il est repris, puis pardonné.

Autre point : la femme dont le mari devient pauvre ne peut pas le quitter ; elle est au contraire tenue de rester attachée à lui et à ses enfants, avec ce qu’il lui a versé comme dot et comme présent.

Le divorce, dans la loi chrétienne, est interdit, sauf pour les motifs qui entraînent l’annulation du mariage. Ces motifs sont de plusieurs sortes. Le premier : la vocation monastique des deux époux, de leur commun accord. Le deuxième : l’impossibilité de la vie commune, pour les raisons déjà mentionnées dans la huitième catégorie[178]. Le troisième : l’adultère — celui de la femme qui persiste, ou celui de l’homme commis en secret. Le quatrième : que l’un des deux cherche à détruire la vie de l’autre, ou des fautes graves [entre eux].

Quiconque connaît l’adultère de sa femme et demeure avec elle : tous deux sont mis dehors. Et s’il est prêtre, il est destitué de son ministère et privé des saints mystères. S’il se repent et la renvoie, il peut communier aux mystères, mais ne revient pas à son ministère, car il a eu part à l’adultère — ce qui est un mal.

Celui qui trouve sa femme atteinte de folie : si ce mal lui est survenu après qu’il a consommé le mariage, et après un certain temps, il doit la supporter — de même que, si cela lui était arrivé à lui, elle aurait à le supporter ; et elle n’est pas répudiée pour qu’il en épouse une autre. Mais si ce mal l’a frappée alors qu’elle était fiancée, avant la consommation du mariage, et que ce n’est pas de son fait à lui, le mariage peut être annulé pour lui, afin qu’il en épouse une autre. S’il veut la libérer, elle garde sa dot et son trousseau ; elle reçoit aussi la moitié du croît du bétail, si des bêtes avaient été amenées de la maison de son père, et la moitié des enfants des esclaves [nés durant le mariage].

Si elle développe la lèpre ou le vitiligo et que le mari souhaite se séparer d’elle, il lui rend sa dot et son trousseau. S’il ne souhaite pas se séparer, il peut s’abstenir d’elle, mais doit l’entretenir.

Le mariage de l’un des époux fait captif est annulé lorsque la mort devient manifeste, ou que [la captivité] se prolonge au-delà de cinq ans. Mais avant que sa séparation [ne soit confirmée], on n’exige pas de preuve stricte. Si les témoins [du décès] se révèlent faux, ils sont déposés de leurs rangs et condamnés à une amende de dix raṭl[179] d’or, [versée] à celui dont ils avaient faussement déclaré la mort.

Si un homme est trouvé avec une autre femme dans la maison où il habite avec son épouse, ou s’il fréquente une autre femme dans la ville, et qu’on affirme qu’il a passé plusieurs nuits avec elle, et que la chose, douteuse, est attestée par des témoins dignes de foi, et qu’il ne s’en abstient pas : alors le divorce est permis [à l’épouse], et elle prend le trousseau et le présent.

Ce n’est pas ici le lieu d’épuiser le détail des règles du mariage : nous n’avons donné ce résumé que pour l’instruction et l’éclaircissement.

Note en marge — La preuve de l’adultère par témoignage entraîne l’annulation. L’homme reprend le trousseau et le présent offerts pour les noces. S’il n’a pas d’enfants, il prélève jusqu’au tiers des biens de la femme ; s’il a des enfants, le trousseau et le reste de ses biens sont conservés pour eux. Et si le mariage n’a pas été consommé dans sa maison et qu’il l’accuse, on lui administre la « coupe d’accusation »*, selon la description qui sera donnée à la fin. (*Voir la note ci-dessous.)

Sur cette « coupe d’accusation »[180], voir la note.

 

L’ordre du contrat de fiançailles et du couronnement à l’église

Le mariage : il est recommandé de le rendre public, et il est bon de le faire connaître. Les saints canons disposent que nul ne le contracte en secret ; au contraire, beaucoup doivent y assister. Le contrat de mariage ne s’accomplit, et n’a lieu, qu’en présence d’un prêtre, avec sa prière sur les deux époux et la communion qu’il leur prépare au moment du couronnement — par laquelle ils sont unis et deviennent une seule chair, comme Dieu l’a dit. Hors de cela, ce n’est pas pour eux un mariage. Car c’est la prière qui rend les femmes licites aux hommes, et les hommes aux femmes.

L’ordre du couronnement des vierges (premier mariage)

Il est devenu d’usage, chez les Égyptiens, que le parrain[181] (al-ishbīn) porte un plateau sur lequel se trouvent l’oblation, une croix, un anneau et un peu de sucre ; ainsi que les deux couronnes, d’argent, d’or, ou de myrte vert. Le marié se tient devant le sanctuaire, et le prêtre dit la prière ⲫⲛⲏⲃ ⲡⲓⲡⲁⲛⲧⲟⲕⲣⲁⲧⲱⲣ (« Maître tout-puissant »). Il élève l’encens, [récite] le Psaume 50[182], et l’on dit l’épître de Paul en copte et en arabe. L’Évangile est tiré de la proclamation de saint Jean l’Apôtre. Puis l’on dit les trois litanies et le saint Symbole de la foi.

Note en marge — Ici, nous avons abrégé l’indication des lectures, car la chose ne l’exige pas ; et nous avons abrégé le commentaire.

Voici le début des litanies, et la première prière : ⲫⲛⲏⲃ ⲡⲓⲡⲁⲛⲧⲟⲕⲣⲁⲧⲱⲣ (« Maître tout-puissant ») ; une deuxième prière : ⲫⲏ ⲉⲧⲁϥⲉⲣ… (« Toi qui as fait… ») ; une troisième prière ; puis une prière d’action de grâce qui commence : ⲫⲛⲏⲃ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲡⲉⲛⲛⲟⲩϯ (« Maître, Seigneur notre Dieu »). On dit ensuite le « Notre Père », puis l’absolution du Fils ; la croix est posée sur la tête [du marié], et l’on dit « Kyrie eleison ».

Puis l’on apporte le vêtement nuptial — il est préférable qu’il soit blanc — et le prêtre prie sur lui une prière qui commence : ⲡϭⲟⲓⲥ ⲓⲏⲥⲟⲩⲥ ⲡⲓⲭⲣⲓⲥⲧⲟⲥ ⲡⲉⲛⲛⲟⲩϯ (« Seigneur Jésus Christ notre Dieu »). Le prêtre l’en revêt alors de sa propre main, place le turban sur sa tête, noue sa ceinture, et les chantres entonnent une hymne ; à la fin, ils chantent l’hymne de la Croix.

L’hymne [du marié] dit, en traduction : « Vois cette épouse parée pour l’Agneau ; elle est revêtue d’une grande gloire — comme le proclame le Fils du tonnerre[183], Jean fils de Zébédée, disant : cette épouse est radieuse comme l’étoile du matin. C’est la Sion nouvelle, la cité de la joie ; et la joie de tous les saints habite en elle. »

On chante encore un psali — dont l’usage vient du monastère d’Abou Maqar (saint Macaire). Puis on chante devant le marié avec des cierges, et on le conduit en procession, au chant, jusqu’au parvis du sanctuaire, où il est couronné. Vient ensuite le canon des fiançailles.

 

La prière du mariage et du couronnement, après le contrat

Les deux époux se tiennent ensemble, un voile blanc étendu en travers au-dessus de leurs têtes, devant la porte du sanctuaire. Le prêtre dit l’action de grâce, élève l’encens et [récite] un psaume. L’épître de Paul commence, un passage de son épître aux Éphésiens ; puis un psaume ; puis l’Évangile, un passage de la proclamation de saint Matthieu — chapitre dont le début est : « Lorsque Jésus eut achevé ces paroles. » Quand il est terminé, le peuple chante, et le prêtre dit les demandes, le visage tourné vers l’occident, du côté du marié ; et à la fin de chaque demande, le peuple répond : « Amen. »

Certains traduisent ces demandes en arabe, mais il n’est pas bon qu’elles soient dites en arabe — ni leur début, ni la plus grande part : les trois quarts doivent être en copte.

 

L’onction de l’huile

Puis les prières sont dites dans l’ordre : la prière de la paix, celle des Pères, celle de l’assemblée, et le Symbole de la foi. Cette prière est dite vers le marié : ⲫⲏ ⲉⲧϣⲟⲡ ⲫⲏ ⲉⲧⲟⲩⲱⲛϩ ⲉⲃⲟⲗ (« Celui qui est, celui qui s’est révélé »). Puis cette troisième prière : ⲡⲉⲛⲛⲟⲩϯ ⲫⲏ ⲉⲧⲁϥⲥⲱⲛⲧ (« Notre Dieu qui a créé »). Puis cette quatrième prière : ⲡϭⲟⲓⲥ ⲡⲉⲛⲛⲟⲩϯ ⲡⲓⲛⲓϣϯ (« Seigneur notre Dieu, le grand »). Puis le prêtre se tourne vers l’orient et dit cette prière, avec recueillement.

Note en marge — Ici, nous avons laissé de côté la traduction arabe du début des litanies.

Puis il prend de l’huile dans un vase et prie sur elle, en disant : ⲫⲛⲏⲃ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲫϯ ⲡⲓⲡⲁⲛⲧⲟⲕⲣⲁⲧⲱⲣ (« Maître, Seigneur Dieu tout-puissant »). Puis il oint leurs fronts et leurs mains, à l’intérieur et à l’extérieur, en disant : ⲡϭⲟⲓⲥ ⲫϯ ⲛ̄ⲧⲉ ⲛⲓϫⲟⲙ (« Seigneur, Dieu des puissances »). Et le peuple chante ce cantique : « Tu as oint ma tête d’huile, et ta coupe m’enivre… tous les jours de ma vie… toutes les nations de la terre me diront bienheureux », et le peuple répond : « Ainsi soit-il. »

 

Les couronnes et le couronnement

Le peuple chante encore, traduisant les psaumes : « J’ai élevé un élu du milieu de mon peuple ; j’ai trouvé David mon serviteur, je l’ai oint de l’huile sainte ; ma main l’assistera et mon bras le fortifiera. » Puis : « Le Seigneur dit à son ange… Il m’a pris des brebis de mon père et m’a oint d’huile… »

Puis le prêtre dit la prière sur les couronnes, les tenant en main ; elle commence : ⲫϯ ⲫⲏ ⲉⲑⲟⲩⲁⲃ (« Ô Dieu saint »). À la fin, il dit ce morceau sur l’air grec — c’est le chant de la couronne. La tenant en main, il la pose sur la tête du marié, sur l’air « Gloire », disant : « Bénis, ô Père, cette couronne ; bénis, ô Fils ; sanctifie, ô Esprit Saint. » Puis il couronne les époux, et le peuple chante en disant : ⲁⲝⲓⲟⲥ[184] (« Il est digne ! ») — trois fois.

 

Après le couronnement ; fin du rite des vierges

Et le prêtre dit : ⲫⲏ ⲉⲧⲁϥⲥⲙⲟⲩ ⲙ̄ⲡⲉⲛⲓⲱⲧ ⲁⲃⲣⲁⲁⲙ ⲛⲉⲙ ⲓⲥⲁⲁⲕ (« Celui qui a béni notre père Abraham et Isaac »). Le peuple chante cette louange, sur l’air d’Adam, en son entier. Puis le prêtre pose sa main sur les époux et dit cette prière : ϣⲗⲏⲗ… ⲓⲏⲥⲟⲩⲥ ⲡⲓⲭⲣⲓⲥⲧⲟⲥ (« Prie… Jésus Christ »). Le peuple dit : « Notre Père. » Et le prêtre dit ⲉⲕⲉⲭⲱ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲉϫⲉⲛ ⲛⲉⲕⲉⲃⲓⲁⲓⲕ (« … sur tes serviteurs »), puis l’absolution du Fils, et l’exhortation propre aux nouveaux mariés — que nous avons abrégée.

Quand il dit, dans l’exhortation : « dans les siècles des siècles, Amen », les chantres reprennent un verset. À ses mots « en cette heure bénie », les chantres disent un verset. À ses mots « dans ce monde et dans l’autre », ils disent : « Écoute, ma fille, et vois. » Quand l’exhortation s’achève, le peuple dit : « Kyrie eleison. » Et voici le canon : « Salut à l’épouse lumineuse » (ⲭⲉⲣⲉ ϯϣⲉⲗⲉⲧ ⲉⲧⲉⲣⲟⲩⲱⲓⲛⲓ).

Lorsque le marié entre au sanctuaire pour la liturgie, on chante devant lui : « Il est béni » (Je f-smarôout). La liturgie est offerte, et l’on lit ces lectures propres au couronnement — non celles du jour : l’épître de Paul aux Éphésiens, commençant : « Je vous exhorte, moi le prisonnier dans le Seigneur » ; le Catholicon, commençant : « Car ainsi, jadis… » ; la Praxis, commençant : « Or la multitude de ceux qui avaient cru… », finissant : « …à chacun selon ses besoins » ; un psaume ; et l’Évangile selon saint Jean l’Évangéliste, chapitre 2, commençant : « Le troisième jour… »[185], finissant : « …et ses disciples crurent en lui ».

 

L’ordre du second mariage (veufs et non-vierges)

Si les deux époux sont veufs, leur règle est la même. Si l’un d’eux est vierge, on procède de cette manière. On dit l’action de grâce, on élève l’encens, on récite un psaume, et l’on lit ce qui suit : l’épître de Paul, de la Seconde aux Corinthiens — chapitre 6 — commençant : « Je voudrais que tous les hommes soient comme moi… mieux vaut se marier que de brûler » ; le psaume 127, commençant : « Ta femme sera comme une vigne féconde » ; l’Évangile selon Jean — chapitre 2 — commençant : « Jean répondit et dit… »

Puis on dit la paix, les Pères, l’assemblée, le Symbole de la foi, et cette prière qui commence : ⲫⲛⲏⲃ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲫϯ (« Maître, Seigneur Dieu »). Le peuple dit : « Notre Père qui es aux cieux. » Le prêtre dit l’absolution, oint les deux époux avec l’huile, et ils sont congédiés en paix.

 

Le retrait de la couronne, au huitième jour

Cela se rattache à la même section — et la plupart des gens le négligent. Il s’agit de retirer la couronne de la tête du marié au huitième jour. On dit l’action de grâce, on élève l’encens, et l’on lit ce qui suit : l’épître de Paul, de la lettre à Timothée, commençant : « C’est une parole certaine, digne d’être reçue par tous » ; le psaume 127, le précédent ; l’Évangile selon saint Jean, commençant : « Et le Verbe s’est fait chair… »

On dit la paix, les Pères, l’assemblée, le Symbole de la foi, et une litanie. On dit « Notre Père qui es aux cieux » et l’absolution ; la couronne est retirée de sa tête ; puis le prêtre dit la bénédiction.

 

Le relèvement de l’épousée, après quarante jours

On élève l’encens, et l’on lit l’épître de Paul aux Éphésiens, avec son début et sa fin ; puis un psaume ; puis l’Évangile selon Matthieu. On dit les trois litanies, puis une litanie ; on dit « Notre Père » et l’absolution ; le prêtre oint de sa main le front et les mains de l’épousée avec l’huile, et elle communie aux saints mystères.

 

Le rite du nouveau-né, au septième jour

Ce qui touche aux nouveau-nés se range dans le même ordre. Voici ce que l’on observe durant la première semaine de l’enfant, au septième jour depuis sa naissance. Les prêtres se rassemblent là où il se trouve. On prend un vase de cuivre, on le remplit d’eau, on allume sept cierges ou lampes. Le prêtre commence, dit les prières, élève l’encens, et récite un psaume : « Rendons grâce. » Puis on dit les lectures indiquées. Il est dit aussi que l’on met dans l’eau un peu d’huile et un peu de sel.

L’épître de Paul, de l’Épître aux Hébreux, avec son début et sa fin ; et, dans un autre exemplaire, l’épître de Paul aux Philippiens, commençant : « Au reste, frères… » ; le psaume 118 ; et l’Évangile selon Luc, avec son début et sa fin.

On dit aussi des sections — dans un autre exemplaire, des sections dont la mention est utile ; ce qui est écrit suffit. On dit la paix, les Pères, l’assemblée, le Symbole de la foi, et une litanie. Puis on dit « Notre Père » et l’absolution ; le prêtre asperge l’eau, on récite un psaume, l’enfant est aspergé, et le prêtre bénit l’enfant et la maison. Et lorsque ses parents veulent le nommer, on lit sur lui une litanie propre à cela, puis il est nommé.

 

La purification de l’accouchée

Quant à la prière de purification de la femme qui a enfanté un garçon, son texte n’a pas à être donné ici, car il est intégré au service de l’église, comme celui du baptême. Mais nous indiquons ce qu’exige le texte du canon. La femme qui accouche doit rester quarante jours hors du lieu saint, si l’enfant est un garçon ; et quatre-vingts jours, si c’est une fille[186]. Et les femmes ne communient aux saints mystères qu’après s’être d’abord purifiées : vingt jours pour un garçon, quarante jours pour une fille.

Note en marge — On trouve, dans certains livres issus des saints Pères très purs, le texte suivant : celle qui n’assiste pas à la liturgie dès le commencement ne communie pas ; et nul ne peut donner l’absolution sinon le prêtre qui célèbre et le diacre qui le sert. Il n’est permis à aucun prêtre de donner l’absolution au milieu de la liturgie en se couvrant la tête, ni de s’abstenir de la communion jusqu’à la liturgie suivante ; et s’il est retardé faute de célébrant, qu’il ne se couvre pas la tête jusqu’à ce qu’il célèbre. C’est ce sur quoi l’on s’appuie.

Enfin, la femme qui a enfanté une fille est purifiée après quatre-vingts jours. Sa prière de purification est disposée dans le livre du baptême.

• • •

Fin du vingtième chapitre

Chapitre 21

Les funérailles des défunts

Les funérailles des patriarches et des évêques

Lorsqu’un patriarche ou un évêque meurt, on ne lave pas son corps ; on lui lave seulement les mains et les pieds. De même pour un prêtre ou un moine. Notre Seigneur — à Lui la gloire — a dit à Pierre : « Celui qui est lavé n’a besoin que de se laver les pieds, car il est tout entier pur.[187] » Puis le défunt est revêtu de son vêtement complet, avec son capuchon ; on le lave, on lui met son omophorion[188], on place sa croix dans sa main droite et ses bas à ses pieds. On l’étend sur un cercueil découvert, le visage et la barbe à découvert, et l’on prie sur lui l’office tout entier. Nous en avons abrégé l’ordonnance ici ; cet ordre est celui qui figure dans le livre des funérailles.

Il est recommandé que l’on récite sur eux les lamentations qui leur conviennent, propres à réconforter ceux qui se rassemblent à cause d’eux. C’était la coutume, pour les patriarches d’Alexandrie, que celui d’entre eux qui meurt soit enterré dans sa niche, à l’Église Suspendue[189] ; et après le terme d’un an, son corps était transféré au monastère de Saint Macaire, au désert de Scété. Il en fut ainsi jusqu’à Anba Marc fils de Zurʿa[190], l’un des patriarches ; après lui, il ne fut plus possible d’en transférer aucun là-bas.

Le peuple ne doit pas se hâter de demander un patriarche, ni de l’installer, avant qu’une année entière ne soit accomplie pour le défunt — afin que le deuil soit porté par l’Église à cause de son départ, comme les fils d’Israël portèrent le deuil de Moïse le prophète, sur lui la paix.

Le déroulement des funérailles d’un hiérarque

Lorsque approche l’heure de son départ, les prêtres se rassemblent auprès de lui, ainsi que tout son peuple, les orphelins et les veuves, pour lui dire adieu et recueillir sa bénédiction avant sa mort. Quand il meurt, les prêtres les plus anciens s’avancent ; à l’annonce, toutes les églises se lèvent, et les évêques des sièges voisins sont convoqués. Les évêques se rassemblent, avec les prêtres et les laïcs ; ils font, cette nuit-là, une grande lamentation, et ils ornent les psaumes, complétés par les hymnes. Puis vient l’Évangile de saint Jean.

Après cela, le plus ancien des évêques présents s’avance ; et si la présence d’un évêque ne peut être assurée, qu’un prêtre — un moine du grand habit[191] (eskīm) — s’avance. Il prend la main du défunt et en trace le signe de la croix sur son visage ; puis il lui lave le visage, les mains et les pieds, et le revêt de son vêtement. Les prêtres et les chantres chantent ce qui lui convient. Après cela, il est porté et déposé sur son cercueil, le visage découvert, sa croix dans sa main droite.

 

Les lectures des funérailles

On accomplit alors les funérailles : on dit la prière d’action de grâce, on élève l’encens, et l’on récite le Psaume 50[192]. Puis on lit les prophéties suivantes.

Du Deutéronome — ⲁⲛⲁⲩ ⲁⲛⲁⲩ ϫⲉ ⲁⲛⲟⲕ ⲡⲉ : « Voyez, voyez que c’est moi qui suis » ; et la fin : « …la terre de son peuple. »

De la Genèse — ⲛⲁⲓ ⲛⲉ ⲛⲓⲣⲟⲙⲡⲓ ⲙ̄ⲡⲱⲛϧ ⲛ̄ⲁⲃⲣⲁⲁⲙ : « Voici les années de la vie d’Abraham » ; et la fin : « …près du puits de Lahaï-Roï. »

De Josué fils de Noun — ⲟⲩⲟϩ ⲓⲏⲥⲟⲩ ⲛⲉ ⲁϥⲉⲣϧⲉⲗⲗⲟ : « Or Josué était devenu vieux. »

De l’Exode — ⲟⲩⲟϩ ⲡⲉϫⲉ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲙ̄ⲙⲱⲩⲥⲏⲥ ϫⲉ ϩⲏⲡⲡⲉ ⲁⲩϧⲱⲛⲧ ⲛ̄ϫⲉ ⲛⲓⲉϩⲟⲟⲩ ⲛ̄ⲧⲉ ⲡⲉⲕⲙⲟⲩ : « Et le Seigneur dit à Moïse : voici que se sont approchés les jours de ta mort. »

Du Deutéronome encore — ϫⲉ ϩⲏⲡⲡⲉ ⲛ̄ⲑⲟⲕ ⲭⲛⲁⲉⲛⲕⲟⲧ ϧⲁⲧⲉⲛ ⲛⲉⲕⲓⲟϯ : « Voici que tu vas te coucher avec tes pères. »

Du Deutéronome aussi — ⲟⲩⲟϩ ⲁϥⲥⲁϫⲓ ⲛ̄ϫⲉ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲛⲉⲙ ⲙⲱⲩⲥⲏⲥ ϫⲉ ⲛ̄ⲛⲉⲕϣⲉ ⲉϧⲟⲩⲛ ⲉⲣⲟϥ : « Et le Seigneur parla à Moïse : tu n’y entreras pas. »

De Job le juste — ⲡⲓϣϣⲏⲛ ⲅⲁⲣ ⲟⲩⲟⲛ ⲧⲉϥϩⲉⲗⲡⲓⲥ : « Car pour l’arbre il y a une espérance » ; et la fin : « …et son âme s’afflige sur lui. »

Des livres des Rois — ⲟⲩⲟϩ ⲁϥⲉⲣϩⲏⲃⲓ ⲛ̄ϫⲉ ⲇⲁⲩⲓⲇ ⲉϩⲣⲏⲓ ⲉϫⲉⲛ ⲥⲁⲟⲩⲗ : « Et David fit cette lamentation sur Saül » ; et la fin : « …comment sont tombées les armes de la guerre ! »

Encore des livres des Rois — ⲟⲩⲟϩ ⲁⲩϧⲱⲛⲧ ⲛ̄ϫⲉ ⲛⲓⲉϩⲟⲟⲩ ⲛ̄ⲧⲉ ⲇⲁⲩⲓⲇ ⲉⲑⲣⲉϥⲙⲟⲩ : « Et les jours de David approchèrent, où il devait mourir » ; et la fin : « …et on l’ensevelit dans la cité de David. »

Des Proverbes de Salomon — ϯϩⲟϯ ⲛ̄ⲧⲉ ⲡϭⲟⲓⲥ : « La crainte du Seigneur… » ; et la fin : « …[conduit] aux biens. »

De Jonas le prophète — ⲟⲩⲟϩ ⲛⲁⲣⲉ ⲓⲱⲛⲁⲥ ϧⲉⲛ ⲑⲛⲉϫⲓ ⲙ̄ⲡⲓⲕⲏⲧⲟⲥ : « Et Jonas demeura dans le ventre du poisson » ; et la fin : « …et le poisson rejeta Jonas sur la terre sèche. »

De la vision de Daniel le prophète — ⲟⲩⲟϩ ϧⲉⲛ ⲡⲓⲥⲏⲟⲩ ⲉⲧⲉⲙⲙⲁⲩ ⲉϥⲉⲓ ⲛ̄ϫⲉ ⲙⲓⲭⲁⲏⲗ ⲡⲓⲁⲣⲭⲱⲛ : « En ce temps-là viendra Michel, le grand chef » ; et la fin : « …à la fin des jours. »

D’Ézéchiel le prophète — ⲟⲩⲟϩ ⲁϥϣⲱⲡⲓ ⲛ̄ϫⲉ ⲡⲥⲁϫⲓ ⲙ̄ⲡϭⲟⲓⲥ ϣⲁⲣⲟⲓ : « La parole du Seigneur me fut adressée » ; et la fin : « …ainsi a parlé le Seigneur. »

D’Isaïe le prophète — ⲁⲥϣⲱⲡⲓ ϧⲉⲛ ⲡⲓⲥⲏⲟⲩ ⲉⲧⲉⲙⲙⲁⲩ ⲁϥϣⲱⲛⲓ ⲛ̄ϫⲉ ⲉⲍⲉⲕⲓⲁⲥ : « En ce temps-là, Ézéchias tomba malade. »

 

La procession et la liturgie des funérailles

Après ces lectures, on commence la liturgie sur le défunt et l’on élève l’encens. On fait ensuite le tour du sanctuaire en portant le défunt, avec les encensoirs, les cierges, les croix et les prêtres, tandis que le peuple chante sur lui ce qui lui convient. On le monte jusqu’au sanctuaire, et l’on commence la lecture des leçons.

L’Apôtre, de la Seconde à Timothée — ⲛ̄ⲑⲟⲕ ⲇⲉ ⲁⲕⲙⲟϣⲓ ⲛ̄ⲥⲱⲓ ϧⲉⲛ ⲧⲁⲥⲃⲱ : « Pour toi, tu as suivi mon enseignement » ; et la fin : « …ceux qui ont aimé sa manifestation. »

Le Catholicon, de la Première de Pierre — ⲛⲁⲙⲉⲛⲣⲁϯ ϯϯϩⲟ ⲉⲣⲱⲧⲉⲛ : « Mes bien-aimés, je vous en prie » ; et la fin : « …honorez le roi. »

Le Praxis, des Actes — ⲉⲃⲟⲗ ⲇⲉ ϧⲉⲛ … : un passage racontant le départ et les adieux, où le peuple accompagne [l’apôtre].

Ensuite, on dresse le défunt sur son trône[193], on encense devant lui, [on dit] le Prologue, puis « Agios »[194], puis vient le Psaume.

Le Psaume — ⲁⲕⲁⲙⲟⲛⲓ ⲛ̄ⲧⲁϫⲓϫ ⲛ̄ⲟⲩⲓⲛⲁⲙ : « Tu as saisi ma main droite. »

L’Évangile, de la proclamation de saint Jean — ⲁⲙⲏⲛ ⲁⲙⲏⲛ ϯϫⲱ ⲙ̄ⲙⲟⲥ ⲛⲱⲧⲉⲛ ϫⲉ ⲫⲏⲉⲑⲛⲁⲓ ⲉϧⲟⲩⲛ ⲉⲃⲟⲗ ϩⲓⲧⲉⲛ ⲡⲓⲣⲟ[195] : « En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui entre par la porte… » ; et la fin : ⲑⲁⲓ ⲧⲉ ϯⲉⲛⲧⲟⲗⲏ ⲉⲧⲁⲓϭⲓⲧⲥ ⲛ̄ⲧⲉⲛ ⲡⲁⲓⲱⲧ : « …c’est le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

 

L’éloge du défunt (le ṭarḥ)

Après l’Évangile, on chante cet éloge, sur l’air de la lamentation. Le défunt y est nommé ; en voici le texte copte et sa traduction :

ⲁϥϣⲱⲡⲓ ⲛⲁⲛ ⲙ̄ⲡⲁⲧⲣⲓⲁⲣⲭⲏⲥ ⲛⲉⲙ ⲁⲡⲟⲥⲧⲟⲗⲓⲕⲟⲛ ⲱ ⲡⲓⲛⲓϣϯ ⲁⲃⲃⲁ (ⲛ̄) ϧⲉⲛ ϯⲙⲉⲧⲉⲩⲥⲉⲃⲏⲥ.*

Tu as été pour nous un primat et un apôtre, ô grand, Abba un tel, dans la piété.*

ⲁⲕϭⲓ ⲙ̄ⲡⲓⲭⲱⲣⲏⲃ ⲙ̄ⲙⲱⲩⲥⲏⲥ ⲁⲕϣⲱⲡⲓ ⲛ̄ⲛⲟⲙⲟⲑⲉⲧⲏⲥ. ⲁⲕϭⲓ ⲛ̄ϯⲇⲓⲁⲇⲟⲭⲏ ⲛ̄ⲧⲉ ⲁⲁⲣⲱⲛ ⲡⲓⲟⲩⲏⲃ.*

Tu as reçu [la révélation de] l’Horeb de Moïse, et tu es devenu législateur ; tu as reçu la succession d’Aaron le prêtre.*

ⲁⲕϣⲱⲡⲓ ⲛ̄ⲟⲩⲫⲱⲥⲧⲏⲣ ϧⲉⲛ ϯⲁⲣⲭⲏⲉⲣⲱⲥⲩⲛⲏ ⲟⲩⲟϩ ⲁⲕⲉⲣⲟⲩⲱⲓⲛⲓ ϧⲉⲛ ϯⲟⲓⲕⲟⲩⲙⲉⲛⲏ.*

Tu es devenu un astre dans le pontificat, et tu as illuminé le monde habité.*

ⲁⲕϣⲱⲡⲓ ⲛ̄ⲟⲩⲥⲧⲁⲩⲣⲟⲫⲟⲣⲟⲥ ϧⲉⲛ ϯⲟⲣⲑⲟⲇⲟⲝⲓⲁ ⲟⲩⲟϩ ⲛ̄ⲣⲉϥϯⲃⲱⲗ ⲉⲧⲧⲁϫⲣⲏⲟⲩⲧ ϧⲉⲛ ⲡⲓⲛⲁϩϯ.*

Tu es devenu porteur de la Croix parmi les orthodoxes, et un guide ferme dans la foi.*

ⲉⲕϫⲟⲗ ⲉ ϯⲧⲣⲓⲁⲥ ⲙ̄ⲫⲣⲏϯ ⲛ̄ⲟⲩⲡⲁⲛⲟⲡⲗⲓⲁ ⲟⲩⲟϩ ⲉⲓⲧⲉⲛ ⲑⲁⲓ ⲁⲕϣⲱⲡⲓ ⲛ̄ⲟⲩⲣⲉϥⲉⲣ ⲙⲉⲧϣⲫⲏⲣⲓ.*

Tu t’es revêtu de la Trinité comme d’une cuirasse ; et par elle tu es devenu un faiseur de merveilles.*

ⲁⲛⲉⲕϫⲱ ⲟⲩⲱⲣϣ ⲉⲃⲟⲗ ⲙ̄ⲫⲣⲏϯ ⲛ̄ⲟⲩⲡⲉⲗⲁⲅⲟⲥ ⲉⲓⲧⲉⲛ ⲛⲉⲕϫⲱ ⲉⲑⲟⲩⲁⲃ ⲛ̄ⲑⲉⲟⲗⲟⲅⲓⲕⲟⲛ.*

Tes enseignements se sont répandus comme l’abîme, par tes saints enseignements théologiques.*

ⲁⲕϣⲱⲡⲓ ⲉⲕⲥⲱⲕ ⲙ̄ⲙⲱⲟⲩ ϣⲁⲣⲟⲕ ⲙ̄ⲫⲣⲏϯ ⲙ̄ⲡⲓⲙⲁⲅⲛⲏⲧⲏⲥ ⲉⲑⲃⲉ ϫⲉ ⲛ̄ⲑⲟⲕ ⲡⲉ ϯⲡⲩⲅⲏ ⲙ̄ⲙⲱⲟⲩ ⲛ̄ⲱⲛϧ ⲉⲧⲥⲁⲧ ⲉⲃⲟⲗ ϧⲉⲛ ⲣⲱⲕ.*

Tu attires les âmes à toi comme l’aimant, car tu es la source de l’eau de vie qui coule de ta bouche.*

ⲁⲕⲛⲁⲩ ⲉⲡϣⲏⲣⲓ ⲙ̄ⲫϯ ⲁϥⲟⲩⲱⲛ ϣⲟⲩⲉϩⲣⲏⲓ ⲉϫⲱⲕ ⲙ̄ⲡⲉⲙⲑⲟ ⲙ̄ⲡⲉϥⲓⲱⲧ ⲛⲉⲙ ⲛⲉϥⲁⲅⲅⲉⲗⲟⲥ ⲉⲑⲟⲩⲁⲃ.*

Tu as vu le Fils de Dieu t’ouvrir [le ciel], devant son Père et ses saints anges.*

ⲁⲕϣⲱⲡⲓ ⲙ̄ⲙⲁϩ-ⲃ̄ ⲙ̄ⲫⲣⲏϯ ⲙ̄ⲡⲁⲩⲗⲟⲥ ⲁⲕϩⲓⲱⲓϣ ⲛ̄ϯⲧⲣⲓⲁⲥ ϫⲉ ⲟⲩⲁⲓ ϧⲉⲛ ⲟⲩⲙⲉⲧⲟⲩⲁⲓ.*

Tu es devenu un second Paul : tu as proclamé la Trinité, une dans l’unité.*

ⲁⲕϣⲱⲡⲓ ⲛ̄ⲟⲩⲥⲕⲉⲩⲟⲥ ⲛ̄ⲇⲓⲁⲕⲟⲛⲓⲕⲟⲛ ϧⲉⲛ ϫⲓϫ ⲙ̄ⲡϭⲟⲓⲥ ⲛⲉⲙ ⲟⲩⲭⲗⲟⲙ ⲛ̄ⲟⲩⲣⲟ ϩⲓϫⲉⲛ ⲧⲁⲫⲉ ⲙ̄ⲙⲁⲣⲕⲟⲥ ⲡⲓⲁⲡⲟⲥⲧⲟⲗⲟⲥ.*

Tu es devenu un instrument de service dans la main du Seigneur, et une couronne royale sur la tête de Marc l’apôtre*.*

ⲁⲩⲟⲡⲕ ϧⲉⲛ ⲡⲓⲏⲡⲓ ⲛ̄ⲧⲉ ⲛⲓⲁⲡⲟⲥⲧⲟⲗⲟⲥ ⲁⲕⲟⲩⲛⲟϥ ϧⲉⲛ ⲟⲩⲙⲉⲧⲟⲩⲣⲟ ⲛ̄ⲛⲓⲫⲏⲟⲩⲓ.*

Tu as été compté parmi les apôtres, et tu t’es réjoui dans le royaume des cieux.*

ⲧⲉⲛϯϩⲟ ⲉⲣⲟⲕ ⲱ ⲡⲉⲛⲓⲱⲧ ⲉⲑⲟⲩⲁⲃ ⲁⲣⲓⲡⲣⲉⲥⲃⲉⲩⲓⲛ ⲉϫⲱⲛ ⲛⲁϩⲣⲉⲛ ⲡⲉⲛⲥⲱⲧⲏⲣ ϩⲓⲛⲁ ⲛ̄ⲧⲉϥⲧⲁϫⲣⲟⲛ ϧⲉⲛ ⲡⲓⲛⲁϩϯ ⲉⲧⲥⲟⲩⲧⲱⲛ ⲟⲩⲟϩ ⲛ̄ⲧⲉϥⲭⲁ ⲛⲁⲛ ⲉⲃⲟⲗ ⲛ̄ⲛⲉⲛⲛⲟⲃⲓ.*

Nous te prions, ô notre père saint : intercède pour nous devant notre Sauveur, afin qu’il nous affermisse dans la foi droite et qu’il nous remette nos péchés.*

(*) Marc l’apôtre : saint Marc l’Évangéliste, fondateur du siège dont le défunt est le successeur.

 

Le psali d’exhortation au peuple

On chante ensuite ce psali, sur l’air d’Adam : le défunt y parle à ses enfants spirituels. Chaque strophe s’ouvre par le même refrain — ϯϯϩⲟ ⲉⲣⲱⲧⲉⲛ ⲛⲁϣⲏⲣⲓ ⲙ̄ⲙⲉⲛⲣⲓⲧ : « Je vous le demande, ô mes enfants bien-aimés. » En voici l’ouverture, puis les exhortations.

ⲁⲛⲟⲕ ⲡⲉⲧⲉⲛⲓⲱⲧ ⲟⲩⲟϩ ⲡⲉⲛⲣⲉϥϯⲥⲃⲱ ⲱ ⲛⲓϣⲏⲣⲓ ⲧⲏⲣⲟⲩ ⲥⲱⲧⲉⲙ ⲉ ⲛⲁⲉⲛⲧⲟⲗⲏ*
— « Je suis votre père et votre maître, ô vous tous, mes fils : écoutez mes commandements. »*

ⲁⲣⲉϩ ⲉ ϯⲛⲁϩϯ ⲛ̄ϯⲧⲣⲓⲁⲥ ⲉⲑⲟⲩⲁⲃ — gardez la foi de la sainte Trinité ;

ⲙⲉⲛⲣⲉ ⲛⲉⲧⲉⲛⲉⲣⲏⲟⲩ ϧⲉⲛ ⲟⲩⲁⲅⲁⲡⲏ ⲙ̄ⲙⲏⲓ — aimez-vous les uns les autres d’un amour véritable ;

ⲁⲣⲓⲡⲉⲑⲛⲁⲛⲉϥ ⲛⲉⲙ ⲣⲱⲙⲓ ⲛⲓⲃⲉⲛ — faites le bien envers tous les hommes ;

ⲙ̄ⲡⲉⲣⲭⲁ ⲡⲓⲕⲟⲥⲙⲟⲥ ⲛ̄ⲧⲉϥⲥⲱⲣⲉⲙ ⲙ̄ⲙⲱⲧⲉⲛ — ne laissez pas le monde vous égarer ;

ⲙ̄ⲡⲉⲣⲁⲙⲉⲗⲉⲥ ϧⲉⲛ ⲡ̄ϣⲉⲙϣⲓ ⲙ̄ⲫϯ — ne soyez pas négligents dans le service de Dieu ;

ⲛ̄ⲧⲉⲧⲉⲛϣⲉⲡϩⲓⲥⲓ ϧⲉⲛ ϯⲡⲣⲟⲥⲉⲩⲭⲏ — persévérez dans la prière ;

ⲁⲣⲉϩ ⲉ ⲡⲉⲧⲉⲛⲗⲁⲥ ⲉⲃⲟⲗ ϩⲁ ϯⲕⲁⲧⲁⲗⲁⲗⲓⲁ — gardez votre langue de la médisance ;

ⲁⲣⲉϩ ⲉ ⲡⲓϩⲙⲟⲧ ⲉⲧⲁⲩⲧⲏⲓϥ ⲛⲱⲧⲉⲛ — gardez le don qui vous a été remis ;

ⲁⲣⲉϩ ⲉ ⲛⲉⲧⲉⲛⲥⲱⲙⲁ ⲉⲩⲟⲩⲁⲃ ⲙ̄ⲡϭⲟⲓⲥ — gardez vos corps purs pour le Seigneur ;

ⲙ̄ⲡⲉⲣⲭⲁ ⲛⲉⲧⲉⲛⲉⲛⲧⲟⲗⲏ ⲛ̄ⲧⲟⲩⲧⲁⲕⲟ — ne laissez pas périr les commandements que vous avez reçus ;

ⲁⲣⲉϩ ⲉ ⲡⲓⲛⲟⲙⲟⲥ ⲉⲧⲁⲩⲧⲏⲓϥ ⲛⲱⲧⲉⲛ — gardez la loi qui vous a été donnée ;

ⲭⲁ ϯϩⲟϯ ⲛ̄ⲧⲉ ⲫϯ ⲥⲁϧⲟⲩⲛ ⲙ̄ⲙⲱⲧⲉⲛ — mettez en vous la crainte de Dieu.

ⲫϯ ⲡⲉⲧⲟⲓ ⲙ̄ⲙⲉⲑⲣⲉ ⲱ ⲛⲁϣⲏⲣⲓ ⲙ̄ⲙⲉⲛⲣⲓⲧ ϫⲉ ⲙ̄ⲡⲓϩⲱⲡ ⲉⲣⲱⲧⲉⲛ ⲙ̄ⲡⲓⲥⲁϫⲓ ⲙ̄ⲫϯ*
— « Dieu m’est témoin, ô mes enfants bien-aimés, que je ne vous ai rien caché de la parole de Dieu, et que je n’ai jamais cessé de vous l’annoncer ; qu’il n’y ait donc aucun reproche entre moi et l’un de vous. »*

Et le défunt promet à ses enfants : « Si vous gardez ce que je vous dis, les rois de la terre se soumettront à vous ; vous foulerez la tête du dragon ; vous mangerez des biens de la terre ; le chérubin lumineux veillera sur vous ; et vous ne manquerez de rien des biens du ciel. »

 

Les adieux du peuple

Lorsque tout le peuple eut entendu ces paroles, ils s’avancèrent vers lui et pleurèrent amèrement. Tous s’écrièrent d’une seule voix — ϥⲥⲙⲁⲣⲱⲟⲩⲧ ⲛ̄ϫⲉ ⲫϯ ⲉϩⲣⲏⲓ ⲉϫⲉⲛ ⲛⲉϥϩⲁⲡ : « Béni soit Dieu en tous ses jugements ! » Puis : « Nous te le demandons, ô notre père saint : souviens-toi de tes enfants devant notre Sauveur, afin qu’il nous donne un esprit vigilant pour garder tes paroles et tes commandements. »

L’office de la sépulture, après la communion

Ensuite, on achève la liturgie selon la coutume. Après la communion aux saints mystères, le peuple et les prêtres font le tour du défunt, et l’on accomplit sur lui l’office des funérailles : on dit l’action de grâce — ⲙⲁⲣⲉⲛϣⲉⲡϩⲙⲟⲧ ⲛ̄ⲧⲟⲧϥ ⲙ̄ⲡⲓⲣⲉϥⲉⲣ ⲡⲉⲑⲛⲁⲛⲉϥ (« Rendons grâce au Bienfaiteur ») —, on élève l’encens, on dit le Psaume 50, puis ces lectures.

L’Apôtre, des Romains (ch. 14) — ⲓⲥϫⲉ ⲅⲁⲣ ⲁⲛⲱⲛϧ ⲁⲛⲱⲛϧ ⲙ̄ⲡϭⲟⲓⲥ : « Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur… si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur ; car c’est pour cela que le Christ est mort et a vécu. »

On dit « Agios », puis la prière de l’Évangile : ⲫⲛⲏⲃ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲓⲏⲥⲟⲩⲥ ⲡⲭ̄ⲥ̄ ⲡⲉⲛⲛⲟⲩϯ ⲫⲏⲉⲧⲁϥⲟⲩⲱⲣⲡ ⲛ̄ⲛⲉϥⲙⲁⲑⲏⲧⲏⲥ (« Maître, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, qui as envoyé tes disciples »).

Le Psaume — ⲁϥⲱⲣⲕ ⲛ̄ϫⲉ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲟⲩⲟϩ ⲛ̄ⲛⲉϥⲟⲩⲱⲙ ⲛ̄ϩⲑⲏϥ : « Le Seigneur l’a juré, et il ne s’en repentira pas. »

L’Évangile, de saint Jean — ⲡⲉϫⲉ ⲓⲏⲥⲟⲩⲥ ⲛⲱⲟⲩ ϫⲉ ⲁⲛⲟⲕ ⲡⲉ ⲡⲓⲱⲓⲕ ⲛ̄ⲧⲉ ⲡⲱⲛϧ : « Jésus leur dit : je suis le pain de vie… c’est là la volonté de mon Père. »

On achève la liturgie selon la coutume, et l’on dit cette demande : ⲫϯ ⲛ̄ⲧⲉ ⲛⲓⲡⲛⲉⲩⲙⲁ ⲟⲩⲟϩ ⲡϭⲟⲓⲥ ⲛ̄ⲧⲉ ⲥⲁⲣⲝ ⲛⲓⲃⲉⲛ (« Ô Dieu des esprits et Seigneur de toute chair »).

Après cela, les prêtres s’avancent, tout le peuple supplie avec pleurs et sanglots, et on le porte au lieu de la sépulture. Les chantres chantent devant lui ce psali :

ⲡⲓⲕⲁϩⲓ ⲁϥⲕⲟⲧϥ ⲉ ⲡⲓⲕⲁϩⲓ ⲟⲩⲟϩ ⲡⲓⲡⲛⲉⲩⲙⲁ ⲁϥϣⲉ ϣⲁ ⲫϯ*
— « La poussière est retournée à la poussière, et l’esprit est monté vers Dieu ; et l’homme s’en est allé vers sa demeure éternelle. Souviens-toi de la parole qu’a dite le Seigneur à Adam : ô Adam, tu es poussière, et tu retourneras à la poussière. Ô Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob, fais miséricorde à ton serviteur N. »*

Après l’ensevelissement, on dit cette oraison : « Maître, Seigneur Dieu tout-puissant, Père de notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus Christ : nous prions et implorons ta bonté, ô ami des hommes, ô Dieu saint — accorde à ton serviteur N. le repos ; qu’il trouve, devant le tribunal redoutable, l’assurance des justes. »

 

Les funérailles des prêtres

On commence la prière comme d’habitude. On dit des versets de psaumes ; l’Apôtre, de la Seconde aux Corinthiens (ch. 4–5) ; l’Évangile de saint Matthieu ; puis l’absolution, les litanies, l’oraison des défunts et la demande ; on dit « Notre Père qui es aux cieux » et l’on achève comme d’habitude. Pour le détail, on se reporte au livre des funérailles[196].

 

Les funérailles des diacres

On commence comme d’habitude. On dit ces versets — Psaumes 118 et 46[197] ; l’Apôtre, de la Première aux Corinthiens (ch. 15) ; le Psaume 118 (dans un autre exemplaire, le Psaume 26) ; l’Évangile de saint Jean ; les trois litanies, le Symbole de la foi, l’oraison des défunts et la demande ; on achève comme d’habitude, en se reportant au livre des funérailles.

 

Les funérailles des moines

On commence comme d’habitude. On dit des versets de psaumes ; l’Apôtre, des Romains ; un psaume ; l’Évangile de saint Luc ; puis les trois litanies, le Symbole de la foi, l’oraison des défunts et la demande ; on achève comme d’habitude, en se reportant au livre des funérailles.

Les funérailles de tous les fidèles dans le Seigneur Christ (les laïcs)

On commence comme d’habitude. On dit l’Alléluia et des versets de psaumes ; l’Apôtre, des Corinthiens ; des psaumes ; l’Évangile de saint Jean (ch. 5) ; puis les trois litanies, le Symbole de la foi, l’oraison des défunts et la demande ; on achève comme d’habitude, en se reportant au livre des funérailles. Gloire à Dieu à jamais.

 

Les funérailles des enfants mâles

On commence comme d’habitude. On dit l’Alléluia et son verset, des versets de psaumes, l’Apôtre de la Première aux Thessaloniciens (ch. 4), un psaume, et l’Évangile de saint Luc ; puis les trois litanies, le Symbole de la foi et l’oraison « Ceux qui se sont endormis » ; on achève comme d’habitude.

 

Les funérailles de ceux qui meurent durant la Semaine Sainte

Pour les hommes : si l’un d’eux meurt durant cette semaine, on ne lit sur lui que des passages de la Torah, rien d’autre — car les funérailles et la prière pour les défunts ont déjà été faites de manière générale le jour des Rameaux, afin qu’il ne se mêle pas aux souffrances du Seigneur. On reprend [l’office complet] lorsque les jours du deuil sont achevés. De même pour les femmes qui meurent cette semaine : on ne lit sur elles qu’un seul passage de la Torah — « Et la vie de Sara fut… », jusqu’à : « …en toutes ses circonstances. »

 

Les funérailles des femmes, des filles et des moniales

Les femmes [d’âge mûr] : on commence comme d’habitude, l’Alléluia, des psaumes, l’Apôtre des Corinthiens, un psaume, l’Évangile de saint Matthieu ; on achève comme indiqué.

Les filles vierges : on commence comme d’habitude, des versets de l’Alléluia et des psaumes, l’Apôtre de la Première aux Corinthiens, le Psaume 118, l’Évangile de saint Matthieu ; on achève comme indiqué.

Note en marge — Dans cet exemplaire, on lit : « Aie pitié, Seigneur, de ton serviteur Rashīd » — et de la copiste. (Prière du scribe, ajoutée dans la copie.)

Les moniales : on commence comme d’habitude, des psaumes, l’Apôtre des Corinthiens, le Psaume 44, l’Évangile de saint Luc ; on achève comme l’office ordinaire des défunts.

 

Les funérailles des femmes mortes en couches

On dit qu’on la dépose hors de la porte de l’église, sans la faire entrer ; on élève sur elle l’encens, et l’on lit ce qui est indiqué : un passage de la prophétie d’Isaïe — « Dès la nuit mon esprit veille vers toi », jusqu’à : « …jusqu’à ce que passe la colère [de Dieu] » ; l’Apôtre des Romains ; un psaume ; l’Évangile de saint Jean ; on achève comme l’office ordinaire des funérailles.

Note en marge — D’après les canons des rois : si une femme en couches vient à mourir, qu’on la lave bien à l’eau, qu’on l’ensevelisse dans de beaux linceuls et des vêtements autres que ceux de l’accouchement, qu’on la fasse entrer dans l’église et qu’on prie sur elle. Qu’aucun chrétien ne la tienne pour impure, ni ne dise qu’elle est souillée : car la mort l’a purifiée — cette mort que Dieu a fixée pour tous les hommes. Du reste, on ne prie sur aucun défunt sinon étendu sur le dos.

 

La levée de la natte (mémorial du troisième jour)

On place au milieu un récipient de terre neuf, on y met de l’eau et du sel, et l’on allume des lumières autour. On commence la prière comme d’habitude. On lit des versets de psaumes ; l’Apôtre des Romains — « Et si le Christ, à cause de notre faiblesse… » (ch. 5) ; un psaume ; l’Évangile. On dit les trois litanies, le Symbole de la foi, l’oraison des défunts, la demande, « Notre Père qui es aux cieux », l’absolution et « Kyrie eleison ». On asperge de l’eau aux quatre coins de la maison, et l’on en asperge aussi la couche du défunt et ce qui peut rester de ses vêtements ; puis on dit la bénédiction.

 

Les commémorations sur les tombes (au mois, au quarantième jour, à l’an)

Pour toutes les commémorations, on commence la prière comme d’habitude. On lit des versets de psaumes ; l’Apôtre, des Galates (ch. 6) ; un psaume ; l’Évangile de saint Luc ; puis on achève la prière comme il a été dit pour chaque office, et l’on donne la bénédiction.

 

Le lectionnaire des liturgies des morts

L’Apôtre, des Romains ; le Catholicon, de la Première de Pierre ; le Praxis, des Actes — ⲛⲓⲣⲱⲙⲓ ⲛⲉⲛⲥⲛⲏⲟⲩ : « Hommes, nos frères : si nous souffrons avec le Christ… purifiez vos âmes par l’obéissance à la vérité » ; un psaume ; et l’Évangile de saint Jean : « Jésus leur dit : je suis le pain de vie… », jusqu’à : « …au dernier jour. »

Ainsi s’achève, pleinement et entièrement, l’ordre des funérailles des défunts. Nous en avons abrégé les débuts des lectures et des demandes, en copte et en arabe, car la chose ne l’exige pas ici. Gloire à Dieu, principe de tout commencement ; c’est de Lui que nous tirons le secours pour mener à bien [cet ouvrage].

• • •

Fin du vingt-et-unième chapitre

Chapitre 22

La prière des malades et le Qandīl

Sept prêtres se réunissent. Ils préparent une lampe[198] (qandīl) remplie d’huile, et y disposent sept mèches, sans l’allumer encore. Ils la posent sur un support.

 

La première prière

Le premier des prêtres commence et dit l’action de grâce — ⲙⲁⲣⲉⲛϣⲉⲡϩⲙⲟⲧ (« Rendons grâce »). Il élève l’encens ; le peuple dit un psaume ; et le prêtre dit la prière des malades, qu’il récite : c’est la première prière, avec ses demandes, et à la fin de chaque demande le peuple répond : « Kyrie eleison. »

À la fin, on verse un peu d’huile dans la lampe, et l’on allume une première mèche, du côté de l’orient. Le peuple chante alors une acclamation, puis l’on dit le reste des demandes de la première prière ; et le prêtre dit une demande à voix basse.

Note en marge — Le prêtre Barsoum d’al-Bahnasā* a rapporté qu’il avait assisté à un qandīl dans certaines églises d’al-Bahnasā : lorsque le prêtre disait cette prière à voix basse, le peuple chantait — « Écoute, viens à notre aide » — sur une mélodie, comme on le fait à la liturgie et au baptême ; le but en était la solennité. (*Voir la note.)

(*) Sur al-Bahnasā,[199] voir la note.

 

La deuxième prière

Le deuxième prêtre allume la deuxième mèche, à la suite de la première. Il dit la prière des voyageurs ; il lit l’Apôtre — des Romains (ch. 15) —, un psaume, et l’Évangile de saint Luc : « Et comme il entrait, passant… » Puis il dit la demande et achève la prière.

 

La troisième prière

Le troisième prêtre allume la troisième mèche. Il dit l’oraison des récoltes ; l’Apôtre — de la Première aux Corinthiens (ch. 15) —, un psaume, et l’Évangile de saint Matthieu : « Et il appela les douze… » Il dit la demande qui achève la prière, et l’on procède comme pour la première.

 

La quatrième prière

Le quatrième prêtre allume la quatrième mèche. Il dit l’oraison du roi, et les lectures : l’Apôtre des Romains, un psaume, et l’Évangile de saint Luc : « Après cela, le Seigneur en désigna… » On dit la demande, et l’on procède comme pour la première.

 

La cinquième prière

Le cinquième prêtre allume la cinquième mèche. Il dit l’oraison des défunts ; l’Apôtre — des Galates (ch. 5) —, un psaume, et l’Évangile de saint Jean : « Que votre cœur ne se trouble pas. » On dit la demande, et l’on termine comme d’habitude.

La sixième prière

Le sixième prêtre allume la sixième mèche. Il dit l’oraison des oblations — et, s’il n’y a pas lieu, l’oraison de la stabilité de la demeure ; l’Apôtre, un psaume, et l’Évangile de saint Luc. Il dit la demande et « Kyrie eleison », et termine comme d’habitude.

 

La septième prière

Le septième prêtre allume la septième mèche. Il dit la prière des catéchumènes ; l’Apôtre — des Éphésiens —, un psaume, et l’Évangile de saint Matthieu. Puis on dit la septième demande.

 

L’onction du malade

Celui qui doit oindre s’avance — s’il s’agit d’un cas particulier. Il se tient devant la lampe : trois prêtres se placent à sa droite et trois à sa gauche. Le grand prêtre élève l’Évangile au-dessus de la tête du malade, et les prêtres posent leurs mains sur lui. Le grand prêtre récite une demande qui commence par : « Ô Seigneur compatissant », et les autres répètent après lui, mot à mot, jusqu’à la fin.

Après cela, tous les prêtres l’oignent l’un après l’autre — le malade, ou bien celui qui se confesse. Une fois l’onction faite, ils disent la deuxième demande, qui commence par : « Ô Dieu le Père », jusqu’à la fin.

Et le peuple chante, disant : « Ô saints, vous qui possédez la source de la guérison » — ⲱ ⲛⲏⲉⲑⲟⲩⲁⲃ ⲉⲧⲉ ⲟⲩⲟⲛ ⲧⲟⲧⲟⲩ — jusqu’à la fin. On chante ce cantique sur l’air de la Résurrection ; après lui, le [cantique] des anges ; puis « Notre Père qui es aux cieux », l’absolution, le Symbole de la foi, et « Kyrie eleison » quarante et une fois.

Ensuite le prêtre achève [la bénédiction de] la lampe, et il en fait trois fois le tour de l’autel avec les cierges allumés, au chant de « Tes miséricordes, ô mon Dieu », sur sa mélodie connue. On pose la lampe sur le sanctuaire ; et la coutume veut que les prêtres s’oignent les uns les autres. Enfin, le grand prêtre dit la bénédiction.

 

Les suites du Qandīl

Le frère malade est oint avec l’huile chaque jour, jusqu’au jour de l’achèvement — sept jours. Et si une liturgie suit le qandīl, on laisse une seule mèche allumée, qui brûle jusqu’à la fin de la liturgie.

En ce temps, on célèbre la plupart des qandīl après la prière de minuit. À l’Église Suspendue, les prêtres lisent les Évangiles en copte, et les diacres qui célèbrent les traduisent en arabe ; certains lisent les demandes en copte, d’autres en arabe.

 

La prière de saint Anba Trībō, pour la guérison de la morsure du chien enragé

Ce grand saint[200] vécut aux jours de Dioclétien, le roi impie. Il alla recevoir la couronne du martyre : il fut torturé, puis jeté en prison, jusqu’aux jours de Constantin, le roi pieux et ami de Dieu.

Il fut alors libéré et s’en alla vaquer à ses affaires. Comme il marchait, à l’heure de midi, il rencontra un chien enragé, semblable à un homme ivre, qui écumait. Le chien se jeta sur Anba Trībō, qui n’avait, pour le repousser, que son bâton. Il leva les yeux au ciel, pria le Seigneur avec instance et le supplia de l’en délivrer.

Le Seigneur exauça sa demande et lui envoya son ange, qui frappa d’un bâton le chien enragé. L’esprit impur cria alors, disant : « Ô saint Trībō, je jure par le Dieu qui a créé le ciel et la terre, les mers et les fleuves et tout ce qu’ils contiennent : tout lieu où ton nom sera invoqué, je n’y entrerai jamais, par crainte de l’ange que j’ai vu marcher avec toi. »

« Et voici un signe qui sera avec toi : si un chien enragé mord un homme, une bête ou quelque animal du bétail, on invoquera ton nom sur lui, en disant — ⲫⲛⲟⲩϯ ⲛ̄ⲧⲉ ⲧⲣⲓⲃⲱ : “Ô Dieu de Trībō, ô Dieu de Trībō, secours-moi, moi un tel, fils d’une telle !” — alors je me retirerai de ce mordu, et rien ne lui nuira. »

Et saint Trībō se mit à opérer la guérison de la morsure du chien enragé, par la prière qu’il pria et qu’il ordonna ainsi :

 

Le rite

On prend sept pains, sept fromages de halloum, un peu d’huile et de vin ; on allume une lampe ; et l’on prend avec soi sept jeunes garçons. On suspend au cou du mordu une besace, et l’on dit la prière d’action de grâce.

Puis on tourne sept fois autour de lui, en disant : « Soyez les bienvenus, ô enfants ; que demandez-vous ? » Ils répondent : « Nous venons demander la guérison, de Dieu et de saint Trībō, pour un tel, fils d’une telle, qu’a mordu le chien enragé. » Le célébrant dit : « Retournez, car le Dieu de saint Anba Trībō lui a accordé la guérison. » Et l’on répète à chaque tour l’acclamation bā-stānā, bā-stānū ; et l’on marque le front du malade avec l’huile, du signe de la croix, à chaque tour — à voix basse, puis à voix haute.

On dit aussi le psaume : ⲡⲁⲛⲟⲩϯ ⲡⲁⲛⲟⲩϯ ⲉⲑⲃⲉ ⲟⲩ ⲁⲕⲭⲁⲧ ⲛ̄ⲥⲱⲕ (« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »).

Après les sept tours accomplis, les enfants ramassent le pain, le fromage et les galettes. On lit ensuite quelques psaumes, ainsi que la prière consignée d’Anba Trībō. On fait ainsi pendant sept jours : chaque jour on verse sur le malade un peu d’eau et d’huile, et on l’asperge en disant :

ϧⲉⲛ ⲫⲣⲁⲛ ⲙ̄ⲫⲓⲱⲧ ⲛⲉⲙ ⲡϣⲏⲣⲓ ⲛⲉⲙ ⲡⲓⲡⲛⲉⲩⲙⲁ ⲉⲑⲟⲩⲁⲃ ⲟⲩⲛⲟⲩϯ ⲛ̄ⲟⲩⲱⲧ*
— « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, un seul Dieu : que le Seigneur t’accorde la guérison et te guérisse. »*

Cela est achevé. Gloire à Dieu à jamais.

 

Autre version (d’après Anba Marcus, évêque de Minyat Banī Khaṣīb)

On prend sept galettes de pain azyme, sept fromages frais sans sel, et un peu de vin ; on les met dans une besace ou un sac, que l’on suspend à l’épaule de celui pour qui se fait [le rite][201]. On met dans un récipient de l’eau, de l’huile et du vin. Sept jeunes garçons se rassemblent ; on lit [la prière] en tournant, et les enfants avec lui font sept tours vers la droite et sept tours vers la gauche. Quand vous avez terminé, on asperge le malade avec l’eau et l’on oint l’endroit de la morsure : il guérira, et cela avant le septième jour. Et la prière est celle-ci :

ⲡⲁⲣⲁ ⲟⲩⲅⲁ … ⲥⲟⲩⲡ ⲑⲁⲣⲡⲟⲩ ⲟⲩϣⲁⲣ ⲛⲓⲥ … ⲣⲏⲧⲁⲣ ⲛⲁϫⲓⲛ … ⲥⲟⲩⲡ ⲑⲁⲣⲡⲟⲩ ⲟⲩⲁⲣ ⲛⲓ ϣⲏⲛ […]

Note de l’édition — Cette formule est, dans le manuscrit, une prière copte de caractère incantatoire : ses mots, répétitifs et pour la plupart hors lexique, ne se laissent pas transcrire avec certitude. La transcription ci-dessus n’est que partielle et reste à collationner sur le manuscrit.

Nous n’avons rapporté ce recueil que parce qu’il se rattache à la prière de l’huile des malades. Et à notre Seigneur la gloire à jamais.

 

• • •

Fin du vingt-deuxième chapitre

 

Chapitre 23

Voici ce qu’il faut lire aux jours des mois de l’année copte, tiré des saints Évangiles et des passages des épîtres, disposé pour les fêtes, les samedis, les dimanches, le saint jeûne, la Cinquantaine et la semaine vénérable de la Passion — le tout selon l’ordre des numéros assignés aux péricopes, dans les Évangiles et dans les épîtres. Nous demandons à Dieu — qu’il soit exalté, que ses noms soient sanctifiés — son aide et sa réussite.

Le mois de Tūt

Le premier de tout cela est le mois de Tūt : c’est le premier mois, le premier des mois coptes bénis. Il correspond à l’équinoxe d’automne, car le jour y compte douze heures. Son premier jour est le Nouvel An copte.

Il faut en faire un jour saint, en toute pureté et netteté, et y commencer des œuvres nouvelles et agréables [à Dieu], comme dit l’Apôtre : « Tout est devenu nouveau dans le Christ, et les choses anciennes sont passées. » En ce jour, Job le juste fut guéri par l’eau, et il fut délivré de ses maux. C’est pourquoi une coutume permanente s’est établie, au début de l’année copte : bénir le peuple orthodoxe avec l’eau nouvelle, au Nouvel An. Amen.

Note de l’édition — Tous les livres de l’Église copte orthodoxe — les Évangiles et les épîtres (le Pauline, le Catholicon, le Praxis), le Psautier-et-Évangiles, et le Synaxaire — ont été imprimés, en copte et en arabe, d’après le katamḗros*, pour toute l’année. Il n’y a donc pas lieu d’en dresser ici le détail : ils se trouvent dans chaque église. (*Voir la note.) Gloire et grandeur à notre Dieu, le bon. Amen.

(*) Sur le katamḗros,[202] voir la note.

• • •

Fin du vingt-troisième chapitre

 

Chapitre 24

Le comput : le calcul de l’épacte et de la date de Pâque

Ce chapitre traite de la connaissance du calcul de l’épacte[203], de l’indice qui le désigne et de la marche qui s’en déduit sur plusieurs années — calcul sur lequel il faut se fonder pour fixer le saint jeûne. Car l’ordre en vient de Dieu Très-Haut, par la bouche de Moïse son prophète, au sujet de l’agneau pascal, qui est le mystère et la figure de l’immolation de l’Agneau de Dieu qui porte les péchés du monde.

Dieu dit à Moïse : « Guette le quatorzième jour de la nouvelle lune de Nisan » — jour où Dieu racheta les fils d’Israël de la servitude de Pharaon. De même, nos pères les Apôtres ont prescrit de guetter le quatorzième ; puis nous célébrons la Pâque, qui est l’immolation de l’Agneau de Dieu, par qui Dieu a racheté l’Israël spirituel du Pharaon spirituel. Pour cette raison, ce calcul doit se fonder sur la marche du soleil et de la lune. L’auteur de ce calcul admirable est le grand et saint père, le patriarche Anba Démétrius, le douzième du siège béni d’Alexandrie ; que ses prières soient avec nous. Amen.

 

Le cycle lunaire

Le cycle lunaire, sur lequel on se fonde pour fixer le saint jeûne, la Pâque et l’avant-carême, va de 1 à 19, puis revient à son début : il est donc toujours de dix-neuf ans. Pour le connaître en une année quelconque, prends le total des années des martyrs (l’ère copte), retranches-en 19 autant de fois que possible : ce qui reste, de 1 à 19, est le cycle lunaire de cette année-là.

L’épacte lunaire

Prends le cycle qui te reste après ce retranchement, et multiplie-le par 11. Si le produit dépasse 30, retranche 30 autant de fois que possible ; ce qui reste, 30 ou en deçà, est l’épacte lunaire de cette année-là[204].

La raison en est qu’entre l’année solaire et l’année lunaire il y a onze jours et une fraction. L’année solaire compte 365 jours et six heures ; l’année lunaire, 354 jours, plus un cinquième et un sixième de jour. L’année lunaire retarde donc chaque année de onze jours et une fraction sur l’année solaire. C’est pourquoi l’épacte est, la première année, 11 ; la deuxième, 22 ; la troisième, 33 — dont on retranche 30, soit 3 ; et ainsi de suite, en retranchant 30 de tout ce qui dépasse trente. La dix-neuvième année du cycle, l’épacte est toujours 29.

Méthode résumée : prends les années des martyrs jusqu’à l’année présente, retranches-en une, puis retranche le reste par 19 ; multiplie ce qui reste par 11 ; retranche 30 de ce qui dépasse trente ; le reste est l’épacte.

 

La Pâque juive

Quand tu connais l’épacte lunaire de l’année voulue, retranche-le de quarante : ce qui reste indique le quantième du mois où tombe la Pâque juive. Exemple : la première année, l’épacte était 11 ; ôté de quarante, il reste 29 : la Pâque juive tombe le 29 du mois. Ou bien l’épacte était 22 ; ôté de quarante, il reste 18 : elle tombe le 18 du mois. Si le jour obtenu va de 1 à 6, c’est en Barmūda ; au-delà, c’est en Baramhāt.

 

Le premier de chaque mois copte

Ajoute l’épacte solaire de l’année au repère du mois voulu. Si la somme est sept, le premier du mois est le samedi. Si elle dépasse sept, retranche sept ; compte le reste à partir du dimanche : le jour où s’achève le compte est le premier du mois. Ainsi, s’il reste un, c’est le dimanche ; deux, le lundi ; et de même jusqu’à la fin de la semaine. Voici les repères des mois :

Tūt

Bābah

Hātūr

Kiyahk

Ṭūba

Amshīr

7

2

4

6

1

3

Baramhāt

Barmūda

Bashans

Baʾūna

Abīb

Masrā

5

7

2

4

6

1

Note — Repères transcrits du manuscrit (chiffres incertains) : à vérifier. Le décalage régulier de deux unités d’un mois à l’autre tient à ce que chaque mois copte compte trente jours, soit quatre semaines et deux jours.

 

Le cycle solaire

Prends les années des martyrs jusqu’à l’année voulue, retranches-en 28 autant de fois que possible ; ce qui reste, 28 ou en deçà, est le cycle solaire de cette année-là.

 

L’épacte solaire

Ajoute au cycle solaire son quart, sans tenir compte de la fraction, puis retranche le tout par 7 ; ce qui reste, 7 ou en deçà, est l’épacte solaire de cette année-là. Et si, en ajoutant le quart, il ne reste aucune fraction, l’année est bissextile. (Autre méthode : ajoute aux années des martyrs leur quart, et retranche la somme par 7 ; le reste est l’épacte.)

La sainte Pâque

Quand tu as trouvé la Pâque juive, sache que le dimanche qui la suit est la sainte Pâque — comme nous l’avons expliqué au début du livre. Si la Pâque juive tombe un dimanche, un lundi, un mardi, et ainsi jusqu’à la fin de la semaine, le dimanche suivant est la sainte Pâque. Si tu obtiens, au-delà de la Pâque juive, plus d’un mois, retranche un mois et compte ce qui reste du mois suivant. Ainsi la Pâque juive tombe en Baramhāt, et la sainte Pâque en Barmūda.

Pour la sainte Pâque : on compte à partir du mercredi jusqu’au terme de l’épacte solaire, ce qui donne le premier de Barmūda ; et si c’est en Baramhāt, on compte à partir du lundi. Si la Pâque juive tombe un dimanche, c’est le dimanche suivant [qui est la sainte Pâque].

 

Le dimanche de l’avant-carême

Quel que soit le jour où tombe la sainte Pâque dans le mois, ajoute-lui quatre : l’avant-carême (le raf‘) tombe en Amshīr. Exemple : la Pâque tombait le huit de Barmūda ; en ajoutant quatre, le total est douze d’Amshīr. Ou bien elle tombait le vingt-huit de Barmūda ; en ajoutant quatre, on dépasse [le mois], et l’avant-carême tombe en Baramhāt, [le] deuxième [jour].

 

Le jeûne des Apôtres

Regarde ce qui reste des jours [après] Pâque jusqu’à la fin de Barmūda. Quand tu sais de combien de jours il s’agit, ajoute-lui cinquante-six jours : la somme donne le jeûne des Apôtres de cette année-là — selon l’usage des Coptes, car ils jeûnent une semaine de plus que ce que retiennent [les autres] chrétiens.

 

Le mois lunaire à partir du mois copte

Prends l’épacte lunaire de l’année, ajoute-lui deux jours (ce sont les « régulateurs »), puis les jours déjà écoulés du mois copte, plus un demi-jour pour chaque mois depuis Tūt jusqu’au mois où tu es. Si tu as une fraction d’un demi-jour, complète-la en un jour entier et ajoute-le. Si tu obtiens plus de trente, retranche 30 ; ce qui reste donne les jours écoulés du mois lunaire (arabe) ; et si c’est moins de trente, de même.

 

L’épacte solaire et le Nayrūz

Retranche des années des martyrs 28 autant de fois que possible ; ajoute au reste son quart, sans tenir compte de la fraction ; retranche le tout par 7 ; le reste est l’épacte solaire de l’année cherchée. Puis compte à partir du mercredi jusqu’à épuisement de ce nombre : là où le compte s’achève, c’est le premier de l’année (le Nayrūz[205]). Ainsi, s’il était un, le Nayrūz tombe le mercredi ; deux, le jeudi ; et de même jusqu’à la fin des sept jours.

 

L’avant-carême par le « calcul du Berger »

Observe la néoménie du mois où tombe l’Épiphanie ; laisse-la, et compte, à partir de la néoménie suivante, vingt jours. Regarde le jour qui termine ces vingt : s’il est un dimanche, c’est l’avant-carême ; sinon, l’avant-carême aura lieu à la néoménie suivante. C’est là le « calcul du Berger »[206].

Les premiers jours des mois coptes

Pour connaître le premier jour d’un mois copte : prends, depuis le premier des mois coptes jusqu’au mois voulu, un demi-jour et deux jours [par mois], ajoute l’épacte solaire de l’année, fais la somme du tout et retranche par 7 ; compte le reste à partir du dimanche jusqu’à épuisement : c’est le premier du mois voulu.

 

Les premiers des mois arabes (lunaires)

Prends les années de l’Hégire jusqu’à l’année cherchée, retranche-les par 30 ; ce qui reste donne le premier jour ; compte ce qui reste à partir du dimanche : c’est la « base » de l’année. Et si tu veux extraire le premier jour de l’année, compte depuis le premier mois jusqu’au mois cherché, ajoute la moitié, et ajuste à partir du jour connu.

 

Le jour de la semaine d’une date copte

Prends le quantième du jour voulu ; ajoute-lui deux jours pour chaque mois écoulé depuis le début de l’année copte jusqu’au mois voulu, puis l’épacte solaire ; retranche la somme par 7 ; compte le reste, 7 ou en deçà, à partir du dimanche : c’est le jour de la semaine de cette date.

 

L’année bissextile

Prends les années des martyrs au-delà du mille, avec la fraction, et retranche-les [par quatre] : s’il reste quatre, l’année est bissextile ; s’il reste moins, elle ne l’est pas.

 

Les deux jours régulateurs

Ce sont les deux jours que l’on ajoute à l’épacte de l’Église, d’où provient l’épacte lunaire. En effet, l’année solaire est de 365 jours et un quart [exprimé] en minutes, le jour valant chez les astronomes soixante minutes ; l’année lunaire est de 354 jours, plus un cinquième et un sixième, et [quelques] minutes. L’excédent de l’année solaire sur l’année lunaire est donc de onze jours et de [quelques] minutes. Les saints Pères ont arrondi cet excédent et ont décidé qu’on multiplierait toujours par 11, pour que le calcul ne nous soit pas pénible ; et, en compensation des minutes [restantes], ils ont imposé deux jours, qu’ils ont nommés « les régulateurs ».

Ces minutes résiduelles s’accumulent en secondes, tierces, quartes et quintes ; et de cet écart provient, au fil du cycle, une légère dérive. C’est pourquoi les Pères coptes arrondissent approximativement — et telle est la cause de ce qui peut fausser le calcul des « périodes ».

 

La dérive du calcul

On a dit que le calcul de la fête et de l’avant-carême comporte une divergence : tous les cinquante-six ans environ, à cause du cycle lunaire, une différence survient dans le calcul indiqué. Car le cycle lunaire est de dix-neuf ans, et l’on ajoute chaque année 11 à l’épacte lunaire, en sorte que l’épacte de l’année qui clôt le cycle, tous les dix-neuf ans, est 29.

Quand vient la première année du cycle suivant, après l’achèvement du précédent, on ajoute un jour de plus à l’épacte de l’année passée : ce jour surajouté est le jour de la dérive, issu des minutes restantes des deux régulateurs durant cette période. Il arrive ainsi que le calcul diffère chez certains, de sorte qu’on leur trouve l’avant-carême au 22 d’Amshīr et la Pâque au 18 de Barmūda — ce qui n’est pas exact. [Pour l’année examinée], l’avant-carême tombe le quinze d’Amshīr, et la Pâque le onze de Barmūda.

L’épacte solaire par le tableau (« la vigne »)

Retranche des années des martyrs 28 autant de fois que possible ; ce qui reste, 28 ou en deçà, est le cycle solaire. Regarde alors ce tableau : là où se trouve ton nombre, pose le doigt, puis descends jusqu’à la dernière case du bas ; ce qui est au-dessous est l’épacte solaire.

1

3

4

9

4

5

6

7

12

8

15

10

11

17

14

19

14

20

21

16

22

18

24

25

26

27

22

28

1

2

3

4

5

6

7

Note — Tableau « de la vigne » (jadwal al-karma), reproduit d’après le manuscrit : ses chiffres, petits et serrés, sont d’une lecture incertaine et restent à reconstituer sur une table de comput. Dans le manuscrit, certaines valeurs (mois en Baramhāt) sont écrites en rouge, les autres (Barmūda, Amshīr, Nisan, Shubāṭ) en noir.

Le mode d’emploi : la première colonne donne l’épacte solaire ; la deuxième est le « pilier du jeûne » ; la troisième est l’épacte de l’Église, dite aussi épacte lunaire ; la quatrième est la Pâque juive. Les sept cases [du haut] sont les épactes solaires, et sous chacune figurent, dans les tables, la Pâque, l’avant-carême et le nom du jour pascal. Pour connaître les deux épactes d’une année : pose le doigt droit sur la case du soleil et le doigt gauche sur celle de la lune, fais avancer les deux doigts sur les tables, en longueur et en largeur, jusqu’à ce qu’ils se rencontrent dans une même case ; tu y trouves la Pâque, l’avant-carême et le jour de la Pâque juive.

Ce qui est écrit en rouge (en copte) est en Baramhāt ; ce qui est en noir, s’il s’agit d’une Pâque, est en Barmūda, et s’il s’agit d’un avant-carême, en Amshīr ; [pour le comput latin], une Pâque en noir est en Nisan, un avant-carême en Shubāṭ (février).

Enfin, pour suivre l’épacte solaire d’année en année, ajoute-lui un par an pendant trois ans, et deux la quatrième année (l’année bissextile) ; l’épacte lunaire, on lui ajoute 11 par an, et quand vient 29, fais-en toujours 30. Raisonne sur ce modèle.

Nous nous en contentons. À la sainteté du Père qui veut tout connaître, il revient d’étudier de près le livre [de comput] qui a été imprimé.

Colophon de l’édition

Par les soins du Père savant et éminent, le higoumène ʿAbd al-Masīḥ al-Masʿūdī al-Barāmūsī, qui s’est appliqué à l’impression de cet ouvrage, avec l’aide de Sa Béatitude notre père de bienheureuse mémoire, le pape Anba Cyrille le cinquième[207] — cent-douzième patriarche [d’Alexandrie] —, renommé pour sa chasteté, son humilité et sa miséricorde envers tous : que la bénédiction de ses prières soit avec nous. Amen.

 

• • •

Fin du vingt-quatrième chapitre
 et du second volume de
La Lampe dans les Ténèbres

 



[1] Le titre arabe complet : « مصباحالظلمةفيإيضاحالخدمة » — « Le Lampe de l’obscurité dans la clarification du Service ». Le Second Volume couvre l’ordination des diacres, des moines et moniales, le Baptême, les prières, les jeûnes, les fêtes, le mariage, les funérailles, et le calcul du calendrier copte. Édition de 1992, préparée par le moine-prêtre Samuel le Syrien.

[2] Nombres 16 — la rébellion de Coré (Qorah), Datan et Abiram contre Moïse et Aaron. Coré et ses compagnons furent engloutis par la terre pour avoir usurpé le sacerdoce.

[3] 2 Chroniques 26,16-21 — le roi Ozias (ʿUzziyâ) de Juda, ayant osé brûler de l’encens dans le Temple sans en avoir le droit, fut frappé de lèpre à son front et chassé du Temple. C’est l’exemple-type de l’usurpation du sacerdoce.

[4] « Anagnoste » (en grec ἀναγνώστης, en copte ⲀⲚⲀⲄⲚⲰⲤⲦⲎⲤ — Aghnistos) : le « lecteur » qui lit les chapitres bibliques durant les offices. C’est l’un des premiers degrés de la cléricature copte ; dès le lectorat, l’évêque coupe les cheveux du candidat en forme de croix et lui impose la main.

[5] « Souffles de Dieu » (anfâs Allâh) — désignation copte traditionnelle des Saintes Écritures, inspirées par le Saint-Esprit.

[6] Référence métaphorique à Matthieu 5,14-15 — « Vous êtes la lumière du monde… On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. »

[7] « Sous-diacre » (en grec ὑποδιάκονος, en copte ⲨⲠⲞⲆⲒⲀⲔⲞⲚⲞⲤ — apodyâqun) : il se situe au-dessus du lecteur et au-dessous du diacre, qu’il seconde dans le service de l’autel.

[8] « Diacre » (en grec διάκονος — serviteur). Il assiste le prêtre à l’autel et au service de la liturgie. Le terme arabe « al-Shamāsa » (الشماسة) le désigne dans le texte.

[9] L’orarion (ⲞⲨⲞⲢⲒⲞⲚ, en arabe al-Zunnâr) est l’écharpe diaconale portée en travers de l’épaule. Sur l’épaule gauche pour le diacre ordinaire ; en travers de la poitrine pour le sous-diacre ; et en croisé pour l’archidiacre. Symbole du service liturgique.

[10] Référence à Actes 6,5 — saint Étienne (Stephanos), élu par les Apôtres comme le premier des sept diacres, puis premier martyr de l’Église par lapidation (Actes 7,54-60). La tradition copte fait de lui le modèle et le patron de tous les diacres.

[11] « Ceux qui servent bien acquièrent un beau rang et une grande hardiesse dans la foi qui est dans le Christ Jésus » — 1 Timothée 3,13. Citation des paroles de saint Paul à Timothée sur la dignité du diaconat.

[12] « Archi-diacre » (ⲀⲢⲬⲒ-ⲆⲒⲀⲔⲰⲚ, en arabe Ra’īs al-Shamāsa ou al-Arshī Dīyâqun) : le chef des diacres. Comme indiqué dans le testament général (F40), il est, avec le chorévêque, « les deux mains et les deux ailes » de l’évêque.

[13] Saint Basile le Grand (Basilios al-Qiddīs, 330-379) — Père cappadocien, archevêque de Césarée. Ses Règles ascétiques (Asketika) sont une référence majeure du monachisme oriental. Le texte arabe le nomme « نسكيات » (nuskiyāt) — ses « ouvrages ascétiques ».

[14] Référence à 1 Rois 19,19-21 et 2 Rois 2 — Élisée fils de Saphat, originaire d’Abel-Méholah, abandonna ses bœufs pour suivre Élie le Tishbite et le servir jusqu’à son enlèvement. Modèle classique de l’obéissance du disciple à son maître spirituel dans la tradition monastique.

[15] Le rite copte de la profession monastique comporte la coupe des cheveux en forme de croix et le revêtement de l’habit (le schéma, al-Iskim). Il ne s’agit pas de la tonsure cléricale latine — le cercle rasé au sommet du crâne marquant l’entrée dans l’état clérical — qui n’a pas cours dans la tradition copte.

[16] « Le livre d’al-Zadūs » (الزدوس) — vraisemblablement un manuel de catéchèse monastique attribué à « Abba al-Salīb » (« Père de la Croix »). Ouvrage non identifié avec certitude dans la tradition copte connue ; possiblement une œuvre apocryphe ou un traité d’instruction monastique conservé localement.

[17] Saint Basile le Grand (330-379) — Père cappadocien. Sa Liturgie eucharistique est l’une des trois liturgies utilisées dans l’Église copte orthodoxe (avec celles de saint Grégoire et de saint Cyrille).

[18] « Oraison » rend ici l’arabe Ushiya (أوشية), du copte ⲉⲨⲬⲎ et du grec εὐχή (« prière »). Ce sont les prières solennelles dites par le célébrant ; les trois grandes Oraisons de la liturgie copte sont celles de la paix, des Pères et des assemblées.

[19] Saint Antoine le Grand (Antonios al-Qiddīs, 251-356) — le « Père du monachisme ». Pionnier de la vie érémitique en Égypte. Sa Doxologie est traditionnellement chantée lors des rites monastiques coptes.

[20] Psaume 33 (LXX) = Psaume 34 (numérotation hébraïque). « Bénir le Seigneur en tout temps », « Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon ». Traditionnellement choisi pour son contenu pastoral et ascétique.

[21] Psaume 55 (LXX) — appel à la délivrance contre les méchants. Les versets 7-8 (« qui me donnera des ailes comme à la colombe, je m’envolerais ») expriment le désir monastique de retraite et de détachement.

[22] Le Trisagion (« trois fois saint », du grec Τρισάγιον) : l’hymne « Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous ». Dans le rite copte, il est adressé au Christ et reçoit l’addition dite théopaschite : « toi qui fus crucifié pour nous ».

[23] Éphésiens 6,10-17 — la fameuse péricope sur « l’armure de Dieu » : ceinture de la vérité, cuirasse de la justice, chaussures de l’Évangile de paix, bouclier de la foi, casque du salut, épée de l’Esprit. Lecture-modèle pour le moine engagé dans le combat spirituel.

[24] Jean 3,1-16 — le dialogue avec Nicodème sur la nécessité d’être « né de nouveau, d’eau et d’Esprit ». Lecture évangélique paradigmatique pour la profession monastique, comprise comme une seconde naissance.

[25] La « qalansuwa » (قلنسوة) — du persan kalānsūt — est le capuchon ou bonnet caractéristique du moine copte.  Il représente l’humilité, la garde, et la sainte vigilance. Comparable au « koukoulion » des moines byzantins.

[26] « Sabīq » (السابق) = le Précurseur, c’est-à-dire saint Jean-Baptiste. Le moine, vêtu de la qalansuwa, devient un imitateur du Précurseur dans son ascèse au désert. La référence évoque sa ceinture de cuir et son vêtement de poils de chameau (Mt 3,4).

[27] Psaume 35 (36 LXX), v. 10 — « Dans ta lumière nous voyons la lumière. » Référence à Dieu comme source de toute illumination.

[28] Le « Schéma » (ⲒⲤⲬⲎⲘⲀ, en arabe al-Iskim) est l’habit monastique distinctif. Le « grand schéma » (al-Iskim al-Kabīr) est la pleine forme — donnée après une période supplémentaire d’épreuve — par opposition au « petit schéma » (al-Iskim al-Ṣaghīr) reçu à la première profession.

[29] Hébreux 13,7-25 — exhortation finale de l’épître aux Hébreux. La lecture culmine au verset 13 : « Sortons donc à lui hors du camp, en portant son opprobre. Car nous n’avons pas ici une cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir. » C’est la profession de foi monastique par excellence : la sortie hors du monde vers la cité du Royaume.

[30] Psaume 91 (LXX), v. 13-14 : « Le juste fleurira comme le palmier ; comme le cèdre du Liban il croîtra. Plantés dans la maison du Seigneur, dans nos parvis ils fleuriront. » Référence biblique majeure pour la croissance dans la vie spirituelle.

[31] Luc 12,42-46 et parallèle Matthieu 24,45-51 — la parabole du « serviteur fidèle et avisé » mis sur la maison pour donner à manger en temps voulu. Lecture évangélique typique du rite du grand schéma : le moine est ce serviteur attendant son Maître.

[32] Allusion à Luc 10,19 (« je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi »). Bénédiction donnée au moine revêtu du schéma : autorité contre les puissances spirituelles mauvaises.

[33] La « porte étroite » — référence à Matthieu 7,13-14 (« Entrez par la porte étroite, car large est la porte, et spacieux le chemin qui mènent à la perdition, et nombreux sont ceux qui y entrent. Mais combien étroite est la porte qui mène à la vie ! »). Imagerie du combat spirituel monastique.

[34] Saint Antoine le Grand (251-356) — « Père du monachisme ». Sa vie est rapportée par saint Athanase. La vision relatée ici — l’âme jugée par les puissances de l’air, déclarée pure parce qu’elle a embrassé le monachisme — est un récit typique de la tradition monastique copte. La doctrine du monachisme comme « second baptême » (ré-application de la grâce baptismale) est attribuée traditionnellement à saint Antoine.

[35] 1 Corinthiens 7,25-34 — l’enseignement de saint Paul sur la virginité et le mariage. Lecture-clef pour la consécration des moniales. Le « temps est court » (v. 29) appuie l’urgence de la vocation au détachement.

[36] Psaume 44 (45 LXX), v. 14-16 — épithalame messianique. Les versets décrivent la fille du Roi et ses compagnes vierges introduites au palais. Lecture parfaite pour la consécration des vierges qui deviennent épouses de l’Agneau.

[37] Matthieu 25,1-13 — la parabole des dix vierges. Cinq vierges sages, cinq folles. Lecture évangélique paradigmatique pour la consécration des moniales : elles deviennent les vierges sages qui veillent avec leur lampe allumée pour la venue de l’Époux Christ.

[38] 2 Corinthiens 10,1-5 — la « guerre spirituelle » selon saint Paul : « les armes de notre combat ne sont pas charnelles, mais puissantes en Dieu pour renverser les forteresses ». Lecture pour le rite du grand schéma féminin, soulignant le combat spirituel propre à l’ascèse de l’Iskim.

[39] Luc 14,25-35 — la péricope sur le « coût du discipulat » : haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants pour suivre le Christ ; porter sa croix ; renoncer à tous ses biens. L’image de la tour à construire et du roi qui calcule ses forces avant la bataille. Conclu par « le sel de la terre » — qui ne sert plus à rien s’il s’éventer. Lecture du combat radical du grand schéma.

[40] Isaïe 61,10 — « Je me réjouirai dans le Seigneur, mon âme exultera en mon Dieu — car il m’a revêtu des vêtements du salut, et m’a couvert du manteau de la justice, comme l’époux orne sa tête d’une couronne, comme l’épouse se pare de ses joyaux. » Référence centrale pour le revêtement de l’habit monastique féminin.

[41] Apocalypse 19,7-9 — « Réjouissons-nous, exultons, rendons-lui gloire : voici les noces de l’Agneau ; son épouse s’est préparée, et il lui a été donné de se vêtir d’un fin lin éclatant et pur. » Image-clef pour la moniale revêtant le schéma : épouse de l’Agneau préparée pour les noces eschatologiques.

[42] Jacques 5,14-15 — « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les prêtres de l’Église, et que ceux-ci prient sur lui, l’oignant d’huile au nom du Seigneur. Et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera. » Fondement biblique de l’onction des malades.

[43] Psaume 50 (51 LXX) — le « Miserere », le grand psaume de la pénitence : « Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande miséricorde ». Récité avec le Psaume 6 (« Domine, ne in furore tuo ») sur le malade.

[44] Référence à la parabole des dix vierges (Mt 25,1-13) — la Mère supérieure est demandée d’être au nombre des « cinq vierges sages » qui ont leur lampe allumée pour la rencontre de l’Époux.

[45] Matthieu 11,28-30 — « Venez à moi, vous tous qui peinez et qui ployez sous le fardeau, et je vous donnerai du repos. » Verset central pour le rite du recluse (al-Ḥabīs), qui se retire de la communauté monastique pour la vie solitaire.

[46] Genèse 19,17-26 — la femme de Lot, qui en regardant en arrière hors de Sodome, fut transformée en statue de sel. Image classique dans la tradition monastique copte de la chute par regret du monde quitté.

[47] L’expression « نكرز » (nakraz) signifie « nous prêchons / nous proclamons ». Le sens dans le texte est : « nous écrivons à propos de [la baptême] », indiquant que ce chapitre va exposer la doctrine baptismale et son rite.

[48] Acte 8,18-24 — Simon le Magicien tenta d’acheter le don du Saint-Esprit avec de l’argent. Saint Pierre le rejeta : « Que ton argent périsse avec toi. » Origine du terme « simonie » pour désigner le trafic des choses saintes.

[49] Référence à l’unique baptême chrétien dans la triple immersion au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit (Matthieu 28,19), suivant la pratique de l’Église ancienne.

[50] L’« huile des catéchumènes » (en copte ⲈⲖⲈⲞⲚ ⲬⲢⲒⲤⲬⲈⲤⲈⲞⲤ, en grec ἔλαιον κατηχήσεως) est l’huile dont on oint le candidat au baptême sur le front avant l’immersion, distincte du saint Chrême (Myrôn) appliqué après l’immersion.

[51] Renonciation à Satan tournée vers l’Occident (qui symbolise les ténèbres, le monde et le diable) ; profession de foi tournée vers l’Orient (qui symbolise la lumière, le Paradis, et le Christ — « Soleil de justice »). Une caractéristique des liturgies baptismales antiques de toutes les traditions chrétiennes.

[52] Tite 3,4-7 — « Quand a paru la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes — non en raison d’œuvres de justice que nous aurions accomplies, mais en raison de sa miséricorde — il nous a sauvés par le bain de régénération et de renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a répandu sur nous abondamment, par Jésus-Christ notre Sauveur. » Lecture-clef pour le baptême : le bain de régénération.

[53] 1 Jean 5,1-5 — « Qui est celui qui vainc le monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » Lecture du combat de la foi qui accompagne le baptême.

[54] Actes 8,26-40 — Philippe et l’eunuque éthiopien. L’eunuque demande : « Voici de l’eau ! Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » Et Philippe le baptise dans l’eau du chemin. Lecture-modèle du baptême par effusion d’eau, sur la foi.

[55] Le « Myrôn » (le saint Chrême) est l’huile sainte parfumée — composée d’huile d’olive et d’aromates — consacrée par le patriarche en grande pompe. Son application complète le baptême et confère le sceau du Saint-Esprit (cf. 2 Co 1,21-22).

[56] Le « zunnâr » est la ceinture distinctive du chrétien copte, traditionnellement portée par le baptisé sous ses vêtements. Le mot vient du persan « zonār » via le grec « ζωνάριον » (petite ceinture). Pendant la période fatimide, le port de la ceinture fut imposé aux chrétiens et aux juifs comme distinction extérieure.

[57] Le don de lait et de miel au baptisé est un usage très ancien attesté chez Hippolyte de Rome (IIIᵉ s.), Tertullien, etc. Il symbolise l’entrée dans la Terre promise « où coulent le lait et le miel » (Ex 3,8) — image du Royaume.

[58] L’embryologie traditionnelle copte (et arabe médiévale) considérait que l’embryon humain se constituait progressivement, partant du cerveau et descendant chaque jour vers un organe, atteignant sa forme complète aux 40 jours. C’est sur ce schéma physiologique qu’est calqué le rituel d’onction avec le saint Chrême (Myrôn), qui « renaît » le corps en signifiant chaque partie.

[59] Saint Anbâ Pierre, évêque d’al-Bahnasāwī — auteur d’un ordo (taqrīz) pour la consécration des baptistères, mentionné par Ibn Kabar. Hégoumène Jérémie qui a transmis cet ordo est également cité.

[60] Genèse 28,10-22 — Jacob en route de Beersheba quitta Beersheba, rêva de l’échelle reliant la terre au ciel et fit vœu : « Si Dieu… alors je t’en donnerai la dîme. » Lecture vétérotestamentaire pour la consécration de la baptistère, qui devient échelle céleste.

[61] Isaïe 1,16-17 — « Lavez-vous, purifiez-vous… Apprenez à bien faire ; cherchez ce qui est juste, secourez l’opprimé. » Appel prophétique parfaitement adapté à la purification baptismale.

[62] Ézéchiel 40,1ff — vision du nouveau Temple, l’homme à l’apparence d’airain mesurant l’édifice. Lecture du nouveau Temple qui est l’Église baptismale.

[63] Éphésiens 4,1-13 — « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à mener une conduite digne de l’appel… un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. » Lecture-clef pour la consécration.

[64] L’an 1230 des Martyrs (calendrier copte) = 1514 AD. Mais Ibn Kabar étant mort en 1324, cette date est postérieure à sa rédaction — elle provient sans doute d’un copiste ou éditeur, peut-être Samuel le Syrien qui a établi l’édition de 1992 d’après le manuscrit de 1514.

[65] La prière du matin (al-Bākir) — première heure du matin (6 h environ), correspondant à Prime dans le rituel latin.

[66] La troisième heure (al-Thālitha) = 9 h du matin — heure de la Pentecôte selon Actes 2,15 (« Il est 9 h du matin »). Heure principale de l’envoi du Saint-Esprit.

[67] La sixième heure (al-Sādisa) = midi — heure de la crucifixion du Christ selon les évangélistes (Mt 27,45 ; Mc 15,33 ; Lc 23,44 ; Jn 19,14).

[68] La neuvième heure (al-Tāsiʿa) = 15 h — heure de la mort du Christ (Mt 27,46-50 ; Mc 15,34-37 ; Lc 23,46) et heure de la pénitence d’Adam au jardin d’Éden.

[69] La onzième heure (la prière de la fin du jour / Vêpres / al-Ghurūb) — au coucher du soleil. Souvent associée à l’expulsion d’Adam du Paradis et à la mise au tombeau du Christ.

[70] La prière du sommeil (Ṣalāt al-Nawm / Complies) — début de la nuit. Liée à la première mort sur Adam et Ève (cf. Gn 3,3 « le jour où vous en mangerez, vous mourrez »), et à la mise au tombeau du Christ.

[71] La prière de minuit (Nuṣf al-Layl / Vigiles / Matines) — la septième heure. Liée à la résurrection du Christ, à la naissance, et au retour eschatologique du Maître selon Mt 25,6.

[72] Le patriarche Anbâ Benjamin Iᵉʳ (623-662) — 38ᵉ patriarche d’Alexandrie. Il a vécu la conquête arabe de l’Égypte (640-642). Auteur de plusieurs prières liturgiques utilisées dans les églises coptes du Caire et d’Alexandrie.

[73] Saint Pacôme l’Ancien — fondateur de la vie cénobitique en Haute-Égypte (vers 290-346). Saint Macaire l’Ancien (300-391) — Père du désert de Scété. La « Prière du Voile » (Ṣalāt al-Sitār) est une prière monastique très ancienne, gardée par les moines coptes du désert.

[74] Le Hawas (en copte ϨⲰⲞⲨⲤ ; en arabe الهوس) — ensemble de psaumes scandés ensemble dans la Psalmodie copte. Il y en a quatre traditionnels — chacun centré sur un cantique vétérotestamentaire ou un thème : le 1ᵉʳ (Exode 15 — Cantique de Moïse), le 2ᵉ (Psaume 135 — Hymne d’action de grâces), le 3ᵉ (Dn 3 — Cantique des trois enfants), le 4ᵉ (Ps 148-149-150 — Louange universelle).

[75] L’Abṣaliyya (الابصالية, du copte ⲠⲤⲀⲖⲒⲀ — ‘psalie’) est un poème liturgique composé selon un schéma alphabétique, intercalé dans le Psaumodia. Il en existe deux formes : « Adam » (lundi-mardi-mercredi) et « Watus » (jeudi-vendredi-samedi).

[76] Le Difnāriyya (الدفناري) — recueil liturgique copte contenant les chants propres aux saints et aux fêtes pour chaque jour de l’année. C’est l’équivalent copte du Synaxaire (livre des vies des saints) en forme chantée.

[77] Le patriarche Anbâ Jean — vraisemblablement Anbâ Jean VI (1189-1216), 74ᵉ patriarche d’Alexandrie, ou Anbâ Jean III le Compatissant (677-686). Il a établi la coutume monastique du baiser de la Croix à la fin de la prière plutôt qu’à la lecture de l’Évangile.

[78] L’église al-Muʿallaqa (الكنيسة المعلقة — « l’Église Suspendue ») — l’une des plus anciennes églises coptes du Caire (VIIᵉ siècle), située sur le bastion sud de la forteresse byzantine de Babylone. Elle fut souvent siège patriarcal copte au Moyen Âge.

[79] Le mot « Canon » (قانون, qānūn) vient du grec κανών (« règle », « mesure », « tige droite »), passé en syriaque puis en arabe. Il désigne soit la règle ecclésiale (loi de l’Église), soit une pièce liturgique servant de transition.

[80] Matthieu 25,6 — « Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’Époux ! Sortez à sa rencontre !’  » Verset central pour la prière de minuit (la septième heure canoniale).

[81] Bāb al-Ḥijāb (باب الحجاب) = la « Porte du Voile » — l’iconostase. Le Khūrus (الخورس, du grec χορός) = le chœur — l’espace entre l’iconostase et la nef, occupé par les chantres et les diacres.

[82] Exode 15 — le Cantique de Moïse après le passage de la Mer Rouge : « Chantons au Seigneur, car il s’est glorifié magnifiquement ; il a précipité dans la mer cheval et cavalier. » Premier cantique de la Psalmodie copte.

[83] Daniel 3,52-90 (LXX) — le Cantique des Trois Jeunes Gens dans la fournaise de Nabuchodonosor : Anania (Sidrach), Azaria (Misach), et Misaël (Abdénago). Le texte n’existe que dans la Septante. Cantique-clef de la liturgie copte.

[84] Le Lubsh (اللبش, du copte ⲖⲨⲠϢ) — la « clôture » — pièce liturgique brève qui ferme un Hawas dans la Psalmodie copte.

[85] Psaumes 148-149-150 — Psaumes ‘Laudate’ — louange universelle de toute la création au Seigneur. Quatrième Hawas, conclusion solennelle de la Psalmodie copte.

[86] Theotokia (ⲐⲉⲟⲧⲟⲕⲒⲱⲚ, en arabe التيوطوكية ou التاوضوكية) — du grec Θεοτόκος, « Mère de Dieu ». Ce sont des hymnes spécifiques à la Vierge, propres à chaque jour de la semaine, incorporés dans la Psalmodie copte.

[87] Saint Athanase le Grand (296-373), 20ᵉ patriarche d’Alexandrie. La tradition copte attribue de nombreux textes hymnographiques à son inspiration, bien que cette attribution soit historiquement incertaine pour certains.

[88] Saint Macaire le Grand (300-391) — Père du désert de Scété, fondateur de l’un des trois grands monastères copts du Wadi al-Naṭrūn (le Wādī Habīb). De nombreux moines fayoumiens ont participé à la tradition hymnographique copte sous son influence.

[89] Les trois Liturgies eucharistiques de l’Église copte : (a) Saint Basile le Grand (330-379), Cappadocien — Liturgie de la plupart de l’année ; (b) Saint Cyrille d’Alexandrie (mort 444), 24ᵉ patriarche, qui a complété la Liturgie attribuée à saint Marc l’Évangéliste — pour le Carême et le mois de Kiyahk ; (c) Saint Grégoire de Nazianze le Théologien (329-389), Cappadocien — pour les fêtes du Seigneur.

[90] Le mois de Kiyahk (كيهك) est le quatrième mois du calendrier copte (10 décembre – 8 janvier). Il est consacré à l’attente de la Nativité du Christ — d’où l’usage particulier de la Liturgie de saint Marc/Cyrille durant ce mois.

[91] La neuvième heure = 15 h. Dans le calendrier liturgique copte, durant les jours de jeûne (Carême, mercredis et vendredis non festifs), la Liturgie eucharistique commence à la neuvième heure — moment où le Christ est mort sur la croix.

[92] Le monastère de Saint Macaire (Dayr Abū Maqār) au Wādī al-Naṭrūn — l’un des trois grands monastères copts du désert de Scété. Coutume locale ancienne : les prêtres-moines ne portent pas le burnus pendant la Liturgie eucharistique mais seulement durant les heures de prière.

[93] L’« Agneau » (al-Ḥaml, الحمل) est le pain eucharistique copte, un disque rond marqué au centre d’une croix entourée des lettres ΙΣ ΧΣ ΝΙΚΑ (« Jésus-Christ vainc »), et de douze petites croix autour représentant les douze Apôtres.

[94] Psaume 17 (LXX) / 18 (Hébreu) — Psaume royal de David, hymne d’action de grâces pour la délivrance. Le verset 17,3 « Le Seigneur est ma protection, ma forteresse… » est récité silencieusement par le prêtre pendant l’ablution des mains.

[95] La « pathène » (en arabe Ṣīniyya, الصينية) est le plateau circulaire en métal — généralement en argent — sur lequel est placé l’Agneau (pain consacré) durant la Liturgie eucharistique copte. Le geste de placer l’Agneau dessus évoque la mise au tombeau du Christ.

[96] L’Ibrisifārīn (الابرسفارين, du grec ἀὴρ — « l’air ») est le voile sacré qui couvre les Saints Dons (l’Agneau et le calice) sur l’autel après l’offertoire. Il symbolise la pierre roulée devant le tombeau du Christ.

[97] Le baiser de paix (al-Maṣīb / al-Mubāyaʿa) — ancien rite de l’Église primitive, mentionné déjà chez saint Justin Martyr (IIᵉ siècle) — où les fidèles s’embrassent en signe de réconciliation avant l’Eucharistie (cf. Mt 5,23-24).

[98] L’Archidiacre (al-Arshī Diyākūn, du grec ἀρχιδιάκονος) est le premier des diacres, qui assiste l’évêque ou le patriarche. Dans la procession, il vient immédiatement après les évêques et les prêtres.

[99] La « Pauline » (al-Būlus, البولس) est la lecture tirée des épîtres de saint Paul. C’est la première des trois lectures pré-évangéliques (Pauline, Catholique, Praxis) qui précèdent l’Évangile dans la Liturgie copte.

[100] La « Catholique » (al-Kāthūlīkūn, الكاثوليكون) est la lecture tirée des épîtres « universelles » : Jacques, 1-2 Pierre, 1-2-3 Jean, Jude. Deuxième lecture pré-évangélique.

[101] Le « Praxis » (Ⲡⲣⲁⲝⲓⲥ, en arabe الإبركسيس) est la lecture tirée des Actes des Apôtres. Troisième et dernière lecture pré-évangélique, avant l’Évangile lui-même.

[102] Le « Maṭānuw » (المطانوة, du grec μετάνοια) = la prostration, ou plutôt une inclination profonde. Acte de pénitence et de respect dans la liturgie copte.

[103] Le mois de Kiyahk est le quatrième mois copte (10 décembre – 8 janvier), consacré à l’attente de la Nativité du Christ. Les hymnes mariales y sont particulièrement présentes — d’où l’usage de l’hymne de la Vierge avant l’Évangile.

[104] Saint Macaire le Grand (300-391), Père du désert de Scété. La tradition de son monastère (Dayr Abū Maqār) — sans répons aux psaumes — reflète l’austérité hésychaste primitive.

[105] Jean 20,12 — « [Marie-Madeleine] vit deux anges en blanc, assis là où avait été le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. » C’est la base symbolique de la position du prêtre et du diacre face à face devant l’autel — l’autel représentant le tombeau du Christ.

[106] Le Symbole de Nicée-Constantinople (325/381) — la profession de foi commune à toutes les Églises chrétiennes anciennes (à l’exception du Filioque ajouté en Occident plus tard). Récité à chaque Liturgie eucharistique.

[107] Le Jeudi Saint (« Pacte de Notre Seigneur ») commémore l’institution de l’Eucharistie. Liturgiquement, le Credo est récité différemment ce jour-là — particulièrement après le rite du lavement des pieds.

[108] Le Jeudi saint, appelé « Jeudi du Pacte » (al-Khamīs al-ʿAhd, « jeudi de l’Alliance ») : il commémore la Cène et le lavement des pieds, célébré dans le rite copte par le Laqqān (bénédiction de l’eau et lavement des pieds).

[109] « Ne touchera plus rien sinon les vases consacrés de l’autel » — règle de pureté rituelle qui marque le passage du prêtre dans la zone du sacré stricto sensu, où il agira désormais in persona Christi.

[110] Le patriarche Anbâ Benjamin Iᵉʳ (623-662), 38ᵉ patriarche d’Alexandrie. Il a vécu la conquête arabe et établi de nombreux usages liturgiques. Sa coutume de ne pas encenser ses mains lors de la Liturgie marquait son humilité.

[111] Le Tadhakiyya (التذاكية) — la commémoration solennelle des Pères. Lorsque le Patriarche préside, la commémoration s’étend pour inclure les patriarches précédents et les évêques de l’Église.

[112] Les acclamations au Patriarche — formulaires byzantins-coptes très anciens, exprimant la sollicitude pour la santé et la longévité du pasteur suprême, et la prière pour que ses ennemis soient soumis (Ps 110/109).

[113] L’Anaphore (du grec ἀναφορά, « offrande, élévation ») est la grande prière eucharistique de la consécration, qui va de la prière de paix à la communion. L’Église copte en emploie trois : celle de saint Basile, celle de saint Grégoire le Théologien et celle de saint Cyrille (dite aussi de saint Marc).

[114] Christologie copte orthodoxe — formulation classique de l’union miaphysite : « La divinité ne se sépara de l’humanité, pas un seul instant, pas un clin d’œil. » Cette formule, attribuée à saint Cyrille d’Alexandrie, exprime l’indivisibilité du Christ même dans la mort sur la Croix.

[115] L’Apsabidiqun (الأسباديقون / الأبسبديكون, du grec ἀπιδώρων ou ἁγία) — la partie centrale et la plus sainte de l’Agneau, consacrée par-dessus tout. Quand il y a plusieurs calices à consacrer, on en prélève une parcelle pour chaque autre calice.

[116] « Le diacre est le porteur du calice » — règle de tradition copte. Le calice après la communion est porté exclusivement par le diacre serviteur, pour le respect des Saints Mystères.

[117] L’Awlūjiya (الأولوجيا, du grec εὐλογία — « bénédiction ») = le pain bénit non consacré (le restant de l’offrande), distribué aux fidèles à la fin de la Liturgie. Équivalent de l’antidoron byzantin.

[118] Les pièces de la vesture patriarcale copte. Note : les noms coptes/grecs (Tichapon, Niyapis, Epitoutrachilion, Opion, Oryryon) reflètent une terminologie technique d’origine grecque, intégrée dans la liturgie copte depuis l’époque byzantine.

[119] Le Khamsīn (الخمسين) — les cinquante jours de la Pentecôte, de Pâques au dimanche de la Pentecôte. Période de joie spirituelle : pas de jeûne, ni le mercredi ni le vendredi. C’est la grande période de relâchement liturgique de l’année copte.

[120] Le Sabt al-ʿĀzar (Samedi de Lazare) — célèbre la résurrection de Lazare par le Christ (Jean 11), prélude à la Passion. Le jour suivant — le Dimanche des Rameaux (ʿĪd al-Shaʿānīn) — l’entrée triomphale à Jérusalem.

[121] Le « Bash » (البش) est un hymne liturgique copte, court et joyeux, qui ouvre certaines célébrations particulières comme le Dimanche des Rameaux (sur le ton de la Croix).

[122] Patriarche Anbâ Yu’annis (Jean) — probablement Anbâ Jean VI (1189-1216) ou Anbâ Jean VII (1262-1268), contemporain ou prédécesseur d’Ibn Kabar. Il a ordonné le repos pendant la lecture des prophéties pour soulager le peuple.

[123] La règle du jeûne pendant le Carême copte : la Liturgie eucharistique est célébrée à la neuvième heure (15 h), finissant à la onzième heure (17 h). Le jeûne est rompu « proche du coucher du soleil ».

[124] La Liturgie de saint Cyrille (= saint Marc) — utilisée durant les jours du Carême et du mois de Kiyahk, comme mentionné dans le fascicule 55.

[125] Aḥad al-Tanāṣīr (احد التناصير) — le « Dimanche du Baptême » — le sixième dimanche du Carême copte. Tradition : c’est ce jour-là que serait consacré le saint Myrôn. La tradition rapporte aussi que c’est en ce jour que les Apôtres eux-mêmes furent baptisés.

[126] Les canons apostoliques — collection de canons attribués traditionnellement aux Apôtres. Le 57ᵉ canon mentionné par Ibn Kabar interdit aux prêtres de boire du vin pendant le Carême et les jeûnes hebdomadaires.

[127] Le grand Carême copte (« jeûne de la sainte Quarantaine ») comprend les quarante jours saints, prolongés par la Semaine sainte ; une semaine préparatoire le précède, ce qui porte l’ensemble à cinquante-cinq jours. Le jeûne y est strict (sans aliments d’origine animale) et allégé les samedis et dimanches.

[128] Hébreux 13,12-13 — « C’est pourquoi Jésus aussi, pour sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Sortons donc vers lui, hors du camp, en portant son opprobre. » Base de la coutume copte de prier hors du Sanctuaire durant la Semaine Sainte.

[129] La Dustulia (الدستلية) = la Didascalie des Apôtres / les Constitutions Apostoliques — recueil de règles ecclésiales des premiers siècles, très influent dans la tradition copte. Le 31ᵉ chapitre traite du jeûne pascal.

[130] Baramhāt (برمهات) — le septième mois du calendrier copte (10 mars – 8 avril). L’équinoxe de printemps tombe vers le 22 Baramhāt. La règle vise à fixer Pâques après l’équinoxe, distinct de la Pâque juive.

[131] La règle copte : le dimanche de la Résurrection ne doit jamais coïncider avec la Pâque juive, et toujours tomber un dimanche. C’est le fondement du comput pascal copte (calcul de la date de Pâques).

[132] Le « chant du coq » (ṣiyāḥ al-dīk) marque l’aube. C’est le moment traditionnel de la fin de la vigile pascale et de la rupture du jeûne du Samedi Saint à l’aube du dimanche de la Résurrection.

[133] Matthieu 9,15 — « Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger tant que l’époux est avec eux ? Mais les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. » Justification scripturaire du jeûne de la Passion.

[134] Saint Hippolyte de Rome (170-235) — théologien et vraisemblablement antipape, auteur présumé de la Tradition apostolique. La tradition orientale le présente comme « Patriarche de Rome » bien qu’il semble qu’il n’ait été que prêtre. Ses canons sur le jeûne pascal sont cités par Ibn Kabar.

[135] La triade « pain, sel et eau » (khubz, milḥ, mā’) — le régime du jeûne strict de la Semaine Sainte copte, encore observé aujourd’hui par les plus rigoureux : abstention de tout aliment cuit, ne consommant que ces trois éléments de base.

[136] Romains 8,17 — « Si nous souffrons avec lui, c’est afin d’être glorifiés avec lui. » Théologie de la participation aux souffrances du Christ pour participer à sa gloire — fondement du jeûne pascal.

[137] Le lavement du corps avant la fin de la vigile pascale — ancien usage de purification corporelle marquant la régénération baptismale, le baptême ayant traditionnellement lieu à Pâques.

[138] Jean 5,28-29 — « Tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et en sortiront : ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. »

[139] Psaume 132 (131),4-5 — « Je n’accorderai point de sommeil à mes yeux, ni d’assoupissement à mes paupières, jusqu’à ce que j’aie trouvé un lieu pour le Seigneur. » Verset de la vigilance spirituelle cité dans le canon.

[140] Les Ṭabaʿāt (الطبعات) — pièces liturgiques de la Semaine Sainte copte, accompagnées de prostrations (Maṭāniya). Il en existe traditionnellement dix-huit, parfois réduites à douze.

[141] Le « Kyrie eleison quarante-huit fois » — pratique pénitentielle copte intense de la Semaine Sainte, répétant la supplication « Seigneur, aie pitié » un grand nombre de fois, symbolisant la pénitence prolongée.

[142] Le Khamīs al-ʿAhd (خميس العهد) = le « Jeudi du Pacte » = le Jeudi Saint. Commémore la Cène, l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds. « Pacte » (ʿAhd) renvoie à la nouvelle alliance scellée dans le sang du Christ.

[143] Les vêtements noirs du Jeudi Saint — marque du deuil de la Passion. L’autel et le sanctuaire sont voilés de noir, contrastant avec le blanc habituel.

[144] Le « Nouveau Mouth » (al-Fam al-jadīd) — expression copte désignant la nouvelle alliance instituée par le Christ à la Cène, par opposition à l’ancienne. Le pain du Jeudi Saint en est le mémorial.

[145] Matthieu 13,33 — « Le royaume des cieux est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que la pâte soit toute levée. » Évangile lu lors du pétrissage du pain eucharistique du Jeudi Saint.

[146] Le Laqqān (اللقان, du grec λεκάνη — « bassin ») = le rite de la bénédiction de l’eau et du lavement des pieds, célébré le Jeudi Saint (et aussi à la fête de l’Apôtre et à la Théophanie), en mémoire de Jean 13 où le Christ lave les pieds de ses disciples.

[147] Les lectures vétérotestamentaires du Laqqān : Genèse 18 (Dieu apparaît à Abraham aux chênes de Mambré et on lave les pieds des trois visiteurs), Josué, Isaïe, Ézéchiel (à deux reprises). Toutes contiennent des thèmes d’eau, de purification ou d’hospitalité.

[148] Jean 13,1-17 — « Avant la fête de la Pâque… il se leva de table, ôta ses vêtements, prit un linge dont il se ceignit… et se mit à laver les pieds des disciples. » Récit-fondement du rite du Laqqān.

[149] Les lectures vétérotestamentaires du Laqqān : Genèse 18 (Dieu apparaît à Abraham aux chênes de Mambré et on lave les pieds des trois visiteurs), Josué, Isaïe, Ézéchiel (à deux reprises). Toutes contiennent des thèmes d’eau, de purification ou d’hospitalité.

[150] Le Sheikh al-Safī ibn al-ʿAssāl (XIIIᵉ siècle) — grand canoniste copte, auteur d’une somme canonique majeure (le Majmūʿ al-Qawānīn / « Nomocanon »). Ibn Kabar cite son 19ᵉ chapitre sur les fêtes. Les frères Ibn al-ʿAssāl furent des figures centrales de la renaissance littéraire copto-arabe.

[151] La Fête de la Croix (ʿĪd al-Ṣalīb) — célébrée le 10 Baramhāt en mémoire de l’apparition/découverte de la Croix à Jérusalem. Les Coptes la célèbrent aussi le 17 Tūt (dédicace de l’église du Saint-Sépulcre).

[152] Calendrier copte : Baramhāt = 7ᵉ mois (mars-avril) ; Kiyahk = 4ᵉ mois (déc-jan) ; Ṭūbah = 5ᵉ mois (jan-fév) ; Misrā = 12ᵉ mois (août-sept). Les correspondances avec les mois « syriens » (kānūn) et « hébreux » servaient à fixer les dates des fêtes.

[153] Le Baramoni (البراموني, du grec παραμονή — « veille, vigile ») = le jour de jeûne préparatoire qui précède immédiatement les grandes fêtes de la Nativité et de l’Épiphanie. On jeûne jusqu’au soir, en s’abstenant de viande et de graisses.

[154] La Liturgie de saint Grégoire le Théologien est utilisée pour les fêtes du Seigneur, car ses prières s’adressent directement au Christ (et non au Père), ce qui convient aux célébrations christologiques.

[155] Sainte Hélène (250-330), mère de l’empereur Constantin. Elle fit construire les basiliques de la Nativité et du Saint-Sépulcre, et la tradition lui attribue la découverte de la Vraie Croix — d’où le lien avec la Fête de la Croix.

[156] La fête de l’Épiphanie (al-Ghaṭas, الغطاس — « l’Immersion ») = le Baptême du Christ dans le Jourdain par saint Jean-Baptiste. En grec Theophania (Θεοφάνεια — « manifestation de Dieu »), en syriaque Denḥā. Célébrée le 11 Ṭūbah (6 janvier).

[157] La Transfiguration (al-Tajallī) — Matthieu 17,1-9 : le Christ transfiguré sur la montagne (le Thabor) devant Pierre, Jacques et Jean. Célébrée le 13 Misrā (19 août).

[158] Mois du calendrier copte cités ici : Misrā (≈ 7 août – 5 sept.), Ṭūbah (≈ 9 janv. – 7 févr.), Amshir (≈ 8 févr. – 9 mars), Baramhāt (≈ 10 mars – 8 avr.), Bashans (≈ 9 mai – 7 juin). Nisan est le mois du calendrier juif (≈ avril), repère du comput pascal.

[159] Anba Demetrius : Démétrius Iᵉʳ d’Alexandrie (XIIᵉ patriarche, vers 189–232), surnommé « le Vigneron ». La tradition copte lui attribue l’établissement du comput pascal.

[160] Al-bischa (de la racine grecque Páscha) : la Pâque. « La semaine de la Pâque » désigne la Semaine Sainte.

[161] L’épacte (al-abuqṭī, du grec epaktē) : nombre servant à fixer la date de Pâques dans le comput.

[162] Hymne propre à la Pentecôte ; incipit copte signifiant « l’Esprit, le Paraclet ».

[163] Le manuscrit emploie ici al-Malakiyya, désignant les chrétiens de rite byzantin (chalcédoniens).

[164] Le Catholicon (al-Kāthūlīkūn, du grec καθολικόν) : la lecture tirée des épîtres catholiques (Jacques, Pierre, Jean, Jude), proclamée après l’épître de saint Paul et avant le Praxis (les Actes des Apôtres).

[165] Ḥad al-ḥudūd (litt. « le dimanche des limites ») : premier dimanche après Pâques, dit aussi dimanche de Thomas. Il clôt la semaine pascale et ouvre la Cinquantaine.

[166] Al-imlāk : les fiançailles (l’engagement solennel). Al-iklīl : le couronnement, c’est-à-dire la célébration nuptiale proprement dite, au cours de laquelle les époux sont couronnés.

[167] Le manuscrit emploie ici al-Malakiyya, désignant les chrétiens de rite byzantin (chalcédoniens).

[168] Au baptême, le parrain (al-qābil, « celui qui reçoit ») tient l’enfant baptisé (al-maqbūl, « celui qui est reçu »). Il en naît une parenté spirituelle (al-ishbīn) qui fait empêchement de mariage.

[169] Le manuscrit nomme un saint Père dont le nom est de lecture incertaine.

[170] Al-raḍāʿ : la parenté de lait, née de l’allaitement par une même nourrice ; elle fait empêchement de mariage au même titre que la parenté du sang.

[171] Al-waḍʿ : ici, la parenté établie par convention — en particulier la parenté de lait — qui fait empêchement de mariage comme la parenté du sang.

[172] « Les lois des rois » : le droit civil (d’origine romaine et byzantine), distinct des canons de l’Église.

[173] La Didascalie (Didascalia) : ancien recueil de prescriptions ecclésiastiques mis sous le nom des Apôtres.

[174] Al-imlāk : l’engagement solennel (les fiançailles formelles) ; il précède la célébration nuptiale, le couronnement (al-iklīl).

[175] Al-mahr : la dot, somme versée par l’époux à l’épouse.

[176] Al-arbūn : les arrhes, avance versée sur la dot pour garantir l’engagement.

[177] « Les supérieurs » : les autorités ecclésiastiques, c’est-à-dire les évêques.

[178] « La huitième catégorie » : l’un des cas d’empêchement énumérés plus haut (fascicule 66).

[179] Le raṭl : ancienne unité de poids (la livre), variable selon les régions.

[180] La « coupe d’accusation » (kaʾs al-mubāhata) : rite par lequel une épouse accusée prête serment ; il rappelle l’ordalie des « eaux amères » du livre des Nombres. Le manuscrit en annonce ici la description « à la fin ».

[181] Al-ishbīn : le parrain (témoin) ; il accompagne les époux et porte le plateau rituel.

[182] Le Psaume 50 selon le comput grec et copte correspond au Psaume 51 de la numérotation hébraïque (« Aie pitié de moi, ô Dieu »).

[183] « Le Fils du tonnerre » : surnom de l’apôtre Jean (cf. Marc 3, 17).

[184] « Axios » (mot grec) : « Il est digne ! » ; acclamation également employée aux ordinations.

[185] Les noces de Cana (Jean 2), premier signe de Jésus, lecture traditionnelle des mariages.

[186] Délai de purification de l’accouchée : quarante jours après la naissance d’un garçon, quatre-vingts après celle d’une fille — usage hérité de la Loi (cf. Lévitique 12).

[187] Allusion à Jean 13, 10 : « Celui qui s’est baigné n’a besoin que de se laver les pieds. »

[188] L’omophorion (copte ballin, البلين) : large bande d’étoffe portée sur les épaules, insigne propre à la dignité épiscopale dans les Églises d’Orient ; il correspond, par sa fonction, au pallium occidental.

[189] L’Église Suspendue (al-Muʿallaqa) : célèbre église du siège patriarcal. Le monastère de Saint-Macaire se trouve au désert de Scété (Wādī al-Naṭrūn).

[190] Anba Marc fils de Zurʿa : Marc III, patriarche copte du XIIᵉ siècle ; le manuscrit indique ici son rang dans la liste des patriarches.

[191] L’eskīm : le grand habit monastique, degré le plus élevé de la vie monastique.

[192] Le Psaume 50 (numérotation grecque et copte) correspond au Psaume 51 hébraïque.

[193] Selon l’usage copte, le corps du patriarche ou de l’évêque défunt est dressé sur son trône pendant une partie de l’office.

[194] « Agios » (du grec ἅγιος, « saint ») désigne ici le Trisagion (« Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel »).

[195] Jean 10 : la parabole du bon Pasteur — lecture qui convient aux funérailles d’un pasteur de l’Église.

[196] « Le livre des funérailles » (kitāb al-janāʾiz) : le recueil liturgique propre où figurent ces offices au complet ; l’auteur n’en redonne ici que les lectures.

[197] Les numéros de psaumes et de chapitres donnés dans ces listes sont transcrits du manuscrit ; ils gagnent à être vérifiés sur le lectionnaire des funérailles.

[198] Le Qandīl (« la lampe ») : le sacrement de l’onction des malades, célébré avec une lampe à sept mèches et sept prières.

[199] Al-Bahnasā : l’antique Oxyrhynque, en Moyenne-Égypte. L’Église Suspendue (al-Muʿallaqa) est l’église du siège patriarcal.

[200] Prière de guérison populaire attribuée au martyr Anba Trībō, contre la rage transmise par morsure. L’auteur la range en appendice à l’onction des malades.

[201] Minyat Banī Khaṣīb : ville de Moyenne-Égypte (l’actuelle Minyā).

[202] Le katamḗros : le lectionnaire copte qui fixe, jour par jour, les lectures de l’année.

[203] L’épacte (al-abuqṭī) : le nombre qui marque le décalage de la lune sur le soleil ; il sert à fixer la date de Pâque et des fêtes mobiles.

[204] Les nombres de ce chapitre — et surtout ceux des deux tableaux — sont transcrits du manuscrit, dont les chiffres sont parfois peu lisibles. Le calcul en dépendant étroitement, ils sont à collationner sur une table de comput copte avant tout usage.

[205] Le Nayrūz : le Nouvel An copte, célébré le 1ᵉʳ Tūt (vers le 11 septembre). Il ouvre l’année des Martyrs (ère de Dioclétien, comptée à partir de 284 apr. J.-C.) et commémore les martyrs de l’Église.

[206] Le « calcul du Berger » (ḥisāb al-rāʿī) : une méthode populaire de repérage de l’avant-carême par les néoménies lunaires.

[207] Le pape Cyrille V (1874–1927), cent-douzième patriarche d’Alexandrie. Le higoumène ʿAbd al-Masīḥ al-Masʿūdī al-Barāmūsī (du monastère des Romains, à Scété) est l’éditeur de l’ouvrage imprimé.