TEXTE NON RÉVISÉ, NON VALIDÉ ET NON COMMANDÉ PAR L'ÉGLISE COPTE ORTHODOXE. TRADUCTION PRIVÉE PROPOSÉE AU LECTEUR.

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LE NOMOCANON

de

GABRIEL II IBN TURAYK

soixante-dixième patriarche d’Alexandrie

(1131-1145)

 

Recueil des canons de l’Église copte,

premier nomocanon copte composé en arabe

Texte établi sur les manuscrits, présenté et annoté par

LE P. ANTONIOS AZIZ MINA

(Le Patrimoine arabe chrétien, 12-13, Beyrouth, 1993)

 

Traduit de l’arabe, présenté et annoté par

SAMUEL METIAS

 

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La présente traduction française est une édition patrimoniale privée. Elle n’a été ni commandée, ni révisée, ni approuvée par l’Église copte orthodoxe, ni par aucune de ses autorités, et elle ne saurait tenir lieu de texte de référence canonique : seuls font foi le texte arabe original et les publications approuvées par l’Église. Le lecteur voudra bien signaler toute erreur qu’il y découvrirait.

 

© 2026 Samuel Metias, pour la traduction française, la présentation, les notes et l’appareil français.

Établissement du texte arabe et apparat critique : © 1993 Antonios Aziz Mina — Centre du patrimoine arabe chrétien, Beyrouth.

Texte canonique original : Gabriel II ibn Turayk, XIIᵉ siècle.

 

 

Avertissement du traducteur

 

La présente traduction est une édition patrimoniale, entreprise à titre privé. Le recueil canonique de Gabriel II ibn Turayk n’avait, à notre connaissance, jamais été rendu en français ; on a voulu le mettre à la portée du lecteur francophone, ami de l’histoire du droit de l’Église copte, sans rien retrancher de sa lettre ni adoucir son âpreté.

Cette entreprise n’a été ni commandée, ni revue, ni approuvée par l’Église copte orthodoxe, ni par aucune de ses autorités. Elle ne saurait tenir lieu de texte de référence canonique : seuls font foi le texte arabe et les publications approuvées par l’Église. On a traduit un document du XIIᵉ siècle ; on n’a promulgué aucune loi.

Le traducteur n’ignore pas ce qu’une telle tâche comporte de périls ; il tient la fidélité pour plus précieuse que l’élégance, et prie le lecteur de vouloir bien lui signaler toute erreur, afin qu’elle soit amendée.

 

 

 

Présentation

où le traducteur rend compte de son travail, et renvoie, pour le reste, à l’étude de l’éditeur

 

L’usage voudrait qu’un traducteur présentât ici l’ouvrage, son auteur, son temps et son manuscrit. Le P. Antonios Aziz Mina l’a fait avec une science achevée, dans l’étude introductive que l’on trouvera traduite intégralement ci-après : le lecteur y verra le cadre de l’Égypte fatimide, la vie du patriarche Gabriel II ibn Turayk, l’histoire du manuscrit unique et l’enquête sur les sources du recueil. On ne redira donc rien ici de ce qui y est mieux dit, et l’on se borne à ce qui appartient en propre au présent travail.

I. — L’édition arabe et le présent travail

L’édition de référence est celle du P. Antonios Aziz Mina, Majmūʿ qawānīn Ghubriyāl ibn Turayk, dans la collection du Patrimoine arabe chrétien (vol. 12-13), Beyrouth, Centre du patrimoine arabe chrétien, 1993 : deux tomes, joignant à une ample introduction savante le texte critique du recueil. Le lecteur y distinguera quatre voix : Gabriel, qui compile ; les sources anciennes qu’il cite ; l’éditeur moderne, à qui l’on doit la numérotation, les titres et l’apparat ; et le traducteur, à qui appartiennent le français et ses notes.

La traduction se veut intégrale et littérale, clause après clause, à la mesure de l’édition arabe ; elle conserve la rudesse de la lettre là où la fidélité l’exige, et elle a été collationnée sur les fac-similés des deux tomes. Les citations de l’Écriture suivent la Bible de Jérusalem. Les signes de l’édition et les conventions de lecture sont exposés dans la Note pour la lecture, placée en tête du recueil, après l’étude de l’éditeur.

Qu’il soit enfin permis au traducteur de dire que ces pages, où un pasteur du XIIᵉ siècle règle jusqu’au pain de l’offrande et au repos des morts, ne sont pas un monument mort : elles laissent entendre la voix d’une Église qui pria, jeûna et espéra dans la langue de ses épreuves ; puisse le lecteur y trouver, outre la lettre du droit, ce souffle-là.

 

 

 

ÉTUDE INTRODUCTIVE

de l’éditeur, le P. Antonios Aziz Mina

 

On donne ici la traduction française intégrale de l’étude qui, dans l’édition critique du P. Antonios Aziz Mina, précède le texte du recueil : la préface, la notice historique sur la condition des chrétiens à l’époque fatimide, la vie de Gabriel ibn Turayk et l’examen de son recueil. La voix est celle de l’éditeur moderne, savante et croyante, rendue avec fidélité ; les notes appelées « N.d.T. » sont du traducteur.

 

 

Préface

L’Église copte se trouva devant un océan débordant de sources canoniques anciennes, dans les deux langues grecque et copte : elles figuraient tout ce qui lui était échu des écrits des Pères et des canons des conciles. Et lorsque la langue arabe devint la langue du pays d’Égypte, l’Église copte se vit contrainte d’en donner une version arabe.

Restait la difficulté que faisaient l’étendue et l’abondance de cet héritage, et la peine qu’il y avait à s’en servir et à l’appliquer ; car il n’était point rangé sous des sujets déterminés : chaque source canonique avait traité les questions nées de son temps, à mesure que le besoin s’en présentait, en sorte que les redites y abondaient, et que les canons, parfois, se contredisaient.

De là le pressant besoin d’un autre genre de littérature canonique : le « recueil des canons » (majmūʿ al-qawānīn), qui dégageât des sources et des collections ce qui est utile et nécessaire, l’accordât en un tout, et le distribuât en chapitres séparés, en sorte que le propos sur un même sujet fût enfermé dans un seul chapitre.

Ce genre d’ouvrages commença de paraître à partir du onzième siècle, dans l’ordre chronologique que voici :

1. l’Abrégé (Mukhtaṣar) d’Abū Ṣāliḥ Yūʾannis, surnommé as-Sadīd ibn Nānā, composé avant l’an 1028 ;

2. le recueil de Gabriel ibn Turayk, composé avant l’an 1131 ;

3. le Kāmil al-qawānīn (« Le Livre accompli des canons ») de Michel de Damiette, composé en l’an 1188 ;

4. le Majmūʿ aṣ-Ṣafawī d’aṣ-Ṣafī ibn al-ʿAssāl, en ses deux recensions (la première en 1236, la seconde en 1238) ;

5. le Kitāb aṭ-ṭibb ar-rūḥānī fī ʿilāj ad-dāʾ an-nafsānī (« Livre de la médecine spirituelle pour le traitement du mal de l’âme »), attribué à Michel, évêque d’Atrīb et de Malīj (milieu du treizième siècle) ;

6. le Kitāb al-burhān fī l-qawānīn al-mukammala wa-l-farāʾiḍ al-muhmala (« Livre de la démonstration touchant les canons à compléter et les préceptes négligés ») d’Abū Shākir Buṭrus ibn ar-Rāhib, composé en 1270-1271 ;

7. le Jamʿ al-qawānīn al-muhmala min al-qawānīn al-mukammala (« Rassemblement des canons négligés tirés des canons complets ») de Faraj Allāh al-Akhmimī, dont le plus ancien manuscrit date de 1357.

Il vaut la peine de remarquer que, parmi ces ouvrages, ceux qui méritent véritablement le nom de « recueil des canons » ne sont, en réalité, que trois : le recueil de Gabriel ibn Turayk, celui de Michel de Damiette, et celui d’aṣ-Ṣafī ibn al-ʿAssāl. Quant aux autres, nous les trouvons ou bien abrégés, ou bien ne rapportant pas le texte des sources canoniques dont ils dérivent, ou bien traitant des canons à l’intérieur d’autres matières.

De là notre conviction de l’importance qu’il y a à étudier le recueil des canons de Gabriel ibn Turayk : car c’est le premier recueil de canons, en langue arabe, dans l’Église copte. Aussi marque-t-il une étape considérable — le premier pas, en cet âge — sur la voie du développement de ce style canonique nouveau.

Nous avons donc partagé notre étude en trois parties. Dans la première, nous avons introduit le texte du recueil par une étude de la condition des chrétiens à l’époque fatimide (969-1172) et de la vie de Gabriel ibn Turayk (1084-1145), de ses ouvrages et de la nature de son recueil ; puis nous y avons fait suivre l’établissement critique du texte, dans la deuxième partie. Quant à la troisième, nous l’avons consacrée aux annexes et aux index nécessaires à ce travail.

Nous n’avions, pour étudier le recueil, que la reproduction d’un manuscrit unique et négligemment copié — Le Caire, Patriarcat copte, Canon 13 (Simaïka 570 ; Graf 442) —, ce qui a créé de grandes difficultés, que le lecteur devine, dans l’établissement du texte ; et nous avons dû, en cette étude, comparer le texte du recueil avec ses sources.[1]

Nous n’avons certes pas trouvé l’original de la source où Gabriel ibn Turayk a puisé, mais seulement des copies de cet original. Notre appui, dans la comparaison, fut donc : premièrement, les sources imprimées au texte critiquement établi, tels les Canons des Apôtres et les Canons d’Hippolyte ; deuxièmement, les sources imprimées sans établissement critique, telle la Didascalie ; troisièmement, le reste des sources, demeurées inédites, d’après les manuscrits — le plus souvent, la collection du prêtre Macaire (Paris, arabe 251), complétée par la collection anonyme de Berlin et par l’appendice au recueil de Michel de Damiette (Paris, arabe 253) : toutes sources, comme le voit le lecteur, postérieures au temps de Gabriel.

Nous ne prétendons pas avoir étudié ici le recueil des canons de Gabriel ibn Turayk sous tous ses aspects ; mais nous espérons que cette étude sera un pas en avant dans la connaissance du patrimoine copte des sources canoniques — collections canoniques ou recueils de canons —, et qu’elle sera un secours aux chercheurs de notre héritage copte, pour l’étude du développement de ce genre littéraire et canonique qu’est le « recueil des canons ».

Fin de la préface.

 

 

Première section de l’étude introductive

Notice historique sur la condition des chrétiens à l’époque fatimide

 

Nous n’écrivons point ici l’histoire de l’époque fatimide en Égypte (969-1172), mais nous nous bornons à présenter une notice historique qui éclaire la condition des chrétiens de ce pays ; aussi rappellerons-nous les plus considérables des événements qui influèrent sur leur vie durant le gouvernement fatimide.

La période où les Fatimides régirent l’Égypte fut un temps de prospérité économique, hormis les défaillances du Nil, qui parfois causaient des famines. Sur le plan de l’industrie, les manufactures d’étoffes, de verrerie et de faïence fleurirent ; sur celui de l’agriculture, le soin des ouvrages d’irrigation et de culture s’accrut ; et sur celui du négoce, le trafic s’anima entre l’Égypte et tous les pays d’alentour.

Mais ce qui l’emporte sur tout cela, ce fut le mouvement de l’activité intellectuelle et savante en l’âge fatimide. Il y avait au Caire des bibliothèques, dont une, dans le seul palais du califat ; et la plus fameuse, la « Trésorerie des livres », comptait au nombre des merveilles du monde : en toute la terre de l’Islam il n’était point de librairie plus vaste, et elle rassemblait, au dire d’al-Maqrīzī, deux cent mille volumes. Entre autres choses, Saladin tira des palais des Fatimides cent vingt mille livres, qu’il donna au cadi al-Fāḍil ʿAbd ar-Raḥīm al-Baysānī, ainsi que le rapporte Ibn Khaldūn en son Histoire.

L’époque fatimide commença en Égypte par la conquête qu’en fit Jawhar le Sicilien en l’an 969, afin de préparer la venue du calife al-Muʿizz li-Dīn Allāh, Maʿadd ibn Tamīm le Fatimide ; ainsi l’Égypte passa-t-elle de siège d’émirat à siège de califat, et l’on y traça la ville du Caire, pour qu’elle fût la capitale de l’État fatimide.

1. Les emplois civils

Les fonctionnaires tributaires[2] connurent leur âge d’or sous les Fatimides, de la sagesse desquels ce fut que de laisser les affaires administratives de l’Égypte en l’état où elles se trouvaient avant la conquête.[3]

Lorsque Jawhar eut conquis l’Égypte, il y trouva un chrétien nommé Abū al-Yumn Quzmān ibn Mīnā, qui avait été vizir de Kāfūr al-Ikhshīd ; il le confirma en sa charge d’intendant de la province d’Égypte, pour la confiance et la probité dont il était renommé, et dont lui rendaient témoignage les hommes de crédit du pays.[4]

Al-ʿAzīz bi-llāh (976-996) prit pour vizir Yaʿqūb ibn Killis, homme juif qui embrassa l’Islam par amour du vizirat. Celui-ci, redoutant le crédit d’Abū al-Yumn Quzmān ibn Mīnā, insinua au calife de l’envoyer administrer les affaires de la Palestine, et l’accusa dans la suite de s’être ligué avec les Qarmates, ennemis des Fatimides ; le calife fit donc arrêter les siens et confisqua leurs biens. Mais Abū al-Yumn dépêcha un message pour instruire le calife de la vérité des faits et de sa propre fidélité ; sur quoi le calife fit saisir Yaʿqūb ibn Killis, et quand Abū al-Yumn revint en Égypte, il le revêtit d’une robe d’honneur, le combla d’égards et lui rendit ses biens.[5]

Et al-ʿAzīz bi-llāh, qui avait épousé une femme melkite[6], remit tous ses offices à un chrétien, ʿĪsā ibn Nasṭūrus, en l’an 994 ; de même il se donna pour lieutenant en Syrie un juif nommé Abū Sahl Manashshā ibn Ibrāhīm al-Qazzāz. Ainsi le nombre des tributaires s’accrut dans les charges, et les musulmans commencèrent à s’en plaindre.[7]

Ibn al-Athīr rapporte, touchant ʿĪsā ibn Nasṭūrus, le trait que voici :

« On rapporte qu’ʿĪsā ibn Nasṭūrus le chrétien fut élevé à la charge de secrétaire, et qu’il se donna pour lieutenant en Syrie un juif nommé Ibrāhīm ibn al-Qazzāz ; par ces deux hommes, les chrétiens et les juifs s’enorgueillirent, et firent tort aux musulmans. Les gens d’Égypte usèrent donc d’un artifice : ils rédigèrent une supplique, la mirent en la main d’une effigie qu’ils avaient façonnée de papyrus, et où était écrit : “Par Celui qui a exalté les juifs par Manashshā, et les chrétiens par ʿĪsā ibn Nasṭūrus, et par toi abaissé les musulmans, ne redresseras-tu point mon injure ?” Ils postèrent cette effigie sur le chemin d’al-ʿAzīz, le billet en sa main ; et lorsqu’il la vit, il ordonna qu’on la prît, et voilà qu’elle était de papyrus : il comprit ce que l’on entendait par là, se saisit de lui, et lui prit trois cent mille dinars, et au juif une somme considérable. »[8]

ʿĪsā ibn Nasṭūrus fut ensuite rétabli en sa charge, à la prière de la fille du calife, Sitt al-Mulk, à ce que l’on dit ; mais il s’engagea à ne plus employer les tributaires.[9]

À la mort d’al-ʿAzīz, les chefs des Kutāma refusèrent de prêter le serment d’allégeance à son fils al-Ḥākim bi-Amr Allāh, et réclamèrent la destitution du vizir ʿĪsā ibn Nasṭūrus et la nomination de l’un d’entre eux à sa place. On lui substitua donc Abū Muḥammad al-Ḥasan ibn ʿAmmār, qui demeura onze mois au vizirat ; et le bureau du domaine privé fut confié à ʿĪsā, par l’entremise d’Abū l-ʿAlāʾ Barjawān.[10]

Mais Ibn ʿAmmār se saisit d’ʿĪsā et le fit périr l’année suivante.[11]

Ibn ʿAmmār fut ensuite écarté du vizirat ; Barjawān demeura seul à gouverner les affaires de l’État, et prit pour secrétaire Fahd ibn Ibrāhīm, à qui fut donné le titre de « le Chef » (ar-Raʾīs).[12]

Ce Fahd fut chargé de liquider la succession du cadi Muḥammad ibn al-Nuʿmān.[13]

Puis al-Ḥākim s’irrita contre lui et le fit mettre à mort en l’an 1002, après qu’il eut occupé sa charge environ six ans ; et lorsque Fahd fut tué, son frère Abū Ghālib porta au palais des sacs contenant cinq cent mille dinars. Mais quand al-Ḥākim en fut instruit, il s’en détourna, puis ordonna qu’on les rendît aux enfants du défunt, disant : « Ce n’est pas pour de l’argent que je l’ai fait périr. » Il rétablit aussi les enfants dans le droit, qu’avait eu Fahd, d’user de selles ornées, et leur permit de monter à cheval. Il ne tarda pourtant guère à faire saisir Abū Ghālib, qui fut mis à mort et brûlé, pour des propos qu’on lui avait rapportés.[14]

En l’an 1004, al-Ḥākim entreprit une rude campagne contre les chrétiens et les juifs : il chassa de leurs charges les scribes chrétiens et en fit arrêter quelques-uns. Beaucoup, pourtant, des fonctionnaires chrétiens qu’il avait chassés recouvrèrent leurs emplois, par l’entremise d’Abū l-Fatḥ ibn Sahlān, de confession melkite, médecin particulier d’al-Ḥākim, dont le père avait été avant lui le médecin particulier d’al-ʿAzīz.[15]

Bien qu’al-Ḥākim eût commencé de persécuter les tributaires, il prit néanmoins pour vizir, en l’an 1007, Manṣūr ibn ʿAbdūn le chrétien, lequel apposa sa signature à l’ordre de démolir l’église de la Résurrection[16] ; et l’ordre fut mis par écrit par un autre chrétien, Abū Manṣūr Bishr ibn Sāwīrus, secrétaire du bureau.[17]

Ibn ʿAbdūn fut ensuite destitué du vizirat en l’an 1010, et une robe d’honneur fut conférée à Aḥmad ibn Muḥammad al-Qashūrī ; puis Ibn ʿAbdūn fut arrêté en l’an 1011, on lui trancha la tête, et ses biens furent confisqués.[18]

En l’an 1010, al-Ḥākim prit pour vizir Abū l-Khayr Zurʿa ibn ʿĪsā ibn Nasṭūrus, qui fut titré aṣ-Ṣāfī ; mais il mourut de sa maladie en l’an 1012, et al-Ḥākim s’affligea qu’il fût mort sans avoir été mis à mort, et dit :

« Jamais je n’ai eu regret de rien autant que du salut d’Ibn Nasṭūrus, soustrait à mon glaive : j’eusse voulu lui trancher la tête, car il a gâté mon royaume, il m’a trahi et a usé de fourberie envers moi. »[19]

Et lorsque Yaḥyā ibn Saʿīd d’Antioche parle de cette époque, il dit :

« Tous les scribes, les gens de son service et les médecins de son royaume étaient chrétiens, hormis un petit nombre de scribes. »[20]

Al-Ḥākim ordonna, en l’an 1012, que tous les chrétiens fussent chassés des offices de l’État.[21]

Puis sa fureur contre les tributaires commença de s’apaiser : en l’an 1018, Ṣāʿid ibn ʿĪsā ibn Nasṭūrus fut élevé au vizirat.[22]

Le règne d’aẓ-Ẓāhir li-Iʿzāz Dīn Allāh (1020-1036) fut un temps de tolérance religieuse : il permit à ceux qui, du temps de son père, avaient embrassé l’Islam par contrainte, de retourner à leur religion première.[23]

Nous ne trouvons pourtant, en cette période, aucun nom de chrétien qui ait servi dans les offices de l’État.

La mère d’al-Mustanṣir (1036-1094) était une esclave noire, propriété d’Abū Saʿd ibn Sahl at-Tustarī le juif, avant qu’elle ne passât au calife aẓ-Ẓāhir ; et lorsque son fils devint calife, elle garda la reconnaissance à son ancien maître, et le prit pour vizir, afin qu’il l’aidât à exercer le pouvoir que le bas âge de son fils avait remis entre ses mains.[24]

Après le meurtre d’Abū Saʿd at-Tustarī, al-Mustanṣir établit son fils à la tête de l’un de ses offices, et son frère Abū Naṣr Hārūn ibn Sahl at-Tustarī à la tête de l’office du domaine privé.[25]

Durant le califat d’al-Mustaʿlī bi-llāh (1094-1101), pareillement, nous ne trouvons aucun nom de chrétien ayant servi dans les offices de l’État.

Sous le califat d’al-Āmir bi-Aḥkām Allāh (1101-1130), le contrôleur des impôts était un moine nommé Ibn Abī Najāḥ, qui tyrannisa le peuple, pressura les chrétiens, et se mit à confisquer les biens des intendants, des fermiers de l’impôt, des garants et des officiers ; son mal s’étendit tant qu’il atteignit tous les chefs, les juges, les scribes et le menu peuple, en sorte que nul ne fut à l’abri de sa nuisance. Quand son affaire fut à son comble, al-Āmir le fit saisir : il fut battu à coups de sandales jusqu’à ce qu’il expirât au tribunal de la police, puis cloué sur une planche et jeté au Nil, d’où il ressortit à la mer salée. Au même moment, al-Āmir chassa ses fonctionnaires tributaires, parmi lesquels le chef du bureau, Abū Yaʿqūb Ibrāhīm le Samaritain.[26]

Sous le même califat encore, le juif Abū al-Munajjā ibn Shaʿyā creusa un canal, en l’an 1112, que l’on appela de son nom « le Baḥr Abī al-Munajjā »[27] ; et quand on présenta au vizir al-Afḍal ibn Badr al-Jamālī[28] le total de ce qui y avait été dépensé, il le trouva exorbitant. Puis s’élevèrent, entre Abū al-Munajjā et Ibn Abī al-Layth — le chrétien de confession melkite, maître du bureau —, de graves démêlés, qui aboutirent à l’incarcération d’Abū al-Munajjā durant plusieurs années, puis à son bannissement à Alexandrie.[29]

Le règne d’al-Ḥāfiẓ li-Dīn Allāh (1130-1149) débuta par une persécution des tributaires : la première chose qu’il fit fut de chasser les fonctionnaires non musulmans ; mais ceux-ci revinrent plus nombreux qu’auparavant[30], sous le vizirat d’al-Akhram — ou al-Akram — ibn Abī Zakrī.[31]

Le vizirat passa aux mains d’Abū l-Fatḥ Yānis l’Arménien en l’an 1132, qui l’exerça neuf mois, puis mourut empoisonné.[32]

Et al-Ḥāfiẓ choisit, contre l’avis de ses conseillers, un vizir chrétien d’origine arménienne, nommé Bahrām, qui fut titré « Épée de l’Islam » (Sayf al-Islām). Il fit venir trente mille Arméniens et les pourvut de toutes les charges. Il donna à son frère Bāsāk le gouvernement de Qous en l’an 1136 ; mais Bāsāk fut tué, et Bahrām s’enfuit au Monastère Blanc[33], lorsque Riḍwān ibn Walakhshī se souleva et s’empara du vizirat en l’an 1137.

Bahrām revint alors au palais d’al-Ḥāfiẓ, dénué de tout pouvoir, tel un hôte du calife en sa demeure ; et lorsqu’il mourut, al-Ḥāfiẓ prit part en personne à son convoi funèbre.[34]

2. Les lieux de culte

al-Maqrīzī nous rapporte, parmi les événements de l’an 365 de l’hégire — le premier jour de Muḥarram répondant au 10 septembre 975 —, qu’une église fut édifiée au Palais des cierges[35], au mois de Muḥarram.[36]

Le biographe des patriarches nous apprend que les églises jouirent d’une grande sécurité aux jours d’al-Muʿizz li-Dīn Allāh (973-976), et cela jusqu’à sa mort.[37]

Et à la demande du calife al-ʿAzīz bi-llāh, le patriarche Abraham[38] (975-978) restaura l’église d’Abū Maqrūra à Fostat[39][40] — car elle avait été abattue et changée en resserre à roseaux —, et de même l’église Suspendue au Palais des cierges.[41] Le calife joignit au décret ordonnant la reconstruction une somme d’argent ; mais le patriarche prit le décret et rendit l’argent.

La populace voulut empêcher le patriarche de bâtir, au point que l’un des musulmans se jeta lui-même dans la fosse des fondations, afin de les empêcher d’achever l’ouvrage. Le patriarche implora le secours du calife, qui vint avec ses troupes et ordonna que l’on jetât les pierres sur l’homme dans les fondations ; mais le patriarche intercéda pour lui et l’en fit retirer. Et le calife ordonna que l’on poursuivît la construction.[42]

Le biographe des patriarches ajoute :

« Il rebâtit toutes les églises qui avaient besoin d’être relevées, sans que nul s’y opposât en rien. Pareillement, à Alexandrie, il restaura en elles maints endroits tombés en ruine, et y dépensa une grande somme d’argent. »[43]

« Et les églises jouirent d’une grande sécurité aux jours d’al-Muʿizz, jusqu’à sa mort, et de même aux jours de son fils qui régna après lui, Abū al-Manṣūr al-ʿAzīz bi-llāh. »[44]

Sous le règne d’al-Ḥākim bi-Amr Allāh, on entreprit la construction de la mosquée de Rāshida[45] : elle s’élevait à l’endroit où était bâtie une église ; l’église fut donc supprimée, la mosquée construite, et l’on y établit la prière du vendredi[46] ; de même furent démolies deux autres églises qui se dressaient à côté de celle-ci.[47]

Or al-ʿAzīz avait une épouse melkite, une Romaine[48] de grand crédit dans l’État ; et ce crédit ne fut pas sans effet sur la politique de tolérance qu’al-ʿAzīz suivit envers les chrétiens. Cette dame avait deux frères, Arsenius — que l’on nomme aussi Arsānī — et Aristès, qu’al-ʿAzīz éleva, par son intervention, aux plus hautes charges de l’Église : Aristès fut fait patriarche melkite de Jérusalem, et Arsenius métropolite du Caire, puis patriarche melkite d’Alexandrie en l’an 1000.[49] Arsenius disputa aux Coptes[50] les églises qu’ils possédaient à Fostat — car ils avaient deux églises au Palais des cierges, l’une la Suspendue, l’autre au passage d’Abū Ḥuṣayn[51] —, et il voulut s’emparer de la Suspendue. De grands démêlés et de vives querelles s’élevèrent entre lui et les chefs des Coptes, jusqu’à ce qu’il prît l’église de Notre-Dame au passage d’Abū Ḥuṣayn, la Suspendue demeurant aux Coptes.[52]

Le biographe des patriarches nous instruit encore du glorieux martyr al-Wāḍiḥ ibn Abī ar-Rajāʾ, qui, de musulman, se fit chrétien au temps d’al-Ḥākim, embrassa la vie monastique, et bâtit l’église de l’archange Michel[53], entre Birkat al-Ḥabash[54] et Banū Wāʾil[55] ; puis il se retira au monastère et y fut ordonné prêtre.[56]

En rapportant les événements de l’an 398 de l’hégire (dont le premier jour de Muḥarram tombe le 17 septembre 1007), al-Maqrīzī nous entretient de la défense faite d’orner les églises à la fête des Rameaux, et de l’arrestation d’un groupe de chrétiens qui n’avaient point obéi à cette défense. La même année, al-Ḥākim promulgua un décret confisquant les biens de mainmorte affectés aux églises pour les rattacher au bureau du sultan ; et nombre de croix furent brûlées à la porte de la mosquée[57] et au siège de la police.[58]

La même année, al-Ḥākim ordonna la démolition de l’église de la Résurrection — le Saint-Sépulcre de Jérusalem —, puis commanda d’abattre toutes les églises et chapelles des territoires de son royaume ; mais al-Maqrīzī rapporte qu’il craignit que les chrétiens, en revanche, ne démolissent les mosquées des musulmans en leurs propres pays, et qu’il s’en abstint.[59]

L’année suivante, 399 de l’hégire (premier de Muḥarram = 5 septembre 1008), al-Maqrīzī rapporte que des églises furent effacées sur la route d’al-Maks, ainsi qu’une église au quartier des Grecs (Ḥārat al-Rūm), au Caire, et que tout ce qu’elles renfermaient fut pillé.[60]

Et en l’an 400 de l’hégire (premier de Muḥarram = 25 août 1009), le monastère d’al-Quṣayr fut démoli[61] et pillé.[62]

Et en l’an 403 de l’hégire (premier de Muḥarram = 23 juillet 1012), al-Maqrīzī rapporte :

« L’ordre tomba de démolir les églises ; tous leurs bâtiments, avec les tenures et les terres qui leur appartenaient, furent répartis entre des particuliers ; on en fit des mosquées ; licence fut donnée d’en disposer pour quelques-unes, et leurs vases furent vendus. La démolition des églises se poursuivit sans relâche ; l’on écrivit aux provinces de les abattre, et elles furent abattues. »[63]

Et à la fin, al-Ḥākim ordonna la fermeture de toutes les églises de son royaume[64] ; la démolition dura trois années, en sorte que trente mille églises furent abattues en Égypte et en Syrie.[65]

De tout cela rien ne fut épargné, hormis les monastères du ouadi Natroun[66], que protégeaient les tribus arabes.[67]

al-Ḥākim revint à la raison en l’an 1020, immédiatement avant sa mort, et rédigea un décret rétablissant les églises en leur état, relevant ce qui en avait été démoli, et restituant ce qui avait été pillé — colonnes, pierres, charpentes, vases sacrés, terres et jardins, et le reste ; bien plus, il prit soin en personne de rebâtir quelques-uns de ces lieux, y répandant ses libéralités.[68]

Dans le mouvement de réparation qu’aẓ-Ẓāhir li-Iʿzāz Dīn Allāh entreprit pour corriger ce que son père avait gâté, il conclut avec l’empereur de Byzance — l’empereur Constantin VIII — un traité pour la reconstruction de l’église de la Résurrection à Jérusalem, moyennant que le nom d’aẓ-Ẓāhir fût invoqué dans toutes les mosquées sises aux domaines de l’Empire byzantin ; et cela en l’an 1027 :

« La trêve fut conclue entre le souverain des Grecs et aẓ-Ẓāhir, touchant les terres d’Égypte et de Syrie, et un acte fut rédigé entre eux ; la khuṭba[69] fut réservée à aẓ-Ẓāhir seul dans les pays des Grecs ; la mosquée de Constantinople fut ouverte, on lui fit des nattes et des lampes, et l’on y établit un muezzin ; et alors aẓ-Ẓāhir donna licence de rouvrir l’église de la Résurrection[70] de Jérusalem ; et les rois des chrétiens y firent porter des sommes et des ornements, et la restaurèrent. »[71]

Et le biographe des patriarches nous rapporte la politique d’aẓ-Ẓāhir envers l’Église :

« Il y eut, en ses jours, quiétude et grande sécurité ; il régna seize années ; la religion des chrétiens était en honneur, et ses fidèles considérés ; les églises furent bâties en ses jours, jusqu’à être rétablies en ce qu’elles avaient été, et mieux encore ; et la construction n’y cessa point, jusqu’à l’année où fut écrite cette Biographie, savoir l’an sept cent soixante-sept des Martyrs (= 1050-1051). »[72]

Aux jours d’al-Mustanṣir bi-llāh (1036-1094), le patriarche Christodoulos (1046-1077) consacra, au lendemain de son intronisation, six églises à Alexandrie en un seul jour, dont cinq nouvelles : celle de saint Ménas, celle de saint Jean[73], celle de saint Mercure, celle de saint Georges, celle de l’archange Raphaël[74] ; et il rouvrit l’église de saint Marc l’Évangéliste[75]. Et en l’an 1037, le patriarche bâtit l’église d’Abū Maqrūra[76] à Fostat, ainsi qu’une église au nom de Notre-Dame la Vierge, au quartier des Grecs[77], sise à Fostat elle aussi.[78]

Et en l’an 447 de l’hégire (premier de Muḥarram = 2 avril 1055), al-Maqrīzī nous entretient de la fermeture de l’église de la Résurrection une seconde fois, et avec elle des églises d’Égypte et de Syrie, sous le règne d’al-Mustanṣir :

« al-Mustanṣir dépêcha des hommes à une église de la Résurrection, et fit main basse sur tout ce qui s’y trouvait. La cause en fut que le cadi Abū ʿAbd Allāh al-Quḍāʿī avait été envoyé par le calife porter un message au souverain des Grecs ; et comme il était à Constantinople, y vint l’envoyé du sultan Ṭughrul Beg ibn Saljūq, sollicitant de la reine Théodora — reine des Grecs, impératrice de Byzance — qu’elle permît à son envoyé de prier dans la mosquée de Constantinople ; elle le lui accorda, et il y entra, y pria, et fit prononcer la khuṭba pour le calife abbasside al-Qāʾim bi-Amr Allāh. al-Quḍāʿī en manda l’avis à al-Mustanṣir, qui aussitôt se saisit de tout ce qui était dans l’église de la Résurrection, en éloigna le patriarche vers une maison écartée, ferma les portes des églises d’Égypte et de Syrie, exigea des moines la capitation de quatre années, et l’augmenta sur les chrétiens. Et ce fut là le commencement de la discorde entre les Grecs et les Égyptiens. »[79]

Ainsi voit-on comment le jeu des rapports entre Byzance et les califes d’Égypte se répercutait sur la condition des chrétiens d’Égypte, encore qu’ils n’y eussent aucune part. Et l’on remarquera qu’al-Maqrīzī paraît tenir cet événement pour la cause principale et immédiate, le ressort essentiel du déclenchement des croisades.

Les ennemis des chrétiens saisirent l’occasion du courroux d’al-Mustanṣir contre eux. Un cadi, nommé Abū al-Ḥasan ʿAbd al-Wahhāb ibn ʿAlī al-Sīrāqī, se rendit auprès du patriarche à Damrou[80] ; et comme le patriarche ne lui fit point bon accueil, il le dénonça au vizir Abū Muḥammad al-Yāzūrī, dépeignant Damrou comme une seconde Constantinople, qui comptait dix-sept églises, neuves pour la plupart, sans compter celles qui s’étaient élevées dans les bourgs d’alentour. al-Yāzūrī ordonna donc la fermeture des églises une seconde fois dans toute la province d’Égypte ; le patriarche fut arrêté en l’an 1056, et avec lui quelques évêques, et l’on exigea d’eux une somme considérable.[81]

Mais cela n’empêcha point qu’il se trouvât des hommes pour aimer les chrétiens et les secourir. Il y avait sur Fostat un gouverneur nommé Sinān ad-Dawla, un Kutāmī, qui aimait les chrétiens ; et de même, à Alexandrie, un autre gouverneur, l’émir al-Muʾayyad Ḥiṣn ad-Dawla Abū Turāb Ḥaydara ibn Mīrawa al-Kutāmī le Damascène, prenait soin des chrétiens et de leurs églises. On le vit, lorsque parut l’ordre d’al-Yāzūrī de fermer les églises, en différer l’exécution jusqu’au lendemain et avertir les chrétiens, afin qu’ils retirassent des sanctuaires ce qui s’y trouvait avant la confiscation ; et quand les églises furent perquisitionnées et qu’on n’y trouva rien qui valût la peine, Ḥiṣn ad-Dawla imputa la chose à la pauvreté des églises, pour réduire de dix mille dinars à deux mille ce qu’on leur avait imposé. Puis il revint permettre en secret la réouverture des églises et la prière en leur enceinte.[82]

Sous le règne d’al-Mustaʿlī bi-llāh (1094-1101) et le patriarcat de Michel (1092-1102), une église[83] fut démolie à Fostat, sur le canal de Banū Wāʾil[84] qui mène à Birkat al-Ḥabash[85], au bord de l’étang d’Abū Qudāma, et qu’on appelait l’église d’Abū Qudāma. Elle avait trois autels : l’un au nom de saint Pachôme, le deuxième au nom de sainte Mihrāʾīl, vierge et martyre, le troisième au nom de saint Sévère le Patriarche. Ses murs s’étant délabrés, le shaykh Abū al-Yumn, intendant d’Ibn ʿAbd al-Masīḥ, gouverneur de la Basse-Terre, la démolit et la rebâtit sans l’ordre du calife ; les musulmans le dénoncèrent à al-Mustaʿlī, qui la fit abattre et éleva à sa place une mosquée.[86]

En son temps, Turayk le scribe, père du patriarche Gabriel[87], bâtit l’église de l’archange Michel au Vieux-Caire[88] ; et son fils Abū Naṣr ibn Turayk le scribe, frère du patriarche Gabriel, en bâtit une autre auprès, au nom du glorieux martyr Abānūb.[89]

Et sous le califat d’al-Āmir bi-Aḥkām Allāh (1101-1130), fut bâti le monastère de Saint-Georges (Mār Jirjis) à Tamouh, en face de Hélouan.[90]

Et le troisième vendredi du mois de Tūt de l’an 501 de l’ère fiscale[91] — répondant à l’an 828 des Martyrs, soit le 13 septembre 1111 —, à la troisième heure du jour, il y eut un grand tremblement de terre ; et lorsque vint la nuit, la belle église de Michel, dans l’île de Fostat (Rôda), fut démolie, et l’on dit qu’elle était tombée du fait du séisme.[92]

Mais la cause véritable de cette ruine, la voici, telle que la rapportèrent le prêtre de l’église, Jamīl ibn Yuḥannis le Ṣaʿīdī, et le gardien de l’église, Maʿānī al-Aḥwāl.

Ils contèrent que le très éminent seigneur al-Afḍal, le vizir, avait confié l’aménagement de l’Île — ses jardins et ses lieux de plaisance — à un homme nommé Yūsuf al-Mustaḥabb, dit al-Muslimānī, ibn Marqūra, maçon chrétien. Celui-ci, ayant achevé les travaux, voulut élever une muraille autour de l’Île ; mais la muraille vint buter contre le moulin de l’église. Il réclama donc de l’argent aux chrétiens, à condition de faire dévier la muraille loin de l’église — faute de quoi il l’abattrait. Ils lui promirent une somme, mais ne lui donnèrent rien, puis le menacèrent de porter son affaire devant al-Afḍal.

Or, la nuit même où survint le tremblement de terre, ce maçon veillait avec les ouvriers dans l’Île, selon sa coutume ; il saisit l’occasion et démolit l’église de nuit. Puis il répandit le bruit que le séisme avait lézardé ses murs le jour, et que le vent avait achevé de l’abattre la nuit ; et il accusa les chrétiens de négligence, prétendant que, s’ils étaient venus l’étayer après qu’elle eut été ébranlée le jour, elle ne se fût point écroulée.[93]

Sous le califat d’al-Ḥāfiẓ (1130-1149), Abū al-Barakāt ibn Abī al-Layth, de confession melkite, releva une église pour les Melkites, auprès du monastère des Arméniens, à al-Fākhūra, en échange de leur église de Ḥārat Zuwayla, qui avait été démolie et remplacée par une mosquée.[94]

Et sous le califat d’al-ʿĀḍid (1160-1171), le dernier des califes fatimides, l’un des scribes bâtit une église à Fostat, mais la populace la démolit.[95]

3. Les fêtes et les processions religieuses

a — La fête du Nayrūz   (1ᵉʳ Tūt = 29 août)

La fête du Nayrūz[96], aux jours de l’État fatimide, était l’une de leurs saisons de repos : les marchés y chômaient, les gens se faisaient rares par les rues, et l’on y distribuait la kiswa[97] aux hommes de l’État, à leurs enfants et à leurs femmes, avec ce qui était prescrit d’argent et des apprêts du Nayrūz.

Un homme, par manière de plaisanterie, montait à cheval — on l’appelait l’« émir du Nayrūz » — et faisait le tour de la foule ; les gens buvaient du vin, s’aspergeaient les uns les autres d’eau, pure ou mêlée de vin, et allumaient des feux.[98]

al-Muʿizz li-Dīn Allāh ibn Tamīm Maʿadd (973-976), après s’être établi au Caire, interdit d’allumer des feux et de s’asperger d’eau la nuit du Nayrūz, en l’an 363 de l’hégire (premier de Muḥarram = 2 octobre 973). Et l’année suivante, 364 de l’hégire (premier de Muḥarram = 21 septembre 974), après qu’on l’eut célébré trois jours durant, al-Muʿizz défendit les réjouissances.[99]

Et en l’an 517 de l’hégire (premier de Muḥarram = 1ᵉʳ mars 1123), on distribua la kiswa et les étoffes brodées (ṭirāz) propres au Nayrūz, de l’or et de l’argent monnayés, et diverses sortes de fruits — pastèques, grenades, régimes de bananes, dattes vertes et mûres, coings —, ainsi que la harīsa[100] faite de chair de poulet, de mouton et de bœuf de toute espèce, outre l’argent qui fut réparti.[101]

Et en l’an 584 de l’hégire (premier de Muḥarram = 2 mars 1188), les réjouissances s’y déroulèrent selon la coutume.[102]

b — La fête de la Croix   (17 Tūt = 14 septembre)

La fête de la Croix[103], en Égypte, était l’occasion d’une grande liesse : les gens sortaient vers Banū Wāʾil[104], aux abords de Fostat, y étalaient au grand jour des choses répréhensibles et le vin, et il s’y passait ce qui outrepassait toute mesure.[105]

al-ʿAzīz bi-llāh, en l’an 381 de l’hégire (premier de Muḥarram = 20 mars 991), défendit au peuple de sortir vers Banū Wāʾil, et fit garder les routes et les ruelles.[106]

Mais en l’an 382 de l’hégire (premier de Muḥarram = 9 mars 992), le peuple sortit vers Banū Wāʾil et suivit sa coutume de rassemblement et de divertissement.[107]

Et en l’an 402 de l’hégire (premier de Muḥarram = 4 août 1011), on lut, dans la Vieille Mosquée — la mosquée de ʿAmr, à Fostat — et par les rues, un décret émané d’al-Ḥākim bi-Amr Allāh, interdisant aux chrétiens de se rassembler pour célébrer la fête de la Croix et de paraître en leurs parures ; et la défense s’étendit jusqu’à leur interdire d’approcher des églises et d’y entrer. Puis cette fête tomba en désuétude, au point d’être presque inconnue au temps d’al-Maqrīzī.[108]

c — La fête de la Nativité   (29 Kīhak = 25 décembre)

Parmi les usages de l’État fatimide en cette fête était la distribution de jattes remplies de sucreries, de sirop de julep, de beignets, de muge et de fleur de farine.[109]

Et c’était la coutume des chrétiens de jouer avec le feu à la fête de la Nativité, saison solennelle chez eux : on y vendait des cierges teints de belles couleurs et des figures merveilleuses, à grands frais ; nul, ni des grands ni du commun, ne manquait d’en acheter pour ses enfants et sa maison ; on les nommait les fawānīs[110] — les lanternes —, et l’on en suspendait quantité aux boutiques des marchés, au-delà de toute mesure. Les gens rivalisaient d’extravagance sur leur prix, tant que le prix d’un cierge que vit al-Maqrīzī atteignit mille dirhams.

C’était aussi la coutume des chrétiens de veiller la nuit de la Nativité, avec force lumières dans les églises et leur parure.[111]

Il ne nous est parvenu aucune nouvelle d’une défense de célébrer la Nativité ; nous n’avons qu’un récit de ce qu’elle ne fut pas célébrée comme de coutume, à cause d’une épidémie en Égypte, en l’an 1025, selon ce que rapporte al-Maqrīzī :

« Au mois de Shawwāl de l’an 415 de l’hégire (premier de Muḥarram = 15 mars 1024) tomba la nuit de la Nativité, un jeudi ; et les gens furent détournés de ce qu’ils avaient coutume de s’offrir les uns aux autres — fruits et sucreries — par les maladies où ils étaient plongés ; et la mort se succédait, en sorte qu’il n’était point de maison qui fût vide de plusieurs malades, atteints de flux de sang et de maux de gorge. »[112]

d — La fête de l’Épiphanie (al-Ghiṭās)   (11 Ṭūba = 6 janvier)

La nuit du Ghiṭās[113], les gens ne dormaient point ; les torches s’allumaient, et musulmans et chrétiens s’assemblaient dans les barques et ailleurs. On y apportait mets et boissons, vaisselle d’or et d’argent, joyaux, instruments de musique, de jeu et de festin. C’était la plus belle nuit d’Égypte, et la plus pleine de liesse ; les ruelles n’y étaient point fermées, et la plupart se plongeaient dans le Nil, prétendant que c’était là une sauvegarde contre la maladie et le mal.[114]

On allumait le feu et les torches la nuit durant, et le brasier était long. Les moines et les prêtres venaient, avec les croix et les feux, jusqu’à la rive du Nil, y priaient, puis se retiraient vers le lieu où ils se plongeaient.[115]

Et l’État avait coutume de distribuer à tout son peuple des cédrats, des bigarades, des citrons, des bottes de canne à sucre et du muge, selon des usages fixés pour chacun des hommes de l’épée et de la plume.[116]

Et en l’an 367 de l’hégire (premier de Muḥarram = 19 août 977), al-ʿAzīz bi-llāh défendit la célébration du Ghiṭās, la descente dans l’eau et l’étalage des instruments de divertissement.[117]

Et en l’an 388 de l’hégire (premier de Muḥarram = 3 janvier 998), les chrétiens célébrèrent le Ghiṭās sous le patronage de Fahd ibn Ibrāhīm, surnommé ar-Raʾīs, l’homme de Barjawān :[118]

« En Muḥarram tombait le Ghiṭās des chrétiens ; on dressa des tentes, des pavillons et des voiles en plusieurs endroits du Nil, et l’on disposa des lits d’apparat pour le Chef, Fahd ibn Ibrāhīm ; on alluma les cierges et les torches, chanteurs et bateleurs se présentèrent, et il s’assit à boire avec les siens, jusqu’à ce que vînt l’heure du Ghiṭās : alors il se plongea, et se retira. »[119]

Et en l’an 401 de l’hégire (premier de Muḥarram = 15 août 1010), quand vint la fête du Ghiṭās, al-Ḥākim la défendit aux chrétiens, et ils ne parurent point sur la rive du Nil selon leur coutume.[120]

Et en l’an 415 de l’hégire (premier de Muḥarram = 15 mars 1024), le quatre de Dhū al-Qaʿda, tombait le Ghiṭās des chrétiens ; on le célébra comme de coutume, avec l’achat de fruits et d’agneaux et le reste. aẓ-Ẓāhir li-Iʿzāz Dīn Allāh descendit au palais de son aïeul al-ʿAzīz bi-llāh, à Fostat, pour regarder le Ghiṭās, ayant avec lui son harem ; mais il ordonna que chrétiens et musulmans ne se mêlassent point en descendant dans l’eau, et il en fut ainsi. On dressa une tente pour le Commandeur des croyants, où il s’assit ; il y eut une longue illumination ; les moines et les prêtres se présentèrent, prièrent longuement, puis se retirèrent vers le lieu où ils se plongeaient.[121]

Et en l’an 517 de l’hégire (premier de Muḥarram = 1ᵉʳ mars 1123), quand vint le Ghiṭās, les hommes de l’État distribuèrent à ceux qui avaient droit aux allocations, selon la coutume : cédrats, bigarades, citrons, bottes de canne à sucre et muge, suivant les allocations fixées au bureau pour chacun d’eux.[122]

e — Le dimanche des Rameaux   (le dimanche des Oliviers — aḥad ash-shaʿānīn)

Il tombe le septième dimanche du Carême[123]. Les chrétiens sortent de l’église les palmes du dattier, et l’on en pare les églises.[124]

Et en l’an 398 de l’hégire (premier de Muḥarram = 17 septembre 1007), à la fête des Rameaux, al-Ḥākim bi-Amr Allāh défendit aux chrétiens de parer leurs églises.[125]

À Alexandrie, l’usage était de célébrer cette fête avec un grand appareil : on sortait de nuit, avec les rameaux d’olivier et les palmes du dattier, et l’on traversait la ville, depuis l’église de saint Serge jusqu’à l’église du Sōtēr[126], en prière et en lectures.

Or la sortie des chrétiens, selon la coutume, fut suspendue quinze années durant ; puis ils exposèrent leur cas à l’émir Ḥiṣn ad-Dawla ibn Mīrawa, gouverneur d’Alexandrie, qui ordonna la procession selon l’usage, en l’an 404 de l’ère fiscale (= 1015-1016), et envoya avec eux qui protégeât leur cortège. Et il advint que leur procession, cette année-là — année de disette —, coïncida avec l’arrivée des vivres à Alexandrie, et la crise se dénoua. Les musulmans se persuadèrent alors que c’était grâce à la procession des chrétiens, avec les rameaux d’olivier, selon leur coutume ; et depuis lors ils se réjouissaient chaque année de leur sortie.[127]

f — La fête de Pâques   (ʿīd al-fiṣḥ)

Et en l’an 388 de l’hégire (premier de Muḥarram = 3 janvier 998), le seize de Rabīʿ al-Ākhir, tombait la Pâque des chrétiens ; et l’on conféra à Fahd ibn Ibrāhīm une robe d’honneur, qui fut portée jusqu’à sa demeure.[128]

Et en l’an 415 de l’hégire (premier de Muḥarram = 5 mars 1024), à cinq nuits de la fin de Muḥarram, tombait le troisième jour de la Pâque des chrétiens ; il s’assembla, au pont d’al-Maqs, une grande multitude de chrétiens et de musulmans, sous les tentes dressées et ailleurs, passant tout le jour en divertissements et en vilaine débauche ; les hommes se mêlèrent aux femmes, et l’on but le vin, tant et si bien que les femmes, dans l’excès de l’ivresse, furent emportées dans les couffins des portefaix. Et le désordre fut extrême, ce jour-là.[129]

4. La liberté de croyance et de culte

Durant le califat d’al-ʿAzīz bi-llāh (976-996), un chrétien âgé de quatre-vingt-quatre ans fut mené devant le cadi, pour avoir apostasié l’Islam ; on employa contre lui tous les moyens afin de l’en détourner, mais en vain : le vieillard fut mis à mort, et son corps jeté au Nil. Et pourtant, au même moment, al-ʿAzīz refusa que l’on poursuivît un autre musulman passé au christianisme.[130]

La plus longue persécution que connurent les chrétiens sous le gouvernement fatimide advint au temps d’al-Ḥākim bi-Amr Allāh (996-1020). Le biographe des patriarches nous conte l’histoire du martyr al-Wāḍiḥ ibn Abī ar-Rajāʾ, qui, de musulman, se fit chrétien aux jours d’al-Ḥākim, devint moine, puis prêtre, et comment son père l’accabla d’humiliations pour le faire renoncer au christianisme.[131]

Il rapporte aussi la persécution des chrétiens — et singulièrement des scribes d’entre eux —, et la contrainte exercée sur quelques-uns pour les faire passer à l’Islam. Dix cadis, chefs et notables[132] furent arrêtés et outragés, jusqu’à ce que quatre d’entre eux embrassassent l’Islam — dont l’un mourut la nuit même de sa conversion, tandis que les trois autres, la persécution passée, revinrent à leur religion ; et les six qui restaient furent flagellés jusqu’à la mort. Parmi eux était Abū Najāḥ le Grand, l’un des notables des chrétiens, qui, sommé de se faire musulman, préféra la mort.[133]

Il persécuta encore le patriarche Zacharie (1004-1032), sur la fin de ses jours ; celui-ci fut jeté en prison, et on le menaça du feu et d’être livré aux bêtes féroces, afin qu’il proclamât sa conversion à l’Islam ; mais il n’en fit rien.[134]

Le biographe nous conte aussi l’histoire du diacre Biqīra ar-Rashīdī, de Rosette[135], « l’homme de la Croix » : car, lorsque vint la persécution, il quitta son service au bureau, prit sa croix — d’où son surnom —, et se rendit au palais, criant à la porte : « Le Christ est le Fils de Dieu ! » Al-Ḥākim, entendant sa voix, le fit amener, et s’efforça de lui faire renier sa foi et confesser l’Islam ; mais il n’en fit rien, et chaque fois qu’on lui parlait, il redoublait son cri : « Le Christ est le Fils de Dieu ! » On le fit alors jeter dans la « prison du sang » ; puis al-Ḥākim se ravisa, lui pardonna, et lui fit dresser un décret défendant que nul l’inquiétât ; il prit le décret et descendit à Fostat, pour secourir les chrétiens dans leur épreuve.[136]

L’effet de cette rude persécution et de l’oppression fut que beaucoup de chrétiens embrassèrent l’Islam — au témoignage d’al-Maqrīzī —, et que d’autres s’enfuirent en Syrie ou en Nubie ; jusqu’à ce qu’al-Ḥākim rendît un ordre permettant à ceux des chrétiens qui le voudraient de quitter le pays pour la Syrie ou la Nubie, emportant avec eux ce qu’ils possédaient.[137]

Enfin al-Ḥākim interdit aux chrétiens l’entrée de leurs églises[138] ; et les chrétiens désiraient l’eucharistie comme le nourrisson désire le lait : ceux d’entre eux qui le pouvaient se rendaient aux monastères du ouadi Natroun, deux fois l’an, à la fête de l’Épiphanie et à celle de la Résurrection, pour y communier — jusqu’au pardon qu’al-Ḥākim accorda aux chrétiens en l’an 1019, peu avant sa mort.[139]

Après la mort d’al-Ḥākim et l’avènement d’aẓ-Ẓāhir au califat, celui-ci entreprit de réparer ce que son père avait gâté : il permit à quiconque avait été contraint d’embrasser l’Islam de revenir à sa religion première.[140]

L’opinion s’émut pourtant à cause d’Ibn Abī Zakariyā : contraint de se faire musulman au temps d’al-Ḥākim, il s’était, après sa conversion, assidûment adonné à la mosquée, priant et copiant les livres de la Loi et de la Tradition ; et lorsqu’aẓ-Ẓāhir permit à ceux qu’on avait forcés à l’Islam de retourner à leur religion, il revint au christianisme. Les musulmans s’efforcèrent de l’en dissuader, mais toutes leurs tentatives échouèrent ; et il leur répondait : « La magie de votre Prophète n’a point agi sur moi. » On lui trancha la tête, après qu’il se fut affermi dans cette parole.[141]

5. Les signes distinctifs

al-Ḥākim bi-Amr Allāh ranima les vieux usages touchant le port du ghiyār, du zunnār, du ṭaylasān et du turban[142], imposés aux tributaires — chrétiens et juifs — depuis le second siècle de l’hégire[143] ; mais al-Ḥākim y ajouta du sien.[144]

Ainsi, en l’an 403 de l’hégire (1012), al-Ḥākim rendit un décret ordonnant aux tributaires de porter le turban noir, qui est le costume officiel des Abbassides — comme s’il plaçait par là les tributaires et les Abbassides au même degré d’inimitié envers l’État.

Le même décret prescrivait que les chrétiens suspendissent à leur cou des croix de bois apparentes, chacune longue d’une coudée et pesant cinq raṭls[145] ; de même il contraignit les juifs à suspendre à leur cou des boules de bois (qarāmī) figurant le veau qu’ils avaient adoré au Sinaï, de longueur et de poids égaux à la croix des chrétiens ; et ces croix et ces boules devaient être scellées d’un sceau de plomb portant le nom du calife.

Le décret défendait encore aux tributaires de monter à cheval, leurs seules montures devant être les ânes et les mulets, avec des selles de bois de sycomore et des sangles de cuir noir dénuées de tout ornement.

Il défendit aussi aux muletiers musulmans de Fostat et du Caire de porter un tributaire sur leurs bêtes, et aux bateliers musulmans d’en porter un dans leurs barques.

Il interdit également aux chrétiens l’entrée des bains publics, à moins qu’ils n’y suspendissent une croix à leur cou ; et les juifs devaient porter des clochettes, afin de les distinguer des musulmans. Puis on affecta aux chrétiens des bains marqués de la croix, et aux juifs des bains marqués de la tête du veau.[146]

Il défendit encore aux tributaires d’employer un musulman, ou de posséder un esclave ou une esclave musulmans.

Mais avant sa mort (1019-1020), al-Ḥākim rendit un décret par lequel il exempta les chrétiens du port du ghiyār et de la croix, et leur permit de pratiquer leurs rites.[147]

Après la mort d’al-Ḥākim, les chrétiens vécurent en Égypte un temps de paix et d’aisance ; le calife, de loin en loin, promulguait bien contre eux quelque décret les astreignant au ghiyār, mais il n’était point exécuté — jusqu’à ce qu’al-Mustanṣir, en l’an 1086, ordonnât aux chrétiens d’Égypte de porter un zunnār noir, et aux juifs le même zunnār à extrémités jaunes.[148]

Le califat d’al-Ḥāfiẓ (1130-1149) commença par une persécution des chrétiens, mais elle ne dura guère ; et les chrétiens connurent un temps de paix sous le gouvernement d’al-Akhram — ou al-Akram — ibn Abī Zakariyā sur l’Égypte. Ils portaient des habits ordinaires, montaient des mulets et des chevaux ornés, et possédaient esclaves, mamelouks et servantes, jusque parmi les musulmans, hommes et femmes.[149]

aẓ-Ẓāhir raviva, en l’an 1054[150], les ordres d’al-Ḥākim, mais de façon passagère ; et en l’an 1169, Shīrkūh, vizir du calife fatimide al-ʿĀḍid (1149-1171), publia une ordonnance imposant aux tributaires les signes distinctifs.[151]

6. L’Église des Arméniens en leur temps

La communauté arménienne eut, sous les Fatimides, une présence considérable en Égypte, ce qui nous a porté à en rechercher la cause, pour cette époque précisément.

Grégoire II Vahram, catholicos[152] des Arméniens — ordonné en 1065-1066 —, convint avec son secrétaire, le docteur Georges, de visiter Rome, puis ensemble les déserts d’Égypte ; car Grégoire voulait y consacrer sa vie à la retraite et à la solitude. Le roi et les grands d’Arménie voulurent l’en empêcher, mais ne le purent ; ils persuadèrent alors son secrétaire Georges de devenir catholicos, et l’amenèrent à Grégoire pour qu’il l’ordonnât. Grégoire, surpris de voir ce Georges renoncer au projet de leur voyage commun, lui en garda rancune.[153]

Grégoire II, naguère catholicos des Arméniens, entreprit en 1069-1070 son voyage vers Rome, puis parvint en Égypte en 1074-1075 ; et ce fut, très probablement, ou bien sur l’invitation de Badr al-Jamālī, le vizir arménien d’Égypte (1073-1094), ou bien à l’appel des Arméniens d’Égypte.[154]

Grégoire II visita le désert d’Égypte, où sont les monastères des moines, puis vint à Fostat — la vieille ville du Caire —, où il fixa son siège patriarcal pour les Arméniens. Le calife al-Mustanṣir le traita avec tout l’égard et tout l’honneur, plus que s’il eût été l’empereur. Et beaucoup d’Arméniens vinrent le rejoindre en Égypte, jusqu’à ce que leur nombre atteignît environ trente mille, qui habitèrent le quartier d’al-Ḥusayniyya, au nord du Caire[155], et Ṭurah[156] ; et ils eurent leurs propres églises et leurs monastères.[157]

Canard remarque l’absence de Badr al-Jamālī lors de la réception du patriarche, et avance une autre hypothèse : que celui qui le reçut fût Badr, et non le calife.[158]

Combien de temps ce patriarche demeura-t-il en Égypte ? Nous ne le savons au juste ; mais il quitta le pays avant l’an 1087, avant l’arrivée du nouveau patriarche, nommé lui aussi Grégoire, fils de la sœur du patriarche Grégoire II susdit, et frère de ce Bahrām qui fut gouverneur de la Gharbiyya, puis vizir (1134-1136), et frère de Bāsāk, gouverneur de Qous.[159]

Le biographe des patriarches nous apprend la visite en Égypte d’un moine arménien nommé Manākīs, visite qui précède elle aussi l’arrivée du nouveau patriarche, que le biographe nous décrit en ces termes :[160]

« Or, lorsque ce fut le mois d’Abīb de l’an 803 de l’ère copte — des Martyrs — (soit juin-juillet 1087), il arriva de Constantinople à Alexandrie un vaisseau où se trouvait un jeune homme de belle mine, avec des compagnons et des serviteurs ; on disait de lui qu’il était le patriarche des Arméniens, du nom de Grégoire, fils de la sœur de leur ancien patriarche, de la lignée du roi Sennachérib ; que son oncle maternel lui avait remis le patriarcat et l’avait envoyé au pays d’Égypte… »

« Il reçut du Commandeur des armées un bon accueil, et logea en l’église de Notre-Dame — Mart Maryam —, qui est aux Melkites, au quartier d’az-Zuhrī. »[161]

Nous savons du biographe des patriarches que ce Grégoire avait été ordonné patriarche en son propre pays ; et il nous confirme sa parenté avec l’ancien patriarche — Grégoire II — et sa fraternité avec Bahrām et Bāsāk.[162]

À la mort de ce patriarche, on ordonna à sa place Ananias.[163]

Lorsque Riḍwān ibn Walakhshī, gouverneur de la Gharbiyya, se souleva contre Tāj ad-Dawla Bahrām en l’an 1136, et s’empara du vizirat, il incendia le monastère des Arméniens dit d’az-Zuhrī, et fit périr le patriarche arménien Ananias.[164]

On ordonna ensuite patriarche des Arméniens l’évêque d’Atfih ; et le biographe des patriarches rapporte que Gabriel ibn Turayk refusa de lui imposer les mains, parce qu’il avait brigué le patriarcat à prix d’argent[165] ; mais Manassā rapporte, lui, que Gabriel l’ordonna[166], encore que la vérité de cette dernière nouvelle demeure douteuse.[167]

Et les Arméniens demeurèrent en Égypte jusqu’à la venue des Ghuzz et des Kurdes[168], en l’an 564 de l’hégire (premier de Muḥarram = 5 octobre 1168) : ceux-ci s’emparèrent de la Basse-Égypte, passèrent au fil de l’épée la plupart des Arméniens[169] et chassèrent le reste ; et le patriarche arménien, lui et ses moines, furent relégués à Jérusalem en l’an 1172[170], au temps du soixante-treizième patriarche copte, l’Anba Marc (1166-1189).[171]

7. Les problèmes ecclésiastiques

a — Le concubinage   (at-tasarrī)

Il semble que le concubinage[172] fût l’une des plaies chroniques de cet âge. Lorsque l’Anba Abraham — Afrām ibn Zurʿa — le Syrien (975-978) monta sur le siège patriarcal, il frappa d’interdit quiconque en usait ; or un groupe des notables le pratiquait, et tous lui obéirent, hormis un seul ; mais le patriarche ne tarda point à mourir.[173]

Et cette excommunication fut, à ce qu’il paraît, la cause du meurtre du patriarche : car on rapporte qu’un notable, nommé Abū as-Surūr le Grand, homme de crédit dans l’État et dépositaire de bien des secrets, sommé par le patriarche de renoncer à ses concubines, ne le fit point ; le patriarche l’excommunia et l’écarta de la communion ; sur quoi il lui fit administrer un poison qui l’emporta.[174]

Quant au patriarche Philothée (979-1003), il était trop occupé de ses plaisirs pour combattre aucun mauvais usage dans l’Église. Le biographe des patriarches dit :

« Le père Philothée, le patriarche, persistait à amasser l’argent, à manger et à boire ; on dit qu’il fit bâtir un bain en sa maison, où il entrait chaque jour, et qu’au sortir il se parfumait d’un encens fort abondant ; puis il s’asseyait, jugeant, commandant et défendant, jusqu’à la quatrième heure du jour ; alors il se levait, et, la sixième heure venue, on lui apprêtait mets, boissons et fruits à sa convenance ; il rentrait en sa demeure, où venait à lui une compagnie accoutumée à s’asseoir et à festoyer avec lui — des gens de Damrou, des siens et de ses proches —, avec qui il mangeait et buvait ; nul n’entrait plus auprès de lui le reste du jour, jusqu’au lendemain ; et mainte fois il se tenait ainsi à manger et à boire. »[175]

Le patriarche Zacharias (1004-1032) n’était point capable de gouverner les affaires de l’Église, car il se laissait mener par les siens et ses disciples, qui réglaient tout à leur gré ; et ceux-ci n’avaient d’autre souci que d’amasser l’argent par tous les moyens, singulièrement à l’occasion des ordinations.[176]

De même le patriarche Shenoute (1032-1046) avait pour souci constant d’amasser l’argent à l’occasion des ordinations ; et le biographe des patriarches dit de lui :

« Il y eut, de son humeur fâcheuse et de ses actes, ce qu’il ne nous est point permis de coucher par écrit. »[177]

Puis vint le patriarche Christodoulos (1046-1077), qui promulgua des canons de caractère administratif et liturgique, mais ne toucha point à cette matière.[178]

Ce qui nous porte à croire à la réalité du mal, ce sont les nouvelles qui nous parvinrent de la même situation au pays d’Abyssinie. Sous le patriarcat de Cyrille (1078-1092), il arriva des lettres de l’Anba Sévère, métropolite d’Abyssinie[179], l’informant que la corruption y avait cessé : le roi, les vizirs de son royaume, ses familiers et ses sujets, chacun avait plusieurs femmes ; et [le métropolite] n’avait cessé de détourner le roi de cet usage, le traitant avec douceur et l’exhortant, jusqu’à ce qu’il éloignât de lui toutes ses femmes, n’en gardant qu’une seule, avec la mère de ses enfants. L’évêque s’efforça de l’amener à quitter même cette épouse pour ne demeurer qu’avec la mère de ses enfants, mais il ne le put : le roi lui répondit qu’il avait renvoyé toutes ses femmes, mais que celle-là, il ne pouvait s’en séparer ; l’évêque le lui concéda et ferma les yeux, de crainte que l’affaire ne lui échappât. Et le roi fit de même avec les gens de son royaume, les chefs de son État et tous ses sujets ; et tous abandonnèrent la coutume de prendre plusieurs femmes.[180]

Et ce qui nous affermit encore dans cette conviction, c’est que le patriarche Cyrille inséra, en ses trente-quatre canons, quatre canons consacrés au seul concubinage et à la pluralité des épouses :[181]

Canon 20 — il interdit un second mariage du vivant de la première épouse ;

Canon 21 — il interdit le concubinage tant que l’épouse est vivante ;

Canon 22 — il interdit un second mariage, quand même il en serait né des enfants, si la première épouse est vivante ;

Canon 23 — il interdit le concubinage, fût-ce en l’absence de toute épouse.

Sous le patriarcat de Michel (1092-1102) et sous celui de Macaire (1102-1128), le biographe des patriarches ne nous entretient plus de cette matière. Et il nous faut attendre l’accession de Gabriel ibn Turayk (1131-1145) au siège patriarcal pour voir paraître son recueil de canons, où Gabriel consacre le vingt-huitième chapitre à l’interdiction du concubinage — encore que ce chapitre ne soit pas des plus longs. Il traite du même sujet au canon 21 de son recueil des trente-deux canons.[182]

b — La simonie   (as-sīmūniyya)

C’est ce que le biographe des patriarches nomme « prendre la charṭūniyya »[183], savoir que le patriarche exige de l’argent de celui qu’il ordonne évêque ou prêtre.

Le patriarche, à son élection, était tenu de verser une somme au trésor public, afin que le calife le confirmât et lui délivrât un acte par lequel il pût exercer son autorité sur ses fidèles et trancher leurs différends.[184]

Et en des cas particuliers, certains patriarches furent exemptés de verser cette somme, comme le détail en viendra ; ce qui poussa quelques-uns d’entre eux à amasser de l’argent — et nous ne nions pas qu’il s’en trouva pour y mettre de l’excès, ainsi qu’on le verra.

De même, quelques patriarches furent arrêtés, après leur intronisation, et sommés de payer, pour divers motifs.

Ainsi Philothée le patriarche fut-il arrêté pour avoir ordonné son propre père — le vieillard Jean, entré en religion — au siège de Damrou[185] ; les notables s’en plaignirent au vizir, qui le fit saisir et jeter en prison, jusqu’à ce qu’on lui eût extorqué trois mille dinars pour le trésor public.[186]

Et lorsque le cadi Abū al-Ḥasan al-Sīrāqī se plaignit au vizir du patriarche Christodoulos — pour l’avoir mal reçu quand il vint à lui à Damrou —, le patriarche fut arrêté et jeté en prison, lui et quelques évêques, en l’an 773 de l’ère copte (= 1056), et on leur réclama une grosse somme.[187][188]

Un homme nommé Flōṭus sollicita l’épiscopat du patriarche Christodoulos, qui refusa de l’ordonner ; il le dénonça alors au calife, faisant valoir qu’il possédait beaucoup d’argent ; le patriarche fut saisi, et l’on prit avec lui six mille dinars ; les notables intervinrent et le tirèrent de prison, mais l’argent fut versé au trésor public.[189]

Et lorsque la tribu arabe des Lawāta s’empara de la Sharqiyya et de la Gharbiyya, dans le Delta, en l’an 1064, ils pillèrent les églises, ravirent ce qu’elles renfermaient, se saisirent du patriarche, le tourmentèrent et le suspendirent par les parties. Abū aṭ-Ṭayyib Bishūbah ibn Yuḥannis, secrétaire de Nāṣir ad-Dawla, intercéda pour lui auprès de ce dernier — qui était l’allié des Lawāta —, et racheta sa liberté pour trois mille dinars, dont il versa mille, promettant d’acquitter le reste. Une fois libéré, le patriarche se rendit à Alexandrie et pria ses habitants de payer ce qu’il devait ; après son insistance et leur refus, ils y consentirent ; mais le patriarche leur rendit leur argent, car il ordonna des évêques à Alexandrie, en reçut de quoi, et s’acquitta ainsi de sa dette.[190]

Et sous le patriarcat de Cyrille (1078-1092), un moine adressa un billet au Commandeur des armées, où il disait qu’Abū as-Surūr ibn al-Abaḥ avait, chez l’évêque d’al-Khandaq[191], de l’argent qu’il lui avait confié en dépôt de son vivant ; que tous les évêques, chacun, détenaient un dépôt appartenant à quelque intrigant ; et que, s’il le lui ordonnait, il le leur ferait rendre. Le Commandeur lui en donna l’ordre, et l’on imposa aux évêques des provinces de la Haute et de la Basse-Égypte quatre mille dinars.[192]

Les récits des patriarches qu’on arrêta, après leur intronisation, pour leur réclamer de l’argent, regardent le plus souvent ceux qui prenaient eux-mêmes la charṭūniyya ; ce qui nous invite à reprendre ces récits en détail.

Au commencement du gouvernement du patriarche Abraham ibn Zurʿa (975-978), celui-ci abolit la charṭūniyya ; car ce patriarche avait été un marchand syrien, riche de grands biens — bien plus, il distribua tout son avoir en aumônes aux nécessiteux.[193]

Mais son successeur, le patriarche Philothée (979-1003), reprit l’usage de recevoir de l’argent pour l’ordination des évêques, à tel point qu’un groupe des scribes de premier rang, connus sous le nom de Banū al-Muṭīʿ, vinrent trouver le patriarche et convinrent avec lui qu’il n’ordonnerait aucun évêque sans leur avis ; car il prenait l’argent et ordonnait des indignes.[194]

Aussi, lorsqu’il ordonna son père — le vieillard Jean, entré en religion — évêque de Damrou, comme nous l’avons dit, les notables se plaignirent de lui ; il fut arrêté et sommé de payer trois mille dinars.

Car le souci de ce patriarche était le boire et le manger, plus que le soin du troupeau ; et il amassa une grande fortune, qu’il laissa à ses quatre frères.[195]

Et le biographe des patriarches nous conte l’histoire du martyr al-Wāḍiḥ ibn Abī ar-Rajāʾ — qui, de musulman, apostasia au temps d’al-Ḥākim, se fit moine, et bâtit l’église de l’archange Michel[196], entre Birkat al-Ḥabash[197] et Banū Wāʾil[198], puis se retira au monastère et fut ordonné prêtre ; et les disciples du patriarche Philothée lui réclamèrent des dinars pour son ordination. Et il dit, à l’heure de sa mort :

« De tout le tourment qui m’accabla, et de toute l’ignominie qui fondit sur moi, rien ne me troubla que trois choses : que ma sœur s’unît à ma concubine sous mes yeux ; qu’elle noyât mon enfant devant moi, tandis que je regardais — son père l’avait ainsi ordonné, pour le ramener à l’Islam — ; et, plus grande que celles-là, que le patriarche me vît, cependant que ses disciples me réclamaient des dinars pour m’avoir ordonné prêtre, et qu’il demeurât immobile, sans les en empêcher ni les en détourner. »[199][200]

Quant au patriarche Zacharias (1004-1032), il abandonnait son gouvernement à d’autres : ses disciples et ses parents régnaient sur lui, et c’étaient eux qui exigeaient la charṭūniyya de quiconque se présentait à l’ordination. Le biographe dit :

« Et les choses furent renversées : l’homme intelligent et savant n’était compté pour rien, surtout s’il était pauvre ; tandis que l’ignorant sans esprit était honoré et révéré parmi eux, surtout s’il était riche, afin qu’ils l’élevassent au plus haut degré des ordres du sacerdoce. »

« Sa maison et ses disciples le gouvernaient et le menaient ; c’étaient eux qui prenaient l’argent de ceux qu’ils lui présentaient, pour en disposer à leur gré ; et lors même qu’il eût voulu donner à un homme un pain, il ne le pouvait qu’avec leur agrément ; si un prêtre lui envoyait quelque chose, il le leur transmettait ; et quiconque lui demandait le sacerdoce, il le renvoyait à eux, pour qu’ils en réglassent le prix, faute de quoi ils ne le laissaient point l’ordonner. »[201]

Il vint à lui un prêtre-moine nommé Jonas, qui avait vu une troupe acheter des évêchés ; il pria le patriarche de l’ordonner évêque, sur n’importe quel siège, fût-il ruiné ou vacant. Le patriarche le renvoya à ses disciples, qui l’outragèrent et le battirent, parce qu’il ne possédait rien. Il voulut porter plainte devant al-Ḥākim bi-Amr Allāh, mais les notables l’en empêchèrent et écrivirent au patriarche ; celui-ci prit les lettres et les remit à son neveu Khāʾīl, évêque de Sakhā[202], lequel ordonna aux Arabes qui gardaient les monastères de se saisir du moine et de le jeter dans un puits ; ils le firent, et le lapidèrent ; mais il trouva un renfoncement au-dedans du puits, et échappa à la mort. Quand le patriarche apprit ce qui s’était passé, il s’indigna, excommunia son neveu, fit venir le moine et lui promit de l’ordonner dès qu’un siège serait vacant ; mais il n’en fit rien. Le moine s’en alla donc et dénonça le patriarche à al-Ḥākim, qui ordonna la fermeture des églises et fit comparaître le patriarche — lequel avait vieilli ; il le tint en prison trois mois, en l’an 1010, puis le fit jeter aux bêtes féroces, qui ne lui firent aucun mal.[203][204]

Après qu’al-Ḥākim eut relâché le patriarche, celui-ci se retira au Wādī Habīb[205] ; et à son retour, le moine Jonas réclama de nouveau l’ordination : il l’ordonna donc higoumène[206], à l’instance des évêques, de peur qu’il ne renouvelât sa plainte.[207]

Et Shenoute (1032-1046) prit la charṭūniyya pour l’ordination : le premier qu’il ordonna fut l’évêque de Banā[208], dont il reçut six cents dinars ; il ordonna ensuite un évêque pour Asyūṭ, dont il reçut beaucoup d’argent, si bien que les gens d’Asyūṭ interdirent à celui-ci l’entrée de leur ville trois années durant.[209]

Shenoute le patriarche écrivit au diacre Biqīra ar-Rashīdī, « l’homme de la Croix », son engagement de ne plus prendre la charṭūniyya, lorsque Biqīra lui eut promis que l’on porterait en compte ses charges financières envers l’État — l’impôt foncier et l’impôt sur la dīyāriyya[210] — et envers les Alexandrins, dont la coutume était de prélever chaque année de l’argent sur le patriarche pour la réparation de leurs églises, pour ses besoins personnels et ceux de ses disciples, en calculant son revenu et en comblant le déficit avec l’aide des notables. Mais après avoir écrit son engagement et rassemblé les évêques, il se dédit et déchira l’écrit.[211]

Ce patriarche était si amoureux de l’argent qu’il contraignit l’un de ses fidèles à embrasser l’Islam pour recouvrer la propriété d’une maison que lui avait laissée son frère défunt, l’évêque de Bashnānah : le patriarche s’en était emparé avec tout son contenu ; le frère de l’évêque le pria de prendre tout ce qui était dans la maison et de lui en laisser les murs, mais le patriarche s’y refusa ; alors l’homme se fit musulman, et recouvra la maison et ce qu’elle renfermait.[212][213]

Et lorsque les Alexandrins lui réclamèrent l’argent qu’il leur devait, il refusa de payer ; ils le dénoncèrent au gouverneur ; et à la fin il modifia son engagement et réduisit la somme de cinq cents dinars à trois cents ; le diacre Biqīra assistait à cet accord.[214]

Ce même Biqīra ar-Rashīdī avait pourtant, à l’élection de Shenoute au patriarcat, rassemblé l’élite des chrétiens et s’en était allé trouver le vizir ʿAlī ibn Aḥmad al-Jarjāʾī — homme ami des chrétiens — pour lui exposer la situation ; et le vizir avait exempté le patriarche élu des trois mille dinars que tout élu devait, selon la coutume, verser au trésor public.[215]

Et le patriarche Christodoulos (1046-1077) avait une méthode ingénieuse pour amasser l’argent, tout en croyant ne point prendre la charṭūniyya. De sa méthode, le biographe des patriarches nous instruit ainsi :

« L’Anba Christodoulos, devenu patriarche, disait à celui qu’il faisait évêque : “Ces sièges appartiennent à Marc l’Évangéliste ; et ce siège sur lequel je t’établis évêque, la moitié en est à saint Marc l’Évangéliste, et l’autre moitié à toi ; prête-moi donc, sur la part de saint Marc l’Évangéliste, telle et telle somme, et tu seras remboursé jusqu’à recouvrer ton prêt ; après quoi, de tout ce que rapportera le siège, tu apporteras à la cellule patriarcale la moitié qui revient à saint Marc.” Il obtint ainsi, de tous ceux qu’il fit évêques, beaucoup d’argent. Parmi eux, Marc le scribe, connu sous le nom d’Ibn aẓ-Ẓālim, dont il reçut mille dinars, à titre de prêt sur la moitié du siège, et qu’il établit évêque de Samannoud. Et il agissait de la sorte pour qu’on ne dît pas qu’il prenait la charṭūniyya, se croyant quitte devant Dieu. »[216][217][218]

Le patriarche Cyrille (1078-1092) proscrivit absolument la prise de la charṭūniyya ; il stipulait avec chacun de ceux qu’il ordonnait que la moitié des revenus lui reviendrait, et l’autre moitié à la cellule de saint Marc l’Évangéliste ; et il affecta les revenus de certains sièges au monastère de Saint-Macaire.[219]

À l’élection de Michel (1092-1102), on stipula avec lui — entre autres conditions — qu’il ne prendrait point la charṭūniyya ; il y consentit et souscrivit un engagement ; mais, une fois monté sur le siège patriarcal, il désavoua son écrit. Nous ne savons cependant, de source assurée, s’il prit ou non la charṭūniyya de quelqu’un pour son ordination.[220]

À l’élection de Macaire (1102-1128), le shaykh Abū al-Faḍl ibn al-Usquf, secrétaire du très exalté seigneur al-Afḍal ibn Badr al-Jamālī[221], vizir de l’État, se rendit à la demeure du vizir et le pria d’exempter le patriarche de ce que lui réclamaient le trésor public et les gouverneurs d’Alexandrie ; et il l’en exempta.[222]

Et son successeur fut le patriarche Gabriel ibn Turayk (1131-1145), qui avait été un scribe, riche de grands biens, comme on le verra en sa biographie. Il combattit la simonie et abolit la prise de la charṭūniyya[223]. Il la combattit dans ses canons — au premier canon de son recueil des trente-deux —, et il la combattit aussi par l’exemple vivant de sa conduite : car il ordonna, sa vie durant, cinquante-trois évêques, sans jamais rien recevoir de personne, et n’accepta jamais, absolument, aucun présent pour l’ordination d’un prêtre.[224][225]

c — Le siège du Caire

Il est notoire qu’Alexandrie est le siège de la chaire patriarcale d’Alexandrie. Mais, à l’époque fatimide, la capitale véritable était Le Caire ; ce qui porta les patriarches à tourner vers elle leurs regards, à songer à y résider, et à y transférer d’Alexandrie le siège du patriarcat.

Le dernier qui habita Alexandrie fut le soixante et unième patriarche, Théophane (956-992)[226][227] ; après lui, le patriarche Mīnā (956-974) demeura[228] à la campagne (le rīf)[229], puis à Maḥallat Dāniyāl, en Tīda.[230]

Et Abraham ibn Zurʿa (975-978) résida à Fostat, car sa relation avec le calife al-Muʿizz était solide depuis le temps où il était marchand : le calife venait à lui à toute heure, prenait son avis sur ce qui lui survenait, et recherchait sa bénédiction ; et le calife lui-même le pria de demeurer à Fostat.[231]

Le patriarche Philothée (979-1003) retourna résider à Maḥallat Dāniyāl, puis à Damrou[232] ; mais le patriarche Zacharias (1004-1032) revint habiter Fostat[233], et le patriarche Shenoute (1032-1046) le suivit, demeurant précisément en l’église de l’archange Michel, dite al-Mukhtāra, à Rôda[234] — l’île du Nil, au Caire.

Le patriarche Christodoulos (1046-1077) habita Damrou[235], puis Fostat[236] ; quant au patriarche Cyrille (1078-1092), il revint à l’église de l’archange Michel al-Mukhtāra, à Rôda[237] ; il eût désiré résider à la campagne, mais ne le put, à cause de la multitude de ceux qui venaient des pays d’Abyssinie et de Nubie ou y retournaient, et parce que le sultan avait besoin de sa présence auprès de lui à toute heure.[238]

Jusque-là, l’aspiration des patriarches à résider à Fostat n’allait pas jusqu’au dessein de laisser leur siège d’Alexandrie sans évêque. Mais cette tendance même ne tarda pas à se manifester, sous le patriarcat de Michel (1092-1102), qui habitait Fostat[239] et aspirait à réunir à sa charge le siège épiscopal de Fostat lui-même. Le biographe des patriarches dit :

« Quant à l’Anba Sanhūt, évêque de Fostat, il demeura, durant le patriarcat de Michel, dans une vie amère : [le patriarche] l’écartait à tout moment de ses fonctions, sous des fautes qu’il lui forgeait, et voulut l’excommunier en synode pour s’emparer de l’évêché de Fostat ; mais la peste le frappa, et il mourut. »[240]

L’Anba Sanhūt, évêque de Fostat, ne put recouvrer son siège qu’après la mort du patriarche Michel.

Cette même tendance se poursuivit sous le patriarcat de Macaire (1102-1128), qui résidait à Fostat[241]. Et lorsque l’Anba Sanhūt, évêque de Fostat, mourut en l’an 1111, le siège demeura longtemps vacant. Des lettres furent échangées entre Yūḥannā ibn Ṣāʿid[242] — l’un des rédacteurs des Biographies des Patriarches —, au nom du peuple du siège de Fostat, et le patriarche, de l’an 1111 à l’an 1118, soit sept années durant ; et nous trouvons le texte de ces lettres dans les Biographies des Patriarches[243]. Il ressort clairement, entre les lignes, que le patriarche ne voulait pas ordonner d’évêque pour le siège de Fostat ; mais, sur les instances du peuple, le moine Yūnus ibn Sanhūt fut ordonné, après ce long délai.

Et il nous faut attendre l’accession du patriarche Gabriel ibn Turayk (1131-1145) au siège patriarcal — laquelle coïncida, au commencement de son patriarcat, avec la mort de l’Anba Yūnus ibn Sanhūt, évêque de Fostat — pour que le siège de Fostat devînt, à dater de ce jour, la résidence permanente de Gabriel et des patriarches venus après lui.[244]

Et, selon les rapporteurs, il y eut à cela deux causes différentes.

Selon le récit de Marc ibn Zurʿa, il apparaît que Gabriel n’ordonna personne à Fostat de sa propre volonté :

« Au commencement de son patriarcat, l’Anba Yūnus, évêque de Fostat, mourut, en Rabīʿ al-Ākhir de l’an cinq cent vingt-huit de l’hégire (= février 1134) ; Gabriel pria sur lui avec une assemblée de prêtres, l’ensevelit à al-Ḥabs, et n’ordonna personne après lui sur Fostat, tout le temps de son patriarcat. »[245]

Et selon le récit de l’évêque de Fouah[246], Gabriel n’ordonna point d’évêque pour Fostat, à la demande de son peuple :

« Et lorsque l’évêque de Fostat, l’Anba Yuʾannis ibn Sanhūt, reposa, au mois d’Amshīr de l’an 850 de l’ère copte (= 1134), les Égyptiens consentirent que le patriarche demeurât chargé des affaires du diocèse de Fostat, avec les fardeaux du patriarcat, attendu qu’il avait élevé les enfants de ce diocèse, connaissait leur condition, leur faiblesse et leurs maux, et était mieux instruit que tout autre de leurs affaires. Le Pape agréa leur demande, et ne leur désigna point d’évêque sur Fostat. »[247]

Résumé de la première section

 

La condition des Chrétiens, sous les Fatimides, dépendait dans une large mesure des humeurs du calife, de son vizir, voire de qui, au-dessous d’eux, tenait quelque parcelle du pouvoir, fût-il le plus modeste des percepteurs de deniers : chacun disposait d’eux selon l’étendue de son autorité et la longueur de son bras.

Ils jouissaient de la paix et de la tranquillité aussi longtemps que le souverain était content d’eux, comme ils enduraient des saisons d’amère persécution lorsqu’il s’irritait ; et le revirement était prompt, qui les faisait passer de la paix à la persécution, et de la persécution à la paix.

Les offices de l’État ne se vidèrent jamais des chrétiens, sinon pour de courts intervalles, aux temps de la rigueur ; et si on les chassait, il ne s’écoulait qu’un temps modique avant que le calife ne les rappelât, pour leur compétence et leur expérience.

Il n’existait point d’écoles où l’on enseignât l’art de servir dans les offices : cette formation s’acquérait dans l’office même. Aussi le maniement des affaires demeurait-il, le plus souvent, entre les mains de certaines familles. Nous en voyons l’exemple dans la maison de Gabriel le patriarche, dont le père fut Turayk et le frère Abū Naṣr, tous deux scribes, ainsi qu’il a été dit plus haut ; de même la charge du vizirat dans la maison de ʿĪsā ibn Nasṭūrus, avec son fils Abū al-Khayr Zurʿa ibn ʿĪsā et son frère Ṣāʿid ibn ʿĪsā ; pareillement la fortune de la maison d’Abū Saʿd al-Tustarī le Juif, avec son fils et son frère Abū Naṣr Hārūn ibn Sahl al-Tustarī ; et il y a enfin le cas du fameux vizir Badr al-Jamālī, avec son fils al-Afḍal et son petit-fils Aḥmad.

La période fatimide demeure, entre toutes, l’une des plus dignes d’attirer les chercheurs et les amants de l’histoire, tant il est fructueux d’en explorer le caractère et d’en analyser les phénomènes.

Ainsi s’achève la première section de l’étude introductive[248], où l’éditeur a peint le siècle qui vit naître et gouverner Gabriel.

 

 

Deuxième section de l’étude introductive

Gabriel ibn Turayk

 

1. Le cadre politique au temps de son patriarcat

Le califat d’al-Ḥāfiẓ li-Dīn Allāh   (1130-1149)

Lorsque al-Āmir bi-Aḥkām Allāh[249] (1101-1130) fut assassiné, il ne laissa point de fils ; mais il avait laissé enceinte l’une de ses femmes. Alors ses deux affranchis d’al-Afḍal — Hazbar al-Mulūk (ou Hazār al-Mulūk) Jawāmard, et al-ʿĀdil Barghash — établirent son oncle Abū al-Maymūn ʿAbd al-Majīd, qui fut surnommé al-Ḥāfiẓ li-Dīn Allāh, afin qu’il fût le régent de l’enfant à naître ; mais le nouveau-né fut une fille, et ainsi al-Ḥāfiẓ demeura maître du califat.[250]

Toutefois, Ibn Maysar nous apprend qu’al-Āmir, quelques mois avant sa mort, avait eu un fils, qu’il nomma al-Ṭayyib Abū al-Qāsim : il en célébra la naissance par une fête publique, le proclama héritier présomptif, et fit expédier les actes portant investiture de sa succession.[251]

Le vizirat de Hazbar al-Mulūk. — Al-Ḥāfiẓ récompensa Hazbar al-Mulūk en lui conférant le vizirat ; mais l’armée se souleva, et porta au vizirat Abū ʿAlī Aḥmad, surnommé Kutayfāt, fils d’al-Afḍal, fils de l’émir des armées Badr al-Jamālī ; et Hazbar al-Mulūk fut tué le jour même.[252]

Le vizirat d’Aḥmad ibn al-Afḍal, dit Kutayfāt. — Il s’empara du vizirat et se rendit maître des affaires ; il fit arrêter al-Ḥāfiẓ, l’emprisonna, chargé de fers, dans le palais[253], et al-Ḥāfiẓ demeura captif tout le temps que vécut Aḥmad ibn al-Afḍal.[254] Et ce fut sous son vizirat que Gabriel monta sur le trône patriarcal, en l’an 1131.[255]

Le meurtre du vizir Aḥmad ibn al-Afḍal. — En l’an 1132, les mamelouks d’al-Ḥāfiẓ se soulevèrent contre le vizir Aḥmad ibn al-Afḍal ; ils lui dressèrent une embûche au champ où l’on jouait à la balle[256], où il avait accoutumé de se rendre ; l’un d’eux le perça d’un poignard et le tua ; puis ils lui tranchèrent la tête, se hâtèrent de tirer al-Ḥāfiẓ de sa prison, et lui renouvelèrent le serment d’allégeance.[257]

Al-Ḥāfiẓ se proclame calife. — Al-Ḥāfiẓ tint le jour de sa délivrance et de son accession au pouvoir pour une fête ; il la nomma la Fête de la Victoire, et l’on vint à la célébrer chaque année.[258]

Le vizirat de l’émir Yānis l’Arménien. — À la tête des conjurés qui avaient tué Aḥmad ibn al-Afḍal était l’émir Yānis l’Arménien ; aussi al-Ḥāfiẓ l’éleva-t-il à la charge de vizir. Yānis exerça le vizirat d’une administration excellente : homme sensé, imposant, respectueux des lois de l’État, il n’innova rien et ne sortit point des ordres du calife — sauf qu’il fit arrêter un ustādh[259] d’entre les familiers du calife, sans le consulter, pour ce qui lui en était revenu, et lui fit trancher le cou. Yānis craignit en outre que les pages du calife ne le missent à mort, comme ils avaient tué Kutayfāt ; il les combattit avec ses soldats, et il y eut entre eux un engagement où Yānis eut le dessus. Alors le calife al-Ḥāfiẓ prit ombrage de lui, et chacun des deux se mit à épier l’occasion contre l’autre. Yānis fit arrêter l’entourage du calife — entre autres le grand cadi et le grand missionnaire[260], Abū al-Fakhr et Abū al-Fatḥ ibn Qādūs, et les fit périr. La chose pesa fort à al-Ḥāfiẓ, qui manda son médecin et lui dit : « Débarrasse-moi de l’affaire de Yānis. » On rapporte que le médecin disposa pour Yānis, dans un vase, une eau empoisonnée dont celui-ci se lava, et il en mourut : il n’avait tenu le vizirat que neuf mois.[261]

Al-Ḥāfiẓ exerce le pouvoir par lui-même. — Au lendemain de s’être défait de Yānis l’Arménien (1132), al-Ḥāfiẓ résolut d’exercer le pouvoir par lui-même, et de n’en plus déléguer le soin à un vizir. Il prit pour aide son fils et héritier présomptif, Sulaymān, afin qu’il s’acquittât des charges dont les vizirs avaient coutume de se saisir.[262] Mais Sulaymān ne tarda pas à mourir, deux mois après sa désignation[263]. Or al-Ḥāfiẓ n’avait point d’inclination pour son second fils, al-Ḥasan ; aussi le passa-t-il dans l’hérédité du trône, qu’il conféra à son fils cadet, nommé Ḥaydara. Cette disposition courrouça al-Ḥasan, qui se mit à conspirer contre son père.[264]

Les pages de la cotte de mailles. — Al-Ḥasan se souleva ; la lie du peuple se joignit à lui ; il leur distribua des cottes de mailles[265], les appela « les pages de la cotte de mailles » (ṣibyān al-zard), en fit sa garde particulière, et ils ne le quittaient plus : montait-il à cheval, ils l’environnaient ; descendait-il, ils se tenaient à sa demeure.[266]

Les méfaits d’al-Ḥasan. — Al-Ḥasan entreprit de pourchasser les grands : il fit arrêter Ibn al-ʿAssāf et le tua ; il se saisit du patriarche Gabriel et lui réclama de l’argent, et ne le relâcha point qu’on n’eût versé pour lui mille dinars[267] ; il fit arrêter une grande troupe des émirs de l’État, leur fit trancher le cou, et livra leurs demeures et leurs biens à ses pages. Al-Ḥāfiẓ voulut prévenir la malice de son fils, et lui fit dresser un acte l’investissant du vizirat ; mais cela ne fit qu’accroître sa hardiesse contre lui, sa dureté à le presser, et son acharnement contre les émirs de l’État.[268]

La révolte des émirs contre al-Ḥasan. — Les émirs se soulevèrent et environnèrent le palais d’al-Ḥāfiẓ, réclamant la mort d’al-Ḥasan, lequel s’était réfugié dans le palais de son père ; et ils menaçaient al-Ḥāfiẓ de le déposer du califat et d’incendier le palais. Or al-Ḥāfiẓ avait deux médecins juifs, l’un nommé Abū Manṣūr, l’autre Ibn Qurqa. Le premier se présenta, et le calife le pressa de composer une potion mortelle pour son fils ; mais il s’en fit scrupule, désavoua tout savoir en la matière, jura par la tête du calife qu’il n’y entendait rien, et le calife le laissa aller. Puis vint Ibn Qurqa, que le calife pressa de la même potion ; il répondit : « À l’instant ; et le corps n’en sera point dissous, mais l’âme seulement s’exhalera. » Il l’apprêta le jour même ; le calife contraignit son fils al-Ḥasan à la boire, et il mourut.[269]

Al-Ḥāfiẓ manda ensuite aux émirs la nouvelle de sa mort ; mais ils n’y voulurent point ajouter foi, jusqu’à ce que l’un d’eux se rendît au palais, le piquât d’un instrument aigu, et s’assurât de son trépas.[270] Puis al-Ḥāfiẓ, à son tour, fit mettre à mort son médecin Ibn Qurqa, dont il gratifia de tous les biens Abū Manṣūr le Juif, qu’il établit chef des Juifs.[271]

Le vizirat de Bahrām l’Arménien. — Al-Ḥasan mort, se présenta Bahrām l’Arménien, le chrétien, gouverneur de la Gharbiyya ; les soldats le prirent, l’introduisirent auprès d’al-Ḥāfiẓ, et demandèrent pour lui le vizirat ; le calife l’institua vizir[272], et lui donna le surnom de « Glaive de l’Islam ».[273] Bahrām multiplia les fonctionnaires chrétiens, et nomma son frère Basāk gouverneur de Qous.[274]

Le vizirat de Riḍwān ibn Walakhshī. — Les plaintes des musulmans s’accrurent touchant la multitude des chrétiens dans les charges ; ils implorèrent le secours de Riḍwān ibn Walakhshī, qui avait remplacé Bahrām au gouvernement de la Gharbiyya. Il vint avec son armée, s’empara du vizirat en l’an 1136, et fut surnommé al-Malik al-Afḍal ; et Bahrām s’enfuit vers la Haute-Égypte, sans guerre ni combat.[275]

Bahrām se retire aux Couvents-Blancs. — Fuyant, Bahrām se rendit à Qous, où son frère Basāk était gouverneur ; mais, y étant parvenu, il trouva que le peuple avait tué son frère. Il assiégea la ville quelque temps, puis lui fit grâce, et s’en alla aux Couvents-Blancs[276], où il fixa sa demeure.[277]

Riḍwān se soulève contre le calife. — Riḍwān, une fois affermi dans le vizirat, sévit contre les chrétiens et les humilia ; puis il forma le dessein de déposer le calife, disant qu’il n’était point imam légitime, mais seulement le régent d’un autre — lequel autre n’avait jamais existé. Al-Ḥāfiẓ le redouta, et ne cessa d’intriguer contre lui, jusqu’à ce qu’une sédition éclatât, où Riḍwān fut défait ; il s’enfuit en Syrie, en l’an 1138, abandonnant sa demeure et tout ce qu’elle renfermait, que le peuple pilla.[278]

Al-Ḥāfiẓ rappelle Bahrām au Caire. — Al-Ḥāfiẓ rappela Bahrām au Caire ; il était fort affaibli, mais y parvint vivant, en l’an 1138. Le calife le logea auprès de lui dans le palais, le combla d’honneurs, ne lui confia aucune charge, mais le consultait dans le gouvernement de l’État.[279]

Riḍwān revient pour combattre al-Ḥāfiẓ. — Riḍwān revint de Syrie en l’an 1139, rassembla des troupes et marcha sur Le Caire. Al-Ḥāfiẓ sortit contre lui, le combattit, le prit et l’emprisonna ; et il ne prit plus de vizir après lui.[280]

La mort de Bahrām. — En l’an 1140, Bahrām mourut. Al-Ḥāfiẓ ordonna que les offices fussent fermés trois jours durant, et le pleura beaucoup. Les notables des chrétiens et le patriarche des melkites sortirent derrière son cercueil, comme sortit aussi al-Ḥāfiẓ, monté sur une mule à la suite de la bière, jusqu’à ce qu’ils parvinssent au couvent d’al-Khandaq[281] ; là il descendit de sa mule, s’assit au bord de la fosse, et pleura d’un grand pleur ; et l’on ensevelit Bahrām en l’église d’al-Zuhrī.[282]

Cherté et famine en Égypte. — En l’an 1142, les prix montèrent, la contagion se multiplia, et grand nombre des habitants du pays périrent ; et cela se prolongea jusqu’en l’an 1147.[283]

Le meurtre de Riḍwān. — En l’an 1147, Riḍwān ibn Walakhshī s’évada de sa prison du palais et se souleva contre al-Ḥāfiẓ ; mais il fut tué dans cette sédition.[284]

La mort d’al-Ḥāfiẓ. — En l’an 1149, une autre sédition éclata au Caire, au cours de laquelle mourut al-Ḥāfiẓ ; mais il mourut de sa maladie.[285]

2. Sa vie

a — Sa naissance et son enfance

Ṣāʿid, fils de Turayk[286] — surnommé Abū al-ʿAlāʾ[287] — naquit en l’an 1084, à Fostat — le Vieux-Caire —, noble d’entre les grands des scribes[288], et issu d’une famille illustre par le lignage et le rang.[289]

Son inclination fut ecclésiastique dès l’enfance. Marc ibn Zurʿa rapporte de lui :

« Il aménageait, dans la maison de son père, un lieu en forme d’église, où il faisait des lectures, comme s’il célébrait la liturgie ; puis il bénissait les gens de la maison paternelle, et, tout enfant qu’il était, il jouait et leur disait : “Je suis votre patriarche” ; et il se revêtait d’un tablier de soie qui lui tenait lieu d’ornement sacerdotal. »[290]

b — Sa famille

Son père, Turayk, était prêtre. Devenu veuf, et quoique riche, il vivait dans l’austérité, menant une vie pure ; puis il aspira au degré épiscopal. Mais lorsqu’on lui réclama de l’argent pour son ordination, il refusa de s’élever à cette dignité par la voie de la corruption : il se désista de la recherche de l’épiscopat, et consacra ses biens à restaurer l’église de Saint-Michel[291], durant le pontificat du patriarche Michel le Sinjārī[292] (1092-1102). Abū Ṣāliḥ en fait foi :

« L’église de Michel l’Archange, qui fut la résidence des patriarches depuis l’intronisation de l’Anba Gabriel Abū al-ʿAlāʾ ibn Turayk le scribe — lequel est le soixante-dixième dans l’ordre des patriarches. »

« Ce Turayk était prêtre, et devint veuf ; il sollicita l’épiscopat, mais on lui demanda de l’argent, et il ne voulut point s’avancer au degré du sacerdoce par le pot-de-vin ; comme il avait fortune et aisance, il restaura cette église et se désista de la recherche de l’épiscopat : cela, sous le patriarcat de Michel le Sinjārī. »[293]

Et cette leçon vivante marqua la vie du patriarche Gabriel, et le porta à combattre la simonie.[294]

Abū al-ʿAlāʾ avait un frère germain, nommé Abū Naṣr ibn Turayk le scribe, riche et pieux, l’un des plus considérables des arākhina du peuple — les grands laïcs de la nation copte. Son zèle le poussa à bâtir l’église d’Abānūb, voisine de l’église de Michel l’Archange qu’avait restaurée son père, dans le quartier de l’église de Mercure Abū Sayfayn[295] ; mais il ne put l’achever, et ce fut son frère, le patriarche Gabriel, qui la mena à bien. Abū Ṣāliḥ dit encore :

« Et une église voisine, placée sous le nom du glorieux martyr Abānūb, dont prit soin l’Anba Gabriel le patriarche ; et il est rapporté qu’Abū Naṣr, frère d’Abū al-ʿAlāʾ ibn Turayk, l’avait fondée sans l’achever. »[296]

c — Son savoir et ses fonctions

Il fut un scribe éminent, versé dans les sciences de l’Église et les Saintes Écritures, également habile dans les deux langues, la copte et l’arabe ; et il fut un copiste accompli, qui transcrivit de sa main, pour son propre usage, plusieurs livres coptes et arabes.[297] Marc ibn Zurʿa dit de lui :

« Savant éclairé… appliqué à lire les livres, à en interpréter le sens et à les scruter ; excellent copiste en copte et en arabe, il transcrivait pour lui-même quantité de livres, et faisait relier des volumes qu’il achetait, d’entre les livres anciens et nouveaux, tout ce qui pouvait servir à la sainte Église et à la religion chrétienne. »[298]

Et Yūsāb, évêque de Fouah[299], dit de lui :

« Il excellait dans son art, beau de main et d’expression, de belle méthode, expert dans les livres ecclésiastiques. »[300]

Il nous est parvenu — ainsi que l’a signalé Samīr Khalīl[301] — un manuscrit d’Ibrāhīm ibn ʿAwn, la Réfutation des Juifs, copié en l’an 939 de l’ère des Martyrs[302], d’après un manuscrit de Gabriel ibn Turayk[303] ; et un autre traité, sur la confection du myron, transcrit au temps du patriarche Athanase ibn Kalīl[304] (1250-1261), d’après un manuscrit de Gabriel ibn Turayk également.[305]

Quant aux fonctions qu’il exerça, l’évêque de Fouah dit :

« Il avait été formé dans le dīwān : d’abord au bureau de l’impôt foncier, puis au bureau de la chancellerie, puis au bureau du Trésor public ; et il ne s’écartait de son église de Marqūra ni la nuit ni le jour, avec tout ce qu’il avait de service auprès du sultan. »[306]

Et l’on remarque que ses occupations civiles ne le détournèrent jamais de ses soins spirituels, ni de son application au service de Dieu et de l’Église. En considération de son zèle et de la piété de sa vie, il fut ordonné diacre, en l’église de saint Abū Marqūra[307], au Vieux-Caire.[308]

d — Son élection et son ordination au patriarcat

Après la mort du patriarche Anba Macaire, le 19 décembre 1128[309] — ou le 22 décembre 1127, selon Abū al-Barakāt ibn Kabar[310] —, le siège patriarcal devint vacant ; les évêques n’élurent point d’autre patriarche à sa place, et le siège demeura vide, jusqu’à l’élection de Gabriel, le 3 février 1131.[311]

Cette élection se fit à l’initiative des arākhina du peuple et du cheikh Abū al-Barakāt ibn Yūḥannā ibn Abī al-Layth[312], de confession melkite, chef du dīwān al-taḥqīq — le bureau de la vérification.[313] Marc ibn Zurʿa dit :

« Nul d’entre les évêques n’eut part à son élection, ni les moines, et nul ne fut consulté en son affaire ; car le siège patriarcal était demeuré vacant nombre d’années, après la mort de l’Anba Macaire. »[314]

Et sur son élection, l’évêque de Fouah rapporte cette histoire :

« Il y avait, au désert d’Abū Maqār, un homme saint, syrien de nation, renommé pour sa sainteté, ses miracles et la connaissance des choses cachées, nommé Anba Joseph. Lorsque des anciens d’Abū Maqār vinrent le trouver, pleurant la perte de leur patriarche Anba Macaire, et déplorant qu’il ne se trouvât personne pour tenir sa place, Anba Joseph les consola. Ils l’interrogèrent sur celui qui se lèverait après lui ; il leur répondit : “Et qui connaît cela ?” Puis, comme ils insistaient, il leur dit : “Ô mes pères, qu’est-ce que cet Ibn Turayk ?” Ils lui dirent : “C’est un scribe.” Et ils l’interrogèrent sur le rapport qu’il avait avec cette affaire ; il répondit : “Je ne sais ; sinon qu’une voix résonne à mon oreille et dit : Ibn Turayk, Ibn Turayk.” Alors ils se firent des signes les uns aux autres, car ils savaient que le cheikh n’avait jamais connu Ibn Turayk auparavant. »[315]

« Il y avait alors, éminent dans l’État, un homme nommé Abū al-Barakāt ibn Yūḥannā ibn Abī al-Layth, de confession melkite, qui était secrétaire du vizir de l’État et avait la charge du dīwān al-taḥqīq, sous le vizirat d’al-Afḍal. Ce secrétaire aimait les Coptes, entrait dans leurs églises et y communiait ; aussi les scribes coptes de l’État le prièrent-ils d’intercéder pour eux auprès du vizir, afin qu’il leur permît d’introniser un patriarche. Il agréa leur requête, et les chargea de présenter celui qu’ils choisiraient pour le patriarcat. »[316]

Et l’évêque de Fouah poursuit :

« Le choix du peuple se porta sur lui ; et l’on ne fit venir aucun des moines ni des évêques, car la chose fut soudaine ; on alla vers ceux des évêques dont la présence se trouva possible : ainsi vinrent l’évêque d’al-Bunwānīn, qui était le doyen des évêques, l’évêque d’al-Khandaq, et l’évêque de Fostat. »[317]

« Puis ils s’assemblèrent auprès du susdit cheikh Abū al-Barakāt, et l’instruisirent de l’affaire ; il s’en réjouit, connaissant Ibn Turayk. Ils se présentèrent au vizir, le prièrent et firent devant lui l’éloge de Gabriel ; le désir en crût aux yeux du vizir, qui dit : “Un homme de cette sorte, on ne le laisse point échapper.” Ils insistèrent dans leur requête, et le prièrent tant qu’il leur permit de le prendre : et cela fut en l’an 847 des Martyrs. Puis ils le firent monter à l’église al-Muʿallaqa, et le revêtirent des habits monastiques et du grand schème. »[318]

« Et le lendemain, ils prirent une barque d’apparat, de celles du vizir, et une troupe d’Alexandrie monta avec lui ; il y prêcha, selon la coutume, puis célébra la sainte liturgie et y prêcha de nouveau. »[319]

Gabriel compte parmi le petit nombre de ceux qui furent élevés au patriarcat hors de l’ordre monastique[320] ; et il était alors âgé, selon Marc ibn Zurʿa, de quarante-sept ans[321]. Son élection s’accomplit le mardi neuvième jour d’Amshīr de l’an 847 des Martyrs — soit le 3 février 1131 —, sous le califat d’al-Ḥāfiẓ li-Dīn Allāh[322], et le vizirat d’Aḥmad ibn al-Afḍal ibn Badr al-Jamālī, surnommé Kutayfāt.[323]

Gabriel choisit pour confident de ses secrets et pour secrétaire de sa cellule l’Anba Pierre, évêque de Sirsinā[324], lequel ne savait point l’arabe, mais le copte seulement.[325]

e — Son emprisonnement

Gabriel était aimé du peuple ; aussi, lorsque l’émir al-Ḥasan[326] l’arrêta et l’emprisonna pour en tirer de l’argent, les scribes et le peuple réunirent la somme exigée afin de le délivrer.[327] Ibn Zurʿa dit :

« L’émir al-Ḥasan se saisit du patriarche Gabriel, le rançonna et l’emprisonna dans la Khizānat al-Bunūd, jusqu’à ce que les scribes lui en répartissent la somme sur leurs gages, et que les marchands l’aidassent de leurs deniers, tant qu’on réunit pour lui mille dinars ; et Dieu le délivra de ses mains. »[328]

f — Sa maladie et sa mort

Au commencement de l’an 1144, Gabriel tomba d’une grave maladie, où il fut aux portes de la mort. Ibn Zurʿa dit :

« Le susdit patriarche était tombé d’une grave maladie, dont il fut aux portes du trépas ; et il vit en songe comme une assemblée de prêtres et de moines, portant des évangiles, des croix et des encensoirs, qui lui dirent : “Nous sommes venus te visiter aujourd’hui, et tu guériras de cette maladie ; mais nous reviendrons vers toi l’an prochain, en ce même temps, et nous t’emmènerons avec nous.” »

Il guérit de sa maladie cette fois-là ; et, un an plus tard, il retomba malade et s’endormit dans le Seigneur.[329]

L’évêque de Fouah rapporte que ce mal le prit au troisième dimanche du Grand Carême[330] ; puis il le reprit, le vingt-cinquième jour du mois de Hātūr de l’an 861 des Martyrs (= 21 novembre 1144)[331], jour de la fête du martyr Mercure Abū Sayfayn : car, comme il se disposait à célébrer la liturgie, il se sentit indisposé, et une fièvre le saisit après l’office ; et son état empira le neuvième jour de Barmūda (= 4 avril 1145).[332]

Quand le patriarche sentit sa fin approcher, il fit venir les prêtres du Vieux-Caire et leur remit ce qu’il détenait appartenant à l’Église ; et il déchargea l’Anba Pierre, évêque de Sirsinā, secrétaire de sa cellule, de ce qu’il lui avait emprunté.

Et dans la nuit du vendredi[333], le patriarche s’endormit, et fut enseveli en l’église d’Abū Marqūra ; puis son corps fut transféré au monastère d’Abū Maqār[334], au désert de Scété.[335]

L’Église copte le compte au rang des saints, et célèbre sa fête le dixième jour de Barmūda[336] (le 5 avril du calendrier grégorien) ; et l’Église éthiopienne la célèbre le dixième jour de Miyāzyā, le 6 avril.[337]

3. Ses qualités personnelles

a — Son amour des pauvres, des étrangers et des malades

Gabriel ibn Turayk fut renommé, dès sa jeunesse, pour son amour des pauvres, des étrangers et des malades, et pour la sollicitude qu’il portait à quiconque avait besoin de secours. Nous lisons chez Marc ibn Zurʿa :

« [Il était] d’une belle conduite, faisant abondante aumône, plein de bonté et de bienfaisance, aimant les prières, les liturgies et le service des églises, des étrangers et des malades ; visitant les veuves, les orphelins, et ceux qui sont dans les prisons et la détresse. »[338]

b — Sa sagesse dans le gouvernement de l’Église

Gabriel fut également renommé pour sa sagesse et son bon gouvernement de l’Église ; et cette sagesse paraît en mainte occasion, entre autres sa conduite à l’égard de l’Église d’Abyssinie[339]. Comme les Abyssins demandaient, à lui et au calife tout ensemble, l’ordination d’un plus grand nombre d’évêques qu’à l’accoutumée, le calife ordonna qu’on fît droit à leur requête ; mais Gabriel s’en excusa auprès du calife, lui montrant que l’Abyssinie s’affranchirait par là de l’obéissance aux patriarches d’Égypte, et opprimerait ses voisins musulmans ; et le calife se rendit à ses raisons.[340] Voici l’histoire, telle que Marc ibn Zurʿa l’a rapportée :

« Le roi d’Abyssinie réclama l’Abba Michel — dont le nom, avant sa consécration, était Ḥabīb —, et lui demanda d’ordonner pour lui des évêques au-delà du chiffre fixé par la coutume établie dès les temps anciens ; mais il s’y refusa et dit : “Je ne puis rien faire que de l’avis du patriarche.” Le roi envoya donc au patriarche une lettre le priant en cette affaire, et une autre que son messager porta au roi d’Égypte ; et l’ordre du calife vint au patriarche d’accéder à sa requête. »[341]

« Mais il s’en excusa, et dit au calife : “Ô mon maître, si les évêques deviennent en Abyssinie plus nombreux que ce chiffre, ils oseront ordonner un métropolite, s’affranchiront de l’obéissance aux patriarches d’Égypte, se passeront d’eux et s’ordonneront eux-mêmes ; ils n’auront plus besoin des patriarches d’Égypte ni ne leur rendront obéissance ; et cela les portera à l’inimitié et à la guerre contre les musulmans qui confinent à leur pays ; l’ordre en sera troublé et les guerres s’y multiplieront, comme ils faisaient jadis, aux jours de Pharaon et de Moïse et des rois pharaoniques qui le précédèrent, car ils les envahissaient par terre et par mer ; et les récits en sont consignés dans les histoires des anciens.” »[342]

Mais les Abyssins passèrent outre à son ordre : ils ordonnèrent plusieurs évêques pour porter leur nombre à douze, et s’établirent un métropolite.

Or le métropolite que le patriarche avait désigné était malade ; il écrivit à Gabriel ce qui s’était passé. Alors Gabriel envoya au roi d’Abyssinie lui reprocher sa conduite, et frappa d’anathème quiconque avait conseillé cette entreprise ou y avait prêté la main. Et l’évêque de Fouah rapporte que le roi, les évêques nouvellement ordonnés et le métropolite moururent tous ; les Abyssins reconnurent alors leur faute, envoyèrent implorer la clémence de Gabriel, et il leur écrivit une lettre où il les bénissait.[343]

c — Sa capacité de reconnaître ses torts

Entre ses vertus fut aussi de reconnaître ses fautes, quand il le fallait, et de s’en repentir. Le détail en est dans l’histoire du jugement précipité qu’il porta contre Abū al-Yumn ibn al-ʿAmīdī, que Marc ibn Zurʿa nous a rapportée :

« Il y avait un homme d’entre les fils des scribes de distinction, qui tenait le premier rang dans sa parenté et y exerçait autorité, nommé Abū al-Yumn ibn al-ʿAmīdī ; il avait quitté le service de l’État et les affaires, et s’était attaché au service de l’église de Saint-Georges, au Dayr al-Ṭīn. Or des malveillants rapportèrent au patriarche Anba Gabriel, à son sujet, des propos mensongers, dans le dessein de le perdre auprès de lui et de le faire chasser de ladite église ; ou peut-être avaient-ils vu en lui quelque chose de répréhensible, qu’ils blâmèrent. »[344]

« Lorsqu’ils en eurent informé le patriarche, celui-ci ne put patienter d’examiner leurs dires et d’en faire enquête ; la chose fut dure à Abū al-Yumn ibn al-ʿAmīdī, et il sortit de sa communion. Le patriarche en conçut un grand trouble et s’en repentit à l’extrême ; et jamais plus, après cela, il ne sévit durement contre personne, de crainte de commettre chose semblable. »[345]

4. Ses innovations et ses réformes

a — Ses innovations

1. L’établissement du Caire comme siège du trône patriarcal. — La mort de l’Anba Sanhūt, évêque de Fostat, coïncida avec le commencement du patriarcat de Gabriel ; celui-ci n’ordonna point d’évêque pour ce siège, et Le Caire devint ainsi la résidence du trône patriarcal, pour lui et pour les patriarches qui vinrent après lui.[346]

2. L’aménagement d’une résidence patriarcale au Caire. — Gabriel fit de l’église de Michel l’Archange, qu’avait restaurée son père Turayk, la résidence des patriarches.[347]

3. Une addition à la confession qui précède la communion. — Gabriel se rendit au monastère d’Abū Maqār, après sa consécration à Alexandrie, selon l’usage ; et là s’éleva une controverse autour d’une formule qu’il avait ajoutée à la confession de foi que l’on prononce, dans la liturgie, avant de communier. Cette dispute nous est parvenue par de nombreux auteurs.[348] Nous en rapportons le récit, tel que Marc ibn Zurʿa l’a écrit :

« Je crois et je confesse que ceci est le corps de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, qu’il a pris de la Mère de Dieu, sainte Marie la Vierge, et qu’il est devenu un avec sa divinité. »

La clause finale était l’addition. Les moines déclarèrent que leur coutume n’était point de la prononcer ; mais Gabriel s’excusa, disant qu’il l’avait dite le jour de son intronisation, ainsi que la lui avaient enseignée les évêques qui l’avaient consacré, et qu’il ne lui était permis ni de l’omettre ni de l’abandonner, étant une formule orthodoxe. Il y eut là-dessus force débats et négociations, dont la conclusion fut de joindre à la phrase les mots que l’on résolut d’y ajouter, à savoir : « et il est devenu un avec sa divinité, sans mélange ni confusion ».[349]

Gabriel y consentit, la prononça, et on l’emploie jusqu’à présent ; la plupart s’accordèrent à la dire, hormis quelques-uns de la Haute-Égypte, qui demeurèrent en leur coutume connue ; mais il ne les contredit point en cela, et ne les y contraignit pas.[350] Depuis lors, cette addition est entrée dans la liturgie copte, et elle y demeure en usage, dans le texte même dont Gabriel convint avec les moines.[351]

4. L’ordonnance des offices de la Semaine sainte. — L’usage, en la semaine de la Baṣkha[352], était de lire l’Ancien Testament en concordance avec le Nouveau, sans aucun ordre établi. Quand vint Gabriel, il jugea pressant d’ordonner les lectures de cette semaine selon la suite des événements de chaque jour, en sorte que tous les fidèles pussent les suivre — jusqu’à ceux que retenaient les offices et les emplois civils. Il composa donc un livre qu’il nomma la Baṣkha ; puis l’Anba Pierre, évêque de Behnesa[353], en refit l’ordonnance, afin que les lectures fussent également réparties entre toutes les heures.[354]

5. Une coutume nouvelle dans l’ensevelissement des patriarches. — Lorsqu’on transféra le corps de l’Anba Macaire, prédécesseur de Gabriel, au monastère d’Abū Maqār, Gabriel prit le schème qui reposait sur les reliques de saint Macaire et le posa sur le patriarche, et le schème du patriarche, il le posa sur saint Macaire ; et il ordonna que ce fût désormais une coutume pour l’ensevelissement des patriarches.[355]

6. La pose de clôtures de bois devant les sanctuaires. — L’évêque de Fouah dit que Gabriel fut le premier à faire des clôtures de bois devant les sanctuaires, car il n’y en avait qu’à la seule église d’Abū Sarja[356]. Il en fit poser à l’église d’Abū Marqūra et à l’église Suspendue.[357]

7. La consécration d’enfants comme diacres. — Il dit aussi que Gabriel ordonnait des enfants diacres, en discernant avec soin celui dont le père avait épousé deux femmes, et celui dont le père et la mère avaient été esclaves puis affranchis par le couronnement nuptial et le mariage.[358]

8. L’assurance de la farine des oblations. — Lorsque la famine survint sous son gouvernement, Gabriel assigna une quantité déterminée de farine, que les nécessiteux venaient prendre chaque jour ; et une part en était distribuée en pain d’oblation cuit.[359]

9. La décence des vêtements du clergé. — Gabriel défendit aux prêtres de porter des habits et des turbans de couleur.[360]

b — Ses réformes

1. Le combat contre la simonie. — Gabriel fut renommé, durant tout son pontificat, pour le combat qu’il livra à la simonie, ce trafic des ordinations et des charges sacrées qui rongeait alors l’Église. Jamais il n’accepta d’ordonner un évêque moyennant présent, quoiqu’il eût ordonné cinquante-trois évêques durant sa vie ; l’évêque de Fouah dit de lui : « Il ne prenait aucun présent pour l’ordination d’un clerc, quel qu’il fût. »[361]

Et cette conduite n’a rien d’étrange, de la part de celui dont le père avait refusé l’épiscopat plutôt que de l’acheter, préférant employer sa fortune à bâtir l’église de Michel l’Archange. Nous en rapportons ici deux histoires.

Première histoire. — Marc ibn Zurʿa rapporte :

« Il y avait à Atfih un évêque des Arméniens, qui intriguait pour devenir patriarche ; et lors de son ordination, il demanda que l’Anba Gabriel ibn Turayk se rendît auprès de lui pour lui imposer les mains. Mais Gabriel ne s’y rendit pas au temps de son ordination : il attendit d’avoir communié en son église et rompu le jeûne, afin qu’on ne le pût contraindre à lui imposer les mains. »[362]

Il semble, selon ce qu’a écrit Manassā Yūḥannā, que Gabriel prit part à l’ordination de ce patriarche ; mais nous n’avons trouvé, dans les sources anciennes, nulle mention de sa participation.[363]

Seconde histoire. — Marc ibn Zurʿa rapporte encore :

« Un prêtre nommé Biqīra se présenta à lui, et lui demanda de l’ordonner évêque du pays d’Akhmim, et lui offrit de l’argent ; mais il ne l’accepta point. L’ayant éconduit, le prêtre s’en alla intriguer, jusqu’à implorer le secours du fils du calife al-Ḥāfiẓ — celui qu’on appelait l’héritier présomptif —, à qui il porta une somme considérable, le priant d’intercéder pour lui auprès du patriarche, afin qu’il l’ordonnât évêque. »[364]

« L’héritier présomptif envoya donc au patriarche, et lui fit des reproches à ce sujet ; mais Gabriel n’y consentit pas, s’en excusa, et écrivit au calife un billet où il l’informait de l’affaire de cet homme, et de ce qu’il avait brigué la prélature et le sacerdoce par le pot-de-vin, chose défendue dans la religion chrétienne. Lorsque le billet fut présenté à al-Ḥāfiẓ, le calife l’en remercia, tint sa dignité en grand honneur, et lui accorda par écrit que nul ne s’immiscerait dans sa religion, ni ne le contraindrait à ce que sa loi défend. »

« Puis il apprit que ce prêtre possédait une grande fortune ; et il craignit qu’en lui refusant l’épiscopat, celui-ci n’apostasiât, et que cette fortune ne se perdît pour l’Église : il l’ordonna donc évêque d’un autre siège que celui qu’il avait demandé, visant par là le gain des âmes et non la perte des biens. Biqīra lui apporta l’argent, mais il ne le regarda même pas ; il ordonna qu’on le remît à l’économe, pour les propriétés des églises, et prescrivit qu’on l’employât à la construction du pavillon du Dayr al-Shamʿ et d’autres ouvrages. »[365]

2. Le combat contre le concubinage et la polygamie. — Le patriarche Gabriel interdit le concubinage, alors répandu ; il défendit de prendre une seconde épouse du vivant de la première, interdit aux prêtres veufs de prendre des servantes à leur service, et retranchait de l’Église quiconque contrevenait à cet ordre.[366]

3. Le combat contre l’ivrognerie. — Gabriel fixa au clergé une mesure déterminée de vin qu’il leur était permis de boire, et interdit l’ivresse ; mais ils ne lui obéirent point, comme le rapporte l’évêque de Fouah.[367]

4. L’abolition de la distinction entre les prêtres. — Les prêtres qu’avaient ordonnés les patriarches eux-mêmes se glorifiaient au-dessus des autres et ne les associaient point à leur service ; Gabriel réprouva cet orgueil, et leur ordonna de s’associer les uns aux autres ; et tous lui obéirent, hormis les prêtres d’Alexandrie et du désert d’Abū Maqār.[368]

5. L’interdiction de la sorcellerie et de l’astrologie. — Le patriarche interdit, dans un écrit qu’il promulgua pour l’Église, l’astrologie, les amulettes, l’usage de l’astrolabe, la magie et les conjurations.[369]

6. L’interdiction d’ensevelir les morts dans les églises. — Il défendit aussi d’ensevelir les morts dans les églises ; et lorsqu’il apprit que des gens avaient enfreint son ordre, ensevelissant le hégoumène Basūs en l’église du quartier des Grecs, au Caire[370], il fit fermer l’église, qui demeura close quelque temps ; puis il permit qu’on la rouvrît, à la demande des arākhina.[371]

7. L’interdiction de sortir les corps des saints hors des églises. — Les gens de Shubrā Damanhūr[372] avaient coutume de tirer le corps du saint Abū Yuḥannis Sanhūt hors de son église, et de le jeter dans l’eau pour faire monter le niveau du fleuve ; Gabriel interdit cette coutume, à cause de la profanation qui s’ensuivait. La défense dura toute sa vie, jusqu’à ce que vînt son successeur Michel (1145-1146), qui la permit de nouveau.[373]

8. L’interdiction des aliments prohibés durant le jeûne. — Il mit également en garde, durant les jeûnes, contre l’usage des aliments défendus, et déclara que quiconque y contreviendrait tomberait sous l’interdit.[374]

9. Le « sacrifice de l’archange Michel ». — Certains disputaient de la légitimité du « sacrifice de l’archange Michel » ; ils vinrent trouver le patriarche et l’interrogèrent ; il leur répondit qu’il n’est pas permis qu’un sacrifice soit offert sinon au nom de Dieu Très-Haut. Le peuple lui dit alors :

« Les pères patriarches qui furent avant toi étaient-ils donc des égarés, de peu d’intelligence et de savoir ? » — Il répondit : « Non ; mais ils ne purent détourner le peuple de ses coutumes ; et moi, je vous ai dit ce que j’ai dans le cœur. »[375]

5. Ses ouvrages

Outre le grand Recueil des canons, nous trouvons de Gabriel ibn Turayk d’autres ouvrages, qui font ici l’objet de notre propos ; nous les mentionnerons l’un après l’autre.

a — Le recueil des trente-deux canons

Son importance. — Ce recueil vient en tête des canons de Gabriel ibn Turayk parmi les collections canoniques, ce qui montre son poids législatif et l’étendue de son application pratique — bien qu’il ne soit pas le premier de ses écrits ; car nous lisons, dans le préambule du recueil :

« Je me suis hâté de rapporter, en cette partie, ce qui en a été copié, en manière de rappel et pour l’éveil de vos esprits. »[376]

et dans la conclusion :

« Ceci est peu au regard de tout ce que j’ai mentionné et rapporté pour vous, en manière de mansuétude et de douceur, visant à votre édification et non à votre ruine. »[377]

Ce qui donne à penser que son grand Recueil des canons parut avant ce recueil-ci.

La date de sa parution. — Après son accession au trône patriarcal (1131), et avant la parution du recueil des neuf canons (1134).[378]

Le motif de sa parution. — La nécessité d’une réforme urgente et pressante, comme Gabriel lui-même le sentait, et comme il l’a écrit dans le préambule de ses canons :

« Et lorsque j’eus considéré les affaires de l’Église et son état, je les trouvai en des matières peu satisfaisantes et des dispositions éloignées de la droiture — matière qui ne souffre ni délai ni négligence, d’un jour au lendemain, quant à son redressement et à son amendement. »[379]

Le mode de sa parution. — Par sa mise par écrit et sa proclamation dans toutes les églises du patriarcat, ainsi que Gabriel le prescrit lui-même :

« Qu’il soit lu dans tous les sièges épiscopaux, qu’on en transcrive des copies, et qu’en soient instruits le présent et l’absent. »[380]

Les manuscrits.

Dans la collection du prêtre Macaire :

1. Vatican, arabe 634 (XVIIIᵉ siècle), fol. 73 v°–80 v°.

2. Vatican, arabe 150 (XIVᵉ siècle), fol. 99 r°–101 v°.

3. Paris, arabe 251 (1353), fol. 347 r°–350 v°.

4. Paris, arabe 252 (1664).

5. Oxford, Bodleian Library, Huntington 32 (1680), fol. 17.

6. Londres, British Library, Reichiani 7150 (1729), fol. 13.

Dans la collection du Caire :

7. Le Caire, Patriarcat copte, Canon 5 (sans date ; Simaïka 575), fol. 82 v°–90 v°.

8. Le Caire, Patriarcat copte, Canon 6 (1798 ; Simaïka 576, Graf 440), fol. 109 r°–120 v°.

Les éditions.

1. Burmester, édition du Canon 1, p. 5-45 (d’après les manuscrits 2, 3 et 8).

2. Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 66-81 (d’après le manuscrit 7).

Les études.

1. Burjī, Le Patriarche, p. 65-72.

2. Samīr Khalīl, Gabriel, p. 532-534.

3. E. Renaudot, Historia patriarcharum Alexandrinorum, p. 511-513.

4. A. J. Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt, t. II, p. 80.

5. G. Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. II, p. 325.

6. W. Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, p. 300.

Le style.

1. La langue en est belle, et digne de Gabriel, qui était scribe de son métier.

2. Le style en est aisé et clair.

3. Il a un caractère personnel : Gabriel n’y cite point la source canonique, comme il le fait dans son grand Recueil, mais renvoie en bloc aux canons sacrés[381], et fait mainte allusion aux versets de l’Écriture.[382]

4. Le ton paternel y domine, et le mot « mes bien-aimés » y revient souvent.[383]

5. L’humilité y paraît manifeste : il ouvre son préambule en célébrant la grâce que Dieu lui a faite, à lui le misérable et le pauvre, indigne du rang sacerdotal et du grand patriarcat ; et les mots « ma faiblesse » et « ma petitesse » y reviennent sans cesse.[384]

Ses destinataires et son contenu.

Gabriel écrit aux évêques, aux prêtres, aux moines et au commun du peuple :

« Il écrit à l’assemblée des saints frères, gardés par la grâce du Seigneur, les élus : les évêques bien-aimés, les prêtres et les presbytres, les diacres, et le peuple orthodoxe qui croit au Christ. »[385]

1. Les évêques

Gabriel commence par se juger lui-même, afin de ne devancer personne, et se range au nombre des évêques auxquels les canons s’adressent (canon 1). Lorsqu’il leur parle, il use de la première personne du pluriel : « et que nous n’enseignions point ce que nous ignorons » (canon 3) ; « il nous faut, ô frères évêques… nous contenter… nous souvenir… » (canon 5).

Leurs droits :

— à eux l’honneur et la dignité (canon 4) ;

— à eux de lire l’Évangile et l’absolution, et de donner la communion aux fidèles en toutes les églises, patriarcales ou non (canon 4).

Leurs devoirs :

— le soin du troupeau en général (canon 5) ;

— enseigner au peuple la prière dominicale et le Symbole de la foi, en la langue qu’il comprend[386] (canon 3) ;

— se présenter, chacun séparément, à la résidence patriarcale une fois l’an, en personne ou par un fondé de pouvoir (canon 27), au lieu de l’assemblée de tous les évêques deux fois l’an que voulaient les anciens canons ;

— assister aux contrats d’union — le mariage — et de propriété, en personne ou par un représentant, après enquête sur la capacité des parties et leur exemption d’empêchements, et veiller à la rédaction du contrat de mariage (canon 22) ;

— juger celui qui faute (canon 21), et ne point fermer les yeux sur qui prend des concubines (canon 21) ;

— éprouver durant trois années ceux qui se présentent au monachisme (canon 28) ;

— borner leur enseignement aux Saintes Écritures (canon 5).

Il leur interdit :

— de prendre la charṭūniyya[387] (canon 1) ;

— l’ivresse, et d’y contraindre leurs hôtes ou ceux qui les reçoivent (canon 5) ;

— les propos de moquerie et de sottise (canon 5) ;

— d’entrer au bain public de jour (canon 30) ;

— de posséder des servantes (canon 31) ;

— de célébrer la liturgie, de baptiser ou de bénir un mariage hors de leurs sièges, sinon de l’avis de l’évêque du lieu (canon 4) ;

— d’ordonner des prêtres hors de leurs propres sièges (canon 4).

2. Les prêtres

Leurs droits :

— le peuple doit pourvoir à leur subsistance (canon 7) ;

— à eux de célébrer la liturgie en toute église, avec la permission des prêtres du lieu (canon 4).

Leurs devoirs :

— célébrer l’office le matin et le soir (canon 2) ;

— instruire leurs enfants et les préparer à devenir prêtres (canon 10) ;

— ne point fermer les yeux sur un concubinaire, sous peine de participer à son péché (canon 21).

Il leur interdit :

— de briguer le sacerdoce par l’argent (canon 1), ou par la force, le rang, l’entremise ou le pot-de-vin (canon 32) ;

— de distinguer entre un prêtre patriarcal et un prêtre épiscopal (canon 4) ;

— de contraindre les gens à des dons lors des fêtes, des mariages ou des funérailles, comme si c’étaient des droits dus (canon 6) ;

— de fermer une église à qui veut prier (canon 8) ;

— de célébrer une liturgie autre que celles de Basile, de Grégoire et de Cyrille[388] (canon 26) ;

— de célébrer la liturgie sans les vêtements liturgiques distincts des habits ordinaires (canon 24) ;

— de faire les prières pour les morts le dimanche, jour de la joie (canon 14) ;

— de célébrer des noces durant le Carême, le dimanche de Pâques ou la nuit de la Pentecôte (canon 11) ;

— de prolonger les liturgies dominicales jusqu’à la fin du jour, à cause de ceux que des noces retiennent chez eux (canon 13) ;

— de multiplier les pains d’oblation pour qu’ils leur servent de nourriture au sortir de la liturgie (canon 23) ;

— de boire du vin les nuits de baptême, aux fêtes et aux noces (canon 9) — et qui a bu du vin ne célébrera point la liturgie ;

— de causer durant l’office (canons 10 et 17) ;

— d’habiter avec des femmes étrangères (canon 20) ;

— de permettre aux gens d’ensevelir leurs morts dans les églises (canon 19).

3. Les moines

— nul moine n’est reçu qu’après trois années d’épreuve (canon 28) ;

— le moine n’habite point parmi les gens, mais en son monastère (canons 18 et 29), sous peine d’être privé de la communion ;

— il ne communie pas hors de son monastère (canon 18) ;

— il n’entre pas au bain public de jour (canon 30) ;

— il ne lui est point permis de s’enivrer (canon 5) ;

— il ne possède pas de servante (canon 31).

4. Les diacres

— qu’ils ne briguent point le diaconat en offrant de l’argent (canon 1).

5. Le peuple

Il leur rappelle :

— les canons sacrés qui ordonnent d’aller à l’église le matin et le soir (canon 2) ;

— de garder la prière et d’acquitter la dîme sous la conduite des évêques[389] (canon 4) ;

— de pourvoir à l’entretien des prêtres (canon 7) ;

— d’apporter les oblations et les dîmes à la maison de Dieu (canon 16) ;

— d’instruire leurs enfants dans les sciences ecclésiastiques avant la langue arabe (canon 10) ;

— de s’examiner soi-même avant de s’approcher des saints Mystères (canon 9).

Il leur interdit :

— d’offenser le patriarche ou les évêques (canon 4) ;

— l’ivresse, et l’usage des tambours et des instruments de divertissement lors des noces (canons 9 et 13) ;

— d’amener un amuseur à l’église lors d’une fête ou d’une noce (canon 12) ;

— d’habiter les églises, et surtout les lieux qui surmontent les autels (canon 15) ;

— d’ensevelir les morts dans les églises (canon 19) ;

— de causer durant l’office (canon 10) ;

— la circoncision après le baptême[390] (canon 20) ;

— de prendre des concubines (canon 21).

b — Le recueil des neuf canons

Les manuscrits.

Dans la collection du prêtre Macaire :

1. Vatican, arabe 634 (XVIIIᵉ siècle), fol. 81 r°–82 r° (bis).

2. Vatican, arabe 150 (XIVᵉ siècle), fol. 120 r°–v°.

3. Paris, arabe 251 (1353), fol. 351 r°–v°.

4. Paris, arabe 352 (1664).

5. Oxford, Bodleian Library, Huntington 32 (1680), fol. 18.

6. Londres, British Library, Reichiani 7150 (1729), fol. 14.

Dans la collection du Caire :

7. Le Caire, Patriarcat copte, Canon 5 (sans date ; Simaïka 575), fol. 13.

8. Le Caire, Patriarcat copte, Canon 6 (1798 ; Simaïka 576, Graf 440), fol. 121 r°–124 r°.

Dans la collection de Berlin (d’auteur inconnu) :

9. Berlin, Königliche Bibliothek, Diez A. quart. 107 (1334), fol. 191 r°–192 v°.

Dans la collection d’Abū Shākir ibn al-Rāhib :

10. Vatican, arabe 104 (1282), fol. 216 r° (l. 15)–217 r° (l. 22).

Les éditions.

1. Burmester, édition du Canon 2, p. 43-54 (d’après les manuscrits 2 et 3).

2. Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 82-86 (d’après le manuscrit 7).

Il convient de signaler combien il importerait de rééditer ce recueil sur toutes les collections parvenues jusqu’à nous[391] : Burmester ne s’est fondé que sur la collection de Macaire, et Kāmil sur celle du Caire — toutes deux d’une même famille à texte lacunaire —, négligeant les deux autres, celle de Berlin et celle d’Abū Shākir. Ainsi, il manque par exemple au texte du premier canon le passage que voici, entre crochets :

« … et que chacun d’eux serve dans le tour qui lui échoit, selon [ce dont ils conviendront : soit par journées, soit par semaines communes ; si c’est] par journées, chacun sert son jour ; et si c’est par semaines communes, chacun sert une semaine sur deux. »[392]

La date de sa parution.

Tous les manuscrits s’accordent à nommer le mois de Baʾūna (mai-juin), mais divergent sur l’année : Paris arabe 251 et Vatican arabe 150 donnent l’an 870 des Martyrs (1154) ; Le Caire, Canon 5 et 6, l’an 801 (1085)[393] ; et Abū al-Barakāt, dans son Miṣbāḥ al-ẓulma[394], l’an 890 (1174). Mais toutes ces dates sont impossibles, antérieures ou postérieures au patriarcat de Gabriel (1131-1145). Or Abū Shākir ibn al-Rāhib, qui transmet le texte entier du recueil au chapitre 47 de son Kitāb al-Burhān (Vatican arabe 104), écrit la date en toutes lettres, et non en chiffres, ce qui ôte toute équivoque : l’an 850 des Martyrs[395] (= 1134). La date de ce recueil est donc mai-juin 1134.

Leur nombre.

Chez Burmester, ils sont au nombre de dix ; mais le dixième n’est en vérité qu’une conclusion, et n’entre point dans le compte des canons.[396] Dans l’index d’Abū al-Barakāt, ils sont huit : il rapporte exactement le début du recueil, mais en donne la fin sous le titre de canon 8, semblant n’avoir pas lu le neuvième, ou avoir fondu le huitième et le neuvième en un seul.[397] Le nombre des canons de ce recueil est donc de neuf, suivis d’une brève conclusion.

À qui il l’adresse.

Il ressort du texte même que ce recueil est destiné aux seuls prêtres d’Alexandrie :

« Ma petitesse s’est adressée au port bien gardé — que Dieu prolonge l’existence des enfants bien-aimés, orthodoxes et excellents, les presbytres et les prêtres. »[398]

Le motif de sa parution. — Rappeler ce qu’il avait écrit auparavant — son grand Recueil des canons ou le recueil des trente-deux canons —, résumer ce sur quoi il veut insister, et y ajouter ce qui manquait :

« Je leur ai écrit plusieurs chapitres sur lesquels ils s’appuient et selon lesquels ils agissent ; je leur en ai renouvelé la mention en ces feuillets, par manière d’allègement et d’abrégé, avec ce qui s’y est ajouté… »[399]

Son style. — Semblable à celui du recueil précédent.

Le contenu. — Un recueil où domine le caractère liturgique :

1. les prêtres doivent garder chacun son tour de service (canon 1) ;

2. la liturgie ne se célèbre qu’après les lectures — l’Épître de Paul, le Catholicon, la Praxis et l’Évangile[400] (canon 2) ;

3. la liturgie ne se célèbre pas sans les parements de l’autel (canon 5) ;

4. ni sans deux cierges sur le sanctuaire (canon 8) ;

5. nul prêtre ne fait la lecture ni ne monte à l’autel sans les vêtements liturgiques (canon 6) ;

6. ne point boire de vin la nuit de la liturgie, du baptême et du mariage (canon 5) ;

7. ne point assister aux festins et aux noces où il y a jeu et divertissement (canon 4) ;

8. au grand prêtre, ou à l’archidiacre[401], revient en chaque église le droit de présider les liturgies de la Nativité, de la Théophanie, des Rameaux, du Jeudi saint « sur l’eau », de Pâques, du troisième jour de la fête, de la fête des Quarante, du jour des Cinquante, de la fête des Apôtres « sur l’eau » et du second jour de la Nativité (canon 7) ;

9. en l’église d’Abū Sarja[402], à l’archidiacre reviennent le second jour de la Nativité, la nuit et le second jour de la Théophanie, le Grand Jeudi, le lundi second de Pâques, la fête des Apôtres, le Grand Samedi, le troisième de la Nativité et le troisième de la Théophanie (canon 7) ; et il est loisible aux prêtres de Jérusalem, s’ils le veulent, de prendre leur tour avec ceux de cette église, en charité et en paix (canon 9).

c — Un abrégé des Lois des Rois

Ce texte se trouvait à la suite du grand Recueil des canons de Gabriel ibn Turayk, au témoignage d’Ibn Kabar[403], ce qui rend probable sa présence à la fin du manuscrit du Recueil, Le Caire, Patriarcat copte, Canon 13 (XVIIIᵉ siècle) ; mais il fut perdu avec la fin de ce manuscrit.

Par bonheur, le texte est conservé chez Michel de Damiette, en son grand Recueil des canons.[404] Michel de Damiette a réuni cet abrégé des Lois des Rois et le recueil des successions — dont il sera parlé aussitôt après — dans le soixante-douzième et dernier chapitre de son Recueil, qui se divise en douze parties :

1. Les dix premières parties : c’est cet abrégé des Lois des Rois ;

2. Les deux dernières : c’est le recueil des successions.

Le texte. — Un abrégé du second livre des Lois des Rois.

Les Lois des Rois. — Quatre livres, tirés du droit romain : le Code de Théodose et la législation de Justinien.[405]

La date de sa composition. — Inconnue.

Le contenu. — Il se répartit en dix chapitres :

— les parrains et l’empêchement de parenté spirituelle au mariage (chapitre 1)[406] ;

— la vente des esclaves, leur achat, leur affranchissement et leur mandat (chapitres 2-4) ;

— la vente et l’achat (chapitre 5) ;

— les successions (chapitre 6) ;

— les veuves (chapitre 7) ;

— le mariage (chapitre 8) ;

— les procès (chapitre 9) ;

— un prêtre ne fait point la toilette d’un mort (chapitre 10).

Pour comparer les numéros et les titres des chapitres de cet abrégé, tels que les donne le texte complet du recueil de Michel de Damiette[407], avec ceux de l’index d’Abū al-Barakāt[408], on se reportera au tableau donné à l’appendice 3, après le texte du recueil de Gabriel ibn Turayk.

d — Un abrégé des règles des successions

Ce recueil suivait l’abrégé des Lois des Rois dont nous venons de parler, et se trouvait à la fin du grand Recueil des canons. Bien qu’il eût péri avec la fin du manuscrit qui nous conserve ce Recueil — Le Caire, Patriarcat copte, Canon 13 (XVIIIᵉ siècle) —, il nous a été gardé dans quatre collections :

Dans la collection du prêtre Macaire :

1. Vatican, arabe 634 (XVIIIᵉ siècle), fol. 82 v°–85 r°.

2. Vatican, arabe 150 (XIVᵉ siècle), fol. 103 r°–104 r°.

3. Paris, arabe 251 (1353), fol. 352 r°–353 r°.

4. Paris, arabe 252 (1664).

5. Londres, British Library, Reichiani 7150 (1729), fol. 15.

Dans la collection du Caire :

6. Le Caire, Patriarcat copte, Canon 5 (sans date ; Simaïka 575), fol. 93 v°–96 v°.

7. Le Caire, Patriarcat copte, Canon 6 (1798 ; Simaïka 576, Graf 440), fol. 124 v°–128 v°.

Dans la collection de Berlin (d’auteur inconnu) :

8. Berlin, Königliche Bibliothek, Diez A. quart. 107 (1334), fol. 193 r°–195 r°.

Dans la collection de Michel de Damiette :

9. Berlin, Königliche Bibliothek, Diez A. quart. 117 (1211), fol. 408 r°–412 r°.

10. Paris, arabe 4728 (1886), fol. 190 v°–192 r°.

Les éditions.

1. Burmester, édition des Successions, p. 315-317 (d’après les manuscrits 2, 3, 6 et 7).

2. Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 86-91 (d’après le manuscrit 6).

Les études.

1. Burjī, Le Patriarche, p. 74-87.

2. Samīr Khalīl, Gabriel, p. 534-535.

Un recueil distinct. — C’est un recueil indépendant en lui-même, quoiqu’il soit annexé à l’abrégé des Lois des Rois — chez Michel de Damiette comme chez Abū al-Barakāt. Il forme avec l’abrégé le soixante-douzième et dernier chapitre du recueil de Michel de Damiette, qui le divise en douze parties (les dix premières étant l’abrégé, les deux dernières le recueil des successions) ; Abū al-Barakāt, lui, le divise en onze parties (les dix premières l’abrégé, la onzième les successions). Que ce soit un recueil distinct, plusieurs raisons l’établissent :

1. il est précédé d’un titre nouveau, dans le texte conservé chez Michel de Damiette :

« Sur les règles des successions, entre ce qu’a pris soin de recueillir et de compiler, des livres spirituels anciens et nouveaux, le père patriarche Anba Gabriel — que Dieu fasse reposer son âme. »[409]

2. le sixième chapitre de l’abrégé des Lois des Rois est déjà consacré aux successions ;

3. ce recueil est tiré, à l’origine, des deux Testaments, l’Ancien et le Nouveau — quoiqu’il s’y trouve un peu des Lois des Rois —, et ne saurait donc être rangé sous l’« abrégé des Lois des Rois ».

Il apparaît par là que les chapitres onzième et douzième du soixante-douzième [chapitre], chez Michel de Damiette, ne sont autre chose que le recueil des canons des successions.

La date de sa composition. — Inconnue.

Le motif de sa composition. — La contradiction des règles de succession au fil des âges, comme Gabriel le dit lui-même dans ce recueil :

« Et les juges en vinrent à examiner les successions des fidèles selon les usages des pays et leurs règlements en chaque temps, et selon ce que leur pouvoir leur permettait d’imposer en la circonstance présente, en sorte qu’ils ne s’accordaient sur aucun avis, et n’appuyaient leurs jugements sur aucune preuve qui les fondât ; et chacun d’eux disait : “Je suis la loi de mon temps.” »[410]

« Et il arrivait qu’un même juge, dans une même affaire, à cause de la longueur des temps, rendît des sentences diverses et contraires à la droiture. »

« Aussi ai-je jugé bon de mettre au jour ce que disent les Saintes Écritures touchant ces successions, de le consigner par écrit, et d’établir une règle sur laquelle m’appuyer et me fonder en mes jugements. »

Ses parties. — Ce recueil se divise en trois parties distinctes.

Première partie — le préambule (Kāmil, Vie, p. 86 l. 16 – 87 l. 20).

Gabriel y explique ce qui le poussa à rédiger ces canons : bien que les Saintes Écritures ordonnent de se détacher du monde périssable et de s’appliquer à la vie éternelle qui demeure, les nécessités du monde matériel imposèrent en cette matière tolérance et douceur ; aussi les juges se mirent-ils à examiner les affaires de succession des fidèles.

Deuxième partie — ses sources (Kāmil, Vie, p. 88 l. 1 – 90 l. 10).

1. l’Ancien Testament (Kāmil, Vie, p. 88 l. 1 – 89 l. 9) ;

2. le Nouveau Testament (Kāmil, Vie, p. 89 l. 10-15) ;

3. la Didascalie[411] (Kāmil, Vie, p. 89 l. 15-16) ;

4. les Lois des Rois (Kāmil, Vie, p. 89 l. 16 – 90 l. 6) ;

5. le livre de Job (Kāmil, Vie, p. 90 l. 7) ;

6. la Seconde Épître aux Corinthiens (Kāmil, Vie, p. 90 l. 8-10).

Les deux premières parties forment le onzième chapitre du soixante-douzième [chapitre] chez Michel de Damiette.

Troisième partie — ce qu’il est permis d’appliquer aux successions (Kāmil, Vie, p. 90 l. 10 – 91 l. 19).

Cette partie forme le douzième chapitre du soixante-douzième chez Michel de Damiette. Les plus importantes de ces prescriptions sont :

1. on prélève d’abord, sur la succession, les frais des funérailles ;

2. l’héritage se partage également entre les enfants, garçons ou filles, à l’exclusion des autres parents[412] ;

3. si la veuve a des enfants, sa part égale celle de l’un d’eux ;

4. si elle n’a ni enfants ni parents [du défunt], toute la succession lui revient ;

5. si elle n’a point d’enfants, mais qu’il y ait des parents, elle a la moitié de la succession, et eux l’autre moitié ;

6. si elle a eu un fils, et que celui-ci meure après son père, et qu’il y ait des parents, elle a les deux tiers de la succession, et les parents le tiers.

Pour faciliter l’usage de cette partie — et du sixième chapitre de l’abrégé des Lois des Rois —, al-Asʿad ibn al-ʿAssāl[413] composa un poème didactique, publié à la suite de la seconde recension de la collection Ṣafawite.[414]

e — Un canon sur le service de l’Église

Abū al-Barakāt ibn Kabar nous dit, peu avant la fin du cinquième chapitre du Miṣbāḥ al-ẓulma :

« Et l’Anba Gabriel ibn Turayk, celui qu’on nomme “Ibn al-Ṣāʿid”, le soixante-dixième des patriarches, a un canon sur le service de l’Église ; on dit qu’il l’a recueilli d’une partie des canons du concile de Sardique. »[415]

Riedel[416] voit en ces canons le recueil des trente-deux ; Graf[417], l’un des deux recueils, les trente-deux ou les neuf. Mais ce canon est indépendant : le recueil des neuf est mentionné ailleurs chez Abū al-Barakāt, et celui des trente-deux ne s’appuie pas sur les canons de Sardique. Il faut noter que ce canon ne nous est point parvenu.

f — Le Livre de la Baṣkha (la Semaine sainte)

Abū al-Barakāt nous apprend, en son livre, que Gabriel ibn Turayk ordonna les lectures de la Semaine de la Passion :

« Le Livre de la Baṣkha égyptienne ; il est attribué au patriarche Anba Gabriel ibn Turayk. »[418]

La tradition éthiopienne lui attribue de même l’ordonnance de ce livre.[419]

Le livre ne nous est pas parvenu tel qu’il était d’abord : Pierre, évêque de Behnesa[420], le remania, ayant trouvé qu’il s’y rencontrait des heures d’office à une seule lecture, et d’autres à plusieurs. Il appert que Gabriel le composa avec l’aide des moines d’Abū Maqār, reconnaissant que le besoin des chrétiens employés au service de l’État exigeait qu’on ordonnât les offices en des heures déterminées, au lieu d’offices qui se prolongeaient tout le jour.

La formation de ce livre nous est rapportée par une notice conservée à la fin de l’exemplaire du Musée copte (ms. liturgique 312), écrite en quatre colonnes — deux en copte, une en arabe, la dernière en turc —, que rédigea, en 1625, le prêtre Joseph, desservant de l’église de la Vierge à Ḥārat Zuwayla.[421] On y lit, aux vers vingt-deux à trente-sept d’un poème sur ce livre :

« Le canon apostolique ordonnait la lecture de l’Ancien [Testament], en accord avec le Nouveau, durant la Semaine vivifiante de la Passion de Jésus le Sauveur. Ibn Tūrīk, le père Anba Gabriel, soixante-dixième des patriarches — bienheureux, docteur et savant —, ordonna ce livre : voyant que les gens au service du sultan ne pouvaient demeurer jusqu’au bout de la Baṣkha, il réunit des sages et de savants moines du monastère du bienheureux Abū Maqār ; ils prirent du Nouveau et de l’Ancien [Testament] et en firent un livre qu’ils nommèrent la Baṣkha, afin qu’on célébrât la fête, comme de coutume, dans l’allégresse et la jubilation, en toutes les églises. Après lui vint le père vénérable en toute manière, l’Anba Pierre, évêque de Behnesa ; il se mit à l’examiner, tout émerveillé, car on avait mis à une même heure force prophéties et des évangiles qui ne s’accordaient point. Alors il prit le livre des Prophètes et des évangélistes, puis les homélies ; on transcrivit de tous, et de Jésus fils de Sirach, et de Salomon le roi ; on disposa pour chaque heure ce qui lui convenait, si bien que toutes devinrent égales entre elles ; et pour chaque jour on fit deux homélies, l’une le matin, l’autre le soir. »[422]

g — Ouvrages qui lui sont faussement attribués

1. Le Difnār. — Vansleb[423] attribue à Gabriel ibn Turayk la composition du Difnār[424], mais sans en citer la source. Il est probable qu’ayant lu, dans le Miṣbāḥ al-ẓulma d’Abū al-Barakāt, l’attribution du Livre de la Baṣkha à Gabriel — suivie de la mention du Difnār, que l’auteur ne lui attribue pas —, il en soit venu à confondre les deux. Voici en effet ce que porte le Miṣbāḥ al-ẓulma :

« 1. Le Livre de la Baṣkha égyptienne, attribué au patriarche Anba Gabriel ibn Turayk ; 2. le livre du Difnārī — c’est-à-dire l’antiphonaire —, qui contient les glorifications des fêtes et les hymnes des saints et des martyrs ; 3. le livre du Synaxaire… »[425]

Aucune autre tradition n’attribue ce livre à Gabriel.

2. Le Livre al-Ḥāwī. — Conti Rossini, dans son étude sur l’auteur du Livre al-Ḥāwī[426], en attribue la composition à Gabriel ibn Turayk ; la tradition éthiopienne — Paris, éthiopien 100 (XVIᵉ siècle) — la lui assigne formellement : « Il s’agit indubitablement de Gabriel fils de Tarik, soixante-dixième patriarche d’Alexandrie. »[427] Il fonde son opinion sur deux témoignages.

Premièrement, le préambule du Livre al-Ḥāwī lui-même (Paris, éthiopien 100) :

« J’ai commencé, moi, l’humble Gabriel fils de Batrak, à écrire ce livre, lorsque j’étais au monastère du grand saint Antoine, au désert occidental, à la fin du mois de miyāzyā de l’an 983 des purs Martyrs, correspondant au mois de rajab arabe de l’an 665. »[428]

et sa conclusion :

« Ensuite, Gabriel fils de Batrak le traduisit de la langue grecque en langue arabe. »[429]

Deuxièmement, le Livre des Miracles de Marie[430] — Paris, d’Abbadie 222, fol. 110-112, manuscrit éthiopien traduit d’un original arabe perdu —, dont Conti Rossini a traduit le soixante-huitième miracle. En voici le sommaire : le patriarche Gabriel ibn Turayk fut déposé de sa charge, et le peuple élut un autre patriarche à sa place.[431]

Il se retira au monastère de l’Anba Paul, vers la mer Rouge, où il s’appliqua trois années à composer — ou à traduire — ce Livre al-Ḥāwī, qu’il consacra au monastère de l’Anba Antoine. Il l’y envoya sur un âne, en compagnie d’un moine ; mais, en chemin, des voleurs dérobèrent l’âne, le livre et les habits du moine, qui revint conter au patriarche ce qui était advenu. Le patriarche fit vœu de jeûner à la Vierge afin que le livre lui fût rendu ; et la Vierge lui apparut, lui promettant le retour du livre et son propre rétablissement. Or les moines de Saint-Antoine, étant sur la terrasse du monastère, virent un âne chargé qui s’avançait vers eux : ils y trouvèrent le livre sur son dos, chargèrent la bête de fruits, et la renvoyèrent au monastère de l’Anba Paul, où le patriarche apprit l’histoire. La même année mourut le patriarche élu à sa place ; le peuple se repentit et le rappela à son siège, et la Vierge, lui apparaissant derechef, lui ordonna d’y retourner.

Mais toutes ces données ne s’accordent point avec ce que nous savons de la vie de Gabriel ibn Turayk, comme Conti Rossini le remarque lui-même, après avoir pourtant affirmé que ce Gabriel fils de Batrak est le soixante-dixième patriarche :

« Il ne m’est pas attesté que, hormis cette source éthiopienne, aucune autre lui assigne la rédaction ou la version d’une œuvre aussi volumineuse que le Maṣḥafa Ḥāwi ; et les faits rapportés eux-mêmes ne concordent pas pleinement avec ce que l’on sait des vicissitudes de ce patriarche. »[432]

En effet, toutes ces données diffèrent de ce que nous savons de la vie de Gabriel ibn Turayk, mort plus de cent années pleines avant la date que porte le colophon ; et jamais sa biographie ne rapporte qu’il fût déposé de sa charge, ni qu’il se retirât si longtemps en quelque monastère, celui de l’Anba Paul, celui de l’Anba Antoine ou tout autre. Conti Rossini confond d’ailleurs, dans le nom, Turayk et Batrak, ayant écrit ailleurs :

« Abba Gabriel, fils de Tarik (= Batrak), qui fut destitué à tort de sa dignité, dans le couvent de St. Paul. »[433]

L’auteur du Livre al-Ḥāwī est, en réalité, le moine Nicon[434], qui le composa en langue grecque ; un moine nommé Sālik le traduisit de l’arabe en éthiopien, comme le mentionne le manuscrit lui-même.[435] Quant à Gabriel fils de Batrak — ou Turayk —, qui traduisit le livre du grec en arabe, Samīr Khalīl le tient pour probablement l’un de ces deux hommes :[436]

1. le moine qui copia, en 1261, le manuscrit Paris arabe 249, des Awlād al-ʿAssāl ;

2. l’évêque qui copia, en 1280, la Collection éphrémienne, dans le manuscrit Paris arabe 138.

D’après tout ce qui précède, nous pouvons affirmer que ce Gabriel traducteur est autre que Gabriel ibn Turayk, le soixante-dixième dans la série des patriarches.

h — Traductions dont l’attribution lui est douteuse

1. La traduction de parties de la Sainte Écriture. — Coquin lui attribue la traduction en arabe de certains passages bibliques :

« On lui doit trois séries importantes de canons, la versions de deux livres liturgiques et sans doute aussi des traductions bibliques en arabe. »[437]

Mais Coquin ne dit pas d’où il tient ce renseignement.

2. La traduction de sources canoniques. — Samīr Khalīl attribue de même à Gabriel la traduction de certaines sources canoniques, lorsqu’il parle de son grand Recueil :

« La difficulté était grande, en effet. Il fallait d’abord regrouper tous les documents, après en avoir traduit quelques-uns en arabe, puis les classer. »[438]

Ici encore, la source de ce renseignement n’est point indiquée.

 

 

Troisième section de l’étude introductive

Le recueil des canons de Gabriel ibn Turayk

 

Nous consacrons ici notre propos au plus grand des ouvrages de Gabriel ibn Turayk par le volume, et au plus riche par la matière : son grand Recueil des canons — l’objet même de la présente édition.

1. L’établissement du texte

a — Description du manuscrit

Le Caire, Patriarcat copte, Canon 13 (sans date)[439], au catalogue Simaïka nº 570[440] ; du XVIIIᵉ siècle, selon Graf. Il compte quatre-vingt-un feuillets ; les feuillets premier et second manquent ; le manuscrit s’achève au feuillet 83 recto ; son format est de treize centimètres sur dix-sept, à quatorze lignes la page, sous une reliure de cuir estampé.

Nous n’avons pu voir le manuscrit original, pour des circonstances indépendantes de notre volonté ; nous avons employé, pour l’édition et l’étude, une reproduction photographique qui nous est parvenue par l’entremise du Père Samīr Khalīl, lequel l’avait tirée d’une reproduction conservée chez le Père Jacques Masson.

b — La date de composition

Il ressort de la lecture du texte publié du Recueil de Gabriel ibn Turayk que c’est là une œuvre d’érudition, pour les raisons suivantes :

1. il y cite la source où il a puisé ;

2. il y rapporte les textes tels qu’ils figurent dans les sources ;

3. il n’y emploie point la forme allocutive — la seconde personne, qui marque l’autorité de celui qui gouverne —, celle-là même dont il usa dans les canons qu’il promulgua après son accession au trône patriarcal, ainsi qu’il a été dit à la deuxième section de cette étude, en parlant de ses autres ouvrages.

De là il nous apparaît que Gabriel ibn Turayk composa son grand Recueil des canons avant son élection au patriarcat — c’est-à-dire à la fin du XIᵉ siècle, et, au plus tard, avant l’an 1131, date de son accession au trône patriarcal.[441]

c — Comment on a reconnu le manuscrit du Recueil de Gabriel

Ce recueil demeura d’auteur inconnu jusqu’au milieu de ce siècle ; et en l’an 1966, Coquin[442] découvrit que son auteur était Gabriel ibn Turayk. C’est donc à Coquin que revient le mérite d’avoir établi l’identité de l’auteur de ce recueil. Nous lisons chez lui, en son édition des Canons d’Hippolyte :

« Nous avons eu la bonne fortune de retrouver récemment ce Nomocanon que l’on croyait perdu, dans un manuscrit de la Bibliothèque du Patriarche Copte du Caire. »[443]

Coquin s’appuya, dans cette découverte, sur les témoignages de Michel de Damiette[444], d’Ibn al-ʿAssāl[445], et surtout d’Abū al-Barakāt[446], qui donna, en son Miṣbāḥ al-ẓulma, un index des titres des chapitres du Recueil de Gabriel : de quoi comparer les intitulés et attribuer à Gabriel ibn Turayk le manuscrit du Caire, Canon 13.

d — Les défauts du manuscrit

1. Ce qui manque au manuscrit. — Coquin tient ce manuscrit pour incomplet[447], pour deux raisons : il s’achève au chapitre 57, et ces cinquante-sept chapitres eux-mêmes ne donnent pas, selon lui, le texte entier de l’ouvrage de Gabriel.

Il fonde cette thèse sur la comparaison du chapitre 34 de Michel de Damiette[448], qui rapporte un texte des Lois des Rois figurant au neuvième chapitre du Recueil de Gabriel[449], avec le manuscrit unique du Caire, concluant que la version de Damiette est beaucoup plus longue. Toutefois, cette comparaison même montre que sa démonstration n’est pas concluante, les écarts n’étant, le plus souvent, que de menues variantes :

Gabriel ibn Turayk (ms. du Caire)

Michel de Damiette

40. Les Lois des Rois et de la royauté.

40. Et parmi les Lois des Rois, selon ce que contient le neuvième chapitre des canons de l’Anba Gabriel — le soixante-dixième (sic) des patriarches —, touchant ce qui écarte du sacerdoce :

41. Si un prêtre est éprouvé et que sa femme vienne à mourir, qu’il n’en épouse point une autre, de peur de retourner à la légèreté, au défaut de foi et à la recherche des choses charnelles, et de retrancher de ce qu’il doit à Dieu.

41. Si un prêtre est éprouvé et que son épouse vienne à mourir, qu’il n’en épouse point une autre, de peur de retourner à la légèreté, au défaut de gravité et à la recherche des choses charnelles, et de retrancher de ce qu’il doit à Dieu.

42. Que le prêtre ne soit point un esclave, ni de la maison des esclaves, car cela leur est un opprobre.

42. Que le prêtre ne soit point un esclave, ni de la maison des esclaves, car cela est un opprobre.

43. Qu’on n’ordonne point un prêtre ayant en son corps quelque défaut — borgne, sourd, perclus, boiteux, aveugle, lépreux ou couvert de dartres.

43. Qu’on n’ordonne point un prêtre ayant en sa constitution quelque défaut — borgne, sourd, perclus, boiteux, aveugle, lépreux ou couvert de dartres —, ce qu’il faut stipuler au prêtre lors de son ordination, après qu’on a fait pour lui la métanie, en présence des prêtres de Dieu, devant son sanctuaire et ses saintes oblations ; et lorsqu’il l’a agréé et y est entré, on l’ordonne, en lui disant : …

N.d.T. — Dans le canon 43, « la métanie » (al-maṭāniyya, du grec metanoia, « repentir ») désigne la prostration liturgique — l’inclination profonde ou la génuflexion — que l’on fait sur l’ordinand. On voit que le texte de Michel de Damiette n’ajoute, pour l’essentiel, qu’une notation rituelle : indice, aux yeux de l’éditeur, non d’un texte tronqué, mais d’une simple variante rédactionnelle.

La comparaison montre donc que le texte est un seul et même texte, complet, aux variantes de mots près ; ce qui suit, chez Michel, n’est qu’un titre nouveau pour un sujet nouveau — l’exhortation au prêtre. Nous en avons un autre exemple au chapitre 35 de Michel de Damiette, « Sur les mœurs des diacres » (Paris arabe 4728, fol. 82 v°), qui rapporte le canon 74 de saint Basile, puis y fait suivre l’exhortation au diacre :

« Et ce qu’on stipule au diacre, s’il est de ceux qui… [le mot est ici altéré dans le manuscrit] ; et s’il est un enfant, on le stipule à ceux qui font pour lui la métanie. »

Que le texte du manuscrit soit néanmoins incomplet par rapport à l’ouvrage entier de Gabriel ibn Turayk, cela est vrai ; mais la preuve en est ailleurs. Nous renvoyons à l’appendice 2, après le texte du recueil, où l’on compare les titres du manuscrit dont nous disposons avec ceux de l’index qu’en donne Abū al-Barakāt en son Miṣbāḥ al-ẓulma[450]. De cette comparaison ressort ce qui suit :

1. le texte commence à la fin du premier chapitre, par la perte de deux feuillets du manuscrit ;

2. au chapitre 13, des gloses entrées dans le texte l’ont mis en désordre, et des parties du texte original de ce chapitre semblent perdues ; aussi le titre du chapitre 14 fait-il défaut ;

3. le numéro et le titre du chapitre 24 manquent, mais le texte en est présent ;

4. le chapitre 25 se partage en deux, 25 et 26, ce dernier tronqué à la fin ; puis le copiste enchaîne, sans nulle séparation et sur la même ligne, un chapitre nouveau (que nous avons coté 27), tronqué au début ; nous l’avons coté 27 parce qu’un autre chapitre porte, dans le manuscrit, le numéro 28 — les deux ne formant en vérité qu’un seul chapitre, le vingt-huitième.

De là nous concluons : a) il y a une lacune qui comprend la fin du chapitre 25, tout le 26 et le 27, et le début du 28 ; b) cette lacune était déjà dans le manuscrit original d’où notre copiste transcrivit, car, après le chapitre 25 tronqué, il enchaîne sur ce qu’il trouvait du chapitre 28. Puis le manuscrit revient à concorder avec l’index au chapitre 29.

5. du chapitre 30 jusqu’à la fin, les numéros des chapitres font défaut — hormis quelques-uns, non consécutifs, répétés, mal placés, et en chiffres coptes —, ce qui nous a permis de rétablir la numérotation depuis le chapitre 31 jusqu’à la fin du recueil ;

6. à la fin du feuillet 72 v°, la suite du chapitre 45 s’interrompt, et paraît une autre lacune, qui emporte :

— la fin du chapitre 45 : sur celui qui pèche après le baptême ;

— tout le chapitre 46 : sur celui qui est condamné à une peine pour meurtre ou débauche ;

— tout le chapitre 47 : sur les jugements ecclésiastiques, le témoignage contre les pécheurs, et le traitement à leur appliquer ;

— tout le chapitre 48 : sur ceux que l’on reprend et qui ne quittent point leurs habitudes ;

— tout le chapitre 49 : sur la malédiction et les anathèmes ;

— le début du chapitre 50 : sur les païens qui fabriquent des idoles, en peignent les images, sacrifient aux idoles et prennent une part des temples idolâtres.

C’est là, on le voit, une lacune grande et grave, vu l’importance des titres perdus ; et deux hypothèses se présentent. a) La lacune était dans le manuscrit de base d’où fut copié le nôtre — c’est l’hypothèse la plus probable, car nous en avons trouvé un précédent aux chapitres 25-28 ; nous ne pouvons en connaître l’étendue — un feuillet ou plusieurs —, sachant seulement que le texte perdu contenait les chapitres ci-dessus. b) La lacune est dans notre manuscrit même — hypothèse plus faible, car il eût fallu que les feuillets fussent perdus avant la pagination actuelle, laquelle est continue.

On aurait pu fixer l’emplacement de la lacune par la réclame[451], qui, au bas d’une page, annonce le début de la suivante ; mais ce feuillet même, le 72 v°, est l’un des deux — avec le 34 v° — où la réclame fait défaut.

7. le chapitre 54, « sur celui qui souille le mariage, la viande et le vin, ou qui ne goûte point de viande aux jours de fête », est absent de l’index d’Abū al-Barakāt ;

8. les chapitres 57 (« la Résurrection ») et 58 (« qu’une église ne soit pas nommée du nom d’un martyr ») n’ont leur numéro ni chez Gabriel ni dans l’index d’Abū al-Barakāt : formaient-ils un seul chapitre avec le 56 (« les martyrs, la recommandation à leur égard, leur visite dans les prisons et la charge de leur entretien ») ? — d’où le chapitre 59 de Gabriel = 56 d’Abū al-Barakāt, et le 60 de Gabriel = 57 d’Abū al-Barakāt ;

9. le dernier chapitre du recueil, le 60 (= 57 d’Abū al-Barakāt), est tronqué à la fin ; c’est par lui que s’achève le manuscrit, au feuillet 83 r°. Il nous reste alors les titres de dix-sept autres chapitres, dont le texte manque au manuscrit, mais que l’index d’Abū al-Barakāt nous conserve ;

10. de même manque l’appendice au Recueil, qui se divise en un abrégé des Lois des Rois (dix chapitres) et un abrégé des règles des successions. Par bonheur, Michel de Damiette[452] nous en a conservé, dans sa collection, le texte tout entier.

2. Ce qui se répète dans le manuscrit. — Un même passage, emprunté aux sources, reparaît çà et là en deux endroits du recueil. En voici le relevé :

Source

Lieux de la répétition (renvois de l’édition)

Būlus 28 (p. 398, l. 5-6)

106/11  =  131/11

S. Basile 30 (fol. 153 r°, l. 10-14)

84-86/19  =  30/6-8

S. Basile 47 (fol. 162 r°, l. 9-10)

323/2  =  23/4  =  38/5

S. Basile 59 (fol. 164 r°, l. 15)

36/9  =  16/4

S. Basile 79 (fol. 166 r°, l. 16-17)

10/4-5  =  14/2-3

Didascalie, préambule (p. 15, l. 19-20)

36/2  =  36/4

Didascalie 18 (p. 112, l. 10)

19/4  =  22/10

Didascalie 21 (p. 124, l. 5)

8/3-4  =  8/7-8

Didascalie 27 (p. 130, l. 14)

25/30-32  =  56/8-10

Didascalie 34 (p. 158, l. 16-18)

5/84-85  =  60/8-9

Didascalie 34 (p. 161, l. 17-18)

4/6  =  5/20

Didascalie 34 (p. 161, l. 18-19)

2/177-178  =  4/7

Didascalie 38 (p. 169, l. 1-14)

2/189  =  19/28

Didascalie 38 (p. 169, l. 15-18)

2/190-193  =  19/29-33  =  21/8-11

Canons des Apôtres 53 (p. 638 l. 8 – 639 l. 1)

16/4  =  5/33

Canons des Apôtres 15 (p. 670, l. 5-8)

239-240/2  =  40/2-5

Testament du Seigneur 27 (fol. 308 v°, l. 4-5)

27/9  =  48/60

Testament du Seigneur 75 (fol. 309 v°, l. 16-17)

60/19  =  40/56

Canons d’Athanase 4 (fol. 110 v°, l. 12-13)

21/4  =  54/14

N.d.T. — Les chiffres de la colonne de droite sont les renvois de l’éditeur aux endroits où le même passage revient dans le recueil ; « Būlus » désigne l’Apôtre saint Paul, et les autres noms les sources canoniques (Canons des Apôtres, Testament du Seigneur, Canons d’Athanase, Didascalie), dont les sigles figurent à la liste des abréviations. Ces doublets tiennent à la méthode de Gabriel, qui, rassemblant ses sources par matières, cite parfois deux fois le même texte sous deux rubriques.

Il n’est pas lieu de confronter ici tous ces textes ; prenons-en un seul exemple, tiré de la Didascalie 38 (p. 169, l. 15-18), que le recueil rapporte trois fois :

Chapitre 2 (can. 190-193)

Chapitre 19 (can. 29-33)

Chapitre 21 (can. 8-11)

…que l’on offre l’oblation sainte les jours du samedi et du dimanche ; ils commencent par la séquence, dans la lecture dès le matin ; de même aux jours de fête qui tombent au milieu de la semaine ; puis, si une fête coïncide avec les deux jours de jeûne — le mercredi et le vendredi —, qu’ils prient et communient aux saints Mystères, et ne rompent point le jeûne avant la neuvième heure.

29. que l’on offre l’oblation sainte les jours du samedi et du dimanche ; 30. et l’on commence par la séquence, dans la lecture dès le matin ; 31. de même aux jours de fête qui tombent au milieu de la semaine ; 32. puis, si une fête coïncide avec les deux jours de jeûne — le mercredi et le vendredi —, 33. qu’ils prient, et ne consacrent l’oblation qu’à la neuvième heure.

8. que l’on offre l’oblation sainte le jour du samedi et le jour du dimanche ; 9. et vous commencez par la séquence, dans la lecture dès le matin ; de même aux jours de fête qui tombent au milieu de la semaine ; 10. et si un jour de fête coïncide avec les deux jours de jeûne — le mercredi et le vendredi —, qu’il jeûne, 11. et qu’ils communient aux saints Mystères, sans rompre le jeûne avant la neuvième heure.

Il ressort de cette confrontation que le rédacteur — ou les copistes après lui — usèrent d’une grande liberté en transcrivant leurs sources, ce qui rend l’établissement du texte fort difficile. Et si tel est l’état des textes copiés deux fois dans le recueil même, sous des chapitres différents, que l’on imagine celui des textes copiés une seule fois — surtout quand la source alléguée est indiquée par erreur.[453]

3. Fautes de copie dues à l’ignorance ou à l’inattention. — En voici quelques exemples :

— chapitre 59, canon 6 : le manuscrit porte « qu’il les fasse mourir, afin qu’elles ne soient une preuve à l’Église », leçon corrompue pour : « si un fidèle a des veuves, qu’il pourvoie à leur entretien, afin qu’elles ne soient pas à charge à l’Église »[454] ;

— chapitres 8/23, 24, 31, 33 et 17/35 : la confusion, plusieurs fois répétée, entre « les femmes » (an-nisāʾ) et « les prêtres » (al-qissīsūn), mots voisins à l’écriture ;

— chapitre 11/58 : « un peuple » (qawman) au lieu de « Thomas » (Tūmā) ;

— chapitre 12/11 : « la main de Marie » (yad Maryam) au lieu de « vous avez murmuré » (tadhammartum) ;

— chapitre 12/15 : une leçon brouillée au lieu de « honore ton père et ta mère » ;

— chapitre 3/32 : « nadhr lādīk » au lieu de « depuis ta naissance » (mundhu wilādatika) ;

— chapitres 2/36 et 3 : la confusion entre le texte de la Didascalie et celui de saint Basile ;

— chapitre 17/60 : une leçon altérée au lieu de « notre baptême » (ghiṭāsnā).

4. Erreurs par tromperie de l’œil. — Plus d’une fois le copiste saute d’un mot au même mot répété plus loin — l’homéotéleute —, perdant ce qui les sépare ; ailleurs, il écrit un mot puis le raie. Voici quelques exemples, où les mots restitués par l’éditeur sont entre crochets :[455]

— chapitre 2/48-49 : « …car il n’a pas averti ni sonné du cor ; [et lorsqu’on sonne du cor,] et qu’on ne… » ;

— chapitre 2/169 : « car celui qui cherche [à] accomplir ceci, [qu’il choisisse] la faiblesse » ;

— chapitre 8/59 : « si les diacres savent bien lire, qu’ils lisent [les Psaumes ; et si les prêtres savent bien lire, ce sont eux qui lisent] l’Évangile… » ;

— chapitre 12/9 : « …il n’a point fait cette recommandation à cause des idoles de [pierre] et de bois qu’ils adoraient et nommaient dieux [— elles sont rejetées et abhorrées, à cause du faux nom qu’on leur a donné ; mais il l’a faite à cause des prêtres et des juges, à qui il a dit :] “Vous êtes des dieux, et fils du Très-Haut vous êtes appelés” »[456] ;

— chapitre 19/56 : « quiconque ose retrancher quelque chose des limites que fixa le saint concile [qui se tint à Nicée en présence du grand roi Constantin, touchant la sainte fête] qui est la Pâque… » ;

— chapitre 19/84 : « chacun s’applique à s’abstenir durant les Quarante [jours et la Semaine sainte, car notre pardon et notre salut y sont ; et il est étranger au mariage qu’un homme s’unisse à sa couche durant les Quarante] jours tout entiers… » ;

— chapitre 19/91 : « aux jours de jeûne, [il n’y a que pleurs, supplication et prière ardente à Dieu, nuit et jour ; et il n’y a, aux jours de jeûne,] rien de la matière[457] pour personne… » ;

— chapitres 42/11 et 58/3 : semblables omissions, restituées entre crochets.

En outre, en maint endroit — chapitres 3/9, 11/43, 11/139, 22/39, 22/41, 22/43, 22/47, 23/2, 23/13 et 29/13 —, le copiste a écrit un mot, puis l’a rayé.

e — La valeur du manuscrit

Quel effet ces défauts ont-ils sur le texte du Recueil de Gabriel ? En d’autres termes : diminuent-ils la valeur du texte que nous conserve le manuscrit du Caire, Canon 13 ? Voilà la question qu’il faut se poser.

Nous nous sommes efforcé, dans l’établissement du texte, de remédier à tous les défauts de copie et à toutes les tromperies de l’œil où étaient tombés les copistes, en confrontant le texte avec les sources d’où il a tiré sa matière ; et cela a rendu le texte, en ses parties conservées, autant que nous le pensons et qu’il est possible, à la forme sous laquelle il sortit de la main de son auteur.

Ce qui affaiblit vraiment le texte, ce sont les lacunes que nous avons signalées, à savoir :

1. le début du chapitre 1 ;

2. la fin du chapitre 13 et le début du 14 ;

3. la fin du chapitre 25, tout le 26 et le 27, et le début du 28 ;

4. la fin du chapitre 45, tout le 46 au 49, et le début du 50 ;

5. la fin de tout le manuscrit, après le chapitre 57 de l’index d’Abū al-Barakāt (= chapitre 60 dans notre division).

Et il n’est malheureusement aucun moyen, à présent, de suppléer à ce manque, le manuscrit de ce recueil étant unique.

Reste néanmoins la valeur canonique du Recueil de Gabriel ibn Turayk, comme premier recueil de canons en langue arabe de l’Église copte. Certes, il fut précédé de l’abrégé d’Abū Ṣāliḥ Yuʾannis ibn ʿAbd Allāh, dit Sadīd ibn Nānā, composé avant l’an 1208[458] ; mais nous ne le comptons pas pour un véritable « recueil de canons », seulement pour un abrégé — contre Cöln[459], et avec Graf et Coquin[460] —, pour ces raisons :

1. il cite les références de ses sources, mais n’en établit pas les textes complets ;

2. il ne pose pas toutes les questions qu’on attend d’un recueil de canons ;

3. et sa taille est modeste : Paris arabe 150 (1372), fol. 114 r°–121 v° — soit huit feuillets.

Rien de cela ne diminue la valeur de cet abrégé, ni le talent d’Abū Ṣāliḥ, qui expose sa pensée avec concision. Voici la définition que Coquin donne du « recueil de canons » — le nomocanon —, et les ouvrages auxquels elle s’applique :[461]

« Nous ne retiendrons ici que les Nomocanons de Gabriel Ibn Turayk, Michel de Damiette et Ibn al-ʿAssāl : seuls en effet, les ouvrages de ces trois auteurs méritent à proprement parler le nom de Nomocanon, qu’il faut réserver aux collections canoniques générales qui reproduisent textuellement les canons des Conciles et des pères, en les groupant selon un classement systématique des matières traitées dans ces canons. »[462]

Gabriel a rassemblé, des sources anciennes, tout ce qui touche un même sujet sous un même chapitre et un même titre ; mais il n’a pas ordonné ces matières, c’est-à-dire qu’il n’a pas divisé chaque chapitre en sections. Ainsi, au deuxième chapitre, il traite en bloc tout ce qui concerne les évêques, sans le subdiviser en parties qui en eussent repris les articles — les qualités de l’évêque, son élection, son ordination, ses devoirs, ses droits, et le reste ; ce que fit, après lui, al-Ṣafī ibn al-ʿAssāl en son propre Recueil.

Cette œuvre première fut nécessaire et importante en son temps : il n’existait alors aucun recueil de canons — sinon l’abrégé de Sadīd ibn Nānā —, et grand était le besoin des chrétiens d’un ouvrage qui réglât leurs relations, entre eux et avec ceux qui les entouraient.

2. Les sources de Gabriel : arabes ou non ?

Pour achever cette étude, il faut répondre à la question suivante : existait-il, à la disposition de Gabriel ibn Turayk, des traductions arabes des sources canoniques sur lesquelles il s’est appuyé ? Ou bien fut-il contraint de les traduire lui-même, ou du moins une partie d’entre elles ?

C’est là une grande question, à laquelle on ne pourra répondre de façon décisive qu’après la publication et l’étude approfondie de tout le patrimoine canonique de l’Église copte. Nous ne pouvons ici que rassembler les indices, pour tenter d’y répondre, fût-ce en partie.

Lorsque Graf traite de l’abrégé de Sadīd ibn Nānā[463], il note que cet abrégé — que nous avons en arabe — n’est la traduction d’aucune collection canonique, grande ou petite, mais qu’il est tiré directement de sources coptes ou rūmiyya, c’est-à-dire grecques.[464]

Et Graf, touchant la date de cet abrégé, observe que la copie datée du 18 octobre 1028, jointe par le prêtre Macaire à sa collection, n’est pas l’exemplaire original, mais une simple copie de l’original : l’abrégé est donc antérieur, et remonte, au plus tard, au début du XIᵉ siècle.[465]

Or, même sans en fixer précisément la date, cela nous assure que, jusqu’au début du XIᵉ siècle — ou, au plus, jusqu’à l’an 1028 —, il n’existait pas de traduction arabe des canons. Et si l’on admet que Gabriel composa son Recueil avant son avènement de 1131, en s’appuyant sur des sources déjà arabes — car ce qui nous en est parvenu s’accorde, pour le texte et les versions conservées —, alors la traduction du patrimoine canonique copte en arabe (ou du moins celle des sources qu’employa Gabriel) se place entre le début et la fin du XIᵉ siècle, au plus tard au commencement du XIIᵉ. Entrons maintenant dans le détail de ces sources.

a — La Didascalie

Périer, en son édition des Canons des Apôtres, transcrit d’après le manuscrit Rome, Borgia 60 (1348), fol. 223 et 266, le colophon du livre de la Didascalie :

« L’achèvement de la copie de ce livre eut lieu la nuit dont le matin s’ouvrit sur le vendredi vingt-neuf du mois de Ṭūba, de l’an mille soixante-quatre des purs Martyrs — répondant au vingt-troisième jour de Shawwāl de l’an sept cent quarante-huit de l’hégire —, au quartier haut des Grecs (Ḥārat al-Rūm), près de l’église du glorieux archange Michel, dite des Fahhādīn, au Caire la bien gardée. Le copiste, méprisable par ses péchés, pour lui-même, Jean surnommé al-Naqqāsh, l’a transcrit d’une copie de la main du saint père Shams al-Riyāsa, fils du cheikh al-Nafīs, secrétaire des armées victorieuses, prêtre de l’église du grand martyr Mercure, à Fostat la bien gardée ; et voici le texte de la copie d’où il fut transcrit ; j’ai copié… »[466]

« … d’une copie de la main du cheikh, le chef, le sage, l’excellent Tāj al-Riyāsa Abū Isḥāq ibn al-Najīb Faḍl Allāh — que Dieu donne le repos à son âme —, lequel a rapporté qu’il l’avait traduite du copte en arabe. Et voici la teneur de ce qui fut trouvé écrit de sa propre main à la fin de cette copie : “Ce livre, son copiste, le misérable par ses péchés, Abū Isḥāq ibn Faḍl Allāh, l’a traduit du copte en arabe”, afin que l’on pût s’appuyer sur cette copie ; et il implore quiconque l’examinera de lui pardonner sa méprise et d’en amender les corruptions ; et à notre Seigneur soit la gloire, toujours et à jamais. Cela fut aux jours dont le dernier était le jeudi de la quatrième semaine du saint Carême, le septième de Baramhāt de l’an mille et onze des Martyrs, répondant au quatorzième de Rabīʿ second de l’an six cent quatre-vingt-quatorze de l’hégire. »[467]

Le même colophon précise que le traducteur avait tiré son texte d’une copie ancienne écrite pour Anba Cosmas, patriarche d’Alexandrie, et datée de l’an six cent quarante-trois des Martyrs, soit neuf cent vingt-six de notre ère.[468]

Périer conjecture que cette traduction, datée de 1295, n’est autre qu’une révision d’une version plus ancienne, celle-là même que mentionne le Magmūʿ d’al-Ṣafī ibn al-ʿAssāl.[469]

À la vérité, il existe, ainsi que nous l’apprend Graf, deux recensions distinctes de la Didascalie :[470]

La première — rédigée par le patriarche Cosmas en 926, en copte sahidique, puis traduite en arabe par Abū Isḥāq ibn Faḍl Allāh en 1295, avec le Testament de notre Seigneur Jésus-Christ. Gabriel ibn Turayk ignora nécessairement cette traduction, puisqu’il s’était endormi dans le Seigneur en 1145, cent cinquante ans auparavant.

La seconde — largement répandue, plus ancienne que la première de deux siècles pour le moins, et traduite sur un original que nous allons décrire.

Cette seconde version, qu’il faut reporter au plus tard au milieu du XIᵉ siècle, fut traduite d’un original copte bohaïrique ; son traducteur nous demeure inconnu. Or c’est elle, et non l’autre, que Gabriel ibn Turayk mit à profit.

Graf en établit l’existence dès le XIᵉ siècle : elle est en effet mise en œuvre dans le Livre de la Confession des Pères (1078), ouvrage anonyme dont le rédacteur emploie le texte de la version répandue, et non celui de l’autre traduction. Il écrit :[471]

« Il faut également supposer — et l’on en peut même administrer la preuve — que le rédacteur disposait de traductions arabes déjà faites, pour les pièces mêmes qui remontent à des sources coptes. Tel est le cas des deux extraits de la Didascalie des Apôtres placés en tête (1, 2). Car ils s’y présentent, tels qu’on les lit dans la Confession des Pères, comme une partie de la “Didascalie arabe” que l’édition de Marqus Dāwud (Le Caire, 1926) nous fait aujourd’hui connaître avec exactitude. Ainsi la “Didascalie arabe” existait-elle déjà avant la composition de la Confession des Pères, dont le rédacteur l’a mise à contribution. »[472]

La date de la version répandue de la Didascalie, celle dont Gabriel ibn Turayk fit usage, remonte donc à quelque temps avant l’an 1078.

b — Les Canons des Apôtres

Lorsque Périer transcrivit, en son livre des Canons des Apôtres, le colophon du livre de la Didascalie — celui du manuscrit Rome, Borgia 60 (1348), fol. 223-226, dont nous avons rapporté le texte à propos de la Didascalie —, il rapporta la portée de la traduction accomplie par Abū Isḥāq ibn Faḍl Allāh au manuscrit tout entier, Canons des Apôtres compris, en sorte que la date de leur traduction devenait, selon ce qu’il en dit, l’an 1295 :

« Nous y voyons également une traduction arabe de la Didascalie à la fin de laquelle se trouve un intéressant colophon, qui se rapporte peut-être à tout le volume. »[473]

Mais Périer se méprend en son interprétation : le colophon ne concerne que la seule Didascalie, et nullement l’entier du manuscrit. Le plus vraisemblable est que Jean al-Naqqāsh, copiste du manuscrit Rome, Borgia 60, transcrivit la Didascalie qu’avait traduite Abū Isḥāq ibn Faḍl Allāh, puis la fit suivre des Canons des Apôtres, dont il avait trouvé le texte en un autre lieu.

Lorsque Samīr Khalīl traite de la traduction des Canons des Apôtres exécutée par les Coptes, il avance qu’elle fut peut-être accomplie au XIᵉ ou au XIIᵉ siècle :[474]

« Il n’est point douteux que cette traduction n’ait été composée après le Xᵉ siècle. »[475]

Et comme cette traduction copte se trouve mentionnée dans la première recension du Magmūʿ al-Ṣafawī — composé en 1236 — sans qu’elle existât du temps de Sévère ibn al-Muqaffaʿ, il en ressort clairement qu’elle fut établie au XIᵉ ou au XIIᵉ siècle.[476]

Nous nous accordons avec Samīr Khalīl en ce qu’il tient que la traduction n’existait point au Xᵉ siècle. Nous non plus n’avons su fixer avec certitude la date de la traduction ; mais nous avons relevé des indices qui la reportent plus haut que le témoignage invoqué par Samīr Khalīl — le Magmūʿ al-Ṣafawī de 1236 —, savoir :

La présence de fragments de cette traduction dans le Magmūʿ de Gabriel ibn Turayk, composé avant l’an 1131, ainsi que nous l’avons établi en traitant de la date de composition du recueil.

Le témoignage d’un copiste, Yūḥannā ibn Mawhūb ibn Mufarraj al-Iskandarānī (XIᵉ-XIIᵉ siècle), que rapportent Périer, en son livre des Canons des Apôtres, et Abū al-Barakāt, en son Miṣbāḥ al-Ẓulma qu’a édité le P. Samīr Khalīl.[477]

On lit cette note dans le manuscrit Paris arabe 243 (1641), fol. 44, transcrite telle que Périer la donne, à la suite de l’index des soixante et onze canons :

« Note : Yūḥannā ibn Mawhūb a rapporté que ceci est le commencement du second livre parmi les livres exposés par la main de Clément, lesquels sont au nombre de huit. À Dieu grâces, toujours et à jamais, dans les siècles des siècles, Amen. »[478]

Quant au Miṣbāḥ al-Ẓulma d’Abū al-Barakāt, la mention de ce Yūḥannā ibn Mawhūb y revient plus d’une fois, à propos de l’index des Canons des Apôtres :

1. — Après le titre du canon 3 des soixante et onze canons (premier livre) :

« Note : il a été trouvé, en une copie de la main d’al-Asʿad Abū Saʿīd, ceci : “Yūḥannā ibn Mawhūb al-Iskandarānī a rapporté que ceci est le commencement du second livre parmi les livres exposés par la main de Clément ; et je pense, pour moi, qu’il a placé les canons en tête des seconds livres dus au susdit ; Dieu le sait mieux.” »[479]

2. — Après le titre du canon 20 des soixante et onze canons (premier livre) :

« Note : l’on y a trouvé aussi, au canon vingt et un, [rapporté] du susdit Yūḥannā : “Ceci est le commencement du troisième livre parmi les livres exposés par la main de Clément ; et c’est le début du propos qui les embrasse tous, au nombre de huit.” »[480]

3. — Après le titre du canon 52 des soixante et onze canons (premier livre) :

« Le susdit Yūḥannā ibn Mawhūb, déjà cité, a rapporté que cette section est le commencement du cinquième des livres exposés par la main de Clément. »[481]

4. — Après l’index des cinquante-six canons (second livre) :

« Ceci fut collationné sur une copie de la main du patriarche Anba Marc ibn Zurʿa, lequel y a noté de sa main : que ces cinquante-six canons se nomment en grec ṭulūs, et que leur nombre, selon le grec, est de quatre-vingt-un ṭulūs. Il a porté ce nombre en regard de celui-ci, afin qu’on le connût ; et il a mentionné, à la fin de sa copie, qu’il l’avait transcrite d’une copie de la main de Yūḥannā ibn Ṣāʿid al-Qulzumī, où se lisait, de Yūḥannā ibn Mawhūb, que dans une copie de sa propre main figuraient quatre ṭulūs dont le texte ne se trouvait ni en copte ni en syriaque, savoir les nᵒˢ 47, 49, 50 et 51. »[482]

De ces textes ressort avec évidence l’existence de la traduction arabe des Canons des Apôtres telle que nous la connaissons aujourd’hui par le livre de Périer. Abū al-Barakāt ibn Kabar en vit une copie de la main du patriarche Marc ibn Zurʿa, soixante-treizième patriarche, qui occupa le siège de 1166 à 1189, transcrite d’une copie de la main de Yūḥannā ibn Ṣāʿid al-Qulzumī — lequel vécut sous le patriarcat de Michel, soixante-huitième patriarche (1092-1102), et de Macaire II, le soixante-neuvième (1102-1128) —, et il notait en cette copie qu’il en existait une autre de la main de Yūḥannā ibn Mawhūb.[483]

Or ce Yūḥannā est le fils du cheikh Mawhūb ibn Manṣūr ibn Mufarraj al-Iskandarānī, le diacre, homme du XIᵉ siècle qui poursuivit la rédaction des Vies des Patriarches — écrivant la Vie d’Anba Christodoule, soixante-sixième patriarche (mort en 1077), et celle de Cyrille II, le soixante-septième (mort en 1092) —, à la suite de Sévère ibn al-Muqaffaʿ, lequel vécut dans la seconde moitié du Xᵉ siècle et au commencement du XIᵉ, et qui, avec ses quatre collaborateurs, avait composé les Vies des Patriarches jusqu’au pape Shenouté II, soixante-cinquième patriarche (mort en 1046).[484]

Il suit de là que Yūḥannā ibn Mawhūb vécut à la fin du XIᵉ siècle et au commencement du XIIᵉ ; nous tenons donc pour probable que la traduction des Canons des Apôtres existait dès cette date, soit à la fin du XIᵉ ou au début du XIIᵉ siècle.

c — Les Canons des Conciles

1. Le Concile de Nicée

Voici ce qui nous est parvenu de ce que l’on attribue au concile de Nicée ; pour chaque pièce, nous n’indiquons qu’un seul manuscrit, parmi les nombreux autres que nous possédons :[485]

L’Histoire de Constantin et d’Hélène (jointe à d’autres pièces) — Paris arabe 251, fol. 115ᵛ-120ᵛ.

L’Histoire du concile, suivie de vingt canons (jointe à d’autres pièces) — Paris arabe 251, fol. 121ᵛ-126ᵛ.

Les quatre-vingt-quatre canons, dits « Canons arabes de Nicée » (joints à d’autres pièces) — Paris arabe 251, fol. 127ʳ-138ᵛ.

Les trente-trois canons (statuts des monastères et des moines) — Paris arabe 251, fol. 138ᵛ-147ᵛ.

Les vingt canons (traduits du copte) — Paris arabe 251, fol. 148ʳ-150ʳ.

Diverses professions de l’amāna (c’est-à-dire de la foi) — a) Paris arabe 251, fol. 150ʳ-151ᵛ ; b) Vatican arabe 149, fol. 117ᵛ-118ᵛ.

Les noms des trois cent dix-huit Pères — Oxford, Bodleian Library, cod. Thomae Roe 26.

De tout cela, Gabriel ibn Turayk n’a retenu, en son recueil, que deux pièces :

Le nᵒ 5, savoir les vingt canons traduits du copte.

Le Symbole de Nicée, que mentionne le Vatican arabe 149 ; nous avons, pour notre étude, recouru à un autre témoin — le Paris arabe 478 (1886), fol. 192ᵛ-197ʳ, qui est le Magmūʿ de Michel de Damiette —, où nous avons trouvé le texte du Symbole, afin d’harmoniser les manuscrits mis en œuvre.

Touchant les vingt canons traduits du copte, Graf tient pour probable que ce fut le prêtre Macaire qui en fit la traduction, lorsqu’il les réunit en sa collection :[486]

« Une recension copte des vingt canons authentiques de Nicée fut peut-être traduite par lui-même. »[487]

Mais cette conjecture est bien éloignée de la vérité. Nous observons en effet que le travail de traduction fut accompli à une date fort antérieure à la vie du prêtre Macaire (XIVᵉ siècle) ; et, ce qui importe davantage, nous trouvons le texte de ces canons, en arabe, tel qu’il nous est parvenu dans la collection de Macaire, au sein même du Magmūʿ de Gabriel ibn Turayk, composé avant l’an 1131. Il est donc manifeste que Macaire transcrivit ces canons, comme il transcrivit les autres de sa collection, mais qu’il ne les traduisit point.

Quant au Symbole de Nicée, sur lequel Gabriel ibn Turayk s’est appuyé, nous le retrouvons, tel que Macaire nous l’a conservé, dans le livre de la Confession des Pères (vers 1078) :

« Ainsi la “Didascalie arabe” existait déjà avant la composition de la Confession des Pères, dont le rédacteur l’a excerptée. Le même rapport se vérifie dans l’exposition du Symbole de Nicée, laquelle se laisse reconnaître comme une pièce d’une vaste collection d’actes et de canons apocryphes de Nicée, dans le Corpus iuris canonici du prêtre copte Macaire. »[488]

Ici encore, nous trouvons le Symbole de Nicée, en arabe, avant l’an 1078. Ne serait-il donc pas permis de penser que les autres recueils des canons de Nicée furent traduits à la même époque ? La Confession des Pères ne s’en est pas nourrie, parce qu’ils ne rentraient point dans son propos.

2. Les Conciles régionaux

Voici ce qui nous est parvenu des conciles provinciaux ; pour chaque collection, nous n’indiquons qu’un seul manuscrit, parmi les nombreux autres que nous possédons :[489]

Ancyre — an 314, vingt-quatre canons, libre rédaction des vingt-cinq canons grecs, précédée d’une courte préface — Paris arabe 251, fol. 104ᵛ-107ᵛ.

Néocésarée — entre 314 et 325, quatorze canons (ou quinze), que la tradition arabe nomme aussi « concile de Carthage, des contrées d’Afrique » — Paris arabe 251, fol. 108ʳ-109ᵛ.[490]

Gangres — an 340, vingt canons — Paris arabe 251, fol. 109ᵛ-111ᵛ.

Antioche — an 341, vingt-cinq canons — Paris arabe 251, fol. 112ʳ-115ʳ.

Ces conciles trouvent leur place, chez Macaire et dans les collections coptes, avant les conciles de Nicée, de Constantinople et d’Éphèse ; les collections reprennent ensuite :

Laodicée — (fin du IVᵉ siècle), cinquante-neuf canons, auxquels s’ajoute un soixantième portant l’index des livres reçus — Paris arabe 251, fol. 154ʳ-159ʳ.

Sardique — an 343, une préface et vingt et un canons — Paris arabe 251, fol. 159ʳ-162ᵛ.

Carthage II — (au temps de Théodose II, 408-450), cent vingt-trois canons, que peu de collections renferment — Paris arabe 251, fol. 296ʳ-305ᵛ.

Antioche et Laodicée — non point un concile nouveau, mais la réunion de ces deux conciles en un seul texte, quatre-vingt-trois canons traduits du copte — Paris arabe 251, fol. 306ʳ-310ʳ.

De tous ces conciles, Gabriel ibn Turayk a retenu, en son recueil :

Ancyre ;

Néocésarée ;

Gangres ;

Antioche et Laodicée — outre ce qu’il a emprunté aux canons de Nicée.

Il mit en outre à profit les canons de Sardique en un autre endroit, ainsi que nous l’apprend Abū al-Barakāt ibn Kabar :

« Et Anba Gabriel ibn Turayk, celui qu’on surnomme “Ibn al-Ṣaʿāʾid”, le soixante-dixième des patriarches, a un canon touchant le service de l’Église ; on dit qu’il le composa d’après quelques canons du concile de Sardique. »[491]

Ces canons ne nous sont point parvenus, ainsi que nous l’avons dit en traitant de ses œuvres.

Nous ne connaissons pas au juste la date à laquelle les canons de ces conciles provinciaux passèrent en arabe. Mais, ayant établi que le Symbole de Nicée était traduit avant l’an 1078, et les conciles ne formant qu’un seul corps dans les collections canoniques — au point que celui de Nicée n’y paraît pas en tête, mais après Ancyre, Néocésarée et Antioche, les collections reprenant ensuite les autres conciles —, nous tenons pour probable qu’il existait une traduction des canons conciliaires, en un seul ensemble, dès cette date, soit avant l’an 1078.[492]

d — Les Lois des Rois

Ce sont là des statuts civils, tirés du droit romain ; il nous en est parvenu quatre livres dans la tradition copte. Ce qui nous importe ici, c’est la collection sur laquelle Gabriel ibn Turayk s’appuya, celle que l’on nomme les Lois des rois Constantin, Théodose et Léon.

Ces lois furent traduites en syriaque au Vᵉ siècle ; les Melkites ensuite les mirent en arabe, vers l’an 1100, et les Maronites comme les Coptes les reçurent d’eux, avec quelques modifications.[493]

« Sous le même rapport doit aussi se comprendre la réception des “Lois des Rois” chez les Melkites — d’abord, vraisemblablement, chez ceux d’Égypte, où elle fut, vers 1100, traduite en arabe avec un remaniement simultané. Le même texte arabe passa ensuite, non sans quelques modifications dans le groupement des matières, aux Maronites (kitāb al-hudā) et aux Coptes. »[494]

Ici encore, nous trouvons une traduction des Lois des Rois en arabe, établie avant l’an 1100.

e — Les Canons d’Épiphane

Il existe, de ces canons, deux collections :[495]

Une collection de cent trente-sept canons.

Une collection de quarante-cinq canons.

Les deux collections des canons d’Épiphane nous sont parvenues au sein des recueils canoniques melkites. Le plus ancien manuscrit qui en renferme le contenu en arabe est le Londres, British Library, Oriental 5008 (Nīsān de l’an 305 de l’hégire, soit avril 918), fol. 70[496] ; ce manuscrit provient du monastère de Sainte-Catherine, au mont Sinaï.[497]

Les Coptes ne connurent que la collection des quarante-cinq canons, et c’est précisément celle sur laquelle Gabriel ibn Turayk s’appuya en son recueil ; nous la retrouvons, parmi d’autres pièces, dans la collection de Macaire : Paris arabe 251, fol. 310ʳ-312ʳ.[498]

Il ressort donc qu’une traduction des canons d’Épiphane en arabe existait dès l’année 918. Les Coptes la reçurent plus tard, quoique ceux qui l’eussent faite fussent les Melkites.

f — Les Canons de saint Basile

Il existe deux collections des canons de saint Basile :[499]

Une collection courte : quatorze canons chez les Melkites, treize chez les Coptes.

Une collection longue : cent cinq canons chez Ibn al-ʿAssāl, cent six chez Riedel, qui s’ouvre par une profession de foi détaillée touchant la Trinité et le Christ (canon 1) ; d’origine grecque, elle fut traduite en copte, puis en arabe, et ne se rencontre que chez les Coptes.[500]

Gabriel ne s’appuya, en son recueil, que sur la seconde. Et Graf nous instruit de la portée qu’il faut attacher à la présence de la profession de foi de Basile — son premier canon —, en arabe, dans le livre de la Confession des Pères, composé vers 1078 :[501]

« Pour l’ancienneté du texte arabe, il est de conséquence que le florilège “Confession des Pères” (vers 1078) rapporte “la foi de saint Basile au premier de ses canons” presque dans toute l’étendue de ce canon, et selon la teneur transmise (Confession des Pères, § 40). »[502]

Ainsi existait-il une traduction arabe des canons de saint Basile avant l’an 1078.

g — Les Canons d’Hippolyte

Coquin infère, de la présence du texte arabe des canons d’Hippolyte dans le Magmūʿ de Gabriel ibn Turayk et de sa concordance avec le texte aujourd’hui subsistant, qu’il existait une traduction arabe de ces canons dès le début du XIIᵉ siècle.[503]

Graf l’avait devancé dans le même sens, tenant que Gabriel la trouva toute prête devant lui ; ce qui nous affermit dans la pensée qu’une traduction de ces canons est antérieure au temps de Gabriel ibn Turayk.[504]

Les canons d’Hippolyte comptent trente-huit canons, tels que Coquin les a édités en son livre.[505]

h — Les Canons de Jean Chrysostome

Nous ne savons pas à quelle date ces canons furent traduits. Tout ce que nous en savons, ainsi que le rapporte Graf, c’est qu’ils sont abrégés des deuxième et troisième livres des six Livres sur le sacerdoce.[506]

Cette collection nous est parvenue en douze canons ; nous la trouvons, parmi d’autres pièces, dans le Paris arabe 251, fol. 312ʳ-313ʳ :

« Canons de Jean Chrysostome. Il s’agit d’extraits et de compilations tirés du deuxième livre, et plus encore du troisième, des six Livres sur le sacerdoce, rassemblés en douze sections (“canons”). »[507]

i — Les Canons d’Athanase

Nous faisons mention de ces canons, quoiqu’ils ne figurent point parmi les sources de Gabriel ibn Turayk, parce que nous avons trouvé un indice de leur existence en arabe à cette même époque. Nous lisons en effet, à la suite des canons d’Athanase, dans le Miṣbāḥ al-Ẓulma, cette annotation :

« (Note) : Il y a, dans la copie d’où ceci fut transcrit, une glose dont le sens est… qu’on trouva, dans l’exemplaire sur lequel on copiait, que ce saint canon — celui de saint Athanase le Grand, pour la contrée des Égyptiens — ne formait qu’un seul tenant. Et moi, le pauvre “Michel”, indigne d’être pasteur sur Tinnis, j’ai jugé bon de le transcrire et de le partager en cent sept sections, afin que chacune marquât son sens et que le chercheur trouvât aisément son objet ; et gloire à Dieu, toujours et à jamais. »[508]

Or ce Michel, évêque de Tinnis, n’est autre que Michel ibn Budayr al-Damanhūrī, homme du XIᵉ siècle, l’un des quatre qui assistèrent Abū Sévère (Sāwīrus) ibn al-Muqaffaʿ, évêque d’Achmounein, dans la traduction des Vies des Patriarches, du copte en arabe. Michel mourut vers l’an 1077.[509]

Il ressort clairement de ce texte que la traduction arabe des canons d’Athanase — quand même elle n’eût pas encore été divisée en cent sept canons, telle que nous la connaissons aujourd’hui — existait déjà du temps de Michel, évêque de Tinnis, soit avant l’an 1077 ; ce fut lui qui la partagea en cent sept canons.

Conclusion

De tout ce qui précède ressort avec évidence l’existence d’une traduction arabe de la plupart des sources canoniques avant le temps de Gabriel ibn Turayk. Récapitulons ce qui a été établi :

Source canonique

Traduite en arabe

1. La Didascalie

avant 1078

2. Les Canons des Apôtres

fin du XIᵉ siècle, début du XIIᵉ

3. Les canons de Nicée

avant 1078

— les autres conciles

avant 1078 ( ?)

4. Les Lois des Rois

avant 1100

5. Les canons d’Épiphane

avant 918

6. Les canons de Basile

avant 1078

7. Les canons d’Hippolyte

début du XIIᵉ siècle

8. Les canons de Jean Chrysostome

9. Les canons d’Athanase

avant 1077

Et peut-être toutes les sources canoniques furent-elles traduites en arabe avant le commencement du XIIᵉ siècle : c’est ce que nous inférons de la souscription que transcrit Ibn Kabar dans le Miṣbāḥ al-Ẓulma, à la suite de son propos sur le concile d’Éphèse :

« (Sont achevés les dix conciles — trois grands et sept petits) de la main du pauvre — Dieu lui donne le repos — qu’il a mentionné en son abrégé : les Canons des Apôtres et les canons exposés par la main de Clément — la Didascalie — la Lettre de Pierre le Clémentin — le premier concile, à Ancyre — le deuxième, à Carthage — le troisième, à Gangres — le quatrième, à Antioche — le cinquième, à Nicée — le sixième, à Laodicée — le septième, à Sardique — le huitième, les canons d’Hippolyte, patriarche de Rome — les canons de Basile le Grand — les quatre Lois des Rois (elles sont en réalité au nombre de trois ; et celui qu’il ne mentionne pas est le concile des cent cinquante évêques à Constantinople) — le concile des deux cents, à Éphèse — le deuxième concile, à Constantinople, des cent cinquante, à cause d’Apollinaire — les canons du neuvième concile, à Carthage (autre que le petit concile : ses évêques furent deux cent dix-sept, ses canons cent vingt-trois) — les canons du concile d’Antioche, comptés à trente et à quatre-vingt-trois canons (ceci est répété du concile de Laodicée, en Sardique) — les canons d’Athanase, patriarche d’Alexandrie, cent sept — et les Règles des Apôtres — (quant aux ṭulūs qui leur sont attribués, il ne les a point mentionnés) — et le Testament du Seigneur, et les livres exposés par la main de Clément (il ne les a pas rapportés) ; et il paraît que les premier et deuxième Canons des Apôtres en sont extraits. »[510]

À l’analyse de cette souscription rapportée par Abū al-Barakāt, il apparaît ce qui suit :

1. — Elle se trouvait dans une copie dont il l’a transcrite, et n’est point de sa façon

La preuve en est double. D’abord, il y intervient pour en redresser les manques et les redites ; ainsi de ces incises : « elles sont en réalité au nombre de trois, et celui qu’il ne mentionne pas est le concile des cent cinquante évêques à Constantinople » ; « ceci est répété du concile de Laodicée, en Sardique » ; « quant aux ṭulūs qui leur sont attribués, il ne les a point mentionnés » ; « il ne les a pas rapportés ».

Ensuite, ce texte renferme des canons dont Abū al-Barakāt n’avait pas encore, à cet endroit de son livre, donné l’index, et qu’il ne mentionne que plus loin :

les canons d’Épiphane (p. 177-178) ;

les canons de Basile (p. 178-182) ;

les canons d’Athanase (p. 182-186) ;

la lettre de Pierre à son disciple Clément (p. 189-190).

2. — L’identité du « pauvre » de la souscription

Si l’on cherche qui est ce « pauvre » nommé en tête de la souscription — lequel dit de lui-même qu’il a porté son nom en son abrégé, puis dénombre les canons —, nous tenons pour probable que ce fut ou bien Yūḥannā ibn Ṣāʿid al-Qulzumī (1092-1128), ou bien Yūḥannā ibn Mawhūb (fin du XIᵉ siècle et début du XIIᵉ) : Abū al-Barakāt les mentionne l’un et l’autre à la fin de l’index des Canons des Apôtres, et rapporte aussi qu’il collationna sa propre copie sur une autre, de la main de l’un des deux.[511]

3. — L’ancienneté de la copie

Abū al-Barakāt — qui vécut à la fin du XIIIᵉ siècle et au commencement du XIVᵉ — décrit la copie dont il transcrivit comme « trouée et défaillante ». Qu’on imagine dès lors combien de temps avait passé sur cette copie, pour qu’Abū al-Barakāt la vît en un tel état.[512]

Nous fermons ici notre propos, dans l’espérance que ces trésors enfouis seront un jour publiés, afin que se dissipe l’obscurité qui enveloppe leurs auteurs, la date de leur composition, leurs traducteurs, la date de leur traduction, et toutes les questions qui roulent en nos esprits.

3. Le recueil des canons et les autres collections canoniques

Afin que se découvre à nous l’influence du recueil de Gabriel ibn Turayk sur les canons qu’il promulgua après son élévation au siège patriarcal, nous avons comparé le texte de ces canons avec celui de son recueil.

a — La collection des trente-deux canons

Voici la concordance des trente-deux canons promulgués par Gabriel avec son recueil.[513]

Les 32 canons

Objet

Magmūʿ de Gabriel — source

(66/1 – 68/9)

Introduction

(68/1-2)

Un verset d’Ézéchiel

II, 45 — Didascalie 3

c. 1 (68/11 – 69/5)

L’ordination (charṭūniyya)

c. 2 (69/7)

Se rendre de bon matin à l’église

XIII, 4-5 — Didascalie 7

(69/7)

« Avant toute œuvre »

XV, 20 — Canons des Apôtres 47

(69/10)

« Car les nations se rendent à leurs assemblées »

XIII, 13 — Didascalie 10

(69/12)

Que les prêtres se hâtent de paraître à l’église

XIII, 31 — Hippolyte 21

(69/13)

La célébration de la prière et l’élévation de l’encens

XIII, 32-33 — Hippolyte 21

c. 3 (69/17)

Que les évêques instruisent le peuple

II, 26 — Didascalie 3 ; et XIII, 7-8 — Didascalie 10

(69/18)

Qu’ils veillent à la dîme

XI, 4-6 — Didascalie 6

(69/18)

Et la prière que Jésus leur enseigna

II, 7-9 — Didascalie 10

(69/19)

Et le saint Symbole

LX, 52 — Antioche 70

(69/19)

En la langue que chacun connaît et comprend

(69/20)

« Et que nous n’offrions point ce qu’Il ne connaît pas »

II, 173 — Didascalie 23

c. 4 (70/3)

La confession d’une Église une, catholique, apostolique, sans division

(70/5-6)

Pèche celui qui offense le patriarche ou l’évêque

XII, 7 — Didascalie 7

(70/7-19)

Nulle différence entre prêtre du patriarche et prêtre de l’évêque

(71/2-3)

L’évêque étranger est honoré de l’Évangile, de l’absolution et de l’admission à l’autel

XVII, 11-13 — Didascalie 10

(71/4-5)

Qu’il ne célèbre ni messe ni couronnement sans l’avis de l’évêque

XVII, 11-13 — Didascalie 10

c. 5 (71/5)

L’évêque ne prête point serment hors de son siège

II, 247-248 — Constitutions apostoliques 26 ; et II, 306-308 — Antioche 21

(71/7)

L’évêque prend soin du troupeau du Christ

II, 81-85 — Didascalie 4

(71/8-9)

Qu’il ne s’en détourne point par l’ivresse, où il n’est point de salut

XXXIII, 6 — Ép 5, 18

(71/8-9)

Mais qu’il se contente d’un peu de vin

II, 339 — 1 Tm 5, 23

(71/16-18)

Qui contraint autrui à l’ivresse partage son péché

(71/18-19)

Se garder des propos de moquerie et de sottise

IX, 34-35 — Basile 57

(72/4-5)

S’entretenir des Livres saints

XXXIX, 2-4 — Didascalie 1

c. 6 (72/8-15)

Que les prêtres ne prennent point l’aumône comme un droit et un dû

 

L’évêque ne lève point de tribut

II, 270 — Constitutions apostoliques 53

(72/15-16)

De qui offre de son gré, on accepte

XI, 42 — Didascalie 15

c. 7 (72/17 – 73/4)

Au peuple incombe l’entretien des prêtres

XI, 9-12 — Didascalie 7

c. 8 (73/5-7)

Nul n’est écarté de l’église pour une cause mondaine

c. 9 (73/8-12)

Introduction

(73/12-13)

L’examen de soi avant la communion

XI, 156-160 — 1 Co 11, 27-31

(73/15-17)

Qui a bu du vin ne célèbre point

XXXI, 3-4 — Basile 54

c. 10 (74/1)

La dignité du sacerdoce

LV, 2-3 — Didascalie 7

(74/2)

Enseigner aux enfants les sciences ecclésiastiques

LIX, 10-13 — Didascalie 25

(74/5-9)

Enseigner aux enfants les sciences du sacerdoce

(74/9-11)

La correction des enfants

LIX, 7-9 — Didascalie 25

(74/11-18)

Les Livres saints défendent de converser pendant la prière

III, 21-22 — Lois des Rois 14

c. 11 (74/19)

Nul ne célèbre de noces durant les Quarante jours

XIX, 62 — Antioche 76 ; et XIX, 88-92 — Lois des Rois 19

(75/1)

Ni le jour de Pâques, ni la nuit de la Pentecôte

c. 12 (75/3-4)

Nul n’apporte d’instrument de divertissement à l’église, ni en fête ni en noces

c. 13 (75/5-8)

La messe ne doit point se prolonger jusqu’à la fin du jour

c. 14 (75/9-13)

Point de prières des défunts le dimanche

c. 15 (75/14 – 76/6)

Nul n’habite dans les églises

c. 16 (76/7-14)

Le précepte des offrandes et des dîmes

XI, 13-18 — Didascalie 7 ; et XI, 73-75 — Canons des Apôtres 59

c. 17 (76/15 – 77/3)

Il n’est point permis aux prêtres de converser entre eux pendant la messe

XIV, 32 — Basile 79 (le propos y porte sur le rire)

c. 18 (77/4-9)

Nul moine n’habite hors de son monastère ; sinon, point d’oblation pour lui

c. 19 (77/10-12)

Nul mort n’est enseveli dans l’église

c. 20 (77/13-14)

Nul n’est circoncis après le baptême

XL, 13-14 — 1 Co 7, 18-19 ; et XL, 22-23 — Épiphane 19 et 20

c. 21 (77/15 – 78/3)

Renoncer aux concubines

XXVIII, 12-13 — Basile 7

c. 22 (78/4-12)

Fiançailles et couronnement ne se nouent qu’en présence de l’évêque ou de son délégué

en sens contraire : XXVII, 9 — Épiphane 13, 17 et 45

c. 23 (78/13-18)

Ne point multiplier les oblations pour en faire nourriture

b 64 ( ?)

 

Comment répartir le surplus des oblations

XI, 77-79 — Canons des Apôtres 60

c. 24 (78/19 – 79/2)

Nul clerc ne célèbre ni ne communie sans les vêtements liturgiques

XI, 117-119 — Basile 96 et 97

c. 25 (79/3-7)

Nul clerc n’habite avec une femme étrangère

IX, 4-5 — Nicée 3

c. 26 (79/8-12)

Ne point célébrer de messe hors des trois anaphores connues

c. 27 (79/13-15)

Au lieu de la réunion des évêques deux fois l’an…

II, 250-251 — Constitutions apostoliques 28

(79/15-18)

… se rendre une fois l’an à la cellule patriarcale

c. 28 (79/19 – 80/3)

L’évêque n’établit point un moine qu’après une épreuve de trois années

c. 29 (80/4-7)

Nul moine n’habite en un autre monastère que le sien

c. 30 (80/8-12)

Nul évêque n’entre au bain public de jour

XLI, 11-12 — Basile 35

c. 31 (80/13-16)

Nul évêque ni moine ne possède de servante

b 27 ( ?)

c. 32 (80/17 – 81/5)

Le sacerdoce ne se prend ni par force ni par crédit

 

Sur celui qui s’appuie sur le pouvoir séculier

II, 242 — Constitutions apostoliques 21

b — La collection des neuf canons

Voici, selon le même dispositif, la concordance des neuf canons.[514]

Les 9 canons

Objet

Magmūʿ de Gabriel — source

c. 1 (83/2-10)

Les prêtres de chaque église gardent leurs offices, et chacun sert à son tour

c. 2 (83/10-13)

Point de messe qu’après la lecture de l’épître de Paul, du catholicon, des Actes et de l’Évangile

VIII, 58 — Basile 97

(83/13-14)

Le diacre ne lit que l’Évangile

VIII, 59-60 — Basile 97

(83/14-15)

Et les prêtres l’assistent pour les autres lectures

VIII, 59-60 — Basile 97

(83/16)

Qui ne sait lire ne célèbre point

c. 3 (83/16 – 84/2)

Le diacre qui n’a point encore célébré ne célèbre qu’après le témoignage des prêtres qu’il excelle à lire, l’autorisation de la cellule et la réception de l’ordre

(84/3-4)

Le diacre ne sort point avant le peuple

c. 4 (84/8-10)

Ne point boire de vin aux veilles des dimanches, des fêtes, des baptêmes et des couronnements ; qui a bu du vin le soir ne célèbre point au matin

XXXI, 3-4 — Basile 54

c. 5 (84/11-15)

Que les prêtres se retirent des banquets et des noces avant l’arrivée des amuseurs

IX, 29-30 — Antioche 78

c. 6 (84/16-18)

Point de messe qu’après le revêtement de l’autel

I, 6 — Didascalie 35

c. 7 (84/19 – 85/3)

Nul prêtre ne sert sans les vêtements liturgiques

XI, 117-119 — Basile 96 et 97

c. 8 (85/4-17)

L’ordre des messes entre les prêtres et l’archidiacre

(85/18-19)

Point de messe si deux cierges ne sont allumés sur l’autel

b 1 ( ?)

c. 9 (86/1-4)

L’association des prêtres de Jérusalem au service, avec les prêtres de l’église d’Abū Sarja

(86/5-7)

Conclusion et bénédiction

De cette comparaison ressort avec évidence que Gabriel ibn Turayk, dans les canons qu’il promulgua après avoir assumé la charge patriarcale, s’appuya sur son recueil, qu’il avait étudié et rédigé auparavant.

Il tira de son recueil tout ce qui importait à son siècle, et le mit au jour, avec ce qu’il y ajouta de son chef, sous ces deux collections :

La collection des trente-deux canons — adressée à l’ensemble de la juridiction patriarcale.

La collection des neuf canons — adressée à la ville d’Alexandrie et à ses seuls prêtres.

Et Gabriel ibn Turayk ne sortit de son recueil que fort peu. Ainsi, dans la collection des trente-deux canons :

L’introduction.

Ce qui touche l’ordination, ou la prise d’argent à l’occasion de l’ordination des diacres, des prêtres et des évêques (c. 1).

L’ordre d’enseigner dans la langue que le peuple comprend : ce problème avait paru en son temps, après l’entrée des Arabes en Égypte et le commencement de l’arabisation de la langue (dans le c. 3).

La foi en une Église une, catholique et apostolique, en rappel des anciens canons ; mais la multiplicité des communautés en son siècle le porta à parler, en patriarche, de ce problème (c. 4).

L’extension du péché : à qui offense l’évêque — que porte déjà le recueil (XII, 7) — s’ajoute qui offense le patriarche (c. 4) ; nouveauté qui n’en est point une, le patriarche étant évêque au premier chef.

L’affirmation de l’égalité entre les prêtres qu’ont ordonnés des patriarches et ceux qu’ont ordonnés des évêques (c. 4).

Les chrétiens du temps de Gabriel ibn Turayk avaient accoutumé de boire du vin, au point que c’en était devenu un des maux du siècle ; ce qui l’appela à s’attaquer à ce mal dans ses canons nouveaux. Outre ce qu’il tira de son recueil (II, 339 et XXXIII, 6), il tint pour pécheur quiconque contraint autrui à l’ivresse, soit qu’il le convie en sa maison, soit qu’il partage son péché (c. 5).

Il demanda aux prêtres de ne point réclamer l’aumône du peuple comme un droit qui leur serait dû (c. 6).

Que nul ne soit écarté de l’entrée d’une église pour quelque cause mondaine que ce soit (c. 8).

L’exhortation faite aux prêtres d’enseigner à leurs enfants les sciences du sacerdoce (c. 10).

L’extension de l’interdit des mariages au jour de Pâques et à la nuit de la Pentecôte (c. 11) — interdit qui, dans le recueil, ne portait que sur le temps du jeûne des Quarante jours (XIX, 62).

Que nul n’apporte d’instrument de divertissement à l’église (c. 12).

Que la messe ne se prolonge point jusqu’à la fin du jour (c. 13).

Point de prières des défunts le dimanche (c. 14).

Que nul n’habite dans les églises (c. 15).

L’interdiction d’ensevelir les morts dans les églises (c. 19).

À rebours de ce que porte son recueil (XXVII, 9) — où il est défendu aux évêques d’assister à la conclusion des fiançailles, sur la foi des canons d’Épiphane (13, 17 et 45) —, nous le voyons ici ordonner que nulles fiançailles ni mariage ne se nouent qu’en présence de l’évêque, ou de qui lui agrée pour l’y représenter (c. 22). Il insiste, dans le même canon, sur les conditions du contrat de mariage, et sur la vérification que l’étranger est libre d’empêchements par le seul témoignage de son évêque ; il ordonne encore que le mariage ne se conclue que par écrit.

Il substitua à la réunion des évêques deux fois l’an, qu’ordonnaient les anciens canons (II, 250-251, d’après les Constitutions apostoliques 28), la présence une fois l’an à la cellule patriarcale (c. 27).

L’évêque n’établit point un moine avant de l’avoir éprouvé trois années durant (c. 28).

Quant à la collection des neuf canons, d’un caractère singulier — puisqu’elle s’adresse aux seuls prêtres d’Alexandrie, et que sa teneur est liturgique et réglementaire —, la nouveauté y fut sensiblement plus marquée que dans la collection des trente-deux :

Que chaque prêtre serve à son tour (c. 1).

Qui ne sait lire ne célèbre point (c. 2).

Le diacre qui n’a point encore célébré ne célèbre qu’après le témoignage des prêtres qu’il excelle à lire, l’autorisation de la cellule et la réception de l’ordre (c. 2).

Le diacre ne sort point avant le renvoi du peuple (c. 2).

L’ordre des messes entre l’archidiacre et les autres prêtres (c. 7).

L’association des prêtres de Jérusalem au service, avec les prêtres de l’église d’Abū Sarja (c. 9).

 

 

Conclusion de la première partie

Les chrétiens tinrent un rôle éminent dans la vie publique de l’époque fatimide : on le vit à leur part dans les emplois civils — la levée du tribut foncier et le service des offices de l’État, jusqu’au vizirat. Ce rôle se ressentit toujours de la personne du calife, selon qu’il était fort ou faible, et de son inclination envers les chrétiens, qu’il en fût satisfait ou courroucé ; il se ressentit pareillement de quiconque avait autorité sur eux.

Du goût des Fatimides pour les solennités et les fêtes, les chrétiens tinrent aussi une grande liberté de célébrer leurs propres fêtes, selon leurs coutumes et leurs traditions, avec éclat et apparat — au point que les musulmans prirent part, parfois, à ces célébrations, le calife en personne à leur tête ; et quelques-unes revêtirent un caractère officiel : on y voit le calife distribuer des présents aux officiers de l’État, d’une valeur consignée dans les registres des offices.

L’époque fatimide fut encore une ère de renaissance des lettres, où les chrétiens jouèrent un rôle considérable, nous léguant un vaste patrimoine ecclésiastique, entre le Xᵉ siècle et le XIVᵉ.

Mais toute chose a deux visages : si leur vie extérieure se para de l’aisance, des fêtes et de l’apparat — hors les heures d’épreuve et de persécution —, leur vie intérieure en fut atteinte : les mauvaises mœurs s’y glissèrent, l’ivrognerie et le reste.

Les chrétiens jouirent de la liberté d’élire leurs patriarches, à la condition que l’élu versât au calife une somme connue pour sa confirmation ; après quoi il lui appartenait d’exercer son autorité sur son troupeau. Autre chose était d’être saisi au cours de son patriarcat, en convoitise de l’argent qu’on lui supposait et pour une somme déterminée : ce qui porta quelques patriarches à demander de l’argent à l’occasion des ordinations sacerdotales, et surtout épiscopales — ce que la langue du temps nommait « la prise de la charṭūniyya ».

C’est dans ce climat que parut notre auteur, Gabriel ibn Turayk, pour réformer du dedans la vie de l’Église : lui qui grandit dans une famille pleine de piété, fut nourri parmi les gens de plume, s’éleva par degrés dans les emplois civils, puisa aux sciences religieuses, copia pour son usage nombre de livres arabes et coptes, et fut rempli de zèle spirituel pour l’Église — jusqu’à se consacrer lui-même au service de l’église d’Abū Marqūra, où il fut fait diacre.

Gabriel ibn Turayk jouit, avant son élévation au siège patriarcal, d’un grand crédit auprès du vizir Aḥmad ibn al-Afḍal, petit-fils de Badr al-Jamālī, sous le califat d’al-Ḥāfiẓ li-Dīn Allāh le fatimide : ce qui le seconda dans l’accomplissement de sa mission réformatrice.

Il combattit les mauvaises mœurs en donnant, par ses œuvres, l’exemple salutaire : sa vie fut un modèle que l’on imite, de zèle, de droiture et de piété ; et il les combattit encore par ses écrits.

Les ouvrages qu’il laissa portent l’estampille du droit canonique et de la liturgie. Le premier d’entre eux, sans conteste, et le plus considérable, est son recueil de canons, qu’il composa avant son patriarcat : il y rassembla, des canons anciens, ce qui répondait aux besoins de son siècle, puis le paracheva des canons qu’il promulgua après son élévation au siège de saint Marc.

Et son recueil devança son époque. Gabriel sentit le besoin qu’avait l’Église d’un livre unique qui rassemblât les canons, les accordât entre eux, les ordonnât et en rendît l’usage aisé. De là notre étude des circonstances où ce recueil fut écrit, du texte qui nous en est conservé, et de son rapport aux autres canons de Gabriel — dans l’espérance qu’en le remettant aux mains des chercheurs, l’étude s’achève un jour par l’analyse du recueil même et sa comparaison avec les autres œuvres canoniques.

Ici, nous laissons le bienveillant lecteur en la compagnie du texte même du recueil, que nous donnons aux pages suivantes, en la seconde partie de notre étude.[515]

 

 

 

NOTE POUR LA LECTURE DU TEXTE

 

Le texte est présenté selon l’édition savante du P. Antonios Aziz Mina, qui a divisé le recueil en phrases numérotées et suppléé des titres pour en faciliter la lecture. La traduction respecte cette numérotation et ces conventions, que voici :

[ … ] Mot ou titre ajouté par l’éditeur, absent de l’original, pour éclairer le sens.

texte en rouge Passage écrit à l’encre rouge dans le manuscrit (rubrique du copiste).

| f. 4 v° Changement de folio dans le manuscrit ; le feuillet est porté en marge (r° recto, v° verso).

¹ ² ³ Numéro de phrase-canon, selon le découpage de l’éditeur.

ms. Le manuscrit.

Did. La Didascalie (الدسقولية), source majeure du recueil.

« p. 458, l. 12 » Dans les renvois de l’apparat : la page précède la barre, la ligne la suit.

sic ms. Leçon donnée telle quelle par le manuscrit, sans explication assurée.

 

 

 

CHAPITRE PREMIER[516]

De l’ordonnance de l’église

[ de son luminaire et de ses voiles ]

[ Le manuscrit ayant perdu deux feuillets, le texte conservé commence à la fin de ce premier chapitre. ]

Du luminaire de l’église. Il en est traité dans la Didascalie, au trente-cinquième chapitre,[517] où elle décrit la construction de l’église et sa disposition, et elle dit : « Que le lieu resplendisse grandement, et qu’on y allume une abondance de lumières, à l’image des célestes, surtout à la lecture des chapitres des Saintes Écritures. » Et elle dit encore : « Qu’autour de l’autel soient des voiles purifiés, car il est saint. »

 

[ fin du premier chapitre — texte collationné sur le manuscrit ]

 

 

 

CHAPITRE SECOND[518]

Des évêques

[ du règlement de leurs affaires et de leur succession ]

[ Première partie : textes empruntés à la Didascalie ]

Au troisième chapitre de la Didascalie :

[ Les qualités de l’évêque ]

Il faut que le pasteur que vous établissez soit sans reproche et sans tare, et pur de toute injustice envers les hommes ;[519] que son âge ne soit pas au-dessous de cinquante ans, afin qu’il présente une assise éprouvée, ayant fui les emplois de la jeunesse et les vanités du dehors ; qu’il soit pur de l’impiété que l’on impute à beaucoup, du fait de ces mercenaires menteurs qui ne connaissent point la parole de l’Évangile ; qu’il soit, s’il se peut, rempli de toute doctrine, lettré et à la langue déliée.

[ Si l’on élit un évêque jeune d’âge ]

Qu’il ait atteint sa pleine stature. Que si le lieu où on l’établit est petit, et qu’il ne s’y trouve nul homme d’âge mûr à qui l’on rende le témoignage qu’il est sage pour siéger à l’épiscopat,10  mais qu’ils trouvent un homme au-dessous de l’âge, à qui ceux qui demeurent avec lui rendent le témoignage qu’il mérite l’épiscopat, et qu’il a montré, dans sa jeunesse, les œuvres des vieillards, avec affabilité et bon ordre — celui-là, il faut qu’ils l’éprouvent.11 Et s’il est tel qu’on l’a attesté, qu’on l’ordonne en paix ; car Salomon régna sur les fils d’Israël à l’âge de douze ans,12  Josias fut roi étant âgé de huit ans,13  et Joas régna étant âgé de sept ans.[520]

[ Que l’évêque soit affable, humble et paisible ]

14 Et que l’évêque soit affable, humble et paisible ; car le Seigneur dit par Isaïe :15  « Sur qui porterai-je le regard, sinon sur les humbles, les sereins, ceux qui tremblent à ma parole ? » — en tout temps et en toute saison.[521]16  Qu’il soit miséricordieux, pacifique et de bonne conduite, patient, assidu à tout office ;17  qu’il ne s’inquiète, ne s’enivre ni ne rudoie ;18  qu’il ne soit ni morose, ni ami du denier, ni nouveau venu à la foi, ni présomptueux.

[ Les conditions de famille de l’évêque ]

19 Il faut que l’évêque ait été l’époux d’une seule femme, et qu’il prenne bien soin de sa maison, étant établi dans la charge épiscopale ;20  qu’il soit orné de foi, paisible, ayant une femme croyante ;21  s’il a des enfants, que l’on considère s’il les a élevés dans la crainte de Dieu et instruits de sa crainte, et si les gens de sa maison lui sont soumis avec respect et pudeur.[522]22  Car si ses proches selon la chair lui résistent et ne se plaisent pas en lui, comment ceux du dehors de sa maison lui obéiraient-ils ?

[ Qu’il ne soit point colérique, mais content de peu ]

23 Qu’il ne soit point colérique ; qu’il soit ami des veuves et des étrangers, et bon administrateur.24  Que l’évêque reçoive sa nourriture et sa boisson selon ce qui lui suffit, afin de ne se point relâcher à instruire ceux qui ne le sont pas ;[523]25  qu’il ne soit pas grand dépensier, ni porté au sommeil ; que sa vie ne soit pas la recherche du plaisir, et qu’il ne mange rien par gourmandise.

[ L’évêque, docteur de l’Église ]

26 Que l’évêque soit sans malice, le cœur vif à l’enseignement en tout temps, enseignant à toute heure ;27  qu’il lise et étudie dans les livres du Seigneur et médite les péricopes, afin de lire les Écritures avec discernement, d’interpréter les Évangiles, de rendre la Loi et les Prophètes, et d’être habile à les interpréter conjointement aux Évangiles.[524]28  Le Seigneur a dit : « Scrutez les Écritures, car ce sont elles qui me rendent témoignage » ; et encore : « Moïse a écrit à mon sujet. »[525]29  Et qu’avant toute chose il distingue bien la Loi véritable de la seconde loi, et qu’il les explique :30  ce qu’est la Loi pour les croyants, et quels sont les liens de la seconde loi pour les non-croyants, afin que nul ne demeure sous ces liens.31  Applique-toi à la parole, ô évêque ; et si tu le peux, explique toute chose des paroles de l’Écriture ; rassasie ton âme et abreuve-la.[526]

[ Ce qui est interdit à l’évêque ]

32 Que l’évêque ne soit pas ami du gain honteux, surtout avec les adversaires ;33  qu’il ne convoite pas la plus grosse part ; qu’il ne s’irrite ni ne s’emporte ; qu’il n’aime pas les riches et ne haïsse pas les pauvres ;34  qu’il ne soit pas médisant, ni faux témoin, et ne se porte caution de personne ;35 qu’il ne soit pas ami de la présidence, ni homme à deux cœurs, ni homme à deux langues, ni délateur, ni médisant, ni hypocrite ;36  qu’il n’aille pas aux fêtes des nations, qu’il ne soit pas convoiteur,37  ni ami du denier ; car tout cela est le fait des ennemis de Dieu et des associés de Satan.

[ L’évêque, modèle du peuple ]

38 Qu’il recommande aux laïcs la constance, afin qu’ils se fassent ses imitateurs ;39  qu’il soit sage, très vigilant, d’un sens délié, pour connaître le mal et le fuir ;40  qu’il soit l’ami de chacun ; et de toutes les belles qualités, qu’il se fasse une acquisition.41  Car lorsque le pasteur s’éloigne de l’injustice, il y contraint ses disciples, les affermit par sa droiture, et ils se font les imitateurs de ses belles œuvres.42  Ainsi l’a dit Osée : « Tel le prêtre, tel le peuple. »[527]

[ L’évêque, sentinelle et gardien de son peuple ]

43 Que les évêques soient de bonnes sentinelles pour le peuple de Dieu.44  Et Ézéchiel dit : « Fils de l’homme, je t’ai établi sentinelle pour ce peuple : tu écouteras de ma bouche la parole et tu la garderas, et tu la leur annonceras de ma part ;45  quand je dis au pécheur : Tu mourras de mort, si tu n’avertis pas le pécheur pour qu’il se garde de son péché, ce pécheur mourra dans son péché, mais je redemanderai son sang de ta main ;46  mais si tu as averti le pécheur et lui as fait connaître qu’il se détourne de sa voie mauvaise, et qu’il ne s’en détourne pas, ce pécheur mourra dans son péché, et toi, tu auras sauvé ton âme ;47  de même, lorsque viennent l’épée et la guerre, et que le peuple a établi une sentinelle pour veiller,48  et que la sentinelle voit venir l’épée et ne sonne pas pour en avertir autrui, si une âme est emportée, cette âme est emportée dans son péché, mais je redemanderai son sang de la sentinelle, parce qu’elle n’a pas averti ni sonné du cor ;49  et si elle a sonné du cor, et que celui qui entend ne s’est pas gardé, et que l’épée vient et l’emporte,[528]50  son sang sera sur lui, parce qu’il a entendu le son du cor et ne s’est pas gardé. »[529]51  Si vous ne sonnez pas, ô évêques du peuple, et ne les guidez pas, le péché de ceux qui ne savent pas retombera sur vous.52  Celui qui est sans savoir, instruisez-le ; celui qui sait, affermissez-le ;53  les égarés, guidez-les, et parlez-leur plusieurs fois de ce qui les guérit.

[ L’évêque et les présents ]

54 Que l’évêque ne fasse point acception de personnes ;55  car s’il accepte un présent chargé d’un gain méprisable, s’il honore le fautif et le laisse siéger dans l’église, il est devenu sourd à la voix du Seigneur,[530]56  qui dit : « Applique-toi à rechercher la justice ; ne fais point acception de personnes dans le jugement ; ne justifie pas l’hypocrite ;57  et ne reçois pas de présent contre une âme ; car le présent aveugle les yeux des juges et corrompt les paroles des justes. »[531]58  Salomon a dit : « Chassez le partial du lieu du jugement. »[532]59  Et si l’évêque ne prête pas attention à ces paroles, s’il honore celui qui mérite le châtiment,60  comme Saül lorsqu’il épargna Agag, et comme Éli lorsqu’il honora ses fils,[533]61  il a souillé son rang, et l’Église de Dieu qui lui est confiée ;62  il est devenu inique devant le Seigneur, et une cause de scandale pour sa communauté ;63  malheur à lui ! la meule à son cou, et qu’il soit jeté dans les profondeurs.[534]

[ L’évêque pur fait honte au pécheur ]

64 Quand le pécheur voit que l’évêque et le diacre sont purs de tout défaut, et que le troupeau lui-même est pur,65  il n’ose entrer dans l’église de Dieu, car sa conscience le reprend ;66  et s’il fait peu de cas de la chose et entre, qu’il soit écarté aussitôt et éloigné promptement — ainsi revient-il à la pénitence.[535]

[ L’autorité de l’évêque au service des hommes ]

67 Ô évêque, hâte-toi d’affermir ton âme dans la pureté, en toutes tes actions ;68  connais ton rang et ta dignité : tu es comme Dieu parmi les hommes.[536]69  Lorsque tu es devenu chef sur tous les hommes — les rois, les princes, les prêtres, les pères, les fils et les maîtres, tous soumis à ton obéissance — juge, ô évêque, avec une autorité semblable à celle de Dieu ;70  mais celui qui se repent, accueille-le auprès de toi, car Dieu est le Dieu de la miséricorde ;71  reprends celui qui pèche, enseigne avec affabilité, et accueille les pénitents.72  Le Seigneur a dit par Ézéchiel : « Je suis vivant, moi Adonaï le Seigneur : je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se détourne de sa voie mauvaise et que son âme vive. »[537]

[ Le devoir d’accueillir le pénitent ]

73 Juge, ô évêque, comme si tu jugeais devant Dieu, car il est dit au cinquième livre : « le jugement appartient au Seigneur. »[538]74  juge celui qui est convaincu de péché ; mais s’il se repent, accueille-le avec joie ;75  car si tu n’accueilles pas le pénitent, tu l’as livré aux mains des démons.76  Jérémie dit :« Vois : celui qui est tombé ne se relève-t-il pas ? l’égaré ne revient-il pas à la bonne voie ? »[539]77  Accueille, ô évêque, celui qui se repent ; ne sois pas homme à deux cœurs ;78  et ne refuse pas de l’accueillir sur le dire de qui parle sans miséricorde ; car un tel homme ne doit pas avoir part à la délibération de l’Église.79  Il ne te sied pas, ô évêque, toi qui es la tête, de te tourner vers la queue — vers un laïc qui désire la perte d’autrui ; regarde plutôt vers Dieu seul.[540]

80 Il est dit au quatrième chapitre de la Didascalie :

[ L’évêque, pasteur de son peuple ]

81 Ton devoir, ô évêque, est de secourir celui que tu vois près de glisser, et de ne pas le laisser périr ;82  ne ferme pas les yeux sur les péchés du peuple, et ne chasse pas de toi celui qui se repent,83  de peur que le troupeau de ton Seigneur ne périsse par ta négligence, et que l’on ne blasphème le Nom nouveau dont son peuple est appelé ;[541]84  et qu’on ne te fasse reproche comme aux pasteurs négligents, à cause desquels Dieu parla au prophète Jérémie, disant :85  « Des pasteurs nombreux ont ravagé ma vigne et souillé ma demeure. »[542]

[ L’évêque, modèle de miséricorde ]

86 Quand tu vois quelqu’un qui a péché, ménage-le un peu, puis ordonne qu’on le fasse sortir ;[543]87  et lorsqu’il est sorti, laisse les diacres le suivre, le retenir hors de l’église et le ménager ; puis ils entrent te supplier en sa faveur ;88  car le Sauveur lui-même intercédait pour le pécheur, comme il est écrit dans l’Évangile :89  « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »[544]90  Alors tu ordonnes qu’il rentre, sans examiner s’il se repent ou s’il mérite que l’Église l’accueille.91  Et lorsque tu lui as imposé de jeûner pour son péché, à la mesure de ce qu’il mérite — deux semaines, ou trois, quatre, cinq ou sept — laisse-le ainsi, après lui avoir enseigné à se corriger, selon ce que réclame sa faute.[545]92  Puis honore-le, apprends-lui l’humilité, et demande à Dieu de lui rendre l’assurance devant sa face.[546]

[ Le devoir de l’évêque envers lui-même ]

93 Si l’évêque est lui-même pécheur, comment rechercherait-il la faute d’un autre, et comment reprendrait-il autrui ?

[ Le devoir de l’évêque envers son peuple ]

94 Ceux qui désirent être sauvés et qui sont sains, exempts de péché, garde-les ;95  ceux qui ont failli, instruis-les et corrige-les en leur imposant un jeûne, puis allège-le-leur afin qu’il leur soit pardonné ;96  celui qui pleure son péché, accueille-le : à la demande de toute l’Église, impose-lui la main et remets-le au troupeau ;97  ceux que l’insouciance submerge, instruis-les, redresse-les et éveille-les ; sache que tu as une grande récompense si tu le fais,98 comme c’est un lourd fardeau si tu t’en abstiens.

99 Ézéchiel le prophète dit : « Malheur aux pasteurs d’Israël qui se paissent eux-mêmes ! Les pasteurs ne doivent-ils pas paître les brebis ?[547]100 Vous avez bu le lait, vous vous êtes vêtus de la laine, vous avez égorgé les bêtes grasses, mais mes brebis, vous ne les avez pas paissues ;101  la faible, vous ne l’avez pas fortifiée ; la blessée, vous ne l’avez pas soignée ; la fracturée, vous ne l’avez pas bandée ; l’égarée, vous ne l’avez pas ramenée ; la perdue, vous ne l’avez pas cherchée. »

102 Et il dit encore : « Je jugerai entre la brebis et le pasteur, et entre le bélier et le bélier. »[548]

[ Le devoir de l’évêque envers le pécheur ]

103 Celui qui a dévié, ô évêque, ramène-le. Quiconque a péché et que tu as exclu pour sa faute, ne le laisse pas dehors, mais accueille-le et rends-le au troupeau, qui est le peuple de l’Église ;104  celui même dont tu n’espères pas l’amendement, tant ses péchés sont nombreux, ne le laisse pas périr tout à fait ;105  s’il est possible à l’évêque de prendre sur lui-même le péché du pécheur et de le faire sien,[549]106  qu’il dise au coupable : « Reviens ; moi, j’accepte la mort à ta place », à l’imitation de mon Seigneur le Christ, qui est mort pour moi et pour tous ;107  car « le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis ».[550]108  celui qui pèche et ignore ce que Dieu a promis au pénitent, et qui périt par le désespoir et le manque d’espérance, recherche-le, toi, comme un pasteur miséricordieux et exercé à paître ;

109 ramène les brebis, et enquiers-toi de l’impuissante ;110  comme l’a dit notre Seigneur : il laisse les quatre-vingt-dix-neuf sur la montagne et s’en va chercher celle qui s’est égarée.[551]

[ L’évêque, médecin spirituel de l’Église ]

111 Guéris ceux qui se sont égarés dans le péché, comme un médecin attentif et un compagnon compatissant ;112  tu es le médecin de l’Église : apporte pour chacun des malades le remède qui lui convient, afin de les guérir ;113  pais le troupeau sans impatience ni rudesse, non parce que tu as autorité sur eux, mais comme un bon pasteur.

[ Mise en garde contre la précipitation du jugement ]

114 Ne sois pas prompt à exclure quelqu’un de l’Église à la légère, mais assure-toi bien ; ne sois pas épris de réprimande sévère ;[552]115  n’accueille contre personne le témoignage d’un seul, mais de trois au moins,[553]116  et de gens dont la conduite est attestée bonne depuis toujours, et qui n’ont point d’inimitié avec l’accusé.

117 car il s’en trouve beaucoup qui aiment à médire et ne tiennent pas leur langue.118  Ne sois pas prompt à exclure, ni dépourvu de miséricorde ;l’Écriture dit : « leurs pieds sont prompts à verser le sang. »[554]

[ Mise en garde contre l’exclusion de l’innocent ]

119 Celui qui exclut de l’Église un innocent, et celui qui n’accueille pas le pénitent, a tué son frère et versé son sang,120  comme Caïn, qui répandit le sang de son frère Abel, dont le sang crie vers Dieu et le réclame.[555]121  Le juste, s’il est mis à mort injustement, demeure auprès de Dieu dans le repos éternel ; ainsi en est-il de celui que l’évêque exclut à tort.

122 Il est dit au cinquième chapitre de la Didascalie :

[ La faute de qui exclut l’innocent ]

123 Celui qui exclut l’innocent comme s’il était coupable est pire qu’un meurtrier : il n’a point regardé la miséricorde de Dieu ni rappelé sa clémence envers celui qui se repent.124  Tu dois, ô évêque, avoir sous les yeux ce qui fut jadis, t’en souvenir avec sagacité, et le rappeler à qui a besoin d’instruction, par une parole grave et une parole de consolation.

[ L’évêque et l’accueil du pénitent ]

125 Tu dois être juste quand tu juges, suivant la volonté de Dieu ;126  et comme Dieu juge celui qui pèche mais accueille les pénitents, ainsi soit ton jugement.127  Manassé le roi, vous en avez entendu parler, adora les idoles et fit périr quantité de gens sans motif ; le Seigneur le châtia un peu ;128  et lorsqu’il se repentit, il l’accueillit, lui pardonna ses péchés et le rétablit dans son royaume.129  Ainsi Dieu ne pardonne pas seulement aux hommes leurs péchés, mais il les rétablit dans leur rang premier ;[556]130  or il n’est point de péché plus grand que l’idolâtrie.[557]

[ Le sort du présomptueux ]

131 Mais si quelqu’un pèche comme qui résiste à Dieu et le met à l’épreuve, se disant en lui-même : « Il ne châtie pas les méchants », pour celui-là il n’est point de tel pardon ;132  et s’il se dit en sa pensée : « Le bien me viendra, alors même que je poursuis de cœur le mal » —133  ainsi fit Amon, fils de Manassé : il se dit que Manassé avait commis beaucoup de mal, de sa jeunesse à sa vieillesse, et qu’en sa vieillesse il s’était repenti ;134  « et moi, maintenant, je ferai ce que mon âme désire, et à la fin je reviendrai au Seigneur » ;135  il fit donc le mal devant le Seigneur ; et le Seigneur l’extermina promptement de la terre : ses serviteurs se dressèrent contre lui et le tuèrent, après qu’il n’eut régné que deux ans.[558]

[ Défauts qui ne conviennent pas à l’évêque ]

136 Que les évêques ne soient ni rudes, ni colériques, ni insensés, ni récalcitrants, ni partiaux, ni grands buveurs de vin, ni ivrognes, ni prodigues.

[ La frugalité de l’évêque ]

137 Que l’évêque prenne de la nourriture et du vêtement dans la mesure du suffisant, comme il convient au besoin et à la tempérance ;138  qu’il ne prenne pas des biens du Seigneur comme s’il y avait là un capital, mais avec mesure ; car « l’ouvrier mérite son salaire ».[559]139  qu’il ne soit point récriminateur, qu’il ne pare pas son vêtement, mais prenne ce qui suffit à couvrir son corps.

[ Ce qu’on fait des offrandes du peuple ]

140 Les dîmes et les prémices qu’on apporte à l’Église, on les distribue aux hommes de Dieu ;141  quant à ce qu’on apporte pour les pauvres, qu’ils en soient de bons intendants,142  et qu’ils le donnent aux orphelins, aux veuves, aux affligés, aux nécessiteux et aux étrangers,[560]143  comme des gens dont Dieu leur demandera compte, car c’est lui qui a remis cette intendance entre leurs mains.144  Et de même que vous portez la charge de veiller sur chacun, ainsi recevez-vous de chacun votre nourriture, votre vêtement et votre nécessaire ;145  « tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain ».[561]

[ La dignité de l’évêque ]

146 Dieu a dit : « Je t’ai fait dieu pour Pharaon, et Aaron ton frère sera ton prophète » ;[562]147  le diacre vous tient donc lieu d’Aaron, et l’évêque tient la place de Moïse ;148  honorez donc l’évêque comme un dieu, et le diacre comme son prophète.[563]

149 Il est dit au huitième chapitre de la Didascalie :

[ La sagesse de l’évêque ]

150 Soyez avisés comme les orfèvres d’argent : ils rejettent les lingots impurs et mettent en réserve les lingots purs ;151  ainsi doit faire l’évêque : approcher de lui les gens de bien, et s’efforcer de purifier ceux en qui est fraude et souillure ;152  et si le mal est incurable, qu’il les éloigne de lui, mais non d’un éloignement total ;153  qu’il ne se fie à personne pour le règlement de leur cas, mais s’en occupe lui-même, et ne croie personne sur un témoignage porté contre eux.

[ La miséricorde de l’évêque ]

154 Celui qui est tombé dans une faute ou deux, ne l’empêche pas d’entendre la parole du Seigneur, ni ne l’écarte du partage de ta table ;155  car le Seigneur n’a pas dédaigné de manger avec les publicains.[564]156  Si quelqu’un revient et montre le fruit de la pénitence, accueille-le ;157  et de même que tu baptises le païen et l’accueilles après l’instruction, ainsi impose-lui la main, afin que sa pénitence soit manifeste à tous ; et après avoir prié sur lui, rends-le à sa place première ;158  et que l’imposition de la main lui tienne lieu de baptême, car par l’imposition de nos mains sur ceux qui croient, ils reçoivent la grâce de l’Esprit Saint.[565]159  Si vous avez jugé quelqu’un injustement, sachez que le châtiment sort de vos bouches sur vos propres âmes,160  selon la parole du Seigneur : « du jugement dont vous jugez, vous serez jugés ; et comme vous condamnez, vous serez condamnés. »[566]161 Quand vous siégez pour juger et que les deux adversaires plaident devant vous, ne les appelez pas frères jusqu’à ce qu’ils se réconcilient, mais examinez leur différend en vérité.

162 Il est dit au vingt-troisième chapitre de la Didascalie :

[ Le jeûne de l’évêque après son ordination ]

163 Lorsqu’un évêque est établi, qu’il demeure trois semaines à jeûner, ne goûtant à rien jusqu’au samedi de chaque semaine — hormis les jours de la Pentecôte ;164  puis qu’il accomplisse le reste de l’année en jeûnant par périodes de trois jours, à l’image des Trois personnes divines ;[567]165  c’est par là que le Fils unique est entré dans sa gloire : sa passion et sa mort pour nous, sa résurrection d’entre les morts et son ascension aux cieux ;166  et que la nourriture de l’évêque, en son année de jeûne, soit pain, sel, huile, miel et légumes de la terre, et qu’il ne goûte pas de vin ;167  quant au reste des jours, qu’il jeûne selon sa force et prenne le nécessaire avec mesure ;168  qu’il ne mange pas de viande — non que d’en manger le souille, mais de peur que son cœur ne s’endurcisse, que son esprit ne s’obscurcisse et qu’il ne puisse veiller à l’aise ;[568]169  car qui veut mener cela à bien doit choisir la faiblesse du corps, et il ne lui convient pas de prendre ce qui le fortifie.

[ Si l’évêque tombe malade pendant le jeûne ]

170 Et si l’évêque, cette année-là, tombe gravement malade, au point de ne pouvoir accomplir ce que nous avons dit,171  qu’il use de poisson et de vin, autant qu’il le peut, pour un peu de temps, afin de ne pas rester alité et que l’Église ne soit pas privée de son gouvernement et de son enseignement ;172  et qu’il s’applique à recevoir chaque jour les saints mystères ;173  et tout ce qu’il enseigne, il doit le pratiquer, se souvenant qu’il l’a enseigné.

174 Il est dit au trente-quatrième chapitre de la Didascalie :

[ Par combien d’évêques se fait l’ordination d’un évêque ]

175 Que l’évêque soit établi par trois évêques ; et s’il y a nécessité, par deux ;176  il ne se peut qu’il soit ordonné par un seul, car le témoignage de deux ou de trois est plus ferme et plus manifeste.[569]177  Quant au prêtre et au diacre, ils n’ont pas le pouvoir de faire d’un laïc un prêtre ;178  mais le prêtre a un seul pouvoir : enseigner, baptiser, consacrer l’oblation et bénir le peuple.[570]

179 Il est dit au trente-sixième chapitre de la Didascalie :

[ Le rite de l’établissement de l’évêque ]

180 Que l’évêque soit ordonné comme il a été dit, et que son établissement se fasse un dimanche ;181  que tous s’accordent sur son établissement, et que tout le peuple lui rende témoignage ;182  les évêques élèvent les mains, puis l’ordonnent ;183  et que le plus ancien d’entre eux impose la main sur lui et dise la prière de l’ordination ;184  il est prescrit dans la Didascalie : après cela, que les évêques lui donnent le baiser, et que tout le clergé et le peuple disent : « Il en est digne ! il en est digne ! il en est digne ! » ; tous lui donnent le baiser et prient pour sa paix ;[571]185  puis on lit les péricopes qui conviennent, et l’on achève la sainte liturgie selon son ordre ;186  lui-même communie aux saints mystères, puis il en donne à tous selon le rite, et les congédie en paix ;187  et l’on célèbre pour lui, trois jours durant, une fête spirituelle, à l’image de Celui qui ressuscita le troisième jour.

188 Il est dit au trente-huitième chapitre de la Didascalie :

[ L’obligation d’offrir le sacrifice, et le jeûne ]

189 On y rappelle ce qui incombe à l’évêque touchant le jeûne, comme il a été dit ;190  puis il est dit : qu’il offre la sainte oblation les jours du samedi et du dimanche ;191  on commence l’office par la lecture dès le matin, de même aux jours de fête qui tombent au milieu de la semaine ;192  et si une fête tombe l’un des deux jours de jeûne, le mercredi ou le vendredi,193  qu’on prie et qu’on communie aux saints mystères, mais qu’on ne rompe pas le jeûne avant la neuvième heure.[572]

[ Deuxième partie : les Canons des Apôtres ]

[ Sur l’ordination de l’évêque là où les fidèles sont peu nombreux ]

194 Les saints Apôtres ont dit :[573]

195 S’il est un lieu où les fidèles sont peu nombreux, où l’assemblée n’est pas grande, que ceux qui recommandent l’évêque soient jusqu’au nombre de douze hommes ;196  qu’ils écrivent aux Églises voisines, afin que viennent trois fidèles éprouvés et choisis,197  et qu’ils examinent avec fermeté qui mérite l’ordination : s’il est l’époux d’une seule femme, de bonne conduite, sans péché, sans colère, ami des pauvres ; s’il n’est ni ivrogne, ni fornicateur, ni avide de la plus grande part, ni calomniateur, ni hypocrite, ni rien de semblable.198  Il est bon qu’il n’ait pas de femme ; mais s’il s’est marié à une seule femme avant d’être évêque, qu’il demeure avec elle.[574]

[ Sur l’ordination de l’évêque ]

199 Qu’il ait part à toute bonne science, qu’il soit capable de lire les Écritures, qu’il soit doux et prodigue d’amour envers tous.

200 Les Apôtres ont dit, au vingt-et-unième chapitre :

201 L’évêque est ordonné, comme nous l’avons dit d’abord, choisi de la communauté, sans reproche, lorsqu’on l’a agréé ;202  le peuple, les prêtres et les diacres se réunissent le dimanche ;203  tous les évêques s’avancent les uns vers les autres avec joie et imposent leurs mains sur lui, tandis que les prêtres se tiennent debout en silence, afin que l’Esprit Saint descende sur lui ;204  et que le premier des évêques impose sa main sur lui ;205  et lorsqu’il est devenu évêque, on lui donne le baiser.

[ La dignité et la science de l’évêque ]

206 Les Apôtres ont dit, au trente-septième chapitre :

207 Quand l’évêque parle, que chacun fasse silence et se taise, jusqu’à ce qu’il les interroge.

208 Ils ont dit, au cinquante-et-unième chapitre :

209 Un évêque qui se contente d’un savoir médiocre, ou qui est ignorant, ou rancunier, n’est pas un évêque ;210  il n’en a que le nom mensonger : il ne tient pas son office de Dieu, mais des hommes.

[ Le temps de l’ordination et son rite ]

211 Les Apôtres ont dit, au cinquante-deuxième chapitre :

212 L’évêque doit être ordonné comme nous l’avons dit d’abord, sur l’ordre de tout le peuple, par un choix bon et saint en tout ;213  et lorsqu’on l’établit, que tout le peuple, les prêtres et les évêques se réunissent le dimanche ;214  et que le plus ancien d’entre eux demande aux prêtres et aux diacres : « Est-ce là celui que vous avez agréé pour être votre chef ? »215  Et lorsqu’ils disent : « Oui », qu’il leur demande encore : « Celui-ci est-il digne du rang sublime ? A-t-il bien accompli toute chose,216  a-t-il la droiture en Dieu, gardé la vérité envers les hommes, bien gouverné sa maison,217  tenu une conduite droite, et rien ne s’est-il trouvé contre lui ? » Et lorsqu’ils disent tous : « Il en est ainsi, en vérité, et sans dissimulation »,218  qu’il demande une troisième fois : « Est-il digne de cette présidence ? » — afin que, par la bouche de deux ou trois témoins, toute parole soit établie ;219  et lorsqu’ils disent : « Il en est digne », que tous donnent leur assentiment de la main ;220  et quand ils l’ont fait, qu’ils gardent le silence.221  Que le premier des évêques prenne deux évêques, tandis que les autres se tiennent debout, que les prêtres prient en silence et que les diacres tiennent les saints Évangiles ouverts sur la tête de celui qu’on ordonne, et que tous prient Dieu ;[575]222  l’évêque prie sur lui ; l’un des évêques porte l’encens sur les mains de l’ordinand ; et les évêques le font asseoir sur un siège qui lui convient ;223  et lorsqu’ils lui ont tous donné le baiser du Seigneur, qu’on lise dans les saintes Écritures ;224  et quand la lecture est achevée, que l’évêque nouvellement établi salue et bénisse toute l’Église ;225  tout cela au moment de l’aspasmos ; puis il commence la liturgie.[576]

[ Par combien d’évêques l’évêque est élu et ordonné ]

226 Ils ont dit, au cinquante-sixième chapitre :

227 L’évêque doit être ordonné par trois évêques, ou par deux ;228  et si un seul évêque impose la main sur lui, qu’il soit déposé ;229  mais s’il y a contrainte, et qu’il soit ordonné par un seul, une assemblée n’ayant pu se réunir à cause d’une épreuve, d’une persécution répandue ou d’une autre raison,230  qu’il soit recommandé par de nombreux évêques qui ratifient cela pour lui, et que ce soit par leur ordre.[577]

231 Clément a dit, au premier chapitre :[578]

232 L’évêque est ordonné par deux ou trois évêques ;233  quant au prêtre, au diacre et au reste du clergé, qu’ils soient ordonnés par un seul évêque.

[ Qu’un évêque ne passe pas à un autre siège ]

234 Il a dit, au onzième chapitre :

235 Il n’est pas permis à l’évêque de quitter son siège pour en occuper un autre,236  même contraint par une communauté, à moins qu’il n’y ait un profit spirituel et qu’on l’y oblige :237  s’il peut soulager ceux de là-bas par la parole de justice ; encore ne le fait-il pas de lui-même, mais par la décision d’une assemblée d’évêques.[579]

[ Sur les eunuques ]

238 Il a dit, au quinzième chapitre :

239 L’eunuque, s’il a été rendu tel par la violence des hommes, contre son gré, et qu’il soit digne de l’épiscopat, qu’on l’établisse ;240  mais s’il s’est mutilé lui-même, qu’on ne l’établisse pas, car il s’est fait meurtrier de lui-même.[580]

[ Sur celui qui recourt aux puissants de ce monde ]

241 Il a dit, au vingt-et-unième chapitre :

242 Si un évêque recourt à l’un des chefs de ce monde et s’empare de l’Église par leur moyen, qu’il soit déposé et chassé, lui et tous ceux qui le soutiennent.[581]

[ Les relations de l’évêque avec le métropolite ]

243 Il a dit, au vingt-cinquième chapitre :

244 Les évêques de chaque province doivent reconnaître le premier d’entre eux et le tenir pour leur chef ;245  qu’ils ne fassent rien de grand sans son avis, et que lui-même ne fasse rien sans le leur, afin qu’il y ait un seul accord.[582]

[ L’évêque n’ordonne pas hors de son siège ]

246 Il a dit, au vingt-sixième chapitre :

247 L’évêque n’ordonne pas hors de son ressort, sans l’avis de celui à qui appartient le siège ;248  et s’il le fait, qu’il soit déposé, lui et ceux qu’il a ordonnés.[583]

[ Sur la réunion des évêques ]

249 Il a dit, au vingt-huitième chapitre :

250 Que les évêques se réunissent deux fois l’an, pour délibérer des voies du service de Dieu et résoudre les doutes qui surgissent dans l’Église ;251  le premier synode, la quatrième semaine de la Pentecôte, et l’autre, le douze du mois de Bâba.[584]

[ L’évêque et les biens de l’Église ]

252 Clément a dit, au vingt-septième chapitre :

253 Que l’évêque prenne soin des biens de l’Église et les administre, comme si Dieu le surveillait ;254  il ne lui est pas permis d’en tirer un gain pour lui seul,255  ni de donner ce qui est à Dieu à ses proches, fussent-ils pauvres,256  ni de commercer avec les biens de l’Église, sous prétexte de ceux-là.

[ L’évêque et ses biens personnels ]

257 Il a dit, au trente-et-unième chapitre :

258 Les biens propres de l’évêque ne sont pas ceux du Seigneur ; en sorte que, s’il meurt, il en est le maître et les lègue à qui il veut,259  de peur que les biens de l’évêque ne se dissipent sous le couvert de l’Église ;260  car il peut avoir femme, ou enfants, ou serviteurs ;261  et il n’est juste, ni devant Dieu ni devant les hommes, que l’Église perde ses biens, ni qu’on ravisse ce qui est à l’évêque, ni que ses proches tombent dans la peine et murmurent à sa mort.[585]

[ L’évêque, administrateur des biens de l’Église ]

262 Il a dit, au trente-deuxième chapitre :

263 L’évêque a la disposition des objets de l’Église ;264  puisqu’on lui a confié les âmes des hommes, à plus forte raison les biens, pour qu’il les administre et en nourrisse les pauvres par les mains des prêtres et des diacres, dans la crainte de Dieu ;265  et qu’il prenne aussi son nécessaire, s’il est dans le besoin, pour lui et pour les étrangers qui le visitent, afin qu’ils ne manquent de rien.

[ Qui est empêché de l’épiscopat ]

266 Il a dit, au cinquante-deuxième chapitre :

267 Celui qui a une déficience à l’œil, ou qui est boiteux, s’il est digne de l’épiscopat, qu’on l’établisse ;268  mais le sourd ou l’aveugle ne devient pas évêque — non qu’il soit impur, mais de peur que l’Église n’en soit gênée.[586]

[ Ce qui est défendu à l’évêque ]

269 Il a dit, au cinquante-troisième chapitre :

270 Il n’est pas permis à l’évêque de lever un impôt, mais qu’il se consacre aux œuvres de l’Église ;271  et s’il ne le fait pas, qu’il quitte l’épiscopat, car nul ne peut servir deux maîtres.[587]

[ Troisième partie : les Canons d’Hippolyte ]

[ L’évêque jeûne avec le clergé ]

272 Hippolyte a dit, au trente-deuxième chapitre :

273 L’évêque ne s’astreint pas à un jeûne, sinon lorsque le clergé jeûne avec lui.[588]

[ La communion aux mystères avec l’évêque ]

274 Il a dit, au trente-septième chapitre :

275 Chaque fois que l’évêque communie aux saints mystères, que les prêtres et les diacres se réunissent, vêtus de blanc,276  plus resplendissants que tout le peuple, et brillant plus encore par leurs bonnes œuvres que par leurs habits ;277  et que les lecteurs aussi soient éclatants comme eux, et se tiennent au lieu de la lecture.

[ Quatrième partie : les conciles ]

[ I — Du concile de Nicée ]

[ L’évêque est établi en présence des évêques de la région ]

278 Les trois cent dix-huit qui se réunirent à Nicée et arrêtèrent la sainte foi ont dit, au troisième chapitre :[589]

279 Un évêque n’est établi que si tous les évêques de la région sont présents ;280  et si cela est difficile, que trois évêques au moins soient présents pour l’ordonner, avec l’assentiment de tous et l’approbation du métropolite.

[ La dignité des évêques d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem ]

281 Ils ont dit, au sixième chapitre :

282 Que l’on garde les anciennes coutumes, en sorte que l’évêque d’Alexandrie ait la présidence sur tous les évêques d’Égypte,283  car telle est aussi la coutume de l’évêque de Rome, de l’évêque d’Antioche et de toutes les autres provinces.[590]284  Et si quelqu’un devient évêque sans l’avis du chef de l’Église provinciale, il n’est pas évêque.285  Et si quelqu’un est recommandé selon les canons de l’Église, et que deux ou trois s’y opposent par animosité, qu’on s’en tienne au plus grand nombre.

286 Ils ont dit, au septième chapitre :

287 Que l’évêque de Jérusalem soit honoré : qu’il soit éminent et revêtu d’une dignité, à l’image de celle du métropolite.[591]

[ II — Du concile d’Ancyre ]

[ Sur un évêque que son peuple n’a pas accepté ]

288 Ancyre a dit, au dix-huitième chapitre :

289 Si un évêque est ordonné pour un siège, que les gens du lieu ne l’acceptent pas, et qu’ils veuillent qu’il demeure prêtre au lieu où il fut ordonné, qu’il ne soit pas privé de sa dignité ;290  mais s’il veut aller vers d’autres sièges et y semer le trouble, qu’on lui ôte même la prêtrise.

[ III — Du concile d’Antioche ]

[ Les relations de l’évêque avec le métropolite ]

291 Le huitième chapitre du concile d’Antioche :

292 Les évêques de chaque région doivent reconnaître l’évêque qui est le métropolite, comme celui à qui incombe le soin des provinces ;293  et pour cela il doit être premier en dignité,294  et qu’aucun des évêques ne fasse rien sans lui, selon le premier canon.[592]

[ L’évêque administre son siège ]

295 Que chacun des évêques ait seul l’administration de son siège, comme un service de Dieu ;296  qu’il ordonne le prêtre, le diacre et chacun avec discernement ;297  mais au-delà, qu’il ne fasse rien sans l’avis du métropolite,298  et celui-ci ne fait rien non plus sans l’avis des évêques.

[ Sur celui qui usurpe un autre siège ]

299 Il a dit, au quinzième chapitre du même concile :

300 Un évêque sans siège, s’il empiète sur une Église vacante et en usurpe le siège sans un synode complet, qu’il soit chassé.

[ Sur celui qui refuse d’aller à son siège ]

301 Il a dit, au seizième chapitre :

302 Tout évêque qui a reçu le degré épiscopal et ne l’accepte pas, et ne se rend pas au lieu où il fut ordonné comme chef,303  qu’il soit exclu de la communion jusqu’à ce qu’il cède et vienne au lieu où il fut établi,304  ou qu’il en soit dispensé par la décision de l’assemblée de tous les évêques de ce lieu.

[ Qu’un évêque n’aille pas dans une ville étrangère ]

305 Il a dit, au vingt-et-unième chapitre :

306 Qu’un évêque n’aille pas dans une ville étrangère, qui n’est ni la sienne ni de son ressort, pour y ordonner quelqu’un, prêtre ou diacre,307  ni dans la ville d’un autre évêque, sinon avec l’avis de l’évêque de la province ;308  et si quelqu’un ose le faire, l’ordination est nulle, et il est puni par le synode.

[ Qu’un évêque n’établisse pas son successeur ]

309 Il a dit, au vingt-deuxième chapitre :

310 Qu’un évêque n’établisse pas un successeur après lui, fût-ce à l’heure de sa mort ;311  que cela ne se fasse que par la décision du synode et le jugement des évêques ;312  ils établissent celui qui en est digne, après le repos de celui qui s’endort.[593]

[ La distinction des biens de l’Église et de l’évêque ]

313 Ils ont dit, au vingt-troisième chapitre :

314 Que les biens de l’Église soient tenus à part, de peur qu’il ne s’en perde rien ;315  et qu’on ne cause pas de gêne aux proches de l’évêque, sous prétexte des biens de l’Église ;316  car il est juste, devant Dieu et devant les hommes, que l’évêque laisse ses biens propres à qui il veut ;317  ce qui est à l’Église lui est gardé, en sorte qu’elle ne perde rien,318  et qu’on ne ravisse pas les biens de l’évêque sous couvert de l’Église, laissant ses proches dans la peine, à murmurer après sa mort.

[ Cinquième partie : les Pères et les lettres de saint Paul ]

[ I — Des canons de saint Basile ]

[ L’évêque qui vit dans le luxe ]

319 Basile a dit, au trente-septième chapitre :

320 Un évêque qui porte la pourpre ou la soie, tandis que les pauvres de sa ville ont faim ou sont nus, n’est pas un évêque ;321  un évêque qui pare sa table de mets variés et oublie l’hospitalité des pauvres est un nouveau riche sans cœur.[594]

[ Par combien l’évêque est recommandé ]

322 Il a dit, au quarante-septième chapitre :

323 Nul ne devient évêque s’il n’est recommandé par douze hommes ; le prêtre, par cinq ; le diacre, par trois.

[ Nul n’est écarté de l’ordination pour un défaut du corps ]

324 Il a dit, au quarante-neuvième chapitre :

325 Nul homme n’est écarté de l’ordination pour un défaut de son corps,326  s’il n’a qu’un œil, ou est boiteux, ou claudique, ou gaucher, ou a l’oreille ou le nez coupés, ou quelque autre défaut ;327  et que ceux qui ne l’acceptent pas soient exclus jusqu’à ce qu’ils l’acceptent.

[ II — Des lettres de saint Paul ]

[ Les qualités de l’évêque dans les lettres de saint Paul ]

328 Paul, la bouche embaumée, a dit dans sa lettre à Timothée : « N’impose les mains à personne avec précipitation, et ne participe pas aux péchés d’autrui ; garde-toi pur. »[595]

330 Et il a dit dans la première lettre à Timothée :

331 « Si quelqu’un aspire à l’épiscopat, il désire une belle œuvre ;332  il faut donc que l’évêque soit irréprochable, l’époux d’une seule femme, vigilant, sage, chaste, hospitalier, instruit,333  point adonné au vin, ni colérique, ni querelleur, ni ami de l’argent ;334  qu’il gouverne bien sa maison, avec sagesse et pureté ;335  car si quelqu’un ne sait pas gouverner sa propre maison, comment gouvernera-t-il le peuple de Dieu ?336  qu’il ne soit pas un néophyte, de peur que son cœur ne s’enfle et qu’il ne tombe sous le jugement du diable ;337  et il faut qu’il ait bon témoignage même de ceux du dehors, de peur qu’il ne tombe dans le feu et dans les filets du diable. »

[ Le conseil de saint Paul à son disciple ]

338 Et il a dit dans la même lettre :

339 « Ne bois plus seulement de l’eau, mais prends un peu de vin, à cause de ton estomac et de tes fréquents malaises. »[596]

[ Autres qualités de l’évêque ]

340 Et Paul a dit dans sa lettre à Tite :

341 « L’évêque doit être irréprochable comme l’intendant de Dieu, non attaché à sa propre volonté, ni colérique, ni buveur, ni prompt à frapper, ni avide de gains honteux ;342  mais hospitalier, ami du bien, sage, juste, tempérant, maître de lui-même,343  attaché à la parole de la foi et de la sagesse, afin de pouvoir, par son sain enseignement, exhorter et confondre les contradicteurs. »

[ III — Des canons d’Épiphane ]

344 Épiphane, patriarche de Constantinople, a dit, dans les canons qu’il fit pour le roi fidèle Étienne :[597]

345 On ne fait pas évêque celui qui a une femme vivante.[598]

346 Il a dit encore :

347 Il n’est pas permis à un évêque de s’absenter de son siège plus d’un an, sauf nécessité ;348  à moins qu’on ne lui écrive de revenir ; s’il revient, bien ; sinon, qu’il soit déposé de l’épiscopat, et qu’un autre soit établi à sa place.

[ Du sens du « vicaire de l’évêque » ]

350 L’évêque de Césarée a dit, au quatrième chapitre de son livre :[599]

351 Ceux qu’on nomme les vicaires des évêques, dans les villages, les bourgs ou tout autre lieu,352  s’ils ont reçu l’imposition des mains de la part des évêques, qu’ils connaissent leurs limites :353  ils administrent les églises et établissent lecteurs, sous-diacres et exorcistes, jusqu’à cette limite, sans aller au-delà ;[600]354  et qu’ils n’osent ordonner ni prêtre ni diacre, mais que l’évêque de la ville les ordonne ;355  et si l’un ose enfreindre ce qui est réglé, qu’il soit déchu de la dignité qu’il possède,356  et qu’il demeure soumis à l’évêque de la ville.

 

Fin du deuxième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TROISIÈME[601]

Des bons pasteurs et des mauvais pasteurs

La Didascalie a dit, en son quatrième chapitre :

Le bon pasteur, le laïc l’accueille, l’aime et le révère comme un père, un maître, un roi, un prêtre de Dieu et un docteur de la droiture ; et qui reçoit de lui reçoit du Christ, et qui ne reçoit pas de lui ne reçoit pas du Christ.[602]

Et la Didascalie a dit encore :

L’évêque est celui qui sert le Dieu Verbe ; c’est lui le gardien de la droiture et le médiateur de Dieu auprès de vous par son ministère ; il est votre père après Dieu, vous ayant enfantés de nouveau par l’eau et par l’Esprit, dans la filiation ;[603] il est votre chef et votre premier, celui qui vous honore et vous glorifie ; il est, sur la terre, votre roi, après le vrai Dieu.[604]10  David dit : « J’ai dit : Vous êtes des dieux, et vous êtes tous appelés fils du Très-Haut. »[605]

[ Les mauvais pasteurs ]

12 Qui suit le mauvais pasteur, sa mort est manifeste devant lui ;13  et pour cela il faut fuir les mauvais pasteurs.

14 Jean Chrysostome a dit :[606]

15 Ne crains pas, ne rougis pas de reprendre les évêques pour le mal qu’ils font, et que la grandeur du rang ne t’effraie pas ;16  ne te laisse pas abuser par son vêtement de peau de brebis : écarte la peau et regarde le dedans.[607]

17 Des canons des rois :[608]

18 Ô hommes, gardez les préceptes des prêtres, car ils ne vous prescrivent que d’après la parole de Dieu, comme Dieu le leur a commandé, écoutant sa loi ;19  et ne scrutez pas leurs œuvres ni leurs secrets ;20  car leurs œuvres et leurs secrets sont sur eux et pour eux ; mais leurs préceptes sont pour vous : écoutez-les et recevez-les avec foi.[609]21  et qu’on prenne garde, dans les prières, qu’il ne se glisse parmi les fidèles un blasphème contre l’Esprit Saint —22  car c’est là un des traits du démon, qu’il lance parmi les chrétiens pour les priver de la récompense de leurs prières, de la louange qu’ils chantent et de leur présence à toute la liturgie.[610]

23 Clément dit :

24 Il n’est pas permis à un évêque de conférer le rang du sacerdoce à l’un de ses frères, ou à son père, ou à un proche ;25  il n’ordonne pas qui il veut, car il ne lui appartient pas de transmettre l’épiscopat en héritage ;26  et celui qui fait une telle ordination, l’ordination est nulle, et il en est puni pour sa faute.[611]

 

Fin du troisième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUATRIÈME[612]

Des prêtres

Il est traité, au sixième chapitre de la Didascalie :

Les prêtres sont chez vous des maîtres pour la connaissance de Dieu ; il faut recevoir d’eux la parole de la foi droite et le sain enseignement, qu’ils vous annoncent de notre part.

Le trente-quatrième chapitre de la Didascalie :

Les prêtres, un seul évêque les ordonne, ainsi que les diacres et le reste du clergé ; et le prêtre n’a pas le pouvoir de faire quelqu’un prêtre, mais il peut baptiser et bénir le peuple.

Les saints Apôtres ont dit, au treizième chapitre :

Il faut que les prêtres soient revêtus de la gravité des anciens,10  et qu’ils aient passé l’âge des relations conjugales ;[613]11  qu’ils communient aux mystères avec l’évêque et l’assistent en tout ;12  et qu’ils s’assemblent, aimant leur pasteur.

13 Ils ont dit, au vingt-deuxième chapitre :

14 Lorsque l’évêque veut ordonner un prêtre, qu’il pose la main sur sa tête, tous les prêtres le touchant aussi de la main, et qu’il prie sur lui selon le modèle que nous avons dit.[614]

15 Ils ont dit, au cinquante-troisième chapitre :

16 Ô évêque, ordonne le prêtre : pose ta main sur sa tête, tous les prêtres se tenant debout, et les diacres ; prie, et ordonne-le.

17 Césarée, au onzième chapitre :

18 On n’ordonne pas prêtre celui qui a moins de trente ans ;19  et même s’il en est très digne, qu’on attende, car notre Seigneur fut baptisé à trente ans.[615]

20 Gangres, au quatrième chapitre :

21 Celui qui méprise un prêtre marié, et dit qu’on ne doit pas s’approcher de l’oblation qu’il célèbre, qu’il soit anathème.[616]

22 Basile a dit, au quarante-septième chapitre :

23 Nul ne devient prêtre s’il n’est recommandé par cinq hommes.

24 Il a dit, au quatre-vingt-neuvième chapitre :

25 Et le prêtre ne le devient qu’après avoir bien connu la parole des Écritures, et surtout les Évangiles.[617]

26 Paul a dit dans sa lettre à Timothée :

27 « Les prêtres qui gouvernent bien, il faut leur rendre double honneur, surtout ceux qui peinent à la parole et à l’enseignement. »28  L’Écriture dit : « Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain », et : « l’ouvrier mérite son salaire ».[618]

29 Il a dit dans sa lettre à Tite :

30 « Tu établiras des prêtres en chaque ville, comme je te l’ai prescrit :31  que ce soit un homme sans reproche, l’époux d’une seule femme, ayant des enfants croyants, qui ne soient ni dissipés, ni accusés d’inconduite, ni insoumis. »[619]

 

Fin du quatrième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUIÈME[620]

Des diacres et de la diversité de leurs ordres

[ des diaconesses, des veuves et de ceux qui sont avec eux ]

Il est dit dans la Didascalie, en son sixième chapitre :

Le diacre se tient et sert en toute chose avec pureté, sans nulle mauvaise grâce, comme s’il servait le Christ ; et il ne fait rien de son propre chef, sinon par le conseil de son père, l’évêque, en ce que celui-ci lui ordonne.

Et Dieu dit à Moïse : « Voici, je t’ai établi dieu pour Pharaon, et Aaron ton frère sera ton prophète » ;[621]

ainsi le diacre vous est établi à la place d’Aaron, et l’évêque est comme Moïse ; honorez donc l’évêque comme un dieu, et le diacre comme un prophète à son service.

Il est dit au septième chapitre de la Didascalie :

10 Tout ce que fait le diacre, il doit le découvrir à l’évêque ;11  il ne fait absolument rien sans sa volonté, et ne donne rien à personne à son insu ;12  car s’il remet quelque chose à quelqu’un, sous prétexte que celui-ci est dans la gêne, et le cache à l’évêque, il attire sur l’évêque l’opprobre et le blâme, et lui impute négligence et indifférence envers les nécessiteux.13  Si tu sais, ô diacre, que quelqu’un est dans le besoin, informe l’évêque de sa condition, et après cela donne-lui.

14 Il est dit au huitième chapitre de la Didascalie :

15 Que le diacre informe l’évêque de tout ce qu’il fait,16  de même que le Christ n’a rien fait sans la volonté de son Père — car c’est une seule volonté du Père, du Fils et du Saint-Esprit.17  Si l’évêque le lui permet, qu’il administre ce qu’il peut administrer, et qu’il soumette les grandes affaires à l’évêque, pour que celui-ci les règle selon son jugement.18  Que le diacre soit pour l’évêque une oreille, un œil et une bouche, qu’il soit avec lui d’un seul cœur et d’une seule âme, afin que l’évêque n’ait à se soucier que des grandes affaires.[622]

19 Il est dit au trente-quatrième chapitre de la Didascalie :

20 Le diacre est ordonné par un seul évêque, et de même le reste du clergé.21  Le diacre n’a point le pouvoir de baptiser, ni de consacrer, ni de bénir le peuple ;22  mais il s’attache à son service auprès de l’évêque ou du prêtre, et accomplit l’office du diaconat.[623]

23 Les purs Apôtres ont dit, au quinzième chapitre :

24 Les diacres, qu’on les établisse selon qu’il est écrit : « Sur la parole de deux ou trois témoins toute affaire sera établie » ;[624]25  ils sont éprouvés en tout service, et une assemblée témoigne pour eux qu’ils ont vécu avec une seule épouse et élevé leurs enfants dans la pureté ;26  qu’ils soient compatissants, doux, sans murmure, sans bassesse, sans emportement ; qu’ils ne lèsent pas les pauvres et ne boivent pas beaucoup de vin ;27  qu’ils s’approchent pour recevoir les saints mystères, et qu’ils obligent celui des frères qui possède à donner à celui qui n’a rien, prenant part eux-mêmes à la distribution.

28 Et les saints Apôtres ont dit :

29 Lorsque l’évêque veut établir un diacre élu, il pose sur lui sa main, à lui seul ;30  car il n’est pas institué au sacerdoce, mais il est l’un des auxiliaires de l’évêque ;31  et il n’est pas ordonné pour être un maître du clergé, mais pour veiller à ce qui est requis et en informer l’évêque.

32 Les Apôtres ont dit, au cinquante-troisième chapitre :

33 Ô évêque, ordonne le diacre : pose ta main sur lui et prie, tandis que les prêtres et les diacres se tiennent tous debout.

34 Ancyre, au dixième chapitre :

35 Le diacre, au moment de son ordination, s’il a déclaré qu’il se mariera, qu’il se marie et demeure dans son diaconat ;36  mais s’il s’est engagé à demeurer sans épouse, et se marie ensuite, qu’il soit retranché du diaconat.[625]

37 Basile dit, au quarante-septième chapitre :

38 Nul ne devient diacre, sinon recommandé par trois hommes.

39 Et Paul a dit, dans sa première lettre à Timothée :

40 « Que les diacres aussi soient purs, sans duplicité de langage, non enclins à boire beaucoup de vin, ni avides d’un gain honteux ;41  qu’ils n’aient épousé qu’une seule femme, et qu’ils gouvernent bien leur maison et leurs enfants. »[626]

42 L’hypodiacre

43 On n’impose pas la main sur l’hypodiacre ; il est établi seulement sous le nom d’auxiliaire des diacres.[627]

44 Hippolyte, au septième chapitre :

45 Il a les vertus du diacre, mais on ne lui impose pas la main ;46  et il n’est pas institué s’il est sans épouse, à moins qu’on ne témoigne pour lui, et que ses voisins n’attestent qu’il se tient loin des femmes ;47  lorsqu’il prie, il se tient derrière le diacre, et il sert devant lui.

48 Le lecteur

49 Les saints Apôtres ont dit :

50 Le lecteur est institué après avoir d’abord été éprouvé ; il ne doit être ni bavard, ni ivrogne, ni railleur ;[628]51  qu’il ait une bonne conduite, aimant le bien, et qu’il se hâte vers les assemblées où l’on célèbre la seigneurie de Dieu ;52  qu’il soit obéissant, qu’il lise bien, et qu’il sache que la charge du lecteur est de mettre en pratique ce qu’il lit.

53 Et les Apôtres ont dit, au vingt-sixième chapitre :

54 Le lecteur que l’on institue, l’évêque lui remet le livre, et on ne lui impose pas la main.

55 Et Hippolyte a dit :

56 Lorsqu’il prie, il se tient derrière.

57 L’exorciste

58 Les Apôtres, au cinquante-cinquième chapitre :

59 L’exorciste n’est pas ordonné, car cette charge n’est nullement affaire de volonté : elle est un don de Dieu.[629]

60 La diaconesse

61 La femme diaconesse, qu’elle soit honorée parmi vous ;62  qu’elle ne dise aucune parole et ne fasse rien, sinon sur l’ordre du diacre ;63  et qu’aucune femme ne se présente à l’évêque pour l’interroger sur quelque chose, sinon en compagnie de la diaconesse.[630]

64 Au dix-neuvième chapitre de la Didascalie :

65 Nous ordonnons qu’aucune des femmes n’enseigne dans l’église, mais qu’elles prient pour elles-mêmes et écoutent l’enseignement ;[631]66  car notre Seigneur Jésus nous a envoyés, nous les Douze, pour enseigner les peuples ; quant aux femmes, il ne les a pas envoyées.67  Ce ne fut point faute de pouvoir : car il avait avec lui sa mère et ses sœurs, Marie de Magdala, les sœurs de Lazare, Marie et Marthe, Salomé et Marie de Clopas ;68  et s’il avait voulu établir que les femmes enseignassent, il eût ordonné à celles-là, les premières, de prêcher au peuple.

69 Mais le chef de la femme est l’homme, et il ne convient pas que le corps soit le chef de la tête.70  Que la femme se connaisse elle-même, et qu’elle sache qu’elle est un temple de Dieu ;71  qu’elle demeure en sa maison, et n’aille point aux maisons des croyants sous des prétextes, pour qu’on lui donne quelque chose ;72  car le temple de Dieu ne doit pas aller d’un lieu à un autre, mais demeurer fixe en un seul lieu.73  Que les vierges non plus ne se déplacent d’un lieu à un autre, ni n’aillent chez les étrangers ; et de même les veuves ;74  car celles qui font ainsi ne sont point des veuves, mais des vagabondes, portées au bavardage et à la médisance, sans pudeur ni salut.

75 La Didascalie a dit, au vingtième chapitre :

76 Les femmes ne baptisent point, car cet acte est un grand péché pour qui le commet : il est contraire à la Loi et plein de toute imposture ;77  car si l’homme est le chef de la femme, et qu’il est l’élu pour le sacerdoce, n’est-ce pas une imposture que de délaisser la tête et d’aller à l’autre membre du corps ?78  car la femme est un membre pris du côté de l’homme, et elle est devenue sous son obéissance, puisqu’elle lui enfante des enfants ;79  et s’il eût fallu que quelqu’un fût baptisé par une femme, notre Seigneur le Christ se fût fait baptiser par sa mère, lui qui sait ce qui convient.

80 La Didascalie, au trente-quatrième chapitre :

81 Ordonne, ô évêque, des diaconesses — des femmes choisies et saintes — pour le service des femmes ;82  car tu ne peux envoyer un diacre aux maisons des femmes, à cause des non-croyants :83  tu enverras donc une diaconesse, à cause des mauvais propos des gens, et parce que tu as besoin des femmes diaconesses en beaucoup de choses ;84  et d’abord, pour la femme que l’on baptise : le diacre oint son front de l’huile sainte, et après lui la diaconesse oint toute la femme,85  car il ne convient pas que les hommes regardent les femmes, sinon par l’imposition de la main.[632]

86 Les Apôtres ont dit, au seizième chapitre :

87 Que l’on établisse trois veuves : deux d’entre elles se consacrent à la prière, pour tous ceux qui sont dans les épreuves,88  et la troisième, auprès des femmes éprouvées par la maladie, pour bien les servir, veiller sur elles et en avertir les prêtres ;89  qu’elles ne soient ni avides de gain, ni dévergondées, ni ivrognes, de peur qu’elles ne manquent à leur charge.

90 Et les saints Apôtres ont dit, au vingt-cinquième chapitre :

91 Une veuve, lorsqu’on l’établit, n’est point marquée du signe, mais instituée par le nom seulement.92  Si son mari est mort depuis longtemps, qu’on l’établisse ;93  mais si son mari est mort récemment, on ne se fie point à elle ; et si elle est devenue âgée, qu’on l’éprouve.94  Que la veuve soit instituée par la parole seulement, et qu’elle soit rattachée au reste des veuves, sans qu’on lui impose la main ;95  elle n’a ni service liturgique, ni offrande de l’oblation, car l’ordination est réservée au clergé, en vue du service.[633]

 

Fin du cinquième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE SIXIÈME[634]

Des veuves et des vierges

c’est-à-dire des moniales

[ De l’âge requis pour le veuvage ]

La Didascalie, en son dix-neuvième chapitre :

Que l’on établisse des veuves, et que leur âge ne soit pas moindre de soixante ans, afin qu’elles aient de la constance et ne se marient plus après cela ; car si vous en établissez une jeune d’âge, et que vous la comptiez au nombre des veuves, et qu’elle ne demeure pas ferme dans le veuvage à cause de sa jeunesse, mais se marie une seconde fois, elle apporte l’opprobre sur la gloire de la veuve, et elle sera elle-même interrogée devant Dieu, car elle ne garde pas l’engagement qu’elle a proclamé, et elle s’est moquée du Christ. C’est pourquoi la jeune femme ne doit point s’inquiéter, mais tenir ferme ; car il vaut mieux qu’elle demeure sans avoir fait vœu, que de faire vœu et de ne l’accomplir pas.

[ De la veuve qui demeure en son état ]

Si une femme a vécu peu de temps avec son mari, puis qu’il l’a répudiée, ou qu’il est mort, ou pour toute autre cause, qu’elle demeure en son état, gardant le don de Dieu, son veuvage ; car elle est bienheureuse, telle la veuve de Sarepta de Sidon, et telle Anne, fille de Phanuel ;[635]10  et la veuve qui est ainsi a de la gloire auprès des hommes.

[ Des jeunes veuves ]

11 Quant aux jeunes veuves, qu’elles ne soient pas dans l’ordre de la veuve, de peur qu’elles ne soient vaincues par la faiblesse de leur nature, ne se marient une seconde fois, et ne deviennent une risée pour Satan ;12  qu’on les secoure plutôt et qu’on les soutienne, de peur qu’elles ne se marient sous le prétexte de la pauvreté ;13  car le premier mariage est obligatoire comme la Loi, et il est parmi les commandements de Dieu ;14  mais le second mariage, après le vœu, est contraire à la Loi : non à cause de l’union, mais à cause du mensonge fait au Créateur.

[ Des qualités des veuves ]

15 Que les veuves soient constantes, chastes, compatissantes, sans colère ;16  qu’elles ne multiplient pas leurs paroles, ne s’irritent point, ne soient pas médisantes, et n’écoutent pas de mauvais propos.

[ De celles qui se réclament faussement du veuvage ]

17 Il est aussi des veuves qui se rangent elles-mêmes dans le veuvage, s’imaginant y trouver un métier et un négoce,18  dans ce qu’elles reçoivent sans pudeur et ce qu’elles mangent sans se rassasier ; elles amassent des trésors et les prêtent à d’autres à usure ;19  elles s’affairent après les aumônes, et rebutent celui qui donne, en sorte qu’il ne donne plus.20  Voilà celles que Dieu a prises en aversion.

[ Qu’on ne se hâte point au vœu du veuvage ]

21 Le vingt-sixième chapitre de la Didascalie :

22 Cette chose ne doit pas être accordée à la légère à celle qui veut se vouer à Dieu,23  à moins qu’elle ne soit circonspecte et pure, et qu’elle ne se hâte point au vœu ;24  car Salomon dit : « Il vaut mieux ne point faire de vœu, que de faire un vœu et de ne l’accomplir pas. »[636]

[ La vierge est un temple de Dieu ]

25 Que la vierge soit pure en son âme et en son corps, car elle est un temple de Dieu,26  une demeure pour le Christ, un repos pour l’Esprit Saint. Qu’elle n’aille pas rôdant ni ne s’affaire à ces choses, qu’elle ne soit point double, mais chaste, bonne et sage,27  et qu’elle fuie les actes de ruse, surtout la parole qui ne convient pas.

[ Des veuves falsifiées ]

28 Il est dit dans la Didascalie, au trente-quatrième chapitre :

29 Satan est riche en pièges, et il exerce aujourd’hui bien des sortes sur certaines gens, comme il fit avec Caïn en ce temps-là ;30  car nous trouvons des gens qui se disent en eux-mêmes veuves, et font ce qui ne sied pas aux veuves, de même que Caïn fit ce qui ne sied pas aux frères.31  Ainsi celles-là savent que le nom de veuve ne les fait point entrer au royaume de Dieu, mais la foi et les œuvres saintes ;32  si l’une a pris pour elle le nom de veuve, puis commet des actes iniques, son veuvage ne lui profite en rien, mais l’éloigne du royaume et la jette au tourment pour l’éternité.

[ Des conduites qui messiéent aux veuves ]

33 Nous avons entendu, au sujet de certaines veuves, qu’elles sont envieuses, adonnées à ce qui ne convient pas : celles-là ne sont point au Christ, ni disciples de son enseignement ;34  car il faut, lorsqu’elles voient des gens qui ont vêtu l’une des veuves, ou lui ont donné de l’argent, de la nourriture, de la boisson ou des chaussures,35  ou qu’elles voient leur sœur la veuve favorisée de quelque bien, qu’elles disent : « Voilà celui qui a soulagé notre sœur », et qu’elles prient pour lui ;36  et que la veuve prie pour quiconque lui a donné.37  Mais ces veuves qui ne désirent point d’être sanctifiées,38  tu les trouveras promptes à quémander beaucoup, à s’enquérir de qui a fait l’aumône et de ceux qui l’ont reçue ;39  et quand on le leur apprend, elles vont réprimander celui qui a donné et disent : « Je savais bien que je t’étais proche, et tu m’as délaissée ; je suis dans une gêne plus grande que celle à qui tu as donné : pourquoi donc l’as-tu honorée, et m’as-tu délaissée aussi ? »40  Elle parle dans son ignorance, et ne dit pas que ce qu’il a fait n’était point par une volonté d’homme, mais par l’ordre de Dieu ;41  et non seulement elle le réprimande, mais encore elle le maudit.

[ On n’impose point la main sur la vierge ]

42 Et les purs et saints Apôtres ont dit :

43 On n’impose point la main sur la vierge : sa seule conscience intérieure fait d’elle une vierge.[637]

44 Et le saint Père Basile a dit, au trente-sixième chapitre :

45 Les vierges sont du premier ordre ; la veuve, elle, est du second.[638]46  Celle dont le mari est mort, et qui a confessé qu’elle ne demeurerait pas avec un autre homme, puis se marie, encourt un péché et un grand châtiment ;47  et que son âge ne soit pas au-dessous de soixante ans ;48  qu’elle ne demeure point en un lieu où il y a un homme, fût-il seul ou à deux, hormis son frère ou son père.49  La vierge et la veuve doivent jeûner chaque jour, afin de pouvoir éteindre la flamme du feu du combat.50  Une moniale qui va par la ville de jour n’est pas une moniale ; et celle qui marche seule est proche de la fornication.51  La vierge ne doit paraître en aucune façon après le coucher du soleil ;52  et qu’elle ne boive point de vin, à moins qu’elle ne soit malade de l’excès des mortifications.

53 Et il dit, à la fin du chapitre :

54 Une veuve qui, après que son âge a atteint soixante ans, revient une fois encore au mariage, qu’on la chasse comme une débauchée.

55 Paul, dont la parole est un parfum, docteur de l’Église, a dit dans sa première lettre à Timothée :[639]

56 « La veuve que tu enrôles, qu’elle ne soit point au-dessous de soixante ans, et qu’elle ait été l’épouse d’un seul homme ;57  qu’elle soit attestée par de bonnes œuvres : qu’elle ait élevé des enfants, exercé l’hospitalité, lavé les pieds des saints, secouru les affligés, et recherché toute œuvre bonne. »[640]58  « Mais les jeunes veuves, évite-les » ;59  « et si un croyant a des veuves en sa parenté, qu’il les entretienne, afin qu’elles ne soient pas à charge à l’Église. »

 

Fin du sixième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE SEPTIÈME[641]

Des femmes qui sont sages-femmes

[ Les sages-femmes ]

Hippolyte a dit, au dix-huitième chapitre de son livre :

Les femmes qui exercent le métier de sage-femme ne sont point admises aux saints mystères avant d’être purifiées ; et il en est ainsi : si le nouveau-né est un garçon, vingt jours ; et si c’est une fille, quarante jours.[642] Qu’elles ne délaissent point l’accouchée, mais qu’elles prient sur celle qu’elles ont assistée ; et si celle-ci va à la maison de Dieu avant d’être purifiée, qu’elle prie avec les catéchumènes qui n’ont pas encore été reçus.

[ La femme qui enfante ]

Et la femme qui enfante, qu’elle demeure hors du lieu saint quarante jours si le nouveau-né est un garçon, et quatre-vingts jours si c’est une fille ; et lorsqu’elle entre à l’église, qu’elle prie avec les catéchumènes.10  Et que les sages-femmes soient nombreuses, afin que les mères ne demeurent pas hors de l’église toute leur vie.

11 Des canons des rois

12 Des règles touchant la rétention des nouveau-nés

[ Le baptême du nouveau-né en danger de mort ]

13 Si l’on craint pour le nouveau-né, en raison de quelque accident, avant qu’il ait accompli ses quarante jours,14  qu’il soit porté à l’église par une femme étrangère, autre que sa mère, et qu’il soit baptisé, fût-ce une heure avant sa mort, ou davantage, ou moins ;15  car le nouveau-né n’était écarté de l’entrée de l’église et de son baptême immédiat qu’à cause du sang de sa mère, et parce qu’elle l’allaite et le nourrit ;[643]16  car ainsi l’Écriture t’a commandé : « Nul, s’il ne naît une seconde naissance, de l’eau et de l’Esprit, n’entrera au royaume de Dieu. »[644]

17 Et l’Écriture dit : « La mort est un décret de Dieu pour tout juste et tout pécheur. »[645]

18 Si donc le nouveau-né est pur, et que descende sur lui le décret de Dieu, qui est la mort, rien du sang de sa mère ne le lie, et rien n’empêche qu’il soit fait chrétien ou baptisé ;19  mais si la mort ne survient pas, il n’entre à l’église et n’est baptisé que selon la règle de l’Église catholique et apostolique.

[ Si la parturiente meurt ]

20 Si la mort frappe une femme en couches, qu’on la lave d’une ablution nette,21  qu’on l’ensevelisse en des linceuls neufs, ou en des vêtements autres que ceux de son enfantement — j’entends les vêtements dans lesquels elle a accouché ;22  qu’elle entre à l’église et qu’on prie sur elle ;23  que nul chrétien ne la tienne pour impure, ni ne dise qu’elle est souillée, car la mort l’a purifiée, elle qui est le décret de Dieu pour tous les hommes.[646]24  Hors ce cas, nul n’est admis à la prière de l’Église sinon en état de pureté.

 

Fin du septième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE HUITIÈME[647]

Des candidats au sacerdoce

de l’imposition de la main, du baptême, des saintes liturgies et des offrandes

[ La Didascalie, au vingt-et-unième chapitre ]

L’imposition de la main appartient à l’évêque seul ; et le baptême, à l’évêque et au prêtre, le diacre y assistant ; mais ni le lecteur, ni le chantre, ni le gardien de l’église ne baptisent personne.[648]

La Didascalie, en son vingt-et-unième chapitre :

L’imposition de la main appartient à l’évêque seul ; et le baptême, à l’évêque ou au prêtre ; quiconque transgresse cet acte encourt une condamnation semblable à celle des fils de Coré.[649] Il n’est pas permis non plus que les prêtres ordonnent un diacre, ni un sous-diacre, ni un lecteur, ni un chantre, ni un gardien de l’église : mais l’évêque, de sa propre main ;10  et celui qui s’oppose à cela devient étranger au christianisme.

11 Et les saints Apôtres ont dit, au cinquante-huitième chapitre :

12 L’évêque bénit et n’est pas béni ; il ordonne le peuple et porte les offrandes ;13  il reçoit l’eulogie de la main des évêques, et non de celle des prêtres ;[650]14  il retranche tout prêtre qui mérite le retranchement, hormis un évêque ;15  car il n’est pas possible qu’il fasse cela de lui seul.

16 Le prêtre bénit et n’est pas béni ; il reçoit l’eulogie de la main de l’évêque et de celle de son confrère le prêtre ;17  lui aussi la donne à son confrère le prêtre, et impose sa main sur le peuple, mais il n’ordonne point et n’impose pas la main pour ordonner ;18  et il exclut celui qui est en défaut, s’il mérite ce châtiment.

19 Le diacre ne bénit pas et ne donne pas l’eulogie, mais il la reçoit de l’évêque et du prêtre ; il ne baptise pas et ne porte pas l’offrande ;

20 et quand l’évêque ou le prêtre a porté l’offrande, c’est lui qui présente la coupe au peuple, non qu’il soit prêtre, mais parce qu’il est le serviteur de l’église.

21 Et les saints Apôtres ont dit, au cinquante-huitième chapitre :

22 Il ne convient pas que quiconque du clergé usurpe le rang du diacre ;23  et les diaconesses ne bénissent point et ne font rien de ce que font les prêtres et les diacres ;24  mais elles gardent les portes seulement, et servent les prêtres là où l’on baptise les femmes.

25 Et Hippolyte a dit, au trente-et-unième chapitre :

26 Le diacre fait communier le peuple si l’évêque ou le prêtre le lui permet.

27 Et il a dit, au trente-deuxième chapitre :

28 S’il n’y a pas de prêtre présent dans l’église, le diacre le supplée en tout,29  hormis le port du grand sacrifice, réservé à lui seul dans la prière.

30 Et les Trois-cent-douze ont dit, au dix-septième chapitre :[651]

31 Il est parvenu à l’assemblée qu’il est des églises où l’on fait une chose contraire au canon, et qu’il s’y trouve des diacres qui donnent la communion aux prêtres ;32  or c’est là une chose que l’usage n’a point permise, et qui est contraire au canon : que celui qui n’a pas le pouvoir de consacrer l’offrande fasse communier les prêtres, eux qui sont les ministres qui l’ont portée.

33 Les diacres ne communient pas avant les évêques ;34  que les diacres se tiennent au rang qui leur est assigné,35  sachant qu’ils sont les auxiliaires de l’évêque, et inférieurs aux prêtres ;36  et ils communient après les prêtres,37  selon l’ordre, l’évêque ou le prêtre les faisant communier ;38  et si quelqu’un désormais n’accepte pas cette règle, qu’il soit ôté du diaconat.

39 Hippolyte, au trente-cinquième chapitre :

40 Si un diacre est présent à un banquet, et qu’aucun prêtre n’y assiste, qu’il prie sur la bénédiction, rompe le pain et le distribue aux invités ;41  et s’il n’y a aucun membre du clergé présent, que chacun mange et rende grâce à Dieu.

42 Et Ancyre a dit, au treizième chapitre :

43 Le suppléant de l’évêque n’ordonne ni prêtre ni diacre sans la permission de l’évêque.[652]

44 Césarée, au treizième chapitre :

45 Les prêtres des campagnes ne portent pas l’offrande dans l’église de la ville en présence de l’évêque, ni des prêtres de la ville.

46 Césarée :

47 Le chorévêque reçoit, à l’exemple des Soixante-dix, son honneur, comme un associé du service ;48  car, tenant le rang des disciples, il porte les offrandes dans la ville, par déférence pour eux.[653]

49 Le concile d’Antioche, au quarante-quatrième chapitre :

50 Il ne convient pas que les diacres s’assoient devant les prêtres, sinon sur l’ordre des prêtres ;51  et de même les diacres sont honorés par les auxiliaires et par tout le clergé.

52 Et il a dit, au quarante-cinquième chapitre :

53 Il ne convient pas que les auxiliaires prennent la place des diacres, ni qu’ils touchent les vases du Seigneur.

54 Et il a dit, au quarante-septième chapitre :

55 Il ne convient pas que le sous-diacre porte l’orarion, ni qu’il quitte la garde de la porte ;[654]56  et le lecteur et le chantre ne portent pas l’orarion lorsqu’ils lisent.

57 Le saint Basile a dit, au quatre-vingt-dix-septième chapitre :

58 Quand le peuple s’assemble, qu’on lise dans les Apôtres et le Praxis, puis l’Évangile ;[655]59  si les diacres savent bien lire, qu’ils lisent les psaumes ; et si les prêtres savent bien lire, ce sont eux qui lisent l’Évangile ;60  et s’ils ne savent pas lire, le lecteur lit les psaumes, et le diacre lit l’Évangile ;61  et nul ne lit dans l’église sinon un diacre ou un prêtre.

62 Si quelqu’un rapporte une chose que son aïeul aurait faite, ou qu’il a entendue d’autrui, et qui n’est pas écrite dans les Actes des Apôtres, qu’il soit mis dehors.63  S’il n’y a pas de diacre pour servir les calices, que le sous-diacre serve.

64 Le saint Basile a dit, au quatre-vingt-dix-neuvième chapitre :

65 Si le prêtre a besoin d’un diacre pour distribuer avec lui, que le diacre se tienne à sa gauche, et distribue les parcelles une à une, sur l’ordre du prêtre ;66  car le diacre n’a pas le pouvoir de faire le signe de la bénédiction.[656]

 

Fin du huitième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE NEUVIÈME[657]

De ce que les prêtres doivent éviter

et de ce qui incombe au clergé

Les Trois-cent-douze ont dit, au deuxième chapitre de leurs canons :[658]

Que le clerc prenne garde : qu’il ne s’attache pas des « sœurs » et ne demeure avec aucune femme, sinon sa mère, sa sœur ou sa tante,[659] car celles-là sont à l’abri de tout soupçon.

Et ils ont dit, au quatorzième chapitre :

Un évêque ou un prêtre qui passe d’une ville à une autre, après ce grand concile : qu’on ruine son siège, et qu’on le prive de l’église pour laquelle il a été ordonné, qu’il soit évêque ou prêtre.[660]

[ Et ils ont dit, au quinzième chapitre : ]

Les prêtres et les diacres qui ne mettent pas la crainte de Dieu devant eux et n’agissent pas selon le canon de l’église, mais quittent leur église pour un autre lieu, que l’église ne les reçoive pas ; et si l’un abandonne son église de sa seule volonté, sans l’assentiment de l’évêque, que son ordination soit annulée.

10 Le concile d’Antioche, au troisième chapitre :

11 Un membre du clergé qui abandonne son siège et passe à un autre, puis de celui-là à un autre encore, et se déplace de nouveau, et y demeure un temps sans célébrer,12  surtout s’il n’obéit pas à son évêque, qui l’a mandé de revenir à son siège : qu’il soit retranché une fois pour toutes, en sorte qu’il ne trouve aucun district où s’établir en son lieu ;13  et tout évêque qui le reçoit après cela encourt une peine du concile, car il a corrompu les canons de l’église.

14 Le concile d’Antioche, au quatrième chapitre :

15 Si un évêque, un prêtre ou un diacre a été déposé, et qu’il ose accomplir quelque chose de son ministère, qu’on n’espère plus son rétablissement en sa charge ;16  et ceux qui ont communiqué avec lui sont tous exclus de l’église, surtout s’ils connaissaient la sentence portée contre lui.

17 Et il a dit, au cinquième chapitre :

18 Un prêtre ou un diacre qui méprise son évêque, se sépare de l’église, fait assemblée à part et dresse un autel ; que l’évêque l’appelle, et qu’il ne réponde pas ; qu’il le mande une seconde fois,19  et qu’il ne réponde pas encore,20  qu’il ne recouvre jamais rien de sa dignité ;21  et s’il persiste dans la division, qu’il soit corrigé par l’autorité du dehors comme un fauteur de troubles.[661]

22 Le concile d’Antioche, au sixième chapitre :

23 Un prêtre déposé par son évêque n’est reçu par aucun autre,24  sinon que son propre évêque le reçoive, ou qu’il se présente à un concile et y expose sa cause ;25  et cela vaut pour les prêtres, les diacres et quiconque.

26 Antioche, au vingt-septième chapitre :

27 Ceux qui viennent d’être baptisés, on ne doit pas les élever aussitôt au sacerdoce.[662]

28 Et il a dit, au soixante-dix-huitième chapitre :

29 Il ne convient pas que les prêtres du clergé regardent quelque spectacle aux noces,30  mais qu’ils se lèvent et s’en aillent avant que n’entrent les baladins.

31 Le saint Basile a dit, au quinzième chapitre :

32 Si un homme veut épouser une femme repentie de sa fornication, qu’on lui interdise d’accéder à aucun des degrés du sacerdoce.

33 Et le saint Basile a dit :

34 Que nul du clergé ne profère aucune parole de moquerie,35  qu’il ne tire mauvais augure de personne, et ne reproche à quiconque un défaut de son corps.

[ Et il a dit, au cinquante-neuvième chapitre : ]

36 Et de même, que nul du clergé ne jure en aucune façon, contre les prescriptions des Écritures.

[ Et il a dit, au soixantième chapitre : ]

37 Que nul du clergé ne se laisse aller à la colère, en aucune façon.

38 Ce qui empêche du sacerdoce

39 L’évêque, le prêtre et le diacre : Basile a interdit l’oblation à celui qui a rejoint sa femme ; le reste du clergé, on le renvoie.[663]

40 Les canons des rois et de la royauté

41 Si un prêtre est éprouvé et que sa femme meurt, qu’il n’en épouse pas une autre, de peur qu’il ne retourne à la légèreté, au manque de constance et à la recherche des choses charnelles, et ne néglige ce qu’il doit à Dieu.[664]

42 Que le prêtre ne soit pas un esclave, ni de la maison des esclaves, car cela leur serait un opprobre.

43 On n’ordonne pas un prêtre atteint d’une infirmité du corps : borgne, sourd, perclus, boiteux, aveugle, mutilé ou lépreux.[665]

44 Et Basile a dit, au quatre-vingt-quatrième chapitre :

45 Si l’un du clergé est ordonné, et qu’il était médecin, qu’il ne pratique plus la circoncision sur personne.

46 Et il a dit :

47 Qu’il y ait dans le clergé un économe.[666]

48 Et il a dit :

49 Si le diacre s’oppose au prêtre, son châtiment, de la part de l’évêque, va jusqu’à sept semaines ;50  et si c’est le prêtre qui l’a méprisé, il encourt le châtiment fixé pour le diacre ;51  et le lecteur, s’il s’oppose au prêtre ou ne lui obéit pas, celui-ci a pouvoir de le châtier sans l’évêque.

52 Basile, au quatre-vingt-unième chapitre :

53 Un clerc lecteur qui blasphème, qu’on le chasse, de peur qu’un homme ne se perde à cause de lui.

 

Fin du neuvième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE DIXIÈME[667]

Recueil de divers canons pour les prêtres

Le saint Basile a dit, au quatre-vingt-neuvième chapitre :[668]

Si le diacre rit pendant les saints mystères, qu’il soit suspendu une semaine ; et si c’est un laïc, qu’il demeure cette fois-là sans communion.

Et il a dit, au quatre-vingtième chapitre :

Si un membre du clergé porte sur sa tête une couronne de fleurs rouges, de palme ou d’olivier : s’il est prêtre, qu’il soit écarté quatre mois ; le diacre, deux mois ; et le reste des fidèles, que le prêtre les corrige.[669]

 

Fin du dixième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE ONZIÈME[670]

Des offrandes et des dîmes

de qui l’on doit recevoir l’aumône, et de qui l’on ne doit pas la recevoir

La Didascalie, au sixième chapitre :

Écoutez, ô peuple de Dieu : les vœux, les dîmes et les prémices ont été établis d’abord pour le chef des prêtres, le Christ, et pour ceux qui le servent ; les prémices, les dîmes et les vœux, vous devez les présenter à l’évêque, soit de vos mains, soit par la main du diacre ; car il connaît ceux qui sont dans la gêne, et il sait, dispose et donne à chacun selon ce qui lui convient, de peur que l’un ne reçoive plusieurs parts, et qu’un autre ne reçoive rien du tout.

Le septième chapitre de la Didascalie :

[ La dignité de l’évêque ]

Il dit des évêques : craignez-les et honorez-les, car ils ont reçu le pouvoir de la vie et de la mort,10  pour juger celui qui pèche et le vouer à la condamnation du feu éternel, et pour pardonner ses péchés à celui qui se repent ;[671]11  tenez-les chez vous pour des chefs, et regardez-les comme des rois ;12  payez-leur le tribut, car vous devez les entretenir de vos biens, eux et leurs maisons — l’évêque et ses prêtres.

[ L’offrande des prémices ]

13 Vos récoltes et l’ouvrage de vos mains, apportez-en à l’évêque avec bénédiction, pour qu’il vous bénisse ;14  vous lui donnez vos prémices, vos dîmes, vos vœux et vos dons, qui sont les premiers du froment, du vin, de l’huile, des fruits et de la laine.

[ Acquitte-toi de ce que tu dois ]

15 Ne te tiens pas devant Dieu les mains vides, mais offre-lui tes vœux en tout temps, selon ta capacité ;16  applique-toi à l’ouvrage de tes mains, acquitte-en la charge avec soin, et offre au Seigneur ce que ta capacité atteint ;17  honore le Seigneur des biens qu’il t’a donnés, selon ta force ;18  et ce que tu peux, jette-le dans le tronc, fût-ce une obole, ou deux, ou trois, ou ce que tu peux.

19 Le quatorzième chapitre de la Didascalie :

[ De qui l’on n’accepte pas ]

20 L’évêque doit savoir de qui il convient d’accepter le revenu, et de qui il ne convient pas de l’accepter.21  Garde-toi des tenanciers de tavernes qui font commerce, et n’accepte rien d’eux, car ils ne sont pas assurément justifiés du péché, étant tenanciers de boutiques ;22  Isaïe dit : « Tes taverniers mêlent l’eau et le vin. »[672]23  Qu’il fuie les débauchés. Il a dit : « Tu n’apporteras pas au Seigneur ton Dieu le salaire d’une prostituée. »[673]24  Garde-toi des spoliateurs, des amateurs de gains et des débauchés, car les offrandes de ceux-là sont impures devant Dieu.25  Fuis celui qui opprime une veuve, celui qui accable un orphelin, celui qui remplit les prisons sans motif, celui qui maltraite ses esclaves par les coups, la disette et un dur gouvernement : leurs offrandes empressées, ne les accepte pas.26  Rejette les méchants, ceux qui persévèrent dans l’injustice, les fabricants d’idoles, les voleurs, les publicains iniques, ceux qui faussent la balance, celui qui prend par fraude, et le soldat injuste qui ne se contente pas de sa solde mais tourmente les pauvres,[674]27  garde-toi aussi du meurtrier, du moqueur, du transgresseur de la Loi, du séducteur, de l’impudique, de l’ivrogne, du blasphémateur, de l’efféminé et de l’usurier : ceux-là sont en abomination à Dieu.

[ Pourquoi l’on n’accepte pas d’eux ]

28 Et celui qui reçoit de tels gens ce qui a été prescrit, pour en nourrir des veuves ou élever des orphelins, se trouve sous le jugement devant Dieu.29 Le pain que tu reçois du labeur des veuves est vraiment de choix ; fût-il peu, il vaut mieux que ce que tu reçois de l’injustice et de la rapine, fût-il beaucoup.30  L’Écriture dit : « Le peu du juste vaut mieux que la grande richesse du pécheur. »[675]31  Si une veuve mange d’un bien inique, s’en rassasie et prie pour le donateur, Dieu ne l’exauce pas, car Dieu connaît le fond des cœurs.

[ L’offrande du pécheur n’est pas agréée ]

32 Puis il dit :

33 Il vaut mieux qu’un homme meure et périsse de disette, que de recevoir des ennemis de Dieu,34  car il devient un opprobre et une risée parmi ses compagnons ; c’est pourquoi le prophète a dit : « Que l’huile du pécheur ne parfume pas ma tête. »[676]

35 Le quatorzième chapitre de la Didascalie :

36 Celui qui accepte quelque chose d’un méchant réprouvé, et qui prie pour lui, afflige le cœur du Christ,37  car il lui a permis de persévérer dans son mal, et a pris part à son impureté, à toutes ses actions et à ses péchés.

38 Le quinzième chapitre de la Didascalie :

39 S’il y a nécessité, prenez l’argent de ceux dont on ne le souhaite pas — c’est-à-dire d’un avare ou d’un non-croyant — et dépensez-le en bois et en combustible,40  afin que la veuve et l’orphelin n’en reçoivent pas, et ne soient contraints d’en acheter, comme il ne faut, nourriture ou boisson ;41  en sorte que ce qui est aux hypocrites ne devienne pas nourriture pour le peuple.

[ De qui l’aumône est agréée ]

42 Acceptez de celui qui se conduit droitement en tout, et n’acceptez pas de celui qui est réprouvé ;43  secourez les nécessiteux, même avant qu’ils ne méritent de devenir membres du Christ.44  Si tu demeures, ô évêque, sans rien du tout, dis-le aux frères ; et ce que tu recueilles, répartis-le entre les frères, les orphelins et les veuves, avec équité.

[ Le soin des nécessiteux ]

45 Du labeur véritable des fidèles, vêtez les nécessiteux et entretenez-les ;46  des biens que vous amassez, servez-les et comptez-les parmi les saints.

47 Le dix-neuvième chapitre de la Didascalie :

48 Souviens-toi, ô évêque, des pauvres, de quoi nourrir leurs enfants, de peur qu’une maladie ne les atteigne ; veille sur eux tous et prends soin de tout le troupeau.49  Les prêtres n’acceptent rien d’un spoliateur ni d’un débauché ;50  et celui qui accepte quelque chose d’un méchant réprouvé et prie pour lui afflige le cœur du Christ, car il lui a permis de persévérer dans son mal.

51 Les Trois-cent-douze ont dit :

52 N’accepte pas d’offrande d’un soldat cruel, ni d’un voleur, ni d’un marchand qui jure faussement pour un gain, ni d’un riche dont les esclaves se plaignent qu’il les prive du nécessaire,53  ni d’un meurtrier non repenti, ni d’un publicain persévérant dans ses actes et sa faute, ni d’une prostituée demeurée dans la fornication,54  ni de celui qui, ayant une faute, est sans pitié et ne prête pas à qui lui emprunte,55  ni des païens, des magiciens, des devins, des astrologues, de ceux dont le cœur est impur, de ceux qui font des images, de ceux qui forgent l’or et l’argent pour les idoles,56  ni des sbires, des usuriers, des ivrognes, des débauchés, des maîtres menteurs, ni de ceux qui tirent des présages.

57 Les saints Apôtres ont dit :

58 Thomas, l’un d’eux, a dit :

59 Celui qui te dit la parole de Dieu, qui est devenu pour toi une cause de vie, et t’a donné le sceau souverain,[677]60  aime-le comme la prunelle de ton œil, souviens-toi de lui jour et nuit comme du Seigneur, et enquiers-toi de lui chaque jour selon ta force ;61  et celui qui t’a instruit et fait faire pénitence à ton corps :62  car si le Seigneur t’a rendu digne de recevoir de lui une nourriture spirituelle et la vie éternelle,63  tu dois à plus forte raison lui présenter, en son temps, une nourriture temporelle ;64  « car l’ouvrier mérite son salaire » ;[678]65  « tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain » ;66  et nul ne plante une vigne sans manger de son fruit.

67 Les purs Apôtres ont dit, au trente-neuvième chapitre :

68 Que chacun se hâte d’apporter à l’évêque les premiers fruits de sa récolte ;69  l’évêque les reçoit, les bénit, et fait mémoire du nom de celui qui les a apportés.70  Les fruits que l’on bénit sont : le raisin, la figue, la grenade, l’olive, la pomme, la pêche, la cerise et la rose ;71  et ceux que l’on ne bénit pas : le sycomore, l’oignon, l’ail, le concombre, les légumes et les fleurs.[679]

72 Les Apôtres, au cinquante-neuvième chapitre :

73 Toutes les prémices sont apportées à l’évêque, aux prêtres et aux diacres, pour qu’ils en mangent ;74  toutes les dîmes sont pour le clergé, les veuves, et tout pauvre en mange ;75  quant aux prémices, elles sont pour les prêtres seuls, et pour ceux qui les servent.

76 Et ils ont dit, au soixantième chapitre :

77 Ce qui reste des offrandes et n’est pas porté à l’autel, que les diacres le répartissent entre le clergé, selon l’avis de l’évêque ou du prêtre :78  à l’évêque quatre parts, au prêtre trois parts, au diacre deux parts ; et au sous-diacre, au lecteur, aux chantres et aux diaconesses, à chacun une part.[680]79 Voilà ce qui est bon et agréé de Dieu.

80 Clément a dit, au deuxième chapitre :

81 Si l’évêque ou le prêtre introduit à l’autel de Dieu quelque chose en dehors de ce qui est prescrit d’offrir en oblation,82  ou s’ils y introduisent du miel, du lait, un oiseau ou un autre animal, ou quoi que ce soit hors de l’ordre du Seigneur, qu’il soit retranché.83  Rien n’entre à l’autel sinon le blé nouveau et le raisin en leur saison,84  l’huile pure du luminaire, et l’encens au temps de la sainte liturgie ;85  et le reste des fruits, qu’on l’envoie à la maison, comme prémices pour l’évêque et les prêtres,86  mais on ne les fait pas entrer à l’autel ;[681]87  et l’évêque et le reste du clergé les répartissent.

88 Hippolyte, au trente-sixième chapitre :

89 Les prémices des fruits de la terre, celui qui en a, qu’il les porte aux prêtres ;90  quant aux prémices de l’aire et du pressoir, l’huile, le miel, le lait, la laine, les prémices du salaire de leurs mains,91  et les prémices de leurs arbres — tout cela est porté vers l’évêque ;92  et le prêtre qui les reçoit rend grâce à Dieu pour elles, et prie debout pour celui qui les a apportées.

93 Basile a dit, au quatre-vingt-sixième chapitre :

94 Si un homme désire léguer son bien à l’église à sa mort — que ce soit or, vêtements, cuivre ou froment —,95  l’économe le reçoit, ou l’évêque, ou le prêtre de l’église ;[682]96  mais s’il est grevé d’un impôt foncier, on ne l’accepte pas, car l’église ne doit pas être assujettie à une charge.

97 La garde de l’oblation

98 Les purs et saints Apôtres ont dit, au quarante-troisième chapitre :

99 Que chacun se tienne avec fermeté.100  Nul d’entre les non-croyants ne reçoit rien des saints mystères ; qu’il n’en tombe ni ne s’en perde quelque chose :101  c’est le corps du Christ, dont on ne doit pas être négligent ;102  et quand il a béni la coupe et que tu y as communié, c’est le sang du Christ ;103 garde-le bien, de peur qu’il ne s’en répande quelque chose, et que les esprits impurs ne le ravissent,104  et que tu ne sois celui qui a méprisé le sang du Christ par lequel tu as été racheté.

105 Hippolyte a dit, au vingt-huitième chapitre de ses canons :

106 Que le clergé prenne garde : qu’il ne laisse personne communier aux mystères, sinon les fidèles seuls.

107 Et il a dit, au vingt-neuvième chapitre de son livre :

108 Que le clergé se tienne tout entier à l’autel, quand il est prêt,109  montant la garde, de peur qu’un insecte rampant ou quelque chose ne tombe dans la coupe, ce qui serait aux prêtres un poids de mort ;110  c’est pourquoi tu gardes le lieu saint d’où les mystères sont distribués.111  Et ceux qui communient, qu’ils le fassent avec soin et grande fermeté, de peur que quelque chose ne tombe à terre, ou qu’un esprit mauvais ne s’en empare ;112  et la poussière que l’on balaie du lieu saint, qu’on la jette dans une eau courante.[683]

113 Les vêtements du sacerdoce

114 Ne porte pas de chaussures à l’autel,115  et ne crache pas pendant la liturgie.

116 Basile a dit, au quatre-vingt-dix-septième chapitre :

117 Les vêtements dans lesquels on célèbre ne sont pas emportés hors de l’église, mais demeurent au lieu réservé aux servants de l’église, ou dans ses dépendances ;118  qu’ils soient blancs, non teints de couleurs,119  descendant jusqu’aux pieds et sur les épaules, sans mollesse, et non d’étoffe fine ;120  nul ne porte de chaussures à l’intérieur du sanctuaire,121  et nul ne crache étant à l’autel, sinon par nécessité.

122 Après l’oblation, qu’on ne laisse rien dans la coupe, dans l’attente d’autres qui ne sont pas venus à l’église au temps de la liturgie ;

123 nul ne sort de l’église avant l’oblation, sinon après le renvoi.

124 Basile, au quatre-vingt-dix-huitième chapitre :

125 Les diacres qui préparent les oblations se gardent d’un pain rompu, rassis, ou entaché de quelque défaut, de peur d’être dans la souillure.

126 Les Apôtres ont dit, au quarante-troisième chapitre :

127 Que tout fidèle prenne pour règle de communier aux mystères avant d’avoir rien goûté ;128  et s’il a la foi, et que quelqu’un lui donne un poison mortel après sa communion, il ne lui nuira pas.[684]

129 Hippolyte a dit, au vingt-neuvième chapitre :

130 Que nul ne goûte rien avant d’avoir reçu les saints mystères, surtout aux jours de jeûne ;131  et que le clergé prenne garde de ne laisser personne communier des mystères, sinon les fidèles seuls.

132 Hippolyte, au dix-neuvième chapitre :

133 Les autres baptisés qui ont jeûné, qu’ils ne goûtent rien avant de recevoir le corps du Christ,134  car il ne leur est pas compté comme jeûne, mais comme péché ;135  et celui qui goûte quelque chose avant de recevoir le corps transgresse et méprise Dieu ;136  et quand la liturgie est achevée, il a le pouvoir de manger ce qu’il veut.

137 Basile a dit, au quatre-vingt-dix-huitième chapitre :

138 Il parle de l’agneau que portaient les fils d’Israël.139  Il a dit : « Qu’ils le mangent dans une seule maison, et n’en fassent sortir aucun os hors de la maison. »[685]140  Quant à nous, nous ne portons nullement les mystères hors de l’église pour les donner à quelqu’un, fût-il à l’agonie.

141 Basile a dit, au quatre-vingt-dix-neuvième chapitre :

[ Le mélange du vin et de l’eau ]

142 Ceux qui prennent la coupe, qu’ils prennent garde de n’y point laisser trop d’eau,143  et de n’en ajouter pas plus du tiers ;144  et si le vin est en grande abondance, qu’on en réserve la dixième part, bénie.145  Qu’on ne porte pas de vin pur,146  car notre Seigneur ne vint pas par l’eau seule, mais par l’eau et le sang ; et si quelqu’un songe à en faire mesure, qu’il soit chassé de l’église à jamais.[686]

[ Ce que l’on fait du corps et du sang ]

147 Ceux qui divisent le corps, qu’ils le divisent avec mesure, en sorte qu’il ne soit partagé ni en trop petites ni en trop grosses parcelles, et qu’on n’en mange pas deux fois ;148  ce qui est partagé doit remplir la bouche de celui qui communie, et s’y fondre ;149  et que sur chaque parcelle il y ait une croix, à l’image de la croix sur laquelle le corps fut crucifié.[687]150  Et ce qui reste dans la coupe, que tous les diacres qui sont à la table en communient.

151 Basile, au centième chapitre :

152 Ceux qui versent le vin dans la coupe, qu’ils ne la remplissent pas jusqu’au bord, de peur qu’il ne s’en répande à terre ;153  et ceux qui désirent y laisser un reste, pour un gain honteux, ou le comptent pour une nourriture charnelle,154  qu’ils se souviennent du châtiment qui tomba sur les fils d’Éli, et de ce qui advint à Balthasar, qui but le vin dans les vases de la maison sainte, et périt.[688]

155 Paul, dont la parole est un parfum, a dit dans sa première lettre aux Corinthiens, au treizième chapitre :[689]

156 « Celui qui mange de ce pain et boit de cette coupe du Seigneur indignement, condamne le corps du Seigneur ;157  que l’homme s’éprouve lui-même, et qu’ensuite il mange de ce pain et boive de cette coupe ;158  car celui qui en mange et boit indignement mange et boit sa propre condamnation, s’il ne discerne pas le corps comme il le faut ;159  c’est pourquoi il y a parmi vous beaucoup de malades et d’infirmes, et plusieurs se sont endormis ;160  si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas châtiés. »

 

Fin du onzième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE DOUZIÈME[690]

De celui qui demande des comptes à l’évêque

ou l’insulte, ou profère contre lui une mauvaise parole

Le quatrième chapitre de la Didascalie :

L’évêque ne doit pas être appelé à rendre des comptes, ni interrogé sur quelque gestion qu’il ait faite ou dite, ni à qui il donne, ni en quel lieu il donne, ni s’il administre bien comme il faut ou non ; car Dieu lui a confié l’administration, et l’a rendu digne du sacerdoce et de ce haut degré : c’est donc à Lui qu’il en rendra compte.

Le septième chapitre de la Didascalie :

Celui qui profère une mauvaise parole contre son évêque, en parole ou en acte, pèche contre Dieu ; car il entend la parole de Dieu qui dit : « Tu ne diras pas de parole mauvaise contre les dieux » ;[691] et il n’a pas donné ce commandement à cause des idoles de pierre et de bois qu’on adorait et qu’on nommait « dieux » — lesquelles sont rejetées et détestées à cause du faux nom qu’on leur a donné —, mais à cause des prêtres et des juges, auxquels il a dit : « Vous êtes des dieux, et fils du Très-Haut vous êtes appelés. »[692]10  Moïse dit au peuple qui s’était soulevé contre lui :11  « Ce n’est pas contre moi que vous avez murmuré, mais contre le Seigneur Dieu. »[693]12  Si celui qui dit à un laïc : « insensé ! » n’échappe pas au châtiment — car il a outragé le Christ —,[694]13  que mérite donc celui qui profère une mauvaise parole contre l’évêque, par l’imposition des mains duquel le Seigneur vous a donné l’Esprit Saint,14  et par la parole duquel vous avez connu la doctrine sainte, et connu Dieu et les bienfaits du Christ ?

15 L’Écriture dit : « Honore ton père et ta mère, afin que tu aies la vie » ;

16 et : « Qui profère une mauvaise parole contre son père mourra de mort. »[695]17  Comment donc ne leur incombe-t-il pas, à plus forte raison, d’honorer les pères spirituels ?

18 Clément, au trente-et-unième chapitre :

19 Si quelqu’un s’oppose à l’évêque, qu’il soit retranché,20  car il a dit : « Du chef de ton peuple tu ne diras pas de mal » ;21  et si quelqu’un outrage un prêtre ou un diacre, qu’il soit séparé.

22 Clément, au cinquante-quatrième chapitre :

23 Celui qui méprise le roi ou le chef sans motif, qu’il soit puni : s’il est du clergé, qu’il soit retranché ; s’il est laïc, qu’il soit banni.[696]

 

Fin du douzième chapitre.

[ Ici s’achevait le premier tome de l’édition de Beyrouth (chapitres I à XII) ]

 

 

 

CHAPITRE TREIZIÈME[697]

De la condition des laïcs

qu’ils ne portent pas l’offrande au sanctuaire, et ne baptisent personne

Il est dit au sixième chapitre de la sainte Didascalie :

Ne t’attarde pas loin de la sainte église du Christ, mais viens-y de bon matin avant toute chose, et présente-toi le soir ; et rends grâce à Dieu de ce qu’il t’a accordé pour la subsistance de ta vie.

Le dixième chapitre de la Didascalie :

L’évêque enseigne le peuple et lui ordonne d’assister à l’église chaque jour, matin et soir, sans jamais y manquer ; pour prier, psalmodier et lire : le matin le psaume soixante-douze, le soir le psaume cent-quarante,[698] et particulièrement le samedi et le dimanche, qui est le jour de la résurrection.

10 Celui qui n’assiste pas à l’église en ces jours saints, pour entendre la parole sur la résurrection,11  jour où s’accomplissent les livres des prières, l’annonce des Évangiles, la liturgie de l’oblation et le don sacré du Père — comment ne serait-il pas ennemi de Dieu ?

12 Et il dit après cela :

13 Si les nations se rassemblent en tout temps selon leurs rangs, et les Juifs dans leurs synagogues, empressés à leurs vaines assemblées en tout temps, sans qu’il y ait pour eux salut ni profit,14  que répondras-tu au Fils de Dieu, toi qui délaisses son église et ne fais pas même comme les nations, mais t’en éloignes et négliges le salut de ton âme, te rendant contraire et méchant ?15  Et si quelqu’un s’excuse sur l’ouvrage de ses mains, et néglige l’église pour cela, alléguant les prétextes de ses péchés,16  qu’il sache que le métier des fidèles n’est pour eux qu’un surcroît, mais que leur œuvre véritable est le culte de Dieu,17  comme Dieu a dit : « Ne travaillez pas pour la nourriture qui périt, mais pour la nourriture qui procure la vie éternelle. »[699]

18 Et il a dit au onzième chapitre de la Didascalie :

19 Ô jeunes gens, soyez dignes de vous hâter vers l’église avec tout votre désir, sans hypocrisie ;20  et ne négligez pas l’ouvrage de vos mains, afin d’avoir de quoi vous suffire à vous et aux pauvres, pour n’être pas à charge à l’église ;21  car nous aussi, nous nous sommes voués à l’annonce de l’Évangile, sans négliger l’ouvrage de nos mains :22  nous étions pêcheurs, certains d’entre nous faiseurs de tentes, d’autres laboureurs. Et Salomon a dit : « Qui travaille sa terre sera rassasié de pain » ;[700]23  mais le paresseux ramène ses mains sur son sein, et ne peut les porter jusqu’à sa bouche.24  Paul a dit : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » ;[701]25  car Dieu a les paresseux en aversion.

26 Les saints Apôtres ont dit, au quarante-septième chapitre :

27 Que le fidèle tienne pour une grande perte de ne pas se rendre au lieu de l’enseignement, surtout s’il sait lire ;28  si le docteur est présent, qu’il ne s’attarde pas loin de l’église, le lieu où se donne l’enseignement, et où resplendit l’Esprit ;29  et si c’est un jour sans enseignement, que chacun, en sa maison, prenne un livre saint et lise autant qu’il sait être bon.

30 Hippolyte a dit, au vingt-et-unième chapitre :

31 Les prêtres s’assemblent chaque jour à l’église, ainsi que les diacres, les sous-diacres, les lecteurs et tous les jeunes gens, à l’heure où le coq chante ;32  et ils font la prière, l’explication des Écritures, la lecture des livres et les oraisons, selon le précepte de l’Apôtre ;33  et celui du clergé qui s’en absente sans maladie ni voyage, qu’il soit séparé.

34 Que les malades aussi se hâtent d’aller à l’église, car c’est pour eux une guérison, pour recevoir l’eau de la prière et l’huile de la prière ;[702]35  à moins que le malade ne soit gravement alité : alors le clergé qui le connaît le visite chaque jour.

[ Additions au treizième chapitre ]

36 Ces passages ont été trouvés dans les marges du manuscrit, sans emplacement propre dans le corps du texte ; 37 c’est pourquoi ils ont été reportés à la fin du chapitre. Les voici :[703]

[ La Didascalie, au sixième chapitre : ]

38 Saül offrit le sacrifice sans la présence de Samuel, et son acte fut de nul effet ;[704]39  Ozias fit ce qui n’appartient qu’à l’Église, et devint lépreux ;[705]40  les fils de Coré, de la tribu de Lévi, lorsqu’ils se dressèrent contre Moïse et Aaron et convoitèrent ce qui ne leur revenait pas, furent consumés ;41 Dathan et Abiram descendirent vivants au séjour des morts.[706]

42 La Didascalie, au vingt-et-unième chapitre :

43 Il ne convient nullement qu’un laïc accomplisse quoi que ce soit des fonctions du clergé —44  à savoir l’oblation, le baptême, l’imposition de la main et l’ordination —, ni grande ni petite ;[707]45  car il n’échappe pas au châtiment, s’il méprise Dieu, ose usurper le sacerdoce et s’arroge cette dignité ;46  il n’imite pas le Christ, qui ne s’est pas glorifié lui-même pour devenir chef des prêtres,47  mais attendit jusqu’à ce qu’il entendît le Seigneur dire :48  « Le Seigneur l’a juré, et il ne s’en repentira pas : tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech. »[708]

 

Fin du treizième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUATORZIÈME[709]

Du clerc qui rit pendant les mystères

[ Basile a dit, au soixante-dix-neuvième chapitre : ]

Si un membre du clergé rit pendant les mystères, qu’il soit suspendu une semaine ; et si c’est un laïc, qu’il soit renvoyé cette fois-là sans communion.

 

Fin du quatorzième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUINZIÈME[710]

Des heures de la prière

et de l’ablution des mains en tout temps

Le huitième chapitre de la Didascalie :

Priez le Seigneur trois fois le jour, et souvenez-vous de Dieu ; ôtez de vous toute inimitié et toute rancœur.

La Didascalie, au trente-septième chapitre :

Après son ordination, l’évêque s’attache à l’autel et se voue à la prière, jour et nuit, surtout aux heures propices à la prière — qui sont : l’heure du soir, au coucher ; puis le milieu de la nuit ; l’heure de l’aube ; la première heure du jour, la troisième, la sixième, la neuvième ; et le soir.[711] Et s’il prie pour lui-même à chaque heure, il fait bien, demeurant seul en cette église ;10  et s’il a auprès de lui quelqu’un qui lui convienne, un ou deux, ne faisant qu’une seule âme, qu’il le fasse,11  pour qu’ils l’aident en ce qui convient, surtout à l’accomplissement des prières et des supplications, d’un commun accord ;12  car le Seigneur a dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » ;[712]13  et s’il ne peut persévérer dans la prière nuit et jour sans relâche, qu’il prie aux heures que nous avons nommées.

14 Les Apôtres ont dit, au onzième chapitre :

15 Ne sois pas partagé de cœur dans ta prière, te demandant si ce que tu as souhaité s’accomplira ou non.

16 Les Apôtres ont dit, au quarante-troisième chapitre :

17 Les fidèles, à l’heure où ils s’éveillent de leur sommeil, prient avant de s’occuper de quoi que ce soit,18  et après cela ils vont à leurs occupations.

19 Et ils ont dit, au quarante-septième chapitre :

20 Tout fidèle et toute fidèle, quand ils se lèvent à l’aube, avant de faire aucun ouvrage, se lavent les mains, prient Dieu, puis vont à leur travail.

[ La prière de la troisième heure ]

21 Si tu es en ta maison, prie à la troisième heure, et loue Dieu ;22  et si tu es en un autre lieu, prie Dieu en ton cœur,23  car en cette heure le Christ fut vu cloué sur le bois ;[713]24  c’est pourquoi la Loi ordonne d’élever le pain de l’offrande à la troisième heure,25  en figure du corps et du sang sacrés du Christ ; et l’immolation de l’agneau est la figure de l’Agneau parfait.

[ La prière de la sixième heure ]

26 Priez à la sixième heure, car lorsque le Christ fut suspendu au bois, ce jour se partagea et il se fit des ténèbres ;[714]27  nous prions donc à cette heure d’une prière fervente, imitant la voix de celui qui pria et fit que toute la création s’obscurcît.

[ La prière de la neuvième heure ]

28 Faites aussi une grande prière à la neuvième heure, avec des louanges,29  pour connaître la figure : comment les âmes des justes bénissent Dieu en vérité, lui qui s’est souvenu de ses saints et leur a envoyé son Fils, qui est son Verbe, pour les illuminer ;30  car en cette heure le Christ fut percé au côté, et il en sortit du sang et de l’eau ; et après cela il illumina d’autres, le reste de ce jour jusqu’à la nuit.[715]

[ La prière du couchant ]

31 Quand le jour est achevé et qu’un autre a commencé, fais comme au matin, et prie avant de donner du repos à ton corps.

[ La prière de minuit ]

32 Et prie quand tu te lèves à minuit ; lave tes mains et prie ;33  et si tu as une épouse, priez ensemble ;34  et si elle n’est pas encore devenue croyante, qu’elle ne prie pas ; prie seul, et retourne à ta place.

[ La préparation à la prière de minuit ]

35 Toi qui es uni à une épouse, ne t’attarde pas loin de la prière, car vous n’êtes pas impurs au point de ne pouvoir prier ;36  ceux qui ont été baptisés n’ont pas besoin d’un nouveau bain, car ils sont purs ;[716]37  quand tu souffles sur tes mains et te marques du signe avec le souffle qui sort de ta bouche, tu es pur jusqu’aux pieds — et ce souffle, c’est l’Esprit Saint ;38  et les gouttes de l’eau du baptême montent d’une source, qui est le cœur du croyant.39  Il faut prier en cette heure, car les anciens nous l’ont transmis,40  puisque tous les ordres des anges servent, et que les âmes des justes louent Dieu en cette heure ;41  c’est pourquoi le croyant doit prier à cette heure.

[ La prière du matin ]

42 Quand le coq chante, prie ; car les fils d’Israël emmenèrent le Christ au chant du coq ;43  nous l’avons consigné, étant remplis d’espérance.

44 Les Apôtres, au cinquante-huitième chapitre :

45 Que les serviteurs de Dieu ne prient pas avec des hérétiques, ni dans leur maison.

46 Clément, au deuxième chapitre :

47 Si quelqu’un prie avec eux, qu’il ne participe pas aux mystères ; et même s’il n’a fait que prier dans leur maison, qu’il soit séparé.

48 Hippolyte, au vingt-cinquième chapitre :

49 Il rappelle les heures où les prières sont dues, et il dit encore :50  à l’heure où le soleil se couche, ils prient, car c’est l’achèvement du jour ;51  et nous insistons sur la prière de minuit.

52 Hippolyte, au vingt-septième chapitre :

53 Tout jour où l’on ne prie pas à l’église, qu’on ait un livre où l’on lise ;54  le chrétien lave ses mains en tout temps, et prie ;55  et ceux qui sont unis par le mariage — même s’il se lève d’auprès de son épouse —, qu’il prie,56  car le mariage n’est pas impur, et il n’a besoin ni de laver les mains ni d’autre chose,[717]57  car l’Esprit Saint marque le corps du croyant et le purifie tout entier ;58  et nous insistons sur la prière de minuit, et à l’heure où le coq chante.

59 Basile, au vingt-deuxième chapitre :

60 Il rappelle les heures déjà nommées, et il a dit :61  nous prions au moment de manger, pour que le Seigneur bénisse notre pain ;62  et quand nous avons fini, pour que Dieu bénisse notre nourriture et nous prépare ce qu’il convient de manger.[718]

63 Paul l’Apôtre a dit, dans sa première lettre aux Corinthiens, au douzième chapitre :[719]

64 Tout homme qui prie ou communie la tête couverte déshonore sa tête ;65  et toute femme qui prie ou communie la tête découverte déshonore sa tête.

 

Fin du quinzième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE SEIZIÈME[720]

Du serment et du renoncement à la colère

Le saint Basile a dit, au cinquante-neuvième chapitre de ses canons :

Que nul du clergé ne jure en aucune façon, contre ses canons et les commandements du Seigneur.

Et il a dit, au soixante-sixième chapitre :

Un membre du clergé qui jure faussement au nom du Seigneur, qu’il soit exclu trois ans.

Et il a dit, au quatre-vingt-troisième chapitre :

Si un membre du clergé jure des serments vains, ou de quelque manière que ce soit, qu’il soit corrigé afin de s’abstenir du serment.[721]

Le neuvième chapitre de la Didascalie :

10 Si tu veux être chrétien, suis la loi du Seigneur et romps les liens du mal, car le Sauveur a dit :11  « Tu as le pouvoir de pardonner les fautes des autres jusqu’à sept fois, voire soixante-dix fois sept » ;[722]12  que tes œuvres surtout écartent la colère ; et si l’autre ne le fait pas, hâte-toi, toi, pour l’amour de Dieu, pardonne à ton frère, afin d’être fils de ton Père qui est aux cieux.

[ Et il a dit au huitième chapitre de la Didascalie : ]

13 « Qui se met en colère contre son frère mérite la condamnation » ;[723]14  et s’il arrive, par la volonté de Satan, que vous vous irritiez contre quelqu’un, que le soleil ne se couche pas sur votre colère ;[724]15  David a dit : « Irritez-vous et ne péchez point » ;[725]16  Salomon a dit : « Voici : qui abonde en malice encourt la mort. »[726]

17 L’Évangile a dit :

18 « Si tu apportes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes qu’il existe entre toi et quelqu’un du ressentiment,19  laisse ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; après quoi présente ton offrande » ;[727]20  car l’offrande de Dieu, c’est la prière et l’action de grâce.

[ Basile a dit, au quatre-vingt-troisième chapitre : ]

21 Si quelqu’un ose jurer sans retenue : « Par celui qui a créé le Christ ! », s’il est laïc, qu’il soit renvoyé ; s’il est prêtre, qu’il soit retranché et écarté des mystères.[728]

 

Fin du seizième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME[729]

De l’étranger venu d’un pays lointain

dont on s’enquiert et à qui l’on fait bon accueil

[ Le dixième chapitre de la Didascalie : ]

Si un frère ou une sœur vient d’un autre pays, portant des lettres qui attestent qu’ils sont droits dans la foi,[730] que le diacre s’enquière d’eux : sont-ils croyants ? fréquentent-ils l’église, ou non ? et sont-ils souillés de quelque hérésie ? et l’on demande de la sœur : est-elle mariée ou veuve ? Et quand on a reconnu qu’ils sont croyants, alors on les introduit à l’église, et l’on fait asseoir chacun d’eux à la place qui lui convient.

Si celui qui est venu est prêtre, que les prêtres le reçoivent et communient avec lui ;10  s’il est diacre, que les diacres le reçoivent ;11  et s’il est évêque, que l’évêque le fasse asseoir auprès de lui, au même rang ;12  qu’il lui demande de dire la parole de l’enseignement, et le prie de célébrer pour lui l’oblation ;13  et s’il craint de l’offrir, pour ne pas abaisser ton rang, oblige-le du moins à dire la bénédiction.

14 Clément, au dixième chapitre de son livre :

15 Si un membre du clergé déposé ou excommunié se rend en une ville et y séjourne, qu’il soit séparé, ainsi que ceux qui l’accueillent.

16 Et il a dit, au vingt-quatrième chapitre de ses canons :

17 On ne reçoit pas un évêque étranger, ni un prêtre, ni un diacre, sinon s’ils ont avec eux des lettres de communion ;18  et s’ils n’en ont pas, qu’on pourvoie à leurs besoins, mais qu’on ne communie pas avec eux.

19 Hippolyte :

20 Un prêtre qui s’en va et s’établit en des lieux qui ne sont pas les siens, et que le clergé de ce lieu reçoit :21  qu’on envoie s’informer auprès de l’évêque de son siège, de peur qu’il n’ait fui pour quelque cause ;22  et si la ville est éloignée, qu’on l’éprouve, et après cela qu’on communie avec lui et qu’on lui fasse honneur.

23 Il a dit, au concile d’Antioche :

24 Ne reçois pas un étranger sinon avec une lettre,25  et de telles lettres ne sont délivrées que par les évêques.[731]

26 Le dixième chapitre de la Didascalie :

27 Si tu es assis, ô évêque, et qu’entre dans ta ville quelqu’un de louable et d’estimé dans sa conduite, étranger ou du pays, et qu’il se présente,28 tandis que toi, ô évêque, tu dis la parole de Dieu, ou qu’il écoute le chantre ou les prêtres,29  n’interromps pas pour cela l’écoute de la parole, par égard pour lui, et ne l’appelle pas d’emblée à la première place ;30  mais demeure paisible, sans rien retrancher de ta prédication ;31  que les frères plutôt le reçoivent parmi eux, sur l’ordre des diacres ;32  et s’il n’y a pas de place pour lui, que les diacres fassent lever, avec douceur et sans rudesse, le plus jeune de tous, et que cet homme s’asseye ;33  il convient que celui qui a de la charité le fasse de lui-même ; et s’il ne le veut pas, qu’on le fasse lever malgré lui.[732]

34 Si un homme du pays ou un étranger se présente, vieillard ou jeune, et qu’il n’y ait pas de place où il puisse s’asseoir, qu’il se dirige vers la demeure du diacre ;35  et de même la diaconesse agit pour la femme, dans la maison des femmes, qu’ils soient pauvres ou riches.

 

Fin du dix-septième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE DIX-HUITIÈME[733]

Des livres qu’il faut lire

et du soin dû aux orphelins

Première section, dans la Didascalie :[734]

Si tu veux lire les histoires, tu as les Livres des Rois. Si tu recherches la philosophie, tu as les livres des Prophètes, de Job et de Salomon : il s’y trouve une belle philosophie, car c’est la parole du seul Dieu, le Sage. Et si tu veux chanter, tu as les Psaumes de David. Si tu veux connaître la naissance des premiers ancêtres, tu as le Pentateuque ;[735] et si tu veux connaître les préceptes, tu as la Loi. Lis aussi dans l’autre Loi.[736]

10 Clément a dit, en la cinquante-cinquième section de ses canons :[737]

11 Que tous ces livres soient tenus pour purs et vénérables. Les voici :

12 L’Ancien Testament : les cinq livres de Moïse ; Josué ; le livre des Juges ; Ruth ; les deux livres des Rois ; les Paralipomènes des Rois ; Esdras, le premier et le second, en un seul livre ;[738]13  Job et les Psaumes ; les Proverbes de Salomon ; le Cantique ; les douze petits Prophètes ; Isaïe, Jérémie, Daniel, Ézéchiel ; la Sagesse de Salomon ; Jésus fils de Sirach.[739]

14 Le Nouveau Testament : les quatre Évangiles ; les Épîtres de Paul ; les Épîtres catholiques ; les Actes ; l’Apocalypse.[740]

15 De l’assiduité à la lecture des Livres, et du soin des orphelins

16 Commencement de la Didascalie :[741]

17 Souviens-toi des paroles du Christ, et lis-les en tout temps.18  Que le Livre soit en ta demeure, avec sa Loi, nuit et jour ;[742]19  soit que tu marches aux champs, soit que tu montes ; à toute heure de ton coucher et de ton labeur, afin que tu sois instruit en toute chose.

20 Clément a dit, en la quarante et unième section de ses canons :

21 Si quelqu’un produit dans l’église les livres des insensés — écrits et fables — au lieu des saintes Écritures, qu’on les remette aux prêtres ; et tiens-toi aux Livres saints, afin d’en tirer profit.[743]

22 La Didascalie, en sa douzième section :

23 Lorsque quelques-uns des enfants des chrétiens deviennent orphelins, ayant perdu leurs pères,24  il convient à celui qui a un fils d’en prendre un d’entre eux et de le mettre auprès de lui, à la place d’un fils.25  Et celui qui a des enfants, lorsque approche le temps de leurs noces, qu’il donne pour épouse à son fils la jeune fille qu’il aura élevée, et qu’il en fasse la femme de son fils.[744]26  Et c’est là une grande œuvre, si tu l’accomplis : tu seras un père pour les orphelins, et la récompense de ce service te viendra du Seigneur.

27 La Didascalie, en sa treizième section :

28 Vous, ô évêques, prenez soin des petits orphelins, et ne souffrez pas qu’il leur manque rien ;29  faites-les de votre maison ; et les jeunes gens, appliquez-vous à les marier ;30  la jeune fille que vous élevez, si elle parvient à l’âge sans être mariée, alors donnez-la pour épouse à un frère fidèle ;31  et celui qui est petit, soutenez-le jusqu’à ce qu’il apprenne un métier, en sorte qu’il exerce un métier et vive par lui-même ;32  et ne manquez point à votre devoir envers l’étranger, l’orphelin, la veuve et les faibles.

33 La Didascalie, en sa vingt-quatrième section :

34 Nous enseignons aux veuves et aux orphelins à recevoir ce qu’on leur donne avec action de grâces, avec tremblement et crainte,35  et à rendre grâces à Dieu, qui donne la nourriture aux affamés,36  et à lever les yeux en haut.[745]

 

Fin du dix-huitième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME[746]

Du jeûne et de la Pâque

et des mercredis et des vendredis

La Didascalie, en sa dix-huitième section :

[ Le jeûne des Quarante ]

Que le jeûne des Quarante soit tenu en grand honneur parmi vous, en mémoire de l’excellence et des bienfaits qui sont du Seigneur ; et que ce jeûne s’accomplisse avant la Pâque ; sa durée sera depuis le lundi de la seconde semaine, et son achèvement le vendredi qui précède la Pâque.[747]

[ La semaine de la Pâque ]

Et après cela, appliquez-vous à accomplir la semaine sainte de la Pâque, et jeûnez tous, avec crainte et tremblement ; et priez pour celui qui s’en est allé à sa perte ;[748] car au premier jour du premier mois — Akistios, qui est Baramhât —, les Juifs, transgresseurs de la Loi, tinrent conseil contre le Seigneur ;[749]10  et au troisième jour de la semaine, le conseil se multiplia entre eux ;11  et au quatrième jour de la semaine, ils résolurent sa perte par la mort de la croix.[750]

12 Et lorsque Judas connut cela, il se perdit. Or il avait déjà, bien des jours auparavant, engagé sa langue ; mais surtout en ces jours-là, Satan le jeta dans l’amour de l’argent ;13  et il avait été auparavant établi gardien de la bourse, et il dérobait ce qui était aux pauvres ;14  et le Seigneur ne le rejeta point, à cause de sa longanimité envers nous ;15  mais, tandis que nous mangions avec lui, il voulut le reprendre, et nous fit connaître aussi son larcin ;16  et il dit : « En vérité je vous le dis, l’un de vous me livrera » ;17  et chacun d’eux dit : « Est-ce moi ? » ;18  Alors je me levai, moi qui suis du nombre des Douze — car il m’aimait plus que mes compagnons —, le priant de me faire connaître qui était celui qui le livrerait ;19  et même ainsi il ne nomma point son nom, mais il nous donna deux signes, le mercredi et le jeudi :20  le premier, sa parole : « Celui qui met la main avec moi dans le plat » ; et le second, sa parole : « Celui à qui je donnerai le pain trempé, c’est lui » ;21  Alors ce disciple dit : « Est-ce moi, Maître ? » ;22  et le Seigneur ne lui dit rien, mais il lui dit : « Tu l’as dit » ;23  il entendait par là celui qu’il désignait ; et pour cette cause il dit : « Celui qui livre le Fils de l’homme, mieux eût valu pour lui n’être point né » ;24  et après qu’il eut entendu toute cette parole, il s’en alla vers les prêtres et leur dit :25  « Que voulez-vous me donner, pour que je vous le livre ? » ;26  et ils convinrent avec lui de lui donner trente pièces d’argent.

27 La Didascalie, de sa trente-huitième section :

28 Elle rappelle ce qui incombe à l’évêque touchant le jeûne, selon ce qui en a été dit en son lieu, et elle dit :29  Que la sainte Oblation soit offerte les deux jours, le samedi et le dimanche ;30  et que la lecture suivie soit commencée dès le matin ;31  et de même aux jours des fêtes qui tombent au milieu de la semaine ;32  puis, si un jour de fête tombe en l’un des deux jours de jeûne, qui sont le mercredi et le vendredi,33  qu’ils prient, mais ne consacrent l’Oblation qu’à la neuvième heure.[751]

34 Les purs Disciples ont dit, en la trente-huitième section de leurs canons :

35 L’évêque ne peut jeûner, sinon le jour où jeûne tout le peuple.

36 Et ils ont dit aussi, en leur quarantième section :

37 Touchant la Pâque : celui qui ne peut jeûner les deux jours, qu’il jeûne le samedi, pour cause de nécessité ;38  et qu’il s’abstienne et ne goûte rien que du pain, du sel et de l’eau.39  Et si quelqu’un est en voyage et ne connaît point le jour de la Pâque, qu’il jeûne après les Cinquante ;[752]40  et ce n’est point là une Pâque, mais une figure ; et il lui incombe d’en jeûner l’équivalent.

41 Clément, en la quatrième section de ses canons :

42 Si un évêque, un prêtre ou un diacre célèbre la Pâque avec les Juifs, avant l’équinoxe de la nuit et du jour, qu’il soit déposé.[753]

43 Clément, en la quarante-neuvième section :

44 Un évêque, un prêtre, un diacre, un lecteur, ou quiconque dit : « Je suis chrétien », s’il ne jeûne les Quarante, le mercredi et le vendredi, qu’il soit déposé,[754]45  à moins qu’il n’ait une maladie ; et s’il est laïc, qu’il soit retranché.46  Et quiconque jeûne avec les Juifs, ou fête avec eux, ou reçoit leurs azymes ou quelque chose du leur, qu’il soit déposé ;47  et s’il est laïc, qu’il soit retranché.

48 Hippolyte, en la dix-neuvième section de son livre :

49 Les jours de jeûne qui sont nommés : le mercredi, le vendredi, et les Quarante ; et celui qui y ajoute obtient miséricorde ;50  mais celui qui transgresse, sans maladie, ni détresse, ni nécessité, est hors du canon,51  et il est transgresseur envers Dieu, qui jeûna pour nous.

52 Les Trois Cent Dix-Huit ont dit :[755]

53 Quant au jeûne du mercredi et du vendredi, il est jusqu’à la neuvième heure ;54  et celui qui fait davantage, cela est selon sa propre dévotion.

55 Les conciles d’Antioche, en la première section :

56 Quiconque ose retrancher quelque chose des bornes que fixa la sainte Assemblée — celle qui se tint à Nicée, en présence du grand roi Constantin, touchant la sainte fête qui est la Pâque —, qu’il soit chassé de l’Église ;57  et quiconque communie avec lui après cela, qu’il déchoie de notre dignité.

58 Et il est dit, en la soixante-cinquième section :

59 Il n’est point permis, dans les Quarante, de rompre le jeûne en la cinquième semaine et de célébrer la Pâque au sein des Quarante ; mais le jeûne est obligatoire en toutes les semaines.60  Il n’est point permis, dans les Quarante, de célébrer la fête des martyrs en semaine ; mais on peut la célébrer le samedi et le dimanche.

61 Antioche, en la soixante-seizième section :

62 Il n’est point permis, dans les Quarante, de faire des noces ni un festin de naissance.

63 Basile, en la trentième section :

64 Le jeûne des deux jours, mercredi et vendredi, est jusqu’à la neuvième heure ;65  et si quelqu’un du clergé les rompt sans maladie, ou rompt les quarante jours, il est déposé ; et s’il est laïc, il est chassé.66  Si un jeûne coïncide avec l’une des fêtes des martyrs, et qu’un évêque ou un prêtre permette au peuple de rompre le jeûne, sous le prétexte de la mémoire des martyrs,67  cet évêque ou ce prêtre est déposé, car il s’est fait cause de la perte de beaucoup d’âmes ;68  et s’ils rompent le jeûne d’eux-mêmes, qu’ils soient chassés ;69  car il n’est point permis de rompre le jeûne aux fêtes des martyrs, lorsqu’elles tombent un jour de jeûne ;70  parce que les martyrs sont morts affamés et assoiffés, et ont été consumés par le feu.[756]

71 Quant au jour de la Nativité de notre Sauveur, et au jour des Lumières, qui est la Théophanie,[757]72  la sainte Assemblée réunie à Nicée a commandé que l’Oblation fût offerte de nuit ;73  ce n’est point que nous haïssions le jeûne, ni que nous en fassions peu de cas ;74  mais nous glorifions la fête — celle qui est un deuil pour les hérétiques, et leur humiliation.[758]75  Et les Cinquante sont notre commencement : le jeûne y est dénoué, et nous le rompons durant ces jours, jusqu’à l’accomplissement de six semaines.[759]

76 Et dans la première semaine des Quarante, que l’on jeûne jusqu’au coucher du soleil ; et après elle, jusqu’à la onzième heure ;77  et dans la Grande Pâque, jusqu’à ce que nous voyions l’étoile.[760]78  et que nul ne contente le désir de son cœur en ces jours, par la convoitise de la nourriture.

79 Aux jours de la Pâque, que votre nourriture soit du pain, de l’eau et du sel ;80  et que rien de doux ne soit mangé, car en ce jour ils donnèrent du fiel à Dieu le Verbe ;[761]81  et ne vous parez d’aucun ornement en ces jours ;82  et souvenez-vous des souffrances, et souvenez-vous de ce qui advint à notre Maître sur la croix ;83  et que les femmes ôtent leurs parures en ces jours.

84 Et que chacun s’efforce de se garder, dans les Quarante et la Pâque, car en eux sont notre pardon et notre salut ; et il sied que l’on demeure séparé de la couche conjugale durant tous les Quarante, du premier jour jusqu’au dernier ; et malheur à qui manque à cela aux jours de la Pâque,[762]85  fussent-ils même deux époux unis en cette année-là ;86  et si quelqu’un ose cet acte impur et rebelle, je dis : il n’est point pour lui de pardon ; et je l’affirme avec assurance.

87 Des canons des rois :[763]

88 Il ne convient point qu’il y ait, dans le Jeûne, rien des réjouissances ni des noces, ni contrat, ni mariage ;89  et l’on n’élève personne à l’ordination — ni magistrats, ni prêtres — et nul n’est promu à l’ordination durant le Jeûne ;[764]90  et l’on ne baptise point les catéchumènes ;91  et qu’il n’y ait, aux jours du Jeûne, que pleurs, supplication et prière instante vers Dieu, nuit et jour ; et qu’il n’y ait, aux jours du Jeûne, rien des affaires du siècle pour personne, en quoi que ce soit, sinon la seule prière pour un mort,[765]92  ou le baptême d’un enfant que l’on craint de voir mourir.[766]93  Et il est dû à Dieu, sur les fidèles zélés et observants d’entre les chrétiens, qu’ils jeûnent le jeûne des Disciples.[767]

 

Fin du dix-neuvième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGTIÈME[768]

Que nul n’aille au baptême des hérétiques

ni à leur oblation

Clément a dit, en la trente-quatrième section de ses canons :

Un évêque, un prêtre ou un diacre qui se rend au baptême des hérétiques ou à leur oblation, qu’il soit déposé.

Et il a dit, en la quarante-sixième section :

Si quelqu’un du clergé entre dans la synagogue des Juifs ou en un lieu d’hérétiques pour y prier, qu’il soit déposé ; et s’il est laïc, qu’il soit retranché.

Et il a dit, en la quarante-neuvième section :

Quiconque porte de l’huile ou une lampe au temple des nations ou à la synagogue des Juifs, qu’il soit retranché.[769]

 

Fin du vingtième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT ET UNIÈME[770]

Des jours où ne sont dus

ni jeûne ni prosternation

La Didascalie a dit, en sa trente et unième section :

Tous les samedis, hormis le samedi de la Pâque, et tous les dimanches, offrez ensemble l’Oblation dans l’église, et réjouissez-vous ;[771] et quiconque jeûne un dimanche, qui est le jour de la Résurrection, est repris comme pour un péché ; de même celui qui fait cela durant les jours de la Cinquantaine, ou qui s’attriste aux jours des fêtes du Seigneur, où il nous faut nous réjouir et non nous attrister.

Et en la trente-huitième section :

Que l’Oblation soit offerte le samedi et le dimanche ; et vous commencez la lecture suivie dès le matin, et de même aux jours des fêtes qui tombent au milieu de la semaine ;10  et si un jour de fête tombe en l’un des deux jours de jeûne, qui sont le mercredi et le vendredi, que l’on jeûne encore,11  et qu’ils participent aux saints Mystères, mais ne rompent le jeûne qu’à la neuvième heure.

12 Clément a dit, en la quarante-cinquième section :

13 Un membre du clergé qui jeûne le dimanche ou le samedi — hormis le Grand Samedi qui est de la Pâque —, qu’il soit déposé.[772]

14 Les Trois Cent Dix-Huit ont commandé, touchant ce qui concerne les moines :

15 Quant au samedi, on n’y jeûne point par obligation ; mais c’est une bonne œuvre d’y jeûner, le samedi, jusqu’au coucher du soleil ;16  ou plutôt jusqu’à l’heure requise, qui est la sixième ou la septième, non davantage.[773]

17 Des temps où la prosternation n’est point requise

18 Les Trois Cent Dix-Huit :

19 Il en est qui se prosternent aux jours des dimanches et aux jours de la Cinquantaine ;20  afin que tout fût gardé partout dans les mêmes bornes, d’un commun accord, l’Assemblée choisit de le leur ôter, en sorte qu’ils priassent debout,21  et qu’ils ne se prosternassent point les nuits des dimanches, ni après avoir reçu les saints Mystères.[774]

 

Fin du vingt et unième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME[775]

Des fêtes et des jours

où le repos est de précepte

[ Le dix-huitième chapitre de la Didascalie : ]

Ô nos frères, gardez les jours des fêtes, qui sont :

[ La Nativité ]

La fête de la Nativité du Seigneur : vous la célébrez le vingt-cinquième jour du neuvième mois, celui des Hébreux ; lequel est le vingt-neuvième du quatrième mois, celui des Égyptiens.[776]

[ La Théophanie ]

Et après celle-ci, la fête de l’Épiphanie : qu’elle soit vénérable parmi vous ; car en elle le Seigneur commença de manifester sa divinité, en son baptême dans le Jourdain par la main de Jean ; et vous la célébrez le sixième du dixième mois, celui des Hébreux ; lequel est le onzième du cinquième mois, celui des Égyptiens.[777]

[ Le Jeûne des Quarante, la Semaine sainte et la Pâque ]

10 Puis, qu’il soit vénérable parmi vous : le jeûne des Quarante jours, la semaine de la Pâque, et la fête de la sainte Pâque.

11 Et la Didascalie a dit, en sa trente et unième section :

[ Le dimanche de la Résurrection ]

12 Le saint dimanche : rompez votre jeûne, dans la joie ;13  car notre Seigneur Jésus-Christ est ressuscité des morts, et il est les arrhes de notre résurrection ;[778]14  et que cela soit pour vous une loi éternelle, jusqu’à la fin des siècles, jusqu’à ce que le Seigneur vienne.

[ Le dimanche de Thomas ]

15 Et après huit jours, qu’il y ait pour vous une fête ;16  car en ce huitième jour le Seigneur me combla, moi Thomas,17  lorsque je ne croyais point à sa résurrection, et il me montra les marques des clous en ses mains,18  et les marques de la lance en son côté.[779]

[ L’Ascension ]

19 Et depuis le jour de la première semaine, comptez quarante jours, jusqu’au cinquième jour de la semaine ;[780]20  puis célébrez la fête de l’Ascension du Seigneur, en laquelle furent toutes les économies et tous les ordres,21  et son ascension vers le Père qui l’avait envoyé ;22  et il s’assit à la droite de la Puissance, étant sur le point de faire de ses ennemis l’escabeau de ses pieds ;23  et il viendra à la fin des siècles, avec puissance et grande gloire, pour juger les vivants et les morts, et rendre à chacun selon ses œuvres.[781]

[ La Pentecôte ]

24 Et dix jours après la fête de l’Ascension ;25  c’est le jour où, si l’on compte depuis le commencement de la première semaine, les cinquante jours s’accomplissent ;26  qu’il soit pour vous une grande fête ;27  car en ce jour, à la troisième heure, notre Seigneur Jésus nous envoya le Paraclet, qui est l’Esprit Saint ;[782]28  et nous fûmes remplis de sa volonté, et nous parlâmes en des langues et des idiomes nouveaux, ainsi qu’il demeure en nous,29  et nous annonçâmes aux nations et aux Juifs que le Christ est celui qui juge les vivants et les morts.

[ Après la Cinquantaine ]

30 Et après que vous aurez achevé la fête de la Cinquantaine, célébrez encore une semaine ;31  et après celle-ci, jeûnez une autre semaine ;32  car il faut nous réjouir du don de Dieu qu’il nous a fait, puis nous jeûnons après le repos.[783]

33 Et les Disciples ont dit, en la soixante-sixième section :

[ La semaine de la Pâque et la fête ]

34 Ne travaillez point durant la semaine de la Grande Pâque, ni durant celle qui la suit, qui est la fête :35  la première, parce que c’est en elle que le Seigneur fut crucifié ;36  et la seconde, parce qu’en elle il ressuscita des morts ; et il importe que vous sachiez qu’il est mort et ressuscité des morts.

[ Le jour de l’Ascension ]

37 Ne travaillez point au jour de l’Ascension, car en lui fut accomplie l’économie du Christ.[784]

[ Le jour de la Pentecôte ]

38 Ne travaillez point non plus au jour de la Pentecôte, car il est la manifestation de l’Esprit Saint, qui descendit sur ceux qui croient au Christ.

[ Le jour de la Nativité ]

39 Ne travaillez point au jour de la Nativité du Christ, car la grâce fut donnée aux hommes en ce jour, promptement,40  lorsque Dieu le Verbe, Jésus-Christ, naquit de Marie la Vierge.

[ Le jour de la Théophanie ]

41 Ne travaillez point au jour de la Théophanie, car en ce jour se manifesta la divinité du Christ.

[ Le jour des Apôtres ]

42 Ne travaillez point non plus au jour des Apôtres, car ce sont eux qui devinrent vos maîtres pour la connaissance du Christ,43  et ils vous rendirent dignes de participer au don de l’Esprit Saint.

[ Le jour d’Étienne et de tous les martyrs ]

44 Ne travaillez point au jour d’Étienne, le premier des martyrs, ni à celui de tous les autres martyrs ;45  ce sont ceux qui aimèrent le Christ plus que leur propre vie.

46 Antioche, en la cinquante-deuxième section :

47 Il ne convient point aux chrétiens de chômer le samedi à la manière des Juifs, mais de travailler ce jour-là en chrétiens ;48  et de glorifier le dimanche, s’ils veulent garder un jour de repos ;49  et s’ils trouvent quelqu’un qui agit selon les œuvres des Juifs, qu’il soit rejeté de la face du Christ.[785]

 

Fin du vingt-deuxième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT-TROISIÈME[786]

Qu’il n’est pas permis au fidèle d’aller aux assemblées païennes

ni aux astrologues, aux spectacles, aux charmeurs, aux magiciens et aux devins

La Didascalie, en sa onzième section :

Gardez-vous aussi de vous adonner à ce qui fait votre perte, savoir le rassemblement avec les nations et leurs assemblées, car c’est pour vous ruine et séduction ; Dieu n’a point de part avec Satan ; celui donc qui s’assemble avec ceux qui méditent les choses du démon est compté comme l’un d’eux, et hérite de la malédiction. Il n’est pas permis au fidèle de passer par les lieux des fêtes des nations.[787]

Et les Disciples ont dit, en la vingt-septième section :

Celui qui se rend aux lieux des idoles, qu’il s’en abstienne ou qu’il soit chassé ; et le prêtre des idoles, ou son gardien, qu’il s’en abstienne ou qu’il soit chassé ;10  et celui qui apprend la feinte et le combat, ou le métier des armes, qu’il s’en abstienne ou qu’il soit chassé.[788]

11 Et ils ont dit, en la vingt-huitième section :

12 Un astrologue, ou un homme à l’astrolabe, ou un interprète de songes, ou un séducteur des foules, ou celui qui achète des vêtements aux profanateurs de sépultures, ou qui fabrique des amulettes, qu’il s’en abstienne.[789]

13 Les Disciples ont dit, en la soixante-huitième section :

14 Un sorcier, ou un astrologue, ou un devin, ou un homme à l’astrolabe, ou celui qui choisit les jours, ou un charmeur de serpents, ou un fabricant d’amulettes,15  ou un interprète de songes, ou celui qui scrute l’aspect du ciel, ou qui tire des présages du boiteux ou de l’aveugle, ou qui court après les oiseaux lorsqu’ils crient, ou qui prend des augures : on les éprouve un temps ; s’ils s’en abstiennent, [qu’ils demeurent] ; sinon, qu’ils soient chassés.[790]

16 Clément, en la trente-troisième section :

17 L’évêque, ou le prêtre, ou le diacre qui s’adonne aux spectacles et s’abandonne à l’ivrognerie, qu’il cesse ou qu’il soit déposé ;18  le sous-diacre et le lecteur, s’il ne cesse lui aussi de cela, qu’il soit chassé.[791]

19 Hippolyte, en la vingt-deuxième section, dit :

20 Fuyez tous ceux-là, et celui qui combat contre les bêtes ; et ne leur adressez aucune parole sainte, à moins qu’ils ne se purifient ;[792]21  et après quarante jours, ils pourront recevoir la parole.

22 Ancyre, en la vingt-quatrième section :

23 Les astrologues, et ceux qui suivent les opinions des nations, et ceux qui introduisent en leurs maisons [des gens] pour la sorcellerie et les jeux de hasard, qu’ils soient sous la pénitence cinq ans :[793]24  trois ans écartés du peuple, et deux ans sans communion.

25 Basile, en la trente-quatrième section :

26 Si un membre du clergé se rend chez un astrologue, ou un devin, ou un enchanteur, ou un charmeur : s’il est prêtre, qu’il soit chassé dix ans ;27  et s’il est diacre, qu’il soit chassé trois ans ; et s’il est lecteur ou chantre, deux ans, ou un an ; et s’il est laïc, qu’il soit chassé sept semaines.[794]

28 Basile, en la trente-cinquième section :

29 Le chrétien n’écoutera point la parole de celui qui lui dit : « Garde sur toi un fer puissant qui chasse les démons » ;30  car si les démons craignaient le fer, à quoi eussent servi les chaînes et les entraves à celui que le Seigneur guérit ?[795]

 

Fin du vingt-troisième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME[796]

Du serment par le nom des idoles

ou de la mention de leurs noms

La Didascalie, en sa trentième section :

Les serments par les idoles, ou la mention de leurs noms impurs — soit que nous les prononcions par dérision de nos lèvres, soit que nous les redoutions comme s’ils étaient des dieux —, sont un acte abject qui irrite Dieu ; car elles ne sont point des dieux, mais des démons que les hommes adorent.

Le Seigneur dit, en un endroit, aux enfants d’Israël :

« Ils m’ont rejeté, et ont juré par ce qui n’est point Dieu » ;[797] et il dit touchant les fidèles : « J’ôterai le nom des idoles de leur bouche » ;[798]et : « Ne jure point par les luminaires du ciel, ne les sers point et ne te prosterne point devant eux comme devant des dieux » ;[799] et : « que vous ne leviez point les yeux vers le soleil, la lune et les étoiles, pour vous prosterner devant eux ».[800]

Et il dit en un autre endroit : « Ne sortez point vers les lieux des nations, et ne craignez point les signes du ciel. »[801]

10 Ô homme de Dieu, quel qu’il soit, tout chrétien accompli ne jurera ni par le soleil, ni par la lune, ni par les étoiles, ni par le ciel, ni par des images, ni par aucun des éléments, ni grand ni petit.[802]

11 Basile a dit, en la vingt-troisième section de ses canons :

12 Les mages, qui usent de sortilèges et renient Dieu sans crainte —[803]

13 L’Assemblée a dit : qu’ils demeurent hors de l’Église trente ans, parce qu’ils ont renié le Christ.

14 Basile, en la trente-septième section :

15 Une femme, dans le lieu du repos, qui danse ou charme la compagnie par un chant suave, d’une douceur trompeuse :[804]16  si elle abandonne son métier, qu’elle demeure quarante jours avant de participer aux Mystères.

17 Basile, en la soixante-quatorzième section :

18 Le lecteur, s’il apprend à jouer de la cithare, est averti de n’y plus revenir ;19  et s’il le fait encore, il est déposé et chassé de l’Église.

 

Fin du vingt-quatrième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME[805]

De ceux qui font l’aumône

et de l’exhortation à la charité

Le sixième chapitre de la Didascalie :

Celui qui donne l’aumône à la veuve, qu’il en donne le double aux diacres et aux prêtres, parce qu’ils servent, et qu’ils tiennent la place des apôtres du Seigneur ; quant au lecteur et au reste du clergé, ils reçoivent une seule part.

La Didascalie, en sa treizième section :

Celui qui reçoit l’aumône pour subvenir à l’orphelin, ou pour la faiblesse de la vieillesse, ou pour une maladie qui l’a frappé, ou pour une famille nombreuse, ou pour ses enfants, il n’encourt aucun blâme : c’est au contraire un honneur, et le Seigneur l’honore, car ce qu’il reçoit est offert comme une oblation à Dieu ; mais qu’il prenne ce qu’il prend sans insolence ni paresse, et qu’il paie de retour, par la prière et selon son pouvoir, celui qui lui donne.

10 Mais malheur à celui qui a de quoi vivre et prend néanmoins, et à celui qui peut se suffire à lui-même et convoite de prendre à autrui :11  celui-là, Dieu lui en demandera compte, en vérité, au jour du jugement.12  Et celui qui prend par cupidité ou par paresse, Dieu lui en demandera compte, car il a ravi aux pauvres leur pain.13  Et celui qui a de l’argent et ne donne point aux nécessiteux, ni ne leur accorde ce dont ils ont besoin, s’est acquis à lui-même le lieu du serpent ;[806]

14 Les Écritures disent à son sujet : « Il a amassé des richesses, et il ne les goûtera point. »[807]

15 Et celui qui est ainsi n’est point croyant en Dieu, mais en ses biens ; ses biens sont ses dieux, car il se confie en eux ;[808]16  il est l’ennemi de sa propre âme, et n’est l’ami de personne ; ses possessions s’en vont avec lui à la perdition, et des étrangers les dévorent, de son vivant ou après sa mort.

17 Le douzième chapitre de la Didascalie :

18 Celui qui est riche et ne donne point à l’orphelin, qu’il sache que Dieu est le Père des orphelins et des veuves ;19  quant à lui, il tombera dans le remords, et dissipera tout ce qu’il a amassé par l’injustice ;20  et s’accomplira sur lui cette parole : « Ce que les saints n’ont point mangé, les Assyriens le mangeront. »[809]

21 Le dix-neuvième chapitre de la Didascalie :

22 Isaïe dit : « Partage ton pain entre toi et l’affamé, et fais entrer en ta maison les pauvres et ceux qui n’ont point de toit ; et quand tu vois un homme nu, revêts-le, et ne néglige point tes proches. »[810]23  Daniel dit : « Ô roi, agrée mon conseil : rachète tes péchés par l’aumône, et ton injustice par la miséricorde envers les pauvres. »[811]24  Salomon dit : « Par la miséricorde et la fidélité, les péchés sont purifiés. »[812]25  David dit : « Heureux celui qui a compassion du pauvre et de l’indigent au jour du Seigneur. »[813]26  Et encore : « Il a répandu ses biens et donné aux indigents ; sa justice demeure à jamais. »[814]27  Salomon dit : « Celui qui donne au pauvre donne au multiple, et sera récompensé, et ses péchés seront effacés par ce qu’il a donné. »[815]28  Et : « Celui qui ferme son oreille pour ne point entendre le pauvre criera lui aussi, et son cri ne sera pas entendu. »[816]

29 Le vingt-septième chapitre de la Didascalie :

30 Que celui d’entre vous qui n’a rien à donner jeûne, et mette de côté chaque jour la moitié de sa nourriture pour les saints ;[817]31  et que celui qui est dans l’aisance, par l’abondance de ses biens, les rassasie selon la grandeur de sa fortune et de sa puissance ;32  et celui qui donne tout ce qu’il possède pour délivrer les captifs de leurs liens devient vénérable devant le Christ.[818]

33 La Didascalie, en la trente-quatrième section :

34 Celui qui donne, que ce soit une aumône secrète, afin qu’elle soit agréée devant le Seigneur ;35  comme il a dit : « Quand tu fais miséricorde, que ta main gauche ne sache point ce que fait ta main droite ;36  et que ta miséricorde soit dans le secret, car ton Père voit ce qui est caché, et te récompensera au grand jour. »[819]

37 Clément, en la trente-neuvième section :

38 Un évêque ou un prêtre, s’il néglige un nécessiteux du clergé et ne le soulage point, qu’il soit retranché ;39  et s’il y persévère, qu’il soit déposé, comme meurtrier d’un frère.

40 La Didascalie, en la vingt-quatrième section :

41 Si une veuve mange du bien d’un homme inique, et prie pour lui, elle n’est point exaucée ;42  car Dieu connaît la parole, et il juge selon la justice à l’égard des injustes ;43  car il a dit : « Quand Moïse, Samuel et Élie se tiendraient devant moi pour eux, je n’exaucerais point ;[820]44  toi donc, ne prie point pour ce peuple, ne cherche point pour eux la miséricorde, et ne demande rien en leur faveur, car je ne t’exaucerai point. »[821]

 

Fin du vingt-cinquième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT-SIXIÈME[822]

De qui mérite l’aumône

et de qui ne la mérite pas

La troisième section de la Didascalie :

S’il se trouve une femme veuve capable de pourvoir elle-même à ce qui lui suffit des besoins de ce monde, et une autre qui n’est point véritablement veuve…[823]

 

Fin du vingt-sixième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME[824]

Du mariage et de son précepte

pour l’homme et pour la femme

[ Des canons des rois : ]

[ Le mariage des veuves ]

… pour eux, la bénédiction du couronnement n’est que d’une seule fois, à la première fois seulement, et elle demeure sur eux, fixe et permanente ;[825] et que la prière du prêtre pour eux soit de supplication ; et si l’un des deux ne s’est jamais marié, que celui-là seul soit béni ; telle est la règle pour les hommes et pour les femmes.

Il n’est point permis de festoyer aux noces des veufs qui se marient deux fois ou davantage, et que l’on unit ensemble ; et les prêtres ne se trouveront point aux lieux de leurs réjouissances, parce qu’ils ne les ont point bénis ; car les prêtres n’assistent aux lieux des noces que pour y donner leurs bénédictions.

Des canons d’Épiphane, qu’il composa pour l’empereur Justinien :[826]

Un évêque ne doit point assister aux fiançailles d’une jeune fille, ni s’en faire l’entremetteur.10  Un diacre ne doit point épouser une femme qui avait été fiancée à un autre, lequel est mort, car elle est désormais comptée au nombre des veuves ;11  et il n’épouse qu’une vierge, qui n’a été fiancée à personne.

12 Quiconque prend une femme pour lui-même sans la prière encourt la peine de la fornication, et qu’elle soit séparée de lui, après que la prière aura été dite sur elle ;[827]13  et si tu peux les séparer, fais-le, car la fornication n’est point un mariage, ni un commencement de mariage, et la séparation vaut mieux.

 

Fin du vingt-septième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT-HUITIÈME[828]

De la concubine

Les Disciples, en la vingt-neuvième section :

Une concubine, si elle appartient à un homme, qu’elle fût son esclave, qu’elle ait élevé ses enfants, et qu’elle soit sa seule compagne, qu’elle soit reçue ;[829] mais s’il en est autrement, qu’elle soit exclue.

Et ils ont dit aussi, en la soixante-troisième section :

Une concubine, si elle appartient à un homme qui n’est pas croyant, qu’elle fût son esclave, et qu’elle soit à lui seul, qu’elle soit reçue ; mais si elle est à d’autres avec lui, qu’elle soit exclue.

Hippolyte, en la seizième section :

10 Un chrétien qui a une concubine, surtout si elle lui a donné un enfant : s’il prend femme au-dessus d’elle et la renvoie, il est comme un meurtrier, à moins qu’il ne l’ait surprise en adultère.[830]

11 Basile, en la septième section de ses canons :

12 Celui qui a une concubine, s’il n’a point de femme, qu’il l’épouse ;13  et s’il a une femme, qu’il ne s’approche point de la concubine, car il n’est plus permis désormais qu’un homme garde une concubine.[831]

 

Fin du vingt-huitième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME[832]

Du divorce

Saint Basile a dit, en la dixième section de son livre :

Si un homme renvoie sa femme, que les deux demeurent ainsi jusqu’à ce qu’ils se réunissent ; et si l’un des deux meurt, l’autre est libre de se marier ; mais si l’un se marie avant que l’autre soit mort, celui qui se marie est condamné de la condamnation de la fornication.

Et il a dit, en la soixante et onzième section :

Un membre du clergé qui appose sa signature à un acte de divorce, qu’il soit retranché, jusqu’à ce que les deux séparés se réunissent l’un à l’autre.

Paul a dit, en son Épître aux Romains, en la neuvième section :

La loi a pouvoir sur l’homme aussi longtemps qu’il vit,10  comme la femme, liée à son mari tant qu’il vit, par la loi ; mais lorsque son mari meurt, elle est affranchie par la loi de son mari ;11  que si, du vivant de son mari, elle se marie, elle sera appelée femme adultère avec un autre homme ; mais lorsque son mari meurt et qu’elle devient à un autre, elle n’est point appelée adultère, car elle a été affranchie par la loi.[833]

12 Et de sa première Épître aux Corinthiens, en la sixième section :

13 Quant aux gens mariés, je leur ordonne — non pas moi, mais mon Seigneur — que la femme ne se sépare point de son mari ;14  que si elle se sépare, qu’elle demeure sans mari, ou bien qu’elle se réconcilie avec son mari ; et que l’homme ne renvoie point sa femme.[834]15  Et aux autres, je dis — non mon Seigneur : tout frère qui a une femme non croyante, et qu’elle consent à demeurer avec lui, qu’il ne la renvoie point ;16  et une femme croyante qui a un mari non croyant, et qu’il consent à être avec elle, qu’elle ne renvoie point son mari ;17  car le mari non croyant est sanctifié par la femme, et la femme non croyante est sanctifiée par le mari.[835]

18 Et de la même Épître, en la septième section :

19 Si tu es lié à une femme, ne cherche point à en être délié ; et si tu es libre, sans femme, ne cherche point de femme.[836]

 

Fin du vingt-neuvième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTIÈME[837]

Des jours où l’on doit s’abstenir

de l’approche de l’épouse

Saint Basile a dit, en la dix-septième section de ses canons :

Les jours saints du jeûne, ne les souille point ; et aux jours de l’impureté de la femme et de ses relevailles, ne l’approche point, de peur que ton union ne devienne ce qui n’est pas permis.[838]

Et il a dit, en la trentième section :

C’est une chose étrangère au mariage, que l’on demeure à sa couche durant tous les Quarante jours, du premier jusqu’au dernier ; et malheur à qui commet ce péché aux jours saints de la Pâque, fussent-ils même les deux époux unis en cette année-là ; et si quelqu’un ose cet acte impur et rebelle, j’ose dire : il n’est point pour lui de pardon.[839]

Fin du trentième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE ET UNIÈME[840]

Les prêtres qui servent l’autel

ne boivent point de vin jusqu’à ce que la lampe soit allumée

Saint Basile a dit, en la cinquante-quatrième section de ses canons :

Le prêtre et le diacre qui servent l’autel, qu’ils se gardent avec grand soin, et ne boivent point de vin, jusqu’à ce qu’ils aient allumé la lampe du sanctuaire ; et si l’un est contraint de boire durant le jour, qu’il garde cela en sa maison, ou au lieu où il boit, et qu’il n’en sorte point.

Fin du trente et unième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE-DEUXIÈME[841]

De la chevelure et de la barbe

Le commencement de la Didascalie :[842]

N’ajoute point à toi-même une autre beauté, par-dessus celle que Dieu t’a donnée dès ta naissance ; ne laisse point croître ta chevelure pour qu’elle s’allonge, mais coupe-la et purifie ta tête ; ne la garde point sans coupe, l’entretenant de parfums et d’huiles, ce qui attirerait sur toi le regard des femmes.

[ Et, un peu après, elle dit encore : ]

Si tu es croyant en Dieu, c’est une honte pour toi de nourrir la chevelure de ta tête ou de la tresser ; car c’est là l’image d’un homme que l’on rudoie ; [ ne la porte ] ni humectée, ni tressée, ni éparse.[843] « Et vous ne vous ferez point de frange, ni de favoris. »[844]

10 De Gangres, au dix-septième chapitre :[845]

11 La femme qui a coupé sa chevelure pour l’amour de l’ascèse, puis a voulu ne la plus couper : qu’elle soit retranchée.

12 Basile, au vingt-septième chapitre :

13 Le mâle, qu’il ne laisse en aucune façon croître sa chevelure, selon la parole de la Didascalie.[846]

14 Paul, en la première aux Corinthiens, à la seizième section d’entre elles :[847]

15 La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que, si l’homme nourrit les cheveux de sa tête, c’est pour lui un déshonneur ;16  | f. 68 v°  et que la femme, si sa chevelure est longue, c’est pour elle une gloire, car la chevelure lui a été donnée en guise de voile.

Fin du trente-deuxième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME[848]

De l’ivresse

[ Le commencement de la Didascalie : ]

Ne t’enivre point de vin, rôdant par les rues et te répandant au-dehors sans œuvre ni tenue.

Paul a dit :

Si quelqu’un qui porte parmi vous le nom de frère se trouve fornicateur, ou spoliateur, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou ravisseur : ne le fréquentez point, et ne mangez pas même avec lui.[849]

Paul, au cinquième [chapitre] de son épître :

Ne vous enivrez point de ce vin en quoi il n’est point de salut.[850]

Fin du trente-troisième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME[851]

Le tatouage

Le saint Basile a dit, au dix-septième de ses canons :[852]

Le mâle, qu’il ne se fasse point tatouer tout le corps, à la façon des nations ; et qu’il ne s’asseye point devant celui qui le tatoue avec des épines ou une aiguille, jusqu’à faire couler son sang à terre.[853]

Fin du trente-quatrième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME[854]

Les habits somptueux

Le commencement de la Didascalie :

Ne porte point d’habits somptueux, car ils attirent la fourberie.

Les disciples ont dit, au vingt-huitième chapitre :[855]

| f. 69 Le souverain, porteur du glaive, ou le chef d’une cité, porte le rouge : que tout autre s’en abstienne, ou qu’il soit retranché.[856]

Basile :

Les hommes, que leurs habits soient tels qu’il convient, sans être ni rouges, ni d’une pourpre précieuse.[857]

Fin du trente-cinquième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE-SIXIÈME[858]

L’anneau

[ Le commencement de la Didascalie : ]

Ne mets point à ton doigt un anneau d’or, car cela est l’un des signes des hommes dissolus.

Basile a dit :

Ne mets point à ton doigt un anneau d’or, car cela est l’un des signes des hommes dissolus.[859]

Et il a dit encore, au vingt-septième chapitre :

Les hommes, qu’ils ne portent point d’anneau à leur doigt.

Fin du trente-sixième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE-SEPTIÈME[860]

La chaussure

Le commencement de la Didascalie :

Ne porte point de chaussure teinte d’une couleur de mauvais aloi ; mais applique-toi à la simplicité, ou à ce que le besoin réclame, rien de plus.

Fin du trente-septième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE-HUITIÈME[861]

La parure des femmes

Le second chapitre de la Didascalie :

Ô femme croyante, lorsque tu marches sur le chemin, couvre ta tête de ton manteau, afin d’être préservée du regard des méchants. Ne farde point ton visage que Dieu a créé, car il n’y manque rien qui appelle un ornement.

| f. 69 v° Les disciples ont dit, au vingtième chapitre :

Il ne convient pas que les femmes prient debout ; mais qu’elles s’inclinent jusqu’à terre.[862]

Hippolyte, au vingt-septième chapitre :[863]

Une femme libre, qu’elle ne laisse point sa tête sans voile dans l’église, fût-ce l’année de ses noces ;[864] et qu’elle ne laisse point sa chevelure dénouée, ni ses tresses flottantes, dans la maison de Dieu ;10  et qu’elle ne porte point de tresses sur sa tête, lorsqu’elle veut recevoir les saints mystères.[865]11  et qu’elle ne confie point ses enfants aux nourrices, mais qu’elle les élève elle-même ;12  et qu’elle ne se relâche point du service de sa maison ;13 et qu’elle ne réplique point à son époux, quand même elle en saurait plus que lui ;14  qu’elle ne soit point babillarde, qu’elle n’aime ni la volupté ni la dissipation du rire ;15  et qu’elle ne dise pas une seule parole dans l’église.16  Et celle qui parle dans l’église, qu’elle ne soit point admise à la communion cette fois-là.[866]

Fin du trente-huitième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE TRENTE-NEUVIÈME[867]

Les riches

[ Le premier chapitre de la Didascalie : ]

Si tu es riche, et sans besoin d’un métier dont tu vives, ne va point errant d’un lieu à un autre, et ne demeure point sans instruction ; mais lorsque tu sors de ta maison, secours les croyants et entretiens-les des paroles de la vie ; | f. 70  et lorsque tu demeures en ta maison, lis de la Loi, des Prophètes, des livres des Rois et des cantiques de louange, [ et de l’Évangile ], qui est l’accomplissement de tout cela.[868]

Fin du trente-neuvième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUARANTIÈME[869]

L’eunuque et le circoncis

[ Clément, au quinzième chapitre : ]

Un eunuque, s’il a été châtré par la violence des hommes, contre son gré, ou dans un combat, et qu’il fût digne de l’épiscopat : qu’il soit établi.[870] Mais s’il est lui-même celui qui s’est châtré de sa propre main, qu’il ne soit point établi, car il s’est fait meurtrier de lui-même, et ennemi de l’œuvre de Dieu. Un membre du clergé qui a retranché ses parties viriles : qu’il soit déposé, car il est meurtrier de lui-même. Un laïc qui se châtre lui-même : qu’il soit écarté trois années, car il s’est fait l’adversaire de sa propre vie.

Les trois cent dix-huit ont dit, au dix-huitième chapitre :

Le circoncis, et ceux qui se sont châtrés eux-mêmes : si cela leur est advenu par maladie, et que le médecin l’a fait sur eux ; ou s’ils sont tombés aux mains des barbares, et qu’on leur a fait cela contre leur volonté : qu’ils soient reçus dans le clergé. Mais si quelqu’un a fait cela sur lui-même sans cause, il ne convient pas qu’on le considère ;[871]10  s’il est prêtre, qu’il soit déposé ; et que nul de ceux qui ont osé cet acte ne soit admis.11  | f. 70 v°  Quant à ceux que les barbares ont mutilés, et ceux que leurs maîtres ont châtrés : s’il n’y a en eux nul défaut, et qu’ils soient dignes du sacerdoce, le canon les déclare admissibles.

12 Paul a dit, dans la première aux Corinthiens, au sixième chapitre :[872]

13 Si quelqu’un est appelé étant circoncis, qu’il ne revienne pas à l’incirconcision ; et si quelqu’un est appelé étant incirconcis, qu’il ne se fasse pas circoncire ;14  car la circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien.

15 Les Galates, au quatrième chapitre d’entre elles :[873]

16 Moi, Paul, je vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien ;17  et je témoigne que tout homme qui se fait circoncire est tenu d’accomplir toute la Loi ;18  et quiconque cherche sa justice dans la Loi s’est séparé du Christ, et est déchu de la grâce.

19 Méliasios :[874]

20 Prends garde aux discours ; gardez-vous des gens de la circoncision.

21 Et des canons d’Épiphane pour l’empereur Justinien le croyant :[875]

22 Tout laïc qui se fait circoncire, qu’il soit privé de la communion trois années ;23  et tout prêtre qui se fait circoncire, qu’il soit déposé de son rang.

Fin du quarantième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUARANTE ET UNIÈME[876]

Le bain

| f. 71 r° Le premier chapitre de la Didascalie :

Si tu veux te baigner, va au bain des hommes, et n’entre point au bain des femmes, de peur qu’elles ne voient ton corps et n’en soient troublées.

Le second chapitre d’entre elles :

Éloigne-toi de la géhenne qui règne au bain des hommes ; qu’une femme croyante ne se baigne point avec un homme ; et s’il y a là un bain pour les femmes, qu’elle s’y baigne avec mesure, avec ordre et pudeur, non à maintes reprises sans nécessité, ni au milieu du jour ; mais que ce soit à la dixième heure du jour. Si tu es croyante, fuis toute chose superflue, de quelque espèce qu’elle soit.

10 Le saint Basile a dit, au cinquante-septième chapitre :[877]

11 Qu’un prêtre ne se dénude point entièrement devant quiconque, sans nécessité ;12  et s’il est contraint d’aller au bain, qu’il n’y aille qu’avec les siens et ceux de son ordre.[878]

13 Basile a dit, au soixante-quatorzième chapitre :

14 Un membre du clergé n’entre point au bain durant les Quarante Jours, ni durant les deux Jeûnes.[879]

Fin du quarante et unième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUARANTE-DEUXIÈME[880]

L’usure

| f. 71 v° Clément, au trente-troisième chapitre :

Un prêtre ou un laïc qui grève quelqu’un d’un intérêt usuraire sur ce qu’il lui doit : qu’il cesse, ou qu’il soit retranché.

Hippolyte, au quinzième chapitre :

Un usurier n’est ni baptisé ni admis à l’instruction, si ce n’est après qu’il a cessé, et que trois témoins ont déposé en sa faveur.

Les trois cent dix-huit, au seizième chapitre :

Celui qui prend l’usure, ou qui charge un autre de la prendre pour lui, ou qui prête du blé à intérêt, ou qui fait quelque autre chose en vue du gain : qu’il soit retranché et rendu étranger au clergé.

Les trois cent dix-huit encore :

Si tu as de quoi, et que l’on te demande un prêt, prête, et ne reçois de lui que le vêtement, rien de plus ;[881]10  et s’il lui advient quelque surplus, ne te charge point d’un péché devant le Seigneur, en désirant prendre à titre d’usure.11  Et si tu as du grain ou de l’or, et que, sans en vouloir tirer d’usure, tu veuilles le vendre à trop haut prix : garde-toi d’être réprouvé devant le Seigneur ;12  car, au lieu de l’usure que tu prendrais, tu aurais déjà tiré de lui trois ou quatre fois autant.[882]

13 Le concile d’Antioche, au quarante-cinquième chapitre :[883]

14 Il ne convient pas à un prêtre d’emprunter à intérêt, ni d’être usurier, ni de trafiquer sur le blé.

Fin du quarante-deuxième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUARANTE-TROISIÈME[884]

La nudité

| f. 72 r° Le saint Basile a dit, au cinquante-troisième chapitre :

Ne te dénude pas de tous tes vêtements devant les gens, sans nécessité.

Et il a dit, au cinquante-quatrième chapitre :

Si l’un des prêtres a bu, s’est enivré et s’est dénudé, qu’il soit exclu sept semaines, et qu’il demeure une année dans l’ordre au-dessous du sien ; car il a déshonoré ce degré. Et le diacre, s’il a fait cela, qu’il soit exclu cinq semaines, et qu’il demeure un mois à servir dans le clergé comme sous-diacre.Et le lecteur, ou le gardien de l’église, s’il a fait cela, qu’il soit exclu cinq semaines, et qu’il reçoive quarante coups moins un, sur l’ordre du prêtre.[885]

Fin du quarante-troisième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUARANTE-QUATRIÈME[886]

Les droits régaliens

et l’obéissance au souverain et aux chefs

Il a dit, au huitième chapitre de la Didascalie :

« Rendez au roi ce qui est au roi, et à Dieu ce qui est à Dieu. »[887] c’est-à-dire : si vous devez un tribut, un péage ou un impôt foncier, acquittez-le comme fit le Seigneur, lorsqu’il paya le statère et se dégagea de la réclamation.[888]

| f. 72 v° La Didascalie, au seizième chapitre d’entre elles :

Obéissez à tout royaume et à tout chef, en ce qui plaît à Dieu, car ils sont les serviteurs de Dieu, et le châtiment des méchants ;[889] craignez les gouverneurs comme il se doit, payez-leur le tribut, et rendez-leur l’honneur et le respect que vous leur savez dus, car c’est pour nous un commandement de Dieu ; et ne demeurez redevables de rien envers personne.

Fin du quarante-quatrième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE QUARANTE-CINQUIÈME[890]

De celui qui pèche après le baptême

Il en est parlé au troisième chapitre de la Didascalie :

Ô nos frères, celui qui a péché après le baptême, s’il ne se repent et ne revient de son péché, sera livré à la condamnation. S’il a rejeté les incroyants, et n’a point pris part à leur souillure, qu’il sache ceci : il est bienheureux auprès de Dieu ; comme le dit encore le Seigneur, dans l’Évangile : « Heureux êtes-vous lorsqu’on vous outrage, qu’on vous persécute, et qu’on profère faussement contre vous toute sorte de mal, à cause de moi ;[891] réjouissez-vous et tressaillez d’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux. » Et encore : « Lorsqu’on ment contre quelqu’un à cause de moi, heureux celui-là. »[892]10  Ainsi le dit l’Écriture : « Un homme qui n’a point été éprouvé n’est pas élu auprès de Dieu. »[893]11 Lorsqu’on réprimande quelqu’un qui a commis un péché …[894]

 

[ Ici le manuscrit s’interrompt : la fin de ce chapitre, ainsi que les chapitres XLVI à XLIX, sont perdus avec les feuillets qui manquent. Le texte reprend au cinquantième chapitre. ]

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTIÈME[895]

Des idolâtres

et de la réconciliation de ceux qui sont tombés dans le paganisme

[ Le commencement de ce chapitre est perdu dans la même lacune ; le texte conservé reprend ici. ]

| f. 73 r° Le huitième chapitre de la Didascalie :

Les païens, ne les laissez point désespérer de leur salut ; mais s’ils se repentent et reviennent de leur mauvaise pensée, ils sont reçus. Et s’ils se repentent de leur égarement, fais-les entrer d’abord dans l’église, pour qu’ils entendent la parole de Dieu ; mais ne communiez point avec eux, jusqu’à ce qu’ils reçoivent le sceau de la perfection.[896]

Ancyre, au treizième chapitre :[897]

Ceux qui ont immolé aux idoles avant d’être baptisés entrent dans l’église lorsqu’ils sont baptisés.

Les disciples, au vingt-septième chapitre de leurs canons :

Quelqu’un qui fabrique les idoles, ou un peintre : qu’il sache qu’il ne doit point fabriquer d’idole ; et s’il ne consent pas à cesser, qu’il soit expulsé.

Hippolyte, au onzième chapitre :

10 Tout artisan, qu’il sache qu’il ne doit fabriquer aucune idole, ni rien des idoles, qu’il soit artisan ou peintre ;11  et les autres artisans, s’ils fabriquent quelque chose de tel — hormis ce dont les gens ont besoin —, qu’ils soient séparés jusqu’à ce qu’ils se repentent.

12 Ancyre, au deuxième chapitre :

13  | f. 73 v° Les prêtres qui ont immolé aux idoles et se sont souillés sans dessein arrêté : qu’ils gardent seulement l’honneur de leur siège ;[898]14  mais quant à porter les oblations ou à accomplir quelque acte du sacerdoce, cela ne leur est point permis.

[ Ancyre, au deuxième chapitre : ]

15 Et quant aux diacres, [ qu’ils soient privés ] de tout ce qui touche aux [ actes ] du sacerdoce, mais qu’ils demeurent en leur honneur ;16  et si l’évêque connaît leur situation et leur bonne disposition, et veut leur accorder quelque chose de plus, il en a le pouvoir.

17 Ancyre, au cinquième chapitre :

18 Celui qui s’est emparé d’un autel des idoles, ou a pris une part de leurs temples :19  s’il le peut, qu’il demeure trois ans à entendre la parole, deux ans à participer à la prière, et après cela, qu’il soit [ pleinement rétabli ].

[ Ancyre, au sixième chapitre : ]

20 Celui qui mange des viandes offertes aux idoles, s’il revient en s’affligeant, est reçu la troisième année ;21  et l’on examine la conduite de chacun d’eux, telle qu’elle était avant sa chute.

22 Ancyre :

23 Ceux qui ont immolé aux idoles deux ou trois fois par contrainte, demeurent quatre ans parmi ceux du dehors, participent à la prière deux ans, et la septième année sont reçus.[899]

Fin du cinquantième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE ET UNIÈME[900]

La taverne

Les disciples, au vingt-septième chapitre :

| f. 74 r° Quiconque fréquente la taverne, qu’il cesse ou qu’il soit expulsé.

Clément, au trente-huitième chapitre :

Un membre du clergé qui mange ou boit dans une taverne, qu’il soit séparé — à moins que ce ne soit dans une auberge, à cause d’un voyage ; qu’il soit retranché.[901]

Fin du cinquante et unième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE-DEUXIÈME[902]

Le maître des enfants

Les disciples, au [ vingt-septième ] chapitre :

Quelqu’un qui enseigne aux enfants des choses de perdition, qu’il cesse ;[903] et s’il n’a point d’autre métier, qu’il lui soit pardonné.

Hippolyte :

Celui qui enseigne aux enfants, et n’a d’autre gagne-pain que celui-ci, s’il déclare en tout temps à ses élèves, et dit : que tous ceux que les nations nomment des dieux sont des démons, et qu’il n’est de Dieu que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, un seul Dieu ;[904] et s’il lui est possible d’enseigner amplement la parole de vérité, qu’il l’enseigne.

Fin du cinquante-deuxième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE-TROISIÈME[905]

Le signe de la croix sur le front

[ Les disciples, au quarante-septième chapitre : ]

Marque ton front en tout temps avec crainte : c’est là le signe visible, et c’est par lui que le Diable est réduit à néant.

| f. 74 v° Si nous le faisons avec foi, nous ne le vainquons pas seulement au regard des hommes ; mais le Malin considère la force du cœur, et lorsque l’Imposteur voit que le fidèle est un vivant doué de raison, marqué au-dedans et au-dehors du signe du Verbe,[906] il fuit et retourne en arrière, à cause de l’Esprit-Saint.

C’est là ce que Moïse commença et nous fit connaître par l’agneau de la Pâque, qu’il ordonna d’immoler et dont le sang devait teindre les deux montants des portes et le linteau,[907] pour la foi qui habite désormais en nous, et qui nous a été transmise par l’Agneau parfait.[908]

Ainsi, lorsque nous marquons nos fronts de la main, nous échappons à celui qui veut nous faire périr.

Fin du cinquante-troisième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE-QUATRIÈME[909]

De celui qui déclare impurs le mariage, le vin et la viande

ou de celui qui s’abstient de viande aux jours de fêtes

Clément, au trente-cinquième chapitre :

| f. 75 r° Un évêque, ou un prêtre, ou un diacre, ou quiconque du clergé qui se sera abstenu du mariage, ou de manger de la chair et de boire du vin, non point pour l’ascèse, mais parce qu’il les tient pour des souillures : qu’il cesse ; sinon, qu’il soit chassé et retranché de l’Église.[910]

Et il a dit, au trente-septième chapitre :

Si l’évêque, ou le prêtre, ou le diacre ne goûte un peu de chair et un peu de vin aux jours de fêtes, leur conscience les condamnant, et qu’ils soient devenus pour l’assemblée une occasion de scandale, qu’ils soient retranchés.[911]

Ancyre, au quatorzième chapitre :

Un prêtre ou un diacre qui s’abstient de manger de la chair, qu’il en goûte une fois dans l’année ; après quoi ils demeurent libres de leur choix.Mais s’ils s’en abstiennent comme d’une chose impure, qu’ils soient retranchés.[912]

Gangres, au premier chapitre :

10 Si quelqu’un fait obstacle au mariage, et déclare que l’union de l’homme avec son épouse, lorsqu’ils sont tous deux fidèles, est une souillure : qu’il soit anathème.[913]

11 Et au deuxième chapitre du même :

12 Et quiconque blâme celui qui mange de la chair sans crainte et sans péché, hormis la chair où demeure le sang, ou la victime immolée aux idoles, ou la bête morte d’elle-même, ou celle qui a été étouffée : qu’il soit anathème.[914]

13 Le quatrième chapitre du même :

14 Et quiconque méprise un prêtre parce qu’il vit avec son épouse, et prétend qu’il ne convient pas de s’approcher de l’oblation qu’il présente : qu’il soit anathème.[915]

15 Le quatorzième chapitre du même :

16  | f. 75 v° Une femme qui abandonne son mari sous prétexte d’ascèse, et qui désire se séparer de lui, et qui tient le mariage pour une souillure : qu’elle soit anathème.

17 Le quinzième chapitre du même :

18 Tout homme qui délaisse ses enfants et ne les nourrit ni ne les élève, sous couleur de s’attacher au service de Dieu,19  mais les néglige au prétexte de l’ascèse : qu’il soit anathème.[916]

Fin du cinquante-quatrième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE-CINQUIÈME[917]

Le sacerdoce est plus excellent que la royauté

[ Le septième chapitre de la Didascalie : ]

De même que l’âme est plus excellente que le corps, ainsi le sacerdoce est plus élevé que la royauté ; car il lie celui qui mérite le châtiment, et délie celui qui mérite d’être absous.[918] Aimez donc l’évêque comme un père, craignez-le comme un roi, et honorez-le comme un seigneur.[919]

Le trente-deuxième chapitre de la Didascalie :

Si celui qui se dresse contre un roi mérite le châtiment, fût-il son ami, combien plus celui qui se dresse contre le sacerdoce ! | f. 76 r°  Et de même que le sacerdoce est plus élevé que la royauté — car sa couronne est dérobée aux regards —[920] ainsi le châtiment de celui qui ose s’opposer à lui est plus grand que le châtiment de celui qui résiste à la royauté ; et ni l’un ni l’autre des deux n’échappe au châtiment. Absalom et Aminadab n’échappèrent point au châtiment, non plus que Coré, Dathan et Abiram ;10  car ceux-là se dressèrent contre David le roi, et ceux-ci contre Moïse et Aaron, par amour de la primauté, et proférèrent contre eux des paroles mauvaises.[921]

Fin du cinquante-cinquième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE-SIXIÈME[922]

Les martyrs, et la recommandation à leur égard

d’aller les visiter dans les prisons, et de porter le fardeau de leur entretien

La Didascalie, au vingt-septième chapitre d’entre elles :

Le chrétien que les persécuteurs jettent dans leur cachot, pour être livré aux bêtes, ou banni en exil, à cause du nom du Seigneur, de la foi droite et de l’amour de Dieu,[923] ne le négligez point ; mais par votre labeur véritable et votre soin vigilant de ses besoins, faites qu’il trouve sa subsistance, et de quoi donner aux gardiens qui le gardent, pour qu’ils le soulagent, et qu’il trouve du repos de votre part, afin que l’on ne resserre point votre frère bienheureux, jeté dans les fers à cause du Seigneur ; | f. 76 v°  car il est un saint martyr, le frère du Christ, le fils du Très-Haut, et la demeure de l’Esprit-Saint.[924]

Vous tous, ô fidèles, servez les saints de vos biens et de vos labeurs, par la main de vos évêques. Et celui d’entre vous qui n’a rien, qu’il jeûne, et donne chaque jour aux saints la moitié de sa nourriture.[925] Celui qui en a les moyens, qu’il les rassasie.10  Et celui qui donne tout ce qu’il possède pour les délivrer de leurs chaînes, celui-là est bienheureux et l’ami du Christ.11  Si celui qui donne ses biens aux pauvres, selon la connaissance parfaite, est déjà parfait,12  combien plus celui qui donne son bien aux martyrs sera-t-il plus parfait encore, et plus agréable à Dieu ?[926]

13 Lorsque vous faites mémoire des saints qui ont confessé son nom devant le roi et les nations —14  eux dont le Seigneur a dit : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai à mon tour devant mon Père qui est dans les cieux » —[927]15  si donc, pour ceux qui sont tels, le Christ témoigne auprès de son Père,16  il ne convient à personne de rougir d’aller les visiter dans les prisons.17  | f. 77 r°  Bien plutôt, si vous faites cela, le martyre est acquis à ceux-là par les douleurs et les châtiments qu’ils ont soufferts ;18  et quant à vous, par la droiture de votre intention, c’est comme si vous aviez pris part à leur récompense.

19 Le Seigneur dit à celui qui agit ainsi :20  « Venez à moi, les bénis de mon Père, héritez le Royaume qui vous a été préparé avant la fondation du monde » ;[928]21  et : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps ensemble dans le feu de la géhenne. »[929]

22 Puis il dit encore, après cela :

23 Si nous venons à tomber, ne changeons point notre confession pour la joie d’un temps si bref.24  Si quelqu’un renie son espérance, qui est Jésus le Fils de Dieu, et redoute cette mort qui n’est que d’un moment, celui-là est comme l’ennemi.[930]25  Peut-être tombera-t-il dans une grave maladie — du ventre, des genoux ou de la tête —, ou lui surviendra une défaillance, une paralysie, un mal sans remède en son corps, ou une douleur ;26  | f. 77 v°  il demeurera inutile, sortira de cette vie, périra ici-bas, tombera dans le lieu éternel, et restera pour toujours dans les ténèbres extérieures, où sont les pleurs et le grincement des dents.[931]27  Que se réjouisse donc, de la joie du Seigneur, celui qui a mérité le martyre, puisqu’il a obtenu la couronne qui est telle,28  et que sa sortie de ce monde s’est accomplie par la belle confession, en vue du martyre.[932]

29 Il est dit au vingt-huitième chapitre de la Didascalie :

30 Nous ordonnons qu’ils soient tenus en grand honneur parmi vous, comme le bienheureux Jacques, évêque de Jérusalem, et le saint Étienne ;[933]31 car c’est à leur sujet que le Seigneur a dit : « Précieuse à ses yeux est la mort de ses saints. »[934]

32 La Didascalie, au trente-troisième chapitre :

33 Rassemblez-vous sans nonchalance dans les temples, qui sont les églises, et lisez les Saintes Écritures ;34  et psalmodiez sur ceux qui furent comptés parmi les martyrs, et sur tous les saints qui furent vos frères, ceux qui se sont endormis dans la foi au Seigneur.[935]

35 Antioche, au trente-troisième chapitre :[936]

36  | f. 78 r° Si un homme pieux est saisi à cause du nom du Seigneur, qu’il ne soit point partagé en son cœur touchant le martyre ;37  car s’il est opprimé et mis à mort avant d’avoir reçu le pardon de ses péchés, il est justifié, parce qu’il a été baptisé dans son sang et dans son corps.[937]

38 Hippolyte, au dix-neuvième chapitre :

39 Si un homme pieux est saisi et mis à mort avant d’être baptisé, qu’il soit enseveli avec les martyrs, car il a été baptisé dans son sang seul.

[ Antioche, au soixante-quinzième chapitre : ]

40 Il ne convient pas, durant les Quarante jours, de célébrer en fête les jours des martyrs ; mais que la commémoration des martyrs se fasse le samedi et le dimanche.[938]

41 Gangres, au vingtième chapitre du même :

42 Quiconque, poussé par l’orgueil, méprise ceux qui s’assemblent aux jours des martyrs et des saints, et les offices que l’on y célèbre en leur honneur, qu’il soit anathème.[939]

Fin du cinquante-sixième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE-SEPTIÈME[940]

La résurrection

La Didascalie, au vingt-septième chapitre d’entre elles :

Nous croyons en un seul, le seul Dieu, le Père véritable, par Jésus-Christ le grand souverain prêtre, Sauveur de nos âmes, qui donne la récompense des souffrances, et à qui est la gloire dans les siècles des siècles ;[941] | f. 78 v°  le Seigneur tout-puissant, qui nous ressuscitera avec tous ceux qui se sont endormis depuis le commencement du monde, et nous ressusciterons dans cette même ressemblance où nous sommes à présent ;[942] et nous ne perdrons rien, sinon la seule corruption, en sorte que nous ressusciterons sans corruption ;[943] et quand même nous mourrions dans les abîmes des eaux, ou que les bêtes et les oiseaux nous auraient déchirés, il nous ressuscitera par sa puissance, car le monde tout entier est dans la main de Dieu ;[944]et pas un seul cheveu de nos têtes ne périra.[945]

Fin du cinquante-septième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE-HUITIÈME[946]

Qu’une église ne soit point nommée du nom d’un martyr

Saint Basile a dit, au trente-troisième chapitre :

L’église que Dieu a acquise par son sang seul n’a point besoin de la gloire des martyrs ; mais ce qu’il faut, c’est que les sanctuaires des martyrs soient sous l’autorité de l’Église universelle. Que si des hommes sans discipline s’enhardissent, se tenant dans les sanctuaires des martyrs,[947] à renier l’Église universelle et sa loi, refusant d’être sous son autorité, alors l’Église universelle les retranche comme des hérétiques ;[948] car le soleil n’a point besoin de la clarté d’une lampe.[949] Et si quelqu’un impose le nom d’un martyr à une église, cela n’est pas sage ; il vaut mieux s’en abstenir ; car il suffit du nom du Christ, dont l’église porte le nom, pour honorer les martyrs avec elle.[950] | f. 79 r°  Quant aux corps des saints, il convient que leur sanctification s’accomplisse en leurs propres lieux.[951]

Fin du cinquante-huitième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE CINQUANTE-NEUVIÈME[952]

De l’instruction que les pères doivent à leurs enfants

et qu’ils les marient au temps convenable

La Didascalie, au vingt-cinquième chapitre :

Et vous, ô pères, instruisez vos fils dans le Seigneur, et élevez-les dans la discipline et la connaissance du Christ ;[953] et enseignez-leur des métiers qui conviennent à un être raisonnable, afin qu’ils ne s’abandonnent point à l’oisiveté.[954] Car, du fait que leurs pères négligent de les reprendre et les laissent à leur aise avant le temps, ils deviennent endurcis contre le bien. Ne craignez point de les reprendre et de les instruire avec fermeté ; car vous ne les faites pas mourir en les corrigeant, mais vous leur donnez la vie.

Salomon a dit : « Corrige ton fils, et il te donnera du repos » ;[955]

et il a dit : « Qui épargne sa verge hait son fils ; et lorsqu’il le frappe de la verge, il délivre son âme de la mort. »[956]

10  | f. 79 v° Enseignez à vos enfants la parole du Seigneur ; formez-les à la crainte, afin qu’ils vous obéissent dès leur jeune âge ; et instruisez-les aussi de ses saintes Écritures ;11  instruisez-les de toutes les sciences de l’Église.12  Ne les laissez point dans la mollesse, de peur qu’ils ne s’élèvent contre vous et ne se soustraient à votre autorité.13  Ne souffrez pas qu’ils s’en aillent au cabaret avec leurs compagnons, car par là ils se tournent vers les vices ; et ce ne sont pas eux seuls qui en seront punis, mais leurs pères aussi seront jugés à cause d’eux.[957]14  Et au temps où le mariage convient, mariez-les à des filles chastes, de peur qu’ils ne s’élèvent contre vous et qu’il ne naisse d’eux quelque chose de honteux ;[958]15  car vous en seriez jugés au jour du jugement.

Fin du cinquante-neuvième chapitre.

 

 

 

CHAPITRE SOIXANTIÈME[959]

Le baptême

Le trente-et-unième chapitre de la Didascalie :

Il dit : Soyez rassemblés au commencement du jour, qui est la nuit du dimanche, | f. 80 r°  veillant toute la nuit jusqu’au chant du coq, réunis dans l’église, priant, suppliant, et lisant des Psaumes, des Prophètes et de la Loi, jusqu’au chant du coq. Et lorsque vous aurez baptisé vos catéchumènes, vous lirez l’Évangile avec crainte et tremblement, et vous instruirez le peuple de ce qui convient à leur salut.[960]

Le trente-quatrième chapitre de la Didascalie :

Lorsque tu baptises une femme, que le diacre oigne son front seulement de l’huile sainte, puis que la diaconesse oigne tout le corps de la femme ;car il ne convient pas qu’un homme regarde les femmes, sinon pour l’imposition de la main seulement.[961]10  mais l’évêque oint la tête de la femme, comme les prêtres oignaient jadis les rois ;11  ce n’est pas qu’on oigne ceux qui sont maintenant baptisés pour qu’ils soient prêtres, mais pour qu’ils soient chrétiens par le Christ : « un royaume, un sacerdoce et un peuple saint ».[962]12  Toi aussi, ô évêque, oins la tête de celui que tu baptises, selon le premier modèle, homme ou femme, de l’huile sainte, qui est le signe du baptême spirituel.13  | f. 80 v°  Et après cela, prie sur eux, toi ô évêque, et le prêtre qui t’assiste, les saintes prières, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et plonge-les dans l’eau.[963]14  Que le diacre reçoive l’homme, et la diaconesse la femme.15  Et après cela, que l’évêque oigne du myron ceux qui ont été baptisés, car nous avons reçu maintenant le baptême de la mort de Jésus.[964]16 L’eau tient lieu de son linceul, et le souffle tient lieu de l’Esprit-Saint ;17  et le sceau tient lieu de la croix ;18  et le myron est la porte de la confession, et le mémorial du Père : c’est-à-dire que sur nos têtes repose l’Esprit-Saint.19  et notre immersion dans l’eau, c’est que nous participons à la mort du Christ ;20 et notre remontée hors de l’eau, c’est notre résurrection avec lui.[965]21  Et celui qui est baptisé, qu’il soit étranger à toute transgression, qu’il ne commette point de péché, et qu’il soit uni à Dieu,22  | f. 81 r°  ennemi de Satan, cohéritier avec Jésus-Christ, confessant son Père, et reniant Satan, ses démons et sa séduction,[966]23  pur, sans tache, sans souillure, aimant Dieu et devenu son fils ;24  et qu’il prie comme un fils devant le Père, avec la voix des fidèles : « Notre Père qui es dans les cieux ».[967]

25 Les disciples, au trente-troisième chapitre :

26 Nous enseignons à ceux qui vont être baptisés de se laver et de se baigner à partir du jeudi ;27  et s’il se trouve parmi eux une femme dans ses règles, qu’elle soit mise à part, et baptisée un autre jour.28  Et qu’ils jeûnent le vendredi ; l’évêque les rassemble le samedi en un même lieu, et leur ordonne la prière et les génuflexions ;29  et lorsqu’il impose sa main sur eux, il adjure « tout esprit étranger » de fuir loin d’eux et de n’y plus revenir ;[968]30  et lorsqu’il a achevé de les adjurer, il souffle sur leur visage, lit sur eux et les exhorte.[969]31  Et celui qui est baptisé n’introduit pas son argent avec lui, mais il présente son oblation aussitôt.[970]

32 Et ils ont dit, au trente-quatrième chapitre :

33 Au temps où le coq chante, on prie d’abord sur l’eau,34  | f. 81 v°  et que l’eau coule dans le baptistère depuis une source vive ;35  et s’il n’y en a pas, qu’on verse l’eau que l’on trouve.[971]36  et qu’on les dévête, et qu’on commence le baptême.37  Celui des enfants qui peut parler pour lui-même, qu’il parle ; et celui qui ne le peut, que l’un des siens confesse sa foi pour lui.[972]38  et ensuite on baptise les hommes adultes, et en dernier les femmes ;39  et que les femmes dénouent leurs cheveux et ôtent leurs bijoux d’or ;40  et que nul ne descende dans l’eau avec quelque chose d’étranger sur soi.[973]

41 Clément :

42 Il n’est pas possible que celui qui a été baptisé par des hérétiques soit compté parmi les fidèles ;43  celui-là doit être baptisé une seconde fois.[974]

44 L’évêque de Césarée, au sixième chapitre :

45 Une femme enceinte : l’enfant qu’elle porte n’est point baptisé avec elle ; car il n’y a nulle communauté entre la mère et l’enfant dans le baptême,46 puisque tout homme doit manifester pour lui-même son adhésion et sa confession.[975]

47 Antioche, au vingt-septième chapitre :

48  | f. 82 r° Ceux qui viennent d’être baptisés, on ne doit pas aussitôt les élever au sacerdoce.[976]

49 Antioche, au soixante-neuvième chapitre :

50 On ne doit pas conférer le baptême après les deux semaines des Quarante jours.[977]

51 Antioche, au soixante-dixième chapitre :

52 parce que celui qui est baptisé doit connaître la foi et la réciter aux évêques, ou au prêtre, le cinquième jour de la semaine du jeûne.[978]

53 Saint Basile a dit, au quinzième chapitre :

54 Si une pécheresse veut se repentir de sa faute, qu’elle soit instruite chaque jour, quarante jours durant, par la parole ;55  et après cela, qu’elle jeûne et soit baptisée ; et qu’elle ne soit baptisée qu’après que l’on se soit porté garant d’elle.[979]

56 Basile, au seizième chapitre :

57 Si un homme et sa femme sont païens, et qu’étant unis, l’un désire le baptême et l’autre ne le désire pas,58  on ne sépare point celui qui est baptisé de celui qui ne l’est pas.[980]

59 Basile dit :

60 On enjoint à ceux qui vont être baptisés de jeûner toute la semaine qui précède le baptême ;61  | f. 82 v°  et lorsqu’ils parviennent au soir du vendredi, qu’ils se présentent à l’église, veillant toute la nuit, pendant que l’on fait sur eux des lectures,62  jusqu’au chant du coq ; et l’on lit dans les Écritures ce qui convient au baptême ;63  et l’on prie sur l’eau ;64  et l’évêque recueille leur profession et les baptise.

65 Et il dit :

66 Que le baptisé confesse pour lui-même ;67  et s’il est un enfant, que ses parents parlent pour lui ;68  et s’il n’a ni père ni frère, que ses proches parlent pour lui ;69  et s’il ne se trouve personne de sa parenté, et qu’un étranger a parlé pour lui, que celui-ci le tienne pour sien, et l’enfant devient son fils.[981]70  et s’il ne se trouve pas de quoi l’immerger, qu’on verse trois poignées d’eau sur sa tête au nom de la Trinité, et que tout son corps soit lavé.[982]

71 Des canons des rois :

72 Il convient que les hommes et les femmes s’abstiennent l’un de l’autre aux approches du baptême de leurs enfants,73  cette nuit-là et ce jour-là, en l’honneur de l’Esprit-Saint.

74  | f. 83 r° Et les disciples ont dit, au trente-quatrième chapitre :

75 Au temps où l’on baptise, l’évêque verse l’huile qu’il a mise dans un vase, et l’appelle l’huile de l’action de grâces ;76  et il prend une autre huile, sur laquelle il prononce l’adjuration, et l’appelle l’huile de l’exorcisme ;[983]77  et le diacre porte l’huile de l’exorcisme et se tient à la gauche du prêtre ;78  et un autre diacre prend l’huile de l’action de grâces et se tient à sa droite ;79  et le prêtre ordonne à chacun des baptizands de renoncer à Satan, à tout son service et à ses œuvres impures ;80  et lorsqu’il a fait cela, qu’il l’oigne de l’huile de l’exorcisme, disant : « Que tout esprit mauvais s’éloigne de lui. »[984]81  Puis le diacre l’accompagne jusqu’à l’eau, et lui fait réciter la foi prescrite pour tout baptême.

[ Après le baptême : ]

82 Et après le baptême, que le prêtre l’oigne de l’huile de l’action de grâces, disant : « Je t’oins de l’huile sainte. »[985]83  et après cela, ils revêtent leurs vêtements et entrent dans l’église ;[986]84  et l’évêque impose sa main sur eux, disant : « Ô Seigneur Dieu, qui as fait que ceux-ci …[987]

[ Ici le manuscrit s’interrompt : le texte du Nomocanon demeure inachevé. ]

Fin de ce qui subsiste du Nomocanon de Gabriel II.

 

 

 

Annexes de l’éditeur

Le second tome de l’édition s’achève sur cinq annexes. Voici rendues les quatre premières : une lecture logique proposée pour le treizième chapitre ; deux tables de concordance des titres — entre le recueil de Gabriel et l’index qu’en donne Ibn Kabar, puis pour l’appendice conservé à la suite du recueil de Michel de Damiette — ; enfin le relevé des sources mises en œuvre dans le recueil. La cinquième — l’index des principaux termes — est signalée en son lieu.

 

 

ANNEXE PREMIÈRE DE L’ÉDITEUR

Lecture logique proposée pour le treizième chapitre

 

L’éditeur propose ici une lecture réordonnée du treizième chapitre.[988]

LE TREIZIÈME CHAPITRE

Du sens des laïcs : qu’ils ne portent point d’oblation sur l’autel, et ne baptisent personne

Il est dit au sixième chapitre de la sainte Didascalie :

38 Saül offrit le sacrifice sans la présence de Samuel, et son acte fut de nul effet ;39  Ozias fit ce qui n’appartient qu’à l’Église, et devint lépreux ;40  les fils de Coré, de la tribu de Lévi, lorsqu’ils se dressèrent contre Moïse et Aaron et convoitèrent ce qui ne leur revenait pas, furent consumés ;41  Dathan et Abiram descendirent vivants au séjour des morts.45  Car il n’échappe pas au châtiment, s’il méprise Dieu, ose usurper le sacerdoce et s’arroge cette dignité ;46  il n’imite pas le Christ, qui ne s’est pas glorifié lui-même pour devenir chef des prêtres,47  mais attendit jusqu’à ce qu’il entendît le Seigneur dire :48  « Le Seigneur l’a juré, et il ne s’en repentira pas : tu es prêtre pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédech. »

Ne t’attarde pas loin de la sainte église du Christ, mais viens-y de bon matin avant toute chose, et présente-toi le soir ; et rends grâce à Dieu de ce qu’il t’a accordé pour la subsistance de ta vie.

Le dixième chapitre de la Didascalie :

L’évêque enseigne le peuple et lui ordonne d’assister à l’église chaque jour, matin et soir, sans jamais y manquer ; pour prier, psalmodier et lire : le matin le psaume soixante-douze, le soir le psaume cent-quarante, et particulièrement le samedi et le dimanche, qui est le jour de la résurrection.10  Celui qui n’assiste pas à l’église en ces jours saints, pour entendre la parole sur la résurrection,11  jour où s’accomplissent les livres des prières, l’annonce des Évangiles, la liturgie de l’oblation et le don sacré du Père — comment ne serait-il pas ennemi de Dieu ?

12 Et il dit après cela :

13 Si les nations se rassemblent en tout temps selon leurs rangs, et les Juifs dans leurs synagogues, empressés à leurs vaines assemblées en tout temps, sans qu’il y ait pour eux salut ni profit,14  que répondras-tu au Fils de Dieu, toi qui délaisses son église et ne fais pas même comme les nations, mais t’en éloignes et négliges le salut de ton âme, te rendant contraire et méchant ?15  Et si quelqu’un s’excuse sur l’ouvrage de ses mains, et néglige l’église pour cela, alléguant les prétextes de ses péchés,16  qu’il sache que le métier des fidèles n’est pour eux qu’un surcroît, mais que leur œuvre véritable est le culte de Dieu,17  comme Dieu a dit : « Ne travaillez pas pour la nourriture qui périt, mais pour la nourriture qui procure la vie éternelle. »

18 Et il a dit au onzième chapitre de la Didascalie :

19 Ô jeunes gens, soyez dignes de vous hâter vers l’église avec tout votre désir, sans hypocrisie ;20  et ne négligez pas l’ouvrage de vos mains, afin d’avoir de quoi vous suffire à vous et aux pauvres, pour n’être pas à charge à l’église ;21  car nous aussi, nous nous sommes voués à l’annonce de l’Évangile, sans négliger l’ouvrage de nos mains :22  nous étions pêcheurs, certains d’entre nous faiseurs de tentes, d’autres laboureurs. Et Salomon a dit : « Qui travaille sa terre sera rassasié de pain » ;23  mais le paresseux ramène ses mains sur son sein, et ne peut les porter jusqu’à sa bouche.24  Paul a dit : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » ;25  car Dieu a les paresseux en aversion.

42 La Didascalie, au vingt-et-unième chapitre :

43 Il ne convient nullement qu’un laïc accomplisse quoi que ce soit des fonctions du clergé —44  à savoir l’oblation, le baptême, l’imposition de la main et l’ordination —, ni grande ni petite.

26 Les saints Apôtres ont dit, au quarante-septième chapitre :

27 Que le fidèle tienne pour une grande perte de ne pas se rendre au lieu de l’enseignement, surtout s’il sait lire ;28  si le docteur est présent, qu’il ne s’attarde pas loin de l’église, le lieu où se donne l’enseignement, et où resplendit l’Esprit ;29  et si c’est un jour sans enseignement, que chacun, en sa maison, prenne un livre saint et lise autant qu’il sait être bon.

30 Hippolyte a dit, au vingt-et-unième chapitre :

31 Les prêtres s’assemblent chaque jour à l’église, ainsi que les diacres, les sous-diacres, les lecteurs et tous les jeunes gens, à l’heure où le coq chante ;32  et ils font la prière, l’explication des Écritures, la lecture des livres et les oraisons, selon le précepte de l’Apôtre ;33  et celui du clergé qui s’en absente sans maladie ni voyage, qu’il soit séparé.34  Que les malades aussi se hâtent d’aller à l’église, car c’est pour eux une guérison, pour recevoir l’eau de la prière et l’huile de la prière ;35  à moins que le malade ne soit gravement alité : alors le clergé qui le connaît le visite chaque jour.

 

 

ANNEXE DEUXIÈME DE L’ÉDITEUR

Concordance des chapitres du recueil avec l’index d’Ibn Kabar

 

L’éditeur compare ici les numéros et les titres des chapitres, tels que les porte le manuscrit du recueil de Gabriel ibn Turayk, avec l’index du recueil que conserve le Miṣbāḥ al-Ẓulma d’Ibn Kabar.[989]

Ms. (folio — ch.)

Recueil de Gabriel

Index d’Ibn Kabar

[1]

[De l’ordonnance de l’église, de son luminaire et de ses voiles] — « de l’éclairage de l’église » (fol. 3ʳ)

1. De l’ordonnance de l’église, de son luminaire et de ses voiles

fol. 3ʳ — 2

Des évêques, du règlement de leurs affaires et de leur succession — « du sens du vicaire de l’évêque » (fol. 20ʳ)

2. Des évêques, de leur établissement, du règlement de leurs affaires et de leur succession

fol. 20ᵛ — 3

Des bons pasteurs et des mauvais pasteurs — « les mauvais pasteurs » (fol. 21ʳ)

3. Des bons pasteurs

fol. 21ᵛ — 4

Des prêtres

4. Des prêtres et des mauvais pasteurs

fol. 23ʳ — 5

Des diacres et de la diversité de leurs ordres, des diaconesses, des veuves et de ceux qui sont avec eux — les hypodiacres (fol. 25ʳ) ; les lecteurs (fol. 25ʳ) ; les exorcistes (fol. 25ᵛ) ; la diaconesse (fol. 25ᵛ)

5. Des diacres

fol. 27ᵛ — 6

Des veuves et des vierges, c’est-à-dire des moniales

6. Des vierges, des veuves et de leurs offices

fol. 30ᵛ — 7

Des femmes qui sont sages-femmes

7. Des femmes qui sont sages-femmes

fol. 31ᵛ — 8

Des candidats au sacerdoce, de l’imposition de la main, du baptême, des saintes liturgies et des offrandes

8. Des offices des prêtres, de l’imposition de la main et du baptême

fol. 34ʳ — 9

De ce que les prêtres doivent éviter, et de ce qui incombe au clergé

9. De ce qu’il doit éviter, et de ce qui incombe au clergé

fol. 36ᵛ — 10

Recueil de divers canons pour les prêtres

10. Contenant divers canons divins

fol. 36ᵛ — 11

Des offrandes et des dîmes, de qui l’on doit recevoir l’aumône, et de qui l’on ne doit pas la recevoir — « de la garde de l’oblation » (fol. 41ᵛ) ; « les vêtements du sacerdoce : on ne chausse point de sandales, et l’on ne crache point pendant la messe » (fol. 42ʳ)

11. Des offrandes et des dîmes, de qui l’on doit recevoir l’aumône, et de qui l’on ne doit pas

fol. 44ʳ — 12

De celui qui demande des comptes à l’évêque, ou l’insulte, ou profère contre lui une mauvaise parole

12. De qui demande des comptes à l’évêque, ou le dépouille, ou dit contre lui une mauvaise parole

fol. 45ʳ — 13

De la condition des laïcs : qu’ils ne portent pas l’offrande au sanctuaire, et ne baptisent personne

13. Du sens des offrandes : qu’on ne les réitère point

fol. 47ᵛ — 14

[Du clerc qui rit pendant les mystères]

14. Du clerc qui rit pendant les mystères

fol. 47ᵛ — 15

Des heures de la prière, et de l’ablution des mains en tout temps

15. Des heures de la prière, et de l’ablution des mains en tout temps

fol. 50ᵛ — 16

Du serment, qui est le jurement, et du renoncement à la colère

16. Du serment — c’est-à-dire les jurements — et du renoncement à la colère

fol. 51ᵛ — 17

De l’étranger venu d’un pays lointain : on s’enquiert de lui et on lui fait bon accueil

17. Du sens de l’étranger venu d’un pays lointain

fol. 53ʳ — 18

Des livres qu’il faut lire — « l’assiduité à la lecture des livres, et les orphelins » (fol. 53ᵛ)

18. Des livres qu’on lit, et de l’assiduité à la lecture

fol. 54ᵛ — 19

Du jeûne, de la Pâque, et des deux jours du mercredi et du vendredi

19. Du jeûne, de la Pâque, du mercredi et du vendredi

fol. 58ʳ — 20

Que nul n’aille au baptême d’un hérétique, ni à son oblation

20. Que nul n’aille au baptême d’un hérétique, ni à son oblation

fol. 58ᵛ — 21

Des jours où ne sont dus ni jeûne ni prosternation — « les heures où la prosternation n’est pas due » (fol. 59ʳ)

21. Des jours où ne sont dus ni jeûne ni prosternation

fol. 59ʳ — 22

Des fêtes et des jours où le repos est de précepte

22. Des fêtes et des jours où le repos est de précepte

fol. 61ʳ — 23

Qu’il ne convient pas au fidèle d’aller aux assemblées païennes, assemblées des nations, ni aux astrologues, aux spectacles, aux charmeurs et aux devins

23. Qu’il ne convient pas au fidèle d’aller aux assemblées des nations, ni aux astrologues, aux spectacles, aux charmeurs et à la magie

fol. 62ᵛ — [24]

[Du serment par le nom des idoles, ou de la mention de leurs noms]

24. Du serment par le nom des idoles, ou de la mention de leurs noms

fol. 63ᵛ — 25 ; fol. 65ʳ — 26

De ceux qui font l’aumône et de l’exhortation à la charité ; De qui mérite l’aumône et de qui ne la mérite pas (mutilé)

25. De ceux qui font l’aumône et de l’exhortation à la charité

26. Des serviteurs de l’église et de leur ordre

27. Des affranchis et des esclaves

fol. 65ʳ — [27]

[Du mariage et de son précepte pour l’homme et pour la femme] (début mutilé) — « De la concubine » (fol. 66ʳ — 28)

28. Du mariage et de son précepte pour l’homme et pour la femme

fol. 66ᵛ — 29

Du divorce

29. Du divorce

fol. 67ʳ — [30]

[Des jours où l’on doit s’abstenir de l’approche de l’épouse]

30. Des jours où l’on doit s’abstenir de l’approche de l’épouse

fol. 67ᵛ — [31]

[Les prêtres qui servent l’autel ne boivent point de vin nouveau jusqu’à ce que la lampe soit allumée]

31. Des règles des prêtres qui servent l’autel : qu’ils ne boivent point de vin jusqu’à ce que la lampe soit allumée

fol. 67ᵛ — [32]

[De la chevelure et de la barbe]

32. De l’affaire de la chevelure de la tête et de la barbe

fol. 68ᵛ — [33]

[De l’ivresse]

33. Du sens de l’ivresse

fol. 68ᵛ — [34]

[Le tatouage]

34. Du sens du tatouage à l’aiguille

fol. 68ᵛ — [35]

Les habits somptueux

35. Du sens des habits somptueux

fol. 69ʳ — [36]

[L’anneau]

36. Du sens de l’anneau

fol. 69ʳ — [37]

[La chaussure]

37. Du sens de la chaussure

fol. 69ʳ (copte 32) — [38]

[La parure des femmes]

38. De la parure des femmes

fol. 69ᵛ (copte 33) — [39]

[Les riches]

39. De l’affaire des riches

fol. 70ʳ — [40]

[L’eunuque et le circoncis]

40. Du sens des eunuques et des circoncis

fol. 71ʳ — [41]

[Le bain]

41. Pour le bain et la baignade

fol. 71ʳ (copte 36) — [42]

[L’usure]

42. De la fornication

fol. 72ʳ (copte 37) — [43]

[La nudité]

43. Du dénuement

fol. 72ʳ (copte 38) — [44]

[Les droits régaliens, et l’obéissance au souverain et aux chefs]

44. Des droits régaliens : l’obéissance au souverain et aux chefs

fol. 72ᵛ (copte 39) — [45]

[De celui qui pèche après le baptême] (mutilé)

45. De celui qui pèche après le baptême

46. De celui que les hommes condamnent pour meurtre ou débauche

47. Des jugements ecclésiastiques, du témoignage contre les pécheurs, et de ce qu’il faut faire d’eux

48. Du sens de ceux que l’on réprimande et qui ne quittent point leurs habitudes

49. Des malédictions et des anathèmes

fol. 73ʳ — [50]

[Des idolâtres qui fabriquent les idoles, les peignent ou leur immolent, et prennent leur part des maisons des idoles] (début mutilé)

50. Des idolâtres qui fabriquent les idoles, les peignent ou leur immolent, et prennent leur part des maisons des idoles

fol. 73ᵛ (copte 39) — [51]

[La taverne]

51. De ceux qui fréquentent la taverne

fol. 74ʳ (copte 40) — [52]

[Le maître des enfants]

52. Du maître des enfants

fol. 74ʳ — [53]

[Le signe sur le front, de la paume]

53. Du signe de la croix sur le front

fol. 74ᵛ (copte 41) — [54]

[De celui qui déclare impurs le mariage, le vin et la viande, ou ne goûte point de viande aux jours de fête]

fol. 75ᵛ (copte 4[2]) — [55]

Le sacerdoce est plus excellent que la royauté

54. Que le sacerdoce est plus excellent que la royauté

fol. 76ʳ (copte 43) — [56]

Les martyrs, la recommandation à leur égard, le devoir d’aller à eux dans les prisons et de porter leur charge

55. Pour les martyrs : la recommandation à leur égard, aller à eux dans les prisons et porter leur charge

fol. 78ʳ — [57]

[La résurrection]

fol. 78ᵛ — [58]

[Qu’une église ne soit point nommée du nom d’un martyr]

fol. 79ʳ (copte 45) — [59]

De l’instruction que les pères doivent à leurs enfants, et qu’ils les marient au temps où ils y ont droit

56. De l’instruction des enfants par leurs pères, et qu’ils les marient au temps de leur droit au mariage

fol. 79ᵛ (copte 46) — [60]

[Le baptême] (mutilé)

57. Le baptême

58. Du sens de ceux qui renient le Christ et le sacerdoce, et ont sacrifié aux idoles

59. Du sens des paroles vaines, des incantations et du mal

60. Du sens des sépultures

61. Du sens des hérésies

62. De l’assemblée chaque jour au lieu où siège l’évêque, et de la visite des malades

63. Du sens des néophytes qui entrent nouvellement dans la foi — j’entends les confessants

64. Du sens de la bénédiction et de l’eulogie

65. Du sens des banquets, du manger et du boire

66. Que les supérieurs ne soient point méprisés par leurs inférieurs

67. Que le prêtre ne distribue point deux fois

68. Qu’on ne reçoive point un petit enfant encore au ventre de sa mère, mais seulement après qu’il est né

69. Des espèces de fornication et de ce qui leur ressemble

70. Du sens de celui qui tombe une fois par sa magie ; de qui a avec lui un démon ; du vol et des œuvres viles ; des sortes de divertissements et de spectacles ; ou de qui raille un malade de son mal — tel un aveugle ou un boiteux — et de leur parenté

71. Du sens de la bête morte, de ce que le fauve a déchiré, et du non-égorgé

72. Qu’on n’élève point au sacerdoce celui en qui est un défaut corporel ; de la conduite du chrétien fidèle, et de ce qu’il lui incombe de garder des préceptes

73. De qui mange avec les nations et les Juifs en leurs fêtes, des victimes et des azymes

74. De qui, d’entre les prêtres, va aux rois et aux gouverneurs ; de qui entre aux liturgies et ne communie point ; et ce qui suit — plusieurs chapitres

Les Lois des Rois, à savoir : (1) du mariage des jeunes gens ; (2) de l’affranchissement des esclaves ; (3) de la vente des esclaves ; (4) de l’oisiveté des esclaves ; (5) de la vente et de l’achat ; (6) des successions ; (7) du délai durant lequel la veuve demeure après son mari avant de se remarier ; (8) des maladies survenues après le mariage ; (9) du délai de grâce dans la réclamation des droits ; (10) que le prêtre ne lave point un mort ; (11) de l’héritage

 

 

ANNEXE TROISIÈME DE L’ÉDITEUR

L’appendice conservé à la fin du recueil de Michel de Damiette

 

L’éditeur compare ici les titres des chapitres de l’appendice au recueil de Gabriel ibn Turayk, tel que le conserve la fin du Magmūʿ de Michel de Damiette, avec l’index du recueil dans le Miṣbāḥ al-Ẓulma d’Ibn Kabar.[990]

Fin du Magmūʿ de Michel de Damiette

Index d’Ibn Kabar

1. Pour le mariage des jeunes gens

1. Du mariage des jeunes gens

2. De l’affranchissement des esclaves et de leur vente

2. De l’affranchissement des esclaves

3. De la procuration des esclaves

3. De la vente des esclaves

4. De qui se reconnaît soi-même en servitude

4. De l’oisiveté des esclaves

5. L’achat et la vente

5. De la vente et de l’achat

6. De l’héritage

6. Des successions

7. Le délai de grâce dans le mariage de la veuve

7. Du délai durant lequel la veuve demeure après son mari avant de se remarier

8. Des accidents survenus au mariage, et des cautions des femmes

8. Des maladies survenues après le mariage

9. Le délai de grâce dans la réclamation des droits, la vente et l’achat

9. Du délai de grâce dans la réclamation des droits

10. Que le prêtre ne lave point un mort

10. Que le prêtre ne lave point un mort

11. Du sens des successions : ce qu’a pris soin de rassembler et d’extraire, des livres spirituels anciens et récents, le père et patriarche Anba Gabriel

11. De l’héritage

12. Ce qu’il est permis d’employer touchant les successions

 

 

ANNEXE QUATRIÈME DE L’ÉDITEUR

Les sources mises en œuvre dans le recueil

 

L’éditeur relève ici, source par source, les emprunts du recueil : pour chaque passage, la référence de la source, le lieu du recueil où il est cité, et la manière dont le recueil le cite.[991]

Premièrement — les épîtres de saint Paul

Référence

Où le recueil le cite

Comment il le cite

Romains 7, 1-3

XXIX, 9-11

« Romains 9 »

1 Corinthiens 5, 11

XXXIII, 4

« Paul »

1 Co 7, 10-14

XXIX, 13-17

« 1 Co 6 »

1 Co 7, 18-19

XL, 13-14

« 1 Co 6 »

1 Co 7, 27

XXIX, 19

« 1 Co 7 »

1 Co 11, 4-5

XV, 64-65

« 1 Co 12 »

1 Co 11, 14-15

XXXII, 15-16

« 1 Co 16 »

1 Co 11, 27-31

XI, 156-160

« 1 Co 13 »

Galates 5, 2-4

XL, 16-18

« Galates 4 »

Éphésiens 5, 18

XXXIII, 6

« du cinquième de son épître »

1 Timothée 3, 1-7

II, 331-337

« Timothée la première »

1 Tm 3, 8 et 12

V, 40-41

« Timothée la première »

1 Tm 5, 9-11 et 16

VI, 56-59

« Timothée la première »

1 Tm 5, 17-18

IV, 27-28

« Timothée »

1 Tm 5, 22

II, 329

« Timothée »

1 Tm 5, 23

II, 339

« Timothée la première »

Tite 1, 5-6

IV, 30-31

« Ṭīṭus »

Tite 1, 7-9

II, 341-343

« Ṭīṭus »

Tite 1, 10

XL, 20

« Milyāsīūs »

Deuxièmement — les sources canoniques

1. Épiphane

Les canons d’Épiphane, qu’il fit pour le roi Constantin — dans la collection du prêtre Macaire : Paris arabe 251 (Égypte, 1353), fol. 310ᵛ-312ʳ.

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 1 (fol. 318ʳ, l. 2-6)

II, 345

« Épiphane »

c. 5 (fol. 318ʳ, l. 15-17)

II, 347-348

« Épiphane »

c. 13 (fol. 311ʳ, l. 3)

XXVII, 9

« Épiphane »

c. 17 (fol. 311ʳ, l. 6-8)

XXVII, 10-11

« Épiphane »

c. 19 (fol. 311ʳ, l. 9)

XL, 23

« Épiphane »

c. 20 (fol. 311ʳ, l. 10)

XL, 22

« Épiphane »

c. 45 (fol. 312ʳ, l. 2-4)

XXVII, 12-13

« Épiphane »

2. L’évêque de Césarée

« Je n’ai pu m’assurer de sa personne, et j’ai trouvé ses canons en d’autres lieux », écrit l’éditeur.

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

ṭk 9 (fol. 307ʳ, l. 6-11)

II, 351-356

« l’évêque de Césarée » (faṣl 4)

qys 6 (fol. 108ᵛ, l. 9-12)

LX, 45-46

« l’évêque de Césarée » (faṣl 6)

3. Ancyre

Les canons du concile d’Ancyre — dans la collection du prêtre Macaire : Paris arabe 251 (Égypte, 1353), fol. 104ᵛ-107ᵛ.

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 1 (fol. 104ᵛ, l. 9-14)

L, 13-14

« Ancyre » (faṣl 2)

c. 2 (fol. 104ᵛ, l. 15-22)

L, 15-16

« Ancyre » (faṣl 2)

c. 4 (fol. 105ʳ, l. 9-16 et 21)

L, 18-19 et 21

« Ancyre » (faṣl 5)

c. 6 (fol. 105ᵛ, l. 9)

L, 20

« Ancyre » (faṣl 5)

c. 7 (fol. 105ᵛ, l. 15-17)

L, 23

« Ancyre »

c. 9 (fol. 105ᵛ, l. 24 – 106ʳ, l. 5)

V, 35-36

« Ancyre » (faṣl 10)

c. 11 (fol. 106ʳ, l. 14-15)

L, 5

« Ancyre » (faṣl 13)

c. 12 (fol. 106ʳ, l. 18-20)

VIII, 43

« Ancyre » (faṣl 13)

c. 13 (fol. 106ʳ, l. 22 – 106ᵛ, l. 1)

LIV, 7-8

« Ancyre » (faṣl 14)

c. 17 (fol. 107ʳ, l. 2-7)

II, 289-290

« Ancyre » (faṣl 18)

c. 23 (fol. 107ᵛ, l. 10)

XXIII, 23-24

« Ancyre » (faṣl 24)

4. bds — les canons d’Hippolyte

Le sigle bds de l’apparat désigne les canons d’Hippolyte, d’après R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, édition critique de la version arabe, introduction et traduction française (Patrologia Orientalis XXXI, 2 [= nᵒ 194]), Paris, 1966, p. 339-444 ; les renvois se font à la page et à la ligne de cette édition.

Source (canon — page/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 7 (p. 358, l. 14)

V, 43

c. 7 (p. 358, l. 14 – 359, l. 7)

V, 45-47

« Abūlīdis » (faṣl 7)

c. 7 (p. 360, l. 5-6)

V, 56

« Abūlīdis »

c. 9 (p. 360, l. 14 et 362, l. 1-2)

XVII, 20-22

« Abūlīdis »

c. 11 (p. 364, l. 3-5)

L, 10-11

« Abūlīdis » (faṣl 11)

c. 12 (p. 364, l. 8-10)

XXIII, 20-21

« Abūlīdis » (faṣl 22)

c. 12 (p. 366, l. 1-6)

LII, 6-8

« Abūlīdis »

c. 15 (p. 368, l. 10-13)

XLII, 5

« Abūlīdis » (faṣl 15)

c. 16 (p. 370, l. 7-8)

XXVIII, 10

« Abūlīdis » (faṣl 16)

c. 17 (p. 370, l. 11 – 372, l. 9)

XXXVIII, 8-16

« Abūlīdis » (faṣl 27)

c. 18 (p. 374, l. 1-12)

VII, 4-10

« Abūlīdis » (faṣl 18)

c. 19 (p. 376, l. 3-4)

LVI, 39

« Abūlīdis » (faṣl 19)

c. 19 (p. 384, l. 12-15)

XI, 133-136

« Abūlīdis » (faṣl 19)

c. 20 (p. 386, l. 5-7)

XIX, 49-51

« Abūlīdis » (faṣl 19)

c. 21 (p. 386, l. 11 – 388, l. 3)

XIII, 31-35

« Abūlīdis » (faṣl 21)

c. 25 (p. 392, l. 4-6)

IX, 47

« Basile »

c. 25 (p. 392, l. 12-14)

XV, 50-51

« Abūlīdis » (faṣl 25)

c. 27 (p. 394, l. 15 – 396, l. 8)

XV, 53-58

« Abūlīdis » (faṣl 27)

c. 28 (p. 398, l. 3-6)

XI, 130-131

« Abūlīdis » (faṣl 29)

c. 28 (p. 398, l. 5-6)

XI, 106

« Abūlīdis » (faṣl 28)

c. 29 (p. 398, l. 12-15 et 400, l. 6)

XI, 108-112

« Abūlīdis » (faṣl 29)

c. 31 (p. 402, l. 9)

VIII, 26

« Abūlīdis » (faṣl 31)

c. 32 (p. 402, l. 15-16)

II, 273

« Abūlīdis » (faṣl 32)

c. 32 (p. 404, l. 1-2)

VIII, 28-29

« Abūlīdis » (faṣl 32)

c. 35 (p. 408, l. 1-4)

VIII, 40-41

« Abūlīdis » (faṣl 35)

c. 36 (p. 408, l. 12-15)

XI, 89-92

« Abūlīdis » (faṣl 36)

c. 37 (p. 410, l. 12-15)

II, 275-277

« Abūlīdis » (faṣl 37)

5. bs — les canons de saint Basile

Les canons de saint Basile — dans une collection d’auteur inconnu : Berlin, Diez A. quart. 107 (Égypte, 1334), fol. 140ᵛ-175ᵛ. Le recueil les cite sous le nom de « Basile » (l’arabe écrit Bāsīliyūs).

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

— (de l’introduction de la Didascalie)

XXXVI, 4

« Basile »

c. 7 (fol. 147ᵛ, l. 18 – 148ʳ, l. 1)

XXVIII, 12-13

« Basile » (faṣl 7)

c. 9 (fol. 148ʳ, l. 15)

XXIX, 3

« Basile » (faṣl 10)

c. 10 (fol. 148ʳ, l. 18 – 148ᵛ, l. 1)

XXIX, 4-5

« Basile » (faṣl 10)

c. 15 (fol. 149ʳ, l. 12-14)

LX, 54-55

« Basile » (faṣl 15)

c. 15 (fol. 149ʳ, l. 14-19)

IX, 32

« Basile » (faṣl 15)

c. 16 (fol. 149ᵛ, l. 5-7)

LX, 57-58

« Basile » (faṣl 16)

c. 17 (fol. 150ʳ, l. 1-2)

XXX, 3-4

« Basile » (faṣl 17)

c. 22 (fol. 150ᵛ, l. 15-16)

XXIV, 12-13

« Basile » (faṣl 23)

c. 27 (fol. 151ᵛ, l. 14-15)

XXXV, 7

« Basile »

c. 27 (fol. 151ᵛ, l. 15)

XXXVI, 6

« Basile » (faṣl 27)

c. 27 (fol. 151ᵛ, l. 15-16)

XXXII, 13

« Basile » (faṣl 27)

c. 27 (fol. 151ᵛ, l. 16-19)

XXXIV, 3-4

« Basile » (faṣl 17)

c. 28 (fol. 152ʳ, l. 8-10)

XV, 61-62

« Basile » (faṣl 22)

c. 29 (fol. 152ᵛ, l. 5-7)

XIX, 64-65

« Basile » (faṣl 30)

c. 30 (fol. 152ᵛ, l. 10 – 153ʳ, l. 14)

XIX, 66-86

« Basile » (faṣl 30)

c. 30 (fol. 153ʳ, l. 10-14)

XXX, 6-8

« Basile » (faṣl 30)

c. 33 (fol. 155ʳ, l. 5-15)

LVIII, 3-7

« Basile » (faṣl 33)

c. 34 (fol. 155ᵛ, l. 10-14)

XXIII, 26-27

« Basile » (faṣl 34)

c. 35 (fol. 156ᵛ, l. 15-17)

XXIII, 29-30

« Basile » (faṣl 35)

c. 36 (fol. 157ʳ, l. 19 – 158ʳ, l. 5)

VI, 45-52

« Basile » (faṣl 36)

c. 36 (fol. 159ʳ, l. 12-14)

VI, 54

« Basile » (faṣl 36)

c. 37 (fol. 159ᵛ, l. 3-5)

XXIV, 15-16

« Basile » (faṣl 37)

c. 39 (fol. 160ʳ, l. 10-12)

II, 320-321

« Basile » (faṣl 37)

c. 47 (fol. 162ʳ, l. 9-10)

II, 323

« Basile » (faṣl 47)

c. 47 (fol. 162ʳ, l. 9-10)

IV, 23

« Basile » (faṣl 7)

c. 47 (fol. 162ʳ, l. 9-10)

V, 38

« Basile » (faṣl 47)

c. 49 (fol. 162ᵛ, l. 7-10)

II, 325-327

« Basile » (faṣl 49)

c. 53 (fol. 163ʳ, l. 7-8)

XLI, 11-12

« Basile » (faṣl 57)

c. 53 (fol. 163ʳ, l. 8-9)

XLIII, 3

« Basile » (faṣl 53)

c. 54 (fol. 163ʳ, l. 12-16)

XXXI, 3-4

« Basile » (faṣl 54)

c. 54 (fol. 163ʳ, l. 17 – 163ᵛ, l. 3)

XLIII, 5-8

« Basile » (faṣl 54)

c. 57 (fol. 164ʳ, l. 4-6)

IX, 34-35

« Basile »

c. 59 (fol. 164ʳ, l. 15)

IX, 36

« Basile »

c. 59 (fol. 164ʳ, l. 15)

XVI, 4

« Basile » (faṣl 59)

c. 60 (fol. 164ʳ, l. 18)

IX, 37

« Basile »

c. 68 (fol. 165ʳ, l. 13)

XVI, 6

« Basile » (faṣl 66)

c. 71 (fol. 165ᵛ, l. 4-5)

XXIX, 7

« Basile » (faṣl 71)

c. 74 (fol. 165ᵛ, l. 14-16)

XXIV, 18-19

« Basile » (faṣl 74)

c. 77 (fol. 166ʳ, l. 9-10)

XLI, 14

« Basile » (faṣl 74)

c. 79 (fol. 166ʳ, l. 16-17)

X, 4-5

« Basile » (faṣl 89)

c. 79 (fol. 166ʳ, l. 16-17)

XIV, 2-3

c. 80 (fol. 166ᵛ, l. 1-3)

X, 7

« Basile » (faṣl 80)

c. 81 (fol. 166ᵛ, l. 6-7)

IX, 53

« Basile » (faṣl 81)

c. 83 (fol. 166ᵛ, l. 17)

XVI, 8

« Basile » (faṣl 83)

c. 83 (fol. 166ᵛ, l. 18-19)

XVI, 21

c. 84 (fol. 167ʳ, l. 4)

IX, 45

« Basile »

c. 86 (fol. 167ʳ, l. 12-15)

XI, 94-96

« Basile » (faṣl 86)

c. 89 (fol. 167ᵛ, l. 15-16)

IV, 25

« Basile » (faṣl 9)

c. 90 (fol. 167ᵛ, l. 19 – 168ʳ, l. 3)

IX, 49-51

« Basile »

c. 96 (fol. 169ʳ, l. 1-6)

XI, 117-121

« Basile » (faṣl 97)

c. 97 (fol. 169ʳ, l. 13 – 170ᵛ, l. 1)

VIII, 58-63

« Basile » (faṣl 97)

c. 97 (fol. 170ᵛ, l. 8-11)

XI, 122 et 123

« Basile » (faṣl 97)

c. 98 (fol. 170ᵛ, l. 15-17)

XI, 125

« Basile » (faṣl 98)

c. 98 (fol. 171ʳ, l. 4-6)

XI, 138-140

« Basile » (faṣl 98)

c. 99 (fol. 171ᵛ, l. 9-12)

VIII, 65-66

« Basile » (faṣl 99)

c. 99 (fol. 171ᵛ, l. 15 – 172ʳ, l. 15)

XI, 142-150

« Basile » (faṣl 99)

c. 100 (fol. 172ᵛ, l. 1-6)

XI, 152-154

« Basile » (faṣl 100)

c. 101 (fol. 172ᵛ, l. 11-15)

LX, 60-63

« Basile »

c. 105 (fol. 174ᵛ, l. 14 – 175ʳ, l. 1)

LX, 66-70

« Basile »

6. ḥ — les canons de Jean Chrysostome

Les canons de Jean Chrysostome — dans la collection du prêtre Macaire : Paris arabe 251 (Égypte, 1353), fol. 312ʳ-312ᵛ.

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 10 (fol. 312ᵛ, l. 9-10)

III, 15-16

« Jean Chrysostome »

7. dsq — la Didascalie

La Didascalie, ou Enseignement des Apôtres — dans l’arabisation du qommos Marqus Dāwud, cinquième édition, Le Caire, 1979 ; les renvois se font au chapitre (bāb), à la page et à la ligne de cette édition.

Source (bāb — page/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

Introduction (p. 15, l. 16 – 16, l. 2)

XXXII, 3-9

« la Didascalie » (faṣl premier)

Introduction (p. 15, l. 18-19)

XXXVII, 3-4

« la Didascalie » (faṣl premier)

Introduction (p. 15, l. 19-20)

XXXVI, 2

Introduction (p. 15, l. 19-20)

XXXVI, 4

« Basile »

Introduction (p. 15, l. 20-21)

XXXV, 3

« la Didascalie » (faṣl premier)

Introduction (p. 16, l. 9)

XXXIII, 2

Introduction (p. 16, l. 11-14)

XVIII, 17-19

« la Didascalie » (faṣl premier)

bāb 1 (p. 17, l. 4-8)

XXXIX, 2-4

bāb 1 (p. 17, l. 12-19)

XVIII, 4-9

« la Didascalie » (faṣl 1)

bāb 1 (p. 18, l. 17-18)

XLI, 3

« la Didascalie » (faṣl 1)

bāb 2 (p. 22, l. 6-9)

XXXVIII, 3-4

« la Didascalie » (faṣl 2)

bāb 2 (p. 22, l. 13-20)

XLI, 5-9

« la Didascalie » (faṣl 2)

bāb 3 (p. 24, l. 3 – 37, l. 8)

II, 4-79

« la Didascalie » (faṣl 3)

bāb 3 (p. 26, l. 17-18)

XXVI, 4

« la Didascalie » (faṣl 3)

bāb 3 (p. 31, l. 1-8)

XLV, 3-11

« la Didascalie » (faṣl 3)

bāb 4 (p. 39, l. 15 – 48, l. 7)

II, 81-121

« la Didascalie » (faṣl 4)

bāb 4 (p. 44, l. 9-11)

III, 12-13

bāb 4 (p. 44, l. 11-13)

III, 4-5

« la Didascalie » (faṣl 4)

bāb 5 (p. 49, l. 4 – 56, l. 16)

II, 123-145

« la Didascalie » (faṣl 5)

bāb 6 (p. 58, l. 5 – 61, l. 11)

XI, 4-7

« la Didascalie » (faṣl 6)

bāb 6 (p. 59, l. 5-11)

III, 7-10

« la Didascalie » (faṣl 4)

bāb 6 (p. 59, l. 16-18 ; 63, l. 1-6)

V, 4-8

« la Didascalie » (faṣl 6)

bāb 6 (p. 59, l. 19-21)

V, 61-63

bāb 6 (p. 59, l. 22 – 60, l. 1)

IV, 4

« la Didascalie » (faṣl 6)

bāb 6 (p. 60, l. 8 – 61, l. 5)

en annexe à XIII, 38-41

bāb 6 (p. 60, l. 12-16)

en annexe à XIII, 45-48

« la Didascalie » (à la suite du faṣl 21)

bāb 6 (p. 61, l. 17 – 62, l. 2)

XXV, 4-5

« la Didascalie » (faṣl 6)

bāb 6 (p. 63, l. 1-6)

II, 146-148

« la Didascalie » (à la suite du faṣl 5)

bāb 7 (p. 64, l. 4-14)

V, 10-13

« la Didascalie » (faṣl 7)

bāb 7 (p. 64, l. 8 – 65, l. 9)

XII, 7-17

« la Didascalie » (faṣl 7)

bāb 7 (p. 65, l. 14 – 68, l. 9)

XI, 9-18

« la Didascalie » (faṣl 4)

bāb 7 (p. 66, l. 5-9)

LV, 2-3

bāb 7 (p. 67, l. 4-7)

XII, 4-5

« la Didascalie » (faṣl 4)

bāb 7 (p. 68, l. 4-5)

XIII, 4-5

« la Didascalie » (faṣl 6)

bāb 8 (p. 69, l. 4 – 79, l. 21)

II, 150-161

« la Didascalie » (faṣl 8)

bāb 8 (p. 70, l. 20 – 71, l. 4)

L, 2-3

« la Didascalie » (faṣl 8)

bāb 8 (p. 76, l. 6-11)

V, 15-18

« la Didascalie » (faṣl 8)

bāb 8 (p. 77, l. 3-5)

XLIV, 3-4

« la Didascalie » (faṣl 8)

bāb 8 (p. 83, l. 4-11)

XVI, 13-20

« la Didascalie » (faṣl 9)

bāb 8 (p. 83, l. 16-17)

XV, 4

« la Didascalie » (faṣl 8)

bāb 9 (p. 84, l. 5-15)

XVI, 10-12

« la Didascalie » (faṣl 9)

bāb 10 (p. 90, l. 14 – 91, l. 7)

XVII, 3-13

bāb 10 (p. 91, l. 8-20)

XVII, 27-35

« la Didascalie » (faṣl 10)

bāb 10 (p. 92, l. 1 – 94, l. 3)

XIII, 7-17

« la Didascalie » (faṣl 10)

bāb 11 (p. 96, l. 5-18)

XXIII, 4-6

« la Didascalie » (faṣl 11)

bāb 11 (p. 97, l. 3-22)

XIII, 19-25

« la Didascalie » (faṣl 11)

bāb 12 (p. 98, l. 3-7)

XVIII, 23-26

« la Didascalie » (faṣl 12)

bāb 12 (p. 98, l. 8-11)

XXV, 18-20

« la Didascalie » (faṣl 12)

bāb 13 (p. 99, l. 3-14)

XVIII, 28-32

« la Didascalie » (faṣl 13)

bāb 13 (p. 99, l. 17 – 100, l. 11)

XXV, 7-16

« la Didascalie » (faṣl 13)

bāb 14 (p. 101, l. 5 – 103, l. 14)

XI, 20-34

« la Didascalie » (faṣl 14)

bāb 14 (p. 102, l. 11-15)

XXV, 41-44

« la Didascalie » (faṣl 24)

bāb 15 (p. 104, l. 4-19)

XI, 42-46 et 39-41

« la Didascalie » (faṣl 15)

bāb 16 (p. 105, l. 14-17)

XLIV, 6-8

« la Didascalie » (faṣl 16)

bāb 18 (p. 112, l. 4-13)

XXII, 3-10

bāb 18 (p. 112, l. 10 – 113, l. 9)

XIX, 4-26

« la Didascalie » (faṣl 18)

bāb 19 (p. 119, l. 3 – 122, l. 14)

VI, 4-20

« la Didascalie » (faṣl 19)

bāb 19 (p. 120, l. 14 – 122, l. 20)

XI, 48-50

« la Didascalie » (faṣl 19)

bāb 19 (p. 120, l. 16 – 121, l. 5)

XXV, 22-28

« la Didascalie » (faṣl 19)

bāb 19 (p. 121, l. 14 – 122, l. 7)

V, 65-74

« la Didascalie » (faṣl 9)

bāb 19 (p. 122, l. 18-20)

XI, 36-37

« la Didascalie » (faṣl 14)

bāb 20 (p. 123, l. 3-10)

V, 76-79

« la Didascalie » (faṣl 20)

bāb 21 (p. 124, l. 3-4)

en annexe à XIII, 43-44

« la Didascalie » (faṣl 21)

bāb 21 (p. 124, l. 5, 9 et 8)

VIII, 3-5

bāb 21 (p. 124, l. 5-13)

VIII, 7-10

« la Didascalie » (faṣl 21)

bāb 23 (p. 126, l. 3-20)

II, 163-173

« la Didascalie » (faṣl 23)

bāb 24 (p. 127, l. 3-5)

XVIII, 34-36

« la Didascalie » (faṣl 24)

bāb 25 (p. 128, l. 3-21)

LIX, 3-15

« la Didascalie » (faṣl 25)

bāb 26 (p. 129, l. 4-14)

VI, 22-27

« la Didascalie » (faṣl 26)

bāb 27 (p. 130, l. 4 – 134, l. 22)

LVI, 3-28

« la Didascalie » (faṣl 27)

bāb 27 (p. 130, l. 14-17)

XXV, 30-32

« la Didascalie » (faṣl 27)

bāb 27 (p. 135, l. 10-17)

LVII, 3-7

« la Didascalie » (faṣl 27)

bāb 28 (p. 136, l. 3-7)

LVI, 30-31

« la Didascalie » (faṣl 28)

bāb 30 (p. 138, l. 5 – 139, l. 13)

XXIV, 2-10

« la Didascalie » (faṣl 30)

bāb 31 (p. 142, l. 7-11)

LX, 3-6

« la Didascalie » (faṣl 31)

bāb 31 (p. 143, l. 2 – 146, l. 10)

XXII, 12-32

« la Didascalie » (faṣl 31)

bāb 31 (p. 147, l. 2-7)

XXI, 4-6

« la Didascalie » (faṣl 31)

bāb 32 (p. 148, l. 15 – 149, l. 2)

LV, 5-10

« la Didascalie » (faṣl 32)

bāb 33 (p. 154, l. 4-7)

LVI, 33-34

« la Didascalie » (faṣl 33)

bāb 34 (p. 156, l. 5 – 157, l. 13)

VI, 29-41

« la Didascalie » (faṣl 34)

bāb 34 (p. 156, l. 21-23)

XXV, 34-36

« la Didascalie » (faṣl 34)

bāb 34 (p. 158, l. 11-18)

V, 81-85

« la Didascalie » (faṣl 34)

bāb 34 (p. 158, l. 16 – 159, l. 21)

LX, 8-24

« la Didascalie » (faṣl 34)

bāb 34 (p. 161, l. 14-19)

II, 175-178

« la Didascalie » (faṣl 34)

bāb 34 (p. 161, l. 17-19)

IV, 6-7

« la Didascalie » (faṣl 34)

bāb 34 (p. 161, l. 17-21)

V, 20-22

« la Didascalie » (faṣl 34)

bāb 35 (p. 163, l. 7-9)

III, 1-4 et 6

« la Didascalie » (faṣl 35)

bāb 36 (p. 165, l. 10 – 167, l. 17)

II, 180-187

« la Didascalie » (faṣl 36)

bāb 37 (p. 168, l. 3-12)

XV, 6-13

« la Didascalie » (faṣl 37)

bāb 38 (p. 169, l. 15-18)

II, 190-193

« la Didascalie » (faṣl 38)

bāb 38 (p. 169, l. 15-18)

XIX, 29-33

« la Didascalie » (faṣl 38)

bāb 38 (p. 169, l. 15-18)

XXI, 8-11

« la Didascalie » (faṣl 38)

8. rsṭb — les Canons des Apôtres, premier livre

Les Canons des Apôtres, premier livre — d’après A. Périer et J. Périer, Les « 127 Canons des Apôtres », texte arabe en partie inédit, publié et traduit en français d’après les manuscrits de Paris, de Rome et de Londres (Patrologia Orientalis VIII, 4 [= nᵒ 39]), Paris, 1912, p. 573-663 ; les renvois se font à la page et à la ligne de cette édition.

Source (canon — page/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 10 (p. 580, l. 6 – 581, l. 4)

XI, 58-66

« les Disciples »

c. 11 (p. 581, l. 8)

XV, 15

« les Disciples » (faṣl 11)

c. 13 (p. 583, l. 2 – 584, l. 3)

II, 195-199

« les Disciples »

c. 13 (p. 584, l. 8-9)

IV, 9-12

« les Disciples » (faṣl 13)

c. 14 (p. 585, l. 3-6)

V, 50-52

« les Disciples »

c. 15 (p. 585, l. 8 – 586, l. 5)

V, 24-27

« les Disciples » (faṣl 15)

c. 16 (p. 586, l. 9 – 587, l. 2)

V, 87-89

« les Disciples » (faṣl 16)

c. 20 (p. 589, l. 4-5)

XXXVIII, 6

« les Disciples » (faṣl 20)

c. 21 (p. 590, l. 4 – 591, l. 2)

II, 201-205

« les Disciples » (faṣl 21)

c. 22 (p. 591, l. 6-7)

IV, 14

« les Disciples » (faṣl 22)

c. 23 (p. 592, l. 1-5)

V, 29-31

« les Disciples »

c. 25 (p. 594, l. 3-8)

V, 91-95

« les Disciples » (faṣl 25)

c. 26 (p. 595, l. 1-2)

V, 54

« les Disciples » (faṣl 26)

c. 26 (p. 595, l. 2)

VI, 43

« les Disciples »

c. 27 (p. 596, l. 7-8)

L, 7-8

« les Disciples » (faṣl 27)

c. 27 (p. 596, l. 9)

LI, 3

« les Disciples » (faṣl 27)

c. 27 (p. 596, l. 9 – 597, l. 1)

LII, 3-4

« les Disciples » (faṣl : blanc)

c. 27 (p. 597, l. 1-4)

XXIII, 8-10

« les Disciples » (faṣl 27)

c. 28 (p. 598, l. 2-4)

XXIII, 12

« les Disciples » (faṣl 28)

c. 28 (p. 597, l. 6-7)

XXXV, 5

« les Disciples » (faṣl 28)

c. 29 (p. 598, l. 6-7)

XXVIII, 4-5

« les Disciples » (faṣl 29)

c. 33 (p. 601, l. 5 – 602, l. 2)

LX, 26-31

« les Disciples » (faṣl 33)

c. 34 (p. 602, l. 4 – 603, l. 2)

LX, 33-40

« les Disciples » (faṣl 34)

c. 34 (p. 603, l. 2 – 605, l. 4)

LX, 75-84

« les Disciples » (faṣl 34)

c. 35 (p. 608, l. 3-4)

XIX, 35

« les Disciples » (faṣl 38)

c. 37 (p. 610, l. 4-5)

II, 207

« les Disciples » (faṣl 37)

c. 39 (p. 611, l. 6 – 612, l. 5)

XI, 68-71

« les Disciples » (faṣl 39)

c. 40 (p. 612, l. 9 – 613, l. 2)

XIX, 37-40

« les Disciples » (faṣl 40)

c. 42 (p. 613, l. 6-8)

XV, 17-18

« les Disciples » (faṣl 43)

c. 43 (p. 614, l. 4-6)

XI, 127-128

« les Disciples » (faṣl 43)

c. 44 (p. 614, l. 8 – 615, l. 6)

XI, 99-104

« les Disciples » (faṣl 43)

c. 47 (p. 616, l. 8 – 620, l. 4)

XV, 20-43

« les Disciples » (faṣl 47)

c. 47 (p. 617, l. 2-9)

XIII, 27-29

« les Disciples » (faṣl 47)

c. 47 (p. 620, l. 6 – 621, l. 5)

LIII, 2-8

c. 51 (p. 630, l. 7-8)

II, 209-210

« les Disciples » (faṣl 51)

c. 52 (p. 633 et 634)

II, 212-225

« les Disciples » (faṣl 52)

c. 53 (p. 638, l. 8 – 639, l. 1)

IV, 16

« les Disciples » (faṣl 53)

c. 53 (p. 638, l. 8 – 639, l. 1)

V, 33

« les Disciples » (faṣl 53)

c. 55 (p. 640, l. 8-9)

V, 59

« les Disciples » (faṣl 55)

c. 56 (p. 641, l. 2-5)

II, 227-230

« les Disciples » (faṣl 56)

c. 57 (p. 641, l. 7 – 642, l. 7)

VIII, 12-20

« les Disciples » (faṣl 59)

c. 58 (p. 642, l. 9 – 643, l. 2)

VIII, 22-24

« les Disciples » (faṣl 58)

c. 59 (p. 643, l. 3-6)

XI, 73-75

« les Disciples » (faṣl 59)

c. 60 (p. 643, l. 8 – 644, l. 3)

XI, 77-79

« les Disciples » (faṣl 60)

c. 62 (p. 646, l. 6 – 647, l. 3)

XXIII, 14-15

« les Disciples » (faṣl 68)

c. 63 (p. 647, l. 5-6)

XXVIII, 7-8

« les Disciples » (faṣl 63)

c. 66 (p. 649, l. 7 – 650, l. 10)

XXII, 34-45

« les Disciples » (faṣl 66)

c. 68 (p. 653, l. 2)

XV, 45

« les Disciples » (faṣl 58)

9. rsṭj — les Canons des Apôtres, deuxième livre

Les Canons des Apôtres, deuxième livre — même édition Périer (Patrologia Orientalis VIII, 4), p. 664-710 ; le recueil les cite sous le nom de Clément.

Source (canon — page/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 1 (p. 664, l. 5-6)

II, 232-233

« Clément » (faṣl 1)

c. 2 (p. 665, l. 1-7)

XI, 81-87

« Clément » (faṣl 2)

c. 4 (p. 666, l. 1-2)

XIX, 42

« Clément » (faṣl 4)

c. 8 (p. 667, l. 4-5)

XV, 47

« Clément » (faṣl 2)

c. 10 (p. 667, l. 8 – 668, l. 2)

XVII, 15

« Clément » (faṣl 10)

c. 11 (p. 668, l. 4-7)

II, 235-237

« Clément » (faṣl 11)

c. 15 (p. 670, l. 5-8)

II, 239-240

« Clément » (faṣl 15)

c. 15 (p. 670, l. 5-9)

XL, 2-5

c. 21 (p. 673, l. 2-3)

II, 242

« Clément » (faṣl 21)

c. 24 (p. 674, l. 4-7)

XVII, 17-18

« Clément » (faṣl 24)

c. 25 (p. 674, l. 8 – 675, l. 2)

II, 244-245

« Clément » (faṣl 25)

c. 26 (p. 675, l. 4-7)

II, 247-248

« Clément » (faṣl 26)

c. 28 (p. 676, l. 4-6)

II, 250-251

« Clément » (faṣl 28)

c. 29 (p. 676, l. 7-10)

II, 253-256

« Clément » (faṣl 27)

c. 31 (p. 677, l. 4-10)

II, 258-261

« Clément » (faṣl 31)

c. 32 (p. 678, l. 2-6)

II, 263-265

« Clément » (faṣl 32)

c. 33 (p. 679, l. 1-4)

XXIII, 17-18

« Clément » (faṣl 33)

c. 33 (p. 679, l. 4-5)

XLII, 3

« Clément » (faṣl 33)

c. 34 (p. 679, l. 6-8)

XX, 4

« Clément » (faṣl 34)

c. 34 (p. 679, l. 6-9)

LX, 42-43

« Clément » (faṣl : al-rabʿ)

c. 35 (p. 680, l. 2-5)

LIV, 3

« Clément » (faṣl 35)

c. 37 (p. 681, l. 2-4)

LIV, 5

« Clément » (faṣl 37)

c. 38 (p. 681, l. 6-8)

LI, 5-6

« Clément » (faṣl 38)

c. 38 (p. 681, l. 8 – 682, l. 1)

XII, 19-21

« Clément » (faṣl 31)

c. 40 (p. 682, l. 8-9)

XXV, 38-39

« Clément » (faṣl 39)

c. 41 (p. 683, l. 1-2)

XVIII, 21

« Clément » (faṣl 41)

c. 45 (p. 684, l. 4-5)

XXI, 13

« Clément » (faṣl 45)

c. 46 (p. 684, l. 8-9)

XX, 6

« Clément » (faṣl 46)

c. 48 (p. 685, l. 4-7)

LX, 42-43

« Clément » (faṣl : al-rabʿ)

c. 49 (p. 685, l. 10 – 686, l. 4)

XIX, 44-47

« Clément » (faṣl 49)

c. 49 (p. 686, l. 4-5)

XX, 8

« Clément » (faṣl 49)

c. 52 (p. 688, l. 3-6)

III, 24-26

« Clément » (faṣl —)

c. 52 (p. 688, l. 7-9)

II, 267-268

« Clément » (faṣl 52)

c. 53 (p. 689, l. 5-6)

II, 270-271

« Clément » (faṣl 53)

c. 54 (p. 690, l. 4-5)

XII, 23

« Clément » (faṣl 54)

c. 55 (p. 690, l. 7 – 691, l. 8)

XVIII, 11-14

« Clément » (faṣl 55)

10. ṭk — les canons des conciles d’Antioche et de Laodicée

Les canons du concile d’Antioche et de ceux de Laodicée, transmis d’une seule teneur et en numérotation continue au sein de la collection du prêtre Maqāra : manuscrit Paris arabe 251 (copié en Égypte en 1353), fol. 306ʳ-310ᵛ, d’où se prennent les renvois de la première colonne. Le recueil les cite sous le seul nom d’« Antioche ».[992]

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 1 (fol. 306ʳ, l. 18-24)

XIX, 56-57

« Antioche » (faṣl 1)

c. 3 (fol. 306ᵛ, l. 6-11)

IX, 11-13

« Antioche » (faṣl 3)

c. 4 (fol. 306ᵛ, l. 12-15)

IX, 15-16

« Antioche » (faṣl 4)

c. 5 (fol. 306ᵛ, l. 15-18)

IX, 18-21

« Antioche » (faṣl 5)

c. 6 (fol. 306ᵛ, l. 18-21)

IX, 23-25

« Antioche » (faṣl 6)

c. 7 (fol. 306ᵛ, l. 21-23)

XVII, 24-25

« Antioche » (faṣl —)

c. 8 (fol. 306ᵛ, l. 23 – 307ʳ, l. 6)

II, 292-298

« Antioche » (faṣl 8)

c. 9 (fol. 307ʳ, l. 6-11)

II, 351-356

« l’évêque de Césarée » (faṣl 4)

c. 15 (fol. 307ᵛ, l. 5-6)

II, 300

« Antioche » (faṣl 15)

c. 16 (fol. 307ᵛ, l. 7-10)

II, 302-304

« Antioche » (faṣl 16)

c. 21 (fol. 308ʳ, l. 2-4)

II, 306-308

« Antioche » (faṣl 21)

c. 22 (fol. 308ʳ, l. 5-8)

II, 310-312

« Antioche » (faṣl 22)

c. 23 (fol. 308ʳ, l. 12-15)

II, 314-318

« Antioche » (faṣl 23)

c. 27 (fol. 308ᵛ, l. 4-5)

IX, 27

« Antioche » (faṣl 27)

c. 27 (fol. 308ᵛ, l. 4-5)

LX, 48

« Antioche » (faṣl 27)

c. 28 (fol. 308ᵛ, l. 5)

XLII, 14

« Antioche » (faṣl 45)

— (—)

LVI, 36-37

« Antioche » (faṣl 33)

c. 43 (fol. 309ʳ, l. 6-7)

VIII, 50-51

« Antioche » (faṣl 44)

c. 44 (fol. 309ʳ, l. 7-8)

VIII, 53

« Antioche » (faṣl 45)

c. 45 et 46 (fol. 309ʳ, l. 9-10)

VIII, 55-56

« Antioche » (faṣl 47)

c. 52 (fol. 309ʳ, l. 15-17)

XXII, 47-49

« Antioche » (faṣl 52)

c. 69 (fol. 309ᵛ, l. 10)

LX, 50

« Antioche » (faṣl 69)

c. 70 (fol. 309ᵛ, l. 10-11)

LX, 52

« Antioche » (faṣl 70)

c. 74 (fol. 309ᵛ, l. 15-16)

XIX, 59

« Antioche » (faṣl 65)

c. 75 (fol. 309ᵛ, l. 16-17)

XIX, 60

« Antioche » (faṣl 65)

c. 75 (fol. 309ᵛ, l. 16-17)

LVI, 40

« à la suite d’Abūlīdis » (faṣl 19)

c. 76 (fol. 309ᵛ, l. 17-18)

XIX, 62

« Antioche » (faṣl 76)

c. 78 (fol. 309ᵛ, l. 19-20)

IX, 29-30

« Antioche » (faṣl 78)

11. ʿj — les canons du concile de Gangres

Les canons du concile de Gangres, au sein de la même collection du prêtre Maqāra : manuscrit Paris arabe 251 (copié en Égypte en 1353), fol. 109ᵛ-111ᵛ. Le recueil les cite sous le nom de « Gangres » (Ghanjarā).[993]

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 1 (fol. 110ᵛ, l. 5-7)

LIV, 10

« Gangres » (faṣl 1)

c. 2 (fol. 110ᵛ, l. 7-9)

LIV, 12

« Gangres » (faṣl 2)

c. 4 (fol. 110ᵛ, l. 12-13)

IV, 21

« Gangres » (faṣl 4)

c. 4 (fol. 110ᵛ, l. 12-13)

LIV, 14

« Gangres » (faṣl 4)

c. 14 (fol. 111ʳ, l. 9-10)

LIV, 16

« Gangres » (faṣl 14)

c. 15 (fol. 111ʳ, l. 11-12)

LIV, 18-19

« Gangres » (faṣl 15)

c. 17 (fol. 111ʳ, l. 17-19)

XXXII, 11

« Gangres » (faṣl 17)

c. 20 (fol. 111ᵛ, l. 2-4)

LVI, 42

« Gangres » (faṣl 20)

12. qys — les canons du concile de Néocésarée

Les canons du concile de Néocésarée, au sein de la même collection du prêtre Maqāra : manuscrit Paris arabe 251 (copié en Égypte en 1353), fol. 108ʳ-109ᵛ. Le recueil les cite sous le nom de « Césarée » (Qaysāriyya), voire de « l’évêque de Césarée ».[994]

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 6 (fol. 108ᵛ, l. 9-12)

LX, 45-46

« l’évêque de Césarée » (faṣl 6)

c. 11 (fol. 109ʳ, l. 15-16)

IV, 18-19

« Césarée » (faṣl 11)

c. 13 (fol. 109ʳ, l. 24 – 109ᵛ, l. 1)

VIII, 45

« Césarée » (faṣl 13)

c. 13 (fol. 109ᵛ, l. 3-8)

VIII, 47-48

« Césarée » (faṣl —)

13. mj — les Lois des Rois, troisième livre

Les Lois des Rois, troisième livre, au sein de la même collection : manuscrit Paris arabe 251 (copié en Égypte en 1353), fol. 233ᵛ-247ʳ. Le recueil les cite sous le nom de « Lois des Rois » (Qawānīn al-mulūk).[995]

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 9 (fol. 236ᵛ, l. 4-10)

XXVII, 1-7

— (faṣl —)

c. 11 (fol. 237ʳ, l. 5-6)

LX, 72-73

« Lois des Rois » (faṣl —)

c. 12 (fol. 237ʳ, l. 16 – 237ᵛ, l. 4)

VII, 13-24

« Lois des Rois » (faṣl —)

c. 14 (fol. 238ʳ, l. 10 – 238ᵛ, l. 14)

IX, 41-43

« Lois des Rois » (faṣl —)

c. 14 (fol. 238ᵛ, l. 23 – 239ʳ, l. 7)

III, 21-22 et 18-20

« Lois des Rois » (faṣl —)

c. 19 (fol. 240ᵛ, l. 13-23)

XIX, 88-93

« Lois des Rois » (faṣl —)

14. Milyāsīūs

« Je n’ai pu établir son identité », confesse l’éditeur. Le recueil le cite une seule fois (XL, 20) : « Garde-toi du parler ; gardez-vous des gens de la circoncision » ; et l’éditeur conjecture qu’il faut y entendre Tite 1, 10 : « Car il s’en trouve beaucoup qui parlent par vanité et abusent les esprits, surtout ceux de la circoncision ».[996]

15. nīq — les canons du concile de Nicée, d’après la copie copte

Les canons du concile de Nicée, en ce qui en fut transcrit des copies coptes, au sein de la même collection : manuscrit Paris arabe 251 (copié en Égypte en 1353), fol. 148ʳ-150ʳ. Le recueil les cite sous le chiffre vénérable des « Trois cent dix-huit », parfois précisé « les Trois cent dix-huit à Nicée ».

Source (canon — folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

c. 3 (fol. 148ᵛ, l. 8-9)

IX, 4-5

« les 318 » (faṣl 2)

c. 4 (fol. 148ᵛ, l. 9-12)

II, 279-280

« les 318 à Nicée » (faṣl 3)

c. 6 (fol. 148ᵛ, l. 21 – 149ʳ, l. 2)

II, 282-285

« les 318 à Nicée » (faṣl 6)

c. 7 (fol. 149ʳ, l. 2-4)

II, 287

« les 318 à Nicée » (faṣl 7)

c. 14 (fol. 149ᵛ, l. 11-13)

IX, 7

« les 318 » (faṣl 14)

c. 15 (fol. 149ᵛ, l. 13-18)

IX, 8-9

« les 318 » (faṣl 14)

c. 16 (fol. 149ᵛ, l. 20-22)

XLII, 7

« les 318 » (faṣl 16)

c. 17 (fol. 149ᵛ, l. 22 – 150ʳ, l. 5)

VIII, 31-38

« les 318 » (faṣl 17)

c. 18 (fol. 150ʳ, l. 6-11)

XL, 7-11

« les 318 » (faṣl 18)

c. 20 (fol. 150ʳ, l. 19-20)

XXI, 19-21

« les 318 » (faṣl —)

16. Nīqiyya — la foi du concile de Nicée

La foi du concile de Nicée — ordonnances sans numérotation, dans le Magmūʿ de Michel de Damiette : manuscrit Paris arabe 4728 (copié en Égypte en 1886), fol. 192ᵛ-197ʳ. Le recueil les cite encore sous le nom des « Trois cent dix-huit ».

Source (folio/ligne)

Où le recueil le cite

Comment il le cite

fol. 194ʳ, l. 22 – 194ᵛ, l. 1

XXI, 15-16

« les 318, en ce qui regarde les moines » (faṣl —)

fol. 194ᵛ, l. 4-5

XIX, 53

« les 318 » (faṣl —)

fol. 194ᵛ, l. 9-11

XXI, 19-21

« les 318 » (faṣl —)

fol. 195ʳ, l. 9-14

XLII, 9-12

« les 318 » (faṣl —)

fol. 197ʳ, l. 10-21

XI, 52-56

« les 318 » (faṣl —)

Ici s’achève l’annexe des sources de l’éditeur.[997]

 

 

 

COLOPHON

 

À la gloire de la Trinité sainte, consubstantielle et indivise ;

par les prières de Notre-Dame la Vierge Marie, Mère de Dieu,

de saint Marc, apôtre et évangéliste, et du saint patriarche

Gabriel, soixante-dixième du siège d’Alexandrie, dont on a traduit les canons —

que leurs supplications soient une forteresse pour la main qui a peiné sur ces pages, et pour les yeux qui les liront.

Ce qui s’y trouve de vrai vient de Dieu ; ce qui s’y trouve de fautif vient de la faiblesse du traducteur, qui en demande pardon.

Gloire à Dieu dans les siècles des siècles. Amen.

 

 

 

Annexe

Les sources citées par Gabriel II — notices historiques et guide des textes

 

Gabriel désigne ses sources tantôt par le nom de leur auteur — « Clément », « Basile », « Hippolyte » —, tantôt par celui de l’assemblée qui les promulgua — « Nicée », « Ancyre », « Antioche » —, tantôt par le titre du recueil où il puise — « la Didascalie », « les Lois des Rois ». L’éditeur en a dressé l’inventaire savant : la deuxième section de son étude en conte l’histoire selon les manuscrits, et la quatrième de ses annexes en donne les tables exactes, folio par folio. La présente annexe y ajoute un office plus modeste et plus pédagogique, à l’intention du lecteur qui voudrait remonter aux textes mêmes et les étudier de première main : pour chaque source, une notice dit brièvement ce qu’est le texte cité et d’où il vient ; l’autorité qu’il tient dans la tradition de l’Église copte ; ce que la science permet d’affirmer — ou oblige de nuancer — quant à son authenticité et à celle des citations qu’en fait le recueil ; enfin les éditions et traductions où le lire. Les renvois de détail demeurent aux annexes de l’éditeur, qu’on ne répète pas.

La Didascalie des Apôtres

Ordonnance ecclésiastique composée en Syrie vers le milieu du IIIᵉ siècle, en grec, la Didascalie se donne pour l’enseignement des douze Apôtres assemblés — fiction de littérature apostolique dont l’Antiquité chrétienne fut coutumière. Le grec en est perdu ; elle survit intégralement en syriaque, par fragments en latin, et, pour l’Égypte, dans une recension arabe — celle-là même que cite Gabriel —, apparentée aux six premiers livres des Constitutions apostoliques.

Son autorité chez les Coptes est du premier rang : elle ouvre les collections canoniques, Ibn Kabar la met en tête de son inventaire, et l’Église l’a toujours lue comme la voix des Apôtres réglant l’assemblée, l’évêque et le peuple. La critique, elle, y reconnaît un pseudépigraphe : l’ouvrage est du IIIᵉ siècle, non du premier — ce qui n’ôte rien à son ancienneté vénérable ni à la valeur de son témoignage sur l’Église des premiers temps.

La certitude touchant les citations est, elle, entière : l’éditeur les a collationnées page et ligne sur l’édition arabe du qommos Marqus Dāwud (5ᵉ édition, Le Caire, 1979) — voir la septième rubrique de son annexe des sources. Qui veut étudier le texte lira : pour le syriaque, la traduction française de F. Nau (La Didascalie des douze Apôtres, Paris, 2ᵉ éd., 1912) ; pour la parenté avec les Constitutions apostoliques, l’édition et la traduction de M. Metzger (Sources chrétiennes 320, 329 et 336, Paris, 1985-1987) ; pour l’arabe, l’édition Dāwud. Renvois du recueil : chapitres I-III, XVIII, XXV, XXXII-XLI, XLIV-XLV, L, LV-LX.

Les Canons des Apôtres, premier et deuxième livres

Sous ce titre courent, dans toute la canonistique copte, les deux livres du corpus arabe dit des « 127 Canons des Apôtres » : soixante et onze canons au premier livre, cinquante-six au second. C’est une compilation égyptienne d’ordonnances pseudo-apostoliques plus anciennes — l’Ordonnance ecclésiastique des Apôtres, la matière dite de la Tradition apostolique —, mise sous le nom des Disciples du Seigneur et de Clément de Rome, tenu pour leur secrétaire.

Leur autorité est celle d’un seuil : les recueils coptes s’ouvrent par eux, et Gabriel les convoque constamment — le premier livre sous le nom des « Disciples », le second sous celui de « Clément ». La science y voit des textes du IVᵉ siècle pour l’essentiel, d’attribution apostolique fictive mais de discipline authentiquement ancienne.

Qu’on se garde ici d’une confusion : ces livres ne sont point les deux épîtres de Clément — les lettres aux Corinthiens que le canon copte élargi compte parmi ses quatre-vingt-cinq livres, la première authentique et de la fin du Iᵉʳ siècle, la seconde une homélie du IIᵉ. Clément de Rome n’intervient dans nos Canons que comme secrétaire supposé, celui « par la main de qui » les Apôtres auraient transmis leurs ordonnances ; la tradition copte connaît sous ce patronage tout un octateuque — huit livres « exposés par la main de Clément », que mentionne la souscription de Yūḥannā ibn Mawhūb traduite dans l’étude de l’éditeur —, dont nos deux livres de canons sont issus.

Les citations du recueil se vérifient à la page et à la ligne dans l’édition d’A. et J. Périer, Les « 127 Canons des Apôtres », texte arabe accompagné d’une traduction française (Patrologia Orientalis VIII, 4, Paris, 1912) — l’instrument même dont use l’éditeur (huitième et neuvième rubriques de son annexe) ; le lecteur français y a donc un accès direct. Renvois du recueil, entre autres : chapitres II, XI-XII, XV, XVII-XXV, XLII, LI-LIV, LX (dont tout l’ordo du baptême).

Les Canons d’Hippolyte

Trente-huit canons sous le nom d’Hippolyte de Rome († 235), « Abūlīdis » dans notre recueil. La critique — R.-G. Coquin en tête — les tient pour une œuvre égyptienne des années 336-340, remaniement de la Tradition apostolique ; ils ne subsistent qu’en arabe, au terme d’un passage par le copte. Le nom d’Hippolyte est donc d’emprunt ; la substance est authentiquement ancienne, et égyptienne.

Leur autorité chez les Coptes est établie de longue date : ils figurent parmi les livres des Pères dans les collections, et Gabriel y puise pour la pénitence des idolâtres (ch. L), le maître d’école chrétien (ch. LII) et le baptême du sang (ch. LVI). L’identification du sigle bds de l’apparat est acquise par l’annexe de l’éditeur (quatrième rubrique), et chaque citation s’y vérifie à la page et à la ligne.

Le lecteur les étudiera dans R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, texte arabe, introduction et traduction française (Patrologia Orientalis XXXI, 2, Paris, 1966) — traduction française intégrale, aisément accessible.

Les Canons de saint Basile

Recueil de cent six canons sous le nom de Basile de Césarée († 379). Qu’on ne s’y trompe point : ce ne sont pas les canons authentiques de Basile — les lettres à Amphiloque que reçoit le droit byzantin —, mais une compilation d’origine égyptienne, connue aussi par fragments coptes, que la tradition alexandrine a mise sous le patronage du grand Cappadocien. L’attribution est pseudépigraphe ; le fonds est ancien.

Peu de sources jouissent, chez les Coptes, d’une autorité aussi constante : discipline du clergé, parure et tenue des fidèles, bain, vocable des églises, rituel baptismal — Gabriel s’y appuie sans cesse. L’éditeur collationne ses citations sur le manuscrit Berlin Diez A. quart. 107 (cinquième rubrique de son annexe) ; on se souviendra que Gabriel et l’apparat divergent souvent d’une ou deux unités dans la numérotation — divergences signalées en note au fil des chapitres.

Faute d’édition critique complète de l’arabe, le lecteur occidental recourra à la version allemande de W. Riedel (Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, Leipzig, 1900), qui demeure l’instrument classique pour ces canons comme pour plusieurs collections alexandrines.

Les canons de Jean Chrysostome

Courte collection que la tradition tire, en l’abrégeant, des livres deuxième et troisième du traité Sur le sacerdoce de Jean Chrysostome († 407) — ainsi que l’a montré Graf. Ici, point de pseudépigraphie quant au fond : le traité est authentique entre tous ; seule la mise en canons est tardive. L’autorité du docteur œcuménique, vénéré chez les Coptes à l’égal des Grecs, couvre ces extraits.

L’éditeur les collationne sur la collection du prêtre Macaire (sixième rubrique de son annexe). Le lecteur remontera au traité lui-même : texte grec dans la Patrologie grecque (t. 48) ; édition et traduction française d’A.-M. Malingrey, Sur le sacerdoce (Sources chrétiennes 272, Paris, 1980).

Les conciles

Cinq assemblées du IVᵉ siècle fournissent au recueil leurs canons : Ancyre (314), Nicée (325) — les « Trois cent dix-huit » —, Néocésarée (entre 314 et 325, citée « Césarée »), Gangres (vers 340) et le couple d’Antioche (341) et de Laodicée (seconde moitié du siècle), que la tradition copte transmet d’une seule numérotation continue. Tous sont parvenus aux Coptes en arabe, pour l’essentiel dans la collection du prêtre Macaire (Paris arabe 251) ; Nicée s’y double d’une recension dite copte, élargie, et d’ordonnances de la « foi de Nicée » conservées chez Michel de Damiette.

L’autorité des « 318 » est sans égale dans toute la chrétienté, et les conciles régionaux sont reçus chez les Coptes au même titre que chez les Grecs. La science invite toutefois à un discernement : les canons de ces conciles sont authentiques pour le fond, mais la tradition arabe a élargi Nicée de pièces pseudo-nicéennes — la « copie copte » et la foi de Nicée débordent les vingt canons grecs authentiques — ; et les numérotations arabes ne recouvrent pas les grecques (ainsi le « quatorzième chapitre d’Ancyre » du chapitre LIV répond au treizième canon de l’apparat).

Pour les textes grecs avec traduction française, on lira P.-P. Joannou, Discipline générale antique (Grottaferrata, 1962-1964) ; pour la tradition arabe propre aux Coptes, les rubriques dixième à douzième et quinzième-seizième de l’annexe des sources donnent tables et folios.

Les Lois des Rois et les canons d’Épiphane

Sous le nom de Lois des Rois (Qawānīn al-mulūk), la tradition arabe chrétienne transmet une compilation de droit civil mise sous le patronage des empereurs chrétiens — Constantin, Théodose et Léon, selon la légende des titres — et apparentée au vieux droit syro-romain. Gabriel cite le troisième livre (treizième rubrique de l’annexe de l’éditeur) pour les matières temporelles que le droit d’Église ne couvre pas seul : le mariage, les biens, la continence des époux. L’attribution impériale est légendaire ; la compilation, médiévale ; son autorité chez les Coptes fut celle d’un droit civil de suppléance, reçu aux côtés des canons.

Les canons d’Épiphane « pour le roi Justinien » posent un cas limpide de pseudépigraphie : Épiphane de Salamine mourut en 403, et Justinien régna au VIᵉ siècle — l’anachronisme trahit l’atelier. Transmis par la canonistique melkite (le plus ancien témoin arabe est le Londres, British Library, Or. 5008, de 918), ils furent reçus chez les Coptes comme parole du grand hérésiologue (première rubrique de l’annexe de l’éditeur, et ch. XXVII et XL du recueil). Pour l’étude : Riedel, op. cit., et Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. I, pour l’état des manuscrits. — Reste enfin le « Milyāsiyūs » du chapitre XL, que nul n’a identifié : l’éditeur lui-même y renonce (quatorzième rubrique), conjecturant l’épître à Tite ; l’honnêteté commande de laisser la question ouverte.

Les citations de l’Écriture Sainte

Gabriel cite fréquemment l’Écriture, souvent d’après l’ancienne division en péricopes, ce qui explique que ses numéros de « chapitre » ne s’accordent pas toujours avec nos versets. On a partout rétabli la référence moderne, d’après la Bible de Jérusalem. Parmi les lieux les plus marquants du tome II : Exode 12 (l’agneau pascal, chap. LIII) ; les Proverbes de Salomon (chap. LIX) ; Matthieu 16 et 18, et Jean 20 (le pouvoir des clefs, chap. LV) ; Matthieu 25 (le jugement, chap. LVI) ; Romains 6 (la mort et la résurrection baptismales, chap. LX) ; 1 Corinthiens 7 et 15 ; 1 Pierre 2 ; et Actes 20, 28 (l’Église acquise par le sang du Christ, chap. LVIII). La table des épîtres de saint Paul, en tête de l’annexe des sources de l’éditeur, donne le relevé complet.

Note sur la méthode

On a traduit et non transcrit : chaque mot technique — arabe, grec ou copte — a été rendu en français, la forme originale n’étant rappelée en note que lorsqu’elle éclaire le sens. Les rubriques de source sont imprimées en rouge, à l’image de l’encre du manuscrit ; les suppléments et restitutions de l’éditeur, entre crochets ; les folios du manuscrit, en marge grise. Les notes du traducteur (N.d.T.) n’ont d’autre dessein que d’éclairer la tradition de l’Église copte orthodoxe et de guider le lecteur à travers les Écritures et les Pères que Gabriel convoque.

Fin de l’annexe.

 

 

 

INDEX DU TRADUCTEUR

Index des matières et des noms

 

Les chiffres romains renvoient aux chapitres du recueil ; « ét. I, II, III » aux trois sections de l’étude introductive de l’éditeur ; « ann. 1-4 » à ses annexes, la quatrième étant l’annexe des sources et ses seize rubriques ; « ann. trad. » à l’annexe du traducteur. Cet index tient lieu de la cinquième annexe de l’édition arabe — l’index alphabétique arabe des termes —, dont l’ordre, propre à cette langue, ne pouvait servir le lecteur français.

A

Ablution des mains — XV.

Abstinence conjugale — XXX ; LX (aux approches du baptême des enfants).

Abūlīdis — voir Hippolyte.

Accueil de l’étranger — XVII.

Anathème — LIV (formule de Gangres).

Ancyre (concile d’) — L (pénitence des lapsi) ; LIV ; ann. 4, 3ᵉ rubrique.

Anneau — XXXVI.

Antioche et Laodicée (conciles d’ ; sigle ṭk ; cités « Antioche ») — II ; VIII ; IX ; XVII ; XIX ; XXII ; XLII ; LVI ; LX ; table complète : ann. 4, 10ᵉ rubrique.

Apôtres (Canons des) — voir Clément ; Disciples.

Assemblées païennes, astrologues, spectacles, devins — XXIII.

Aumône — XI (de qui la recevoir) ; XXV (exhortation) ; XXVI (qui la mérite).

B

Bain — XLI ; (bain sacré du baptême) LX.

Baptême — VIII ; XX (des hérétiques) ; XLV (du péché commis après) ; LVI (baptême du sang) ; LX (ordo entier : renonciation, huiles, immersion, onction, prière du Seigneur).

Barbe — XXXII.

Basile (canons de saint ; sigle bs) — X ; XXIII ; XXXII-XXXVI (parure) ; XLI (bain) ; XLIII ; LVIII ; LX (rite baptismal) ; table complète : ann. 4, 5ᵉ rubrique.

Bāb (chapitre) — Note pour la lecture, en tête du recueil.

C

Candidats au sacerdoce — VIII.

Charṭūniyya (ordination) — II ; VIII ; ét. II (la simonie combattue).

Chaussure — XXXVII.

Chevelure — XXXII.

Circoncision — XL ; (après le baptême) Présentation et LX.

Clefs (pouvoir des) — LV.

Clément (Canons des Apôtres, deuxième livre ; sigle rsṭj) — II ; XI ; XII ; XV ; XVII-XXV ; XLII ; LI-LIV ; LX ; table complète : ann. 4, 9ᵉ rubrique.

Colère — XVI.

Concubine — XXVIII.

Confession des Pères — ét. III (histoire du texte).

Croix (signe de la) — LIII.

D

Diaconesses — V.

Diacres — V.

Didascalie des Apôtres (sigle dsq) — I ; II ; III ; XVIII ; XXV ; XXXII-XLI ; XLIV ; XLV ; L ; LV-LX ; table complète : ann. 4, 7ᵉ rubrique ; renvois par chapitres : ann. trad.

Dîmes — XI.

Disciples (les ; Canons des Apôtres, premier livre ; sigle rsṭb) — II ; XV ; XXII ; table complète : ann. 4, 8ᵉ rubrique.

Divorce — XXIX.

Droits régaliens, obéissance au souverain — XLIV.

E

Église (ordonnance, luminaire, voiles) — I ; (vocable des églises) LVIII.

Encratisme — LIV (grand réquisitoire).

Enfants — LII (le maître d’école) ; LIX (instruction due par les pères).

Épiphane (canons d’, pour Justinien) — XXVII ; XL ; table : ann. 4, 1ʳᵉ rubrique ; ét. III (histoire des deux collections).

Étranger — XVII.

Eunuque — XL.

Évêques — II (qualités, élection, charges) ; III (bons et mauvais pasteurs) ; XII (qui leur demande des comptes) ; ét. II-III.

F

Fatimides (les coptes sous les) — ét. I.

Fêtes — XXI (jours sans jeûne ni prosternation) ; XXII (jours de repos).

G

Gabriel II ibn Turayk (vie, fonctions, œuvres, canons) — ét. II (vie et œuvres) ; ét. III, §3 (ses trente-deux et neuf canons).

Gangres (concile de ; sigle ʿj) — IV ; XXXII ; LIV ; LVI ; table complète : ann. 4, 11ᵉ rubrique.

H

Habits somptueux — XXXV.

Hérétiques (baptême des) — XX.

Heures de la prière — XV.

Hippolyte (canons d’ ; « Abūlīdis » ; sigle bds) — VIII ; L ; LII ; LVI ; table complète : ann. 4, 4ᵉ rubrique.

Huiles du baptême — LX.

I

Ibn Kabar (Abū al-Barakāt ; Miṣbāḥ al-Ẓulma) — ét. III (l’index de ses chapitres) ; ann. 2 (concordance des titres).

Idolâtres — L (réconciliation des tombés) ; XXIV (serment par les idoles).

Ivresse — XXXI (des prêtres au service) ; XXXIII.

J

Jean Chrysostome (sigle ḥ) — ann. 4, 6ᵉ rubrique.

Jeûne — XIX (les Quarante jours et la Pâque) ; XXI (jours exempts) ; LIV (le jeûne distinct de l’encratisme).

L

Laïcs (condition des) — XIII.

Laodicée — voir Antioche.

Lecture (livres qu’il faut lire) — XVIII.

Lois des Rois (Qawānīn al-mulūk ; sigle mj) — III ; VII ; IX ; XIX ; XXVII ; LX ; table : ann. 4, 13ᵉ rubrique.

Luminaire — I.

M

Macaire (collection du prêtre ; Paris arabe 251) — ann. 4, rubriques 10ᵉ-13ᵉ et 15ᵉ.

Mariage — XXVII (précepte) ; XXVIII (concubine) ; XXIX (divorce) ; XXX (jours d’abstinence) ; LIV (contre qui le déclare impur).

Martyrs — LVI (recommandation, visite aux prisons) ; LVIII (nul vocable d’église).

Michel de Damiette (son recueil) — ét. III ; ann. 3 (concordance) ; ann. 4, 16ᵉ rubrique.

Milyāsīūs (personnage inidentifié) — XL ; ann. 4, 14ᵉ rubrique.

Moniales — VI.

N

Néocésarée (concile de ; cité « Césarée » ; sigle qys) — IV ; VIII ; LX ; table : ann. 4, 12ᵉ rubrique.

Nicée (concile de ; « les Trois cent dix-huit ») — II ; VIII ; IX ; XI ; XIX ; XXI ; XL ; XLII ; LX ; tables : ann. 4, 15ᵉ-16ᵉ rubriques.

Nudité — XLIII.

O

Offrandes — VIII ; XI ; XIII (les laïcs ne les portent point au sanctuaire).

Ordination — voir Charṭūniyya.

Orphelins — XVIII.

P

Pâque (al-Baṣkha) — XIX ; (Grande Pâque = Semaine sainte) XIX.

Parure — XXXV-XXXVIII.

Pasteurs (bons et mauvais) — III.

Paul (épîtres de saint) — VIII ; XL ; LIV ; LX ; table liminaire : ann. 4.

Prêtres — IV ; IX (ce qu’ils doivent éviter) ; X ; XXXI (le vin avant le service).

Prière — XV (heures) ; (du Seigneur, au baptême) LX.

R

Résurrection — LVII ; (baptismale) LX.

Riches — XXXIX.

Rire (du clerc, pendant les mystères) — XIV.

S

Sacerdoce — VIII (candidats) ; LV (plus excellent que la royauté).

Sages-femmes — VII.

Serment — XVI ; XXIV (par le nom des idoles).

Sīmūniyya (simonie) — ét. II (le combat de Gabriel) ; II.

Symbole (amāna) — LX ; ann. 4, 16ᵉ rubrique (la foi de Nicée).

T

Tatouage — XXXIV.

Taverne — LI.

U

Usure — XLII.

V

Veuves — V ; VI.

Vierges — VI.

Vin — XXXI ; XXXIII ; LIV.

Voiles (de l’église) — I.

Fin de l’index, et du volume.



[1]La reproduction dont dispose l’éditeur est celle d’un manuscrit unique, tardif et fautif, conservé au Patriarcat copte du Caire (Canon 13 ; catalogues Simaïka nº 570 et Graf nº 442). C’est ce témoin unique, joint à ses lacunes, qui explique les nombreux passages restitués ou signalés dans l’édition.

[2]N.d.T. — « Tributaires » rend l’arabe ahl adh-dhimma (les dhimmis) : les gens du Livre — chrétiens et juifs — placés, en terre d’Islam, sous un statut de protection contractuelle, moyennant l’acquittement d’un tribut (la jizya). L’expression n’emporte, chez l’éditeur, aucune nuance péjorative ; elle désigne la condition juridique des chrétiens d’Égypte durant ces siècles.

[3]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 257.

[4]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. Iᵉʳ, p. 102.

[5]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 98-99. — N.d.T. : les renvois de l’éditeur à l’Histoire des Patriarches (en tomes et parties : t. II, 1ʳᵉ-3ᵉ partie ; t. III, 1ʳᵉ-3ᵉ partie…) se rapportent à l’édition du Caire de la Société d’archéologie copte, entreprise en 1943 par Yassā ʿAbd al-Masīḥ et O. H. E. Burmester, poursuivie avec A. S. Atiya puis A. Khater, et qui conduit le texte jusqu’au XIIIᵉ siècle. Elle se distingue de l’édition d’Evetts (Patrologia Orientalis I, V et X), plus connue du lecteur occidental, qui s’arrête au milieu du IXᵉ siècle. La présente note vaut pour toutes les citations du volume.

[6]N.d.T. — Melkites : les chrétiens de Syrie et d’Égypte demeurés fidèles au concile de Chalcédoine (451) et à la communion de Constantinople — d’où leur nom, tiré du syriaque malkā, « le roi », c’est-à-dire l’empereur. Ils forment une communauté distincte de l’Église copte, non chalcédonienne, dont traite le présent recueil.

[7]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. Iᵉʳ, p. 283 ; Tritton, The Caliphs and their Non-Muslim Subjects, p. 56.

[8]Ibn al-Athīr, al-Kāmil fī t-taʾrīkh, t. IX, p. 216-217.

[9]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 257.

[10]Sur Barjawān, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 3-4.

[11]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 285 ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil, t. IX, p. 29.

[12]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 14.

[13]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 257.

[14]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 40.

[15]Yaḥyā d’Antioche, Taʾrīkh (Histoire), p. 185.

[16]N.d.T. — L’église de la Résurrection (kanīsat al-Qiyāma) : le Saint-Sépulcre de Jérusalem. Le calife al-Ḥākim en ordonna la destruction, exécutée vers 1009 ; l’événement eut un immense retentissement dans toute la chrétienté et compta parmi les causes lointaines des croisades.

[17]Yaḥyā d’Antioche, Taʾrīkh, p. 194 ; al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 287 ; Wiet, L’Égypte arabe, p. 206.

[18]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 84-85 ; al-Khiṭaṭ, t. II, p. 287 ; Yaḥyā, Taʾrīkh, p. 194 ; Wiet, p. 206.

[19]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 93 ; al-Khiṭaṭ, t. II, p. 287 ; Yaḥyā, Taʾrīkh, p. 198.

[20]Yaḥyā d’Antioche, Taʾrīkh, p. 203.

[21]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 258.

[22]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 114.

[23]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 176.

[24]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 424.

[25]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 259.

[26]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 291.

[27]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 71-72.

[28]Sur al-Afḍal ibn Badr al-Jamālī, voir az-Ziriklī, al-Aʿlām, t. Iᵉʳ, p. 99.

[29]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 488 ; Quatremère, Mémoires géographiques et historiques sur l’Égypte, t. Iᵉʳ, p. 63.

[30]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 86.

[31]Il est le shaykh, protégé du califat (ṣanīʿat al-khilāfa), Abū Zakrī Yaḥyā, dit al-Akram, fils du shaykh Saʿīd Abū al-Makārim Hibat Allāh ibn Mīnā, connu sous le nom d’Ibn Būlus (fils de Paul). Il eut en charge le Bureau de la vérification (dīwān at-taḥqīq), puis, après celui-là, le Bureau du contrôle (dīwān an-naẓar), qui avait inspection sur tous les offices de la Résidence, sous le califat d’al-Ḥāfiẓ li-Dīn Allāh, en l’an 852 de l’ère copte des Martyrs (= 1135-1136) et au-delà, tantôt destitué, tantôt employé, jusqu’à l’an 865 (= 1148-1149). Il s’éleva à une très grande prééminence, puis fut mis à mort par le glaive — lui, son père et son frère cadet —, sans que l’on sût plus rien d’eux. Voir Ramzī Tādrus, Dāʾirat al-Maʿārif al-Qibṭiyya (Encyclopédie copte), t. Iᵉʳ [vers 1935], p. 51.

[32]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 17.

[33]Sur le Monastère Blanc, en Haute-Égypte, voir Yāqūt, Muʿjam al-Buldān, t. II, p. 497.

[34]Ibn al-Athīr, al-Kāmil, t. XI, p. 30 ; Quatremère, Mémoires, t. Iᵉʳ, p. 198 ; Ibn Muyassar, Taʾrīkh, p. 83.

[35]L’église dont il s’agit est l’église Suspendue (al-Muʿallaqa). Le « Palais des cierges » (qaṣr ash-shamʿ) désigne la forteresse romaine de Babylone, au Vieux-Caire, dont l’enceinte abrite les plus anciennes églises coptes de la ville. Voir Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt, t. Iᵉʳ, p. 155-249.

[36]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 225.

[37]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 100.

[38]Abraham le Syrien (Ibrāhīm ibn Zurʿa), soixante-deuxième patriarche d’Alexandrie (975-978), dont la mémoire demeure attachée, dans la tradition copte, au prodige du déplacement du mont Moqattam, sous ce même calife al-Muʿizz.

[39]N.d.T. — L’arabe dit ici Miṣr : le mot nomme aussi bien l’Égypte entière que sa vieille capitale, Fusṭāṭ — aujourd’hui le Vieux-Caire —, distincte de la ville califale du Caire, fondée par les Fatimides en 969 une lieue plus au nord. Nous écrivons partout Fostat pour la ville et l’Égypte pour le pays, selon le contexte ; la présente note vaut pour tout le volume.

[40]Sur l’église d’Abū Maqrūra, voir Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt, t. Iᵉʳ, p. 75-154.

[41]Sur l’église Suspendue, voir Butler, op. cit., t. Iᵉʳ, p. 206-235.

[42]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 96-97 ; Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 45 ; Tritton, The Caliphs and their Non-Muslim Subjects, p. 54.

[43]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 97.

[44]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 100.

[45]Sur la mosquée de Rāshida, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 282-283.

[46]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 44.

[47]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 48.

[48]N.d.T. — « Romaine » (rūmiyya) désigne ici une Byzantine, de rite melkite : l’arabe appelle Rūm — « Romains », c’est-à-dire les Grecs de l’empire de Constantinople — les Byzantins, et, en Égypte, les chrétiens melkites de rite byzantin. Nous rendons partout ce mot par « les Grecs » ; la présente note vaut pour tout le volume.

[49]Yaḥyā d’Antioche, Taʾrīkh, p. 144.

[50]N.d.T. — Les sources arabes écrivent ici « les Jacobites » (al-Yaʿāqiba) : surnom donné par les chalcédoniens aux fidèles non chalcédoniens, du nom de Jacques Baradée, évêque d’Édesse au VIᵉ siècle, organisateur de l’Église miaphysite. L’Église copte orthodoxe n’a jamais reçu ce nom, qui insinue qu’elle serait née d’un homme et non des Apôtres ; nous rendons donc partout ce mot par « les Coptes » — hors les titres d’ouvrages anciens, cités tels quels. La présente note vaut pour tout le volume.

[51]Sur le passage d’Abū Ḥuṣayn (Zuqāq Abī Ḥuṣayn) et l’église de Notre-Dame la Vierge qui s’y trouve, voir Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt, t. Iᵉʳ, p. 155 et suivantes.

[52]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 113.

[53]Sur l’église de l’archange Michel, voir Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 122-123 et 340.

[54]Sur Birkat al-Ḥabash, au sud de Fostat, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 152-155.

[55]Sur Banū Wāʾil, aux abords de Fostat, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 298.

[56]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 101-113.

[57]La mosquée dont il s’agit est celle d’al-Azhar.

[58]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 71.

[59]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 74-75.

[60]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 79.

[61]Le Dayr al-Quṣayr — dit aussi Dayr Mikhnas al-Quṣayr, Dayr al-Baghl et Dayr Hiraql —, au-dessus du mont Moqattam, face au village actuel d’al-Maʿṣara. Voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 502-509.

[62]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 81.

[63]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 94-95.

[64]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 120-121 et 137.

[65]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 192.

[66]Sur les monastères du Wādī al-Naṭrūn — la vallée de Scété, haut lieu du monachisme copte —, voir Yāqūt, Muʿjam al-Buldān, t. V, p. 346 ; White, The Monasteries of the Wādī ’n Natrūn.

[67]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 192.

[68]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 283, 286-287 et 495-496 ; Yaḥyā d’Antioche, Taʾrīkh, p. 194 sq. et 228 sq. ; Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 52 et 60 ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil, t. IX, p. 78 ; Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 5ᵉ partie, p. 137 ; Quatremère, Mémoires, t. Iᵉʳ, p. 117 et 125.

[69]N.d.T. — La khuṭba est le prône solennel du vendredi, où le nom du souverain reconnu est proclamé ; l’y nommer vaut reconnaissance de sa suzeraineté. Que le calife fatimide fût invoqué dans les mosquées de l’Empire byzantin marquait donc un renversement d’allégeance considérable.

[70]L’église visée est celle de la Résurrection, à Jérusalem (le Saint-Sépulcre). Selon les historiens de ce temps, son nom de « Résurrection » (Qiyāma) tient à ce que le Saint-Sépulcre fut bâti à l’endroit, hors les murs de Jérusalem, où l’on figurait la Résurrection. Voir Yāqūt, Muʿjam al-Buldān, t. IV, p. 396-397.

[71]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 176.

[72]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 137.

[73]À Abū Qīr. Voir Meinardus, les Églises coptes (Kanāʾis), p. 165.

[74]Dans l’île de Pharos. Voir Meinardus, les Églises coptes, p. 165.

[75]Au port oriental. Voir Meinardus, les Églises coptes, p. 164.

[76]Sur l’église d’Abū Maqrūra, voir Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt, t. Iᵉʳ, p. 75-154.

[77]Sur ce quartier des Grecs (Ḥārat al-Rūm) de la vieille ville — distinct de celui du Caire —, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 8.

[78]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 496 ; Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 166 ; Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt, t. II, p. 40 ; Tritton, The Caliphs and their Non-Muslim Subjects, p. 55.

[79]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 230.

[80]N.d.T. — Damrou, dans le Delta, était alors le siège du patriarcat copte, avant son transfert définitif au Caire. Voir Amélineau, La Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 505.

[81]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 176-177 ; Quatremère, Mémoires, t. II, p. 344.

[82]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 178-179.

[83]Il se peut que ce soit l’église que bâtit al-Wāḍiḥ ibn Abī ar-Rajāʾ, le martyr évoqué plus haut.

[84]Sur le canal de Banū Wāʾil jusqu’à Birkat al-Ḥabash, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 155.

[85]Sur Birkat al-Ḥabash, au sud de Fostat, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 152-155.

[86]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 248-249.

[87]N.d.T. — Il s’agit du propre père, puis du propre frère, de Gabriel II ibn Turayk, l’auteur du recueil que voici. Ce trait est précieux : il montre, une génération avant l’accession de Gabriel au patriarcat, une famille de scribes chrétiens du Vieux-Caire attachée à l’édification des églises. On se souvient que Gabriel, lui aussi, fut homme de plume et secrétaire avant d’être élevé à la chaire de saint Marc.

[88]Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 48.

[89]Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 49.

[90]Quatremère, Mémoires, t. Iᵉʳ, p. 135.

[91]N.d.T. — L’année « fiscale » (kharājiyya) est l’année solaire copte, qui servait d’assiette à l’impôt foncier ; l’éditeur en donne ici l’équivalence dans l’ère des Martyrs (celle des Coptes) et dans l’ère chrétienne.

[92]Voir Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 122-123 et 340.

[93]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 5-6.

[94]Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 4.

[95]Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 3-4 et 35.

[96]N.d.T. — Le Nayrūz (du persan nawrūz, « jour nouveau ») désigne ici le nouvel an copte, célébré le premier jour du mois de Tūt (29 août du calendrier julien) ; c’est aussi, dans l’Église copte, la fête des martyrs et l’ouverture de l’année dite « des Martyrs ».

[97]N.d.T. — La kiswa (« le vêtement ») : les robes d’apparat que le souverain distribuait à ses officiers aux grandes fêtes.

[98]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 267 et 493-494.

[99]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 268 et 493 ; al-Fāṭimiyyūn, t. Iᵉʳ, p. 14 et 224.

[100]N.d.T. — La harīsa : mets épais de blé pilé et de viande, longuement mijotés ensemble.

[101]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 268-269.

[102]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 269.

[103]N.d.T. — La fête de la Croix (ʿīd aṣ-ṣalīb), l’une des grandes fêtes coptes, célébrée le 17 de Tūt, commémore la découverte de la vraie Croix par sainte Hélène et son élévation à Jérusalem.

[104]Sur Banū Wāʾil, aux abords de Fostat, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 298.

[105]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 266-267.

[106]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 267 ; al-Fāṭimiyyūn, t. Iᵉʳ, p. 272.

[107]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 267 ; al-Fāṭimiyyūn, t. Iᵉʳ, p. 276.

[108]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 267.

[109]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 494.

[110]N.d.T. — Les fawānīs (singulier fānūs) : les lanternes de fête. Cet usage, né ici de la Nativité, s’attacha plus tard au mois de Ramadan, et la lanterne du fānūs demeure jusqu’à ce jour un emblème vivant des fêtes d’Égypte.

[111]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 265.

[112]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 162.

[113]N.d.T. — Le Ghiṭās (« l’immersion ») est la fête de l’Épiphanie, ou Théophanie, qui commémore le baptême du Christ dans le Jourdain ; les Coptes la célèbrent le 11 de Ṭūba, jadis par des plongées rituelles dans le Nil.

[114]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 494-495.

[115]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 265-266.

[116]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 494-495.

[117]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 265 ; al-Fāṭimiyyūn, t. Iᵉʳ, p. 242.

[118]Sur Barjawān, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 3-4.

[119]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 17 ; al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 265-266 ; Tritton, The Caliphs and their Non-Muslim Subjects, p. 108.

[120]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 266 ; al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 86.

[121]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 266 ; al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 162-163 ; Tritton, The Caliphs and their Non-Muslim Subjects, p. 108.

[122]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 266.

[123]N.d.T. — Le dimanche des Rameaux (aḥad ash-shaʿānīn), que les Coptes nomment aussi « dimanche des Oliviers », ouvre la Semaine sainte, en mémoire de l’entrée du Christ à Jérusalem, où la foule l’accueillit avec des rameaux de palmier et d’olivier.

[124]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 265.

[125]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 71 ; al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 265 (où il le place à tort sous l’an 378 de l’hégire — erreur de date que l’auteur lui-même rectifie dans al-Fāṭimiyyūn).

[126]C’est-à-dire l’église du Sauveur (al-Mukhalliṣ) ; son emplacement est l’actuelle station du Raml, à Alexandrie.

[127]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 179-180.

[128]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. Iᵉʳ, p. 272.

[129]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 162-163.

[130]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 166 ; Lane-Poole, A History of Egypt in the Middle Ages, p. 119.

[131]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 101-113.

[132]N.d.T. — Les arākhina (singulier arkhōn, du grec ἄρχων, « celui qui commande ») sont les laïcs de premier rang de la communauté copte, chefs de file et bienfaiteurs de l’Église.

[133]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 122-123.

[134]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 132.

[135]Sur Biqīra ar-Rashīdī, voir Kāmil, Taʾrīkh (Histoire), p. 27-31.

[136]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 128-129.

[137]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 94-95.

[138]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 267.

[139]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 132-133.

[140]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 176 ; al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 355 ; Yaḥyā d’Antioche, Taʾrīkh, p. 238.

[141]Yaḥyā d’Antioche, Taʾrīkh, p. 238 ; al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 136.

[142]N.d.T. — Ces termes désignent les marques vestimentaires imposées aux tributaires : le ghiyār, pièce d’étoffe de couleur cousue à l’habit ; le zunnār, cordon ou ceinture noué à la taille ; le ṭaylasān, sorte de châle ; et le turban d’une teinte prescrite. Ces prescriptions remontaient au « pacte de ʿUmar », fixé pour les gens du Livre dès les premiers siècles de l’Islam.

[143]Tritton, The Caliphs and their Non-Muslim Subjects, p. 115.

[144]al-Maqrīzī, al-Fāṭimiyyūn, t. II, p. 53-55, 76, 81, 92-95 et 100 ; al-Khiṭaṭ, t. II, p. 486, 495 et 50 ; Yaḥyā d’Antioche, Taʾrīkh, p. 187, 195, 200 et 202 ; Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 128-133 ; Wiet, L’Égypte arabe, p. 209.

[145]N.d.T. — Le raṭl (« livre ») d’Égypte valait environ quatre cent cinquante grammes ; cinq raṭls font donc quelque deux kilogrammes et un quart.

[146]Sur les bains, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 79-80.

[147]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 133.

[148]Quatremère, Mémoires, t. II, p. 447.

[149]al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 406.

[150]N.d.T. — Le calife aẓ-Ẓāhir étant mort en 1036, l’an 1054 relève du règne de son successeur al-Mustanṣir : il y a là, semble-t-il, une inadvertance de l’éditeur, que nous reproduisons fidèlement.

[151]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 105.

[152]N.d.T. — Le catholicos est le chef suprême de l’Église arménienne, répondant à un patriarche. Grégoire II, dit Vkayasēr (« l’ami des martyrs »), gouverna cette Église dans la seconde moitié du onzième siècle.

[153]Matthieu d’Édesse, Chronique, avec la continuation de Grégoire le Prêtre, trad. É. Dulaurier, Paris, 1858, p. 160-161.

[154]White, The Monasteries of the Wādī ’n Natrūn, t. II, p. 356.

[155]Sur Ḥārat al-Ḥusayniyya, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 20-22.

[156]Sur Ṭurah, voir Amélineau, La Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 519-520.

[157]White, The Monasteries of the Wādī ’n Natrūn, t. II, p. 357.

[158]M. Canard, « Notes sur les Arméniens en Égypte à l’époque fatimide », Annales de l’Institut d’Études orientales de l’Université d’Alger, 13 (1955), p. 149.

[159]White, The Monasteries of the Wādī ’n Natrūn, t. II, p. 357.

[160]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 219.

[161]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 219.

[162]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 29.

[163]Ibid.

[164]White, The Monasteries of the Wādī ’n Natrūn, t. II, p. 367.

[165]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 33.

[166]Manassā Yūḥannā, Histoire de l’Église copte, p. 363-364 (qui attribue en outre, par erreur, à Cyrille II l’ordination de Grégoire, patriarche des Arméniens, p. 151 — lequel fut en réalité ordonné en son propre pays).

[167]N.d.T. — On reconnaît ici le patriarche tel qu’il fut : célèbre par sa lutte contre la simonie — le trafic des ordinations —, se refusant à sacrer un évêque pour de l’argent. Qu’il ait décliné de consacrer le prélat arménien qui avait acheté sa charge est tout à fait dans sa manière.

[168]Il y a une différence entre les Ghuzz turcs et les Ghuzz kurdes ; voir C. Cahen, « Ghuzz », Encyclopédie de l’Islam, t. II (Paris, 1965²), p. 1132-1137 (spécialement p. 1136).

[169]Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 3.

[170]White, The Monasteries of the Wādī ’n Natrūn, t. II, p. 367.

[171]N.d.T. — Ces « Ghuzz et Kurdes » sont les troupes de Shīrkūh, puis de Saladin, dont l’entrée en Égypte (1168-1171) mit fin au califat fatimide ; la colonie arménienne, attachée au régime déchu, en fit les frais.

[172]N.d.T. — At-tasarrī : le fait, pour un homme, de prendre pour compagnes des esclaves ; usage que l’Église réprouvait, mais qui s’était introduit jusque parmi les notables chrétiens.

[173]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 92.

[174]Ibid., p. 97.

[175]Ibid., p. 113.

[176]Ibid., p. 120.

[177]Ibid., p. 155.

[178]Burjī, Le Patriarche (Baṭriyark), p. 37-74.

[179]N.d.T. — L’Église d’Éthiopie relevait alors du patriarche copte d’Alexandrie, qui lui envoyait son métropolite — l’abouna. Ce lien, plusieurs fois séculaire, ne fut rompu qu’au vingtième siècle.

[180]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 212.

[181]Burjī, Le Patriarche (Baṭriyark), p. 47-60.

[182]N.d.T. — C’est le chapitre XXVIII du présent recueil, que le lecteur retrouvera en son lieu. Le « recueil des trente-deux canons » est l’un des deux recueils propres de Gabriel, que l’étude présentera plus loin (troisième section).

[183]N.d.T. — La charṭūniyya (du grec kheirotonia, « imposition des mains », c’est-à-dire l’ordination) désigne l’argent exigé pour ordonner — ce que l’Occident appelle la simonie, du nom de Simon le Magicien, qui voulut acheter le don de l’Esprit (Actes 8, 18-20).

[184]Fattāl, Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, p. 214.

[185]Sur Damrou, voir Amélineau, La Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 505.

[186]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 101.

[187]Ibid., p. 176-177.

[188]N.d.T. — C’est l’affaire de Damrou déjà rapportée plus haut (deuxième section, « Les lieux de culte »), considérée ici sous l’angle de l’argent extorqué au patriarche.

[189]Ibid., p. 180-181.

[190]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 183-184.

[191]Sur al-Khandaq, voir Amélineau, La Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 220.

[192]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 271.

[193]Ibid., p. 92.

[194]Ibid., p. 100.

[195]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 115.

[196]Sur l’église de l’archange Michel, voir Abū Ṣāliḥ, The Churches and Monasteries of Egypt, p. 122-123 et 340.

[197]Sur Birkat al-Ḥabash, au sud de Fostat, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 152-155.

[198]Sur Banū Wāʾil, aux abords de Fostat, voir al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. Iᵉʳ, p. 298.

[199]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 101-113.

[200]N.d.T. — Trait saisissant : aux yeux du martyr, la vénalité des clercs qui lui font payer son ordination pèse plus lourd que le supplice même et que le meurtre de son enfant. On mesure, à de tels récits, la rigueur que Gabriel mettra plus tard à proscrire la simonie.

[201]Ibid., p. 119-120.

[202]Sur Sakhā, voir Amélineau, La Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 410.

[203]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 120-121 et 127.

[204]N.d.T. — On a vu à la quatrième section cette incarcération de Zacharias et sa condamnation aux bêtes ; on en apprend ici la cause : la plainte du moine Jonas, éconduit faute d’argent.

[205]Le Wādī Habīb est le ouadi Natroun — la vallée de Scété ; voir White, The Monasteries of the Wādī ’n Natrūn, t. II, p. 274, et t. III, p. 3.

[206]N.d.T. — L’higoumène (du grec hēgoumenos, « celui qui conduit ») est, dans l’Église copte, un prêtre de rang supérieur, souvent supérieur d’un monastère.

[207]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 137.

[208]Sur Banā, voir Amélineau, La Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 84.

[209]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 154.

[210]N.d.T. — La dīyāriyya : l’ensemble des redevances annuelles que versaient les évêchés et les monastères, et que le patriarche percevait de chaque évêque.

[211]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 154-155.

[212]N.d.T. — En passant à l’Islam, l’homme relevait désormais de la loi musulmane des successions, qui lui rendait le droit que le patriarche lui déniait : trait amer, où la cupidité d’un pasteur chasse un fidèle hors de l’Église.

[213]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 155.

[214]Ibid., p. 155.

[215]Ibid., p. 151.

[216]Sur Samannoud, voir Amélineau, La Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 411.

[217]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 177.

[218]N.d.T. — Subtile casuistique : en nommant « prêt » la redevance imposée à l’évêque, et « part de saint Marc » le revenu du siège qu’il en retirait, le patriarche croyait échapper au reproche de simonie tout en la pratiquant.

[219]Ibid., p. 212.

[220]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 240-241.

[221]Sur al-Afḍal ibn Badr al-Jamālī, voir az-Ziriklī, al-Aʿlām, t. Iᵉʳ, p. 99.

[222]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 3.

[223]Voir Burjī, Le Patriarche (Baṭriyark), p. 60-78.

[224]Yūsāb, dans Kāmil, la Vie [de Gabriel], p. 26.

[225]N.d.T. — Voici enfin, après ce long cortège de pasteurs vénaux, la figure qui commande tout le recueil que voici. Gabriel proscrivit la simonie en droit — au premier canon de son recueil des trente-deux — et en fait, ordonnant cinquante-trois évêques sans toucher un dinar. On comprend que l’éditeur ait placé au seuil de son étude ce sombre tableau : il fait ressortir, par contraste, la réforme de Gabriel.

[226]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 90.

[227]N.d.T. — La chronologie de ce paragraphe est embrouillée dans la source (les dates de Théophane et de Mīnā se recouvrent) ; nous la reproduisons telle quelle. Le propos de l’éditeur est de retracer le déplacement de la résidence patriarcale, d’Alexandrie vers la campagne, puis vers Fostat.

[228]Ibid., t. II, 2ᵉ partie, p. 90.

[229]Sur le rīf, voir O.H.E. Burmester, « The Rīf of Egypt », Orientalia, 8 (1939), p. 96-119.

[230]Tīda, près de Sakhā ; voir Yāqūt, Muʿjam al-Buldān, t. II, p. 65.

[231]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 92.

[232]Sur Damrou, voir Amélineau, La Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 505.

[233]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 2ᵉ partie, p. 90.

[234]Ibid., t. II, 3ᵉ partie, p. 153.

[235]Ibid., t. II, 3ᵉ partie, p. 173-174.

[236]Ibid., t. II, 2ᵉ partie, p. 90.

[237]Ibid., t. II, 3ᵉ partie, p. 173-174.

[238]Ibid., t. II, 3ᵉ partie, p. 210.

[239]Ibid., t. II, 2ᵉ partie, p. 90.

[240]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. II, 3ᵉ partie, p. 247-248.

[241]Ibid., t. II, 2ᵉ partie, p. 90.

[242]Sur Yūḥannā ibn Ṣāʿid, voir Kāmil, Taʾrīkh, p. 36-39.

[243]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 6-20.

[244]N.d.T. — Gabriel fit ainsi du Caire le siège du patriarcat, pour lui et pour ses successeurs ; il l’est demeuré jusqu’à nos jours.

[245]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 15.

[246]Sur l’évêque de Fouah, voir Kāmil, Taʾrīkh, p. 42-43.

[247]Yūsāb, dans Kāmil, la Vie [de Gabriel], p. 52. — N.d.T. : « Le Pape » (al-Bābā) est le titre que le patriarche copte d’Alexandrie porte, depuis la plus haute antiquité chrétienne, à l’égal de l’évêque de Rome.

[248]N.d.T. — Ici se ferme le premier chapitre de l’étude de l’éditeur, consacré au milieu historique — la condition des Coptes sous les califes fatimides. La deuxième section, qui s’ouvre ci-après, quitte la fresque du siècle pour la figure même de Gabriel II ibn Turayk, et retrace sa vie, son élévation au trône de saint Marc et son œuvre de législateur.

[249]N.d.T. — Al-Āmir bi-Aḥkām Allāh, dixième calife fatimide, régna de 1101 à 1130 ; son assassinat ouvrit la crise dynastique au milieu de laquelle Gabriel devait accéder au trône patriarcal.

[250]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 17.

[251]Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 72.

[252]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 17 (voir la note ci-dessus).

[253]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 17.

[254]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. I, p. 357.

[255]N.d.T. — L’élévation de Gabriel II au siège de saint Marc s’inscrit ainsi au cœur même de cette tourmente dynastique, un an après l’assassinat d’al-Āmir et l’usurpation de Kutayfāt : son patriarcat s’ouvrit sous le signe de l’incertitude du pouvoir fatimide.

[256]N.d.T. — Le « champ de la balle » (malʿab al-kura) est le maydān où les émirs et les mamelouks s’exerçaient au jeu de la balle et du maillet, à cheval — l’ancêtre oriental du polo, divertissement favori des cours musulmanes du Moyen Âge.

[257]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 17.

[258]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. I, p. 357.

[259]N.d.T. — L’ustādh (litt. « le maître ») désigne, à la cour fatimide, un grand officier du palais, le plus souvent un eunuque de confiance chargé du service intime du calife et de sa maison.

[260]N.d.T. — Le « grand missionnaire » (dāʿī al-duʿāt, litt. « le propagandiste des propagandistes ») était le chef suprême de la mission ismaélienne (la daʿwa) sous les Fatimides, dignité religieuse considérable qui faisait de son titulaire le second personnage de l’État après le vizir en matière de doctrine.

[261]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 17.

[262]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 17.

[263]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 18.

[264]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 18 ; Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 77.

[265]N.d.T. — L’arabe al-zard désigne la cotte de mailles, le haubert ; l’éditeur le glose lui-même par dirʿ. De là le nom donné à cette milice : ṣibyān al-zard, « les pages de la cotte de mailles ».

[266]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 18 ; Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 77.

[267]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 28.

[268]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 18.

[269]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 19 ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil, t. XI, p. 23.

[270]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 20.

[271]N.d.T. — Le « chef des Juifs » (raʾīs al-yahūd) était le dignitaire à qui les Fatimides confiaient l’autorité sur la communauté juive d’Égypte : institution parallèle à celle qui reconnaissait aux patriarches chrétiens la conduite de leurs propres fidèles.

[272]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 357 ; Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 78.

[273]N.d.T. — Il y a quelque ironie de l’histoire à voir un chrétien arménien, Bahrām, porter le titre de Sayf al-Islām, « le Glaive de l’Islam ». Son vizirat — le premier qu’un chrétien occupât ouvertement sous les Fatimides — et la faveur qu’il accorda à ses coreligionnaires attisèrent le ressentiment des musulmans, dont naquirent les troubles que l’on va lire.

[274]Sur Qous, en Haute-Égypte, voir Amélineau, Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 399.

[275]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 357 ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil, t. XI, p. 48 ; Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 79-80.

[276]Sur les Couvents-Blancs, voir Yāqūt, Muʿjam al-buldān, t. II, p. 497 ; Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 31.

[277]N.d.T. — Les « Couvents-Blancs » (al-Adyira al-Bīḍ) désignent le célèbre Monastère-Blanc (Dayr al-Abyaḍ) de saint Chenouté, près de Sūhāj, en Haute-Égypte — l’un des plus vénérables sanctuaires monastiques de l’Égypte copte.

[278]Ibn al-Athīr, al-Kāmil, t. XI, p. 48 ; Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 82.

[279]Abū Ṣāliḥ, Histoire (Taʾrīkh), p. 106 ; Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 83-84.

[280]Al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 357.

[281]Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 83 ; Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 33 ; sur al-Khandaq et al-Zuhrī, voir Amélineau, Géographie, p. 220, et Abū Ṣāliḥ, Histoire, p. 328.

[282]N.d.T. — Le spectacle est mémorable : un calife fatimide suivant à pied de mule le convoi d’un vizir chrétien, aux côtés du patriarche melkite et des grands de la chrétienté d’Égypte, jusqu’au couvent d’al-Khandaq, aux portes du Caire. Il dit assez quelle place les chrétiens purent tenir, en de certaines heures, au cœur même de l’État fatimide.

[283]Ibn al-Athīr, al-Kāmil, t. XI, p. 92.

[284]Ibn Maysar, Taʾrīkh, p. 88-89.

[285]Ibn Maysar, Taʾrīkh (même référence). — N.d.T. : Ainsi s’acheva le règne d’al-Ḥāfiẓ li-Dīn Allāh (1130-1149), qui embrasse les dix-huit premières années du patriarcat de Gabriel II ; sous ce prince déchiré de vizirats sanglants, le siège de saint Marc connut tour à tour la vexation et la faveur.

[286]N.d.T. — La graphie du nom du père a varié : on lit en arabe Turayk (et non Tarīk), voire Tūrīk, et en copte Ⲑⲟⲩⲣⲁⲓⲕ (Thourayk). Sources : le manuscrit liturgique 312 du Musée copte (an 1625) ; Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 31 ; Burmester, éd. de la qaṣīda, p. 375.

[287]Samīr Khalīl, Gabriel, p. 528 (et non Abū al-ʿUlāʾ).

[288]Sur la profession de scribe (kātib) et son rang dans l’administration musulmane, voir R. Sellheim et D. Sourdel, « Kātib », Encyclopédie de l’Islam, 2ᵉ éd., t. IV, Paris, 1978, p. 785-787.

[289]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 25.

[290]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 26.

[291]Sur cette église de Michel l’Archange, voir Abū Ṣāliḥ, Histoire des églises et des monastères, p. 122-123 et 340.

[292]Michel IV, soixante-huitième patriarche d’Alexandrie ; voir Manassā Yūḥannā, Histoire de l’Église copte, p. 452-453.

[293]Abū Ṣāliḥ, Histoire des églises et des monastères, p. 48.

[294]N.d.T. — On saisit ici la racine domestique de la grande cause de tout le patriarcat de Gabriel II : la lutte contre la simonie, c’est-à-dire le trafic des ordinations et des charges sacrées. L’exemple d’un père qui préféra renoncer à l’épiscopat plutôt que de l’acheter fut la semence de l’œuvre réformatrice du fils.

[295]Sur l’église de Mercure Abū Sayfayn, au Vieux-Caire, voir Ch. Coquin, Les édifices chrétiens du Vieux-Caire, t. I, Le Caire, 1974, p. 13-36 ; A. J. Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt (Kanāʾis), p. 75-154 ; et M. Simaika, Guide sommaire du Musée copte et des principales églises du Caire, Le Caire, 1937, p. 79-82.

[296]Abū Ṣāliḥ, Histoire des églises et des monastères, p. 49.

[297]R. Basset, Le Synaxaire arabe jacobite, p. 298.

[298]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 25-26.

[299]Sur Yūsāb, évêque de Fouah, historien des patriarches, voir Kāmil, Taʾrīkh, p. 42-43.

[300]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 10.

[301]Samīr Khalīl, Gabriel, p. 529.

[302]N.d.T. — L’« ère des Martyrs » (Anno Martyrum), ou ère de Dioclétien, est le comput propre à l’Église copte : elle prend son origine en l’an 284 de notre ère, à l’avènement de Dioclétien, en mémoire des persécutions. L’an 939 des Martyrs correspond ainsi à 1222-1223 de l’ère chrétienne.

[303]Paris, arabe 166, fol. 108 v° et 210 r° ; cité dans Samīr Khalīl, Gabriel, p. 529.

[304]Athanase III, soixante-seizième patriarche d’Alexandrie ; voir Manassā Yūḥannā, Histoire de l’Église copte, p. 485-486.

[305]Vatican, copte 47, fol. 89 et 86 v° ; cité dans Samīr Khalīl, Gabriel, p. 529.

[306]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 11. — N.d.T. : le dīwān est le bureau de l’administration musulmane ; Gabriel passa par le dīwān al-kharāj (l’impôt foncier), le dīwān al-mukātabāt — ou dīwān al-inshāʾ, la chancellerie et la correspondance officielle —, puis le bayt al-māl (le Trésor public). Sur ces institutions, voir les articles « Dīwān » et « Bayt al-māl » de l’Encyclopédie de l’Islam, 2ᵉ éd., t. II, p. 332-347, et t. I, p. 1176-1183.

[307]N.d.T. — Abū Marqūra n’est autre que le saint martyr Mercure (Marqūriyūs Abū Sayfayn, « le père aux deux glaives »), l’un des plus vénérés d’Égypte, dont l’antique église, au Vieux-Caire, était proche de la demeure familiale des Banū Turayk.

[308]A. J. Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt, p. 128 ; Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 25.

[309]Kāmil, Taʾrīkh, p. 90-91.

[310]Kāmil, Taʾrīkh, p. 68-69.

[311]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 26.

[312]Chef du dīwān al-taḥqīq, et secrétaire du vizir Aḥmad ibn al-Afḍal ibn Badr al-Jamālī ; il fut tué en l’an 1134. Voir Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 13 ; Manassā Yūḥannā, Histoire de l’Église copte, p. 412 ; Abū Ṣāliḥ, Histoire des églises et des monastères, p. 64.

[313]Sur le dīwān al-taḥqīq, voir B. Ansari et al., « Dīwān », Encyclopédie de l’Islam, 2ᵉ éd., t. II, p. 338.

[314]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 26.

[315]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 12. — N.d.T. : le « désert d’Abū Maqār » est Scété (Wādī al-Naṭrūn), berceau du monachisme égyptien, où le monastère de saint Macaire subsiste encore aujourd’hui. Cette vision prophétique d’un saint syrien de Scété, désignant par une voix intérieure un homme qu’il n’avait jamais vu, est un topos de l’hagiographie copte, qui entoure l’élévation de Gabriel d’un signe du Ciel.

[316]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 13 ; le vizir était alors Aḥmad ibn al-Afḍal (Kutayfāt). — N.d.T. : le texte dit qu’Abū al-Barakāt « s’avançait pour communier au Corps eucharistique » dans les églises coptes ; l’éditeur relève la fierté des Coptes de voir un grand personnage melkite participer avec eux aux saints Mystères, trait d’entente entre les deux confessions qu’il juge digne d’attention.

[317]Sur al-Bunwānīn, dépendant de la province de la Gharbiyya, et sur al-Khandaq, ville proche de Fostat qui subsista jusqu’au XVIIᵉ siècle, voir Amélineau, Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 86-87 et 220-221.

[318]L’an 847 des Martyrs correspond à 1130-1131. — N.d.T. : l’usage copte veut que le patriarche soit tiré du monachisme ; Gabriel, jusque-là laïc et diacre, fut donc revêtu de l’habit et du grand schème (al-iskīm, le schème monastique) avant sa consécration. L’église al-Muʿallaqa — l’église Suspendue du Vieux-Caire — est l’un des plus insignes sanctuaires coptes ; voir A. J. Butler, The Ancient Coptic Churches of Egypt, p. 206-235, et M. Simaika, Guide sommaire du Musée copte et des principales églises du Caire, Le Caire, 1937, p. 55-60.

[319]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 14. — N.d.T. : selon l’usage, le patriarche nouvellement élu gagnait Alexandrie, siège de saint Marc, pour y être intronisé et y célébrer sa première liturgie.

[320]Depuis le VIIIᵉ siècle jusqu’à nos jours, quatorze patriarches seulement, outre Gabriel, furent élus hors du monachisme (Kāmil, Taʾrīkh, p. 88-95) : le 58ᵉ, Cosmas (920-932) ; le 60ᵉ, Théophane (952-956) ; le 62ᵉ, Abraham (975-978) ; le 64ᵉ, Zacharie (1004-1032) ; le 73ᵉ, Marc (1166-1189) ; le 74ᵉ, Jean (1189-1216) ; le 75ᵉ, Cyrille (1235-1243) ; le 77ᵉ, Gabriel (1268-1271) ; le 78ᵉ, Jean (1271-1293) ; le 81ᵉ, Jean (1320-1327) ; le 85ᵉ, Jean (1363-1369) ; le 89ᵉ, Jean (1427-1452) ; le 92ᵉ, Michel (1477-1478) ; et le 94ᵉ, Jean (1484-1524).

[321]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 26 : cet âge confirme la naissance de Gabriel vers 1084.

[322]Sur al-Ḥāfiẓ li-Dīn Allāh (1074-1149), voir az-Ziriklī, al-Aʿlām, t. IV, p. 293.

[323]Sur ces personnages, voir az-Ziriklī, al-Aʿlām : Aḥmad ibn al-Afḍal (Kutayfāt), t. I, p. 86-87 ; al-Afḍal ibn Badr al-Jamālī, t. I, p. 99 ; Badr al-Jamālī, t. II, p. 13.

[324]Sirsinā, village situé entre Ṭūh et Damanhūr ; voir Amélineau, Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 461-462.

[325]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 15. — N.d.T. : ce détail atteste combien le copte demeurait, au XIIᵉ siècle, la langue vivante de la hiérarchie, quoique l’arabe eût déjà gagné l’administration et les lettrés.

[326]Sur al-Ḥasan, fils du calife al-Ḥāfiẓ, voir az-Ziriklī, al-Aʿlām, t. II, p. 213.

[327]R. Basset, Le Synaxaire arabe jacobite, p. 300.

[328]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 28. — N.d.T. : la Khizānat al-Bunūd (« le magasin des étendards ») était un arsenal fatimide du Caire, qui servait aussi de prison (al-Maqrīzī, al-Khiṭaṭ, t. II, p. 188) ; l’éditeur précise que les scribes prélevèrent la rançon « sur leurs gages ». C’est le même épisode que la révolte d’al-Ḥasan, rapportée plus haut, ici vue du côté du patriarche.

[329]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 35. — N.d.T. : « il s’endormit » rend le copte et l’arabe tanīḥ (نيّح, « repos »), terme propre par lequel les chrétiens d’Orient désignent la mort d’un juste, entrée dans le repos de Dieu.

[330]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 53.

[331]N.d.T. — Hātūr et Barmūda sont des mois du calendrier copte, hérité de l’ancienne Égypte : Hātūr, troisième mois, tombe en novembre-décembre ; Barmūda, huitième mois, en avril-mai.

[332]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 62-63.

[333]Marc ibn Zurʿa, dans Sévère (Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 25), donne deux dates de la mort de Gabriel : (a) la nuit du vendredi 10 Barmūda 862 des Martyrs (= 5 avril 1146 = 20 Shawwāl 540 H.) ; (b) la nuit du vendredi 11 Shawwāl 539 H. (= 6 avril 1145 = 11 Barmūda 861 M.). La seconde est la plus exacte : elle s’accorde avec Yūsāb (maladie le 25 Hātūr 861 M., aggravation le 9 Barmūda, mort un vendredi de cette même année) et avec les tables chronologiques d’Ibn al-ʿAssāl, d’Abū Shākir ibn al-Rāhib et d’Abū al-Barakāt ibn Kabar (Kāmil, Taʾrīkh, p. 68-69) ; elle rend compte enfin de la durée du pontificat — quatorze ans et sept mois, du 3 Rabīʿ I 525 H. au 11 Shawwāl 539 H. La date retenue est donc : nuit du vendredi 11 Shawwāl 539 H. = 6 avril 1145 = 11 Barmūda 861 des Martyrs.

[334]Sur le monastère de saint Macaire, voir H. G. Evelyn-White, The Monasteries of the Wâdī al-Naṭrūn, t. III, p. 31-129.

[335]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 63-64.

[336]R. Basset, Le Synaxaire arabe jacobite, p. 298-300.

[337]The Book of the Saints of the Ethiopian Church, éd. E. A. Wallis Budge, t. III, Cambridge, 1928, p. 798-801.

[338]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 25.

[339]N.d.T. — L’Église d’Éthiopie relevait, depuis l’Antiquité, du patriarche copte d’Alexandrie, qui lui envoyait son unique chef, le métropolite ou abuna. Selon le droit ecclésiastique, il faut au moins dix évêques pour consacrer un métropolite : en maintenant le nombre des évêques éthiopiens au-dessous de ce seuil, le patriarche d’Alexandrie conservait à son siège la nomination de l’abuna, et l’Éthiopie son lien canonique avec l’Égypte. C’est tout l’enjeu de l’épisode que voici.

[340]L’éditeur signale l’étrangeté de ce récit : d’autres sources n’attestent pour l’Abyssinie qu’un seul évêque envoyé par le patriarche copte (Burjī, Le Patriarche, p. 135 et suiv.), tandis que sa source parle de sept. Une glose à l’encre rouge, en marge du manuscrit M (p. 196 c), précise : « La coutume est d’ordonner pour l’Abyssinie et la Nubie sept évêques, non davantage ; s’ils en complétaient dix, ils ordonneraient eux-mêmes leurs métropolites et n’auraient plus à recourir au patriarche d’Égypte : c’est pourquoi le patriarche refusa de leur en ordonner. » Voir M. Chaine, La chronologie des temps chrétiens de l’Égypte et de l’Éthiopie, Paris, 1925, p. 232.

[341]Aucun évêque d’Abyssinie du nom de Michel n’est attesté durant le patriarcat de Gabriel ibn Turayk ; ceux que l’on cite sous ce nom à cette époque sont, avant lui, Michel IV (1034-1041), Michel V (1041-1042), Michel VI (1056-1057) et Michel VII (1071-1078), et, après lui, Michel VIII (1261-1282).

[342]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 34-35.

[343]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 25-26.

[344]Sur le Dayr al-Ṭīn (« le monastère de l’argile »), au sud du Vieux-Caire, voir Amélineau, Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 132. — Le terme arabe que nous rendons par « mensongers » est altéré dans le manuscrit, ce que l’éditeur signale par un sic.

[345]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 34-35. — N.d.T. : « il sortit de sa communion » signifie qu’Abū al-Yumn, blessé par cette injustice, quitta l’Église, apostasiant ; c’est ce qui explique l’extrême repentir du patriarche et la douceur dont il fit désormais sa règle.

[346]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 15 ; Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 52. Les canons promulgués en 957 des Martyrs (= 1240), attribués à Cyrille ibn Laqlaq et conservés dans la collection du prêtre Macaire, ordonnent l’élévation de Paul al-Būshī comme évêque du Caire ; mais il ressort du contexte qu’il n’était évêque que de l’église d’Abū Sarja (Saint-Serge), pour assister le patriarche, et non évêque du Caire (Paris, arabe 251, fol. 361 v°). Les tables de Kāmil Ṣāliḥ Nakhla confirment que les patriarches, après Gabriel, résidèrent effectivement au Caire (Kāmil, Taʾrīkh, p. 90-97).

[347]Abū Ṣāliḥ, Histoire des églises et des monastères, p. 48.

[348]R. Basset, Le Synaxaire arabe jacobite, p. 289 ; Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 15-17 ; Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 27.

[349]N.d.T. — Cette formule — « un avec sa divinité, sans mélange ni confusion » — exprime la christologie de l’Église copte : l’union des deux natures, divine et humaine, en l’unique personne du Verbe incarné, union réelle et indivise, mais sans confusion ni mélange. Gabriel inscrit ainsi, jusque dans la confession eucharistique, la foi de saint Cyrille d’Alexandrie.

[350]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 27.

[351]Al-Khūlājī (l’Euchologe) de l’Église d’Alexandrie, Rome, 1971, p. 408-409. — N.d.T. : le khūlājī (du grec eukhologion) est le livre qui contient le texte des liturgies coptes.

[352]N.d.T. — Al-Baṣkha (du grec et copte Pascha) désigne, chez les Coptes, la Semaine sainte, ou semaine de la Passion, qui précède Pâques.

[353]Al-Bahnasā, l’antique Oxyrhynque, en Moyenne-Égypte ; voir Amélineau, Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 90.

[354]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 31-32 ; Burmester, éd. de la qaṣīda, p. 358-373.

[355]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 27-28 ; Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 34. — N.d.T. : le rite échange le grand schème monastique (al-iskīm) entre le patriarche défunt et les reliques de saint Macaire le Grand, fondateur du monastère de Scété, unissant symboliquement le pasteur au père des moines.

[356]Sur l’église d’Abū Sarja (Saint-Serge), au Vieux-Caire, voir M. Simaika, Guide sommaire du Musée copte et des principales églises du Caire, Le Caire, 1937, p. 61-65.

[357]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 18-19. — N.d.T. : ces « clôtures de bois » (maqāṭiʿ) sont les hauts panneaux ajourés qui ferment le chœur (le haykal) et portent les icônes : l’ancêtre de l’iconostase copte.

[358]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 20. — N.d.T. : Gabriel veillait ainsi aux empêchements canoniques de l’ordination — la digamie du père, la condition servile ou l’irrégularité de la naissance —, marque de sa rigueur dans l’application du droit ecclésiastique.

[359]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 20-21.

[360]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 22.

[361]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 26 ; R. Basset, Le Synaxaire arabe jacobite, p. 300.

[362]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 33 ; sur Atfih, dans la Gizeh, voir Amélineau, Géographie, p. 326 ; le verbe rendu par « intriguait » (yusabbib) est glosé par l’éditeur : « il usait de manœuvres pour parvenir ».

[363]Manassā Yūḥannā, Histoire de l’Église copte, p. 463-464.

[364]Sur Akhmim, en Haute-Égypte, voir Amélineau, Géographie, p. 18-22. Ce Biqīra est distinct du diacre Biqīra al-Rashīdī nommé plus haut. On ignore lequel des trois fils d’al-Ḥāfiẓ — Sulaymān, al-Ḥasan ou Ḥaydara, que le calife fit tour à tour héritiers présomptifs — est ici désigné (voir plus haut, Chapitre II, § 1, « Le cadre politique au temps de son patriarcat »).

[365]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 33-34 ; sur le Dayr al-Shamʿ, voir Ch. Coquin, Les édifices chrétiens du Vieux-Caire, t. I, Le Caire, 1974, p. 61-176 ; « pavillon » rend jawsaq, mot persan qui signifie palais. — N.d.T. : solution toute de finesse pastorale — Gabriel ne cède pas à la simonie, puisque le prêtre n’obtient point le siège qu’il avait acheté, et ne touche pas l’argent, qu’il consacre aux œuvres de l’Église ; mais il épargne à la fois l’âme de l’homme et le patrimoine ecclésiastique.

[366]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 21 ; R. Basset, Le Synaxaire arabe jacobite, p. 300.

[367]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 20.

[368]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 20.

[369]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 21.

[370]N.d.T. — La Ḥārat al-Rūm (« le quartier des Grecs », c’est-à-dire des chrétiens byzantins) était l’un des vieux quartiers chrétiens du Caire, siège d’anciennes églises coptes.

[371]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 27 ; R. Basset, Le Synaxaire arabe jacobite, p. 300.

[372]Sur Shubrā Damanhūr, voir Amélineau, Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 113.

[373]Sévère ibn al-Muqaffaʿ, Histoire des Patriarches, t. III, 1ʳᵉ partie, p. 39. — N.d.T. : on plongeait les reliques du saint dans le Nil pour en obtenir la crue bienfaisante ; superstition que Gabriel proscrivit comme une profanation du corps saint.

[374]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 22.

[375]Yūsāb de Fouah, dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 19. — N.d.T. : le « sacrifice de Michel » était l’offrande d’oblations au nom de l’archange ; Gabriel la corrige au nom du principe que tout sacrifice ne se fait qu’à Dieu seul, tout en excusant avec humilité ses prédécesseurs, impuissants à réformer une dévotion populaire enracinée.

[376]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 68 (l. 2-4).

[377]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 81 (l. 6-7). — N.d.T. : la formule « pour votre édification et non pour votre ruine » fait écho à saint Paul (2 Corinthiens 10, 8), et donne le ton pastoral de toute la législation de Gabriel.

[378]Burjī, Le Patriarche, p. 73 ; Samīr Khalīl, Gabriel, p. 533.

[379]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 67 (l. 18-20).

[380]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 81 (l. 7-8).

[381]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 69 (l. 6) et 79 (l. 13-14).

[382]Kāmil, Vie [de Gabriel], en plusieurs passages (p. 66, l. 14-15 ; 67, l. 5-6 et 10-12 ; 68 ; 70, etc.).

[383]Aux canons 4, 9, 10 et 16 du recueil.

[384]Aux canons 6, 13, 15, 16, 17, 21, 23 et 26 du recueil.

[385]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 66 (l. 8-11).

[386]N.d.T. — « le Symbole de la foi » rend l’arabe al-amāna, la profession de foi (le Credo de Nicée-Constantinople). Le souci d’enseigner dans la langue comprise du peuple est notable en un temps où le copte cédait à l’arabe.

[387]N.d.T. — La charṭūniyya (du grec kheirotonia, l’imposition des mains) désigne ici la simonie : le trafic de l’ordination contre argent.

[388]N.d.T. — Ce sont les trois anaphores (liturgies eucharistiques) de l’Église copte : celle de saint Basile, celle de saint Grégoire le Théologien, et celle de saint Cyrille d’Alexandrie, seules reçues dans l’usage.

[389]N.d.T. — L’arabe emploie ici az-zakāt et, plus loin, al-ʿushūr (« les dîmes ») : ce sont, en contexte chrétien, les offrandes et la dîme dues à l’Église, et non l’aumône légale de l’islam dont ces mots servent d’ordinaire à désigner.

[390]N.d.T. — Gabriel proscrit de circoncire l’enfant après son baptême, usage encore répandu chez les Coptes ; l’ordre du sacrement doit être respecté, la circoncision — quand elle a lieu — précédant le baptême, qui la rend spirituellement caduque.

[391]Samīr Khalīl, Gabriel, p. 534.

[392]Le passage entre crochets, absent de la famille de Macaire et du Caire, est conservé par le Vatican arabe 104 (fol. 216 v°) et le Berlin Diez A. quart. 107 (fol. 191 r°).

[393]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 82, note 1 : en son édition, Kāmil corrige la date en 851 des Martyrs (= 1135).

[394]N.d.T. — Le Miṣbāḥ al-ẓulma (« La Lampe des ténèbres ») d’Abū al-Barakāt ibn Kabar (mort en 1324) est la grande encyclopédie de la théologie et de la liturgie coptes ; l’éditeur note que le chiffre y fut imprimé par erreur « 790 des Martyrs ». Voir Samīr Khalīl, Gabriel, p. 534.

[395]A. Y. Sidarus, Ibn ar-Rāhibs Leben und Werk, Fribourg, 1975, p. 115 (nº 17) et 185.

[396]Burmester, édition du Canon 2, p. 43-54.

[397]Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-ẓulma, p. 201.

[398]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 82 (l. 5-6). — N.d.T. : « le port bien gardé » (al-Thaghr al-Maḥrūs) est une épithète traditionnelle d’Alexandrie, ville-frontière et grand port de la Méditerranée.

[399]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 82 (l. 11-13).

[400]N.d.T. — Ce sont les quatre lectures scripturaires de la liturgie copte : al-Būlus (une épître de saint Paul), al-Kāthūlīkūn (une épître catholique), al-Abraksīs (un passage des Actes des Apôtres) et l’Évangile.

[401]N.d.T. — L’éditeur note qu’on manque d’études sur l’archidiacre dans les Églises d’Orient ; son titre suggère un simple rang diaconal, alors qu’il était le plus souvent, en ce temps, un prêtre. En Occident, selon A. Amanieu (« Archidiacre », Dictionnaire de droit canonique, t. I, Paris, 1935, col. 948-1004), il fut le représentant de l’évêque jusqu’au VIIᵉ siècle, son vicaire du VIIIᵉ au IXᵉ, puis un prélat rival du Xᵉ au XIIIᵉ siècle, avant le déclin de sa charge.

[402]Sur l’église d’Abū Sarja (Saint-Serge), au Vieux-Caire, voir Amélineau, Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 37.

[403]Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-ẓulma, p. 201 et 205. — N.d.T. : les « Lois des Rois » (Qawānīn al-mulūk) désignent, dans la tradition canonique copte, le droit civil d’origine byzantine — les lois impériales adaptées à l’usage des chrétiens —, distinct des canons ecclésiastiques proprement dits.

[404]Paris, arabe 4728 (1886), fol. 177 v°–192 r°.

[405]F. Gozman, Disciplina Alessandrina (Copti, Etiopi), Codificazione canonica Orientale, Fonti 8, Rome, 1932, p. 47 ; voir aussi Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. I, p. 618-620, et Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, p. 296-298. — N.d.T. : les « Lois des Rois » sont le corps du droit civil romano-byzantin — le Code théodosien (438) et l’œuvre législative de Justinien (VIᵉ siècle) —, que les Églises d’Orient reçurent et adaptèrent à l’usage des chrétiens.

[406]N.d.T. — La « parenté spirituelle » (al-qarāba al-rūḥiyya) naît du parrainage baptismal : le parrain et son filleul, comme leurs proches, sont tenus pour apparentés spirituellement, ce qui fait à leur mariage un empêchement dirimant, à l’égal de la parenté du sang.

[407]Paris, arabe 4728 (1886), fol. 177 v°–192 r°.

[408]Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-ẓulma, p. 205.

[409]Paris, arabe 4728 (1886), fol. 190 v° (l. 3-5).

[410]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 87 (l. 12-20).

[411]N.d.T. — Sur la Didascalie des Apôtres (ad-Dasqūliyya) et sa place dans le droit copte, voir l’étude de l’éditeur (troisième section, §2) et la septième rubrique de son annexe des sources.

[412]N.d.T. — Trait remarquable du droit successoral chrétien de Gabriel : fils et filles héritent par parts égales, à la différence du droit musulman, qui attribue à la fille la moitié de la part du fils.

[413]N.d.T. — Les Awlād al-ʿAssāl, trois frères coptes du XIIIᵉ siècle (al-Asʿad, al-Ṣafī et al-Muʾtaman), furent les plus grands docteurs de la renaissance des lettres coptes-arabes ; le nomocanon d’al-Ṣafī (le « Majmūʿ al-Ṣafawī ») demeure le grand code de droit de l’Église copte.

[414]Al-Ṣafī ibn al-ʿAssāl, le Livre des Canons, recueilli des livres canoniques et composé en l’an 955 des purs Martyrs (= 1239), imprimé aux frais de Marqus Jirjis, Le Caire, 1927, p. 48-49 de l’appendice.

[415]Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-ẓulma, p. 207 (l. 23-25). — N.d.T. : « Ibn al-Ṣāʿid » (« le fils de Ṣāʿid ») rappelle le nom de baptême de Gabriel, Ṣāʿid. Le concile de Sardique (l’actuelle Sofia), tenu vers 343, laissa des canons reçus dans tout l’Orient chrétien.

[416]Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, p. 300.

[417]Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. II, p. 326 (l. 11-14).

[418]Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-ẓulma, p. 285 (l. 5).

[419]Londres, British Library, addition 16250 (XIXᵉ siècle), fol. 3 v°.

[420]Sur Behnesa (Oxyrhynque), voir Amélineau, Géographie de l’Égypte à l’époque copte, p. 90.

[421]Notice publiée dans Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 30-33, et Burmester, éd. de la qaṣīda, p. 373-385. — N.d.T. : Ḥārat Zuwayla était l’un des vieux quartiers coptes du Caire, illustré par son antique église de la Vierge ; le turc de la quatrième colonne témoigne de l’époque ottomane où fut copiée cette notice.

[422]Kāmil, Vie [de Gabriel], p. 31 (l. 10) – 32 (l. 6).

[423]J. M. Vansleb, Histoire de l’Église d’Alexandrie fondée par S. Marc, que nous appelons celle des Jacobites coptes d’Égypte, écrite au Caire même en 1672 et 1673, Paris, 1677, p. 325.

[424]N.d.T. — Le Difnār (du grec ἀντιφωνάριον, antiphonarion) est l’antiphonaire copte : le recueil des antiennes et hymnes chantées aux fêtes des saints tout au long de l’année.

[425]Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-ẓulma, p. 285 (l. 5-8).

[426]N.d.T. — Le Kitāb al-Ḥāwī (« le Livre qui embrasse tout » ; en éthiopien Maṣḥafa Ḥāwi) est une vaste compilation canonique et théologique de l’Église copte.

[427]C. Conti Rossini, « Aethiopica (IIᵉ série) », Rivista degli Studi Orientali, X/4 (1925), p. 505 (l. 24-25).

[428]Conti Rossini, art. cité, p. 502 (l. 21-25). — N.d.T. : l’an 983 de l’ère des Martyrs et l’an 665 de l’hégire répondent l’un et l’autre à l’an 1267 de notre ère — soit cent vingt-deux ans après la mort de Gabriel ibn Turayk (1145). L’auteur du Livre al-Ḥāwī est donc un autre Gabriel, moine au monastère de saint Antoine, et non le patriarche.

[429]Conti Rossini, art. cité, p. 502 (l. 32-33).

[430]N.d.T. — Le Livre des Miracles de Marie (en éthiopien Taʾāmra Māryām) est un célèbre recueil de récits mariaux, très répandu dans l’Église éthiopienne, traduit de l’arabe.

[431]Conti Rossini, art. cité, p. 503-505.

[432]Conti Rossini, art. cité, p. 505 (l. 39-42).

[433]C. Conti Rossini, « Notice sur les manuscrits éthiopiens de la collection d’Abbadie », Journal Asiatique, 10ᵉ série (juillet-août 1912), p. 57-62, nº 53 (spécialement p. 60, l. 3-4).

[434]N.d.T. — Nicon de la Montagne-Noire (près d’Antioche, XIᵉ siècle), moine grec dont le vaste recueil canonique, le Pandectès, fut connu en arabe sous le nom d’al-Ḥāwī ; voir Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. II, p. 64-66.

[435]Paris, éthiopien 100 (XVIᵉ siècle), fol. 263 v°–264 r°.

[436]Samīr Khalīl, Gabriel, p. 539.

[437]R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, p. 280 (l. 3-5). — N.d.T. : « la versions » est laissé tel quel, comme dans l’original de Coquin.

[438]Samīr Khalīl, Gabriel, p. 537 (l. 5-8).

[439]G. Graf, Catalogue des manuscrits arabes chrétiens conservés au Caire (Studi e Testi 63), Cité du Vatican, 1934, p. 163-164, où il porte le nº 442.

[440]M. Simaika, Catalogue of the Coptic and Arabic Manuscripts in the Coptic Museum, the Patriarchate, the Principal Churches of Cairo and Alexandria and the Monasteries of Egypt, t. II/1, Le Caire, 1942, p. 254.

[441]N.d.T. — Trait notable : le Nomocanon n’est pas l’œuvre du pontife légiférant, mais du savant laïc dans la force de l’âge. Gabriel l’a composé comme un travail d’érudition, recueillant et classant les sources, avant que le trône de saint Marc ne fît de lui un législateur.

[442]R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, p. 280.

[443]R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, p. 280 (l. 9-11).

[444]En son Recueil des canons, chapitres 34 et 72, Paris arabe 4728, fol. 74 r° et 177 v°.

[445]Dans le préambule de son Recueil, Borgia arabe 230, fol. 16 v° = al-Ṣafī ibn al-ʿAssāl, le Livre des Canons, Le Caire, 1927, p. 9.

[446]Dans le Miṣbāḥ al-ẓulma, Paris arabe 203, fol. 74 v°–75 v° = Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-ẓulma, p. 203-205.

[447]R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, p. 280 (l. 11-14).

[448]Paris arabe 4728, fol. 74 r° (l. 4-13).

[449]Chapitre 9, canons 40-43 = Le Caire, Patriarcat copte, Canon 13, fol. 36 r° (l. 1-7).

[450]Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-ẓulma, p. 203-205.

[451]N.d.T. — La réclame (at-taʿqība) est le mot placé au bas d’une page et répétant le premier mot de la page suivante : elle guidait le relieur et permet de déceler les feuillets manquants. Son absence, ici, prive l’éditeur de cet indice.

[452]Paris arabe 4728 (1886), fol. 177 v°–192 r°.

[453]N.d.T. — « La séquence » (as-siyāqa) désigne, dans l’office copte, l’ordre suivi des lectures et des prières de l’aube ; « les saints Mystères », le corps et le sang eucharistiques ; « la neuvième heure », vers trois heures de l’après-midi, terme habituel du jeûne.

[454]Citation de 1 Timothée 5, 16. La faute naît de la confusion de deux mots arabes très proches à l’œil : fa-l-yuʿilhunna (« qu’il les entretienne ») lu fa-l-yumīthunna (« qu’il les fasse mourir »), et thiqlan (« un fardeau ») lu dallan (« une preuve »).

[455]N.d.T. — L’« homéotéleute » (litt. « même terminaison ») est l’omission où l’œil du copiste, revenant au manuscrit, saute d’un mot à un autre semblable placé plus loin ; c’est la plus commune des fautes de transcription.

[456]Allusion au Psaume 82 (81), 6, cité par le Christ en Jean 10, 34.

[457]N.d.T. — « la matière » rend al-hayūlā (du grec hulê) : les choses du monde matériel, dont le jeûne détache l’âme.

[458]Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. II, p. 320-321 ; Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, p. 80-89, avec une traduction allemande du préambule de l’abrégé.

[459]F. J. Cöln, « The Nomocanonical Literature of the Copto-Arabic Church of Alexandria », The Ecclesiastical Review, 56 (1917), p. 113-141 (spécialement p. 116), qui le nomme le premier recueil de canons de l’Église copte.

[460]Graf, op. cit., t. II, p. 320 ; R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, p. 279.

[461]N.d.T. — Le nomocanon (du grec nomos, « la loi », et kanôn, « le canon ») est, en Orient chrétien, le recueil qui rassemble et classe méthodiquement le droit de l’Église — canons des conciles et des Pères —, parfois joint au droit civil. Gabriel en donne le premier exemple arabe dans l’Église copte.

[462]R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, p. 279 (l. 24-30).

[463]Parmi d’autres témoins : Vatican arabe 150 (1372), fol. 114 r°–121 r°.

[464]Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. II, p. 320 (l. 22-26). — N.d.T. : « rūmī » (litt. « romain ») désigne, chez les auteurs arabes chrétiens, le grec byzantin.

[465]Graf, op. cit., t. II, p. 320 (l. 27-30). — N.d.T. : l’éditeur a écrit plus haut que cet abrégé fut composé « avant 1208 » ; mais l’argument qu’il développe ici le fait remonter au début du XIᵉ siècle (avant 1028), en sorte que « 1208 » paraît un lapsus pour « 1028 ».

[466]C’est-à-dire le samedi 26 janvier 1348. — N.d.T. : Ṭūba est le cinquième mois du calendrier copte (janvier-février) ; le colophon date ce témoin de la Didascalie de 1348, et atteste la vitalité des scriptoria coptes du Caire, au quartier des Grecs (Ḥārat al-Rūm), sous les Mamelouks.

[467]C’est-à-dire le jeudi 3 mars 1295. — N.d.T. : le colophon distingue ici deux mains et deux dates. Jean al-Naqqāsh transcrit en 1348 (note précédente) un exemplaire plus ancien, dû à Abū Isḥāq ibn Faḍl Allāh, qui, en 1295, avait lui-même traduit la Didascalie du copte en arabe. La chaîne des copies remonte ainsi du témoin conservé jusqu’au traducteur du XIIIᵉ siècle, puis, en amont, jusqu’à l’archétype copte.

[468]N.d.T. : la mention arabe porte, pour l’équivalence hégirienne, une année manifestement corrompue — « huit cent treize » —, laquelle répondrait à 1410 de notre ère et ruinerait toute la chronologie. L’an 643 des Martyrs (926) correspond en réalité à 314 de l’hégire ; il faut sans doute lire « trois cent treize » ou « trois cent quatorze », le copiste ayant confondu les centaines. La date copte, elle, ne fait pas difficulté.

[469]Périer et Périer, Les 127 Canons des Apôtres, Patrologia Orientalis VIII, 4, p. 567 (l. 13-16) et note 1.

[470]G. Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. I, p. 564-567.

[471]G. Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. II, p. 322.

[472]N.d.T. — le P. Mina cite ici Graf dans son texte allemand original ; nous le rendons en français. La « Confession des Pères » traduit Iʿtirāf al-Ābāʾ (Bekenntnis der Väter, en abrégé B.V.). L’édition invoquée est celle du qommos Marqus Dāwud, al-Dasqūliyya aw Taʿālīm al-rusul (« La Didascalie, ou Enseignement des Apôtres »), Le Caire, 1926 — le P. Mina se sert de la 5ᵉ édition, Le Caire, 1979. Référence : Graf, op. cit., t. II, p. 351 (l. 19-28).

[473]Périer et Périer, Les 127 Canons des Apôtres, Patrologia Orientalis VIII, 4, p. 565-566.

[474]S. K. Samir, « Les Canons des Apôtres arabes cités dans la Lettre pastorale de Sévère ibn al-Muqaffaʿ », Ṣadīq al-Kāhin, 25 (1985), p. 232 (l. 18-19) — sans que soit produite la preuve de la date qu’il assigne à la traduction.

[475]Ibid., p. 233 (l. 7).

[476]Sévère (Sāwīrus) ibn al-Muqaffaʿ, évêque d’Achmounein, vécut dans la seconde moitié du Xᵉ siècle et au début du XIᵉ ; sur lui, voir Kāmil Ṣāliḥ Naḫla, Tārīkh, p. 20-25. — Samīr Khalīl, art. cité, p. 232 (l. 12-15).

[477]Périer et Périer, Les 127 Canons des Apôtres, PO VIII, 4, p. 567-568.

[478]Périer, op. cit., p. 568 (l. 19-21).

[479]Abū al-Barakāt Ibn Kabar, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 112 (l. 3-5).

[480]Ibid., p. 113 (l. 8-10).

[481]Ibid., p. 115 (l. 14-15).

[482]Ibid., p. 120 (l. 4-9). — N.d.T. : ṭulūs transcrit le grec títlos (τίτλος), « titre », soit ici « canon ». Il y a lieu de rappeler l’original grec de ces canons, celui-là même dont les Melkites tirèrent leur propre collection : les canons 47, 49 et 50 y font défaut, et la collection melkite en compte quatre-vingt-un ou quatre-vingt-deux ; voir Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. I, p. 572-573.

[483]Kāmil Ṣāliḥ Naḫla, Tārīkh, p. 36-40 (sur Marc ibn Zurʿa et Yūḥannā ibn Ṣāʿid al-Qulzumī).

[484]Kāmil Ṣāliḥ Naḫla, Tārīkh, p. 20-36. Les quatre collaborateurs de Sévère furent : le diacre Michel ibn Budayr al-Damanhūrī (Anba Michel, évêque de Tinnis), le cheikh Baqiyya al-Rashīdī « le porte-croix », le prêtre Zakīr, et le frère Tīdrā (ou Tādrus) al-Amīn ibn Yuʾnis (ibid., p. 25-32).

[485]G. Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. I, p. 586-593.

[486]Le prêtre Macaire (Maqāra), auteur de la plus vaste collection canonique arabe de l’Église copte (XIVᵉ siècle) ; sur sa vie, voir Graf, op. cit., t. I, p. 437 ; sur ses ouvrages, ibid., p. 560 et suiv., et W. Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, p. 121-129.

[487]Graf, op. cit., t. I, p. 561 (l. 8-9). — N.d.T. : le P. Mina cite Graf dans l’allemand original ; nous le rendons en français.

[488]Graf, Das koptische Bekenntnis der Väter, p. 351 (l. 26-32). — N.d.T. : citation rendue de l’allemand.

[489]G. Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. I, p. 593-597.

[490]N.d.T. — cette dénomination est géographiquement impossible : Néocésarée est une ville du Pont, en Asie Mineure, et n’a rien de commun avec Carthage ni avec l’Afrique. La confusion, propre à la tradition manuscrite arabe, tient sans doute au voisinage, dans les collections, de canons d’origine africaine.

[491]Abū al-Barakāt Ibn Kabar, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 201 (l. 11-13).

[492]Le texte imprimé porte ici « 1087 » ; c’est un lapsus manifeste pour « 1078 », date de la Confession des Pères invoquée plus haut, à laquelle tout le raisonnement se réfère.

[493]G. Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, t. I, p. 613 (l. 25-26) ; sur ces collections, ibid., p. 613-620, et W. Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, p. 296-298.

[494]Graf, op. cit., t. I, p. 614 (l. 25-31). — N.d.T. : citation rendue de l’allemand.

[495]Graf, op. cit., t. I, p. 620-621. — N.d.T. : ces canons, de tradition melkite, sont attribués à Épiphane de Salamine (Chypre, † 403), Père de l’Église.

[496]Graf corrigea cette date d’après le manuscrit lui-même (op. cit., t. I, p. 575). Il avait d’abord lu « avril 917 » pour Nīsān 305 de l’hégire ; mais l’an 305 commençant en juin 917, le mois d’avril qui y tombe répond bien à 918.

[497]S. K. Samir, art. cité (Ṣadīq al-Kāhin, 25, 1985), p. 233.

[498]Graf, op. cit., t. I, p. 620 (l. 28-29).

[499]Graf, op. cit., t. I, p. 606.

[500]W. Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, p. 232-283.

[501]Parmi d’autres témoins : Vatican arabe 101 (XIIIᵉ-XIVᵉ siècle, et l’an 1688) et Paris arabe 183 (XIIIᵉ siècle). Sur ce livre, voir Graf, op. cit., t. II, p. 321-323, et Das koptische Bekenntnis der Väter ; pour son index, Abū al-Barakāt, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 323-326.

[502]Graf, op. cit., t. I, p. 607 (l. 10-14). — N.d.T. : citation rendue de l’allemand.

[503]R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte, p. 280-281.

[504]Graf, op. cit., t. I, p. 602 (l. 25-26).

[505]R.-G. Coquin, Les Canons d’Hippolyte (Patrologia Orientalis XXXI, 2), Paris, 1966.

[506]N.d.T. — Jean Chrysostome († 407 ; l’arabe le nomme Fam al-Dhahab, calque du grec), patriarche de Constantinople et docteur de l’Église ; les six Livres sur le sacerdoce (Περὶ ἱερωσύνης) sont son traité sur le ministère sacerdotal.

[507]Graf, op. cit., t. I, p. 609 (l. 27-30) ; ces canons sont traduits dans W. Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien, p. 285-287. — N.d.T. : citation rendue de l’allemand.

[508]Abū al-Barakāt Ibn Kabar, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 186 (l. 9-13).

[509]Kāmil Ṣāliḥ Naḫla, Tārīkh, p. 25-27.

[510]Abū al-Barakāt Ibn Kabar, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 176 (l. 11-23). L’édition imprimée porte par erreur « le septième » pour « le neuvième » concile de Carthage. — N.d.T. : cette souscription, recopiée par Ibn Kabar d’un recueil canonique antérieur, énumère le contenu type des collections coptes ; les incises entre parenthèses sont les remarques critiques d’Ibn Kabar lui-même sur sa source.

[511]Abū al-Barakāt Ibn Kabar, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 120 (l. 7-8).

[512]Abū al-Barakāt Ibn Kabar, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 172 (l. 3).

[513]Sur cette collection, voir la deuxième section de l’étude, §5 (les œuvres de Gabriel). Pour la comparaison, l’éditeur emploie la publication qu’en donna Kāmil Ṣāliḥ Naḫla (Sīra), p. 66-81 : les renvois de la première colonne (page/ligne) s’y rapportent. — N.d.T. : dans la troisième colonne, le chapitre du recueil est rendu en chiffres romains, suivi du numéro du canon, puis de la source selon les sigles de l’édition ; le sigle bds désigne les canons d’Hippolyte — ainsi que l’élucide l’annexe des sources de l’éditeur, traduite en fin de volume, où ils sont cités sous le nom d’Abūlīdis — ; le sigle ṭk, élucidé par la même annexe, désigne les canons des conciles d’Antioche et de Laodicée, transmis d’une seule numérotation dans le manuscrit Paris arabe 251, et que le recueil cite sous le seul nom d’« Antioche » — nous les rendons ainsi ; le sigle mj désigne les Lois des Rois, troisième livre — ainsi l’élucide la même annexe, où le recueil les cite « Lois des Rois » — et nous les rendons ainsi ; le sigle ʿj désigne les canons du concile de Gangres ; le sigle b, seul que l’annexe des sources n’élucide point, est conservé en translittération ; le sigle bs désigne les canons de Basile, et les renvois scripturaires de l’apparat sont rendus selon l’usage français (Ép, 1 Tm, 1 Co).

[514]Sur cette collection, voir la deuxième section de l’étude, §5 ; la comparaison suit l’édition de Kāmil Ṣāliḥ Naḫla (Sīra), p. 82-86.

[515]N.d.T. — Ainsi s’achève l’étude introductive du P. Mina. La « seconde partie » qu’il annonce — le texte du recueil — occupe, dans le présent volume, la partie qui suit ces prolégomènes : le lecteur y passera sans changer de livre.

[516]Nous rendons partout par « chapitre » le terme arabe bāb (pluriel abwāb), unité selon laquelle Gabriel a divisé son recueil. Ce parti — traduire les termes techniques plutôt que les translittérer — vaut pour l’ensemble du volume ; les choix notables sont signalés en note.

[517]La Didascalie des Apôtres fournit ici, comme souvent chez Gabriel, la matière première du recueil (chap. 35, recension arabe) ; son histoire est désormais contée par l’éditeur lui-même (étude, troisième section, §2). Dans le manuscrit sont portés à l’encre rouge les canons 1 et 2, l’incise « et elle dit » du canon 3, et le canon 5.

[518]Ce chapitre, le plus vaste du recueil, rassemble sur l’évêque plusieurs sources que Gabriel cite tour à tour : la Didascalie, les Canons des Apôtres, les Canons d’Hippolyte, les conciles, les épîtres de saint Paul et les canons d’Épiphane. On le livre par ses parties, chacune collationnée sur le manuscrit ; la présente donne la première, empruntée à la Didascalie (phrases 3 à 23). La numérotation est celle de l’édition — les excerpta de la Didascalie y commencent à la troisième phrase.

[519]« sans wajd ni ʿilla » : doublet obscur du manuscrit, au sens de « sans reproche ni tare » — l’évêque irréprochable de la Didascalie.

[520]Salomon « à douze ans » : selon une tradition juive reprise par la Didascalie (cf. 1 Rois 2-3). Josias : 2 Rois 22, 1 (huit ans). Joas : 2 Rois 11, 21 (sept ans).

[521]Cf. Isaïe 66, 2. La citation suit le texte arabe de Gabriel, qui s’écarte de la Bible de Jérusalem : « le pauvre et l’humilié, celui qui tremble à ma parole ».

[522]Le manuscrit porte « avec sévérité » (bi-ḥidda, que l’éditeur signale par sic) ; nous suivons la leçon « crainte » (khawf), conforme à la Didascalie.

[523]« ceux qui ne le sont pas » : le manuscrit porte « [non-]instruits », le mot entre crochets étant suppléé d’après la Didascalie.

[524]Le manuscrit laisse un blanc à l’endroit du mot « habile » (yuwaffaq), que l’éditeur restitue d’après le sens.

[525]Jean 5, 39 et 5, 46. Dans le manuscrit, l’incise « Le Seigneur a dit » est à l’encre rouge.

[526]« ton âme » : la Didascalie porte « ton peuple ».

[527]Osée 4, 9. La Bible de Jérusalem porte : « Il en sera du prêtre comme du peuple ».

[528]L’incise « et si elle a sonné du cor » est suppléée par l’éditeur : le copiste l’avait omise par saut du même au même.

[529]Ézéchiel 33, 7-9 ; la citation suit la version arabe de Gabriel.

[530]« présent » (rushwa) : le pot-de-vin, écrit dans le manuscrit selon l’orthographe égyptienne courante.

[531]Exode 23, 7-8, cité selon la version arabe de Gabriel.

[532]Cf. Proverbes 24, 23 et 28, 21.

[533]Deux figures bibliques de chefs châtiés pour avoir ménagé les coupables : le roi Saül épargnant Agag, roi d’Amaleq (1 Samuel 15, 9), et le prêtre Éli fermant les yeux sur l’indignité de ses fils (1 Samuel 2-3). La tradition les donne pour contre-modèles du pasteur.

[534]Écho de la parole du Seigneur sur le scandale (Matthieu 18, 6 ; Luc 17, 2). La tradition copte tient le scandale donné par un chef d’Église pour l’une des fautes les plus graves, à la mesure de la charge reçue.

[535]La discipline pénitentielle copte : l’éloignement momentané des mystères n’est pas un rejet mais un chemin de retour ; l’écart imposé au pécheur a pour fin de le ramener, non de l’exclure.

[536]Trait propre à la Didascalie et cher à la tradition copte : l’évêque est « à l’image de Dieu » et type du Père au milieu de la communauté. Cette dignité très haute n’est pas un pouvoir de domination mais une charge de service et de ressemblance — d’où la pureté exigée juste avant.

[537]Ézéchiel 33, 11. Le refus de la mort du pécheur est le fondement scripturaire de toute la discipline pénitentielle : la peine vise le retour, non la perte.

[538]« Le cinquième livre » désigne le Deutéronome, cinquième livre de la Loi de Moïse (ici Deutéronome 1, 17). Gabriel, comme la Didascalie, cite l’Écriture par le rang du livre.

[539]Jérémie 8, 4-5, cité selon la version arabe de Gabriel.

[540]Image de la tête et de la queue (cf. Deutéronome 28, 13) : le pasteur, chef du corps, ne se laisse pas mener par le membre inférieur ni gagner à la dureté.

[541]Le « Nom nouveau » est celui de « chrétiens » : « c’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens » (Actes 11, 26). Le déshonneur d’un pasteur rejaillit sur ce Nom.

[542]Jérémie 12, 10, cité selon la version arabe de Gabriel.

[543]Suit la description de l’antique réconciliation du pénitent, adressée au clergé : après une brève réprimande, le fautif est conduit dehors, puis ramené par le ministère des diacres. La tradition copte a gardé le sens de cette pédagogie de la miséricorde.

[544]Luc 23, 34 : la prière du Christ en croix, donnée pour modèle de la miséricorde du pasteur envers le pécheur.

[545]La pénitence copte (epitimia) : un temps de jeûne proportionné à la faute, non comme châtiment mais comme remède et exercice de conversion. La durée comptée en semaines reflète l’usage ancien de la discipline pénitentielle.

[546]« l’assurance » (dalla) : la libre familiarité du fidèle réconcilié devant Dieu — la parrhèsia des Pères. Le terme de la pénitence n’est pas l’abaissement mais le retour de la confiance filiale.

[547]Ézéchiel 34, 2-5 : le grand réquisitoire prophétique contre les mauvais pasteurs, que la tradition chrétienne applique aux pasteurs de l’Église. Le texte suit la version arabe de Gabriel.

[548]Ézéchiel 34, 17.

[549]Trait de haute spiritualité pastorale : l’évêque, à l’image du Christ, se charge du péché de la brebis. La tradition copte voit dans le pasteur un intercesseur qui s’offre pour les siens.

[550]Jean 10, 11.

[551]La parabole de la brebis perdue (Luc 15, 4-6), image par excellence de la sollicitude du pasteur pour le pécheur.

[552]Passage altéré dans le manuscrit ; nous suivons le sens de la Didascalie (« épris de châtiment dur »).

[553]La règle biblique des témoins (Deutéronome 19, 15 ; reprise en Matthieu 18, 16 et 2 Corinthiens 13, 1) : nul n’est condamné sur un seul témoignage. Le droit canonique copte en fait une garantie pour l’accusé.

[554]Isaïe 59, 7 (cf. Romains 3, 15).

[555]Genèse 4, 10 : « la voix du sang de ton frère crie vers moi ». Exclure l’innocent ou désespérer le pénitent est mis au rang du fratricide — mesure de la gravité que la tradition attache à l’injustice du pasteur.

[556]Manassé, roi idolâtre de Juda, est dans la tradition la figure par excellence du grand pécheur repenti et pardonné (2 Rois 21 ; 2 Chroniques 33, avec la Prière de Manassé). S’il fut reçu, nul pénitent ne doit désespérer.

[557]Argument a fortiori cher à la Didascalie : si l’idolâtrie même, le plus grave des péchés, est remise au pénitent, aucune faute n’excède la miséricorde de Dieu.

[558]Amon, fils et successeur de Manassé, présuma de se convertir plus tard comme son père ; mais il fut assassiné après deux ans de règne (2 Rois 21, 19-23). La faute condamnée est le péché commis dans l’espérance présomptueuse d’un repentir différé.

[559]Luc 10, 7 ; 1 Timothée 5, 18.

[560]La destination des offrandes — dîmes et prémices au clergé, le reste aux pauvres, veuves, orphelins et étrangers — dessine l’antique diaconie de l’Église : le soin des indigents comme office sacré, que la tradition copte tient pour inséparable du culte.

[561]Deutéronome 25, 4, que saint Paul applique aux ministres de l’Évangile (1 Corinthiens 9, 9) : qui sert l’autel vit de l’autel.

[562]Exode 7, 1.

[563]Typologie chère à la Didascalie : l’évêque est à l’Église ce que Moïse fut à Israël, le diacre ce que fut Aaron. La dignité « divine » de l’évêque n’est pas d’essence mais de représentation — il tient la place de Dieu au milieu du peuple, ce qui l’oblige d’autant plus au service.

[564]Cf. Matthieu 9, 10-11 : le Christ à la table des pécheurs, modèle de la miséricorde du pasteur.

[565]Réconciliation du pénitent par l’imposition des mains, comprise ici comme une manière de « second baptême » : on discerne là les racines anciennes du sacrement de pénitence. Une glose marginale du manuscrit précise : « c’est-à-dire la bénédiction. »

[566]Matthieu 7, 2.

[567]Le manuscrit est ici obscur ; le sens retenu est celui d’un jeûne « trois jours par trois jours » à l’image de la sainte Trinité.

[568]Point important : l’abstinence de viande n’est pas fondée sur une prétendue impureté de la chair — la tradition récuse ce dualisme — mais sur l’ascèse qui garde le cœur vigilant.

[569]Règle constante de l’Église : un évêque est consacré par trois évêques, deux au moins (Canons des Apôtres 1 ; concile de Nicée, canon 4) — usage toujours observé chez les coptes.

[570]La distinction des ordres : le prêtre enseigne, baptise, célèbre l’eucharistie et bénit, mais il n’ordonne pas — l’ordination est réservée à l’évêque.

[571]L’acclamation « Digne ! » (Axios), encore chantée par le clergé et le peuple à l’ordination copte : le consentement de l’Église au choix de son pasteur.

[572]Le jeûne du mercredi et du vendredi, tenu jusqu’à la neuvième heure — trois heures de l’après-midi — même les jours de fête : discipline hebdomadaire toujours vivante dans l’Église copte.

[573]Commencent ici les extraits des Canons des Apôtres, recueil canonique ancien (IVᵉ siècle) tenu pour apostolique et reçu de longue date dans la tradition copte.

[574]Le célibat est préféré pour l’évêque, mais l’homme marié une seule fois avant l’ordination garde son épouse : c’est l’ancienne discipline orientale, encore vivante dans les Églises coptes pour les prêtres, l’épiscopat étant réservé aux moines.

[575]Le livre des Évangiles tenu ouvert au-dessus de la tête de l’ordinand : rite antique de la consécration épiscopale, encore observé dans l’Église copte.

[576]L’aspasmos (du grec aspasmos, « baiser, salutation », passé en copte puis en arabe) : le baiser de paix et les hymnes que le diacre chante à ce moment, après la prière de réconciliation et avant l’anaphore, dans la liturgie copte.

[577]Règle et son exception : hors le cas de persécution, une consécration par un seul évêque est nulle et vaut déposition ; en temps de trouble, elle peut être admise pourvu que plusieurs évêques la ratifient.

[578]« Clément » : le recueil canonique placé sous le nom de saint Clément de Rome (Constitutions et Canons apostoliques), autre pièce du patrimoine canonique reçu par les coptes.

[579]La règle contre la « translation » d’un évêque d’un siège à un autre (concile de Nicée, canon 15 ; Canons des Apôtres 14) : l’évêque est lié à son Église comme à une épouse ; seul un motif grave, jugé par un synode, peut l’en délier.

[580]Canons des Apôtres 21-24 : la mutilation subie n’exclut pas du clergé, la mutilation volontaire l’exclut — attitude que l’Église opposa jadis au geste attribué à Origène.

[581]Canon des Apôtres 30 : l’évêque qui obtient son siège par le bras séculier est déposé — l’Église se veut libre du pouvoir temporel dans le choix de ses pasteurs.

[582]C’est le célèbre 34ᵉ Canon des Apôtres, socle de la synodalité : le premier (le métropolite, plus tard le patriarche) ne décide rien de grave sans le corps des évêques, ni eux sans lui. Ce canon est aujourd’hui au cœur du dialogue sur l’articulation de la primauté et de la conciliarité.

[583]Canon des Apôtres 35 : nul évêque n’exerce son pouvoir sur un territoire qui n’est pas le sien — garantie de l’ordre entre les Églises.

[584]Deux synodes par an (Canon des Apôtres 37 ; Nicée, canon 5). Les dates sont données au calendrier copte : Bâba est le deuxième mois (octobre) de l’année copte.

[585]Distinction essentielle du droit canonique : les biens personnels de l’évêque (qui passent à ses héritiers) et les biens de l’Église (qu’il administre sans se les approprier) — protection réciproque de l’Église et de la famille du pasteur (Canons des Apôtres 40).

[586]Canons des Apôtres 77-78 : une infirmité du corps (un œil, une jambe) n’écarte pas de l’épiscopat ; la cécité ou la surdité l’écartent pour des raisons pratiques, « non par impureté » — la tradition refuse d’attacher au corps une souillure.

[587]Écho de la parole du Seigneur : « Nul ne peut servir deux maîtres » (Matthieu 6, 24). Le pasteur ne saurait être en même temps collecteur d’impôts.

[588]L’évêque ne jeûne pas isolément mais en communion avec son clergé : la pénitence même est un acte du corps ecclésial.

[589]Les trois cent dix-huit Pères du premier concile œcuménique (Nicée, 325), dont le nombre est resté proverbial dans la tradition copte.

[590]Le célèbre canon 6 de Nicée sur les « primautés » régionales : l’évêque d’Alexandrie sur l’Égypte, à l’exemple de Rome et d’Antioche. Rome y est nommée comme un précédent parallèle, non comme une autorité supérieure — texte central du dialogue actuel sur la primauté.

[591]Canon 7 de Nicée : l’honneur reconnu au siège de Jérusalem, à cause de la Ville sainte.

[592]Le concile d’Antioche reprend et confirme le 34ᵉ Canon des Apôtres : le métropolite premier entre les évêques, et rien sans le consentement mutuel.

[593]Interdiction pour un évêque de se choisir lui-même un successeur : l’Église écarte toute succession héréditaire ou personnelle du siège, qui relève du synode.

[594]Le manuscrit porte « un nouveau Juif », expression du registre polémique ancien qui assimile l’évêque avare au mauvais riche de l’Évangile fermant sa table au pauvre (Luc 16) ; nous en rendons le sens, ce vocabulaire n’étant plus celui d’aujourd’hui.

[595]1 Timothée 5, 22. « La bouche embaumée » : épithète traditionnelle de saint Paul, comme « Bouche d’or » pour saint Jean Chrysostome.

[596]1 Timothée 5, 23 : le célèbre conseil de modération et d’humanité de l’Apôtre à Timothée.

[597]Recueil canonique transmis sous le nom d’Épiphane ; l’attribution est celle de la tradition manuscrite.

[598]Le célibat est requis de l’évêque, à la différence du prêtre qui peut être marié : usage constant de l’Orient chrétien, où l’épiscopat est réservé aux moines.

[599]L’éditeur n’a pu identifier cet « évêque de Césarée » ; le canon se retrouve parmi ceux du concile d’Antioche.

[600]Le « vicaire de l’évêque » est le chorévêque, évêque des campagnes : il institue les rangs du service au-dessous du diaconat plein — lecteur, sous-diacre — mais ne peut ordonner ni prêtre ni diacre, ce qui reste réservé à l’évêque de la cité.

[601]Court chapitre sur l’honneur dû aux vrais pasteurs et le danger des indignes. La numérotation, comme au chapitre précédent, commence à la troisième phrase.

[602]Écho de la parole du Seigneur : « Qui vous écoute m’écoute, et qui vous rejette me rejette » (Luc 10, 16).

[603]Allusion à la nouvelle naissance du baptême (Jean 3, 5) : l’évêque, en baptisant, engendre les fidèles à la vie de Dieu.

[604]Reprise de la haute théologie du sacerdoce propre à la Didascalie (cf. chap. II) : le pasteur tient de Dieu une autorité de représentation. Le manuscrit avait d’abord écrit « votre dieu sur terre », puis l’a corrigé.

[605]Psaume 82 (81), 6, que le Christ lui-même applique aux hommes investis de l’autorité de Dieu (Jean 10, 34-35).

[606]Le manuscrit le nomme « Jean Bouche d’or » (Fam al-Dhahab), calque arabe du grec Chrysostome. Le plus grand des prédicateurs grecs, tenu par toute la tradition pour un maître de l’exhortation pastorale.

[607]Écho de l’avertissement du Seigneur contre les faux prophètes « qui viennent en vêtements de brebis » (Matthieu 7, 15).

[608]Les « Canons des rois » (qawānīn al-mulūk) : recueil de droit civil et ecclésiastique d’origine byzantine, l’une des sources que Gabriel compile — à distinguer des canons proprement conciliaires.

[609]On distingue le message du ministre : « Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes… faites ce qu’ils disent, mais n’imitez pas leurs actes » (Matthieu 23, 2-3).

[610]Médire du clergé est un piège du démon qui prive le fidèle du fruit de sa propre prière : la calomnie retombe sur celui qui la profère.

[611]Contre le népotisme et le sacerdoce héréditaire : le ministère de l’Église ne se lègue pas comme un bien de famille.

[612]Chapitre sur les prêtres (presbytres). La numérotation commence à la troisième phrase, comme aux chapitres précédents.

[613]Litt. « qu’ils aient dépassé l’âge du commerce conjugal » : la Didascalie veut des prêtres d’un âge mûr, dont la continence est acquise ou la vie apaisée.

[614]À l’ordination d’un prêtre, les prêtres présents imposent la main avec l’évêque : geste de la concélébration du presbytérium, toujours observé dans l’Église copte, à la différence de l’ordination épiscopale réservée aux évêques.

[615]L’âge minimal de trente ans pour la prêtrise, réglé sur le baptême du Christ (Luc 3, 23) ; canon 11 du concile de Néocésarée.

[616]Canon 4 du concile de Gangres (vers 340), dressé contre les rigoristes qui dédaignaient les prêtres mariés : l’Orient chrétien a toujours honoré le sacerdoce des hommes mariés.

[617]Le manuscrit porte ici « le diacre » ; mais le texte de Basile, dans un chapitre consacré au prêtre, dit « le prêtre ». L’exigence de science scripturaire vaut d’ailleurs pour l’un et l’autre.

[618]1 Timothée 5, 17-18, citant Deutéronome 25, 4 : le ministre de la parole vit de son ministère.

[619]Tite 1, 5-6.

[620]Ce chapitre embrasse tout le service de l’autel au-dessous de la prêtrise : le diacre, l’hypodiacre, le lecteur, l’exorciste, puis la diaconesse et les veuves. « Ordre » rend ici le mot arabe ṭaqs (طقس), qui désigne le rang liturgique et l’office propre à chacun.

[621]Exode 7, 1. La Didascalie fonde sur ce verset la hiérarchie du service : l’évêque tient la place de Moïse, le diacre celle d’Aaron. L’Église copte a gardé cette image d’un diaconat étroitement uni à l’évêque, comme le prophète l’était au législateur.

[622]L’image du diacre « oreille, œil et bouche » de l’évêque, empruntée à la Didascalie, résume la vocation diaconale dans l’Église copte : non un degré vers la prêtrise, mais un ministère propre de service et de lien entre le pasteur et le peuple.

[623]À la différence du prêtre, le diacre ne consacre pas l’oblation, ne baptise ni ne bénit de sa propre autorité : distinction demeurée constante dans la liturgie copte, où le diacre assiste et proclame, mais ne préside jamais.

[624]Matthieu 18, 16, reprenant Deutéronome 19, 15 : l’élection d’un diacre requiert le témoignage public de sa vie, non le seul choix de l’évêque.

[625]Canon 10 du concile d’Ancyre (314) : le diacre qui, avant l’ordination, s’est réservé le droit de se marier peut le faire ; celui qui a promis le célibat et s’en dédit est déposé. L’Orient chrétien admet le diaconat des hommes mariés, à la condition de la sincérité de l’engagement.

[626]1 Timothée 3, 8 et 12 : les qualités du diacre selon l’Apôtre, que le recueil joint aux prescriptions conciliaires.

[627]L’hypodiacre — le sous-diacre — n’est pas institué par imposition des mains, mais établi pour aider les diacres. L’Église copte le compte parmi les degrés d’un même diaconat ; elle ne connaît pas les « ordres mineurs » distincts de la tradition latine.

[628]Le lecteur — en grec anagnôstês — proclame les lectures de l’office. Ce degré du service se confère non par imposition des mains, mais par la remise du livre (cf. phrase 54), usage que l’Église copte a conservé.

[629]L’exorciste priait sur les catéchumènes et les possédés. Le recueil rappelle qu’on ne l’« ordonne » pas : le pouvoir sur les esprits est une grâce reçue, non un office conféré — principe hérité de la Tradition apostolique.

[630]La diaconesse assurait, dans l’Église ancienne, le service des femmes : elle les assistait au baptême, les visitait, et servait d’intermédiaire auprès du clergé. Le recueil en donne ici l’ordonnance selon la Didascalie.

[631]Les phrases 65 à 79 reproduisent l’argumentation de la Didascalie sur la place des femmes dans l’assemblée. Le recueil la transmet comme un document de la discipline ancienne ; d’autres passages du même chapitre — la diaconesse, les veuves — honorent hautement leur ministère.

[632]Le baptême par immersion des adultes rendait nécessaire, pour la décence, le ministère de la diaconesse auprès des femmes : elle achevait l’onction que le diacre avait commencée au front. Cet usage explique l’institution même des diaconesses dans l’Orient chrétien.

[633]À la différence de la diaconesse, la veuve n’est pas « ordonnée » : elle est inscrite par la seule parole, sans imposition des mains, et n’exerce aucune fonction à l’autel. Le recueil marque ainsi la frontière entre l’ordre clérical et les états de prière et de charité reconnus dans l’Église.

[634]Le chapitre traite ensemble de deux états de consécration féminine reconnus par l’Église ancienne : l’« ordre des veuves » et l’« ordre des vierges » (en arabe ʿaḏārā, glosé « moniales », rāhibāt). L’un et l’autre relèvent de la prière et de la continence, non du clergé.

[635]La veuve de Sarepta (1 Rois 17, 8-24) et Anne, fille de Phanuel (Luc 2, 36-38), sont les deux figures bibliques de la veuve fidèle, l’une par l’hospitalité, l’autre par la prière assidue au Temple.

[636]Ecclésiaste 5, 4, attribué à Salomon selon l’usage ancien. Le recueil applique la maxime au vœu de veuvage : mieux vaut s’en abstenir que le trahir.

[637]La vierge consacrée n’est point « ordonnée » : sa consécration repose sur le libre engagement de son cœur, et non sur une imposition des mains. Ce principe fonde l’état monastique féminin dans l’Église copte.

[638]Basile distingue deux « ordres » (ṭaqs) de femmes consacrées : les vierges, qui n’ont jamais connu le mariage, tiennent le premier rang ; les veuves, le second.

[639]Nous rendons ainsi l’épithète arabe lisān al-ʿiṭr — littéralement « la langue de parfum » —, honorifique traditionnel de saint Paul dans les lettres arabes chrétiennes, qui célèbre la suavité de sa parole (cf. 2 Corinthiens 2, 15).

[640]1 Timothée 5, 9-10 : les conditions pauliniennes de l’inscription d’une veuve au registre de l’Église, que le recueil place au terme du chapitre comme sceau apostolique.

[641]Le chapitre règle les observances de pureté liées à l’enfantement — la relevaille de l’accouchée et la présentation du nouveau-né — ainsi que le baptême d’urgence de l’enfant en danger de mort. Il puise aux canons d’Hippolyte et aux « canons des rois ».

[642]Les délais de purification redoublent pour la naissance d’une fille, à l’exemple du Lévitique (12, 2-5). La sage-femme observe la moitié du temps prescrit à la mère (phrase 8).

[643]La règle ordinaire différait la présentation de l’enfant durant le temps de la purification maternelle ; le péril de mort la lève aussitôt, car le salut du baptême l’emporte sur l’observance.

[644]Jean 3, 5.

[645]Cf. Hébreux 9, 27 et Job 9, 22.

[646]Ordonnance de miséricorde : la femme morte en couches n’est nullement tenue pour impure ; la mort même l’a sanctifiée, et l’Église la reçoit à la prière sans réserve.

[647]« Les candidats au sacerdoce » rend al-muqarrabūn li-l-kahanūt, ceux que l’on présente aux ordres. « Les saintes liturgies » (al-qaddāsāt) désigne les célébrations eucharistiques, et « les offrandes » (al-qarābīn) l’oblation portée à l’autel. Le chapitre fixe les prérogatives propres à chaque degré de la hiérarchie.

[648]La phrase énumère des serviteurs de l’Église : le lecteur (anagnôstês), le chantre (psaltês) et le gardien de l’église (le custode de l’édifice, à distinguer de l’économe, qui administre les biens — voir plus loin, chapitres IX et XI). Le manuscrit porte pour le chantre une graphie altérée. L’Église copte ne connaît pas les « ordres mineurs » à la façon latine : chantre, lecteur et sous-diacre y sont des degrés d’un même diaconat, non des ordres séparés.

[649]Nombres 16 : la révolte de Coré, Dathan et Abiram contre le sacerdoce d’Aaron, engloutis par la terre. La Didascalie y voit le type du châtiment de celui qui usurpe une fonction sacrée.

[650]L’eulogie (grec eulogia, « bénédiction ») : le signe de bénédiction — souvent le pain béni — que le supérieur transmet à l’inférieur. La règle marque la hiérarchie : l’évêque ne la reçoit que d’un pair.

[651]Les Pères du concile de Nicée (325), que le manuscrit compte trois cent douze — la tradition les nombre communément trois cent dix-huit. Ce qui suit reproduit le canon de Nicée interdisant aux diacres de donner la communion aux prêtres.

[652]Le « suppléant de l’évêque » est le chorévêque (khōr-episkopos), l’évêque des campagnes ; le canon 13 d’Ancyre limite son pouvoir d’ordonner. L’Église copte a connu cette charge d’évêque rural subordonné.

[653]Les Soixante-dix disciples envoyés par le Christ (Luc 10, 1) sont, dans la tradition canonique, le type des chorévêques, comme les Douze le sont des évêques.

[654]L’orarion (copte piōrarion, du grec ōrarion) est l’étole diaconale portée sur l’épaule. Le canon 22 de Laodicée réserve l’orarion au diacre : le sous-diacre ne le porte pas et garde les portes. Le manuscrit est ici incertain sur ce dernier point.

[655]L’ordre copte des lectures : l’Apôtre (les épîtres de Paul), le Praxis (grec praxis, les Actes des Apôtres), puis l’Évangile. Cet enchaînement se garde encore dans la liturgie copte.

[656]« Faire le signe » (yarshim) : tracer la croix pour bénir ou consacrer — acte réservé à l’évêque et au prêtre. Le diacre distribue mais ne bénit pas.

[657]Chapitre de discipline cléricale : il rassemble les canons des conciles (Nicée, Antioche) et de saint Basile sur la conduite des clercs, les empêchements à l’ordination et les peines, auxquels s’ajoutent quelques canons des rois.

[658]Les Pères de Nicée (325), que le manuscrit compte trois cent douze (voir chap. VIII). Ce qui suit est le canon 3 de Nicée, contre la cohabitation des clercs avec des femmes.

[659]Le canon vise les « sœurs introduites » (en grec syneisaktoi) : femmes que des clercs faisaient vivre auprès d’eux sous couleur de piété. Nicée les proscrit, ne tolérant que les parentes les plus proches.

[660]Nicée interdit la « translation » : un clerc est lié à l’église pour laquelle il a été ordonné et ne peut passer d’un siège à un autre à son gré.

[661]« L’autorité du dehors » est le pouvoir civil : contre le clerc qui s’obstine dans le schisme, le canon admet le recours au bras séculier — trait des canons transmis à l’époque impériale.

[662]Le néophyte ne saurait être ordonné sur-le-champ : il faut l’éprouver d’abord. Prescription reprise de Nicée (canon 2) et de l’Apôtre (1 Timothée 3, 6).

[663]Phrase corrompue dans le manuscrit, marquée « sic » par l’éditeur. Le sens paraît viser le clerc qui, s’étant uni à sa femme, s’avance néanmoins à l’oblation — que Basile lui interdit (cf. son canon 30).

[664]« Les canons des rois » (qawānīn al-mulūk) sont la législation civile des souverains chrétiens, que Gabriel range parmi ses sources aux côtés des canons ecclésiastiques.

[665]L’intégrité corporelle requise du prêtre fait écho aux prescriptions du Lévitique sur les prêtres d’Aaron (Lévitique 21, 17-21) ; la tradition ancienne l’a transposée au sacerdoce chrétien.

[666]L’économe (oikonomos, arabe wakīl) administre les biens de l’église et en reçoit les offrandes et les legs (voir chap. XI). Il ne se confond pas avec le gardien de l’église, custode de l’édifice (chap. VIII).

[667]Chapitre bref, qui rassemble quelques canons épars de saint Basile sur la tenue des clercs. « Canons » traduit ici nawāmīs (du grec nomos, « loi »), que le titre emploie au sens de prescriptions.

[668]Le manuscrit porte « au quatre-vingt-neuvième chapitre » ; l’éditeur identifie néanmoins ce passage au canon 79 de saint Basile — le suivant étant bien son canon 80. La leçon « 89 » paraît une inadvertance du copiste.

[669]Les couronnes et guirlandes végétales étaient un ornement des fêtes profanes ; le canon les interdit aux clercs, l’Église ancienne se gardant de tout ce qui rappelait les réjouissances païennes.

[670]Ample chapitre sur les biens de l’Église : les offrandes (qarābīn), les vœux, les dîmes et les prémices ; l’origine et la destination de chaque don ; les personnes dont l’Église ne saurait rien recevoir ; enfin le culte dû au corps et au sang du Christ. Il puise à la Didascalie, aux Canons des Apôtres, à Hippolyte, à Clément et à Basile.

[671]La Didascalie applique à l’évêque le pouvoir des clefs (Matthieu 16, 19 ; 18, 18) : lier et délier, vouer au jugement ou remettre les péchés — fondement de l’autorité épiscopale dans l’Église copte.

[672]Isaïe 1, 22, selon une leçon proche des Septante. Le prophète y flétrit la falsification ; la Didascalie l’applique au gain des marchands frauduleux.

[673]Deutéronome 23, 19.

[674]Écho de la parole de Jean-Baptiste aux soldats : « Ne molestez personne, contentez-vous de votre solde » (Luc 3, 14).

[675]Psaume 37 (36), 16.

[676]Psaume 141 (140), 5.

[677]« Le sceau » (al-khātim) est le baptême, qui marque le chrétien. Ce qui suit reprend l’enseignement ancien — déjà dans la Didachè — sur l’honneur dû à celui qui a transmis la foi.

[678]Luc 10, 7 ; 1 Timothée 5, 18. Les phrases 64-66 rassemblent les paroles par lesquelles l’Apôtre fonde l’entretien du ministre par la communauté (1 Corinthiens 9, 7-14).

[679]La distinction, héritée de la Tradition apostolique, réserve la bénédiction des prémices aux fruits nobles des arbres et de la vigne, à l’exclusion des légumes potagers et des plantes odorantes.

[680]La répartition proportionnée des offrandes selon le rang reflète l’ordre de la hiérarchie ; on la trouve dans les Constitutions apostoliques.

[681]Seuls le pain et le vin — avec l’huile du luminaire et l’encens — approchent l’autel ; les autres offrandes vont à la table commune. Prescription du canon 3 des Apôtres, constante dans l’usage copte.

[682]L’économe (al-wakīl) est le ministre qui administre les biens de l’église et en reçoit les legs (cf. chap. IX). Il ne se confond pas avec le gardien de l’église.

[683]Le soin des moindres parcelles va jusqu’à jeter dans l’eau vive la poussière du sanctuaire, de crainte qu’une miette consacrée ne soit foulée aux pieds. Cette révérence eucharistique est demeurée vive dans l’Église copte.

[684]Écho de la promesse du Christ : « S’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera pas de mal » (Marc 16, 18).

[685]Exode 12, 46, la prescription de la Pâque, dont Basile fait le type de la réserve entourant le corps du Christ.

[686]« L’eau et le sang » : 1 Jean 5, 6, et le sang et l’eau jaillis du côté du Christ (Jean 19, 34). L’Église mêle l’eau au vin du calice pour le signifier ; le canon proscrit d’y manquer.

[687]Le pain eucharistique copte porte imprimée la croix ; rompu, chacune de ses parcelles la garde, figurant le corps crucifié.

[688]Les fils d’Éli, châtiés pour avoir profané les offrandes (1 Samuel 2-4), et Balthasar, foudroyé pour avoir bu dans les vases du Temple (Daniel 5) : deux exemples du sacrilège puni.

[689]La citation qui suit est de 1 Corinthiens 11, 27-31 ; le manuscrit renvoie au « treizième chapitre », le découpage ancien de l’épître différant du nôtre.

[690]Chapitre en défense de l’honneur de l’évêque : nul ne saurait le juger ni le blâmer, car il tient de Dieu son autorité. Une chaîne de témoignages scripturaires en fait le père spirituel qu’il faut honorer à l’égal des parents.

[691]Exode 22, 27 (« Tu ne maudiras pas les juges »). Saint Paul appliqua ce texte au grand prêtre (Actes 23, 5). La Didascalie l’étend à l’évêque, représentant de Dieu au milieu du peuple.

[692]Psaume 82 (81), 6 — que le Christ lui-même invoque en Jean 10, 34-35. Les « dieux » sont ceux à qui est confiée l’autorité de juger au nom de Dieu.

[693]Exode 16, 8 : murmurer contre le pasteur établi de Dieu, c’est murmurer contre Dieu même.

[694]Matthieu 5, 22 : « Celui qui dira à son frère : “Fou !” sera passible de la géhenne. »

[695]Deutéronome 5, 16 et Exode 21, 17. L’argument passe des pères selon la chair aux pères selon l’esprit.

[696]Canon apostolique visant l’outrage aux autorités civiles : le recueil, fidèle à Romains 13, tient le pouvoir légitime pour institué de Dieu.

[697]Premier chapitre du second tome. Il règle les devoirs du fidèle laïc — l’assiduité à l’église, le travail des mains, l’instruction — et pose la limite qui le sépare du clergé : nul laïc n’accomplit les actes réservés au sacerdoce. « Laïcs » rend al-ʿalmāniyyūn, les gens du peuple par opposition aux clercs.

[698]Les psaumes du matin et du soir de l’office quotidien (numérotation grecque). L’Église copte a gardé cette trame de la prière des Heures.

[699]Jean 6, 27.

[700]Allusion aux métiers des Apôtres — Pierre et les siens pêcheurs, Paul faiseur de tentes (Actes 18, 3) — et à Proverbes 12, 11.

[701]2 Thessaloniciens 3, 10.

[702]L’« eau de la prière » et l’« huile de la prière » sont bénies pour l’onction des malades : le sacrement copte du qandīl (l’huile sainte), fondé sur Jacques 5, 14-15.

[703]Remarque de l’éditeur. Le manuscrit portait ces additions en marge ; l’éditeur les recueille ici et propose, en appendice, un ordre de lecture rétabli pour l’ensemble du chapitre.

[704]1 Samuel 13, 8-14 : Saül, offrant l’holocauste sans attendre le prophète Samuel, se vit retirer la royauté — figure du laïc qui usurpe la fonction sacrée.

[705]2 Chroniques 26, 16-21 : le roi Ozias, ayant voulu brûler l’encens au sanctuaire, fut frappé de lèpre au front.

[706]Nombres 16 : la révolte de Coré, Dathan et Abiram contre le sacerdoce d’Aaron, engloutis par la terre et dévorés par le feu.

[707]Le cœur du chapitre : les quatre actes réservés au sacerdoce, que le laïc ne saurait usurper. C’est de là que vient le titre : « qu’ils ne portent pas l’offrande au sanctuaire, ni ne baptisent personne ».

[708]Psaume 110 (109), 4, appliqué au Christ par l’Épître aux Hébreux (5, 5-6). Melchisédech, prêtre et roi de Salem (Genèse 14), est la figure du sacerdoce du Christ.

[709]Le manuscrit étant défectueux ici, l’éditeur a suppléé le titre et l’incise de ce bref chapitre (d’où les crochets dans son édition). Il redonne un canon de saint Basile déjà cité au chapitre X (phrase 4) : trait de la manière dont Gabriel, en compilateur, revient sur une même prescription selon les matières.

[710]Grand chapitre sur la prière des Heures — l’ossature de ce que l’Église copte nomme l’Agpeya : chaque heure du jour et de la nuit y est rapportée à un mystère de la Passion. On y trouve aussi que le mariage ne rend pas impur pour la prière, et l’usage de se laver les mains avant d’orer.

[711]Les sept heures de l’office, que l’Agpeya copte a fixées : Vêpres, Complies, Minuit, Matines (l’aube), puis Tierce, Sexte et None (première, troisième, sixième et neuvième heures du jour).

[712]Matthieu 18, 20.

[713]La troisième heure (neuf heures du matin) : l’heure de la crucifixion (Marc 15, 25) et de la descente de l’Esprit à la Pentecôte (Actes 2, 15).

[714]La sixième heure (midi) : les ténèbres qui couvrirent la terre pendant la crucifixion (Matthieu 27, 45).

[715]La neuvième heure (trois heures de l’après-midi) : la mort du Christ et le coup de lance d’où jaillirent le sang et l’eau (Jean 19, 34).

[716]Écho de Jean 13, 10 : « Qui s’est baigné n’a besoin que de se laver les pieds, car il est pur tout entier. » Le baptême purifie une fois pour toutes.

[717]Le recueil écarte la conception d’une souillure conjugale qui empêcherait la prière : c’est la position constante de la tradition apostolique et copte.

[718]La bénédiction de la table, avant et après le repas, rangée parmi les prières du fidèle.

[719]1 Corinthiens 11, 4-5 ; le manuscrit renvoie au « douzième chapitre », selon un découpage ancien de l’épître.

[720]Le titre glose lui-même le mot : al-aymān, « les serments », c’est-à-dire le jurement (al-qasam) — à ne pas confondre avec al-īmān, la foi. Le chapitre interdit au clerc comme au fidèle de jurer, et prescrit de bannir la colère et de pardonner.

[721]Écho de la parole du Christ : « Ne jurez point du tout » (Matthieu 5, 34) ; la discipline copte proscrit le serment, surtout chez les clercs.

[722]Matthieu 18, 22 : le pardon sans mesure, « jusqu’à soixante-dix fois sept fois ».

[723]Matthieu 5, 22.

[724]Éphésiens 4, 26.

[725]Psaume 4, 5.

[726]Proverbes 11, 19.

[727]Matthieu 5, 23-24.

[728]Le serment blasphématoire suppose le Christ créature — erreur arienne. Le canon la frappe : l’Église copte, fidèle à Nicée, confesse le Fils engendré, non créé.

[729]Chapitre de l’hospitalité ecclésiale : comment l’Église reçoit le voyageur — fidèle ou clerc — venu d’ailleurs, sur la foi des « lettres de communion » (en grec systatikai) qui attestaient son orthodoxie et le rattachaient à son Église d’origine.

[730]Les « lettres de communion » (litterae formatae, en grec systatikai epistolai) : billets que le voyageur chrétien recevait de son évêque, garantissant sa foi et sa communion ; sans elles, on ne l’admettait pas aux mystères.

[731]Passage obscurci dans le manuscrit ; l’éditeur précise qu’il s’agit des lettres de communion valides dans le district, délivrées par les seuls évêques.

[732]Écho de l’Épître de Jacques (2, 1-4), qui blâme l’acception de personnes dans l’assemblée, et de l’exhortation à ne pas oublier l’hospitalité (Hébreux 13, 2).

[733]Chapitre tiré de la Didascalie et des canons attribués à saint Clément. Il enseigne d’abord quels sont les Livres saints que le fidèle doit lire — établissant ainsi le canon des Écritures reçu par l’Église copte — et lui défend les écrits profanes et apocryphes ; puis il passe au devoir de recueillir et d’élever les orphelins, thème cher à la Didascalie, qui fait de l’évêque le père des sans-père.

[734]Célèbre passage de la Didascalie où l’auteur, pour détourner le chrétien des livres des païens, lui montre que tout ce qu’il pourrait y chercher — l’histoire, la sagesse, la poésie — se trouve, et plus excellent, dans les saintes Écritures.

[735]Arabe al-Tawrāt, « la Torah » : ici les cinq livres de Moïse, où se lit la généalogie des premières générations.

[736]C’est-à-dire le Deutéronome, la « seconde Loi » — sens même du mot grec Deuteronomion —, que le texte appelle « l’autre Loi ».

[737]Les « canons de Clément » : recueil de canons ecclésiastiques mis sous le nom de saint Clément de Rome et transmis avec les Constitutions apostoliques. La section citée dresse la liste des Livres saints, à la manière du quatre-vingt-cinquième canon apostolique.

[738]Arabe faḍalāt al-mulūk, littéralement « le surcroît des Rois » : ce sont les Paralipomènes, nos livres des Chroniques, ainsi nommés parce qu’ils reprennent et complètent la matière des Rois.

[739]« Le Cantique » : le Cantique des cantiques. Les « douze petits Prophètes » sont comptés en un seul livre, selon l’usage ancien ; « Jésus fils de Sirach » est l’Ecclésiastique.

[740]Le texte porte, en formes venues du grec, kāthūlīqūn (les épîtres « catholiques », c’est-à-dire les sept épîtres canoniques), al-Braksīs (du grec Praxeis, les Actes des Apôtres) et Abūghālamsīs (du grec Apokalypsis, le livre de la Révélation).

[741]Le texte écrit ici al-Masqīthī, forme altérée que le P. Aziz Mina identifie, sur la foi des renvois de son édition, avec la Didascalie même (chapitres douzième et treizième).

[742]Écho du premier Psaume (1, 2) : le juste « médite la loi du Seigneur jour et nuit ».

[743]Passage en partie obscurci dans le manuscrit. Le sens, éclairé par la Didascalie, est le rejet des écrits profanes et apocryphes, qui détournent les faibles de la foi, au bénéfice des seules Écritures reçues.

[744]Recommandation propre à la Didascalie : que les fidèles recueillent l’orphelin comme un fils, et marient la jeune orpheline élevée chez eux à l’un de leurs fils, la dotant ainsi d’un foyer.

[745]La Didascalie veut que le pauvre secouru reçoive l’aumône non comme un dû, mais dans l’action de grâces, priant pour son bienfaiteur et rapportant à Dieu tout le bienfait.

[746]Long chapitre sur les jeûnes de l’Église copte : le grand Jeûne des Quarante et la semaine de la Pâque, et les deux jeûnes hebdomadaires du mercredi et du vendredi. Après un récit de la Passion — tiré de la Didascalie — qui fonde ces deux jours (le mercredi, jour où fut tramée la mort du Sauveur ; le vendredi, jour de la Croix), il rassemble les prescriptions de la Didascalie, des canons des Apôtres et de Clément, du concile de Nicée, des conciles d’Antioche, de saint Basile et des lois impériales. On y notera que la Pâque (arabe al-Basḫa, du copte Pascha) désigne tantôt la fête, tantôt le jeûne de la Semaine sainte.

[747]Le grand Jeûne (arabe ṣawm al-arbaʿīn, « le jeûne des Quarante ») : les quarante jours de carême, comptés jusqu’au vendredi qui précède la semaine de la Passion, à quoi s’ajoute ensuite la Semaine sainte elle-même.

[748]C’est-à-dire Judas, dont le récit qui suit rappelle la trahison.

[749]Passage où se croisent trois calendriers. Le manuscrit nomme un mois macédonien (variante Aksalnûs) que l’éditeur, le P. Aziz Mina, dit répondre à décembre-janvier, et que le texte identifie pourtant au mois copte de Baramhât (mars) en l’appelant « le premier mois » — soit le premier mois du comput pascal, le mois de Nisan, celui de la Pâque. Cette superposition, laissée telle quelle par l’édition, reflète l’effort des anciens pour accorder entre elles les computs juif, macédonien et copte.

[750]Ainsi se fonde le jeûne du mercredi (quatrième jour de la semaine), jour où fut arrêtée la mort du Seigneur, comme le jeûne du vendredi commémore la Croix.

[751]La neuvième heure, soit environ trois heures de l’après-midi : l’heure de la mort du Seigneur sur la croix, et l’heure traditionnelle où l’on rompt le jeûne du mercredi et du vendredi.

[752]Les « Cinquante » : les cinquante jours qui suivent la Pâque, jusqu’à la Pentecôte.

[753]L’équinoxe de printemps est le repère fixé par le concile de Nicée pour le calcul de la Pâque : la célébrer avant l’équinoxe, à la manière juive, était l’erreur condamnée.

[754]Arabe aghnistus, du grec anagnôstês, le lecteur. Ce canon reproduit le soixante-neuvième des canons apostoliques.

[755]Les trois cent dix-huit Pères réunis au concile de Nicée (325).

[756]On honore donc les martyrs, qui souffrirent la faim, la soif et le feu, non en rompant le jeûne, mais en le gardant.

[757]Le « jour des Lumières » (arabe al-Ghiṭās, « l’Immersion ») : la fête de la Théophanie, ou Épiphanie, qui célèbre le Baptême du Seigneur au Jourdain, l’une des grandes fêtes de l’Église copte.

[758]Deuil pour les hérétiques qui niaient l’Incarnation et la divinité du Verbe : la fête de la Nativité et de la Théophanie confesse, en pleine lumière, le Dieu fait homme.

[759]Durant les cinquante jours saints qui suivent la Résurrection, il n’y a point de jeûne, en signe de la joie pascale.

[760]Le jeûne va donc en s’intensifiant : jusqu’au coucher du soleil la première semaine, jusqu’à la onzième heure les suivantes, et jusqu’à l’apparition des étoiles durant la Semaine sainte, ici nommée la « Grande Pâque ».

[761]Allusion au fiel et au vinaigre offerts au Seigneur sur la croix (Matthieu 27, 34). L’expression « Dieu le Verbe » confesse la divinité du Christ crucifié, selon la foi de l’Église copte.

[762]Le recueil enjoint la continence des époux durant le grand Jeûne et la Semaine sainte, discipline ascétique ancienne que rappellent aussi les canons de saint Basile.

[763]Les « canons des rois » : la législation civile des souverains chrétiens, que le recueil range parmi ses sources aux côtés des canons ecclésiastiques.

[764]Arabe al-shirṭūniyya, du grec cheirotonia, l’imposition des mains qui confère l’ordre : on ne confère point d’ordination durant le grand Jeûne.

[765]Arabe al-hayūlī, du grec hylê, « la matière » : les affaires temporelles et séculières, dont on se détourne durant le Jeûne.

[766]L’édition arabe numérote « 93 » ce canon comme le suivant, omettant le numéro 92 : on a rétabli ici la suite continue.

[767]Le « jeûne des Disciples » : le jeûne des Apôtres, que l’Église copte observe après la Pentecôte, jusqu’à la fête des saints apôtres Pierre et Paul.

[768]Bref chapitre tiré des canons apostoliques attribués à saint Clément, qui défendent au chrétien — clerc ou laïc — toute participation au culte des hérétiques et des Juifs : ni baptême, ni oblation, ni prière commune, ni même l’offrande d’huile ou de lampe à leurs sanctuaires. L’Église copte y veille sur l’intégrité de ses mystères, tenant pour vains les sacrements célébrés hors de la vraie foi.

[769]Le « temple des nations » : le sanctuaire des païens. Porter l’huile ou la lampe à un culte étranger, c’est y prendre part ; le canon frappe donc jusqu’à cette offrande apparemment menue.

[770]Chapitre sur les jours de joie que l’Église copte soustrait au jeûne et à la génuflexion — les samedis (hormis le Samedi saint), les dimanches et les cinquante jours de la Pentecôte —, en l’honneur de la Résurrection. Tiré de la Didascalie, des canons de Clément et du concile de Nicée, dont le vingtième canon prescrit de prier debout en ces jours.

[771]Le « samedi de la Pâque » : le Samedi saint, veille de la Résurrection, seul samedi de l’année où l’on jeûne.

[772]Le « Grand Samedi » : le Samedi saint, unique samedi de jeûne, où l’Église veille auprès du tombeau du Seigneur.

[773]Concession faite aux moines : ils peuvent jeûner le samedi jusqu’à la sixième ou la septième heure — midi ou une heure —, voire jusqu’au coucher du soleil, sans que cela soit imposé aux fidèles.

[774]Écho du vingtième canon de Nicée : pour l’unité de la discipline, on prie debout, sans génuflexion, les dimanches et durant les cinquante jours pascals, en signe de la Résurrection ; l’Église copte garde cet usage jusqu’à ce jour.

[775]Calendrier des grandes fêtes de l’Église copte, où l’on doit s’abstenir de tout travail. Le chapitre les énumère deux fois : d’abord avec leurs dates — accordées entre le calendrier des Hébreux et celui des Égyptiens (copte) — et leur sens (Nativité, Théophanie, Pâque, Résurrection, dimanche de Thomas, Ascension, Pentecôte, Apôtres, martyrs) ; puis en rappelant, pour chacune, la défense d’y travailler. Tiré de la Didascalie, des canons des Apôtres et du concile d’Antioche.

[776]Le neuvième mois des Hébreux est Kislev ; le quatrième mois copte est Kiahk. Le vingt-neuf Kiahk — jour de la Nativité du Seigneur dans l’Église copte — répond au vingt-cinq décembre.

[777]Le cinquième mois copte est Tubah : le onze Tubah est le jour de la Théophanie (ou Épiphanie), fête du Baptême du Seigneur.

[778]Arabe ʿarbūn, du grec arrhabôn : les arrhes, le gage. La résurrection du Christ est le gage de la nôtre (cf. 1 Corinthiens 15, 20 ; 2 Corinthiens 1, 22).

[779]Le dimanche de Thomas, ou Nouveau Dimanche, huit jours après Pâques (Jean 20, 26-27) : l’apôtre incrédule touche les plaies du Ressuscité et confesse sa foi.

[780]Le mot arabe jumʿa signifie ici « semaine » : c’est depuis la semaine de la Résurrection que l’on compte les quarante jours jusqu’à l’Ascension, laquelle tombe un jeudi (le cinquième jour de la semaine).

[781]Écho du Symbole de la foi : « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. »

[782]Arabe al-Bāraqlīṭ, du grec Paraklêtos, le Consolateur. La troisième heure — neuf heures du matin — est celle où l’Esprit descendit sur les Apôtres (Actes 2, 15).

[783]Ce jeûne qui suit la semaine de joie après la Pentecôte est le jeûne des Apôtres, gardé par l’Église copte jusqu’à la fête des saints Pierre et Paul.

[784]Arabe yawm al-Sullāq, nom copte de la fête de l’Ascension.

[785]Le canon distingue le repos chrétien du dimanche, en l’honneur de la Résurrection, du repos juif du sabbat : il défend d’observer le samedi comme jour d’oisiveté à la façon judaïque.

[786]Chapitre où l’Église copte défend au fidèle tout commerce avec le culte des païens et avec les arts occultes : les fêtes et les temples des idoles, l’astrologie, la divination, l’interprétation des songes, les augures, la magie, les amulettes, les charmeurs de serpents, ainsi que les jeux du cirque et les combats de bêtes. Tiré de la Didascalie, des canons des Apôtres et de Clément, d’Hippolyte, et des conciles d’Ancyre et de saint Basile, qui fixent les pénitences.

[787]Le mot arabe al-jawāz désigne ici le fait de passer ou de traverser : le fidèle ne doit pas même s’approcher des lieux où se tiennent les fêtes païennes.

[788]Allusion aux jeux du cirque : ceux qui s’exercent au métier de gladiateur, dont l’Église détournait le fidèle.

[789]L’« homme à l’astrolabe » divine par les astres au moyen de l’instrument. Les « profanateurs de sépultures » (arabe nabbāshūn) dépouillent les morts. Les « amulettes » (arabe falqaṭīr, du grec phylaktêrion) sont des talismans que l’on portait pour se garder du mal.

[790]Énumération des superstitions divinatoires que l’Église réprouve : l’observation des astres, les présages tirés des infirmes ou du vol et du cri des oiseaux (l’augure antique), et la recherche des jours fastes et néfastes.

[791]Arabe al-abūdhiyāqin (du grec hypodiakonos), le sous-diacre, et al-aghnistus (du grec anagnôstês), le lecteur : deux des degrés du service de l’Église copte.

[792]Le « combattant des bêtes » (bestiaire) affrontait les fauves dans l’arène : métier sanglant des jeux, incompatible avec la foi.

[793]Arabe al-nard : le jeu de dés, tenu pour un divertissement de hasard associé aux mœurs païennes.

[794]Pénitence graduée selon le degré : plus la charge est haute, plus longue est l’exclusion — dix ans pour le prêtre, trois pour le diacre, et sept semaines pour le simple fidèle.

[795]Allusion au démoniaque de Gérasa (Marc 5, 1-4), que l’on avait vainement lié de chaînes et d’entraves de fer : le fer ne chassa point les démons, et c’est le Seigneur seul qui le délivra. Vaine donc est la superstition des amulettes de fer.

[796]Le titre de ce chapitre manque au manuscrit ; il a été suppléé par l’éditeur. Le chapitre défend au chrétien de jurer par les idoles, par les astres ou par les éléments, appuyant sa défense sur une chaîne de témoignages de l’Écriture, puis sur les canons de saint Basile touchant les mages, les chanteuses de métier et les clercs adonnés à la musique profane. On y remarquera que la numérotation des canons commence ici au premier, et non au troisième.

[797]Jérémie 5, 7.

[798]Osée 2, 17.

[799]Cf. Deutéronome 4, 19.

[800]Deutéronome 4, 19.

[801]Jérémie 10, 2.

[802]Arabe al-usṭuquṣāt, du grec stoicheia, les éléments dont le monde est composé : le feu, l’air, l’eau et la terre, que les païens divinisaient.

[803]Les « mages » (arabe al-majūs) : les adorateurs du feu, dont l’apostasie, jointe à la magie, valait le retranchement de l’Église pour trente ans.

[804]Le « lieu du repos » (arabe al-maqīl) : le lieu de la sieste de midi, où se donnaient ces divertissements.

[805]Chapitre sur l’aumône, cœur de la charité chrétienne : à qui il convient de donner et de recevoir, quelle disposition de l’âme y faut-il apporter, et quelle malédiction pèse sur l’avare. La Didascalie y tresse une riche guirlande de témoignages de l’Écriture — Isaïe, Daniel, Salomon, David, l’Évangile — qui pressent le fidèle de secourir le pauvre, l’orphelin et la veuve.

[806]« Le lieu du serpent » : la perdition. La Didascalie porte, en cet endroit, « la mort en échange de la vie ».

[807]Psaume 38, 7 (Septante) ; cf. Psaume 39, 6.

[808]La Didascalie explique : ses biens lui tiennent lieu de dieu — c’est le culte de Mammon.

[809]Le texte porte al-Mawṣiliyyūn — les gens de Mossoul —, que la Didascalie identifie aux Assyriens : image des nations étrangères qui dévorent les biens mal acquis. Cf. Isaïe 1, 7 ; Jérémie 50, 17.

[810]Isaïe 58, 7.

[811]Daniel 4, 27.

[812]Proverbes 16, 6.

[813]Psaume 40, 2 (Septante) ; cf. Psaume 41, 1.

[814]Psaume 111, 9 (Septante) ; cf. Psaume 112, 9 ; 2 Corinthiens 9, 9.

[815]Proverbes 19, 17.

[816]Proverbes 21, 13.

[817]Le pauvre lui-même peut faire l’aumône : en jeûnant et en donnant aux plus pauvres le prix du repas retranché.

[818]Le rachat des captifs comptait, dans l’Église ancienne, parmi les plus hautes œuvres de miséricorde.

[819]Matthieu 6, 3-4.

[820]Cf. Jérémie 15, 1.

[821]Jérémie 7, 16.

[822]Ce chapitre ne nous est parvenu qu’à l’état de fragment. Après l’intitulé et le premier canon, le texte s’interrompt au beau milieu d’une phrase : le manuscrit se rompt en cet endroit et enchaîne aussitôt, sans nulle séparation, sur la matière du chapitre suivant (le P. Aziz Mina le signale au chapitre vingt-septième). Ce qui subsiste distinguait, selon la Didascalie, la veuve qui peut se suffire à elle-même de celle qui a véritablement besoin du secours de l’Église.

[823]Ici le texte s’interrompt : le manuscrit passe directement, sans aucune séparation, à la matière du chapitre suivant. La suite de ce chapitre est perdue.

[824]Le titre de ce chapitre a été suppléé par l’éditeur, le manuscrit n’en portant que le numéro, tracé en chiffres coptes. C’est ici que le texte reprend, après la lacune du chapitre précédent. Il rassemble la discipline copte du mariage : la bénédiction du couronnement, qui ne se donne qu’une fois ; les secondes noces, sans festin ni prêtres ; les empêchements des clercs ; et la nullité de toute union contractée sans la prière de l’Église.

[825]La « bénédiction du couronnement » : le rite copte du couronnement des époux, qui ne se confère qu’au premier mariage. Le texte reprend ici, au milieu de la phrase, après la lacune qui a tronqué le chapitre précédent.

[826]Canons attribués à Épiphane et rédigés, selon le recueil, pour l’empereur Justinien (VIᵉ siècle) : témoins de la rencontre du droit ecclésiastique et de la législation impériale.

[827]Une union contractée sans la prière de bénédiction de l’Église n’est point tenue pour un mariage, mais pour une fornication.

[828]Chapitre qui règle, selon les canons anciens, la condition de la concubine — c’est-à-dire, dans la société du temps, une esclave attachée à son maître. L’Église ne l’exclut point sans retour : la concubine fidèle et mère de famille peut être reçue ; mais elle presse le maître de régulariser l’union par le mariage, ou de s’en abstenir, et défend qu’on répudie la concubine mère de ses enfants.

[829]La « concubine » (arabe al-surriyya) est ici une esclave que son maître a prise pour compagne. L’Église reçoit à sa communion celle qui lui demeure fidèle et unique, et qui a élevé les enfants nés d’elle.

[830]Le recueil protège ainsi la concubine devenue mère : la répudier pour épouser une autre est tenu pour un crime, sauf en cas d’infidélité avérée.

[831]L’Église oriente ainsi le concubinage vers sa régularisation par le mariage, ou vers la continence : il n’a plus droit de cité parmi les fidèles.

[832]L’Église copte tient le mariage pour indissoluble : le lien n’est rompu que par la mort de l’un des époux, et le remariage du vivant de l’autre est réputé adultère. Le chapitre appuie cette doctrine sur les canons de saint Basile et sur l’enseignement de saint Paul (Épître aux Romains, chapitre 7 ; première aux Corinthiens, chapitre 7). Il commence au deuxième canon, le premier numéro n’étant pas employé dans le manuscrit.

[833]Romains 7, 1-3. Les « sections » renvoient au découpage interne du recueil, non aux chapitres de l’Épître.

[834]Première aux Corinthiens 7, 10-11.

[835]Première aux Corinthiens 7, 12-14.

[836]Première aux Corinthiens 7, 27.

[837]Bref chapitre, tiré des canons de saint Basile, sur la continence des époux aux temps consacrés — jours de jeûne, grand Jeûne des Quarante, Semaine sainte — et aux jours de l’impureté de la femme. Il commence au deuxième canon.

[838]Discipline ancienne de la pureté : abstinence aux jours de la menstruation et des suites de couches (arabe nifās), héritée des prescriptions de l’Ancien Testament et observée dans la tradition copte.

[839]Ces trois canons reprennent la prescription du chapitre dix-neuvième (canons 84-86) touchant la continence durant le grand Jeûne et la Semaine sainte.

[840]Court chapitre, d’après saint Basile, sur la sobriété exigée du clergé qui sert l’autel : point de vin durant le jour du service, jusqu’au soir marqué par l’allumage de la lampe du sanctuaire ; et, en cas de nécessité, que le clerc s’abstienne de paraître au dehors. Il commence au deuxième canon.

[841]Chapitre de discipline sur la tenue du corps : il enseigne à l’homme la sobriété de la chevelure et de la barbe, contre l’afféterie de qui pare et allonge ses cheveux pour plaire. La matière en est tirée du prologue de la Didascalie, puis appuyée par un canon du concile de Gangres, un canon de saint Basile et le témoignage de l’Apôtre aux Corinthiens. Il commence au deuxième canon.

[842]Ces préceptes sont empruntés au prologue de la Didascalie, où l’auteur, avant d’aborder les devoirs des fidèles, règle d’abord la tenue extérieure du corps comme le premier degré de la modestie chrétienne.

[843]La leçon reçue — « l’image d’un homme que l’on rudoie » (arabe yuʿannafu bihi) — a paru douteuse à l’éditeur, qui la marque d’un sic ms. La Didascalie, à cet endroit, se lit plutôt : « car ce sont là des marques de faste et de dissolution » ; le sens demeure le même — la parure de la chevelure est signe de mollesse, non de gravité chrétienne.

[844]Reprise de la Loi mosaïque, Lévitique 19, 27 et 21, 5 : « Vous n’arrondirez point les extrémités de votre chevelure, et tu ne raseras point les coins de ta barbe. » La frange (arabe ṭurra, la mèche du front) et les favoris (arabe aṣdāgh, les mèches des tempes) désignaient chez les anciens des façons de deuil ou d’ornement propres aux nations païennes.

[845]Le concile de Gangres, tenu en Paphlagonie vers l’an 340, dont le dix-septième canon condamne les femmes qui, sous couleur d’ascèse, retranchaient la chevelure que Dieu leur a donnée en signe de sujétion. L’Église copte a reçu ces canons parmi ceux des conciles régionaux.

[846]Là où notre recueil porte « la Didascalie », le texte de Basile lit « l’Apôtre », renvoyant au témoignage de saint Paul rapporté ci-après.

[847]Première épître aux Corinthiens, 11, 14-15. La « seizième section » suit l’ancien découpage des épîtres pauliniennes en péricopes, plus menu que nos chapitres modernes.

[848]Court chapitre contre l’ivrognerie, tiré du prologue de la Didascalie, puis confirmé par deux paroles de saint Paul : la première aux Corinthiens, où l’ivrogne est rangé parmi ceux dont il faut fuir jusqu’à la table ; la seconde aux Éphésiens. Il commence au deuxième canon, la première ligne étant un titre de source suppléé par l’éditeur.

[849]Première épître aux Corinthiens, 5, 11.

[850]Épître aux Éphésiens, 5, 18. Le grec porte : « en quoi est la dissolution » (asōtia) ; la version arabe que suit Gabriel lit « en quoi il n’est point de salut », leçon rendue ici fidèlement.

[851]Très bref chapitre, d’après saint Basile, qui défend à l’homme de se faire tatouer le corps à la manière des païens. Il commence au deuxième canon.

[852]Gabriel renvoie « au dix-septième » ; l’apparat identifie le passage au vingt-septième canon de saint Basile — le même dont était tiré le chapitre trente-deuxième, sur la chevelure. Le décalage tient à la numérotation propre du manuscrit suivi par Gabriel.

[853]La défense vise le tatouage païen dont se marquaient les nations, non l’usage dévotionnel des coptes, qui, dès les premiers siècles et jusqu’à nos jours, se font graver au poignet une petite croix, sceau de leur foi et souvenir du pèlerinage aux Lieux saints. Le canon condamne l’ornement des idolâtres, non le signe du Christ.

[854]Court chapitre sur la sobriété du vêtement : le prologue de la Didascalie, puis les Canons des Apôtres et saint Basile, y défendent au fidèle les étoffes précieuses et la pourpre, insignes de la vaine gloire. Il commence au deuxième canon.

[855]Les Canons des Apôtres, canon 28.

[856]Le rouge — la pourpre impériale — était l’insigne du pouvoir temporel : le magistrat armé du glaive et le gouverneur de la cité. Le canon le réserve à cette dignité et le refuse au simple fidèle, qui doit s’en abstenir sous peine d’exclusion — ainsi que le confirme le canon suivant.

[857]La « pourpre » traduit l’arabe furfīr, du grec porphyra : teinture précieuse mêlée de rouge et de bleu, dite aussi arjuwān, dont se vêtaient les rois — l’éditeur en donne la glose. Cette règle rejoint la sobriété du vêtement chère à la tradition monastique copte, où l’habit sombre et grossier marque le renoncement au faste du siècle.

[858]Court chapitre sur le renoncement à la parure : l’anneau d’or, tenu par les anciens pour l’insigne des hommes dissolus, est défendu au fidèle. Le prologue de la Didascalie puis saint Basile — qui en reprend les termes mêmes — l’écartent du doigt du chrétien. Il commence au deuxième canon, la première ligne étant un titre de source suppléé par l’éditeur.

[859]Saint Basile reprend ici mot pour mot le précepte du prologue de la Didascalie déjà rapporté au deuxième canon ; l’éditeur note la concordance avec le vingt-septième canon de Basile.

[860]Dernier des brefs chapitres sur la tenue du corps (chevelure, ivresse, tatouage, habits, anneau, chaussure), tous puisés au prologue de la Didascalie : le fidèle rejette jusqu’à la chaussure de couleur voyante, et se contente de ce que réclame le besoin. Il commence au deuxième canon.

[861]Chapitre plus développé sur la modestie de la femme chrétienne : sa tenue au dehors et à l’église, le soin de sa maison et de ses enfants, le silence dans l’assemblée. La matière en est tirée du deuxième chapitre de la Didascalie, d’un canon des Apôtres et d’un canon d’Hippolyte. Il commence au deuxième canon.

[862]Ancienne discipline de l’assemblée : la femme priait non point debout, mais inclinée vers le sol, en signe d’humilité et de recueillement.

[863]Abūlīdis désigne saint Hippolyte de Rome (voir la quatrième rubrique de l’annexe des sources de l’éditeur). Gabriel renvoie au « vingt-septième chapitre » ; l’apparat identifie le passage au dix-septième canon d’Hippolyte.

[864]La phrase arabe est elliptique ; le sens, garanti par la source hippolytéenne et par l’usage constant de l’Église copte, est l’obligation du voile — y compris pour la nouvelle épousée, que l’éclat des noces pourrait porter à se découvrir.

[865]Les « mystères » (arabe al-sarāʾir) désignent les saints dons de l’Eucharistie ; la femme s’en approche la tête voilée et sans parure, selon l’antique discipline.

[866]Ces prescriptions — le silence de la femme dans l’assemblée, et la privation de la communion pour qui l’enfreint — prolongent la parole de l’Apôtre (1 Co 14, 34) et la discipline de la Didascalie sur la tenue à l’église. L’apparat glose : « c’est-à-dire qu’on ne lui donne pas l’oblation » (le qurbān).

[867]Bref chapitre, tiré du premier chapitre de la Didascalie : le riche qui n’a pas besoin d’un métier ne doit ni errer d’un lieu à l’autre ni demeurer dans l’ignorance, mais employer son loisir à secourir les frères et à lire les Écritures. — Le manuscrit numérote ce chapitre 33 en chiffres coptes ; l’éditeur rétablit [39] selon la suite continue des chapitres, d’où un écart de six unités entre les deux comptes. Il commence au deuxième canon.

[868]La Didascalie assigne au fidèle de loisir la lecture continuelle de l’Écriture : la Loi (le Pentateuque), les Prophètes, les livres des Rois, les Psaumes de louange — que couronne l’Évangile, « l’accomplissement de tout cela ». La mention de l’Évangile, tombée du manuscrit, est restituée par l’éditeur entre crochets. Cet amour de la lecture sainte est resté un trait de la piété copte.

[869]Chapitre développé sur deux mutilations du corps et leur effet sur l’accès aux ordres : la castration et la circoncision. La matière en est tirée des Constitutions apostoliques (Clément), du concile de Nicée, de saint Paul (aux Corinthiens et aux Galates) et des canons d’Épiphane pour Justinien. Il commence au deuxième canon.

[870]La discipline ancienne — canons apostoliques, concile de Nicée — n’écarte du clergé ni l’eunuque de naissance, ni celui qu’ont mutilé la violence, la guerre ou la maladie ; seul en est exclu celui qui s’est châtré lui-même, tenu pour meurtrier de son propre corps. Le mot arabe jihād désigne ici les hasards de la guerre ou de la persécution.

[871]Le manuscrit porte ici une leçon que l’éditeur marque d’un sic ; littéralement « il ne convient pas qu’on le regarde ». Le sens est que celui qui s’est mutilé sans cause ne saurait même être présenté aux ordres.

[872]Première épître aux Corinthiens, 7, 18-19. Le « sixième chapitre » suit l’ancien découpage de l’épître en péricopes.

[873]Épître aux Galates, 5, 2-4 (« quatrième section » selon l’ancien découpage). Saint Paul y oppose la circoncision charnelle à la grâce du Christ.

[874]Le nom demeure inidentifié ; l’éditeur y revient dans la quatorzième rubrique de son annexe des sources, où il conjecture que le canon suivant renvoie à l’épître à Tite (1, 10).

[875]Les canons attribués à saint Épiphane et rédigés pour l’empereur Justinien — droit ecclésiastico-impérial du VIᵉ siècle, déjà rencontré au chapitre vingt-septième — fixent la peine du circoncis volontaire.

[876]Chapitre sur la tenue au bain public (arabe ḥammām), lieu de nudité et de promiscuité que la discipline chrétienne entoure de règles : séparation des sexes, mesure et pudeur pour les femmes, réserve particulière pour le clergé. La matière en est tirée des deux premiers chapitres de la Didascalie et des canons de saint Basile. Il commence au deuxième canon.

[877]Saint Basile est ici cité « au cinquante-septième chapitre », et plus bas (canon 13) « au soixante-quatorzième » ; l’apparat identifie ces passages aux canons 53 et 77 de Basile. Ces légers décalages tiennent à la numérotation propre du recueil suivi par Gabriel.

[878]Le mot arabe ṭaqs désigne l’ordre, le rang — ici les clercs du même degré ; le prêtre contraint au bain ne s’y rendra qu’entouré des siens et de ceux de son ordre, à l’abri des regards profanes.

[879]Les « Quarante Jours » sont le grand Jeûne, le Carême copte ; « les deux Jeûnes » désignent vraisemblablement les jeûnes hebdomadaires du mercredi et du vendredi, observés de tout temps dans l’Église copte. Le bain, tenu pour un délassement du corps, est écarté de ces temps de pénitence.

[880]Chapitre contre l’usure (arabe al-ribā), défendue au clergé comme aux laïcs : l’usurier n’est reçu ni au baptême ni au catéchuménat avant d’y avoir renoncé, et le clerc qui prête à intérêt est déposé. La matière en est tirée des Constitutions apostoliques (Clément), d’Hippolyte, du concile de Nicée et du concile d’Antioche. Le manuscrit numérote ce chapitre 36 en chiffres coptes, six de moins que l’édition. Il commence au deuxième canon.

[881]Le mot que porte ici le manuscrit — al-kiswā, « le vêtement » — est marqué d’un sic par l’éditeur. Le sens de la phrase est que le prêteur ne doit rien exiger au-delà de ce qu’il a prêté, sans y ajouter d’intérêt : tout au plus reçoit-il un gage, tel le manteau que la Loi de Moïse permettait de prendre puis ordonnait de rendre.

[882]La vente à prix excessif au nécessiteux est dénoncée comme une usure déguisée : sous couleur de négoce, on tire du pauvre trois ou quatre fois ce qu’un intérêt lui eût coûté.

[883]Gabriel renvoie au « quarante-cinquième chapitre » du concile d’Antioche ; l’apparat identifie le vingt-huitième canon de ce concile.

[884]Chapitre tiré de deux canons de saint Basile (53 et 54), qui étend au clergé la loi de la pudeur : le clerc qui, dans l’ivresse, se dénude est puni selon son rang, du prêtre jusqu’au gardien de l’église. Le manuscrit numérote ce chapitre 37 en chiffres coptes, six de moins que l’édition. Il commence au deuxième canon.

[885]Les degrés inférieurs du clergé sont ici nommés : le diacre, puis le sous-diacre (arabe abūdhiyāqin, du grec hypodiakonos), le lecteur (arabe aghnistis, du grec anagnôstês) et le gardien de l’église (arabe al-qayyim). La peine croît à mesure que le rang s’abaisse : au dernier échelon s’ajoutent « quarante coups moins un », les trente-neuf coups de la Loi (Deutéronome 25, 3), que l’Apôtre lui-même subit cinq fois (2 Co 11, 24).

[886]Chapitre sur les devoirs du chrétien envers le pouvoir temporel : payer l’impôt et honorer les gouvernants. La matière en est tirée du huitième et du seizième chapitre de la Didascalie, qui suit l’Évangile (« Rendez à César ») et l’Apôtre (Romains 13). Le manuscrit numérote ce chapitre 38 en chiffres coptes, six de moins que l’édition. Il commence au deuxième canon.

[887]L’arabe porte « au roi » (al-malik) là où l’Évangile (Matthieu 22, 21) nomme César ; la version copte a transposé le mot impérial dans le vocabulaire de la royauté.

[888]Le « statère » (arabe al-istār, que l’éditeur glose : quatre drachmes de poids) est la pièce que le Seigneur, selon l’Évangile (Matthieu 17, 24-27), fit tirer de la bouche d’un poisson pour acquitter l’impôt du Temple. Les trois mots arabes rendus par tribut, péage et impôt foncier — jizya, maks, kharāj — désignent les principales charges fiscales au temps de Gabriel.

[889]L’obéissance au pouvoir est expressément bornée : « en ce qui plaît à Dieu ». Selon l’enseignement de l’Apôtre (Romains 13, 1-7), les gouvernants sont ministres de Dieu pour le bien ; mais là où leur ordre contredirait la volonté divine, demeure la règle des Apôtres : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5, 29).

[890]Chapitre sur le sort de qui pèche après le baptême, tiré du troisième chapitre de la Didascalie : le pénitent qui se détourne de sa faute et se sépare des impies est déclaré bienheureux, selon les béatitudes de l’Évangile. Le manuscrit numérote ce chapitre 39 en chiffres coptes. Il commence au deuxième canon, et s’interrompt brusquement au onzième (voir la note finale).

[891]Évangile selon saint Matthieu, 5, 11-12 : les deux dernières des béatitudes, sur la joie du persécuté.

[892]Écho de la première épître de saint Pierre, 4, 14 : « Si l’on vous outrage pour le nom du Christ, heureux êtes-vous. »

[893]Sentence de saveur sapientiale, proche de l’Ecclésiastique (Siracide 2, 1-5) : « Mon fils, si tu viens servir le Seigneur, prépare ton âme à l’épreuve. »

[894]Ici le feuillet du manuscrit s’achève, et le sens demeure suspendu : nul « réclame » — le mot-repère que les copistes portaient au bas du feuillet pour annoncer le suivant — ne permet d’en rétablir la suite. L’éditeur en conclut qu’un ou plusieurs feuillets ont été perdus, dans le manuscrit original ou dans notre copie, en sorte que la fin de ce chapitre et les chapitres quarante-sixième à quarante-neuvième font défaut. Le texte ne reprend qu’au cinquantième chapitre.

[895]Chapitre sur les idolâtres et les fabricants d’idoles, et sur la réconciliation de qui est tombé dans le paganisme. Son titre et son numéro sont reconstitués par l’éditeur, le manuscrit ne portant que le chiffre copte 44 (soit le cinquantième dans la suite continue) ; son commencement a péri dans la lacune qui a emporté les quatre chapitres précédents. Le texte conservé rassemble le huitième chapitre de la Didascalie, des canons des Apôtres et d’Hippolyte contre la fabrication des idoles, et surtout la discipline pénitentielle du concile d’Ancyre.

[896]Le « sceau de la perfection » (arabe khātam al-kamāl) désigne le baptême, appelé aussi « le sceau » (sphragis) et « la perfection » (teleiōsis) dans la tradition ancienne. Le converti venu du paganisme est d’abord admis à entendre la Parole, en catéchumène, mais n’a part à la communion qu’après avoir reçu ce sceau.

[897]Le concile d’Ancyre (Ancyra, en Galatie, l’an 314) légiféra sur les chrétiens tombés dans l’idolâtrie durant les persécutions ; ses canons sur la pénitence des lapsi forment la matière de la plupart des canons qui suivent.

[898]Le prêtre qui a sacrifié aux idoles, même par faiblesse et sans dessein prémédité, perd l’exercice de son ministère — il ne porte plus les oblations ni n’accomplit les actes sacerdotaux —, mais garde la dignité, l’« honneur » de son rang. La même mesure vaut pour le diacre (canon 15).

[899]Ces gradations reproduisent la discipline pénitentielle du concile d’Ancyre : le « tombé » passait par des degrés successifs — les « écoutants » (audientes), admis à entendre les Écritures ; les « prosternés », qui priaient à genoux ; enfin les « assistants » (consistentes), présents à toute la prière sans communier — avant d’être pleinement rétabli. Les « gens du dehors » (arabe al-barrāniyyūn) sont la classe inférieure des pénitents, tenus hors de l’assemblée. Gabriel numérote les canons d’Ancyre autrement que l’apparat de l’éditeur (ses « treizième, deuxième, cinquième, sixième » répondent aux canons 11, 1-2, 4, 6-7).

[900]Bref chapitre contre la fréquentation de la taverne (arabe al-maqīl), lieu de repos et de beuverie où le fidèle, et surtout le clerc, ne doit point s’attarder ; le texte la distingue de l’auberge (arabe funduq), permise au voyageur par nécessité. La matière est tirée des canons des Apôtres et des Constitutions attribuées à Clément. Le numéro est reconstitué par l’éditeur ; le manuscrit porte, en chiffres coptes, un numéro (39) qui ne s’accorde plus avec la suite, la numérotation s’étant brouillée autour de la lacune. Il commence au deuxième canon.

[901]Les Constitutions apostoliques portent ici une clause que Gabriel a abrégée — « et si l’un du clergé outrage l’évêque… » —, dont ce dernier canon (« qu’il soit retranché ») formait la sanction.

[902]Chapitre sur le maître d’école. Dans l’Antiquité, les lettres s’apprenaient sur les poètes et les fables du paganisme ; l’Église toléra que le chrétien en fît profession, quand c’était son seul gagne-pain, pourvu qu’il enseignât toujours à ses élèves à tenir les faux dieux pour des démons et à confesser le Dieu unique. Sources : les canons des Apôtres et d’Hippolyte. Le manuscrit numérote ce chapitre 40 en chiffres coptes. Il commence au deuxième canon.

[903]« De perdition » (arabe fī khusrān) : les lettres et les fables du paganisme, dont l’enseignement pouvait perdre les âmes des enfants. Le maître qui n’a point d’autre métier n’en est pas repris (canon 4), sous la condition qu’énoncent les canons suivants.

[904]Telle est la condition posée au maître chrétien : proclamer sans cesse à ses élèves que les dieux des nations sont des démons, et confesser la sainte Trinité — un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Ainsi l’enseignement des lettres antiques devient l’occasion de la catéchèse, et l’antidote au poison qu’il pourrait porter.

[905]Chapitre sur le geste par lequel le fidèle trace de sa main le signe de la croix sur son front. Ce sceau — que les Pères grecs nomment sphragis, « le sceau », et les Coptes ʿalāmat aṣ-ṣalīb, « la marque de la croix » — est, dès les premiers siècles, le signe distinctif du baptisé et l’arme dont il repousse le Tentateur ; on le trace au front, siège du regard et de la pensée, en toute circonstance de la vie. La source est le recueil des Constitutions apostoliques attribué à Clément, au quarante-septième chapitre. Le manuscrit fait commencer la numérotation au second canon, la rubrique liminaire étant restituée par l’éditeur d’après la source.

[906]Trois noms désignent ici le même adversaire : le Diable (arabe Iblīs), le Malin (al-muḥāl, litt. « le retors »), l’Imposteur (al-murā’ī, « celui qui trompe par les apparences »). — « Doué de raison » traduit nāṭiq, l’être parlant et raisonnable, c’est-à-dire l’homme ; « le signe du Verbe » (rashm al-kalima) est la croix, sceau du Christ-Verbe, imprimée au-dehors sur le front et au-dedans dans le cœur du baptisé.

[907]Allusion à l’immolation de l’agneau pascal (Exode 12, 22) : les Hébreux marquèrent de son sang les deux montants et le linteau de leurs portes, en sorte que l’exterminateur passât outre. Le mot arabe rendu par « linteau » est al-uskuffa, que l’éditeur glose « le bois de la porte que l’on foule » — soit, à proprement parler, le seuil ; mais le texte de l’Exode ne connaît que les deux montants et le linteau, la poutre supérieure, et c’est le sens qu’appelle ici la typologie : le sang haut placé sur la porte préfigure le signe tracé au front, jamais foulé aux pieds.

[908]L’Agneau parfait est le Christ, « notre Pâque immolée » (1 Corinthiens 5, 7), dont l’agneau de Moïse n’était que la figure : le sang qui sauvait de la mort corporelle annonçait le sang qui délivre de la mort éternelle, et la marque des portes annonçait le sceau du front.

[909]Chapitre dirigé contre l’encratisme — cette erreur, née dès les premiers siècles et condamnée solennellement par le concile de Gangres (vers 340) contre les disciples d’Eustathe, qui tenaient le mariage, le vin et la chair pour impurs en eux-mêmes et damnaient qui en usait. L’Église réprouve non l’abstinence, qu’elle honore comme ascèse et pratique dans ses jeûnes, mais la doctrine qui déclare mauvaise la création de Dieu : « Tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne avec action de grâces » (1 Timothée 4, 1-5). Tout le chapitre roule sur cette distinction : s’abstenir par dévotion (arabe nusuk) est licite ; s’abstenir en réputant la chose impure (tanjīs) est hérésie. Le dossier réunit les Constitutions apostoliques, le concile d’Ancyre et celui de Gangres. Le manuscrit numérote ce chapitre 41 en chiffres coptes, et fait commencer la numérotation au second canon.

[910]Là est la clef de tout ce chapitre : ce n’est pas l’abstinence qui est condamnée, mais son motif. Le clerc qui s’abstient « pour l’ascèse » (li-ajl an-nusuk) suit une voie que l’Église révère ; celui qui s’abstient « parce qu’il les tient pour des souillures » (yajʿaluhā anjāsan) blasphème contre la création de Dieu, et c’est celui-là seul que le canon retranche.

[911]Aux jours de fête, l’abstinence même devient suspecte : refuser de rompre le jeûne quand l’Église se réjouit, c’est afficher qu’on répute la chair impure, et scandaliser les simples. Les deux premières citations viennent des Constitutions apostoliques, attribuées à Clément (chapitres 35 et 37).

[912]Gabriel renvoie au « quatorzième chapitre » d’Ancyre ; c’est bien le quatorzième canon de ce concile (314) dans la numérotation reçue, que l’apparat de l’édition désigne comme le treizième. Le concile prescrit au clerc abstinent de goûter la viande une fois l’an, pour attester qu’il ne la tient point pour impure : l’acte extérieur devient la profession de la foi juste.

[913]« Qu’il soit anathème » rend l’arabe fal-yakun maḥrūman, « qu’il soit retranché », qui traduit lui-même l’anathème (anathema) des canons grecs de Gangres — sentence d’exclusion de la communion ecclésiale. Le premier canon de Gangres frappe quiconque condamne le mariage des fidèles, contre la secte qui en défendait l’usage.

[914]Les quatre réserves — le sang, les viandes offertes aux idoles, la bête crevée, l’animal étouffé — reprennent le décret des Apôtres réunis à Jérusalem (Actes 15, 29). Hors ces cas, la chair est un aliment libre, et la condamner est se ranger parmi les hérétiques.

[915]L’Église copte, comme tout l’Orient, admet au sacerdoce les hommes mariés ; le prêtre marié offre le saint Sacrifice d’une dignité entière, et refuser de communier de sa main est l’injure que le quatrième canon de Gangres frappe d’anathème. L’« oblation » (al-qurbān) désigne ici l’Eucharistie.

[916]Le concile achève de fermer toutes les issues à la fausse dévotion : ni l’époux, ni l’épouse, ni le père ne peuvent se dérober à leur devoir sous le manteau de l’ascèse. La sainteté ne se bâtit pas sur le mépris des liens que Dieu a noués, mais sur leur juste accomplissement.

[917]Chapitre sur l’éminente dignité du sacerdoce, qui l’emporte sur la puissance des rois — thème que les Pères ont magnifié, et dont saint Jean Chrysostome a laissé un traité célèbre. La raison en est le pouvoir des clefs : le prêtre lie et délie les âmes, gouvernant ce qui, dans l’homme, est plus haut que le corps ; la royauté ne régit que les corps et les biens de ce monde. La source est la Didascalie des Apôtres, que le manuscrit désigne ici sous la forme abrégée as-Saqliyya (chapitres 7 et 32). La numérotation de l’édition commence au second canon, que le manuscrit marque du chiffre copte 4.

[918]« Il lie… il délie » : c’est le pouvoir des clefs, remis par le Seigneur à ses Apôtres et à leurs successeurs — « Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Matthieu 16, 19 ; 18, 18 ; Jean 20, 23). Comme l’âme commande au corps, le sacerdoce, qui gouverne les âmes, surpasse la royauté, qui ne régit que les corps.

[919]Triple honneur dû à l’évêque, selon la Didascalie : l’amour qu’on doit au père, la crainte qu’inspire le roi, la révérence qu’on rend au maître ; car il tient dans l’Église la place de Dieu même auprès de son peuple.

[920]Le texte porte iklīluhā muḍādd li-l-ʿayn ; l’éditeur glose cette expression obscure par « caché à l’œil » (khafiyy ʿan ʿayn). La couronne du sacerdoce n’est point celle, visible et matérielle, qu’on pose au front d’un roi, mais une dignité spirituelle et invisible : de là son excellence.

[921]Deux exemples appariés : Absalom se souleva contre David, son père et son roi (2 Samuel 15-18) ; Coré, Dathan et Abiram se soulevèrent contre Moïse et Aaron, dépositaires du sacerdoce, et la terre les engloutit (Nombres 16). Le premier couple figure la révolte contre la royauté, le second la révolte contre le sacerdoce ; l’une et l’autre furent châtiées, mais, selon la leçon de ce chapitre, la seconde plus rigoureusement. Le nom d’Aminadab, joint à celui d’Absalom, est donné tel quel par la source, là où l’on attendrait le conseiller Achitophel.

[922]Chapitre sur le devoir des fidèles envers les confesseurs et les martyrs jetés en prison durant les persécutions : les visiter, les assister, subvenir à leur nécessité. On appelle « martyr » (arabe shahīd, litt. « témoin ») celui qui scelle de son sang la confession de la foi, et « confesseur » celui qui l’a confessée devant les juges et en a souffert sans mourir ; les uns et les autres sont ici tenus pour saints. Le Seigneur lui-même a fait de cette visite le titre du salut : « J’étais en prison, et vous êtes venus à moi » (Matthieu 25, 36) ; et l’Apôtre : « Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez enchaînés avec eux » (Hébreux 13, 3). La source est la Didascalie des Apôtres (chapitres 27 et 28). Le manuscrit numérote ce chapitre 43 en chiffres coptes, et fait commencer la numérotation au second canon.

[923]« Livré aux bêtes » (arabe yuṭraḥ ilā s-sibāʿ) : le supplice de l’amphithéâtre, où les martyrs étaient exposés aux fauves ; « banni en exil » (yunfā ilā l-ghurba) : la relégation, autre peine ordinaire des persécutions. Les « persécuteurs » (al-mukhālifūn, litt. « les adversaires ») sont les magistrats païens.

[924]Magnifique élévation du confesseur : par sa souffrance pour le nom du Christ, il devient le frère du Sauveur, fils adoptif du Père, et temple vivant de l’Esprit — thème cher à la Didascalie, qui voit dans le prisonnier de la foi une présence du Christ souffrant.

[925]Conseil admirable : le pauvre lui-même, qui n’a rien à donner, est invité à jeûner pour partager avec le confesseur emprisonné la moitié de son pain quotidien. La charité n’est mesurée ni à la richesse ni à l’abondance, mais au dénuement que l’on consent pour son frère.

[926]Argument a fortiori : le Seigneur a promis la perfection à qui distribue ses biens aux pauvres (Matthieu 19, 21) ; à plus forte raison la promet-il à qui les emploie pour secourir les confesseurs, membres souffrants du Christ.

[927]Matthieu 10, 32. C’est de cette parole que les « confesseurs » tirent leur nom : ils ont confessé le Christ devant les tribunaux, et il les confessera devant le Père.

[928]Matthieu 25, 34 : parole du Juge aux élus, au jugement dernier, immédiatement suivie de « j’étais en prison, et vous êtes venus à moi » (v. 36) — le fondement scripturaire de tout ce chapitre.

[929]Matthieu 10, 28 : le Seigneur affermit les confesseurs contre la crainte de la mort, en leur montrant plus redoutable la perdition éternelle que le glaive du persécuteur.

[930]Sévère avertissement contre l’apostasie sous la peur du supplice : renier le Christ pour échapper à une mort passagère, c’est se ranger du côté de l’Adversaire et perdre la vie éternelle pour sauver la vie du temps.

[931]« Les ténèbres extérieures, où sont les pleurs et le grincement des dents » : Matthieu 8, 12 ; 25, 30. Tel est le sort de l’apostat, opposé terme à terme à la couronne du martyr.

[932]« La belle confession » (al-iʿtirāf al-ḥasan) évoque la « belle confession » de 1 Timothée 6, 12-13, que le Christ lui-même rendit devant Ponce Pilate, et que le martyr renouvelle en donnant sa vie.

[933]Deux modèles des martyrs : saint Jacques, frère du Seigneur et premier évêque de Jérusalem, mis à mort vers l’an 62 ; et saint Étienne, le premier des martyrs, lapidé sous les yeux de Saul (Actes 6-7).

[934]Psaume 116, 15 (115, 15 selon la numérotation grecque) : « Elle est précieuse aux yeux du Seigneur, la mort de ses fidèles » — verset dont l’Église a fait le chant de ses martyrs.

[935]La commémoration liturgique des martyrs : l’Église réunit ses fidèles pour lire l’Écriture et chanter sur la tombe de ses morts confesseurs. Là est l’origine de la synaxe des saints et du culte de la mémoire des martyrs, si cher à l’Église copte, qui inscrit chaque jour ses martyrs au Synaxaire.

[936]L’éditeur note qu’il n’a pu retrouver ce passage dans les canons du concile d’Antioche ; l’attribution demeure sans source identifiée.

[937]Doctrine du « baptême du sang » : le martyre tient lieu du baptême d’eau et remet tous les péchés, en sorte que celui qui verse son sang pour le Christ avant même d’avoir été baptisé, ou avant d’avoir fait pénitence, entre justifié dans la vie. C’est l’enseignement constant des Pères sur le martyre comme second baptême.

[938]Durant le grand Carême (« les Quarante jours »), temps de pénitence et de deuil, on ne solennise point les fêtes des martyrs ; on en reporte la mémoire au samedi et au dimanche, seuls jours de la semaine où l’Église copte relâche le jeûne et laisse place à la joie de la résurrection.

[939]Vingtième canon de Gangres : le concile frappe d’anathème ceux qui, par un faux esprit de supériorité, dédaignaient les assemblées tenues en l’honneur des martyrs — nouvelle réprobation de l’orgueil sectaire déjà censuré au chapitre cinquante-quatrième.

[940]Chapitre sur la résurrection des morts, article capital de la foi que le Symbole confesse : « J’attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. » Il fait suite au chapitre des martyrs, dont il est comme le couronnement : ceux qui ont donné leur corps aux supplices le recouvreront glorieux et incorruptible. La source est la Didascalie des Apôtres, au vingt-septième chapitre — le même qui traitait des confesseurs. Le manuscrit fait commencer la numérotation au second canon.

[941]« Le grand souverain prêtre » : le Christ, souverain prêtre selon l’épître aux Hébreux (4, 14 ; 5, 5-10), qui offre et par qui l’on offre. « Qui donne la récompense des souffrances » : il rétribue les martyrs de leurs tourments par la résurrection glorieuse.

[942]Affirmation de la résurrection du corps même que nous portons : ce n’est pas une autre chair, mais « cette même ressemblance », qui se relèvera — contre ceux qui niaient la résurrection de la chair. « Le Seigneur tout-puissant » rend l’arabe ḍābiṭ al-kull, le Pantocrator.

[943]Écho de l’Apôtre : « On sème dans la corruption, on ressuscite dans l’incorruptibilité » (1 Corinthiens 15, 42). Le corps ressuscité est le même, mais dépouillé de la mortalité et de la corruption.

[944]Réponse à l’antique objection des païens : que deviendront les corps engloutis par la mer ou dévorés par les fauves ? La toute-puissance divine, qui tient l’univers dans sa main, rassemblera la poussière dispersée et rendra à chacun son corps.

[945]Parole du Seigneur : « Pas un cheveu de votre tête ne périra » (Luc 21, 18) — gage de la sollicitude de Dieu jusque dans le moindre détail de notre être, et de l’intégrité du corps ressuscité.

[946]Chapitre délicat qu’il faut entendre selon son âge et son intention. À l’époque des grandes persécutions, des factions séparées élevaient des chapelles (« sanctuaires des martyrs ») pour se soustraire à l’autorité de l’Église une, et faisaient du culte des martyrs un prétexte de schisme. Contre cet abus, le canon rappelle que l’Église est fondée sur le sang du Christ seul, qu’elle n’emprunte sa dignité à personne, et que les tombeaux des martyrs relèvent d’elle, non l’inverse. La source est saint Basile, au trente-troisième chapitre de ses canons. Le manuscrit fait commencer la numérotation au second canon.

[947]« Que Dieu a acquise par son sang » : la leçon de Basile (iqtanāhā) fait écho au mot des Actes : « l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang » (Actes 20, 28) ; le manuscrit de Gabriel porte « qu’il a fondée » (anshaʾahā). Un membre de phrase, tombé par un saut du copiste, a été restitué entre crochets par l’éditeur. Les « sanctuaires des martyrs » (mawāḍiʿ ash-shuhadāʾ) sont les martyria, chapelles élevées sur leurs tombeaux.

[948]Le canon ne vise pas le culte des martyrs, mais son détournement schismatique : ceux qui se servaient des sanctuaires pour se dresser contre l’Église une et catholique — comme il advint dans les querelles mélitienne et donatiste — sont eux-mêmes séparés d’elle. L’honneur des martyrs, loin d’autoriser la rupture, suppose la communion.

[949]Image lumineuse : l’Église, semblable au soleil, tient sa lumière du Christ et n’emprunte rien à la lampe des martyrs ; ce sont eux, au contraire, qui brillent de sa clarté.

[950]Ce canon ancien et sévère veut sauvegarder la primauté du Christ, unique titulaire du sanctuaire : c’est de son nom que l’église s’appelle, et les martyrs y sont honorés en lui et avec lui. La tradition ultérieure de l’Église copte, comme de tout l’Orient, a placé ses églises sous le patronage de la sainte Vierge, des martyrs et des saints ; mais toujours à la gloire de Dieu, le saint étant vénéré comme intercesseur et patron, non substitué au Christ à qui seul revient l’adoration. On distingue en effet le culte de latrie, dû à Dieu seul, de la vénération rendue aux saints.

[951]Les reliques des saints demeurent et sont honorées là où elles reposent : leur sainteté rayonne sur le lieu même de leur sépulture, sans qu’il faille les disperser ni les ravir.

[952]Chapitre sur les devoirs des pères envers leurs enfants : les former dès l’enfance à la connaissance du Christ et à la crainte de Dieu, leur apprendre un métier honnête, veiller sur leurs fréquentations, et les établir en mariage au temps voulu. La source est la Didascalie des Apôtres, au vingt-cinquième chapitre, avec plusieurs sentences des Proverbes de Salomon. Le manuscrit numérote ce chapitre 45 en chiffres coptes, et fait commencer la numérotation au second canon.

[953]Écho de l’Apôtre : « Pères, élevez vos enfants dans la discipline et l’instruction du Seigneur » (Éphésiens 6, 4). La première éducation que le père doit à son fils est celle de la foi.

[954]À la formation de l’âme s’ajoute l’apprentissage d’un art honnête : l’oisiveté est mère des vices, et l’ancienne discipline voulait que chacun sût gagner son pain — l’Apôtre Paul lui-même travaillait de ses mains à faire des tentes (Actes 18, 3).

[955]Sentence des Proverbes (19, 18 ; cf. 29, 17). Les canons 7 à 9 recueillent les maximes de la Sagesse sur la correction paternelle : la « verge » (arabe ʿaṣā, hébreu shebeṭ) y est la figure traditionnelle de la discipline nécessaire, non de la dureté, et se lit dans le registre sapiential de l’Ancien Testament.

[956]Proverbes 13, 24 et 23, 14. Ces paroles, attribuées à Salomon, appartiennent au livre des Proverbes, que la tradition compte parmi les livres de la Sagesse.

[957]Le père répond devant Dieu de la conduite de ses enfants : la négligence de l’éducation n’est pas une faute des seuls fils. « Le cabaret » (arabe mashraba) rejoint la mise en garde du chapitre cinquante et unième contre la taverne.

[958]Établir les enfants en mariage au temps voulu est un devoir des parents, remède à l’incontinence de la jeunesse : « il vaut mieux se marier que de brûler » (1 Corinthiens 7, 9).

[959]Chapitre du baptême, sacrement de l’initiation chrétienne et couronnement de tout le recueil. Gabriel y rassemble, en une longue suite, toute la discipline et tout le rite du baptême, empruntés à la Didascalie, aux Constitutions apostoliques, à saint Basile, aux canons des rois et aux conciles. On y voit se dérouler la vigile pascale, le catéchuménat, les onctions, la renonciation à Satan, la triple immersion au nom de la Trinité, la chrismation du saint myron, et l’entrée des néophytes dans l’assemblée. Le manuscrit numérote ce chapitre 46 en chiffres coptes, et fait commencer la numérotation au second canon. ⁂ Il faut avertir dès l’abord que le manuscrit s’interrompt au milieu de ce chapitre, au quatre-vingt-quatrième canon, sur la prière d’imposition des mains de l’évêque : le Nomocanon de Gabriel II nous est ainsi parvenu inachevé, mutilé en sa fin comme il l’était au milieu (chapitres XLVI-XLIX).

[960]Le baptême s’administrait solennellement dans la grande vigile pascale : après la longue veille de lectures et de prières, on baptisait les catéchumènes (arabe mawʿūẓīn, « les instruits »), puis on proclamait l’Évangile de la Résurrection. De là, dans l’Église copte, le lien intime du baptême avec Pâques.

[961]Témoignage précieux sur l’ordre des diaconesses dans l’Église ancienne : par respect de la pudeur, c’est la diaconesse, et non le diacre, qui oignait le corps des femmes lors de leur baptême par immersion. La Didascalie leur assigne expressément cette fonction.

[962]Parole de l’apôtre Pierre (1 Pierre 2, 9 ; cf. Exode 19, 6). Par l’onction du baptême, tous les fidèles participent au sacerdoce royal du Christ, non pour exercer le ministère, mais pour être un peuple consacré.

[963]La forme même du baptême : l’immersion « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », selon le commandement du Seigneur (Matthieu 28, 19).

[964]Le myron est le saint chrême de l’Église copte, huile parfumée consacrée par le patriarche, dont l’onction, aussitôt après le bain, confère le sceau du don de l’Esprit-Saint (ce que l’Occident nomme la confirmation). « Le baptême de la mort de Jésus » : être baptisé, c’est être plongé dans la mort du Christ (Romains 6, 3).

[965]Belle mystagogie du baptême, tout entière tirée de l’Apôtre : « Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité, nous marchions en nouveauté de vie » (Romains 6, 3-5). La descente dans l’eau figure l’ensevelissement, la remontée, la résurrection.

[966]Deux actes inséparables du baptême : la renonciation à Satan et l’adhésion au Christ. Le baptisé devient « cohéritier du Christ » (Romains 8, 17), après avoir renoncé au démon « et à toutes ses œuvres et à toute sa pompe ».

[967]Le nouveau baptisé, devenu enfant de Dieu par adoption, récite pour la première fois, avec l’assemblée des fidèles, la prière du Seigneur (Matthieu 6, 9) — privilège réservé aux baptisés.

[968]Les exorcismes qui précèdent le baptême : par l’imposition des mains, l’évêque chasse du catéchumène tout esprit impur, avant de le remettre au Christ.

[969]L’insufflation (le souffle sur le visage) accompagne l’exorcisme : elle signifie la fuite de l’esprit mauvais et le don de l’Esprit de vie, à l’image du souffle par lequel Dieu anima le premier homme (Genèse 2, 7) et le Seigneur ses Apôtres (Jean 20, 22).

[970]Le néophyte communie sur-le-champ : le baptême, la chrismation et l’Eucharistie forment, dans la tradition copte, une même et unique initiation, célébrée d’un seul tenant.

[971]La préférence pour l’« eau vive », c’est-à-dire courante, remonte à la plus haute Antiquité (Didachè VII) ; à défaut, toute autre eau suffit, versée sur le baptisé.

[972]Attestation ancienne du baptême des petits enfants : celui qui ne sait encore parler est baptisé sur la foi que profère pour lui son parrain — usage constant de l’Église.

[973]On se dépouille de tout ornement avant de descendre au bain sacré : rien d’étranger ne doit demeurer sur celui qui va revêtir le Christ (Galates 3, 27). La Tradition apostolique prescrit les mêmes usages.

[974]Point autrefois débattu : le baptême conféré hors de l’Église, par des hérétiques, était tenu pour nul par saint Cyprien et l’Orient, qui exigeaient de baptiser dans la vraie Église celui qui n’y avait reçu qu’une ombre de baptême. Il ne s’agit donc pas d’un second baptême — « il n’y a qu’un seul baptême » (Éphésiens 4, 5) —, mais du seul et véritable baptême, le premier étant réputé vide. L’Église distingua plus tard selon la foi trinitaire des communautés d’origine.

[975]La foi baptismale est personnelle : nul n’est baptisé au lieu d’un autre. Baptiser une femme enceinte ne baptise pas l’enfant qu’elle porte ; celui-ci recevra, après sa naissance, son propre baptême et sa propre profession, faite par son parrain.

[976]Contre l’ordination des néophytes : l’Apôtre veut que l’évêque ne soit pas « un nouveau converti, de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombe dans la condamnation du diable » (1 Timothée 3, 6) ; le concile de Nicée le rappelle (canon 2).

[977]La discipline du Carême réglait le calendrier du baptême : les catéchumènes étaient inscrits et formés durant les Quarante jours, pour être baptisés à Pâques ; passé un certain terme, on n’en recevait plus de nouveaux pour cette échéance.

[978]La « reddition du Symbole » : après qu’on lui a transmis le Credo, le catéchumène doit le savoir par cœur et le réciter publiquement au clergé, le jeudi de Carême, avant d’être admis au baptême.

[979]Nul n’était admis au baptême sans qu’un fidèle éprouvé répondît de la sincérité de sa conversion : c’est l’office du parrain, garant du catéchumène devant l’Église.

[980]L’Apôtre l’enseigne : le conjoint devenu fidèle ne doit pas répudier le conjoint demeuré infidèle qui consent à vivre avec lui, « car le mari infidèle est sanctifié par la femme » (1 Corinthiens 7, 12-14).

[981]Naissance de la paternité spirituelle : le parrain qui répond pour l’enfant l’adopte devant Dieu et en devient le père selon l’Esprit. Une variante porte : « que l’Église l’adopte, et il devient son fils. »

[982]À défaut d’eau pour l’immersion, le baptême se fait par infusion : trois effusions sur la tête, l’une pour chaque personne de la sainte Trinité. Le rite demeure entier, l’essentiel étant l’eau et l’invocation du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

[983]Les deux huiles du baptême, distinguées dès la Tradition apostolique : l’huile de l’action de grâces (grec eucharistía), dont on oint après le bain, et l’huile de l’exorcisme (grec exorkismós), dont on oint avant, pour chasser l’ennemi.

[984]Après la renonciation, l’onction pré-baptismale de l’huile d’exorcisme scelle la délivrance du catéchumène : dépouillé de l’emprise du démon, il est prêt à descendre dans l’eau.

[985]L’onction qui suit le bain — la chrismation — donne au nouveau baptisé le sceau de l’Esprit-Saint et l’achèvement de sa consécration.

[986]Le vêtement blanc des néophytes, robe de l’innocence recouvrée, dont ils sont revêtus au sortir de l’eau avant d’entrer dans l’assemblée pour y communier.

[987]Ici même le texte s’arrête. La prière d’imposition des mains de l’évêque — par laquelle il appelle sur les nouveaux baptisés la plénitude de l’Esprit — demeure inachevée, le manuscrit étant mutilé à cet endroit. Ainsi le Nomocanon de Gabriel II se clôt, non par un colophon, mais sur le seuil d’une bénédiction interrompue.

[988]L’éditeur s’en explique par deux raisons : suivre l’ordre du copiste dans l’écriture ; et faire que l’ordre s’accorde au titre du chapitre.

[989]Abū al-Barakāt Ibn Kabar, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 203-205. — N.d.T. : dans la première colonne, les faces des folios sont rendues ʳ (recto) et ᵛ (verso) ; les titres français reprennent ceux de notre traduction ; les tirets signalent les sous-rubriques internes du manuscrit ; les crochets, les restitutions de l’éditeur.

[990]Le Magmūʿ de Michel de Damiette est ici le manuscrit Paris arabe 4728 (Égypte, 1886), fol. 177ᵛ, l. 14 – 192ʳ, l. 15 ; l’index d’Ibn Kabar, Miṣbāḥ al-Ẓulma, p. 205.

[991]N.d.T. — la première colonne donne la référence selon l’usage français ; la deuxième, le chapitre du recueil en chiffres romains suivi du numéro du canon ; la troisième, entre guillemets, la formule même par laquelle le recueil désigne sa source — on y verra combien ces désignations anciennes divergent parfois des références exactes.

[992]N.d.T. : cette rubrique élucide le sigle ṭk de l’apparat, demeuré obscur jusqu’ici ; nous en avons reporté la lumière dans la note liminaire de la concordance des trente-deux canons (troisième section de l’étude, §3), où les renvois « ṭk » sont désormais rendus « Antioche ».

[993]N.d.T. : le sigle ʿj (ʿayn-jīm) est propre au concile de Gangres et ne se confond point avec le sigle mj (mīm-jīm) de l’apparat, lequel désigne les Lois des Rois — voir la treizième rubrique ci-après.

[994]N.d.T. : cette rubrique élucide le sigle qys de l’apparat, et rend raison des citations que le recueil met sous le nom de « Césarée » : il s’agit des canons de Néocésarée.

[995]N.d.T. : cette rubrique élucide le sigle mj de l’apparat ; les renvois « mj » de la concordance des trente-deux canons (troisième section de l’étude, §3) sont en conséquence rendus « Lois des Rois » — et l’on y vérifiera que les canons 14 et 19 des Lois des Rois répondent exactement aux renvois III, 21-22 et XIX, 88-92 de ladite concordance.

[996]N.d.T. : voir la note portée au chapitre XL sous ce canon, ainsi que la table des épîtres de saint Paul en tête de la présente annexe, où l’éditeur range ce renvoi sous Tite 1, 10.

[997]N.d.T. : l’édition arabe y joint une cinquième et dernière annexe — l’index de la plupart des termes du recueil (p. 419-499) —, instrument propre à l’alphabet arabe, et de nul secours au lecteur français ; on lui a substitué, en fin de volume, un index français des matières et des noms.copt